LES TROUBLES DE LA CONSCIENCE DE SOI

Documents pareils
Info. Ligue contre l Epilepsie. Epilepsie. Qu est-ce que c est une crise épileptique ou une épilepsie?

o Anxiété o Dépression o Trouble de stress post-traumatique (TSPT) o Autre

LES MECANISMES DE DEFENSE

Madame, Monsieur, André GILLES, Député permanent chargé de l Enseignement et de la Formation.

Les troubles non moteurs de la maladie de Parkinson. Comprendre la maladie de Parkinson

Les mécanismes de la récupération neurologique. PPradat-Diehl DU de Rehabilitation neuropsychologique 2007

7- Les Antiépileptiques

Questions / Réponses. Troubles du sommeil : stop à la prescription systématique de somnifères chez les personnes âgées

RÉCEPTIONNISTE D'HÔTEL Créée le 31/08/2005 Modifiée le 09/03/2015

Epilepsies : Parents, enseignants, comment accompagner l enfant pour éviter l échec scolaire?

La migraine. Foramen ovale perméable. Infarctus cérébral (surtout chez la femme)

Sommeil et sport Dr. Arnaud PRIGENT (Pneumologue à St LAURENT) sport et sommeil 01/06/2010

LES ACCIDENTS DUS A L ELECTRICITE. Comité pédagogique SAP SDIS 43

I/ Qu est-ce que l aphasie? French

Permis de conduire et maladie d Alzheimer. Denise STRUBEL Service de Gérontologie et Prévention du Vieillissement CHU Nîmes

Les effets nocifs du bruit sur l'homme

Mieux connaître les publics en situation de handicap

SOMMEIL ET TRAVAIL 6

En quoi consistera ce jeu?

Rééducation gériatrique

Le logiciel EduAnatomist.

& BONNES POSTURES TMS TROUBLES MUSCULO-SQUELETTIQUES. Le guide. Guide offert par la MNT


Le bilan neuropsychologique du trouble de l attention. Ania MIRET Montluçon le

DIABETE ET SPORT. Dominique HUET Hopital Saint Joseph PARIS

Traumatisme crânien ou traumatisme cranio-cérébral Trouble de santé neurologique Aide-mémoire

Dossier technique. Guide des éligibilités pour les décisions prises dans les maisons départementales des personnes handicapées

Sport et traumatisme crânien

Le décret du 2 mars 2006 a institué le Diplôme d Etat d Aide Médico-Psychologique de niveau V.

PROGRESSEZ EN SPORT ET EN SANTÉ. Mieux vivre avec ma maladie chronique, Me soigner par l activité physique Programmes Santé

DEVELOPPEMENT DES ADOLESCENTS ET EPS. 3. Quels problèmes professionnels pose le développement des adolescents pour l atteinte des objectifs de l eps

!! "! # $ % &'%( % )&'* & +, ( % %- (%. / +% + 0%

Le référentiel professionnel du Diplôme d Etat d Aide Médico-Psychologique

Définition trouble psychosomatique. TROUBLES PSYCHOSOMATIQUES Item 289. Définition trouble psychosomatique. Définition trouble psychosomatique

troubles comportementaux aigus et/ou cognitifs tous les intervenants de l entreprise Prise en charge immédiate sur le lieu de travail.

Les formalités médicales ci-dessous sont celles prévues aux conditions générales du contrat assurance emprunteur çaassure n 24.

«La capacité à être seul», WINNICOTT

Le traitement du paludisme d importation de l enfant est une urgence

admission aux urgences

Séminaire 1 «Sommeil Normal» Coordination J Adrien / MF Vecchierini Lieu : Faculté de Bichat Amphithéâtre A1, Niveau 1, 16 Rue Henry Huchard Paris 18

QUI PEUT CONTRACTER LA FA?

Avertissement. La pagination du fichier PDF est ainsi demeurée en tous points conforme à celle de l original.

Démence et fin de vie chez la personne âgée

Classifier le handicap épileptique avec ou sans autres déficiences associées. Réponses médico-sociales.

JE NE SUIS PAS PSYCHOTIQUE!

Les différentes maladies du coeur

Aider les élèves qui en ont le plus besoin. Animation pédagogique 17 septembre 2008

prise en charge paramédicale dans une unité de soins

PROCEDURE D EVALUATION ET DE PREVENTION DU RISQUE DE CHUTE ET DE MAINTIEN DE LA MOBILITE

Cet art qu est la psychanalyse

L E C O U T E P r i n c i p e s, t e c h n i q u e s e t a t t i t u d e s

«Tout le monde devrait faire une psychothérapie.»

Le Modèle Conceptuel de Virginia Henderson. P. Bordieu (2007)

A. BONNEFOND Maître de conférences en neuroscience cognitive Laboratoire d imagerie et de neuroscience cognitive Université de Strasbourg

Coup d oeil sur. Le sommeil Bien dormir pour bien grandir

LA MÉTHAMPHÉTAMINE LE CRYSTAL C EST QUOI

Ce document a été mis en ligne par le Canopé de l académie de Montpellier pour la Base Nationale des Sujets d Examens de l enseignement professionnel.

Diplôme Inter-Universitaire des Services de Santé et de Secours Médical des Services Départementaux d Incendie et de Secours

Que peut apporter la psychomotricité aux personnes âgées dépendantes?

Module 2. De la conception à la naissance

Prévention des Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) VILLE DE LANDERNEAU

La prise en charge de votre épilepsie

Développement d un système de monitoring du bien-être des veaux en élevage

GROUPE DE PAROLE SUR L HYGIENE ET LA PRESENTATION

Les musiciens : Frédérique REZZE Clarinette. Véronique SOUBRE-LANABERE Violon et chant. Pascale PAULY Accordéon, piano et chant

PROGRAMME DE FORMATION CONTINUE DES ORTHOPHONISTES. SDOFOLi ANNEE 2015

Télémédecine. F. Brunet 28 octobre 2010

MIEUX COMPRENDRE LE HANDICAP

DÉFINITIONS. Motricité. Robert Rigal ÉDUCATION MOTRICE DE L ENFANT DE 4 À 11 ANS

TROUBLES MUSCULO-SQUELETTIQUES (TMS)

Loin de mes yeux. Chaque personne apprivoise la mort à sa façon, ce qui apporte à cette dernière

POURQUOI RESSENTONS-NOUS DES ÉMOTIONS?

Traumatisme crânien léger (TCL) et scolarité

LA SANTE AU TRAVAIL DES SALARIES DE LA SNCF EN REGION BRETAGNE. Synthèse de l enquête auprès des salariés de la SNCF en Bretagne.

Troubles psychiques de la grossesse et du post-partum Q19. Psychiatrie adulte Module D Pr Jean Louis Senon Année universitaire

Autisme Questions/Réponses

Dossier Administratif du Patient

La danse contemporaine à la maternelle

TRAUMATISME CRANIEN DE L ENFANT : conduite à tenir?

En cause, un rythme biologique qui ne reçoit plus l'indicateur indispensable à sa bonne synchronisation : la lumière du jour.

EXEMPLE DE METHODOLOGIE POUR L ELABORATION D UN PROTOCOLE DOULEUR Marie AUBRY Infirmière référente douleur Hôpital TENON AP-HP Paris XX e SOMMAIRE

Neurologiques gq Centrales EMPR LE NORMANDY GRANVILLE

LA LUMIERE DYNAMIQUE DESORMAIS A LA PORTEE DE TOUS

La technique en 7 étapes. Déroulement du mouvement. ASTA Association Suisse de Tir à l Arc. Conseil des entraîneurs

IRBMS. Institut Régional de Biologie et de Médecine du Sport N ORD PAS- DE-CALAIS WWW. IRBMS. COM. Titre : «DECALAGE HORAIRE ET SPORT»

L éducation physique et sportive. Etude comparée des programmes d'eps à l'école primaire et au collège

DOMAINE 7 RELATIONS ET RÔLES

CONVULSIONS DE L ENFANT Item 190 JP. CARRIERE

APPLICATION THOMSON HEALTHCARE GUIDE D UTILISATION

CONTRAT D ACCUEIL. Parents Assistant(e)s Maternel(le)s. Proposé par les Relais Assistantes Maternelles du Haut-Rhin

Céphalées vues aux Urgences. Dominique VALADE Centre d Urgence des Céphalées Hôpital Lariboisière PARIS

MIEUX CONNAÎTRE LES HANDICAPS, ADAPTER SON COMPORTEMENT

MODELE DE GESTION DU RISQUE HOSPITALIER A PROPOS D UNE ENQUETE REALISEE A L E.P.S DE MONASTIR

Spécial Praxies. Le nouveau TVneurones est enfin arrivé! Les métiers. NOUVEAUX JEUX de stimulation cognitive, orientés praxies.

DOSSIER DE SOINS INFIRMIERS

Les 6 sous-stades. La période sensori-motrice. Le stade réflexe. Coordination main/bouche. Du réflexe au schème: exemple du réflexe de succion

Comprendre les différentes formes de communication

Ergonomie et Prévention des risques professionnels

POLITIQUE SUR LE SOMMEIL ET LA SIESTE

Rééducation Posturale Globale

Transcription:

LES TROUBLES DE LA CONSCIENCE DE SOI

Table des matières Table des matières 3 I - Définition ; Généralités 7 II - Troubles de la vigilance 9 A. Le Coma...9 B. La confusion mentale...9 C. Les états crépusculaires...10-11 A. Les troubles de l'image du corps... 11 1. la dépersonnalisation...11 2. La héautoscopie...12 3. le syndrome de COTARD...12 4. les dysmorphophobies... 12 B. Les troubles du schéma corporel... 12 1. membre fantôme... 12 2. hémi asomatognosie... 12 3. autotopoagnosie (= Syndrome d'anton-babinski)...12 4. l'épilepsie temporale (= épilepsie partielle complexe)... 12 3

Objectifs 1. Définir la conscience et la conscience de soi. 2. Reconnaître les éléments qui y sont impliqués. 3. Enumérer les variations physiologiques et les variations pathologiques qu'elle subit. 4. Définir le coma et évaluer son stade. 5. Préciser les éléments à apprécier devant un coma. 6. Décrire la confusion mentale. 7. Enumérer les principales étiologies de la confusion mentale. 8. Définir et décrire la dépersonnalisation et ses caractéristiques et citer les situations dans lesquelles elle peut s'observer. 9. Définir la dysmorphophobie et citer les situations dans lesquelles elle peut s'observer. 10. Distinguer la différence entre le schéma corporel et l'image du corps. 5

Définition ; I - Généralités I Définition : la conscience «c'est la connaissance que chacun a de la réalité extérieure, du temps qui s'écoule, de son propre corps, de ses actions et de sa vie mentale». Elle implique la vigilance, les fonctions sensitivomotrices et l'introspection. Elle subit des variations physiologiques au cours des émotions et lors du sommeil; elle est perturbée dans la confusion mentale, la démence et le coma. Définition : la conscience de soi «c'est la conscience que peut avoir un sujet de son corps et de sa personne». Elle dépend des fonctions de la vigilance et de la perception du corps. Elle sera perturbée si l'une de ces fonctions est altérée. 7

Troubles de la II - vigilance II A. Le Coma c'est la perte des fonctions de relation (conscience, mobilité et sensibilité) avec conservation, plus ou mois complète, des fonctions végétatives. Devant un coma, il faut toujours apprécier : les activités spontanées : ouverture des yeux, mobilité et paroles. les réponses aux stimulations et si elles sont adaptées ou non. les fonctions végétatives (température, TA, pouls, rythme respiratoire). Leur atteinte est un signe de gravité. Les différents stades de coma sont : 1. Coma vigile (stade I) : allant de l'obnubilation de la conscience: difficulté de compréhension, de se repérer dans le temps et dans l'espace, lenteur des opérations mentales, jusqu'à l'hébétude: état de stupeur avec sidération de la pensée, la mémoire et l'attention: le sujet parait lointain et indifférent à ce qui l'entoure. 2. Coma léger (stade II) : abolition de toute relation avec le monde, avec absence de réveil. La réaction aux stimulations douloureuses est inadaptée. 3. Coma profond (stade III) : résolution musculaire totale avec abolition des réflexes et absence de réaction aux stimulations douloureuses. Certaines des fonctions végétatives sont souvent atteintes. 4. Coma dépassé (stade IV) : mort cérébrale avec abolition des fonctions végétatives spontanées. Le sujet est maintenu artificiellement en vie, par monitoring. B. La confusion mentale Associe : des troubles de la vigilance, fluctuant entre l'obnubilation et la stupeur. Par moment, la conscience s'améliore et le sujet s'inquiète de se qui se passe pour lui, demande ce qui lui arrive, pourquoi il est là : c'est la perplexité anxieuse, qui est très évocatrice. troubles de la mémoire (touchant surtout les faits récents) et de l'orientation temporo-spatiale (difficulté à reconnaître la date ni où il se trouve). perturbation des fonctions intellectuelles (calcul mental, compréhension, jugement, etc.) 9

Troubles de la vigilance état oniroïde : rêve éveillé avec des hallucinations visuelles. Mais aussi, des troubles organiques: variables selon l'étiologie. L'évolution est souvent passagère, avec amnésie lacunaire de la période confusionnelle. L'étiologie est le plus souvent organique (dans 90% des cas), dominée par les intoxications (alcool, drogue, médicament, CO,..), les troubles métaboliques (de la glycémie, la protidémie, l'ionogramme,...) et les causes infectieuses. Mais toute affection qui s'accompagne d'une souffrance cérébrale diffuse peut entraîner une confusion mentale. C. Les états crépusculaires Il s'agit d'un état d'hypovigilance, avec rétrécissement des champs de la conscience, empêchant un vécu fonctionnel global et associatif. 10

Les troubles de la III - perception du corps III A. Les troubles de l'image du corps représentent un aspect particulier des troubles de l'identité. Ils se voient surtout dans les états délirants, qui s'accompagnent d'une perturbation fonctionnelle de la conscience et de la représentation du corps, mais aussi dans des syndromes moins spécifiques, tel que celui de la dépersonnalisation. 1. la dépersonnalisation impression de changement de forme, de taille, de la matière ou de fragmentation et de morcellement du corps. Le corps parait alors, étrange et anormal. {{Lorsque ces impressions de changement portent sur le monde environnant (modification de l'ambiance, des distances entre soi et les autres, impression de voile entre soi et le monde,..) on parle, plus volontiers, de «déréalisation».}} Elle peut entraîner le sentiment d'absence de limites, entre son corps et celui des autres ou d'avec le monde extérieur, ce qui explique le «signe du miroir» et les «conduites de vérification» (parfois par des automutilations!!), fréquemment observés au début de l'évolution de certaines schizophrénies (surtout dans la forme hébéphrénique). Le sujet garde conscience de son trouble et sait que c'est sa perception qui est altérée et non les objets perçus (contrairement au délirant). On a attribué à la dépersonnalisation une valeur défensive contre le délire. Trois caractéristiques se retrouvent toujours, chez le dépersonnalisé : 1. la conscience du caractère subjectif de ces sensations : il a des doutes sur leur réalité objective. Le dépersonnalisé reste lucide et s'inquiète de la perte de ses repères les plus fondamentaux, qu'il cherche encore leur signification hors d'un délire. La dépersonnalisation parait ainsi comme moyen de défense contre le délire. 2. l'angoisse et la souffrance, accompagnent toujours ces ruminations et ces préoccupations sur l'unité du Moi. Le dépersonnalisé ressent péniblement l'immatérialité et l'irréalité de son vécu. Lorsque ce sentiment n'est plus vécu dans l'angoisse et l'étrangeté, on rentre dans le cadre du délire installé. 3. la difficulté à exprimer par des mots, les sentiments ou les sensations éprouvées (d'où l'utilisation répétée des «comme si», des métaphores,..). Le dépersonnalisé ne trouve pas les mots pour décrire cette expérience, parce que le sens et la signification du monde s'évanouissent pour lui. 11

Les troubles de la perception du corps 2. La héautoscopie c'est l'apparition hallucinatoire de sa propre image, devant les yeux étonnés du sujet, comme si une glace était placée devant lui. Se voit dans les lésions cérébrales (pariétro-occipitales). 3. le syndrome de COTARD impression d'absence de vie, de corps, ou de certains organes. Se voit essentiellement dans la dépression mélancolique. 4. les dysmorphophobies impression de disgrâce ou de laideur, avec vision péjorative de son esthétique. Peut se voir, normalement et transitoirement, au cours de l'adolescence ou constituer un signe de déséquilibre névrotique ou même psychotique. B. Les troubles du schéma corporel Se voient surtout dans les pathologies neurologiques: 1. membre fantôme chez les amputés, qui gardent la sensation d'une posture déterminée de leur membre par rapport au corps et dans l'espace ou ont l'impression de mouvement ou d'appui. 2. hémi asomatognosie perte de conscience d'un hémicorps. Se voit dans les lésions de l'hémisphère cérébral mineur. 3. autotopoagnosie (= Syndrome d'anton-babinski) hémiplégie gauche, avec indistinction droite/gauche et trouble de l'orientation du corps. Se voit dans les lésions de l'hémisphère cérébral dominant. 4. l'épilepsie temporale (= épilepsie partielle complexe) les crises s'accompagnent fréquemment d'une dépersonnalisation. 12