Pathologie Gastro-Entérologique

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Transcription:

Pathologie Gastro-Entérologique Le tissu lymphoïde digestif et sa pathologie Nicole Brousse Hôpital Necker Enfants Malades SYSTEMES DE DEFENSE DU TUBE DIGESTIF Défense non spécifique : barrière muqueuse flore microbienne sécrétions digestives membrane basale péristaltisme intestinal Défense spécifique : plus importante Système immunitaire Le système immunitaire du tube digestif est formé de 2 compartiments 1. Un compartiment de cellules effectrices situées dans la muqueuse Lymphocytes à IgA LT thymo-dépendants et -indépendants 2. Un réservoir de cellules précurseurs Plaques de Peyer Ganglions mésentériques Système immunitaire du tube digestif (GALT, MALT) Plaques de Peyer Ganglions mésentériques cellules isolées de la muqueuse lymphocytes intra-épithéliaux (LIE) lymphocytes du chorion Follicules lymphoïdes et plaques de Peyer Localisation :. Appendice. Iléon Structure : 4 zones épithélium associé aux follicules (EAF) cellules M+ cellules immunitaires zone du dôme : lymphocytes B et T, macrophages = zone marginale follicule lymphoïde zone inter-folliculaire Origine et migration des cellules IgA et des lymphocytes T Rôle des plaques de Peyer Cycle hémo-lymphatique 1

Follicules lymphoïdes et plaques de Peyer Leur structure (EAF : cellules M et cellules immunitaires) favorise : l entrée élective des antigènes l initiation de la réponse immunitaire digestive cycle entéro-entérique Plaques de Peyer épithélium associé aux follicules (EAF) cellules M + cellules immunitaires zone du dôme : lymphocytes B et T, macrophages (zone marginale) follicule lymphoïde zone inter-folliculaire Epithélium Epithélium associé aux follicules villositaire Cellules épithéliales Cellules absorbantes ++ ++ Cellules mucosécrétantes ± ++ Cellules M ++ - Cellules immunitaires Lymphocytes ++ + Plasmocytes + - Macrophages - - Membrane basale discontinue continue Cellule absorbante bordure en brosse lysosomes dégradation des Ag luminaux transport d IgA synthèse de la pièce sécrétoire Cellule M courtes villosités peu de lysosomes étroit contact avec les cellules immunitaires transport d IgA?? Épithélium associé aux follicules Lymphocytes T Epithélium villositaire CD8 + +++ CD4 ++ + Lymphocytes B IgM + - Macrophages + - 2

Epithélium associé aux follicules lymphoïdes Cellules M : absorption et transport d antigènes cellules immunitaires lymphocytes T CD 4 lymphocytes B IgM macrophages rôle dans les réponses immunitaires locales Dôme zone marginale Lymphocytes B (cellules «CCL» d Isaacson) plasmocytes IgM lymphocytes T CD 4 macrophages Follicules lymphoïdes Lymphocytes intestinaux = Zone de prolifération des lymphocytes B IgM IgA Lymphocytes du chorion lymphocytes intra-épithéliaux ( LIE) Cellules lymphoïdes du chorion Cellules B Lymphocytes B (IgM de surface) Plasmocytes : IgA 80% IgM 15% IGG 2% IgE 2% Cellules T Lymphocytes T auxiliaires CD 4+ : 60-70% cytotoxiques / suppresseurs CD 8+ : 30-40% PROPRIÉTÉS DES Ac IgA Bloque l absorption des Ag par cellules épithéliales obstacle à la pénétration des agents infectieux Ac agglutinant Adhère aux micro-organismes limite croissance et multiplication des bactéries se combine avec toxines inactive des virus forme des complexes immuns bile 3

LIE normaux : phénotype 3 populations CD3+, TCRαβ+, CD8+: 75% CD3+, TCRγδ+: 15%, CD4-, CD8- CD7+, CD3- Tous expriment CD103 Antigène HML1 (CD103) Absent des lymphocytes T du sang et des organes lymphoïdes périphériques au repos Exprimé par tous les LIE normaux et tumoraux Exprimé dans les épithéliums normaux (intestin, bronches, glande mammaire ) inflammatoires (peau du psoriasis ) ou tumoraux (carcinomes digestifs) Intégrine aeb7: son ligand est la E-cadhérine Migration des lymphocytes dans l intestin Rôle du lymphocyte T intestinal Interactions entre les récepteurs membranaires des lymphocytes et ceux de l endothélium des vaisseaux de la muqueuse intestinale les cellules endothéliales intestinales expriment MAdCAM-1 Le ligand de MadCAM est l intégrine α4β7 α4β7 est exprimé par les cellules mononucléées et les polynucléaires éosinophiles de la muqueuse digestive souris β7-/- : MALT atrophique alors que les autres organes lymphoïdes sont normaux Pathologie : 2 exemples Déficits immunitaires : diarrhées, infections activation : maladie cœliaque : corrélations entre l augmentation des lymphocytes T et l atrophie villositaire Fonctions des lymphocytes T 1. Protection de la muqueuse Déficits profonds de l immunité T pullulation à germes gram - candidoses parasitoses sévères (cryptosporidies) infections virales (CMV/ adénovirus) MACROPHAGES de la muqueuse digestive Abondants dans le chorion et les plaques de Peyer fonctions habituelles des macrophages : phagocytose présentation des antigènes aux lymphocytes initiation de la réponse immunitaire 4

MASTOCYTES de la muqueuse digestive Différents des mastocytes séreux (granulations) proviennent de la moelle osseuse dans allergies, parasitoses, maladie cœliaque prolifération et maturation sous l influence de l IL3 synthétisée par lymphocytes T CD 4 CONCLUSION Populations lymphoïdes Tube Digestif = VOLUME INTERACTIONS avec d autres cellules : cellules épithéliales système immunitaire central = système immun LOCAL AUTOMNE rôle de défense contre agents pathogènes contrôle de la distribution des «produits» de l environnement. REGULATION DE LA REPONSE IMMUNE LOCALE : contacts permanents avec Ag nécessité de systèmes régulateurs 1) Réponse LOCALE après immunisation par voie LOCALE : réponse IgA locale 2 ) Réponse INTESTINALE après immunisation PARENTERALE 3) Réponse SYSTEMIQUE après immunisation ORALE la tolérance immunitaire : le même Ag après administration répétée n entraîne pas de réponse Ac ni de R. d hypersensibilité cutanée. Mécanismes responsables : complexes immuns circulants rôle des cellules T suppressives ROLES DES CELLULES EPITHELIALES DANS LA REPONSE IMMUNE DIGESTIVE Participation active : exclusion des antigènes barrière présentation des antigènes : molécules HLA-DR ; cf macrophages transport des antigènes : cellules absorbantes cellules M ; transport bidirectionnel dégradation des antigènes : cellules épithéliales et macrophages modulation de l absorption des antigènes Tissu lymphoïde associé au tube digestif Principal système de défense intestinal Volume important Cellules immunitaires : lymphocytes B et T, macrophages Rôles : système immun local autonome interactions avec le système immunitaire central interactions avec les cellules épithéliales Immunopathologie et maladies intestinales Physiologie système immunitaire du tube digestif (MALT = GALT) Mécanismes impliqués maladies intestinales 5

Déficits immunitaires primitifs ou acquis 1) D.I. humoraux IgA : diarrhée rare hyperplasie compensatrice cellules IgM et IgG IgA + IgG2 et/ ou IgG 4 : diarrhée++ surtout hypo ou agammaglobulinémie Giardia infections microbiennes 2) D.I. cellulaires (SCID, SIDA) Diarrhée : 70% cas mécanismes? Infections intestinales (germes Gram-, candidoses, parasitoses, CMV, adénovirus)? cf SIDA IgA + IgG2 et/ ou IgG 4 : diarrhée++ Atrophie villositaire Déficits immunitaires et pathologie intestinale Déficits immunitaires congénitaux et acquis (SIDA) Diarrhée Syndrome de malabsorption ± atrophie villositaire Infections : germes Gram - : Shigelles, salmonelles mycoses candidat albicans parasitoses : cryptosporidiose, microsporidiose mycobactéries atypiques virus : :CMV, herpès Activation immunitaire anormale par stimulation Ag intra-luminale Cellules B : IgA : IPSID, M. chaînes α synthèse d une chaîne lourde α anormale Lymphomes digestifs Lymphomes du MALT Intérêt d une classification Cellules T : maladie cœliaque ganglionnaires digestifs Lymphomes extra-ganglionnaires non digestifs Lymphomes digestifs primitifs Fréquence : 10 à 15% des L. non hodgkiniens Phénotype B (95%), T (5%) Siège le plus souvent gastrique: phénotype B association à l Helicobacter pylori gastriques MALT Helicobacter pylori intestinaux + maladie coeliaque Lymphome intestinal phénotype B ou T lymphome T: association fréquente avec une entéropathie sprue réfractaire 6

Classification des lymphomes primitifs digestifs (d après P.G. Isaacson) Phénotype B - Lymphome B du MALT («mucosa-associated lymphoid tissue»), de faible degré de malignité - Lymphome B du MALT de haut degré de malignité, avec ou sans composante de faible degré de malignité incluant : - centroblastique - immunoblastique - Lymphome méditerranéen (IPSID, maladie des chaînes α) - Lymphome centrocytique (polypose lymphomateuse) - Lymphome de Burkitt - autres types (cf. ganglions périph ériques) Lymphomes digestifs Importance du type histologique Pour le diagnostic Pour le choix du traitement Lymphomes digestifs primitifs Fréquence : 10 à 15% des L.non hodgkiniens Phénotype B (95%), T ( 5%) Siège, le plus souvent gastrique : - phénotype B - association à l Hélicobacter pylori Lymphome intestinal - Lymphome B ou T - Lymphome T : - Association fréquente avec une entéropathie - Sprue réfractaire Lymphomes digestifs Principales localisations Estomac : 50% Intestin grêle : 30% Région iléo-colique : 15% Colon-rectum : 10% Lymphome de l estomac Endoscopie Gastrite Epaississement des plis Ulcère Tumeur (15%) Macroscopie Ulcère unique ou multiple Érosions superficielles Épaississement des plis Tumeur Lymphome gastrique de faible malignité Facteurs prédisposants A.C.WOTHERSPOON, Lancet, 1991 Histoire clinique longue : douleurs épigastriques avec dyspepsie Endoscopie : gastrite, ulcère, masse tumorale Lésions longtemps confinées à l estomac Rôle de l infection à Helicobacter pylori : Gastrite aiguë gastrique chronique avec hyperplasie folliculaire Lymphome Carcinome 7

Gastrite chronique et Helicobacter pylori Présence de follicules lymphoïdes Présence de cellules lymphoïdes B dans l épithélium glandulaire au contact des follicules lymphoïdes (différent des lésions lympho-épithéliales) Lymphome gastrique du Malt de faible malignité Histologie - Infiltration du chorion par petites cellules clivées (cellules «cc-like») - lésions lympho-épithéliales constantes - Différenciation plasmocytaire 1/3 cas - Présence de follicules lymphoïdes ORIGINE Cellule lymphoïde B située dans l épithélium et le dôme surplombant les follicules lymphoïdes zone marginale : zone externe de la couronne des follicules Lymphome gastrique du Malt de faible malignité : protocole thérapeutique Bilan d extension : Biopsies, BM, écho-endoscopie Traitement éradicateur H. pylori Contrôle à 2, 6,12 mois Si régression : surveillance Si persistance ou aggravation : chirurgie ou chimiothérapie Survie : 90% à 5 ans ; 75% à10 ans Grade Score de Wotherspoon Description 0 Normal 1 Gastrite chronique active 2 Hyperplasie lymphoïde folliculaire 3 Infiltrat lymphoïde suspect du chorion, probablement réactionnel 4 Infiltrat lymphoïde suspect du chorion, probablement tumoral 5 Lymphome B de bas grade de type Malt L du MALT Gastrique de Bas Grade Traité Grading Histologique Rémission complète histologique absence d infiltrat lymphoïde absence de LLE chorion normal ou peu c/ et/ou fibreux Maladie résiduelle minime probable amas de c/ lymphoïdes et/ou follicules absence de LLE chorion peu c/ ou fibreux Maladie résiduelle répondant au traitement infiltrat lymphoïde dense diffus ou nodulaire LLE focales ou absentes chorion focalement peu c/ et/ou fibreux Pas de modification infiltrat lymphoïde dense diffus ou nodulaire LLE chorion non modifié 8

Lymphomes gastriques de faible malignité : évolution Très lente évolution spontanée sur plusieurs années Récidives locales Extension à distance : autres localisations du MALT (ORL, bronches) Risque de transformation en lymphome plus agressif Faible sensibilité au traitement par chimio ou radiothérapie Tube digestif MALT LLC Polypose c. petites + + + c. activées + + + LLE + - - IHC CD 5- CD 5+ CD 5+ CD 23- CD 23+ CD 23- Lymphome gastrique de faible degré de malignité, à petites cellules, du MALT Lymphome gastrique de haut grade Définition histologique Ancien «pseudo-lymphome» Symptômes : douleurs épigastriques + dyspepsie Longue durée des symptômes avant le diagnostic : 1 à 3 ans Amélioration clinique et endoscopique après traitement anti-ulcère 60 % des lymphomes gastriques Grandes cellules : Cb ou Ib +- différenciation plasmocytaire Rechercher une composante de bas grade Niveau d invasion pariétale Ganglions para-gastriques et régionaux Tumeur «anaplasique» du tube digestif Le diagnostic de LYMPHOME à GRANDES CELLULES peut être difficile, posant le problème du diagnostic différentiel avec un CARCINOME indifférencié Carcinome lymphome Bleu Alcian, PAS +/- - Cytokératine, EMA + - Pan -Leuco-CD 45 - + 9

Activation immunitaire anormale par stimulation Ag intra-luminale Cellules B : IgA : IPSID, M. Chaînes α (synthèse d une chaîne lourde α anormale) Cellules T : maladie cœliaque Maladie des chaînes alpha = Prolifération diffuse du système lymphoïde B du tube digestif (grêle : duodénum, jéjunum, parfois estomac et côlon), sans intervalle de muqueuse saine maladie immuno-proliférative de l intestin grêle (IPSID) Maladie des chaînes alpha 3 stades histologiques : - Stade A : infiltration intra-muqueuse, «non invasive», diffuse = plasmocytes «matures» - Stade B : aspect intermédiaire = infiltrat invasif et polymorphe - Stade C : lymphome immunoblastique Les 3 stades peuvent - se succéder dans le temps - s observer simultanément dans le même segment ou dans un segment digestif à un autre Maladie des chaînes alpha Immuno-histochimie : Chaîne lourde alpha anormale, portion variable délétée, sans chaîne légère 2/3 cas : détectée dans sang ou liquide duodénal 1/3 cas : non sécrétée et démontrée dans cellules plasmocytaires Polypose lymphomateuse Lymphome du manteau Atteinte gastro-intestinale Un type rare de lymphome digestif (<10%) Un groupe hétérogène incluant : Le lymphome du manteau Le lymphome folliculaire Isolée : localisation secondaire multiple : polypose lymphomateuse 10

Polypose lymphomateuse digestive Polypose lymphomateuse digestive Décrite par Cornes en 1961 Fréquence : < 10% lymphomes primitifs digestifs Age : > 40-50 ans Sexe : H/F : 2 Symptomatologie non spécifique Topographie des lésions disséminées dans le tube digestif atteinte colique constante (rectum) extension fréquente au grêle (iléon terminal) rarement estomac Dissémination extra-abdominale ganglions, foie, rate, moelle, sang Polypose lymphomateuse Histopathologie Immunohistochimie Aspect caractéristique Prolifération monomorphe cellules de taille petite à moyenne noyaux irréguliers, clivés ou ronds Architecture nodulaire présence de centres germinatifs non tumoraux Pas de lésion lympho-épithéliale B+ (CD20+) IgM + IgD + CD5+ Bcl-6-, CD 10- (calla) centres germinatifs polyclonaux Polypose lymphomateuse Polypose lymphomateuse t (11;14) réarrangement du locus bcl-1 dans 50% des cas Sur-expression de la cycline D1 : produit de l oncogène bcl-1 La plus petite lésion : un nodule lymphoïde intra-muqueux CD 20+, CD3- CD5+, CD 43+ 11

Polypose lymphomateuse de type lymphome folliculaire (LF) Polypose lymphomateuse de type lymphome folliculaire (LF) Lésions unifocales dans 50% des cas Aspect identique à celui de la polypose lymphomateuse dans 50% des cas Follicules tumoraux, de grade 1 de l OMS Les cellules tumorales expriment CD 20, CD 10, bcl-2 et bcl-6 et sont CD 5- Réarrangement IgH - bcl-2 Age médian : 56 ans (44-71) Sex ratio F/M : 2 Symptômes révélateurs : douleur abdominale, occlusion Grêle : siège principal atteint Polypose lymphomateuse de type lymphome folliculaire (LF) Polypose lymphomateuse LF: type fréquent de lymphome chez l adulte LF: siège dans ganglions, aussi rate, foie et moelle osseuse LF : localisations extra-ganglionnaires primitives : rares FL: < 7% des lymphomes du tube digestif Doit être distinguée de l hyperplasie lymphoïde nodulaire diffuse : Décrite chez l enfant et l adulte Associée ou non à un déficit immunitaire Multiples nodules surtout dans l intestin grêle Centres germinatifs bien définis Hyperplasie lymphoïde folliculaire polyclonale MALT (tissu lymphoïde associé aux muqueuses) Plaques de Peyer (follicules lymphoïdes) Ganglions mésentériques Cellules isolées de la muqueuse: Lymphocytes intra-épithéliaux (LIE): T Lymphocytes du chorion: B et T Lymphomes T intestinaux Lymphomes digestifs B 95% T 5% Lymphomes T intestin grêle rarement estomac + MC - MC exceptionnellement colon 12

Classification des lymphomes (REAL 1994, OMS 2000) Lymphome T intestinal Définition et Classification Lymphomes B... Lymphomes T... Lymphome T associé à une entéropathie (EATCL) Forme classique associée à une entéropathie (ETL) Lymphome T associé à une éosinophilie Formes plus rares: lymphome de faible degré de malignité nouvelles entités sprue réfractaire: diagnostic différentiel: maladie coeliaque jéjunite ulcéreuse syndromes lympho-prolifératifs T intra-muqueux (CD4 ou CD8). Lymphome T intestinal Définition et Classification Lymphome intestinal T associé à une entéropathie Macroscopie Forme classique associée à une entéropathie (ETL) Lymphome T associé à une éosinophilie Formes plus rares: lymphome de faible degré de malignité nouvelles entités sprue réfractaire: diagnostic différentiel: maladie coeliaque jéjunite ulcéreuse syndromes lympho-prolifératifs T intra-muqueux (CD4 ou CD8). Nodules ulcérés Ulcères jéjunaux, souvent multiples: jéjunite ulcéreuse Plaques, sténose ou rarement tumeur Lymphome T associé à une entéropathie Lymphome de haut degré de malignité le plus souvent à grandes cellules Localisation : intestin grêle unique ou multiple Macroscopie : nodules tumoraux, ulcérations Extension : ganglions mésentériques rate, foie, moelle osseuse, peau, poumon... Lymphome T intestinal (ETL) Aspects histologiques caractéristiques épithéliotropisme augmentation des LIE dans la muqueuse adjacente ou à distance Phénotype typique CD3+ CD4-, CD8-/+, TCRαβ-, TCRγδ- CD103+ molécules cytotoxiques : TiA1, granzyme B dérivent des LIE 13

Lymphome T intestinal Epithéliotropisme: ETL Sprue réfractaire : lymphome intra-épithélial? Jéjunite ulcéreuse? Chorion CD4 + maladie auto-immune + granulomes CD8 IPSID T Jéjunite ulcéreuse et lymphome T intestinal Syndromes lympho-prolifératifs T intra-muqueux (IPSID T) Infiltration du chorion: CD8 CD4 + granulomes Lymphome T intestinal: diagnostic Forme classique : tumeur invasive: Grandes cellules : haut grade Epithéliotropisme Phénotype : CD3+, CD103+ Autres formes: caractères morphologiques, cytologiques, phénotypiques, cytogénétiques et moléculaires Lymphome T intestinal Conclusion Lymphome très rare Phénotype caractéristique: CD3+, CD103+ Souvent associé à une entéropathie: Recherche systématique d une maladie coeliaque Dissémination sang, peau, poumon Atteinte gastrique et colique souvent associée Forme débutante: sprue réfractaire? Lymphome T digestif Conclusion Phénotype CD103+, épithéliotropisme: Recherche systématique d une maladie coeliaque, quelle que soit la localisation (intestin, estomac ou colon)? Intérêt du dépistage des maladies coeliaques asymptomatiques. Rôle du régime sans gluten? Phénotype CD103-, CD4+, atteinte du chorion: Recherche d auto-immunité... 14

Lymphome digestif et dysimmunité Lymphome gastrique du MALT Helicobacter pylori et réponse immunitaire Sprue réfractaire Réponse immunitaire anormale au gluten Maladies auto-immunes associées 15