DIGEST CSTC UNE ÉDITION DU CENTRE SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE DE LA CONSTRUCTION 1 POURQUOI VENTILER? Un air de bonne qualité est l une des exigences fondamentales nécessaires à un climat intérieur sain dans les habitations. Car, en définitive, il s agit bien de protéger le mieux possible les occupants contre les variations du climat extérieur et de leur offrir un cadre de vie sain et confortable. Outre un bon confort thermique (pas trop chaud et pas trop froid), acoustique (protection contre les excès de bruit) et visuel (une lumière (du jour) suffisante, pas d éblouissement), une qualité optimale de l air est indispensable. LA VENTILATION DES HABITATIONS INTRODUCTION Ce Digest constitue le premier numéro d une série de trois consacrée à la ventilation. Il présente de manière succincte les raisons et les modalités de la ventilation des habitations ainsi que la norme de ventilation NBN D 50-001. Différentes solutions pratiques seront proposées dans les deux Digests suivants. On trouvera des informations complémentaires dans les Notes d'information technique 192 et 203 du CSTC, sur lesquelles ces Digests se basent. moins pour les diluer : la ventilation au moyen d'air frais. Qu'il faille désormais ventiler à cause du renforcement de l isolation de nos habitations (certains parlent même de surisolation ) n'est qu'une fable. L isolation thermique et la ventilation sont deux choses bien distinctes. Tout comme, dans notre climat, une installation de chauffage est indispensable pour assurer notre confort thermique en hiver, il faut des dispositifs techniques de ventilation. Nous expliquerons succinctement dans ce Digest comment les réaliser. En premier lieu, il convient évidemment de limiter les émissions de substances gênantes et nocives (provenant des matériaux de construction, peintures, colles, tapis, meubles, fumée de tabac, produits d entretien, odeurs de cuisine, déchets, ). Il est également nécessaire d'éviter les problèmes d'humidité pour ne pas nuire à la santé des occupants et aux conditions sanitaires des bâtiments (dégradation par la condensation, les moisissures,...). Confort visuel Confort thermique Climat intérieur Qualité de l'air Confort acoustique Une stratégie s impose pour évacuer les odeurs, l humidité et les substances nocives, ou tout au REDUIRE L'EMISSION DILUER LA POLLUTION = VENTILER 1 D I G E S T n 5 1999
Fig. 1 La ventilation de base ne nécessite pas l'ouverture des fenêtres. 2 COMMENT VENTILER? 2.1 COMME AUTREFOIS? Beaucoup d habitations ne sont ventilées que par l infiltration occasionnelle d air par les interstices et les fentes, des imperfections de l enveloppe du bâtiment donc, ou par l ouverture régulière des fenêtres. La recherche a démontré qu'en moyenne, les habitations belges étaient peu étanches à l air, mais que, malgré tout, même dans des habitations globalement très perméables à l air, certaines pièces étaient très étanches à l air et bénéficiaient d une ventilation tout à fait insuffisante. On aère souvent les chambres à coucher, par exemple, en laissant la fenêtre ouverte pendant toute la journée (alors que c est la nuit, pendant que les fenêtres? CONSTRUCTION ETANCHE Exécution détails de construction Stratégie de ventilation VENTILATION CONTROLEE NBN D 50-001 (octobre 1991) bonne étanchéité à l air dépend de la bonne conception et de la bonne mise en œuvre des détails de construction (raccords, écran étanche à l air,...). Dans notre pays, aucune exigence n est (encore) imposée en matière d étanchéité à l air. un ensemble de dispositifs de ventilation contrôlée. Par contrôlée s entend que la quantité d air (débit) est réglée en fonction des besoins, sans consommation d énergie exagérée, et que le sens des flux de ventilation est fixe. La norme NBN D 50-001 décrit les exigences imposées aux dispositifs de ventilation dans les bâtiments d habitation. Cette norme est à la base de la législation en matière de ventilation dans les différentes régions. 3 LA NORME NBN D 50-001 sont fermées, que se produit la pollution de l air). Une telle ventilation est excessive et entraîne une déperdition inutile d énergie, un refroidissement important de l ensemble de l habitation (risque de condensation) et prive les locaux de leur protection contre la pluie, l effraction L introduction du chauffage central a évidemment éliminé de nos livings une forme naturelle de ventilation importante provoquée par l aspiration de l air de combustion destiné au poêle et l évacuation de l air vicié via les gaz de fumée. 2.2 VERS UNE VENTILATION CONTRÔLÉE Une stratégie équilibrée de ventilation veillera à assurer : un parachèvement étanche à l air de l enveloppe du bâtiment afin d éviter les infiltrations incontrôlées (courants d air et pertes d énergie). Une La norme belge NBN D 50-001 Dispositifs de ventilation dans les bâtiments d habitation prescrit la manière dont les (parties de) bâtiments ayant une fonction d habitation ou de séjour doivent être équipés pour rendre possible une ventilation correcte des locaux. La norme ne garantit pas que le bâtiment sera ventilé correctement : cette ventilation correcte dépend de l usager et de la manière dont celui-ci utilise les dispositifs dont son logement est équipé. On subdivise la ventilation en 3 catégories : ventilation de base : il s agit de la ventilation des locaux d habitation dans des circonstances normales, avec des débits d air limités, afin de garder le contrôle de la qualité de l air et de sa teneur en humidité ventilation intensive : débits d air accrus pour faire face à un excès de pollution ou à des circonstances inhabituelles : humidité et odeurs de cuisine, nettoyage, travaux de peinture, fête, (voir 9) 2 D I G E S T n 5 1999
DIGEST ventilation des locaux spéciaux : garage, cave, grenier, débarras, cage d ascenseur, couloirs communs, locaux de chauffe, Ces locaux sont ventilés au moyen de dispositifs particuliers; on évite autant que possible toute interaction avec la ventilation de base. On trouvera davantage de détails dans la NIT 203. 4 VENTILATION DE BASE : DANS QUELS LOCAUX? Les principes de la ventilation de base doivent être appliqués dans les locaux d habitation normaux : les locaux dits secs : livings, chambres à coucher, locaux d'étude, salles de jeu et locaux pour hobbies; les locaux dits humides : cuisines, salles de bains, toilettes, buanderies; les locaux de circulation à l intérieur d une même unité d habitation : corridors, halls et cages d escalier. Toutes les autres pièces sont des pièces spéciales. 5 VENTILATION DE BASE : ALIMENTATION TRANSFERT EVACUATION Alimentation dans les locaux secs Transfert Evacuation des locaux humides Si l on veut contrôler le sens du flux d air, il faut le canaliser : l alimentation en air frais s effectue dans les locaux secs l évacuation de l air vicié s effectue là où la pollution la plus importante se produit, c.-à-d. dans les locaux dits humides entre les locaux comprenant les dispositifs d alimentation et d évacuation, l air circule via des ouvertures de transfert dans les cloisons ou les portes intérieures et via les corridors, le hall et la cage d escalier d une même unité d habitation. La différence de pression entre les dispositifs d évacuation et d alimentation assure un flux d air permanent dans le bon sens. On évite ainsi que les odeurs désagréables soient amenées de la cuisine ou des toilettes, p. ex., dans le living ou la chambre à coucher. 6 VENTILATION DE BASE : PAR DES MOYENS NATU- RELS OU MECANIQUES La ventilation naturelle résulte des différences de pression causées par le vent et/ou une différence de température. La ventilation mécanique ou forcée se produit sous l effet d un ventilateur (à moteur électrique). L alimentation en air comme l évacuation de l air de ventilation peuvent se faire de manière naturelle ou forcée (mécanique). L alimentation naturelle se fait par des ouvertures d alimentation en air réglables (OAR) manuellement ou automatiquement. Ces OAR sont intégrées dans les fenêtres ou les murs extérieurs des locaux secs. L évacuation naturelle s effectue par des gaines verticales qui débouchent en toiture, aussi près que possible du faîte. Elles sont pourvues d ouvertures d évacuation d air réglables (OER) dans les locaux humides qu elles desservent. L alimentation mécanique peut se faire par un ventilateur, un réseau de conduites et des bouches d alimentation dans les locaux secs. L évacuation mécanique est produite par extraction de l air des locaux humides également via un ventilateur, un réseau de conduites et des bouches d évacuation. Il existe 4 combinaisons possibles des dispositifs d alimentation et d évacuation naturelle et mécanique, que l on appelle les systèmes simplifiés A, B, C et D : système A : alimentation naturelle et évacuation naturelle; système B : alimentation mécanique et évacuation naturelle (libre); 3 D I G E S T n 5 1999
système C : alimentation naturelle (libre) et évacuation mécanique; système D : alimentation mécanique et évacuation mécanique. ALIMENTA- TION Naturelle ou TRANSFERT C A B Naturelle Tous les systèmes sont basés sur le principe selon lequel l air de ventilation doit pouvoir circuler librement des locaux secs (éventuellement en traversant les locaux de circulation) vers les locaux humides où il est évacué. Des ouvertures de transfert sont pratiquées dans les parois ou les portes intérieures: EVACUA- TION ou 8 VENTILATION DE BASE : OUVERTURES DE TRANSFERT Mécanique D Mécanique 7 VENTILATION DE BASE : EN QUELLE QUANTITÉ? soit via une grille non obturable ayant un débit nominal de 7 dm 3 /s (25 m 3 /h) à 2 Pa pour tous les locaux, sauf la cuisine (14 dm 3 /s ou 50 m 3 /h) L exigence de principe est très simple : par m 2 de surface au sol, il faut pouvoir réaliser un débit nominal de 1 dm 3 /s ou 3,6 m 3 /h. q N = surface (en m 2 ) x 1 dm 3 /s (1 dm 3 /s correspond à 3,6 m 3 /h) Cette règle s applique à tous les locaux d habitation. Pour un WC, il faut 7 dm 3 /s ou 25 m 3 /h. Des limites sont imposées à ces exigences de base dans les systèmes simplifiés A, B, C, et D. Le tableau 1 récapitule les débits d air demandés. LOCAL soit via une fente de 70 cm 2 sous les portes ou autour de celles-ci (140 cm 2 au total pour la cuisine). Tableau 1 Débits nominaux de ventilation. DÉBIT NOMINAL DE VENTILATION Affaiblissement acoustique Pour tous les locaux d habitation ALIMENTATION : Living, chambres à coucher, locaux d'étude, salle de jeux, locaux pour hobbies,... ÉVACUATION : Cuisine, salle de bains, buanderie,... TRANSFERT ou ALIMENTATION : Corridors, hall de jour et de nuit, cage d escalier,... Valeur limite par local ALIMENTATION : Livings Chambres à coucher, locaux d'étude, locaux pour hobbies 1 dm 3 /s par m 2 de surface au sol (3,6 m 3 /h,m 2 ) Minimum 21 dm 3 /s (75 m 3 /h) peut être limité à 42 dm 3 /s (150 m 3 /h) Minimum 7 dm 3 /s (25 m 3 /h) peut être limité à 10 dm 3 /s par personne (36 m 3 /h,pers.) ÉVACUATION : Cuisine fermée, salle de bains, Cuisine ouverte Minimum 14 dm 3 /s peut être limité à 21 dm 3 /s Minimum 21 dm 3 /s (50 m 3 /h) (75 m 3 /h) (75 m 3 /h) WC 7 dm 3 /s (25 m 3 /h) 4 D I G E S T n 5 1999
9 VENTILATION INTENSIVE On ventile de manière intensive en cas d occupation temporaire élevée des locaux, de surchauffe ou de production élevée d odeurs ou d humidité, en ouvrant les fenêtres ou les portes situées dans les murs extérieurs de chaque pièce. La surface nette de la partie ouvrante est au moins égale à: 6,4 % de la surface au sol (640 cm 2 par m 2 ) s il y a des fenêtres ou des portes dans un seul mur extérieur; 3,2 % de la surface au sol (320 cm 2 2 ) s il y a des fenêtres ou des portes dans 2 murs extérieurs différents (au moins 40% par façade). Aucune exigence anti-effraction n est imposée aux dispositifs de ventilation intensive. En par effet, mils ne sont pas utilisés sans surveillance. Une cuisine enclavée sans liaison directe avec l extérieur doit être équipée d une hotte ayant un débit d au moins 200 m 3 /h. 10 LES 10 PRINCIPES DE LA VENTILATION 1. Assurez une bonne étanchéité à l air de l enveloppe du bâtiment: évitez les fuites et les interstices, soignez les jonctions entre les éléments de construction et entre les différents murs, appliquez un écran étanche à l air le cas échéant. 2. Installez des dispositifs de ventilation de base dans les locaux d habitation selon les exigences du tableau 1. 3. De l air frais est amené dans les locaux d habitation secs : livings, chambres à coucher, salles de jeux, locaux d étude et locaux pour hobbies. Cela peut se faire de manière naturelle (grilles d alimentation réglables) ou par ventilation mécanique (bouches de pulsion). 4. L air humide et vicié est évacué des locaux humides, où survient la plus grande partie de la pollution: cuisine, salle de bains, toilettes, buanderie. L évacuation s effectue par des gaines d évacuation naturelle équipées de grilles d évacuation réglables ou par extraction mécanique. 5. Entre les locaux munis d'une alimentation et les locaux munis d'une évacuation, l air est transféré par des ouvertures ad hoc pratiquées dans ou autour des portes ou dans les murs intérieurs (grilles ou fentes sous la porte) et via les corridors et locaux de circulation. 6. Différentes combinaisons de dispositifs d alimentation et d évacuation naturels ou mécaniques sont possibles. Elles correspondent aux systèmes A, B, C, D. 7. Lors de la conception, tenez compte des dispositifs de ventilation et/ou des locaux nécessaires. Prévoyez à cet effet: en cas d alimentation naturelle: des ouvertures d alimentation en air (grilles, etc.) dans les fenêtres ou les murs extérieurs; en cas d évacuation naturelle: des gaines verticales d évacuation qui débouchent en toiture, aussi près que possible du faîte; en cas d alimentation et/ou d évacuation mécanique: l espace nécessaire pour les ventilateurs, les gaines et les bouches d alimentation ou d évacuation de l air. 8. Les dispositifs de ventilation de base doivent pouvoir être adaptés en ol tion des besoins: manuellement ou automatiquement (réglage fixe ou autorégulation). 9. Les fenêtres ouvrantes et les portes servent à la ventilation intensive. Il existe des dimensions minimum proportionnelles à la surface au sol et à l emplacement des fenêtres. 10. Les locaux spéciaux (greniers, caves, garages, chaufferies, débarras, etc.) doivent également être ventilés. Cette ventilation est indépendante de la ventilation de base. 5 D I G E S T n 5 1999
DIGEST B R U X E L L E S Siège social Rue de la Violette 21-23 1000 Bruxelles direction générale 02/502 66 90 02/502 81 80 publications 02/511 33 14 02/511 09 00 Z A V E N T E M Bureaux Lozenberg 7 1932 St-Stevens-Woluwe (Zaventem) 02/716 42 11 02/725 32 12 avis techniques communication qualité informatique appliquée construction techniques de planification développement & innovation L I M E L E T T E Station expérimentale Avenue Pierre Holoffe 21 1342 Limelette 02/655 77 11 02/653 07 29 recherche laboratoires formation documentation bibliothèque Ce Digest est publié dans le cadre de l'action Antenne Normes Energie et climat intérieur du CSTC, avec l'appui du ministère des Affaires économiques. http://www.bbri.be/antenne_norm/ Editeur responsable : Carlo De Pauw D/1999/0611/05 6 D I G E S T n 5 1999