BMR: faut il avoir peur?

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BMR: faut il avoir peur? Journée annuelle 9 février 2012 «Prévention du risque infectieux en EHPAD d Ile-de-France» Un résident porteur d une BMR: que faire en EHPAD? BMR = Bactéries Multi Résistantes aux antibiotiques Exemples: SARM, ERG, EBLSE, Ces bactéries ne nous attaquent pas, elles ne sautent pas spontanément sur nous Ivana Novakova Infirmière Hygiéniste ARLIN Ile-de-France du C CLIN Paris - Nord Elles sont «très sensibles» aux précautions d hygiène de base 2 BMR: faut il avoir peur? L appréhension de l inconnu et de «l invisible» Le terrain propice à la prise en charge erronée, la désorganisation et la désinformation non, il ne faut pas voir peur La recette idéale n existe pas mais il est possible de maîtriser au mieux ce risque La bonne organisation de base au quotidien Le respect rigoureux des précautions «standard» d hygiène au quotidien Les professionnels formés et informés L existence des fiches, des protocoles CAT connus par tous BMR: la colonisation Le résident est «porteur»: la situation la plus répondue dans les EHPAD un site anatomique avec la présence de BMR sans symptômes d infection Le résident «porteur» d une BMR représente un risque relatif: pour lui-même si le microorganisme devient pathogène pour la collectivité..par la transmission du microorganisme manuportée le risque de diffusion est bas 3 4

BMR: l infection EHPAD: un lieu de vie avec les pratiques à risque infectieux Le résident avec les symptômes d infection (locale ou généralisée): avec un site anatomique qui est possible d «isoler» de l environnement (BMR dig. chez un résident incontinent, BMR urinaire et la SVAD, ) Notion du «lieu de vie» reste fondamentale le risque de diffusion est bas Notion de la vie en collectivité avec un site anatomique qui est difficile à «isoler» de l environnement (infection respiratoire à BMR, diarrhée à BMR,..) le risque de diffusion peut être élevé Notion du lieu de soins et «prendre soins» 5 6 Prévention de la transmission de BMR: que faire? Le respect des précautions «standard» diminue le risque infectieux Réservoirs Transmission des BMR Mode de transmission Hôte Infection Transmission NON Prévention OUI Excrétas Plaie suintante Résidents Prévention de transmission Précautions «standard» d hygiène 7 8

Principes de base pour le personnel Principes de base pour les résidents Tenue professionnelle (toujours par tous pour tous) L hygiène corporelle L hygiène bucco-dentaire Précautions Standard (toujours par tous pour tous) Précautions Complémentaires (sur prescription médicale, cas particuliers) L hygiène des mains: Aider et accompagner les personnes dépendantes Avant les repas Après un passage aux toilettes Avant et après une activité 9 10 Principes de base pour les familles, visiteurs, bénévoles Le personnel soignant informe, forme et accompagne à: Respect des règles d hygiène de base Hygiène des mains à l arrivée et en partant Respect des circuits internes lors de la participation aux soins (déchets, utilisation des toilettes, ) Précautions «Standard» d hygiène Les pré requis La tenue professionnelle: En tissu facile à entretenir, coupe confortable L entretien est assuré par l établissement Rangée dans un vestiaire propre (chaque agent nettoie régulièrement son casier) Les poches ne doivent pas servir pour stocker le matériel (gants, sparadraps,..) ni pour déposer les mouchoirs usagés, le téléphone portable,. SHA NON OUI 11 12

Précautions «Standard» d hygiène Les pré requis À l arrivée au travail: Quitter la tenue de ville et tous les bijoux Mettre une tenue professionnelle propre: à manches courtes Changer la tenue au moins 2 fois par semaine et systématiquement en cas de souillures Mettre les chaussures fermées, réservées pour le travail, propres, facilement nettoyables Précautions «Standard» d hygiène Les pré requis L hygiène personnelle: Veiller à une bonne hygiène corporelle Attacher les cheveux longs pendant l activité professionnelle Couper les ongles qui doivent être courts, sans vernis, sans résines, sans fausses ongles tenue professionnelle prévention du risque infectieux Respect de soi Respect des autres image de la profession 13 14 Précautions «Standard» d hygiène: Qu est ce que c est? Précautions «Standard» d hygiène Les précautions «standard» sont appliquées: Par tout personnel Pour tout résident Lors de tout contact avec: Le sang Les liquides, sécrétions et excrétions d origine humaine (exceptée la sueur) La peau lésée Les muqueuses la base de toute prévention du risque infectieux Circulaire DGS/DH n 98-249 du 20 avril 1998: «Des précautions d hygiène doivent être appliquées pour tout patient, quelque soit son statut infectieux, afin d assurer une protection systématique de tous les patients et des personnels vis-à-vis des risques infectieux» 15 16

Précautions «Standard» d hygiène Hygiène des mains Port des gants Gestion du matériel et des surfaces souillées Circuit du linge, des déchets et des prélèvements biologiques EHPAD: les pratiques à «risque» et les difficultés Résidents de plus en plus dépendants et polypathologiques Aide lors des nombreuses activités de la vie quotidienne (nursing, repas, mobilité, ) Pansements + / - importants Stomies, SVAD, injections, perfusions S.C.. Résidents avec les troubles cognitifs, la désorientation,... Port de tenue de protection Prévention des Accidents d Exposition au Sang (AES) Personnel peu nombreux, parfois peu formé, nombreux intervenants externes, Familles, bénévoles, enfants,. 17 18 La vie d un résident porteur de BMR en EHPAD: et questions des soignants. Doit-il rester «isolé» dans sa chambre L enjeu principal: trouver l harmonie entre le bien être et la maîtrise du risque infectieux Peut-il participer aux activités, aux sorties Peut-il rencontrer autres résidents Peut-il recevoir les visites Que faire avec son linge Existe-t-il un danger pour les soignants etc Impossible de proposer un tableau exhaustif des mesures Chaque résident = un être humain unique avec ou sans BMR Toutes les mesures doivent prendre en compte l habitude de vie du résident, ses capacités, son état de santé tout en respectant les recommandations nationales Toute situation nouvelle doit générer une réflexion: équipe/résident/famille 19 20

et concrètement? Effectuer les soins dans la chambre du résident «porteur de BMR» et couvrir «isoler» le mieux possible le site anatomique concerné Respecter rigoureusement les précautions «standard» d hygiène Friction hydro-alcoolique des mains +++ (professionnel, intervenants, visiteurs,..) Hygiène des mains du (des) résident(s) Quelques exemples: La signalisation sur la porte: peut être un plus, elle n est pas obligatoire (à évaluer sa nécessité) et si elle est mal vécue, il faut trouver les alternatives pour informer tous les intervenants, visiteurs, bénévoles, en revanche, il est indispensable : La signalisation sur le planning des soins et dans le dossier La transmission d information (consultation médicale, examen compl. externe, hospit.,.) L organisation de soins : si possible, effectuer les soins du résident concerné en dernier en revanche, il est indispensable: regrouper les soins et les effectuer dans la chambre avec les dispositifs et matériels de préférence à usage unique (sans les stocker dans la chambre) appliquer les précautions «standard» d hygiène Friction hydro-alcoolique des résidents s inscrit pleinement dans «prendre le soins» 21 22 et concrètement? L interdiction de sortie de la chambre : NON en revanche, il est indispensable: la rigueur absolue dans le respect des précautions «standard» d hygiène Règle n 1 hygiène des mains aux moments opportuns avant les repas, après être allé aux toilettes, avant et après les activités,. l hygiène des mains du résident avant la sortie de sa chambre «isoler» les germes et non la personne Règle n 2 bionettoyage de l environnement proche après les soins, quotidiennement et renforcer si besoin, Règle n 3 dès qu on peut «GBS» = «grand bon sens» à appliquer sans modération 23 24

Quand les mesures deviennent démesurées Le lieu de vie se transforme en lieu de survie La personne devient «un BMR» et l objet des inquiétudes inappropriées La diminution des contacts sociaux Le conflit avec le résident et sa famille La tristesse, la dépression, l incompréhension, le syndrome de glissement peuvent s installer La diminution de la qualité de la prise en charge Toujours se poser une question fondamentale. Quel est le projet de vie de la personne, quel est son état de santé et trouver les solutions les mieux adaptées: au résident à la situation actuelle à la structure d accueil Si on respecte les règles de base (précautions «standard»d hygiène, organisation efficace, la rigueur, ) en général aucune mesure supplémentaire est nécessaire NB: «Recommandations nationales-prévention de la transmission croisée», SF2H,Avril 2009 R 89: «précautions complémentaires type contact, il est fortement recommandé en SSR/SLD/EHPAD de les moduler en tenant compte du retentissement psychique et social qu elles peuvent engendrer» Les BMR en EHPAD peuvent être maîtrisées F ormation de tous I nformation pertinente et adaptée à chaque interlocuteur R éflexion régulière: qualité de vie / qualité de soins / prendre soins E valuation en équipe et avec la personne concernée et ses aidants 25 26 Merci de votre attention et la place est aux questions. et Soyez heureux dans ce que vous faites 27