LE DEVELOPPEMENT DE L'ENFANT

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DES REPÈRES SUR LE DÉVELOPPEMENT PSYCHOMOTEUR DE L'ENFANT : MOTRICITÉ GLOBALE à 2 ans à 3 ans à 4 ans à 5 ans à 6 ans Il monte et descend l escalier sans alterner les pieds (pose les 2 pieds sur chaque marche) Il court vite (l équilibre est meilleur), tourne en cercle, sautille, grimpe, danse. Il tape dans un ballon précision et équilibre. Il monte et descend les escaliers comme un adulte (en alterné). Il saute la dernière marche de l escalier (par jeu). Il saute sur un pied peut maintenir l équilibre sur un pied quelques secondes (à la demande). Il conduit un tricycle. Il pédale bien avec une bicyclette sans roues latérales. Il monte et descend de la voiture. Il sautille sur ses deux pieds, saute à cloche-pied. Il saute pieds joints. Il tape la balle dans le but.

DES REPÈRES SUR LE DÉVELOPPEMENT PSYCHOMOTEUR : PRÉHENSION à 2 ans à 3 ans à 4 ans à 5 ans à 6 ans Il a acquis une grande souplesse du poignet et une bonne rotation de l avant-bras : dessine avec un crayon bien tenu (prise digitale). Il sait tourner la poignée d une porte, dévisser un couvercle, manger avec une cuillère. Vers 2 ans et demi, il copie un rond. Il peut s habiller seul très souvent sait utiliser boutons et fermetures éclairs. Il peut mettre des chaussures seul : vers 4 ans il lacera. Il aide à desservir la table sans caser la vaisselle. Il sait dessiner un cercle : début du bonhomme tétard. Il fait une tour de 10 cubes (démonstration). Il copie une croix. Il utilise une paire de ciseaux à bout rond. Il peut boutonner ses vêtements complètement. Il construit des ponts de cubes. Il copie un carré. Il peut lacer ses chaussures. Il reproduit un triangle. Il enroule le fil autour d un bobine. Il coud avec une grosse aiguille.

DES REPERES SUR LE DEVELOPPEMENT PSYCHOMOTEUR DE L'ENFANT : LE LANGAGE à 2 ans à 3 ans à 4 ans à 5 ans à 6 ans C est l âge de l explosion du vocabulaire. Il parle constamment. Il fait des «phrases explicites» et abandonne le jargon du langage global. Faire des phrases ne veut pas dire «parler adulte», il aura toujours un langage enfantin qui ne doit pas inquiéter. Il utilise le «je», le «moi», le «tu». Il utilise le «verbe». Il réunit 2 ou 3 mots en une phrase. C est l éclosion du vocabulaire, l avalanche de questions parents : pourquoi? Sa soif de mots est intarissable. Il utilise correctement le temps des verbes. Le langage est correct avec une extension du vocabulaire et une amélioration de la syntaxe.

DES REPERES SUR LE DEVELOPPEMENT PSYCHOMOTEUR DE L'ENFANT : COMPREHENSION GENERALE à 2 ans à 3 ans à 4 ans à 5 ans à 6 ans Il nomme 4 à 5 images. Il comprend 2 à 3 ordres donnés. Il peut désigner 4 à 5 parties de son corps. Il peut être propre la nuit. Il connaît 1 à 2 couleurs et peut placer un objet sur un autre de la même couleur. Il peut compter jusqu à 3-4. Il est capable de placer 3 à 4 éléments d un puzzle correctement. Il aide pour se déshabiller. Il connaît quelques chansons enfantines. Il sait compter jusqu à 10. Il peut nommer 8 images, 8 parties de son corps. Il répond à 3 ou 4 ordres donnés à la suite. Il a une maîtrise des sphincters anal et vésical (propreté totale). Il dit son nom et son âge. Il dit son sexe. Il pose des questions sur sa taille. Il sait reconnaître quel est le plus large de 2 traits. Les notions haut, bas, grand, petit sont acquises. Il s interroge sur hier, demain, pareil, pas pareil, quand (durée) et comment. Les phrases sont constituées. Il raconte de petites histoires. Il distingue le matin de l après-midi. Il compare 2 poids. Il s habille et se déshabille. Il nomme les jours de la semaine. Il reconnaît sa droite et sa gauche.il connaît son adresse et son téléphone.

LES THÉORIES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE L'ENFANT : LES APPROCHES CLASSIQUES DU DEVELOPPEMENT COGNITIF ET METACOGNITIF DE L'ENFANT 1. LES MATURATIONNISTES : intelligence génétique 2. PIAGET : L'action de l'enfant sur le monde et l'environnement contribue à sa construction (notion d'éducabilité). Les acquisitions, organisées en stades, s'emboîtent. Jusqu'à 2 ans : le stade sensori-moteur (construction du schème, de l'objet permanent et de l'espace proche lié au corps). De 2 à 11 ans : le stade concret une période pré-opératoire de 2 ans à 6-7 ans, (avènement des notions de quantité, d'espace, de temps, de la fonction symbolique, du langage, etc...) le stade des opérations concrètes de 6-7 ans à 11 ans où l'enfant devient capable de coordonner des opérations dans le sens de la réversibilité ainsi que d'une certaine logique mais toujours avec un support concret. À partir de 11-12 ans avec un équilibre vers 14-15 ans : le stade des opérations formelles où la connaissance atteint une logique formelle et la pensée procède de façon hypothético-déductive..

LES APPROCHES CLASSIQUES DU DEVELOPPEMENT COGNITIF ET METACOGNITIF DE L'ENFANT : PIAGET (SUITE) Le stade pré-opératoire qui caractérise l'enfant scolarisé en maternelle Entre 2 et 4 ans : émergence de la pensée symbolique Connaissance perceptivo-motrice de son milieu proche Capacité de symboliser ce qu'il connaît : le jeu symbolique (faire semblant de), le dessin (traces desquelles émerge progressivement le sens) Explosion du langage à cette période (de 200 à 2000 mots) Passage à l'imitation différée qui montre sa capacité d'assimilation du réel Absence de concept (de généralisation) : l'enfant ne peut conceptualiser que ce qu'il connaît, ce qu'il a touché, ce qu'il a perçu. Début des images mentales (évocation des images absentes) Approche chronologique mais non globale A partir de 4 ans : émergence de la pensée intuitive Une pensée qui se complexifie mais qui reste intuitive (se passe de raisonnement), soumise au primat du figuratif sans distanciation du réel. Vers 5 ans et demi, une évolution mais la pensée reste encore très perceptive, les opérations mentales de transformation apparaissent. L'enfant : Synthèse sur la pensée pré-opératoire : peut construire une représentation mais seulement à partir de son point de vue est incapable de déconnecter sa pensée du réel (ce qu'il voit est réel) prête une intentionnalité aux choses ( exemple : la télévision c'est pour "de vrai") cherche une finalité à toute chose (c'est la période du pourquoi)

LES APPROCHES CLASSIQUES DU DEVELOPPEMENT COGNITIF ET METACOGNITIF DE L'ENFANT (suite) 3. LES INTERACTIONNISTES Importance du contexte, apporté principalement par la famille, médiateur entre l'enfant et l'extérieur. Importance du médiateur adulte qui va organiser les réels de l'enfnat en répondant à ses besoins et en parlant avec lui Importance du langage qui permet : d'établir des liens de causalité de communiquer et d'acquérir une culture en s'identifiant à un groupe et à un mode de pensée de prendre de la distance avec ses actes (conscientisation) Pour Piaget, le langage est conséquence de l'expérience et du développement. Pour les interactionnistes, le langage contribue directement à son développement. Pour les interactionnistes, on ne maîtrise une activité que lorsqu'on est capable d'en parler. Le médiateur est celui qui parle "pour" l'enfant pendant des années jusqu'à ce que l'enfant s'approprie cette pensée par intériorisation. Vygotsky a inventé le concept de ZPD (zone proximale de développement) = écart entre la performancece de l'enfant (ce qu'il est capable de faire seul à un moment donné) et sa compétence (ses possibilités s'il est accompagné par un médiateur).

LES APPROCHES CLASSIQUES DU DEVELOPPEMENT COGNITIF ET METACOGNITIF DE L'ENFANT : LES INTERACTIONNISTES (SUITE) Six fonctions d'étayage pour un "bon médiateur" et donc pour le "bon enseignant" (Brüner) : l'enrôlement ou le fait de réussir à activer l'intérêt de l'enfant, son adhésion par rapport à la tâche ; pour l'enseignant, il s'agit de créer le désir, de tenir compte des centres d'intérêt de l'enfant, de le mettre en projet en adoptant une posture motivante et en créant des situations motivantes la réduction des degrés de liberté qui permet de différencier en adaptant la situation proposée pour qu'elle coresponde à la ZPD des enfants le maintien de l'orientation sur la tâche ou le fait de s'assurer de la permanence de la compréhension de la tâche, par des reformulations centrées sur les procédures et les stratégies de l'enfant plutôt que sur sa performance (lutte contre l'impulsivité de l'enfant) la signalisation des caractéristiques déterminantes ou le fait d'aider l'enfant à prendre des informations sur la tâche ou sur la façon de la traiter (a-t-on besoin de la bouche, des oreilles, etc.) le contrôle de la frustration ou le fait d'accompagner l'enfant au cours de l'activité pour alléger la frustration et l'aider à la surmonter (afin d'éviter la dépendance, le médiateur peut offrir également un accompagnement matériel comme les affichages, les outils, etc.) la démonstration ou le fait de montrer comment il faut faire à l'enfant lorsqu'il n'a pas encore conceptualisé, en l'incitant à le demander lui-même

LES APPROCHES ACTUELLES DU DEVELOPPEMENT COGNITIF ET METACOGNITIF DE L'ENFANT LA MÉTACOGNITION : la connaissance du sujet sur ses propres processus et produits cognitifs (Flavell). ce qui permet à l'enfant de comprendre les raisons de sa réussite et donc de comprendre la logique des procédures du médiateur (Sylvie Sèbe) Attention : nécessite d'avoir construit une théorie de l'esprit, c'est à dire un système de déduction que l'enfant élabore seulement entre 4 et 6 ans. nécessité de développer des procédures pour pouvoir ensuite en parler. LA THÉROIE DE L'ESPRIT : avoir conscience de la différence des représentations interindividuelles et être capable de coordonner deux représentations d'un même réel avoir une représentaiton du monde à un moment donné et savoir qu'il en existe une autre. Tant que l'enfant n'a pas acquis la théorie de l'esprit, il ne peut pas comprendre l'intentionnalité, c'est à dire supposer que l'autre pense, a des émotions, des intentions et des représentations différentes des siennes. Les enfants à qui on décrit beaucoup d'émotions dans la jeune enfance sont ceux qui ont le plus de maîtrise de la théorie de l'esprit.

LES APPROCHES ACTUELLES DU DEVELOPPEMENT COGNITIF ET METACOGNITIF DE L'ENFANT LES "CONNAISSANCES" ET LES "EXPÉRIENCES" MÉTACOGNITIVES Les connaissances métacognitives concernent les personnes (je sais que la maîtresse sait, je sais qu'elle peut se tromper, je sais à qui demander, etc...), les tâches (je sais que c'est plus facile de colorier que de découper, etc.), les stratégies (je sais que je n'ai pas de mémoire et qu'il faut que je regarde l'affichage pour me rappeler, etc.). Les expériences cognitives assurent une surveillance de l'activité en cours, une régulation de l'activité. Les connaissances et les expériences métacognitives sont à développer. Les expériences métacognitives font défaut surtout aux élèves les moins débrouillés. LES FONCTIONNALISTES importance d'un vécu commun collectif à l'école importance de la rencontre entre la culture familiale et scolaire importance de la notion de flexibilité mentale. importance du rôle de l'enseignant qui doit : amener l'enfant à "se faire des films" de ce qui se passe et à le rattacher à des connaissances antérieures (Sylvie Cèbe) aider les élèves à utiliser les outils mentaux dont ils disposent en facilitant la mémoire de travail l'attention sélective (ce que je dois garder, ce qui ne me sert à rien) l'organisation des connaissances (est-ce que j'ai déjà rencontré quelque chose d'identique?) la généralisation (rendre explicites les liens entre les activités de l'école et celles de l'extérieur, le sens de ce que l'on fait à l'école)

LE DEVELOPPEMENT DE L'ENFANT : A RETENIR Des principes communs à tous les chercheurs : L'existence de repères de développement L'existence d'interactions entre le développement et les apprentissages : quelle que soit la situation vécue par l'enfant il va grandir mais l'action du maître a des conséquences sur le développement de l'enfant, de même que le niveau du développement de l'enfant va permettre les apprentissages. L'apprentissage par l'action et le vécu L'importance de l'utilisation du langage qui joue un rôle déterminant dans le développement en permettant l'intégration des concepts à travers la narration des expériences vécues..

DES CONSEILS POUR LA CLASSE LA CONSTRUCTION DE L'AUTONOMIE Le jeune enfant entrant à l'école maternelle débute sa scolarité par une succession de ruptures : rupture avec son environnement social et affectif, rupture avec son environnement géographique, rupture avec l'organisation temporelle de ses journées... Devenir autonome à l'école, c'est apprendre à : être un parmi d'autres et à se décentrer construire des repères permettant d'agir et de comprendre seul (l'espace, le temps, les personnes, le fonctionnement de la classe) Conseils : Organiser l'espace, le temps et les habitudes de travail Penser des étayages et des désétayages adaptés et progressifs permettant à l'élève de prendre conscience de ses progrès. Veiller à équilibrer les contraintes et les marges de liberté explicites qui permettent à l'enfant d'oser conquérir cette autonomie.

DES CONSEILS POUR LA CLASSE (suite) LA CONSTRUCTION DES NOTIONS DE TEMPS ET D'ESPACE Un rapport au temps du jeune enfant très égocentré et subjectif Accepter progressivement la contrainte de soumettre son propre temps intime à celui des autres, à celui de la classe et de ses activités = une grande souffrance voire une frustration insupportable pour les enfants. Des conseils : une grande souplesse de l'enseignant car la frustration, si elle est nécessaire, ne doit pas empêcher la confiance de l'enfant (envers lui pour les apprentissages, envers les autres élèves, envers les adultes qui sont là pour le faire progresser). des situations vécues par les enfants (langage de situation, puis progressivement utilisation du langage d'évocation ; du vécu au perçu, puis au conçu.). des activités et des supports judicieux (les rituels, les temps de regroupements, le récit, le travail sur les albums, les cahiers de vie, la ligne du temps ou la frise chronologique, le planning d une journée à l école, le calendrier, le journal de classe ou le carnet de bord, le sablier, l horloge, etc.)

LE JEU : DES CONSEILS POUR LA CLASSE (suite) Base essentielle dans le développement physique et intellectuel de l'enfant (l'activité normale de l'enfant). Conseils : Donner une place privilégiée au jeu qui permet une multiplicité d'expériences sensorielles, motrices, affectives, intellectuelles Utiliser le jeu comme point de départ des situations didactiques Conserver toujours un caractère ludique aux apprentissages plus structurés (jeux physiques, jeux avec la voix, jeux autour du langage et de la langue, jeux mathématiques, jeux d'exploration...) LA PLACE DU CORPS : Tout apprentissage passe, chez le jeune élève, par une appropriation par le corps. Conseils : Créer un environnement favorable et adapté à la taille des enfants et à leurs déplacements Mettre en œuvre des activités pertinentes (quantité et diversité des actions motrices) et quotidiennes dans le domaine "agir et s'exprimer avec son corps" tout en verbalisant les actions