BULLETIN D INFORMATION DU COMITE D ENTREPRISE Août 2015 Informations Economiques Analyse des comptes 2014 du Groupe Dépêche Nous avons confié comme chaque année, l analyse des comptes du Groupe Dépêche au cabinet SECAFI. «Pour la première fois depuis très longtemps, le groupe enregistre une perte en résultat courant (-1,9 M ) malgré les subventions d aide au portage (1,4 M ). Les raisons sont celles que nous avons déjà analysées dans notre rapport sur les comptes prévisionnels révisés : à la poursuite de la baisse de la diffusion et des recettes publicitaires, sont venues se rajouter les lourdes pertes (-1,7 M ) de l activité évènementiel.» Diffusion - Si depuis 2009 La Dépêche du Midi se comportait plutôt bien par rapport à ses confrères, l année 2014 révèle un décrochage important. Nous sommes les derniers, à égalité avec Nice matin, sur la diffusion semaine des titres du grand sud en termes d évolution annuelle avec 5,30 % (155 341 en 2014 contre 164 019 en 2013) pour un total national à 3,00%. La vente en kiosque tourne à 56 145 exemplaires contre 60 328 exemplaires en 2013, soit -6.9% source OJD. Elle n est pas compensée par les abonnements qui décrochent eux aussi, qu ils soient portés ou postés. L évolution à fin 2015 n est pas encourageante puisque nous passons sous la barre des 150 000 exemplaires et que les abonnements continuent de baisser inexorablement. Si tous les départements sans exception sont touchés, signalons la Haute-Garonne avec -5.5% dont Toulouse à -6.5%, le Lot à -5.4% tandis que le Gers est le bon élève ou le moins mauvais puisqu il n est qu à -1.1% suivi par l Ariège à -2.9%. Sur l édition du dimanche, là aussi pas de miracle, nous sommes à -3.7% alors que la moyenne nationale est à -2.1% avec des disparités importantes de -0.3% en Tarn-et- Garonne à -7.2% sur Toulouse. Heureusement, l augmentation de prix a atténué la baisse du chiffre d affaires diffusion. Pour la seule Dépêche, la baisse des volumes a induit une baisse du chiffre d affaires de 3,5 M partiellement compensée par un effet prix favorable (2,4 M ). Midi Olympique qui réalise près de 84% de sa vente en kiosque accuse une chute de - 8.2% dont -9.8% sur le kiosque. A fin mars la tendance se poursuit. Page 1 sur 6
Concernant le numérique l audience continue de croître. 35% des consultations viennent de la Haute-Garonne suivie par le Tarn avec 13%... Si 43% des pages consultées concernent le Grand Sud, 22% des personnes ne vont pas plus loin que la page d accueil. 70% des internautes arrivent sur les sites du groupe via des sites externes. 2 500 abonnés pour le site Premium, il est difficile de capter des abonnements payants sur le numérique! La publicité du groupe décroche d autant plus qu en 2013 subsistait encore du chiffre d affaires de Publi Toulouse, Publi Bigourdan et Publi Lannemezan. Presque tous les supports sont affectés dont -8.9% sur La Dépêche et ses suppléments. Seule la Gazette du Comminges progresse de 25%. La publicité sur internet continue sa croissance +25%. L arrivée du nouvel hebdomadaire gratuit «Côté Toulouse» va nous obliger à partager encore plus le gâteau publicitaire. Les diverses élections n ont pas arrangé les choses. Les résultats à fin mars 2015, en retrait de -8.2%, ont conduit O2P à appliquer le plan Now, un plan d urgence, en attendant de mettre en place le plan Arc en Ciel... Evènementiel : «Le changement de municipalité aura eu de lourdes conséquences sur les résultats du Groupe. La baisse des budgets publicitaires des institutionnels est accrue par la perte des activités évènementielles de Dépêche Events (-1,3 M ). Le salon Pro ICS, organisé en septembre 2014 a été déficitaire. S ajoute à cela la perte du marché de Noël (env. 250 k de marge). Enfin, d autres évènements ont été annulés (Marathon de Toulouse, Open de France de Tennis Féminin) alors que des embauches en CDI et CDD étaient intervenues. Conséquence directe de ces revers, l activité a été restructurée en fin d exercice avec l arrêt des salons dédiés aux professionnels ce qui a conduit au départ de 7 personnes.» Page 2 sur 6
L effectif du Groupe : Poursuite de la baisse des effectifs par des non remplacements des gens qui partent, sauf dans les filiales en développement. Poursuite des mesures Fitness sur O2Pub avec une volonté de ne pas renforcer les effectifs malgré les mauvais résultats enregistrés tant en 2014 qu en 2015. Le salut passerait par l adaptation de nos offres aux attentes des clients. Les effectifs d OCI devraient décroître en 2015 avec des départs non remplacés permis par une réorganisation à l imprimerie. La poursuite des mesures Fitness se pratique également sur OCI. Chez Dépêche Interactive, les nouvelles activités prévues devraient permettre d étoffer les effectifs. Les départs en retraites conjugués à la poursuite du plan Fitness conduisent à une nouvelle et forte baisse des effectifs. Les départs négociés constituent l essentiel des causes. Depuis la mise en place du plan Fitness en 2013, 55 départs de CDI en rupture conventionnelle ont eu lieu (25 en 2014) Le volant de départs en retraite produit ses effets depuis 2010 avec 49 départs et les candidats potentiels à venir sont nombreux. Par conséquent, la direction pourrait refuser certains départs dans le cadre de Fitness pour profiter des départs naturels. Page 3 sur 6
Côté rémunérations, les 10 plus fortes rémunérations s accroissent et représentent 4.9% de la masse salariale contre 4.7% en 2013 et 4.4% en 2012. Conclusion (Secafi) : «2014 restera comme une année de transition dans l attente de la prise de contrôle des Journaux du Midi. 2014 restera comme une année de transition dans l attente de la prise de contrôle des Journaux du Midi Les difficultés fondamentales auxquelles est confronté le groupe se sont encore durcies en 2014 avec la diminution des abonnements, la baisse des recettes publicitaires, la chute de la diffusion du Midol. Associé aux revers sur l activité évènementielle, le groupe a enregistré un résultat courant négatif en 2014. Pour autant, des réussites porteuses d espoir sont aussi à signaler : ladepeche.fr a continué d accroître son audience et ses recettes publicitaires (+18%), le nombre d abonnés numérique a poursuivi sa croissance (2 500 Premium + 3 500 Pay-wall), la création d Optim avec la mise en commun du service achat, le lancement de UGH qui permet au groupe de conquérir un nouveau type d audience, le démarrage d Agen Expo Congrès avec de nouvelles prestations proposées par le groupe Le budget 2015, établi sans Les Journaux du Midi, table sur le retour à l équilibre mais il sera difficile à atteindre comme le montrent les résultats à fin mars 2015 : la publicité commerciale chute de -10%, les légales de -18% et la diffusion de La Dépêche de -4,8% (dont -2,7% sur les abonnements). Le regroupement avec les Journaux du Midi nécessaire. La tâche ne sera pas facile. Le papier reste le plus important contributeur en termes de résultat Ainsi, le regroupement avec Les Journaux du Midi continue de nous paraître nécessaire pour permettre, non seulement de mutualiser les charges de structure, mais surtout pour assurer le niveau d investissement nécessaire au succès du repositionnement du groupe, pour élargir la taille de ses activités de diversification et pour bénéficier de toute l expérience et des meilleures pratiques utilisées par ce groupe. La tâche ne sera pas facile car il faudra à la fois approfondir les efforts sur le support papier qui reste encore, et très majoritairement, le plus important contributeur en termes de résultat, tout en finançant les développements qui, comme 2014 le démontre, ne porteront pas leurs fruits rapidement.» Page 4 sur 6
Prise de contrôle des Journaux du Midi Le 6 mars dernier, le Comité d entreprise devait rendre un avis (consultatif) sur le projet de prise de contrôle des Journaux du Midi. Cet avis était unanimement négatif pour l ensemble des élus compte tenu des implications sociales du business plan (150 départs chez Dépêche, 200 chez Midi Libre) ainsi que des zones d ombre qui subsistaient à l époque (montant de l opération, financement, actionnaires...). Aujourd hui ce rachat est fait, nous l avons appris, comme vous par la presse. Le montage juridique a beaucoup évolué depuis le mois de mars puisque de moins de 50 %, La Dépêche se retrouve à plus de 90 % de prise de participation sur un prix global de 15 millions d euros. Nous avons demandé au cabinet Secafi d analyser le projet de ce rachat. Analyse Secafi «Comme nous l avons souligné dans les synthèses de nos précédentes interventions, le regroupement de certains titres de PQR nous paraît inévitable afin, non seulement de mutualiser les charges de structure, mais surtout pour assurer le niveau d investissement nécessaire au succès du repositionnement des différents groupes. L opération projetée s inscrit dans cette perspective mais elle soulève des interrogations majeures :. Les diminutions de personnel qui sont envisagées apparaissent drastiques et vont bien au-delà des mutualisations des charges de structure.. Les efforts demandés aux salariés sont énormes surtout qu ils font suite à des baisses d effectifs qui ont été très importantes toutes ces dernières années. Page 5 sur 6
. Les réorganisations induites sont encore très floues (en particulier au niveau des rédactions) et les diminutions d effectifs reposent essentiellement sur des paris qui restent à relever.. Bien que plausibles, les hypothèses prises en compte dans le business plan sont incertaines.. Fort heureusement, les modalités de financement laissent des marges de manœuvre au nouveau groupe mais les investissements nécessaires dans les développements restent encore à préciser. A notre sens, les conditions de la réussite du nouvel ensemble reposent sur les conditions, non exhaustives, suivantes :. S appuyer sur les forces spécifiques et les différentes cultures de chaque groupe pour créer les synergies les plus profitables à l ensemble, ce qui ne sera pas simple du fait de la tentation naturelle d imposer des modèles connus. - Accentuer les efforts sur le support papier, qui reste le plus fort pourvoyeur de résultats, afin de limiter le risque d accélération de la chute de la diffusion. Dans ce sens, le fonctionnement de la rédaction de Midi Libre après les départs en clause de cession d un grand nombre de journalistes-rédacteurs, mérite une attention particulière.. Prendre le temps nécessaire avant de mettre en œuvre les différentes mesures envisagées et, avant de décider chacune d elle, engager une large concertation avec les Instances représentatives du personnel et en particulier les CE concernés.. Prévenir les Risques Psychosociaux que l ampleur des réorganisations envisagées ne manquera pas d amplifier en collaborant étroitement avec les différents CHSCT.. Mettre en œuvre une politique et des méthodes de Conduite du Changement afin d assurer une communication complète et transparente sur l évolution du groupe et les mesures décidées et mises en œuvre non seulement avec les IRP mais aussi directement auprès des salariés. L intégration de deux groupes, quels qu ils soient, n est jamais simple. Les difficultés que rencontre le secteur associées à la faiblesse des structures financières des deux groupes et à l ampleur des réorganisations envisagées, font que la réussite du nouvel ensemble n est pas gagnée d avance : gageons que la qualité du dialogue social sera un atout majeur pour relever le défi.» Nous n avons, au surlendemain de cette acquisition, aucune information concrète sur le futur des deux groupes, sur les mesures envisagées. Le Secrétaire Roland LACANAL Page 6 sur 6