La phytothérapie Cours n o 441 La phytothérapie est l utilisation thérapeutique des plantes. Tel que précisé depuis le début des cours sur les différentes thérapeutiques, il va de soi que les plantes n ont pas vraiment d effet thérapeutique. C est le pouvoir autoguérisseur qui présente cet effet. Ce pouvoir peut quand même tirer profit de certains principes actifs contenus dans les plantes. Si on administre une plante laxative à un cadavre, il est évident qu on ne pourra pas produire un effet laxatif. Seule la personne vivante peut réagir face à une telle plante. Dans l administration des plantes laxatives, on ne peut pas parler d un effet thérapeutique, mais plutôt d un effet irritant. L organisme va donc tenter de se protéger contre cet effet irritant en se débarrassant le plus rapidement possible de son contenu intestinal. Il élimine ainsi les agents irritants de la plante. En naturopathie, on tente d éviter le plus possible toute forme d irritation. Les plantes laxatives, à effet irritant, ne sont donc pas recommandées. En fait, le naturopathe fait une utilisation très particulière des plantes, comme nous le verrons un peu plus loin. Pour l instant, précisons que le naturopathe, appliquant l approche HYGIONOMISTE, n est pas un phytothérapeute, ni un herboriste. Ces individus soignent par les plantes. Pour eux, les plantes constituent des remèdes qu ils administrent aux malades. Le naturopathe n administre pas de remèdes : il enseigne l application correcte des facteurs naturels de santé. Il compte sur ces facteurs pour plonger l organisme dans des conditions propices à la santé. Par conséquent, le naturopathe ne se comporte pas, face aux plantes, comme un phytothérapeute ou un herboriste. Dans l exemple, donné plus haut, sur les plantes laxatives, son comportement sera bien différent de celui du phytothérapeute. Néanmoins, le naturopathe pourra faire une certaine utilisation des plantes, pour autant qu elles rencontrent deux critères bien particuliers. 1
D abord, ne présenter aucune toxicité Les plantes pouvant être utilisées en naturopathie doivent d abord être exemptes de toute forme de toxicité. En naturopathie, tout ce qui est toxique est à éviter. L organisme n a pas à être intoxiqué pour être soigné. L intoxication ne peut en aucun cas conduire à la santé. Au contraire, elle conduit à la maladie. Si la naturopathie rejette le recours aux médicaments toxiques, il est bien évident qu elle ne peut pas endosser non plus le recours aux plantes toxiques. Une plante comme le séné, par exemple, doit être considérée comme toxique, puisqu elle irrite fortement la muqueuse intestinale. Toute plante qui irrite un tissu quelconque, parce qu elle contient des substances indésirables que l organisme ne peut pas utiliser et qu il doit rejeter, n a pas sa place en naturopathie. À la lumière de ce principe, il va de soi que plusieurs plantes, largement utilisées en phytothérapie, ne peuvent pas l être en naturopathie. Ensuite, ne pas présenter d effets stimulants Les plantes peuvent contenir des substances irritantes et intoxicantes, comme elles peuvent aussi contenir des substances stimulantes. Ces dernières n ont pas leur place non plus en naturopathie. Par exemple, les plantes qui contiennent de la caféine ou tout autre alcaloïde semblable, sont nécessairement exclues de la pratique naturopathique. En naturopathie, toujours selon l approche HYGIONOMISTE, la stimulation doit être écartée. Elle entraîne une dépense énergétique qui n est pas compensée. Elle force l organisme à s impliquer dans une dépense énergétique, sans rien lui apporter en retour. C est en ce sens qu on dit qu une telle dépense n est pas compensée. Lorsqu une personne consomme un aliment, elle s implique dans une dépense énergétique pour le digérer et l assimiler. Mais cet aliment lui apporte, en retour, des substances nutritives. Cette personne pourra les utiliser pour se nourrir. La dépense énergétique est donc compensée. D ailleurs, l aliment apporte plus d énergie que sa digestion et son assimilation n en exigent. 2
Les plantes stimulantes n apportent rien à l organisme. Elles ne font que l entraîner dans une dépense énergétique superflue. Elles agissent un peu à la manière d un coup de fouet. Elles forcent l organisme à produire un plus grand effort, mais elles le laissent plus pauvre en réserves énergétiques une fois l effet stimulant terminé. La stimulation peut conduire directement à l épuisement et au surmenage. Les plantes qu on utilise comme toniques stimulants, ne conviennent pas vraiment à l organisme. Elles donnent une fausse énergie temporaire, mais épuisent progressivement l organisme. Celui-ci n en a donc pas besoin. Ce qu il lui faut plutôt, c est le repos qui permet de récupérer l énergie nerveuse. Les plantes retenues en naturopathie On retient donc en naturopathie, les plantes qui ne sont ni toxiques, ni stimulantes. C est le cas, par exemple, de la valériane. Cette plante qui aide l organisme à mieux relaxer et à mieux dormir, ne présente aucune toxicité. Elle peut être prise sur de longues périodes de temps, sans jamais présenter d effets secondaires fâcheux. Cette observation a été faite depuis de nombreuses années. La valériane ne stimule pas non plus l organisme, puisqu elle entraîne, au contraire, un effet calmant. Certaines plantes présentent aussi des effets nutritifs. C est le cas, par exemple, de la prêle qui est riche en silicium. On sait que ce minéral, à partir d un phénomène de transmutation biologique, peut apporter du calcium à l organisme. En réalité, nous sommes ici en présence d une plante nutritive qui devrait être considérée comme un aliment. Plusieurs plantes d ailleurs se situent dans cette catégorie. C est le cas du pollen de fleurs, de la spiruline, etc. En faire une utilisation temporaire Les plantes qui peuvent être utilisées en naturopathie, parce qu elles ne sont ni toxiques ni stimulantes, ne devraient pas faire l objet d une utilisation prolongée. À ce sujet, revenons sur la valériane. Si cette plante peut aider l organisme à mieux dormir, elle peut être utilisée par les personnes atteintes d insomnie. Elle peut favoriser, chez ces personnes, un meilleur sommeil. Mais ces personnes qui ont de la difficulté à dormir, présentent au départ certains problèmes. Si elles ont de la difficulté 3
à dormir, ce n est pas parce qu elles sont carencées en valériane! Il convient donc d identifier ces problèmes et de les supprimer. La valériane peut être utilisée en début de traitement. Elle aide la personne à mieux dormir. Mais cette personne devra éventuellement modifier certaines de ces habitudes de vie pour pouvoir en arriver à dormir normalement. Si elle doit compter sur la valériane pour dormir, cette plante devient alors une béquille. En naturopathie, les béquilles n ont pas leur place. L organisme est fait pour fonctionner par ses propres moyens, sans aide extérieure. Que dirait-on d une personne qui a besoin d une plante pour digérer, d une autre pour activer son rein, d une autre pour désengorger son foie et d une autre encore pour favoriser sa production biliaire? On dirait qu elle est très dépendante et, par conséquent, en mauvaise santé. La personne chez qui toutes les fonctions s accomplissent bien, sans aucune aide extérieure, est celle qui est vraiment en bonne santé. Le naturopathe peut donc prescrire certaines plantes à certains individus pendant un certain temps. Mais si ces plantes sont requises d une façon permanente, il est clair que le naturopathe n a pas fait correctement son travail d éducateur en matière de gestion des habitudes de vie. S il avait vraiment convaincu son patient de modifier ses mauvaises habitudes de vie, ce dernier ne compterait plus sur les plantes pour fonctionner normalement. Il faut donc faire plus que de recommander des plantes pour corriger un problème de santé. Il faut modifier en profondeur les habitudes de vie. Sans cette réforme fondamentale, on ne peut pas parler de véritable naturopathie. Documentation adéquate Dans ce cours sur la phytothérapie, notre intention n est pas de fournir à l étudiant une liste des plantes pouvant être utilisées en naturopathie. Nous avons précisé les critères qui président au choix des plantes qu un naturopathe peut recommander à son patient. C est au naturopathe qu il convient d appliquer ces critères. D autre part, il faut se méfier de certains ouvrages dont le but est de discréditer les plantes et les produits naturels en général. Ces ouvrages ne reposent pas nécessairement sur des recherches bien établies, mais souvent sur de simples suppositions. Ils utilisent des termes comme «théoriques, spéculatifs, possibles, etc.» pour parler des effets secondaires et des contreindications des plantes. En science, la spéculation n a pas sa place, mais 4
dans le domaine de la propagande elle est largement utilisée. Plus souvent qu autrement, cette spéculation sert les intérêts de l industrie pharmaceutique. En invoquant des dangers possibles attribués aux plantes, on laisse entendre qu elles ne sont pas moins dangereuses que les médicaments de synthèse. Lorsqu on se documente sur un produit quelconque, il faut être suffisamment éveillé pour ne pas se laisser berner par des sources d information trompeuses et malveillantes. 5