LA COMMERCIALISATION DU CHARBON DE BOIS DANS LE DEPARTEMENT D ABIDJAN. SUMMARY

Documents pareils
UNEP /UNESCO /UNCH / ECA

BASE DE DONNÉES DES ASPECTS SOCIOÉCONOMIQUES EN MÉDITERRANÉE OCCIDENTALE

Institut National de la Statistique - Annuaire Statistique du Cameroun Chapitre 26 : LE CAMEROUN DANS LA ZONE CEMAC

Dérivés Financiers Contrats à terme

II. LE PRINCIPE DE LA BASE

Manuel de référence Options sur devises

Initiation à la Comptabilité

Quelle est l influence d une réduction des prestations d 1/5, via le crédit-temps et l interruption de carrière, sur le revenu du ménage?

TROIS ASPECTS DE LA COMPARAISON ALLEMAGNE-FRANCE SUR L ELECTRICITE

PROGRAMME INTERNATIONAL POUR LE SUIVI DES ACQUIS DES ÉLÈVES QUESTIONS ET RÉPONSES DE L ÉVALUATION PISA 2012 DE LA CULTURE FINANCIÈRE

En Afrique, les opportunités d emploi offertes aux femmes proviennent à 92 % de l économie informelle (estimation). JORGEN SCHYTTE/Still Pictures

Berne, mai Questions fréquentes au sujet de l aide sociale

Empowering small farmers and their organizations through economic intelligence

AGIRFINANCES. Votre partenaire Budget. Son objectif est de vous permettre d établir votre budget.

Théorie Financière 8 P. rod i u t its dé dérivés

UNE FISCALITE MAROCAINE ATTRACTIVE

Le système de protection sociale en santé en RDC

Impact du mobile banking sur les comportements d épargne et de transferts à Madagascar. Florence Arestoff Baptiste Venet

Gestion économique du produit agricole, dossier 3, Arnaud Diemer, IHEDREA, MCF Clermont-Ferrand LES MARCHES A TERME

L OBSERVATOIRE LCL EN VILLE - RÉALISÉ PAR BVA L ÉCONOMIE DU PARTAGE, ZOOM SUR LES JEUNES URBAINS. Juin 2014

DEMARCHE MARKETING MODULE : Aouichaoui Moez BTS : Conseiller d apprentissage. moez.aouichaoui@atfp.tn. Démarche Marketing

M E ÉLISABETH BEAUDOIN, NOTAIRE JOURNAL GÉNÉRAL

Régime de fiscalité. L année fiscale indienne commence le 1 er avril et s achève le 31 mars de l année suivante. Fiscalité des entreprises

Service de fourniture de gaz naturel Service de gaz de compression

La FAFEC «Gnèna-Yèter», la «Banque» des Femmes rurales du Nord de la Côte d Ivoire

Chapitre 1 : La consommation et l épargne

10.CARBON DESKTOP : RÉDUIRE SES COÛTS GRÂCE A UN SUIVI INFORMATISE DES DONNÉES DÉCHETS ET ÉNERGIE

mesure des débits et des volumes dérivés par les canaux gravitaires

Focus sur les politiques publiques de l épargne en France

Les marchés à terme, plus d une raison de s y intéresser

«Rénovation des curricula de l enseignement supérieur - Kazakhstan»

HUAWEI TECHNOLOGIES CO., LTD. channelroad. A better way. Together.

ACCORD. entre le Gouvernement de la République française. et le Gouvernement. de la République populaire de Chine

La valeur présente (ou actuelle) d une annuité, si elle est constante, est donc aussi calculable par cette fonction : VA = A [(1-1/(1+k) T )/k]

Modèle de budget mensuel

Transfert Monétaire par téléphone mobile (programme en partenariat avec le PAM et MTN)

1. La fonction de règlement ne peut être assurée au niveau international que dans des conditions bien différentes. D une part, les agents concernés

Cet article s attache tout d abord

FUTURES COMPRENDRE VOTRE RELEVE DE COMPTE. WH SELFINVEST Est Luxemburg, France, Belgium, Poland, Germany, Netherlands

Office National des Produits Pétroliers ******** NOT AN OFFICIAL UNCTAD RECORD APPROVISIONNEMENT ET DISTRIBUTION DES PRODUITS PETROLIERS AU MALI

PHOTO ROYAUME DE BELGIQUE /KINDOM OF BELGIUM /KONINKRIJK BELGIE. Données personnelles / personal data

Public and European Business Law - Droit public et européen des affaires. Master I Law Level

THÈME 1. Ménages et consommation

un environnement économique et politique

Les salariés de l économie sociale et solidaire

1er thème: comment les revenus et les prix influencent-ils les choix des consommateurs?

United Nations, World Population Prospects, CD ROM; The 2008 Revision.

Thème 2 : Le rôle du «secteur informel» dans l intégration régionale


Devenez point de chute d une ferme du réseau québécois d agriculture soutenue par la communauté (ASC)

Foresters pour. Guide sur. l assurance vie

Efficacité énergétique des logements à haute performance énergétique, HPE : Application au site de Béchar

Contribution des industries chimiques

Afi n de permettre aux aménageurs d intégrer l archéologie

Exemples de projets financés par l Union européenne et les Etats membres dans le cadre du Partenariat UE-Afrique sur le coton

Solution de planifi cation et de reporting unifi é pour Sanofi

4. Résultats et discussion

PRODUITS DÉRIVÉS LES CONTRATS À TERME : MODE D EMPLOI

UNIVERSITÉ DU LITTORAL CÔTE D'OPALE Laboratoire Redéploiement Industriel et Innovation DOCUMENTS DE TRAVAIL. N 73 Mars 2004

LES RELATIONS ENTRE LE TRESOR PUBLIC ET LA BCEAO

Bilan électrique français ÉDITION 2014

Les OAT investir en direct. > OAT à taux fixe > OAT indexées > OAT de capitalisation. Guide à l usage des particuliers

Résultats et impacts

Observatoire Economique et Statistique d Afrique Subsaharienne

4. Les options Une option donne à son propriétaire le droit d acheter ou de vendre un contrat à terme à un prix et une échéance prédéterminés.

Présenté par OUEDRAOGO Adolphe Chef de Brigade de la CIMA. DAKAR, les 3-4 et 5 novembre 2009

ANNEXE 1 LA BASE DE DONNEES 1

Le financement de l apprentissage informel

GESTION BUDGETAIRE. BTS MUC, Gestion commerciale. Lycée Charles de Gaulle Vannes INTRODUCTION :

ilottery 2.0 DÉVELOPPER LE JEU En collaboration avec

Une gamme complète de logiciels pour maîtriser vos marges & améliorer votre productivité

Compte d exploitation Assurance vie collective.

Diane KOUADIO-N ZI, Architecte Organique ( CNTIG) 19 novembre 2014

Exemple PLS avec SAS

FONDATION POWEO - JOURNÉE ENERGIE POUR LA CUISSON Foyers améliorés : Quelles pratiques d utilisation et quels modèles de diffusion?

Chapitre 6. Le calcul du PIB, de l inflation et de la croissance économique. Objectifs d apprentissage. Objectifs d apprentissage (suite)

Corefris RAPPORT ANNUEL Annexe 3 : La hausse des prix de l immobilier est-elle associée à une «bulle» de crédit en France?

Ouverture d'un point de vente L étude de la zone de chalandise.

UNE MEILLEURE CROISSANCE, UN MEILLEUR CLIMAT

PLAN DE COMMUNICATION FRANCE

CENTRALES HYDRAULIQUES

Nous sommes des explorateurs des nouveaux paradigmes écologiques, économiques, politiques et énergétques

Jedox rafraîchit les rapports du fabricant de boissons MBG

ROYAUME DE BELGIQUE / KINGDOM OF BELGIUM / KONINKRIJK BELGIE

Le plafonnement des impôts directs : mise en place du «bouclier fiscal»

Transition énergétique Les enjeux pour les entreprises

TOUT SAVOIR SUR LE CHAUFFAGE URBAIN

Le tableau de bord de la fonction comptable

APPROCHE AU DÉVELOPPEMENT COMMERCIAL À L INTERNATIONAL

GLOSSAIRE PSYCHOLOGICAL AND BEHAVIORAL BARRIER

Projet du service «ON DEMAND BUS» à Kashiwa (Japon)

C R É D I T A G R I C O L E A S S U R A N C E S. Des attitudes des Européens face aux risques

Multi Menu franchising inc. Franchiseur 1700 Boul. St-Elzear Ouest, local 105 Laval, Qc H7L 3N

Boussole. Divergence des indicateurs avancés. Actions - bon marché ou trop chères? Marchés boursiers - tout dépend du point de vue!

Étude auprès de la génération X. Le paiement virtuel et la gestion des finances personnelles

Journée technique ARRA Gestion quantitative de la ressource en eau

PROJET D ELECTRIFICATION RURALE PAR RESEAU SBEE <<MESURES D ACCOMPAGNEMENT>> (MISSION D INTERMEDIATION SOCIALE)

De la mesure à l analyse des risques

Transcription:

LA COMMERCIALISATION DU CHARBON DE BOIS DANS LE DEPARTEMENT D ABIDJAN. M. Diakalia DIARRASSOUBA Socio économiste Environnementaliste, Laboratoire Ecologie et Société, Centre de Recherche en Ecologie (CRE) Email : d_diarrassouba@yahoo.fr Dr Martine TAHOUX TOUAO Ecologue -Géographe Aménagiste Directeur du Centre de Recherche en Ecologie (CRE) Email : mtahoux@yahoo.fr RESUME Cet article analyse le système de commercialisation du charbon de bois dans le département d Abidjan. L étude s est fondée sur une enquête menée en 2003 auprès de deux échantillons distincts. Le premier a porté sur 35 transporteurs de charbon choisis accidentellement aux différents corridors de la ville. Le second a porté sur 105 commerçants de charbon de bois choisis dans les communes de Yopougon, Abobo et Adjamé de la ville d Abidjan. Les résultats obtenus ont permis de caractériser le marché du charbon de bois qui se présente avec des structures variables selon le niveau de vente et du circuit emprunté par le produit. L analyse indique que le marché est concurrentiel pour tous les circuits au niveau du commerce de détail. Par contre, il est imparfait au niveau du commerce de gros dans les circuits de longue portée. Les résultats indiquent également la marge bénéficiaire des différents agents intervenant au niveau de la fi lière dans le prix de détail du charbon de bois commercialisé sur le marché urbain. Les marges les plus importantes sont réalisées par les grossistes qui en détiennent environ 20% du prix de détail du charbon de bois commercialisé contre seulement environ 10% pour les détaillants. L analyse confirme l importance des frais de transport qui représentent environ 60% des frais de commercialisation du charbon de bois. Ces charges sont supportées essentiellement par les grossistes qui en assurent plus de 99%. L importance de ces frais est liée d une part, à l éloignement croissant des zones de production et d autre part, à l importance des frais de route dus aux rackets excessifs des agents des forces de sécurité qui abusent les transporteurs sur les axes de desserte. MOTS-CLÉS : CHARBON DE BOIS - TRANSPORT- COMMERCIALISATION - BÉNÉFICE - MÉNAGES. SUMMARY This article analyzes the system of merchandising of the coal of wood in the departement of Abidjan. The survey founded on an investigation led in 2003 by two distinct samples. The fi rst was about chosen 35 carriers of coal accidentally in the different halls of the city. The second was about 105 tradesmen of coal of chosen woods in the townships of Yopougon, Abobo and Adjamé of the city of Abidjan. The gotten results permitted to characterize the market of the coal of wood that presents itself with variable structures according to the level of sale and the circuit borrowed by the product. The analysis indicates that the market is competitive for all circuits to the level of the detail trade. On the other hand, it is imperfect to the level of the trade of big in the circuits of long range (circuits 3a and 3b). The results also indicate the benefi ciary margin of the different agents intervening to the level of the path in the price of detail of the coal of wood marketed on the urban market. The most important margins are achieved by the wholesalers who detain some about 20% of the price of detail of the coal of wood marketed against only about 10% for the retailers. The analysis confirms the importance of the transportation expenses that represents about 60% of the expenses of merchandising of the coal of wood. These loads are essentially supported by the wholesalers who assure more of 99% of them. The importance of these expenses is bound on the one hand, to the increasing remoteness of the production zones and on the other hand, to the importance of the road expenses due to the excessive rackets of the agents of the security strengths that abuse the carriers on the axes of servicing. Revue de Géographie Tropicale et d Environnement, n 6, 2006 EDUCI, 2006 65

INTRODUCTION Les grandes villes en développement constituent de grosses consommatrices de charbon de bois malgré les nombreuses politiques de vulgarisation et de promotion du gaz butane mises en oeuvre. On estime à plus d un (1) milliard de personnes dans le monde qui cuisinent toujours avec des combustibles traditionnels (bois, charbon de bois, résidus agricoles) [PNUD, 1997]. En Côte d Ivoire et particulièrement à Abidjan, la biomasse-énergie (charbon de bois, bois de chauffe, résidus agricoles) occupe une place de choix dans le bilan énergétique des ménages. En effet, en 1986-87, les ménages ont consommé 27% de l offre nette d électricité, 72% pour la biomasse et 11% d hydrocarbures. (DCGTX, 1998) Le secteur domestique et celui des professionnels (artisans, forgerons, bijoutiers, fumeurs, restaurants et débiteurs de rue) représentaient ensemble en 1990, 68% du bilan total (Tahoux et al, 1995). La Direction Générale des Grands Travaux (1988), estimait la demande nationale de charbon de bois (en 2000) à 610 000 tonnes dont environ 430 000 tonnes pour la ville d Abidjan. Abidjan consomme à elle seule, 85% de la production nationale de charbon de bois et 4% de bois de feu (BIBEE, 1995). Les estimations donnaient pour 2005, une consommation de 820 000 tonnes du fait d une urbanisation effrénée et d une démographie galopante. Ces données démontrent conséquemment la place prépondérante du charbon de bois dans la satisfaction des besoins énergétiques ménagers. Mais la satisfaction de ces besoins énergétiques constitue une dépense financière importante pour ces ménages du fait de la hausse quasi permanente du prix du charbon de bois, qui selon certains professionnels serait imputable à l importance des frais de transport dans le coût de commercialisation du charbon de bois. Cet article analyse le système de commercialisation du charbon de bois dans la région d Abidjan. Il s agit spécifi quement : 1) d identifier les circuits de commercialisation du charbon de bois ; 2) d évaluer les marges bénéficiaires des différents agents intervenant au niveau de la fi lière. 3) d estimer la proportion des frais de transport au niveau des coûts globaux de commercialisation du charbon de bois ; METHODOLOGIE LE CHOIX DE LA VILLE D ABIDJAN La ville d Abidjan est le plus grand centre urbain et la plus importante cité économique. Elle connaît une croissance démographique très forte (3,7% par an). Petit village Ebrié en 1899, elle est aujourd hui, de loin la plus grande ville du pays. De 125.000 habitants en 1955 (figure 1), la population d Abidjan serait selon les prévisions, de plus de 4 millions en 2000 (INS, 1998). Figure 1 : Evolution de la population de la ville d Abidjan de 1975 à 2000 Effectif de la population 4000000 3500000 3000000 2500000 2000000 1500000 1000000951216 1269067 1709081 2567520 2341590 3679600 3473383 3270268 3071758 2877948 Population Totale Hommes Femmes 500000 0 1975 1978 1985 1990 1995 2000 2005 2002 2004 2006 Période s Source : N CHO et al, 1987 ; INS, 2004 Diakalia DIARRASSOUBA, Martine TAHOUX TOUAO : La commercialisation du charbon de bois... 66

Avec un taux d urbanisation de 95,8% et une densité de 1474 habitants/km 2, la ville d Abidjan représente à elle seule 19% de la population totale du pays et 44% de la population urbaine. Elle se caractérise également par une forte dominance de la biomasse (bois de feu et charbon de bois) au niveau de la consommation fi nale d énergie (Tableau I). Plus de 56% de la production nationale de charbon de bois sont consommés dans la ville d Abidjan. Les populations sont restées très attachées aux techniques traditionnelles de cuisine. Nombreux sont aujourd hui, les ménages qui, en plus du gaz butane, utilisent le charbon de bois pour les besoins domestiques en énergie. Tableau I : Estimation de la demande de charbon de bois à l horizon 2000 Périodes Demande nationale Demande ville d Abidjan (en Tonne) (en Tonne) 1985 340 000 255 000 1990 410 000 308 000 1995 610 000 518 500 1999 1 241 500 931 000 2001 1 336 800 1 003 000 2003 923 000 785 000 2005* 963 600 820 000 * Données prévisionnelles Sources : DCGTX, 1988 ; INS, 2005 Collecte des données de terrain L enquête en vue de l analyse du système de commercialisation du charbon a porté sur deux échantillons distincts : les transporteurs et les distributeurs (grossiste et détaillants) de charbon de bois. Au niveau du premier échantillon, l enquête s est déroulée du 15 au 22 juillet 2003 et a porté sur 35 transporteurs de charbon de bois choisis de façon accidentelle à l entrée des différents corridors de la ville d Abidjan. L objectif de cette enquête est de déterminer : les moyens de transport utilisés pour l évacuation du charbon de bois, le coût de la location du véhicule, le coût de transport du sac et les frais annexes de route ; le lieu de production ou de provenance de la marchandise et la quantité transportée ; le prix d achat bord champ ; la destination (marché), etc. Le second échantillon relatif aux distributeurs, a porté sur 105 commerçants choisis de façon accidentelle sur les marchés de Yopougon, Abobo et Adjamé, retenus comme aire de base de l enquête de terrain. L échantillon se présente comme suit : Abobo : 40 distributeurs Yopougon : 45 distributeurs Adjamé : 20 distributeurs. L enquête de terrain a eu pour objectif, l estimation des marges commerciales des différents agents. A cet effet, une enquête à passage répété a été conduite pour déterminer les quantités de charbon de bois commercialisées et les charges auxquelles les commerçants sont soumis. Au bout d une semaine d enquête, un premier bilan est dressé. Un second passage est organisé 15 jours après afin d établir une nouvelle estimation. Ainsi, après 15 jours d enquête effective, le bilan des 2 semaines d enquête est Revue de Géographie Tropicale et d Environnement, n 6, 2006 EDUCI, 2006 67

établi et extrapolé à 1 mois complet d activité pour déterminer le chiffre d affaires des différents agents sur la même période. Les résultats empiriques sont relatifs aux circuits 2, 3a et 3b. Ils relatent pour chaque circuit, comment évolue le prix d un agent à l autre et quelles sont les composantes de la marge distributive : les parts du producteur et des différents intermédiaires dans le prix fi nal payé par le consommateur. Le calcul des marges de commercialisation a été effectué dans un contexte statique au sein des circuits identifiés. Les prix et les coûts utilisés sont les moyennes des prix et des coûts relevés par l enquête sur les différents points de commercialisation. Circuits de moyenne portée (circuit 2) La marge du détaillant est obtenue par la différence entre le prix du producteur et le prix de gros qu il pratique, déduction faite des coûts de commercialisation. Ceux-ci sont constitués de quatre catégories de coûts : 1. Le transport de la marchandise du lieu de production vers les centres de distribution ; 2. La manutention inclut toutes les dépenses effectuées pour le déchargement du charbon par des porteurs appelés Banagnini généralement d origine malienne ou nigérienne. Le prix moyen de déchargement d un sac est estimé à 75 FCFA. 3. Les taxes et autres redevances englobent les taxes perçues par les autorités administratives, notamment le Ministère des Eaux et Forêts. Le montant de cette taxe est de 500 fcfa par sac produit ; 4. La taxe municipale est fixe et collectée sur le marché par des agents municipaux ; elle est de 300 FCFA par jour, soit 9000 FCFA par mois à Yopougon, contre 200 FCFA par jour, soit 6 000 FCFA à Abobo et Adjamé. 5. Les autres impositions englobent tous les autres frais supportés par le détaillant à savoir, les frais de stockage, de gardiennage et / ou de location d espace privé, etc. Les circuits de longue portée (circuit 3a et 3b) Au niveau du circuit 3a, la marge brute du collecteur-distributeur est obtenue par la différence entre le prix du producteur et le prix de gros qu il pratique. La marge nette du collecteur-distributeur est obtenue par déduction de cette marge brute, des coûts de commercialisation. Ceux-ci sont constitués de cinq catégories de coûts ; identiques pour l essentiel à ceux défi nis dans le cas du circuit 2. Les frais de manutention sont assurés tant par le grossiste que par le détaillant. Au niveau du déchargement (premier niveau de la manutention), les frais sont à la charge du collecteur-détaillant (grossiste) et le montant par sac déchargé est en moyenne de 75 FCFA. Le second aspect de la manutention est à la charge du détaillant et inclut les dépenses effectuées pour le transport du produit de chez le grossiste au lieu de vente en détail (second niveau de la manutention). Le charbon est acheminé essentiellement par charrette communément appelée pousse pousse. Au niveau du circuit 3b, la marge brute du courtier est obtenue par la différence entre le prix du producteur et le prix de gros qu il pratique. La prime exceptionnelle du courtier est obtenue par déduction de cette marge brute, des coûts de commercialisation. Ceux-ci sont constitués de cinq catégories de coûts : 1. Le transport de la marchandise du lieu de production vers les centres de distribution ; 2. La manutention inclut toutes les dépenses effectuées pour le déchargement du produit. Ces frais sont assurés par le Courtier et sont estimés à 75 FCFA le sac de charbon déchargé. 3. La taxe municipale est fi xe et collectée sur le marché par des agents municipaux ; 4. Les taxes et autres redevances englobent les taxes perçues par les autorités administratives notamment le Ministère des Eaux et Forêts. Le montant de cette taxe est de 500 fcfa par sac ; 5. La commission perçue par le courtier oscille entre 500 et 750 F CFA en moyenne par sac de charbon vendu. Dans certains cas, elle est fi xée par le producteur en fonction de la recette perçue. La marge brute du détaillant est la différence entre le prix de détail qu il pratique et le prix de gros qu il a débattu avec le courtier. La marge nette est obtenue après déduction de tous les frais de commercialisation. Diakalia DIARRASSOUBA, Martine TAHOUX TOUAO : La commercialisation du charbon de bois... 68

ANALYSE DES DONNEES L analyse des données a été effectuée dans la logique du paradigme Structure-Conduite- Performance que Harris (1979) avait qualifi é d outil standard pour l analyse des marchés. Appliquée, pour la majorité des travaux, sur l effi cacité des systèmes de commercialisation en Afrique et en Asie, cette approche est basée sur le principe que la performance du marché est fonction de la structure et de la façon dont il est conduit. Ces composantes sont défi nies de la façon suivante (Harris, 1982) : la structure du marché concerne les caractéristiques de l organisation du marché qui influenceraient de façon stratégique, la nature de la compétition et de la formation des prix. Il s agit essentiellement du degré de concentration des acheteurs et des vendeurs, des conditions d entrée, la différenciation du produit et la fl uidité de l information qui, par leur pertinence, permet de gérer le risque. Le comportement du marché se réfère aux différents modèles de comportement suivis par les acheteurs et les vendeurs pour s ajuster au marché. Il s agit essentiellement des méthodes utilisées pour déterminer les prix, les ventes, les promotions et les politiques de coordination ; La performance du marché est la résultante économique de la structure et de la conduite de celui-ci. Il s agit précisément des relations entre les marges distribuées et les coûts des services commerciaux. L évaluation de la performance du marché est effectuée par l utilisation des séries spatiotemporelles comme suit : des analyses statistiques de la relation entre les différentes composantes de la marge distributive : la part relative de chacun des intervenants dans le prix fi nal de détail ; des analyses dynamiques de la marge distributive : - relation entre le coût de transport et la différence de prix du produit entre deux marchés ; - relation entre les coûts de stockage et les fl uctuations saisonnières des prix. La méthode structure comportement performance est une approche de type néoclassique. Par conséquent, elle est basée sur le principe de la détermination des prix d équilibre c est-àdire le prix au coût des facteurs. Quand les coûts de commercialisation sont déterminés, les prix d équilibre sont déduits et comparés aux prix réellement pratiqués sur les marchés. Les mouvements commerciaux qui s exercent entre producteurs et commerçants d une part, puis entre commerçants, revendeurs et consommateurs ou tout simplement entre consommateurs et commerçants d autre part, donnent lieu à des échanges importants. L analyse du système de commercialisation du charbon de bois, dans la logique du paradigme structure comportement performance s articulera autour de l identifi cation des circuits et de l analyse des marges et coûts de commercialisation du charbon de bois. Selon Timmer et al (1986), des marges commerciales importantes peuvent exister pour deux raisons: soit que des coûts réels de commercialisation élevés entraînent des prix à la consommation beaucoup plus élevés que ceux à la production, soit que des éléments de monopole dans le système de commercialisation fassent des profi ts excessifs. Des approches directes et indirectes sont utilisées pour déterminer s il existe des profits excessifs et des inefficacités sérieuses dans la commercialisation des produits ou si les marges importantes sont dues à des coûts élevés réels qui pourraient être réduits par des investissements appropriés dans l infrastructure de commercialisation. Les deux approches l une examinant les prix et les marges des différents niveaux de la chaîne commerciale, l autre, les coûts et recettes sont généralement nécessaires pour une vérifi cation croisée et mutuelle. L analyse statistique des données d enquête a permis de corréler par la méthode des moindres carrés linéaires, le prix du charbon de bois à la distance d approvisionnement et aux frais annexes de transport. L équation retenue est de type : (1) CT = β 0 + β 1 X 1 + β 2 X 2 +Q T où : CT : Le coût de transport du sac de charbon de bois ; X1 : Distance parcourue X2 : Frais annexes de transport β0 : Terme constant φt : Terme d erreur. Revue de Géographie Tropicale et d Environnement, n 6, 2006 EDUCI, 2006 69

L estimation du modèle a été effectuée à partir du Logiciel Eviews 5.1 et plusieurs tests ont été conduits notamment, les tests de White (hétéroscédasticité), de Jacque Bera (Normalité des erreurs), de Student et de Fisher pour montrer la signifi cativité globale du modèle. RESULTATS L observation du circuit de commercialisation du charbon de bois montre une variété d organisation au niveau du marché. Le charbon étant une marchandise encombrante et salissante, son transport est assuré essentiellement par des véhicules vétustes dont le poids total en charge varie entre 5 et 35 tonnes et quelques fois, un peu plus (Photo1). Photo 1 : Evacuation du charbon de bois du chantier Le charbon de bois, conditionné dans des sacs de jute est rangé judicieusement dans le véhicule affrété pour le transfert de la production vers les centres de commercialisation. La fi lière commerciale du charbon de bois est animée par des agents économiques patentés et des agents économiques informels. Le charbon produit dans l arrière pays, arrive aux consommateurs en transitant par 5 principaux circuits. Les circuits d approvisionnement : les acteurs et leur rôle : Circuit 1 (circuits commerciaux courts) : constitué essentiellement de deux principaux opérateurs ; le producteur qui cumule les fonctions de production et de commercialisation (grossiste) et le consommateur. Le producteur : Cet agent est généralement un paysan agricole. Sa production est de faible importance et se résume généralement à quelques dizaines de sacs de charbon. Elle est commercialisée bord champ ou exposée en bordure des principales voies de communication. Le producteur échange son produit avec le consommateur moyennant de la liquidité. La monnaie circule donc entre le consommateur, le producteur et ses fournisseurs. Le producteur est directement sur le marché. Il commercialise lui-même sa production ou à défaut par un membre de sa famille, généralement sa femme. Les consommateurs : ce sont des particuliers disposant de moyens de locomotion, qui revenant de missions ou autres voyages achètent quelques sacs de charbon. Ces achats varient entre 1 et 3 sacs en moyenne. Au sein de ce circuit, il n existe pratiquement pas de vente en détail, toute la commercialisation se fait en gros et au comptant. La concentration des acheteurs et des vendeurs est pratiquement similaire. Diakalia DIARRASSOUBA, Martine TAHOUX TOUAO : La commercialisation du charbon de bois... 70

Elle est caractérisée par un nombre réduit de part et d autre de telle sorte que le prix est pour chaque agent, une donnée exogène impossible à infl uencer par des comportements individuels. Circuit 2 (circuits commerciaux de moyenne portée) : l apparition de ce type de circuit est favorisée par deux facteurs : - le recul des forêts dont l ampleur est tel que même le transport par charrettes devient malaisé et onéreux ; - une marge (prix de vente moins coût de production) supérieure aux frais de transport par véhicule motorisé. Ces circuits sont repartis en compartiment ou méso-marchés dont la concurrence est entretenue par la dynamique de la demande de la ville d Abidjan. De façon générale, les tâches sont reparties entre quatre opérateurs économiques : le producteur direct (ou manœuvre de chantier), le transporteur, le détaillant et le consommateur. - Le producteur : La production est livrée bord champ. Cet échange se fait généralement au comptant mais il arrive qu elle se fasse à crédit. Le volume des transactions n est pas très important ; seulement quelques dizaines de sacs. Tout comme pour le circuit 1, le producteur est également sur le marché. Sa présence ne lui permet pas non plus, de s ajuster aux informations de celuici. Ici, le détenteur de l information est le détaillant. - Le transporteur : Assure la liaison de la marchandise entre le détaillant et le producteur. - Le détaillant est, au sein du circuit, l agent qui achète bord champ, un ou plusieurs sacs de charbon auprès du producteur. Installé sous un hangar de fortune (Photo 2), il revendra en détail au consommateur fi nal, le charbon acheté en gros. Photo 2 : Etal de commercialisation du charbon On remarque sur ces images, la vétusté des hangars de commercialisation constitués de planches et de plastic. Les détaillants sont exposés aux aléas du climat. - Les consommateurs : ce sont des ménages qui achètent soit en détail, soit en gros (en moyenne un sac de charbon) pour la satisfaction de leurs besoins énergétiques. A ces ménages, il faut ajouter les tenanciers de restaurants, les petits commerces de rue et autres artisans. Aux différents niveaux de vente (gros et détail), la concentration des acheteurs et des vendeurs est similaire. Elle est caractérisée par un nombre élevé de part et d autre, de sorte que le prix est pour chaque agent, une donnée exogène impossible à infl uencer par des décisions et comportements individuels. Les transactions au sein du circuit 2 se font au comptant au premier et second niveau de vente, c est-à-dire entre le producteur et le détaillant d une part et entre le détaillant et les ménages d autre part. Revue de Géographie Tropicale et d Environnement, n 6, 2006 EDUCI, 2006 71

Le détaillant règle également toutes ses dépenses au comptant. La monnaie circule donc entre le producteur, le détaillant et les consommateurs. Le circuit 3 (circuits commerciaux de longue portée) : Ce circuit est caractérisé par l importance relative de la production, l utilisation de gros camions porteurs et la présence des spécialistes dans la commercialisation du charbon de bois. Par ailleurs, au niveau de l organisation même de l activité, il n existe pas de cumul de fonctions ; la répartition des tâches est très nette entre producteurs, transporteurs, grossistes et détaillants. Tout au long du circuit, le marché est relativement organisé. Des collusions existent soit entre producteurs, soit entre transporteurs, et donnent lieu à des coopératives agissant en qualité de groupe de pression. Il s agit d un marché de libre concurrence à l amont du circuit de distribution, mais avec des prix de vente au détail standardisés à l aval du circuit. L unité de mesure (le seau) est pratiquement la même pour la quasi-totalité des détaillants. Sa valeur équivaut à 100 F CFA (Photo 3). Photo 3 : Unité de mesure de vente au détail du charbon Le seau de mesure du charbon vaut 100 FCFA l unité. Environ 85 à 95 unités de mesure peuvent être extraites d un sac de charbon. On remarque sur la photo du haut, un masque (cache-nez) qui permet au détaillant de se protéger contre la poussière émise lors du maniement du charbon. C est le modèle de distribution du charbon de bois le plus dynamique que l on observe sur les différents marchés. Cette chaîne est constituée de deux entités. Le Circuit 3a comprend 5 agents qui sont : le producteur, le collecteur-distributeur, le transporteur, le détaillant et le consommateur. - Le producteur : la production est vendue bord champ à des grossistes. Cet échange se fait généralement au comptant. Le producteur n a pas accès au marché. Les renseignements relatifs à l offre et à la demande lui sont inconnus lorsqu il s engage dans la production. En effet, sa décision de produire est plus liée à un besoin d argent et à la capacité technique de son unité de production qu aux informations qu il reçoit du marché. Diakalia DIARRASSOUBA, Martine TAHOUX TOUAO : La commercialisation du charbon de bois... 72

- Le collecteur distributeur : c est un grossiste qui achète soit au comptant, soit à crédit selon les liens de fi délité ou de familiarité entre lui et le producteur, une grande quantité de charbon (quelques centaines de sacs) qu il revend à d autres distributeurs installés dans différents quartiers d Abidjan. Une partie de son achat sert à approvisionner son kiosque personnel d où l appellation de collecteur-distributeur. Il est présent sur le marché et par conséquent, il est le détenteur de l information. Sa pratique spéculative traduit bien sa parfaite connaissance du marché. - Le transporteur : assure la liaison effective entre le producteur et ses représentants et inversement. - Le détaillant : est l agent qui achète le charbon auprès des collecteurs et qui le revend en détail au consommateur. Pour ce dernier, les prix sont une donnée exogène. Il ajuste, à prix constant, l unité de mesure qui est fonction des situations de pénurie ou d abondance. En situation de pénurie, pour un achat de 100 FCFA, le seau de mesure du charbon est modelé pour réduire sa contenance. - Le consommateur : idem pour le circuit 2 Au premier niveau de vente, l offre d un grand nombre de producteurs est confrontée à la demande d un petit nombre de collecteurs distributeurs. Ceux-ci réussissent à influencer le niveau de prix. Au deuxième niveau, le collecteur distributeur fait écran entre le producteur et le détaillant. Plusieurs détaillants manifestent leur demande à un seul collecteur distributeur qui représente l offre. Dans ce deuxième cas, le collecteur distributeur est également en position de force. Au troisième niveau, les détaillants et les consommateurs sont de part et d autre en grand nombre de sorte que le prix ne puisse être influencé par leurs comportements individuels. Au sein du circuit 3a, les transactions se font au comptant comme à crédit au premier niveau, c est-àdire entre le producteur et le collecteur distributeur. Quelques fois, le collecteur-distributeur règle la moitié des achats au comptant et l autre moitié à crédit. La quasi-totalité des transactions au second et troisième niveau de vente c est-à-dire entre le collecteur-distributeur et le détaillant d une part, et entre le détaillant et le consommateur, se fait au comptant. Le circuit 3b comprend également cinq agents: le producteur, le courtier ou intermédiaire, le transporteur, le détaillant et le consommateur. - Le producteur : Sa production est livrée directement à ses courtiers qui sont en fait des intermédiaires entre lui et les détaillants. La production leur est livrée bord champ. Cet échange se fait principalement à crédit et le producteur ne reçoit la valeur de sa production qu après la commercialisation du produit fi nal. Le producteur est présent sur le marché par l intermédiaire de son courtier qui est généralement un parent ou un ami. Il ajuste sa production en fonction des informations qu il reçoit de ce dernier. Le producteur peut alors décider de faire de la rétention en stockant une bonne partie de sa production en attente de signaux plus prometteurs du marché. - Le courtier : son rôle consiste à placer le charbon de bois qu il réceptionne sur le site de production, auprès des détaillants. La vente étant effectuée le plus souvent à crédit, il s occupe de recouvrer la dette et de faire parvenir l argent et quelques fois l emballage (les sacs de jute) au producteur sur le terrain. Il défl ate des recettes perçues, toutes les charges de commercialisation. Le courtier perçoit une commission par sac de charbon vendu ; celle-ci varie différemment selon les producteurs. Ici, le charbon n est pas stocké, il est distribué directement aux détaillants sur leur site de commercialisation (étals). - Le transporteur : idem pour le circuit 3a - Le détaillant est, au sein du circuit, l agent qui réceptionne la marchandise (quelques dizaines de sacs de charbon) du courtier qu il revendra en détail au consommateur fi nal. Les détaillants sont en contact direct avec les consommateurs. Ils reçoivent le plus souvent les informations relatives aux marchés par le canal des autres détaillants et/ou des consommateurs en quête de charbon de bois. - Le consommateur : idem pour tous les circuits Au premier niveau de vente, l offre d un grand nombre de producteurs est confrontée à la demande d un petit nombre de courtiers. Ces derniers réussissent à influencer le niveau du prix. Au deuxième niveau, le courtier fait écran entre le producteur et le détaillant. Plusieurs détaillants manifestent leur demande à un seul courtier qui représente l offre. Dans ce deuxième cas, le courtier est également en position de force. Au troisième niveau de la chaîne, les détaillants et les consommateurs sont de part et Revue de Géographie Tropicale et d Environnement, n 6, 2006 EDUCI, 2006 73

d autre en grand nombre de sorte que le prix ne puisse être influencé par leurs comportements individuels. Dans le circuit 3b, la majorité des transactions se fait à crédit aux premier et second niveaux de vente, c est-à-dire entre le producteur et le courtier et entre le courtier et le détaillant et au comptant au troisième niveau de vente, c est-à-dire entre le détaillant et le consommateur. Le détaillant obtient du courtier la marchandise qu il paiera dès qu il aura fini la vente du produit. Puisque cette vente se fait généralement au cours de deux, voire quatre semaines au plus tard, le règlement de la dette s effectue par conséquent dans ce délai. La monnaie passe du consommateur au détaillant, puis de celui-ci au producteur en transitant par le courtier. Le charbon produit à une date précise, rapporte de l argent au transporteur le même jour, le lendemain pour le détaillant et les 15 à 30 jours plus tard au producteur ; le courtier lui ne recevant sa commission que lorsque le producteur aura fait ses comptes. Le charbon de bois produit pour l essentiel hors de la commune d Abidjan, circule généralement suivant une direction verticale orientée du nord vers le sud (Figure 2) selon quatre principaux circuits. Diakalia DIARRASSOUBA, Martine TAHOUX TOUAO : La commercialisation du charbon de bois... 74

Producteurs Traditionnels Charbonniers Professionnels Producteurs d opportunité Producteurs Courtiers intermédiaires Commercialisation primaire Grossiste ou semi-grossiste (2) Transport + Distribution + Vente Petits détaillants de quartiers (3) Consommateurs CONSOMMATEUR (4) Figure 2 : Les principaux circuits d approvisionnement LA COMMERCIALISATION DU CHARBON DE BOIS Revue de Géographie Tropicale et d Environnement, n 6, 2006 EDUCI, 2006 75

L observation des zones de production laisse apparaître une corrélation entre l éloignement des centres de production et le coût de production du charbon de bois. La distance apparaît donc comme un obstacle et les coûts qu elle entraîne, augmentent avec l éloignement du lieu de livraison. L ensemble de ces paramètres a pour conséquence une échelle de valeurs de prix tenant compte de la proportionnalité entre le parcours effectué et le prix à payer. LE COÛT DU TRANSPORT DU CHARBON DE BOIS L estimation du modèle à partir du Logiciel Eviews 5.1 donne l équation ci-dessous. Le coeffi cient de corrélation obtenu est égal à 0,93 donc supérieur à 0 et tendant vers 1. Ce qui confi rme le fait que le coût du transport augmente effectivement avec la distance et les frais annexes. Le modèle globalement, se présente comme suit : CT = 218,8 +5,255X 1 +1,68X 2 Les différents tests réalisés (tableau 3) ont permis de conclure que le modèle est globalement signifi catif. Les résultats indiquent que la variance des erreurs est constante (homoscédasticité des résidus) et que les résidus suivent une loi normale. L analyse des coefficients à travers le test de Student (t-student) met en lumière la signifi cativité des coeffi cients obtenus (tableau 3). De plus, l analyse de la signifi cativité globale du modèle à travers le test de Fisher (F-Statistic = 1137,93 ; p. value = 0,000 <5%) indique également qu au moins une des variables déterminées explique le modèle. Tableau II : Résultat de l estimation du modèle Dependent Variable : COUT TRANSPORT Method : Least Squares Date : 03/13/06 Time : 11 : 20 Sample : 1 35 VARIABLE Coeffi cient Std. Error t-statistic Prob. CONSTANCE (β0) DISTANCE (β1) FRAIS ANNEXES (β2) 218.8110 5.254889 1.680851 59.714440 1.246045 0.076076 3.664292 4.217255 16.96790 0.0009 0.0002 0.0000 R-squared (R²) Adjusted R-squared Durbin Watson stat 0.936134 0.925268 1.417023 Mean dependent var. S.D dependent var. F-Statistic Prob (F-Statistic) 2773.571 1129.923 1137.936 0.00000 Les résultats des analyses indiquent que les coeffi cients sont tous pertinents et que les variables identifi és ont une infl uence avérée sur le coût du transport. De façon générale, plus la distance croît, plus le coût du transport augmente. Mais à distance égale, les prix peuvent varier. Ceci est fonction d un certain nombre de paramètres parmi lesquels, l état de la route, les saisons climatiques, la quantité à transporter, les relations sociales entre le transporteur et le client, et surtout les frais de route c està-dire les pécules versés (environ 25% à 35% des coûts de transport du charbon de bois) aux agents des forces de l ordre (Douane, Police, Gendarmerie, Eaux et Forêt, etc.). En saison pluvieuse, le coût du transport du charbon de bois connaît des hausses du fait de l impraticabilité des routes. Ainsi, de nombreux trans- Diakalia DIARRASSOUBA, Martine TAHOUX TOUAO : La commercialisation du charbon de bois... 76

porteurs refusent d engager leur véhicule sur des voies de desserte peu rassurantes ; entraînant par conséquent une surenchère sur le transport. Ce phénomène s observe également pendant la période de la traite de certains produits de spéculation comme le cacao et le café. Les propriétaires de véhicules préfèrent transporter ces produits peu salissants, moins encombrants et mieux rémunérés. Le ravitaillement de la ville d Abidjan, aussi régulier soit-il, connaît des fl uctuations liées aux saisons et surtout à la disponibilité de la matière première sur le terrain. En effet, deux périodes sont à considérer dans le ravitaillement du marché d Abidjan (figure 3) : la saison des pluies où l offre à tendance à baisser non pas à cause d une chute de la production, mais à cause de l impraticabilité des pistes d accès aux sites de production et de la volonté des lobbies de faire de la rétention, et la saison sèche où l offre est plus régulière. Pendant ces périodes creuses, le charbon de bois devient une denrée très rare et les ménagères en ressentent durement les conséquences. Figure 3 : Fluctuation du niveau de l offre à Abidjan 1997 1998 1999 2000 2001 80 000 70 000 60 000 Niveau de l'offre 50 000 40 000 30 000 20 000 10 000 0 Jan Fev Mar Avr Mai Juin Juil Aou Sept Oct Nov Dec Périodes Source : Ministère des Eaux et Forêts ANALYSE DES MARGES BÉNÉFICIAIRES Les circuits de moyenne portée (circuit 2) L observation des marges bénéficiaires des producteurs indique que le revenu de ceux-ci s amenuise au fur et à mesure que les zones de production du charbon de bois s éloignent des centres de commercialisation. Autrement dit, les producteurs Revue de Géographie Tropicale et d Environnement, n 6, 2006 EDUCI, 2006 77

sont moins rémunérés lorsque les sites de production sont éloignés des zones de commercialisation comme l atteste le tableau III ci-dessous. Tableau III : Composante du prix de détail par marché pour le circuit 2 Désignation (%) Circuit 2 Songon (35 Km) Alépé (63 km) Agboville (79 km) Prix de détail du marché urbain 100 100 100 Prix à la production 66,37 47,04 42,74 Marge nette des grossistes-distributeurs 12,94 26,97 28,69 Contrairement aux producteurs, la marge des grossistes - détaillants s accroît au fur et à mesure que le site de production du charbon s éloigne des zones de commercialisation. Le charbon produit dans l arrière pays revient plus moins cher pour les commerçants. En effet, pour le charbon produit à Agboville (79 km) et commercialisé à Abidjan, la marge nette des détaillants est estimée à 28,69% du prix de détail du marché urbain contre 12,94% pour le charbon produit à Songon (35 km) et commercialisé sur le même marché. CIRCUITS DE LONGUE PORTÉE - Circuit 3a Tout comme pour le circuit 2, le collecteurdistributeur (grossiste) réalise d importantes marges bénéficiaires. En effet, l éloignement des sites d approvisionnement favorise l acquisition du charbon à des prix relativement bas. Ces prix débattus bord champ par les collecteurs-distributeurs amenuisent le gain des producteurs qui ne perçoivent qu environ 35% du prix du charbon vendu sur le marché urbain. Les producteurs situés dans le sillage de la ville d Abidjan réalisent des gains plus importants que ceux situés plus loin (tableau IV). Tableau IV : Composante du prix de détail par marché au sein du circuit 3a Marchés (%) Sites d approvisionnement du charbon de bois (Agboville 79 km) (Aboisso -93 km) (Tiassalé 125km) Marchés Abobo Adjamé Yopougon Prix au détail 100 100 100 prix au producteur 40,63 37,80 30,40 Marge nette des collecteurs - distributeurs 19,29 19,99 21,48 Marge nette des détaillants 07,93 06,78 07,83 La parfaite maîtrise du marché par les collecteurs distributeurs, réduit considérablement les gains des détaillants. En effet, en connaissance des informations du marché, ils jouent sur les prix de gros fi xés aux détaillants ; ce qui du coup, entraîne des répercussions sur leur marge bénéfi ciaire. Sur l ensemble des marchés, la marge moyenne des détaillants représente environ 7% du prix de détail du Diakalia DIARRASSOUBA, Martine TAHOUX TOUAO : La commercialisation du charbon de bois... 78

charbon de bois commercialisé. Au sein de ce circuit, les collecteurs distributeurs apparaissent comme les plus grands bénéfi ciaires des transactions qui ont lieu, du fait de leur présence sur les marchés de gros et de détail. - Circuit 3b Les résultats obtenus indiquent que la marge distributive varie d un agent à un autre au sein du même circuit. Au niveau des producteurs, les gains restent dans des proportions identiques aux autres circuits analysés. Les gains de ces derniers s amenuisent au fur et à mesure que les sites de production s éloignent des centres de commercialisation (tableau V). Tableau V : Composante du prix de détail par marché au sein des circuits 3b Désignation (%) Sites d approvisionnement du charbon de bois (Alepé 63 km) (Aboisso 93 km) (Tiassalé 125km) Marchés Abobo Adjamé Yopougon Prix de détail 100 100 100 Marge nette des détaillants 10,19 12,93 10,61 Prime du courtier : prime exceptionnelle commission 20,29 11,32 08,97 19,33 09,87 09,46 23,49 14,24 09,25 Prix au producteur 44,87 37,81 30,85 Au niveau des détaillants, les marges bénéficiaires semblent plus importantes. En effet, la marge nette des détaillants oscille entre 10 et 13% du prix de détail du charbon sur le marché urbain contre 6 et 8% pour le circuit 3a. Cette différence au niveau des marges bénéfi ciaires proviendrait du fait que la commande de charbon du détaillant lui est livrée directement sur son site de commercialisation. De ce fait, il se trouve exempté du paiement de certains frais de manutention qui du coup réduisent ces charges d exploitation. Quant aux courtiers, en plus de leur commission (environ 9% du prix de détail du charbon) ils s octroient de façon illicite une prime exceptionnelle qui oscille entre 9 et 15% du prix de détail du charbon de bois sur le marché urbain selon les zones de provenance de la marchandise. Ce qui tend à accroître leur marge bénéfi ciaire au détriment du des producteurs qui ne sont pas présents sur le marché. L analyse des marges bénéfi ciaires réalisées au niveau des différents circuits, révèle que la commercialisation du charbon de bois est une activité lucrative dont l exercice exige patience, courage et abnégation, notamment au niveau des grossistes où le travail reste très pénible du fait des incommodités liées au voyage et des nombreuses tracasseries routières. Au niveau des grossistes (courtiers, collecteursdistributeurs), les marges bénéficiaires sont importantes notamment au niveau du circuit 2, où les collecteurs-distributeurs réalisent en moyenne des marges nettes estimées à environ 22,87% du prix de détail du marché urbain. Les bénéfi ces réalisés au niveau des détaillants dépendent de leur capacité de marchandage et surtout, du prix de gros débattu. Lorsque ces prix sont bas, le détaillant peut espérer réaliser des marges importantes. Dans le cas contraire, les profi ts sont Revue de Géographie Tropicale et d Environnement, n 6, 2006 EDUCI, 2006 79

bas et quelquefois inexistants. Nombreux sont ceux qui dans ce cas, décident de fermer leur étal en attendant de meilleurs prix. Ce qui explique le plus souvent les fermetures répétées de nombreux étals à certaines périodes de l année. L analyse des marges bénéficiaires a permis de mettre en exergue l importance des profits réalisés au niveau des différents agents intervenants dans la filière. Toutefois, le charbon étant une marchandise encombrante, son évacuation des sites de production exige des dépenses financières importantes qu il importe d estimer. La commercialisation du charbon de bois : importance des frais de transport L observation de la structure des coûts de commercialisation du charbon de bois met en évidence la prédominance des frais de transport. En effet, les résultats indiquent que plus de 60% des coûts de commercialisation du charbon sont constitués des frais de transport comme le montrent les résultats consignés dans les tableaux VII, VIII, et VIII. Tableau VI : Importance des frais du transport dans les coûts de commercialisation (circuit 2) Désignation Lieu d approvisionnement (%) Songon (35 km) Alépé (63 km) Agboville (79 km) Coût de transport (CT) 11,42 17,17 9,93 Coût de commercialisation (CC) 20,69 25,99 28,57 Rapport CT / CC 55,20 66,06 69,76 Tableau VII : Importance des frais du transport dans les coûts de commercialisation (circuit 3a) Désignation (%) sites d approvisionnement du charbon de bois Agboville (79 km) Ono14 (93 km) Tiassalé (125 km) Coût de transport (CT) 18,95 21,57 26,76 Coût de commercialisation (CC) 32,16 35,44 40,29 Gros Détail 26,96 05,20 30,34 05,10 Rapport CT/CC 59 61 66 34,75 05,54 Tableau VIII : Importance des frais du transport dans les coûts de commercialisation (circuit 3b) Désignation (%) Sites d approvisionnement Alépé (63 km) (Ono 14-93 km) (Tiassalé - 125 km) Coût de transport (CT) 16,41 21,73 27,16 Coût de commercialisation (CC) 33,62 39,39 44,27 Gros Détail 32,72 0,90 38,43 0,96 43,51 0,76 Rapport CT/CC 48,80 55,17 61,35 Diakalia DIARRASSOUBA, Martine TAHOUX TOUAO : La commercialisation du charbon de bois... 80

L analyse des tableaux indique : a. au niveau du circuit 2, que les coûts de commercialisation représentent en moyenne 25,08% du prix de détail du marché urbain. Les coûts de transport en constituent plus de 64%. b. au niveau du circuit 3a, que les coûts de commercialisation représentent environ 36% du prix de détail du marché urbain, dont 62% sont constitués des dépenses de transport du charbon de bois. c. au niveau du circuit 3b, les coûts de commercialisation constituent environ 39% du prix de détail du marché urbain ; les coûts de transport en constituant environ 55%. Les coûts de commercialisation du charbon de bois représentent environ 30 à 45% du prix de détail du charbon de bois commercialisé sur le marché urbain. Plus de 99% de ces coûts sont supportés par le grossiste (courtier, collecteur-distributeur) et le reste (moins de 01%), est assuré par le détaillant. Les frais de transport constituent l essentiel des coûts de commercialisation du charbon de bois et l éloignement continu des sites de production, ajouté au racket persistant de certains agents des forces de l ordre, sont les causes majeures de la hausse de ces coûts. CONCLUSION L objectif de l article était d analyser le système de commercialisation du charbon de bois dans le département d Abidjan afi n de dégager d une part, la proportion des marges bénéficiaires des différents agents intervenant au niveau de la fi lière et d autre part, de mettre en relief l importance des frais de transport au niveau des coûts de commercialisation du charbon de bois. L étude a été menée à partir deux échantillons distincts : l un portant sur 35 transporteurs de charbon de bois choisis de façon accidentelle aux différents corridors d Abidjan et l autre sur 105 revendeurs de charbon de bois repartis dans trois communes de la ville d Abidjan (Abobo, Adjamé, Yopougon). Les résultats obtenus ont permis de caractériser le marché du charbon de bois qui se présente avec des structures variables selon le niveau de vente et du circuit emprunté par le produit. L analyse indique que le marché est concurrentiel pour tous les circuits au niveau du commerce de détail. Par contre, il est imparfait au niveau du commerce de gros dans les circuits 3a et 3b. Plus spécifi quement dans le circuit 3b, la grande concentration des acheteurs et des vendeurs favorise la concurrence mais la circulation de l information est compromise par les pratiques collusoires des courtiers de sorte que le producteur (hors du circuit) produit sans information sur l état du marché. Le circuit 3a a une structure oligopsonique au niveau du marché de collecte et oligopolistique au niveau du marché de gros. Il est caractérisé par la puissance des collecteurs distributeurs qui, par des pratiques collusoires, empêchent la concurrence. Le circuit 2, par contre, a une structure concurrentielle tant au niveau du gros que du détail. L étude a permis également de mettre en relief la part des différents agents dans le prix de détail du charbon de bois commercialisé sur le marché urbain. Les grossistes réalisent des marges importantes (environ 20% du prix de détail du charbon commercialisé) sur les différents circuits. Au niveau des détaillants, les marges semblent plus modestes comparativement aux grossistes et oscillent entre 7 et 12% du prix de détail du charbon de bois commercialisé sur le marché urbain. Les résultats confirment l importance des frais de transport qui représentent environ 60% des frais de commercialisation du charbon de bois. Ces charges sont supportées essentiellement par les grossistes qui en assurent plus de 99% ; le reste (moins de 01%) étant assuré par les détaillants. L importance de ces frais est liée d une part, à l éloignement croissant des zones de production et d autre part, à l importance des frais de route dus aux rackets excessifs des agents des forces de sécurité qui abusent les transporteurs sur les axes de desserte. L amélioration de la compétitivité de la fi lière du charbon de bois, passe à la fois par la technique qui le produit et le circuit par lequel il transite. Il reste également très important d extraire de la fi lière, les charges collatérales qui greffent la formation du prix du charbon de bois, notamment les nombreux rackets des hommes en tenue sur les différents axes routiers et qui en défi nitif ne font qu accroître le prix fi nal payé par la ménagère. Revue de Géographie Tropicale et d Environnement, n 6, 2006 EDUCI, 2006 81

BIBLIOGRAPHIE BIBEE : Revues spécialisées - n 1, 2, 3, 4 et 5 - juin 1993 à décembre 1995, Bureau des Économies d Énergie. DCGTX : Actes du séminaire de l année de la forêt. Korhogo, 10-12 novembre 1988. DCGTX : Plan National de l Énergie : Enquête sur la consommation et la commercialisation de l énergie à l intérieur de la Côte d Ivoire. Volume 1 Méthodologie et déroulement, Ministère de l Industrie et du Plan/Ministère de l Économie et des Finances, Abidjan - Novembre 1989. EICHER, C. K. et BAKER, D. C. : Étude critique de la recherche sur le développement Agricole en Afrique subsaharienne. International Development Research Center MR 100 F 1984. EJIGA, N. O. : Economic analysis of storage, Distribution and consumption of cowpeas in Northern Nigeria Thèse de Doctorat, Cornell University 1977. HARRIS, B. : There is method in my madness : or is it vice versa? Measuring agricultural marketing performance. Food research Institute Studies 17, 1979. HARRIS, B. : The marketing of food grain in the west-africain Sudano-Sahelian States ICRISAT INDIA, 1982. HAYS, H. M. : The marketing and storage of food grain in northern Nigeria Zaria, Nigeria, Ahmadu Bello University, IAR, Samara Misc, 1975, Paper N 50. INSTITUT NATIONAL DE LA STATISTIQUE : Annuaire des statistiques de l énergie en Côte d Ivoire de 1999 2003 Département des Statistiques et Synthèses Economiques, Abidjan, Edition Mai 2005. INSTITUT NATIONAL DE LA STATISTIQUE : Annuaire des statistiques de l énergie en Côte d Ivoire de 1998 2002 Département des Statistiques et Synthèses Économiques, Abidjan, Édition Décembre 2004. INSTITUT NATIONAL DE LA STATISTIQUE : Recensement général de la population et de l habitation 1998 Volume 3 : Données socio-démographiques et économiques des localités- Tome 1 : Résultats définitifs par localité / Région des Lagunes. Abidjan 1998. JONES, O. W. : Marketing staple foods in Tropical Africa. Cornell University Press, 1972. JONES, O. W. : The structure of staple food marketing in Nigeria as revealed by price analysis Stanford Food Research Institute Studies (8), 1968. LELE, U. L. : Market Integration : A study of Sorghum Prices in Western India. Journal of Farm Economics, 1967. N CHO S., SANOUSSI A. et ASSOUKPE K. : Évolution de la population de la ville d Abidjan de 1975 à 2000. Direction de la Statistique Abidjan, Janvier 1987. TIMMER, C. P., LACON, W. P. et PEARSON, S. R. : Analyse de la politique alimentaire. Publié par la Banque Mondiale Paris Economica, 1986. TAHOUX M., TOURE S., BRANCART R., N GUESSAN K. : Effets des systèmes énergétiques sur l environnement ; cas de la Côte d Ivoire. Programme Énergétique Africain, BAD, Abidjan, juillet 1995. Diakalia DIARRASSOUBA, Martine TAHOUX TOUAO : La commercialisation du charbon de bois... 82