Perspectives de population et de ménages pour les communes wallonnes Avril 2016 Travail réalisé par le Centre de recherche en Démographie de l UCL à la demande de l IWEPS L IWEPS a chargé le Centre de recherche en démographie de l UCL (DEMO-UCL) de mettre à jour les perspectives de population et de ménages au niveau communal, dont la première édition avait été établie en 2012. Elles ont cette fois pour horizon 2035. Il s agit d une démarche scientifique originale qui prend en considération non seulement les spécificités locales des phénomènes de fécondité, de mortalité et de migration, mais aussi la transformation de la structure des ménages. Ce document présente les principaux résultats sous forme de tableaux et de cartes. Ces perspectives démographiques constituent un outil indispensable à la prise de décision tant au niveau communal que régional (logement, équipement, aménagement du territoire ) et des éléments fondamentaux en termes d anticipations pour les décideurs. Encadré méthodologique : Les perspectives de population et de ménages développées ici reposent sur la méthode de projection «multi-états». Cette méthode s articule sur la distribution des individus selon un éventail d états caractérisés par l âge, le sexe et la situation de ménage, et calcule des probabilités de transition entre ces différents états sur la base de l observation passée. A ces états, s ajoutent les situations de naissance, de décès, d immigration et d émigration. Cette méthodologie a été développée en 2012 et mise en application par Luc Dal, Thierry Eggerickx et Jean-Paul Sanderson (Centre de recherche en Démographie de l Université catholique de Louvain) et Michel Poulain (UCL). Les résultats présentés ci-dessous projettent les tendances observées ces quinze dernières années et correspondent au niveau régional aux perspectives de population du Bureau fédéral du Plan de mars 2016. Tableau 1 : Synthèse des résultats par province pour la Wallonie chiffres calibrés, pour l ensemble de la Wallonie, sur les perspectives population du Bureau fédéral du Plan (2016) Population estimée en 2035 croissance de la population 2015-2035 (en %) absolus) de population de Nombre de ménages estimé en 2035 croissance du ménages 2015-2035 (en %) absolus) du ménages de Brabant wallon 433 436 10,1 39 736 181 992 14,6 23 151 Hainaut 1 429 069 7,0 93 709 623 948 8,4 48 400 Liège 1 186 987 8,4 92 196 527 628 9,8 47 276 Luxembourg 307 800 10,4 29 052 132 679 15,2 17 510 Namur 529 832 8,8 42 687 229 850 11,5 23 728 Wallonie 3 887 125 8,3 297 381 1 696 098 10,4 160 066 Source : Centre de recherche en Démographie de l UCL- Convention IWEPS 2015-2016 Julien Charlier, Marc Debuisson, Julien Juprelle et Isabelle Reginster (IWEPS) 11 avril 2016 1
Tableau 2 : Synthèse des résultats par arrondissement pour la Wallonie chiffres calibrés, pour l ensemble de la Wallonie, sur les perspectives de population du Bureau fédéral du Plan (2016) Population estimée en 2035 croissance de la population 2015-2035 (en %) absolus) de population de Nombre de ménages estimé en 2035 croissance du ménages 2015-2035 (en %) absolus) du ménages de Nivelles 433 436 10,1 39 736 181 992 14,6 23 151 Ath 93 765 8,8 7 598 40 786 13,0 4 695 Charleroi 457 228 6,4 27 374 194 573 4,3 7 964 Mons 275 840 7,0 18 036 123 781 8,1 9 222 Mouscron 84 522 12,4 9 322 36 834 14,4 4 632 Soignies 208 396 10,6 20 007 88 116 12,9 10 082 Thuin 156 924 3,8 5 809 69 714 8,2 5 259 Tournai 152 394 3,8 5 563 70 145 10,3 6 547 Huy 122 770 9,8 10 931 53 478 14,5 6 774 Liège 671 596 8,5 52 709 301 898 7,8 21 728 Verviers 304 666 6,8 19 452 134 516 11,2 13 518 Waremme 87 954 11,5 9 103 37 735 16,2 5 255 Arlon 70 061 15,5 9 405 30 409 19,6 4 990 Bastogne 51 671 10,3 4 814 21 896 16,6 3 122 Marche-en- Famenne 60 478 8,3 4 621 26 735 13,7 3 224 Neufchâteau 68 178 9,8 6 079 29 062 13,1 3 366 Virton 57 413 7,8 4 134 24 577 12,9 2 808 Dinant 118 573 8,8 9 632 52 524 12,7 5 911 Namur 339 793 9,0 28 109 145 294 11,2 14 590 Philippeville 71 467 7,4 4 947 32 033 11,2 3 228 Source : Centre de recherche en Démographie de l UCL- Convention IWEPS 2015-2016 Entre 2015 et 2035, la quasi-totalité des communes wallonnes enregistreront une augmentation du chiffre de leur population. En termes relatifs (taux de croissance, carte 1), les plus fortes hausses se situent surtout dans des zones touchées par la périurbanisation. Le terme de périurbanisation peut être défini comme le processus d étalement de l urbanisation vers les terrains avoisinant les agglomérations. La périurbanisation provoque une extension progressive de l urbanisation sur le territoire, en créant des quartiers résidentiels de plus en plus éloignés des centres d emploi. Ce processus touchera avec une ampleur variable toutes les agglomérations urbaines (carte 1), en particulier au sud de Liège, au sud-est de Namur et au sud d Aix-la-Chapelle pour les communes du nord de la Communauté germanophone. Dans le vaste ensemble périurbain de l agglomération bruxelloise, une série de communes hesbignonnes, correspondant à l est du Brabant wallon et à l arrondissement de Waremme, affichent de fortes augmentations. Il en est de même pour d autres communes situées dans l aire d influence de Bruxelles, telles que celles de l ouest du Brabant wallon et du nord de la province du Hainaut, autour d Ath. Au sud de la Wallonie, la population des communes de la province de Luxembourg continuera sa croissance liée à la périurbanisation de la métropole luxembourgeoise. Par ailleurs, les communes affichant de faibles taux de croissance, voire des taux légèrement négatifs se situent, pour une part, le long de la frontière française, pour une autre part, au sud de la Communauté germanophone dans des zones éloignées des grands centres pourvoyeurs d emplois. La croissance de la population résulte surtout des migrations internes. A l échelon local, les migrations internes ont un poids démographique sensiblement plus important que les naissances et les décès. De plus, le mouvement migratoire influence le mouvement naturel (les naissances moins les décès), puisque les migrations internes concernent en majorité des populations de jeunes adultes en âge d avoir des enfants. Les prix élevés des logements et des terrains à bâtir poussent les jeunes ménages à chercher des résidences pour s installer dans des communes de plus en plus éloignées de leur pôle d emploi bruxellois, de Luxembourg-ville ou même de Liège et de Namur. Julien Charlier, Marc Debuisson, Julien Juprelle et Isabelle Reginster (IWEPS) 11 avril 2016 2
Carte 1 : croissance de la population () estimé par commune pour la Wallonie Carte 2 : Croissance absolue de la population () estimée par commune pour la Wallonie Julien Charlier, Marc Debuisson, Julien Juprelle et Isabelle Reginster (IWEPS) 11 avril 2016 3
Carte 3 : Part des 65 ans et plus en 2035 estimée par commune pour la Wallonie La répartition spatiale de la part des 65 ans et plus en 2035 (carte 3) identifie des groupements de communes où cette part sera plus élevée ; soit les zones proches de la frontière française qui attirent des retraités à la recherche d un cadre de vie plus bucolique, de nombreuses communes hennuyères et surtout l est de la Communauté germanophone, trois zones présentant déjà un vieillissement important de leur population en 2015. Mais se détachent également sur la carte les territoires périphériques aux grandes villes qui ont connu les premiers mouvements de la périurbanisation dans les années 1960 et qui présentent déjà aujourd hui des parts assez élevées de 65 ans et plus (notamment centre-nord du Brabant wallon, sud de de Liège et Charleroi). C est dans les communes de périurbanisation ancienne et surtout récente que la part des 65 ans et plus aura tendance à augmenter le plus rapidement à l avenir. Les perspectives communales du Centre de recherche en Démographie de l UCL ne se limitent pas à fournir un chiffre de population. Elles permettent également de mesurer le ménages qui devrait être dénombré dans chaque commune dans les vingt prochaines années (). Au-delà du ménages, l outil permet également d estimer la demande future en logements, des données importantes pour l aménagement du territoire wallon et la gestion de la mobilité. Ces dernières années, la composition des ménages en Wallonie a sensiblement évolué. Le nombre total de ménages augmente compte tenu du plus en plus élevé de personnes isolées, mais également de ménages de deux personnes. Ceci aboutit à une diminution de la taille moyenne des ménages privés en Wallonie, qui atteint 2,31 personnes en 2015 (UCL-DEMO). Le ménages de plus de deux personnes est resté stable jusqu en 1994, quel que soit leur type - trois, quatre ou cinq personnes et plus - avant d enregistrer une diminution temporaire (graphique 1). La réduction de la taille des ménages a deux causes majeures. D une part, le vieillissement de la population favorise la croissance du ménages de deux personnes, lesquels se transforment en ménage d isolés, suite au décès de l un des deux conjoints. D autre part, de «nouvelles» formes de ménages les familles monoparentales ou encore les personnes séparées vivant seules se sont développées, suite notamment à l augmentation des divorces et des séparations. En 2035, les perspectives de ménages donnent une taille moyenne des ménages privés de 2,26 habitants. Julien Charlier, Marc Debuisson, Julien Juprelle et Isabelle Reginster (IWEPS) 11 avril 2016 4
Graphique 1 : Evolution de la taille des ménages privés en Wallonie (indice 1990 = 100) 150 140 130 120 1 pers. 2 pers. 3 pers. 4 pers. 5 pers. et plus 110 100 90 80 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 Source : DGS Statistics Belgium - Registre national Calculs : IWEPS Sans grande surprise, parallèlement à l évolution future de leur population, la quasi-totalité des communes wallonnes verront leur ménages augmenter entre 2015 et 2035 (cartes 4 et 5). Les croissances les plus importantes par rapport à la situation actuelle s enregistrent bien évidemment dans les régions qui connaissent les plus fortes croissances relatives de leur population. Les croissances relatives les moins rapides sont observées dans quelques communes du Hainaut, les villes de Charleroi et Thuin et la commune de Boussu, mais également à Gedinne au sud de la province de Namur. Deux communes seulement connaîtraient, selon les perspectives qui prolongent les tendances observées ces quinze dernières années, une légère diminution de leur ménages : Saint-Hubert dans la province du Luxembourg et Bütgenbach en Communauté germanophone. La croissance attendue de la population ne fera que prolonger la tendance observée ces 15 dernières années. Au total toutefois, c est quasiment l ensemble des communes wallonnes qui devra faire face à un nombre accru de nouveaux ménages. Et ceci aura des conséquences sur la demande en logements et nécessitera une adaptation de leur offre afin de mieux répondre à l évolution de la taille des ménages. Les résultats présentés aujourd hui à un niveau communal permettent d appréhender de nouvelles demandes en logement et devraient nourrir les réflexions pour une gestion future du territoire wallon. Julien Charlier, Marc Debuisson, Julien Juprelle et Isabelle Reginster (IWEPS) 11 avril 2016 5
Carte 4 : croissance des ménages () estimé par commune pour la Wallonie Carte 5 : Croissance absolue du ménages () estimée par commune pour la Wallonie Julien Charlier, Marc Debuisson, Julien Juprelle et Isabelle Reginster (IWEPS) 11 avril 2016 6