Devoir d Anatomie - Physiologie Sujet : «Après avoir précisez les différentes formes traumatologiques liées à la pratique de votre activité et les conduites à recommander pour prévenir ces traumatismes, vous expliquerez comment, dans le cadre d une séance, vous prenez en compte ces données pour respecter l intégrité physique de vos élèves».
Formes traumatologiques en Basket Ball et conduites préventives. Introduction : Comme toute activité physique et sportive pratiquée dans un cadre institutionnalisé, le basket- ball nécessite un certificat de non contre indication à la pratique sportive délivré au pratiquant par son médecin ; il s agit d un examen médical complet adapté à l âge et au sport. Le professionnel de santé confirmera que son patient ne présente pas de terrains favorables à des complications cardiaques, pulmonaires ou rénales incompatibles avec l effort physique (antécédents cardiovasculaires, malaises, douleurs thoraciques, troubles psychiques, troubles visuels, hygiène de vie, éventuelles hospitalisations, etc.). Au- delà de ces critères, il existe peu de contre indications. Plutôt des conseils de prudence : les porteurs de lunettes peuvent porter des lentilles, ceux d appareils d orthodontie des protège- dents, etc. Et une vraie vigilance : les asthmatiques auront toujours leur spray de ventoline à disposition, les diabétiques doivent apprendre à gérer leurs doses d insuline Une attention devra néanmoins être portée pour des cas particuliers : les jeunes, public en pleine croissance, dont le corps connaît d importantes mutations à prendre en compte, les «Très Grands Gabarits» dont la croissance rapide peut provoquer des douleurs (genoux, vertèbres, pieds, anomalies cardiaques), ou encore les séniors, pour qui, un test d effort sera indispensable. Quels sont les 2 facteurs liés directement au Basket- ball qui présentent des risques pour l intégrité physique de l individu? Le Basket- ball est un sport collectif et la présence d autres individus sur la surface de jeu est un facteur favorisant les accidents. Le Basket- ball est également un sport qui demande des efforts explosifs (sauter plus haut, démarrer plus vite) et intermittents (alternance sprints courts, sauts, repos actifs ou passifs) présentant donc également des risques de blessures qui peuvent survenir seul. Nous allons donc nous intéresser aux traumatismes osseux, articulaires et musculaires que l on rencontre sur les terrains de basket. Nous essaierons d en trouver les causes afin d avoir une action préventive sur ces risques. Puis, nous apporterons des pistes de réflexion afin de conduire des séances d entraînements qui préservent l intégrité physique des pratiquants et les préparent à la compétition.
I- Formes traumatologiques et conduites de prévention A- Les lésions osseuses Les lésions osseuses sont relativement rares chez les basketteurs. Elles peuvent survenir à la suite d un contact violent avec un autre joueur. Un choc au visage va parfois engendrer une fissure, voire une fracture du nez. Les doigts et les poignets sont, eux, beaucoup touchés (mauvaises réceptions du ballon, chute sur le sol par exemple). Cela peut aller de la simple entorse à la fracture en passant par la luxation. Mais généralement, ce sont les articulations et les muscles qui subissent, avant les os. Toutefois, on constate plus régulièrement des lésions qui surviennent progressivement à cause d une augmentation brusque des charges d entraînements, de sols durs ou de chaussures usées. Elles sont appelées périostites (inflammation de la membrane de l os) et peuvent dégénérer en fractures dîtes «de fatigue» (cassures suite à petits chocs répétés). Elles touchent surtout les membres inférieurs (ex : aponévrosite de la voute plantaire de plus en plus fréquente chez les basketteurs, également tibia et os du fémur). Pour prévenir ces risques, l éducateur, qui n a pas la main sur la qualité du sol, doit en revanche construire sa programmation d entraînements intelligemment en prenant en compte des charges de travail progressives, le rythme des répétitions et les temps de récupération. Autre facteur que l on a tendance à négliger : la qualité des chaussures de sport, leur état de vétusté et l utilisation de semelles personnalisées. Si la lésion est là, la glace et les anti- inflammatoires pourront soulager la périostite en attendant de voir le médecin. Celui- ci pourra déterminer la nécessité de repos, d immobilisation et/ou de chirurgie pour la fracture de fatigue. B- Les lésions articulaires Les blessures articulaires sont, elles, très fréquentes au basket. Les plus graves peuvent même engendrées des fractures osseuses. Celles que l on rencontre le plus souvent sont les entorses de la cheville (20 à 25% des blessures déclarées en Ligue Nationale de Basket source Maxi Basket février 2011). Elles surviennent la plupart du temps quand un joueur effectue un changement de direction trop brusque ou quand il retombe sur le pied d un autre lors d une bataille au rebond par exemple. Elles sont majoritairement bénignes mais peuvent parfois nécessiter une intervention chirurgicale (rupture des ligaments, déplacement de la malléole interne ou externe). A titre de protocole d urgence en cas d entorse de la cheville, la glace, la compression, l élévation et le repos seront les meilleurs remèdes. Le médecin déterminera le besoin d immobilisation et surtout les séances de rééducation. En effet, une cheville touchée restera fragilisée et les risques de récidive pour une cheville mal rééduquée seront importants. Le port d une chevillère ou l application d un strapping sera alors vivement conseillé. En basket, on peut donc se tordre les chevilles mais aussi les genoux, les doigts, le poignet, l épaule ou même le coude. Afin de limiter les risques d entorses ou en tous cas, de limiter leurs conséquences, l éducateur devra veiller à ce que les joueurs s échauffent correctement les articulations.
Pour cela, ils faut les mettre sous pression (progressive) ; ainsi les cartilages de ces articulations se gorgeront d eau et joueront le rôle d amortisseurs de chocs (ex : utilisation de la corde à sauter pour renforcer les chevilles, travail de proprioception pour les membres inférieurs et supérieurs). C- Les lésions tendineuses et musculaires Les tendons sont les muscles se trouvant autour de l articulation. Ils sont très résistants, ne se contractent pas et permettent les mouvements du corps en transmettant les forces des muscles au squelette. Une sollicitation trop importante des tendons (ex : succession de séances d entraînements intenses négligeant les périodes de récupération) ou trop soudaine (ex : reprise d une activité sportive après une longue période d inactivité) sont les premières causes de tendinite (inflammation des tendons), cela peut aller jusqu à la rupture (du tendon d Achille par exemple). D autres facteurs peuvent également intervenir : mauvaise hygiène de vie (alimentation, hygiène bucco- dentaire), déséquilibre corporel, sol trop dur ou trop mou, mauvaises chaussures, etc. En plus de veiller à ce que les gestes soient bien réalisés par les joueurs (technique de course, travail de gainage), l entraîneur devra veiller à proposer des étirements qui permettront de diminuer les tensions musculaires, des temps de récupération en fonction des efforts fournis et une hydratation régulière. Ces techniques préventives serviront aussi à éviter certaines lésions musculaires comme les troubles de la contraction (courbatures, crampes et contractures), voire les déchirures de la structure musculaire (élongations, claquages, ruptures). Très fréquentes chez les basketteurs, ces blessures musculaires ont les mêmes causes que les tendinites. Pour soulager les troubles de la contraction, de la chaleur, des massages et des étirements doux seront suffisants (éventuellement recours à des relaxants musculaires). Il ne faudra surtout pas négliger la qualité de l alimentation et la nécessité de s hydrater. Selon la gravité, du repos sera préconisé. En effet, une contracture mal soignée peut vite dégénérer en déchirure. Dans ce cas et toujours selon la gravité, du froid, du repos et des soins médicaux (antalgiques, anti- inflammatoires, kinésithérapie) seront prescrits par le médecin ; et surtout, pas d étirements. Autre pathologie musculaire très souvent rencontrée sur les terrains de basket : les contusions. Plus communément appelées «béquilles», elles sont provoquées par un choc direct avec un autre participant (ex : coup de genou dans la cuisse ou dans le mollet). Un hématome intramusculaire ou un gonflement peuvent apparaître. Le meilleur remède : glace et repos jusqu à la cicatrisation complète du muscle ; ni étirements, ni massages. En prévention, pour pouvoir résister à ces chocs, l entraîneur devra prévoir des séances de renforcement musculaire dans sa programmation. Nous faisons donc le constat que la plupart des accidents concernent les membres inférieurs et qu ils peuvent très bien survenir seul ou suite à un contact. Quelque soit le degré d incertitude concernant ces accidents, l entraîneur éducateur doit veiller à ce que les joueurs puissent les éviter ou, tout au moins, puissent diminuer leurs impacts. Il y parviendra grâce à un travail de préparation du corps à l effort et à la compétition qui sera fait tout au long de la saison sportive afin de préserver l intégrité
II- Principes de prévention dans une séance de préparation physique De manière générale, et parce que le souci de respect de l intégrité physique de ces élèves doit être une préoccupation permanente de l éducateur, des principes d actions doivent être appliqués avant la séance, pendant la séance et après la séance. L entraîneur se doit d informer ses joueurs ou ses joueuses de la nécessité d une alimentation équilibrée et d une bonne hygiène de vie. Il devra établir une programmation annuelle individuelle visant à leur assurer une formation harmonieuse et à les protéger d éventuelles blessures à l entraînement et en compétition. Il devra avoir une idée précise du public auquel il est confronté et des limites individuelles de chacun. Il devra aménager l espace de manière sécurisée, obliger le port de matériel adapté (chaussures, chevillères, lentilles, etc.) et adapter le contenu de ses séances. Au basket, les zones fortement victimes de blessures sont aussi des zones stratégiques pour une bonne pratique de la discipline: qualité des appuis grâce à un bon maintien de la cheville et une bonne proprioception, qualité des sprints grâce à des muscles des membres inférieurs toniques, qualité des sauts grâce à un gainage solide, encaissement des chocs grâce à un excellent tonus musculaire général, etc. Travailler sur ces points de manière cohérente et progressive permet donc de remplir 2 objectifs : préserver l intégrité du joueur et améliorer ses performances. Pour cela, il va falloir travailler sur 2 facteurs : la Force et la Vitesse. L entraînement à la force va permettre de se renforcer musculairement de manière progressive (ex : travail de gainage : 1- travail isométrique statique, 2- travail concentrique dynamique, 3- travail excentrique dynamique). Si l on associe cela à un travail de vitesse, on préparera également le corps à être plus explosif : démarrer et courir plus vite, sauter plus haut, sans se blesser La qualité de l échauffement va être primordiale pour travailler sur ces 2 facteurs car l objectif est de préparer le corps aux différentes contraintes liées à l activité. Quelque soit le type d échauffement que l on choisit (général, orienté ou spécifique), il sera préférable d échauffer d abord les articulations et ensuite les muscles. Comme on l a vu précédemment, quelques minutes de corde à sauter (ou du travail de proprioception) permettront par exemple de préparer les articulations des chevilles et des genoux aux différents traumatismes qu ils vont subir. Au fur et à mesure des exercices (réveil musculaire, courses, skipping, bondissements), la température interne des muscles va augmenter et les mouvements deviendront plus efficaces. 20 minutes d échauffement seront indispensables pour une séance d 1h30. Le volume, la durée et l intensité peuvent néanmoins varier selon les objectifs recherchés. Tout au long de la séance, les temps de récupération devront être respectés. Ils peuvent être de différentes formes : récupération active ou passive, courte ou longue et doivent permettre aux joueurs de se réhydrater régulièrement. En fin de séance, afin de favoriser le retour au calme, l entraîneur peut proposer une bonne séance d étirements tout en débriefant et en discutant.
Au gymnase ou dès que le joueur est chez lui, Il est aussi conseillé d appliquer de la glace sur les zones fortement sollicitées (notamment les membres inférieurs). Evidemment, une alimentation saine, du repos et de l eau seront préconisés pour les jours qui suivent et qui précèdent la séance suivante Conclusion Quelque soit le public auquel on s adresse, des précautions doivent donc être prises pour préserver l intégrité et l équilibre physique des pratiquants. Il existe des règles évidentes à respecter : nous ne ferons pas de renforcement musculaire avant la «grande enfance» (environ 10 ans), les exercices de psycho motricité seront privilégiés. Et même après cet âge, il faudra rester vigilent car des risques ostéo articulaires peuvent avoir un impact sur la croissance. Les exercices de forme excentriques et le port de charges sont à proscrire. En fonction de l âge et des limites de l individu, le travail et les objectifs doivent être progressifs (ex : introduction des charges). Le contrôle et la correction des gestes seront nécessaires. Les procédures de renforcement musculaire doivent être individualisées et un travail proprioceptif doit être mené en parallèle. Pendant et en fin de séance, les groupes musculaires sollicités doivent être étirés afin de diminuer les tensions et les assouplir et le sportif ne devra pas oublier de boire de l eau régulièrement. Pour conclure, le basket- ball sollicite les 3 filières énergétiques : Anaérobie Alactique (shoots, sauts, accélérations), Anaérobie Lactique (phase de jeu dribblée, déplacements sans ballon) et Aérobie (le match sur sa durée). Dans sa programmation annuelle, individuelle et collective, l entraîneur éducateur va bien sûr devoir prendre en compte ces caractéristiques et en faire des objectifs de travail. Mais il devra aussi proposer des temps de repos qui permettront à l organisme de se régénérer suffisamment avant la séance suivante.