2013-03-08 De la production à l application des connaissances : comment prévenir la violence au travail Conférence en santé publique Pavillon Ferdinand-Vandry, Université Laval 13 mars 2013 Nathalie Jauvin Chercheure, Recherche sur les interrelations personnelles, organisationnelles et sociales du travail (RIPOST), Centre de santé et de services sociaux de la Vieille-Capitale (CSSSVC), Centre affilié universitaire Nadine Bolduc Professionnelle de recherche, RIPOST, CSSSVC Plan de la présentation 1. La violence au travail : quelques mots De la production à l application des connaissances 2. Le développement d interventions préventives en milieu correctionnel québécois 3. Des résultats de l approche participative en prévention 4. Démarche d élaboration d un outil novateur de prévention primaire de la violence au travail 5. Présentation de l outil 6. Application et suites 2 1
2013-03-08-1 - La violence au travail : quelques mots 3 Violence au travail : des lacunes au plan des connaissances sur l efficacité des moyens mis en œuvre Le phénomène de violence interpersonnelle entre membres d une organisation de travail : de plus en plus connu Recrudescence du matériel sur la prévention pour les organisations Mais peu de connaissances scientifiques sur l utilité et l efficacité des moyens mis en œuvre Donc, les milieux interviennent sans savoir si le choix des interventions est approprié : risques? 4 2
2013-03-08 L objectif de l ensemble de la démarche Venir en partie combler cette lacune en évaluant une intervention participative visant la réduction de la violence interpersonnelle au travail : 1. Décrire le processus de développement et d implantation de l intervention; 2. Évaluer les effets de l intervention sur les pratiques organisationnelles et la prévalence de violence interpersonnelle. L hypothèse : l intervention peut permettre de modifier certaines contraintes organisationnelles et participer ainsi à la réduction de la violence interpersonnelle. 5 La santé psychologique tient beaucoup à la façon dont le travail est organisé* Contraintes psychosociales de travail Risque d accident de travail ou de maladies (mentales, cardiovasculaires ou musculosquelettiques) Facteurs individuels et situationnels *CADRE DE RÉFÉRENCE : Modèle du stress au travail de NIOSH 6 3
2013-03-08 Les dimensions pathogènes de l organisation de travail Certaines conditions de travail s avèrent néfastes pour la santé mentale et ce, peu importe la personnalité de l individu et les autres situations stressantes ou contraignantes auxquelles il est exposé à l extérieur du milieu de travail. 7 Les contraintes psychosociales à l étude DEMANDE PSYCHOLOGIQUE LATITUDE DÉCISIONNELLE SOUTIEN SOCIAL RECONNAISSANCE SANTÉ RAPPORTS SOCIAUX 8 Voir Karasek et al. 1990 4
2013-03-08 Agir à la source 9-2 - Le développement d interventions préventives en milieu correctionnel québécois 10 5
2013-03-08 Origine de la recherche Démarche paritaire et innovante issue de préoccupations face à l importance croissante de l absentéisme pour problèmes de santé mentale et de lésions professionnelles rencontrés par les ASC. Mission commune : améliorer la santé et les rapports sociaux chez les agents correctionnels québécois. 11 Le déroulement de la recherche Revue de littérature 2000 Volet quantitatif (par questionnaire) Volet qualitatif Entrevues individuelles (54) Entrevues de groupe (9) 132 participant(e)s Volet intervention évaluative 2009 12 6
2013-03-08 Phases et méthodes de la recherche Adapté de Goldenhar et coll. (2001) PHASES 1. DÉVELOPPEMENT 2. IMPLANTATION 3. ÉVALUATION Quelles théories s appliquent? Quels changements sont requis? Quelle est la meilleure façon d entraîner les changements? Nature des changements implantés et degré de mise mise en œuvre? Qualité de l implantation? Combien de personnes sont affectées par ces changements? Dans quelle mesure l intervention réduit : 1 Contraintes? 2. Violence? MÉTHODES QUANTITATIVE Évaluation a priori Mesures post 12 et 36 mois QUALITATIVE Démarche participative (GSI) Observation Suivi des changements auprès des 3 GSI du GC Analyse du processus d implantation et de prise en charge Suivi des changements auprès d info-clés et observation Suivi des changements auprès d informateursclefs 13 Syndicat Autorités ministérielles Comité aviseur Groupe de coordination Groupe de soutien à l intervention de Québec Groupe de soutien à l intervention de Sherbrooke Groupe de soutien à l intervention de Rimouski 14 7
2013-03-08 Le développement d interventions préventives : le modèle privilégié Vers le développement d interventions préventives, principalement centrées sur l organisation Le modèle d intervention privilégié par RIPOST et ses partenaires : la prévention primaire, en partenariat 15 Démarche participative de prévention primaire sur la santé mentale au travail 16 8
2013-03-08 Identification des problèmes concrets et priorisation des solutions : quelques exemples 17 TROIS GRANDS TYPES D ACTIVITÉS IMPLANTÉES Adopter des façons de faire plus participatives (démocratiques) qui permettent de reconnaître l importance de chacun Ajuster les méthodes de travail Développer des modalités pour favoriser le développement de rapports interpersonnels sains et le bien-être des individus 18 9
2013-03-08 Les principaux changements mis en place CATÉGORIES DE CHANGEMENTS Adopter des façons de faire plus participatives (démocratiques) Ajuster les méthodes de travail afin de baliser les façons de faire Développer des modalités pour favoriser l émergence de rapports interpersonnels sains et le bienêtre des individus EXEMPLES Favoriser une plus grande transparence Améliorer les processus de communication Créer des espaces d échange, des lieux de parole Identifier et mettre en place des modes de reconnaissance formelle Créer des outils permettant de mieux baliser le travail Privilégier une présence plus régulière du personnel d encadrement sur le «plancher» Améliorer le processus de formation et d accueil des nouveaux Mettre en place un système de «mentorat» Mettre sur pied des activités qui permettent de solidariser le groupe à nouveau Créer un système d entraide entre pairs Faire connaître les valeurs que prône l organisation en matière de rapports interpersonnels sains 19 Quelques exemples de projets provinciaux Procurer à tous les ASC un badge et un numéro de matricule/ instaurer une cérémonie protocolaire Réviser l ensemble de la formation initiale S associer à un organisme humanitaire 20 10
2013-03-08 Interventions et effets anticipés sur les contraintes (exemple A) DEMANDE PSYCHOLOGIQUE Tenue de réunions quotidiennes dans les unités d hébergement LATITUDE DÉCISIONNELLE Déséquilibre effortreconnaissance RECONNAISSANCE SOUTIEN SOCIAL *Collègues *Supérieurs 21 Interventions et effets anticipés sur les contraintes (exemple B) DEMANDE PSYCHOLOGIQUE Accompagnement des nouveaux au moment de la formation initiale LATITUDE DÉCISIONNELLE Déséquilibre effortreconnaissance RECONNAISSANCE SOUTIEN SOCIAL *Collègues *Supérieurs 22 11
2013-03-08-3 - Des résultats de l approche participative en prévention 23 Prévalence (PR) des facteurs psychosociaux au travail, comparaison entre pré (M0 : 2004) et post-intervention (M2 : 2009) Groupe expérimental Groupe contrôle M0(n=1138) M2(n=722) M0(n=361) M2(n=229) Contraintes psychosociales PR M0 PR M2 PR M0 PR M2 Demande psychologique élevée 52 61** 43 51*** Latitude décisionnelle faible 91 88 90 86* Job Strain 44 54* 36 41* Soutien des supérieurs faible 63 48*** 53 55 Soutien des collègues faible 67 56** 65 66 Reconnaissance 63 50*** 55 49** Déséq. efforts-reconnaissance 65 60 55 58 ****p 0.0001; ***p 0.001; **p 0.01; *p 0.05;! p 0.10 Statistical analyses used a generalized linear model with identity link and binomial distribution, with GEE, to test, within each group, H0: Prevalence at M1(M2) = Prevalence at M0 against H1: Prevalence at M1(M2) Prevalence at M0. 24 12
2013-03-08 Évolution des rapports avec les supérieurs dans les centres expérimentaux (2004 vs 2009) 60 50 52 *** 47 40 38 38 37 ** % 30 30 * 20 10 0 Soutien Social Harcèlement Psychologique Intimidation 2004 2009 25 Centres expérimentaux : 3 établissements, n=360 en 2004 et n=325 en 2007; Centres témoins : 15 établissements, n=1147 en 2004 et 963 en 2007. * = p<.05; ** = p<.01; *** = p<.001; **** = p<.0001 Évolution des rapports avec les supérieurs dans les centres témoins (2004 vs 2009) 60 50 47 45 % 40 30 31 32 28 31 20 10 0 Soutien Social Harcèlement Psychologique Intimidation 2004 2009 26 Centres expérimentaux : 3 établissements, n=360 en 2004 et n=325 en 2007; Centres témoins : 15 établissements, n=1147 en 2004 et 963 en 2007. * = p<.05; ** = p<.01; *** = p<.001; **** = p<.0001 13
2013-03-08 Évolution des rapports avec les collègues dans les centres expérimentaux (2004 vs 2009) 60 50 44 ** % 40 30 33 32 34 30 31 20 10 0 Soutien Social Harcèlement Psychologique Intimidation 2004 2009 27 Centres expérimentaux : 3 établissements, n=360 en 2004 et n=325 en 2007; Centres témoins : 15 établissements, n=1147 en 2004 et 963 en 2007. * = p<.05; ** = p<.01; *** = p<.001; **** = p<.0001 Évolution des rapports avec les collègues dans les centres témoins (2004 vs 2009) 60 50 40 35 34 37 32* 35 35 % 30 20 10 0 Soutien Social Harcèlement Psychologique Intimidation 2004 2009 28 Centres expérimentaux : 3 établissements, n=360 en 2004 et n=325 en 2007; Centres témoins : 15 établissements, n=1147 en 2004 et 963 en 2007. * = p<.05; ** = p<.01; *** = p<.001; **** = p<.0001 14
2013-03-08 ASC : un bilan des changements après l intervention DEMANDE PSYCHOLOGIQUE LATITUDE DÉCISIONNELLE SOUTIEN SOCIAL RECONNAISSANCE SANTÉ RAPPORTS SOCIAUX 29 Voir Karasek et al. 1990 L exemple du projet en milieu correctionnel: une lecture qualitative sommaire L instauration d une nouvelle dynamique au sein des groupes Un certain changement de mentalité chez plusieurs des acteurs touchés Une certaine transformation du climat via, par exemple, l instauration de façons de faire plus démocratiques où le point de vue des travailleurs a gagné de plus en plus d importance. 30 15
2013-03-08-4 - Démarche d élaboration d un outil novateur de prévention primaire de la violence au travail 32 16
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Projet d élaboration d un outil en prévention de la violence Bénéficier des connaissances issues de la recherche sur les agents des services correctionnels; Les rendre accessibles aux : Représentants de la direction des organisations (gestionnaires, responsables RH); Intervenants / préventionnistes en SST; Représentants / délégués syndicaux; Travailleurs. Pour ce faire, développer des moyens originaux et novateurs afin de mettre en place un outil, et ce, en collaboration avec notre public cible. 34
PHASE I : La consultation Les entreprises représentées dans les milieux de travail E1 E2 E3 E4 E5 E6 E7 E8 Services de santé et sociaux Industrie chimique Services publics (CPE) Autre entreprise Services publics Transports Commerc e de détail d'aliments Services de santé et sociaux 1 300 350 10 23 000 7 500 9 500 5 2 650 1 2 1 3+ 3 3 0 2 RH χ χ Comité SST ou représ. (Mutuelle SST) (Mutuelle SST) Structure paritaire χ χ χ Syndicat χ χ Dél. Sociaux / pairs aidants? χ?? χ? Entreprises Secteur Nb employés Avancement prév. viol.* *Légende (notation relative, essentiellement pour l interne) : 3 Très avancé (politique, outils, démarches de préventions telles campagnes, pamphlets, formations, etc.) 2- Moyennement avancé (politique, début de démarches) 1-Peu avancé (juste politique) 0- Rien du tout 35
Grands constats de la consultation Besoin d un outil Qui rappelle les notions de base; Qui parle de l impact de la violence sur les personnes; Qui présente un argumentaire ; Qui démontre que la démarche peut être simple, qui offre des canevas «clé en main» et conviviaux; Qui assure une prise en charge par les milieux et propose un suivi serré du projet; Qui offre des exemples concrets, va plus loin dans le COMMENT FAIRE. 36
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PHASE II : La validation Tests d oculométrie (Eye Tracking) 38
- 5 - Présentation de l outil 39
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Merci! 55