Politique Nationale d Alimentation et de Nutrition du Cameroun 2007-2011 REPUBLIQUE DU CAMEROUN Paix Travail Patrie ---------- MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE --------- REPUBLIC OF CAMEROON Peace Work Fatherland ---------- MINISTRY OF PUBLIC HEALTH ---------- POLITIQUE NATIONALE D ALIMENTATION ET DE NUTRITION ANNEE 2006 SOMMAIRE Politique Nationale d Alimentation et de Nutrition du Cameroun 2007-2011 Politique Nationale de Nutrition
Préface... 2 Pages I. INTRODUCTION... 3 II. LES ASPECTS NUTRITIONNELS PRIORITAIRES... 4 2.1. Allaitement maternel... 4 2.2. Malnutrition protéino-énergétique... 6 2.3. Carences en micronutriments... 8 2.4. Maladies non transmissibles liées à la nutrition... 10 2.5. Alimentation/Nutrition des groupes socioéconomiques défavorisés... 12 2.6. Alimentation/Nutrition des Personnes Vivant avec le VIH/SIDA... 13 2.7. Sécurité sanitaire des aliments... 15 2.8. Sécurité alimentaire... 17 2.9. Formation/recrutement des professionnels en nutrition... 19 III. SUIVI ET EVALUATION... 20 IV. CADRE INSTITUTIONNEL... 21 Politique Nationale d Alimentation et de Nutrition du Cameroun 2007-2011 1
PREFACE Les différentes enquêtes nationales de démographie et de santé réalisées au Cameroun de 1991 à ce jour, l enquête nationale sur l anémie et la carence en fer de l an 2000 et l évaluation de l iodation du sel sur la population camerounaise, montrent que l état nutritionnel des enfants camerounais et des femmes s est significativement détérioré au cours des dix dernières années. Au cours de la même période, les taux de mortalité des enfants ont significativement augmenté. La volonté politique de s attaquer aux problèmes nutritionnels et d assurer une sécurité sanitaire des aliments à tous les niveaux s est traduite au niveau du Gouvernement par un ensemble de mesures concrètes notamment la prise en compte de la nutrition et de l alimentation dans la Stratégie Sectorielle de Santé ; Ces actions devraient se traduire dans les prochaines années par des bénéfices pour la santé de la population en général, celle des enfants et des femmes en particulier et pour la croissance économique de notre pays. Aujourd hui, il faut convenir que l élimination des maladies nutritionnelles dans notre pays et la garantie de l innocuité des aliments est un objectif prioritaire de santé publique, cher au Président de la République son Excellence M. Paul Biya qui le déclarait dans son discours à la Nation le 31 décembre 2003 «Aussi longtemps qu un camerounais ne mangera pas à sa faim, qu il n aura pas accès à l éducation, qu il ne recevra pas les soins auxquels il a droit, notre tâche ne sera pas terminée». C est dire toute l importance que le Gouvernement accorde à la politique d Alimentation et de Nutrition. Le Ministre de la Santé Publique Urbain OLANGUENA AWONO Politique Nationale d Alimentation et de Nutrition du Cameroun 2007-2011 2
I. INTRODUCTION Les problèmes de malnutrition au Cameroun constituent une préoccupation pour les pouvoirs publics. En effet, les différentes Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS) réalisées au Cameroun en 1991, 1998 et 2004, montrent que l état nutritionnel des enfants et des femmes s est détérioré de manière significative. Cette situation s est aggravée avec la crise économique et la pandémie du VIH/SIDA. Les maladies non transmissibles liées à la nutrition constituent une lourde charge économique pour les systèmes de santé. La sécurité sanitaire des denrées alimentaires consommées au Cameroun présente un risque élevé pour la santé des populations. La volonté politique de combattre ces problèmes s est traduite au niveau du Gouvernement par un ensemble de mesures concrètes notamment la prise en compte de l alimentation et de la nutrition dans la Stratégie Sectorielle de Santé (SSS) adoptée en 2001, en conformité avec les orientations du Document de Stratégies de Réduction de la Pauvreté, (DSRP). Pour rendre cet engagement opérationnel, le Gouvernement du Cameroun a élaboré un document de Politique d Alimentation et de Nutrition qui définit les grands axes devant conduire à l amélioration de la situation alimentaire et nutritionnelle des populations. Cette politique sera mise en œuvre par le Programme National d alimentation et de nutrition qui comporte les neuf composantes suivantes : 1. la Promotion de l allaitement maternel ; 2. la lutte contre la malnutrition; 3. la lutte contre les carences en micronutriments ; 4. la prévention et la prise en charge des maladies non transmissibles liées à la nutrition ; 5. le soutien nutritionnel aux groupes vulnérables et socio économiquement défavorisés ; 6. la prise en charge nutritionnelle des personnes vivant avec le VIH/SIDA ; 7. la promotion de la sécurité sanitaire des aliments ; 8. la sécurité alimentaire et la formation ; 9. le recrutement des professionnels en Nutrition. La réalisation des actions retenues dans ce document devrait se traduire dans les prochaines années par des bénéfices pour la santé des populations en général et celle des enfants et des femmes en particulier et pour la croissance économique de notre pays. Politique Nationale d Alimentation et de Nutrition du Cameroun 2007-2011 3
II. LES ASPECTS NUTRITIONNELS PRIORITAIRES 2.1. ALLAITEMENT MATERNEL Justification : L allaitement maternel assure dès la naissance le bon état nutritionnel du nourrisson et présente des avantages pour la santé du couple mère /enfant. Malgré la mise en œuvre de la politique d allaitement maternel depuis septembre 1994, le taux de mise au sein dans l heure qui suit la naissance reste faible (43% selon EDSIII). Le Ministère de la Santé Publique, l OMS et l UNICEF recommandent que tous les enfants soient nourris exclusivement au sein tout au long des six premiers mois de la vie et que l allaitement maternel soit poursuivi au delà de l âge de deux ans pour ceux des enfants nés de mères séronégatives. Les résultats de EDSC III de 2003 montrent que seulement 2 enfants sur 5 bénéficient de cette recommandation d allaitement exclusif. La durée moyenne de l allaitement au Cameroun qui était de 19,3 mois en 1978 est passée à 18,2 mois en 1991 et 1998 pour tomber à 18 mois en 2003. Plus du tiers des enfants à la naissance (38,2%) reçoivent de l eau en plus du lait maternel et 41,0% des aliments et d autres liquides. La supplémentation alimentaire reste très précoce au Cameroun. En effet, les résultats de EDSC III montrent que plus d un enfant sur 4 (26,5%) est déjà supplémenté avant six mois. Seulement 48,3% des enfants de 7 à 9 mois reçoivent des aliments de complément d origine animale indispensables à leur croissance et développement. Les causes de ces insuffisances dans la pratique de l allaitement maternel et de l alimentation de complément sont d ordre culturel, social et économique. La problématique de la transmission du VIH de la mère à l enfant à travers le lait maternel doit également être prise en compte. Politique Nationale d Alimentation et de Nutrition du Cameroun 2007-2011 4
But : - Protéger, promouvoir et soutenir l allaitement maternel au Cameroun Objectifs : - Encourager la mise au sein précoce du nourrisson - Favoriser l allaitement maternel exclusif jusqu à l âge de 6 mois ; - Poursuivre l allaitement maternel jusqu à l âge de deux ans au moins ; - Prévenir la transmission mère-enfant du VIH par une alimentation appropriée ; - Promouvoir l introduction des aliments de complément appropriés à partir de 6 mois. Stratégies : - Plaidoyer en faveur de l allaitement maternel ; - Renforcement de la mise en œuvre de la Politique Nationale et les Standards des Services en Allaitement Maternel notamment la formation, l IEC, la recherche opérationnelle, la prise en charge des problèmes, la législation et la collaboration multisectorielle ; - Soutien à l initiative «Hôpitaux et Communautés Amies des Bébés»; - Appui aux interventions de prévention de la transmission du VIH de la mère à l enfant à travers l allaitement maternel ; - Appui à l alimentation des orphelins et enfants vulnérables au VIH. Politique Nationale d Alimentation et de Nutrition du Cameroun 2007-2011 5
2.2 -MALNUTRITION PROTEINO-ENERGETIQUE : Justification : La nutrition joue un rôle important dans la survie de l enfant. Au Cameroun, La malnutrition protéino-énergétique est associée à plus de 38% de décès d enfants et affecte directement la sévérité des maladies infectieuses telles que la rougeole et les diarrhées. On note aussi une détérioration plus prononcée de l état nutritionnel des enfants de moins de 5 ans et des mères. Ainsi, en 1998, 29% d enfants d âge préscolaire souffrent d un retard de croissance chronique, 6% sont émaciés et 22% ont un poids inférieur à leur âge. La prévalence de faible poids de naissance est de 13%. Quant aux mères, 8% sont malnutries et sont susceptibles de donner naissance aux enfants de poids insuffisant. Faute d interventions appropriées, cette malnutrition protéino-énergétique sera à la base de plus de 218 000 décès d enfants de moins de 5 ans dans la prochaine décennie. But : - Réduire la morbidité et la mortalité due à la malnutrition protéinoénergétique Objectifs : - Promouvoir, protéger et soutenir l allaitement maternel optimum ; - Réduire la prévalence de la malnutrition protéino-énergétique chez les enfants de moins de 5 ans et chez les femmes en âge de procréer ; - Promouvoir et encourager le rôle et la participation de la communauté dans les programmes d intervention ; - Promouvoir la sécurité alimentaire au niveau de la nation, de la communauté et des ménages - Promouvoir l information, l éducation et la communication en nutrition. Stratégies : - Institutionnalisation de la surveillance de la croissance au niveau des communautés et des formations sanitaires; - Promotion et soutien des programmes de distribution d aliments aux groupes vulnérables ; Politique Nationale d Alimentation et de Nutrition du Cameroun 2007-2011 6
- Initiation des programmes d aménagement du territoire pour la sécurité alimentaire ; - Promotion de l introduction de la nutrition dans les curricula à tous les niveaux du système d éducation ; - Renforcement de la collaboration et des liens entre communautés, gouvernement et ONG, secteur privé et secteurs informels ; - Promotion de la communication sociale en matière de Nutrition. Politique Nationale d Alimentation et de Nutrition du Cameroun 2007-2011 7
2.3- CARENCES EN MICRONUTRIMENTS : Justification : Les carences en micronutriments essentiellement constituées par les troubles dus à la carence en iode, la carence en vitamine A et l anémie par carence en fer, affectent l état nutritionnel et la santé d une tranche importante de la population camerounaise et compromettent leur participation au développement du pays. La carence en vitamine A touche 40% d enfants âgés de moins de cinq ans, la province du Nord présentant le taux le plus élevé avec une prévalence de 62,7% en 2002. Si rien n est fait, 132 000 enfants mourront de suite de cette forme de malnutrition au cours des 10 prochaines années. L anémie dont la cause principale est la carence en fer est courante parmi les femmes et les enfants camerounais. Elle affecte presque 68% d enfants de moins de cinq ans et 45% des femmes âgées de 15 à 49 ans (EDSC III). Si rien n est fait d ici 10 ans cela entraînera plus de 5 000 décès maternels et constituera un handicap majeur au rendement scolaire de milliers d enfants. La carence en iode bien qu en régression reste présente et entrave le développement intellectuel des enfants. Si rien n est fait d ici 10 ans, ce sont 424 000 nouveaux-nés camerounais souffriront de déficit mental à cause de la carence en iode durant la vie intra-utérine. But : - Réduire la morbidité et la mortalité dues aux carences en micronutriments chez les enfants et les femmes en âge de procréer Objectifs : - Éliminer les troubles dus à la carence en iode comme problème de santé publique ; - Éliminer la carence en vitamine A comme problème de santé publique ; - Réduire la prévalence de l anémie par carence en fer dans tous les groupes d âge notamment chez les enfants et les femmes en âge de procréer. Politique Nationale d Alimentation et de Nutrition du Cameroun 2007-2011 8
Stratégies : - Promotion de l allaitement maternel exclusif jusqu à six mois ; - Communication sociale sur les micronutriments ; - Promotion de la fortification des aliments en micronutriments ; - Promotion des programmes de supplémentation en micronutriments des groupes à risques (femmes enceintes et allaitantes, enfants adolescents et les autres groupes vulnérables) ; - Intégration de la nutrition dans les autres programmes de santé (paludisme, schistosomiases, PTME) - Formation continue des intervenants dans la lutte contre les carences en micronutriments ; - Développement de la collaboration multisectorielle (communautés, industries, consommateurs, pouvoir public, secteur informel) pour les interventions ayant trait à la lutte contre les carences en micronutriments ; - Plaidoyer dans les domaines des micronutriments ; - Promotion de la production et de la consommation des aliments riches en micronutriments (fer, iode, vitamine A, ) - Renforcement de l enseignement de la Nutrition dans les programmes de formation à tous les niveaux (enseignement primaire, secondaire, supérieur) ; - Promotion de la recherche opérationnelle sur les micronutriments et la santé; - Formation des professionnels en alimentation, en nutrition et dans d autres domaines connexes (agriculture, élevage,...) ; Politique Nationale d Alimentation et de Nutrition du Cameroun 2007-2011 9
2.4- MALADIES NON TRANSMISSIBLES LIEES À LA NUTRITION : Justification : Les maladies non transmissibles liées à la nutrition, notamment le diabète, l hypertension artérielle et l obésité sont couramment rencontrées dans les formations sanitaires et même dans les communautés. Bien que les données épidémiologiques sur ces maladies ne soient pas encore bien documentées on note cependant une fréquence inhabituelle de ces maladies longtemps considérées comme réservées aux pays riches. Une étude réalisée par le Cameroon non communicable Disease Health Project (CNCDHP) en 1997/1998 montre une prévalence du diabète sucré de 6,2% au sein de la population générale. L hypertension est observée chez 17,6% d hommes et une prévalence de l obésité de 17,1% chez les femmes au Cameroun. D une manière générale, ces prévalences sont plus élevées en milieu urbain qu en milieu rural. Le diabète sucré est plus observé chez les femmes que chez les hommes tandis que l obésité est plus fréquemment observée chez les femmes en milieu urbain (17,1% contre 5,4% chez les hommes). La prévalence de l hypertension artérielle est comparable tant chez les femmes que chez les hommes (17,6% chez les hommes et 15,5% chez les femmes). Les principaux facteurs de risque pour l hypertension artérielle ont été étudiés Il s agit du niveau d éducation, de la consommation d alcool, de tabac et de l abus du sel. Une bonne nutrition diminuera l incidence de ces maladies. Il est donc nécessaire de mettre en place un programme de prévention et de traitement de ces maladies. But : - Réduire l incidence des maladies non transmissibles liées à la nutrition au Cameroun. Objectifs : - Prévenir les maladies non transmissibles liées à la nutrition ; - Assurer la prise en charge des personnes souffrant des maladies non transmissibles liées à la nutrition ; Politique Nationale d Alimentation et de Nutrition du Cameroun 2007-2011 10
- Mener des recherches sur les maladies non transmissibles liées à la nutrition, - Mettre en place un système de surveillance des maladies non transmissibles liées à la Nutrition. Stratégies : - Dépistage des maladies non transmissibles liées à la nutrition dans les formations sanitaires et au niveau de la communauté ; - Communication sociale sur les maladies non transmissibles liées à la nutrition dans la communauté, les écoles pour les enfants d âge scolaire en particulier) ; - Plaidoyer pour l allocation des ressources pour la recherche sur les maladies non transmissibles liées à la nutrition ; - Formation continue du personnel de la santé dans la prise en charge des maladies non transmissibles liées à la nutrition ; - Surveillance des maladies non transmissibles liées à la Nutrition. Politique Nationale d Alimentation et de Nutrition du Cameroun 2007-2011 11
2.5- ALIMENTATION /NUTRITION DES GROUPES SOCIO- ECONOMIQUES DEFAVORISES Justification : Des situations particulières rendent certains groupes de personnes socioéconomiquement défavorisées et vulnérables sur le plan nutritionnel. Ces groupes sont entre autres : les réfugiés et les personnes déplacées, les prisonniers, les enfants de la rue, les personnes handicapées et les personnes âgées, les orphelins du SIDA et les personnes vivant dans les zones à écologie fragile etc. Ces personnes sont sujettes à diverses formes de malnutritions qui les rendent vulnérables aux maladies diverses. La couverture de leurs besoins nutritionnels de base est essentielle et contribue à leur bien-être par la réduction de la morbidité et de la mortalité. But : - Améliorer la prise en charge nutritionnelle des groupes socioéconomiques défavorisés. Objectifs : - Prévenir les malnutritions au sein des groupes vulnérables ; - Introduire les aspects nutritionnels dans les projets/programmes dont ils sont bénéficiaires. Stratégies : - Collecte, analyse et diffusion des informations sur l état nutritionnel et l alimentation des personnes socio-économiques défavorisées ; - Communication sociale sur la vulnérabilité nutritionnelle et les besoins nutritionnels des groupes vulnérables ; - Renforcement des mécanismes communautaires d assistance nutritionnelle ; - Promotion de l administration des suppléments nutritionnels ; - Formation des différents intervenants à la prise en charge nutritionnelle des groupes vulnérables ; - Promotion de la collaboration multisectorielle. Politique Nationale d Alimentation et de Nutrition du Cameroun 2007-2011 12
2.6- ALIMENTATION NUTRITION PERSONNES VIVANT AVEC LE VIH/SIDA Justification : Les personnes vivant avec le VIH/SIDA sont estimées à 470.000 environ au Cameroun (EDSC III). Une nutrition optimale contribuera à ralentir la progression de la maladie du VIH vers le SIDA, ce qui a pour impacts de : - réduire le coût des soins médicaux ; - améliorer la réponse aux traitements médicamenteux ; - maintenir les personnes infectées en activités leur permettant de prendre soins d eux-mêmes, de leur famille et d élever leurs enfants. Pour cela, il est impératif que les aspects nutritionnels soient intégrés dans leur prise en charge. But : - Contribuer à l amélioration de l état de nutrition et de santé des personnes vivants avec le VIH/SIDA. Objectifs : - Prévenir la malnutrition chez les personnes vivant avec le VIH/SIDA ; - Assurer la récupération nutritionnelle des personnes vivant avec le VIH/SIDA et malnutries ; - Inclure les aspects nutritionnels dans les projets/programmes visant les personnes infectées par le VIH/SIDA. Stratégies : - Communication sociale sur la nutrition des personnes vivant avec le VIH/SIDA ; - Formation en nutrition les personnes impliquées dans la prise en charge des personnes infectées et affectées ; - Promotion de la supplémentation en micronutriments des personnes infectées ; - Recherche opérationnelle sur l alimentation et la nutrition des personnes vivant avec le VIH/SIDA. Politique Nationale d Alimentation et de Nutrition du Cameroun 2007-2011 13
2.7- SECURITE SANITAIRE DES ALIMENTS : Justification : La consommation des denrées alimentaires de bonne qualité est essentielle pour la santé des populations. Un système de contrôle de la qualité de la production à la consommation est nécessaire pour le bien-être nutritionnel de la population. La protection du consommateur est assurée par : - Une législation sur les aliments avec des textes réglementaires qui tiennent compte de la mondialisation de l économie et des échanges ; - Un système intégré et actualisé de contrôle des aliments par les différentes administrations (au niveau local et au niveau des portes d entrées du Pays) et les différents intervenants ; - L information à tous les niveaux sur la qualité et la salubrité des aliments ; - La surveillance des maladies transmises par les aliments ; - L allocation des ressources pour les activités en relation avec la qualité et l innocuité des aliments. Le système de contrôle actuel présente des insuffisances. Il est nécessaire qu une importance particulière soit accordée à la qualité et à la sécurité des aliments. But : - Assurer une bonne qualité nutritionnelle, microbiologique, chimique et organoleptique des denrées alimentaires consommés au Cameroun. Objectifs : - Assurer que les denrées alimentaires disponibles sont de bonne qualité et répondent aux normes nationales et/ou internationales ; - Mettre en place un cadre institutionnel multidisciplinaire pour le contrôle de la qualité des aliments ; - Sensibiliser tous les intervenants sur la qualité hygiénique des aliments tout au long de la chaîne alimentaire ; Politique Nationale d Alimentation et de Nutrition du Cameroun 2007-2011 14
- Encourager la recherche sur la qualité et l innocuité des aliments ; - Mener un plaidoyer pour l allocation des ressources pour le contrôle de la qualité des aliments. Stratégies : - Création d une Agence Nationale de sécurité sanitaire chargée de la gestion des problèmes de la qualité des aliments ; - Adoption des textes normatifs et législatifs pour le contrôle de la qualité des aliments ; - Communication sociale sur la qualité et l innocuité des aliments ; - Formation du personnel intervenant dans les activités de contrôle de qualité et d innocuité des aliments ; - Renforcement de la collaboration avec les partenaires au niveau national, régional et international (participation aux rencontres professionnelles, échanges d expériences, d expertise etc.) - Allocation des ressources suffisantes pour les activités liées à la surveillance de la qualité et à l innocuité des aliments (recherche, inspection, analyse de laboratoire, formation du personnel, supports éducatifs etc.) ; - Promotion de la création des groupes de producteurs et de consommateurs sur les normes, la qualité et l innocuité des aliments. Politique Nationale d Alimentation et de Nutrition du Cameroun 2007-2011 15
2.8 SECURITE ALIMENTAIRE : Justification : L autosuffisance alimentaire précaire au Cameroun qui atteignait 96% en 1985 s est progressivement dégradée au cours de la dernière décennie. L indice de la production alimentaire est passé de 100 entre 1978 et 1980, à 78 en 1994. La baisse de la production alimentaire a entraîné une diminution de la disponibilité en terme de nutriments. Ainsi la couverture des besoins énergétiques est passée de 96% soit 9781,2 kj/pers./jour en 1980 à 81% soit 9090,6 kj/pers./jour en 1992/1994. Toutefois, ces données globales ne rendent pas compte avec justesse de la disparité qui existe au sein de la population camerounaise en terme de sécurité alimentaire auprès des ménages notamment auprès de ceux qui sont économiquement défavorisés et vivent dans des zones enclavées. La dégradation générale de la situation alimentaire couplée à la crise économique qui a entraîné la paupérisation de la population a eu un impact certain sur l état nutritionnel des camerounais et en particulier celui des groupes vulnérables. But : - Assurer la disponibilité des denrées alimentaires et l accès à la nourriture à chaque camerounais en quantité et qualité adéquates. Objectifs : - Augmenter la disponibilité des denrées alimentaires au niveau national, communautaire et des ménages ; - Améliorer l accès aux denrées alimentaires au niveau national, communautaire et des ménages ; - Améliorer la qualité et l innocuité des aliments ; - Évaluer le profil de la consommation alimentaire des camerounais ; - Contribuer à l augmentation du pouvoir d achat des ménages. Stratégies : - Amélioration des systèmes de production, transformation, stockage, acheminement, marketing et distribution des denrées alimentaires ; Politique Nationale d Alimentation et de Nutrition du Cameroun 2007-2011 16
- Exploitation du potentiel industriel du Cameroun pour accroître la disponibilité des aliments tout au long de l année ; - Amélioration de la politique foncière ; - Établissement d une recherche conjointe entre le secteur public et le secteur privé ; - Promotion d un programme national d approvisionnement alimentaire dans les situations de catastrophe ; - Renforcement du Système National d Alerte Rapide (SNAR) Politique Nationale d Alimentation et de Nutrition du Cameroun 2007-2011 17
2.9 - FORMATION/RECRUTEMENT DES PROFESSIONNELS EN NUTRITION Justification : La prise en charge correcte des maladies au Cameroun est inadéquate car le volet nutritionnel malgré l importance qui lui est reconnue, n est pas toujours pris en compte en raison de l insuffisance des professionnels dans ce domaine. De même, la surveillance de la qualité des denrées alimentaires et des boissons souffre cruellement d un manque de personnel qualifié. Il est par conséquent nécessaire de former les différentes catégories de professionnels, pour une amélioration de la gestion des problèmes liés à la nutrition au Cameroun. But : - Améliorer la prévention et la prise en charge technique des problèmes de nutrition au Cameroun Objectifs : - Doter tous les districts de santé de professionnels en nutrition ; - Rendre opérationnel les services de diététique dans les hôpitaux à tous les niveaux. Stratégies : - Plaidoyer pour la formation/recrutement des professionnels en nutrition ; - Développement des services de diététique dans les hôpitaux. Politique Nationale d Alimentation et de Nutrition du Cameroun 2007-2011 18
III. SUIVI ET EVALUATION Le Système National d Informations Sanitaires actuel n intègre pas tous les indicateurs de nutrition. Il n existe pas donc des données suffisantes pour la prise de décisions. Le Programme National de Nutrition élaborera des indicateurs de suivi évaluation qui seront intégrés autant que possible au système national d informations sanitaires. Le Système National d Informations Sanitaires se chargera de la diffusion des résultats de suivi. Des évaluations périodiques seront conduites pour apprécier l évolution de la situation nutritionnelle des populations camerounaises. Politique Nationale d Alimentation et de Nutrition du Cameroun 2007-2011 19
IV. CADRE INSTITUTIONNEL Il existe plusieurs institutions gouvernementales et organisations non gouvernementales, impliquées dans la nutrition. Cependant, il n existe pas un cadre institutionnel cohérent de coordination de leurs actions. Cette situation est aggravée par l absence d une Politique de nutrition. La nutrition étant un domaine multisectoriel et pluridisciplinaire, un cadre institutionnel doit être mis en place pour assurer le suivi et la coordination des actions qui visent le but et les objectifs de la Politique Nationale de Nutrition. A cet effet, une institution dénommée " PROGRAMME NATIONAL D ALIMENTATION ET DE NUTRITION, en abrégé PRONANUT" sera établie. Placée sous la responsabilité du Ministère Chargé de la Santé Publique, il comprend les membres suivants : MINPLAPDAT, MINADER, MINEPIA, MINRESI, MINEDUC, MINAS, MINPROFF, MINESUP, MINEFI, MINDIC, ONGs, FAO, PAM, OMS, UNICEF, Le PRONANUT est chargé de : - veiller à la mise en œuvre de la Politique Nationale d Alimentation et de Nutrition ; - Plaider pour la mobilisation des ressources nécessaires à la mise en œuvre du Programme National de Nutrition - plaider pour l adoption de textes réglementaires nécessaires, - assurer la liaison ave les partenaires. Politique Nationale d Alimentation et de Nutrition du Cameroun 2007-2011 20