GRIPPE Conduite à tenir lors d une épidémie Xème journée hygiène du CHAN 13 octobre 2016 F.Gaucher IDE Hygiéniste CH de Cosne sur Loire
Grippe saisonnière en France
Grippe : maladie infectieuse virale Virus à ARN : Influenza virus de la famille des orthomyxovirus 3 souches : A, B et C
Grippe : maladie infectieuse virale Virus A et B sont les plus fréquents, à l origine des grippes saisonnières Souche A, divisée en soustypes : la plus virulente, à l origine de pandémies et épidémies
Virus : mutations Virus de la grippe en continuelle évolution Modifications de leur antigénicité Variabilité des souches épidémiques circulantes adaptation vaccin
Virus : survie Survie dans le milieu extérieur : Sécrétions séchées : quelques heures Vêtements, papiers, mouchoirs : 8 à 12 h Surfaces inertes : 24 à 48 heures Inactivés par les produits désinfectants Source : inpes
Mode de transmission Voie respiratoire par l intermédiaire des gouttelettes (salive ou sécrétions des VAS) Lors de : Toux, éternuement, paroles
Mode de transmission Contact des muqueuses avec mains ou environnement récemment souillé par les sécrétions du sujet contaminé Transmission favorisée par la promiscuité
Contagiosité Avant le début des symptômes et jusqu à 5 jours après leur début Pic de contagiosité au deuxième jour Chez l enfant : excrétion virale plus longue = contagiosité plus longue Incubation courte : de 1 à 3 jours
Epidémiologie (InVS) En France : épidémie hivernale entre les mois de novembre et avril. Durée : 4 à 10 semaines Pic épidémique vers la mi-janvier Taux d attaque : 2 à 10% par an Entre 2 à 6 millions de personnes/an 9000 décès attribuables (> à 65 ans)
Epidémiologie (InVS) Hospitalisations parmi les groupes à haut risque : très jeunes enfants, personnes âgées, comorbidités chroniques, femmes enceintes En 2014-2015 : 30 000 passages enregistrés pour grippe dont 11% hospitalisés 1600 cas admis en réanimation Létalité : 18% des cas graves admis en réa
Hospitalisation rate/10,000 population 60 Taux des hospitalisations liées à la grippe saisonnière 50 40 avec l âge 30 20 10 0 <5 Glezen et al. 1987 5 9 10 19 20 34 35 44 45 54 55 64 65 Age (années)
Signes cliniques
Formes compliquées Surinfection bronchique (la + fréquente) Décompensation de pathologies préexistantes Complications extra-pulmonaires : otite, sinusite, plus rarement atteinte neurologique ou cardiaque (myocardite) Grippe maligne : pneumopathie virale, sepsis sévère, détresse respiratoire liée à un OAP (létalité >30%)
Epidémie en établissement de santé et d hébergement
Contrôle de l épidémie RAPIDITE du diagnostic REACTIVITE de l équipe soignante MESURES BARRIERES dès les 1 er signes d IRA, sans attendre le diagnostic Test d orientation diagnostique (TROD) Traitements antiviraux curatifs et/ou prophylactiques
Rapidité du diagnostic Signes cliniques + Notion d épidémie Mesures barrières immédiates
Réactivité : ALERTE Information interne Affichage Equipe soignante Usagers Prestataires EOH, gestionnaire des risques
Mesures barrières Ensemble des moyens limitant la transmission d un agent infectieux Hygiène des mains +++ Masques chirurgicaux +++ Couverture de la bouche lors de la toux ou d éternuements Mouchoirs en papier à usage unique
Mesures barrières Réduction des contacts avec les personnes malades extérieures Demander aux visiteurs enrhumés ou grippés de reporter leur visite Sinon : port du masque, hygiène des mains PC «Gouttelettes» en ES et EMS
Précautions Complémentaires «Gouttelettes» en ES et EHPAD
PC «Gouttelettes» Précautions standard (PS) renforcées Intensifier l hygiène des mains : mesure essentielle contre la transmission croisée Produits hydro-alcooliques +++ (répondant aux normes de virucidie)
PC«Gouttelettes» En plus des PS : Port du masque chirurgical Personnel (dès l entrée dans la chambre) Patient pour sortir de la chambre Visiteurs
Précautions Complémentaires «Gouttelettes» Séparation physique des patients/résidents entre eux autant que possible Limiter les sorties de la chambre : salle à manger, activités de groupe, examens Bionettoyage de l environnement (surfaces hautes, objets touchés par le malade ) au minimum quotidien Aération fréquente
Diagnostic : TROD Statut DMDIV (dispositifs médicaux de diagnostic in vitro) Non recommandés en-dehors d un contexte d épidémie Identification des virus influenza A et B (mais pas les sous-types) Pas adaptés à l identification des virus grippaux émergents
Diagnostic : TROD Sensibilité limitée, dépend : De l âge (meilleure chez les enfants) De la charge virale et de l excrétion virale Du type viral (meilleure pour les types A) Excellente valeur prédictive positive lorsque la circulation virale est intense Résultat possible dans un délai de 30 mn
Intérêt des TROD Confirmer l étiologie grippale Adapter rapidement la prise en charge Permettre la mise en œuvre de traitements curatifs et/ou prophylactiques Et ainsi : Réduire le risque de survenue de formes compliquées de grippe Interrompre l épidémie
Choix des TROD Avant la période épidémique Procédure interne indiquant les conditions de mise en œuvre des TROD Nombreux modèles disponibles sur le marché : CNR de la grippe : évaluation des 22 TROD des virus influenza A et B
Réalisation des TROD Dès les premiers cas présentant des signes d infection respiratoire aiguë depuis moins de 48 h (quantité de virus maximale) Chez au moins 3 malades au sein de l unité (collectivités de personnes âgées) Respecter les consignes de prélèvement du fabricant
Réalisation des TROD Par un médecin ou sous sa responsabilité par un autre professionnel de santé Equipement de protection requis pour l opérateur :
Technique : prélèvement naso-pharyngé
Interprétation des résultats La qualité du prélèvement conditionne le résultat Interpréter avec prudence, possibilité de faux négatifs Toujours s appuyer sur le contexte clinique Un test négatif ne permet pas d exclure le diagnostic de grippe
Interprétation des résultats Un test négatif : Peut résulter d un niveau d antigènes inférieur au seuil de détection Procédure incorrecte Prélèvement trop tardif/début de la maladie Ne doit pas retarder la mise en route d un traitement antiviral s il est indiqué chez un patient avec signes évocateurs (patients à risque)
Traitement Traitement d une grippe simple : Traitement symptomatique Aucune antibiothérapie recommandée Mais pour certaines populations : prescription d antiviraux justifiée
Traitement antiviral Antiviraux : Inhibiteurs de la neuranimidase (INA) Deux molécules ont une AMM en France Le zanamivir (plus commercialisé depuis 2009) Et l oseltamivir : le seul disponible (Tamiflu )
Traitement antiviral Reco HCSP Trois stratégies de traitement : Le traitement curatif Le traitement préemptif Le traitement préventif
Traitement curatif Patients symptomatiques : pour réduire les symptômes et/ou leur gravité Chez les personnes à risque de complications Femmes enceintes Personnes obèses Jeunes enfants y compris les nouveau-nés à terme Malades âgés de 6 mois et plus éligibles à la vaccination Grippe grave d emblée ou d aggravation rapide Personnes hospitalisées
Traitement curatif Quel que soit le statut vaccinal des patients Débuté le plus rapidement possible, dans les 48 h suivant le début des signes cliniques Sans attendre examens virologiques éventuels
Traitement préemptif Sujet asymptomatique ayant eu un contact étroit* depuis moins de 48 h avec un cas confirmé Prophylaxie chez les personnes à très haut risque de complications Administré à doses curatives pdt 5 jours * Personnes partageant le même lieu de vie que le cas index ; contact en face à face à moins d un mètre lors d une toux, d un éternuement ou d une discussion.
Traitement préventif en post-exposition Après contact avec un cas de grippe Avant l apparition des signes cliniques Doses journalières prophylactiques (demi-doses curatives)
Traitement préventif en post-exposition 1. Personnes à risque de complications Femmes enceintes Personnes obèses Personnes âgées de 1 an et plus éligibles à la vaccination Si contact étroit datant de moins de 48 h avec un cas de grippe cliniquement typique ou confirmé biologiquement
Traitement préventif en post-exposition 2. Collectivités de personnes à risque (EHPAD ) 1 er cas : les contacts étroits sont faciles à définir Prophylaxie selon les modalités décrites précédemment
Traitement préventif en post-exposition 2 ème cas : les contacts étroits sont impossibles à définir La prophylaxie peut être étendue à l ensemble d une unité spaciale au début de l apparition d un foyer de cas groupés d IRA selon les critères cidessous : o Diagnostic virologique positif : 1 test positif suffit en période de circulation épidémique et 2 à 3 tests endehors de cette période o ET : le nombre de nouveaux cas/jour continue d augmenter
Traitement préventif en post-exposition Le traitement préventif est débuté pour une durée de 10 jours Mais : Si le phénomène épidémique se prolonge, il sera poursuivi jusqu au 7 ème jour suivant l apparition du dernier cas de grippe dans l unité
Autres mesures Check list d aide à la mise en place des mesures Enregistrement des cas Grille de recensement Courbe épidémique Signalement externe ARS Si au moins 5 cas d IRA dans un délai de 4 jours
Mode d emploi de la feuille de surveillance Repérer des cas groupés nécessitant des mesures collectives (d'ira ou de GEA) Surveillance toute l année, pas seulement en période hivernale : indiquer chaque nouveau cas, parmi les résidents, par un carré une couleur différente par unité (utiliser un surligneur fluo si possible) recopier les cas survenant du 25 au 31 sur la page suivante +++ pour des cas survenant le même jour, les carrés s empilent à chaque cas se poser la question : Pour les IRA : y a-t-il au moins 5 IRA en moins de 4 jours? (nouveau critère oct. 2012) Nombre de nouveaux cas 6 5 5 cas en 4 jours : cas groupés à signaler 4 3 2 1 24 25 26 27 28 29 30 31 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 janvier février Cas résident
Signalement ARS
Mais qu est-ce qu on aurait pu faire pour éviter ça?
Mieux vaut prévenir par la vaccination antigrippale saisonnière
Vaccination antigrippale : INDICATIONS Personnes âgées de plus de 65 ans Femmes enceintes quel que soit le trimestre Les personnes, y compris les enfants à partir de l âge de 6 mois atteintes de certaines maladies chroniques L entourage familial de nourrissons < 6 mois à risque (préma ) Les personnes obèses (IMC égal ou > 40)
Vaccination antigrippale : INDICATIONS Patients/résidents : SSR et EMS quel que soit leur âge Et Vous!
Vaccination antigrippale : MOTIVER Campagne de sensibilisation : outil du CClin Arlin Sud-Est Un slogan : «Se vacciner, c est protéger»
Campagne de sensibilisation fédérer au sein de l'établissement les personnes ressources/référents autour de la vaccination sensibiliser, accompagner les professionnels permettre un choix éclairé diminuer les résistances et freins avec un travail sur les représentations
CONCLUSION La grippe saisonnière représente un problème majeur de santé publique L application des recommandations peut réduire l impact de la grippe La mesure PREVENTIVE essentielle dans les établissements de santé et médicosociaux reste la VACCINATION VACCINEZ ET VACCINEZ-VOUS!
DE VOTRE ATTENTION
Des QUECHTIONS?