L engraissement de JB en Pologne Quelles perspectives à l horizon 2020? Sébastien Bouyssière Caroline Monniot 21 février 2017 1 Plan de la présentation Introduction : Un concurrent de poids en Europe 1. L élevage bovin en Pologne : restructuration laitière et développement de l engraissement 2. Un maillon de l abattage-découpe modernisé et performant 3. La production en 2020 dépendra des disponibilités en veaux 2
La Pologne exporte toujours davantage de viande bovine Entre 2004 et 2016: Production: +66% 7 ème producteur de l UE Exportations: *5 2 ème exportateur de l UE 90% de la production est exportée 3 Une consommation intérieure qui s est beaucoup réduite Pas de tradition de consommation de bœuf, Forte hausse du prix du bœuf L écart avec le porc s est creusé après l entrée dans l UE, Développement rapide de la consommation de volaille, Priorité donnée aux marchés export Médiocre qualité de la viande bovine qui reste sur le marché intérieur. 4
Une consommation intérieure qui s est beaucoup réduite Bœuf : 6,40 /kg Porc : 3,30 /kg 5 Une présence croissante sur les marchés exports de la France 6
Des prix imbattables: le bœuf polonais 1 moins cher /français En 2015 : PL = 23%/FR PL = 26% /FR PL= 27%/FR avec une qualité qui s améliore 7 Plan de la présentation Introduction : Un concurrent de poids en Europe 1. L élevage bovin en Pologne : restructuration laitière et développement de l engraissement 2. Un maillon de l abattage-découpe modernisé et performant 3. La production en 2020 dépendra des disponibilités en veaux 8
Situation pédoclimatique de la Pologne La Pologne fait partie de la grande plaine orientale du continent européen Peu de montagne, surtout dans le Sud Des zones de piémonts De grandes plaines céréalières dans la partie centrale ¾ du pays à une altitude < 200 m Un climat semi-continental Hiver rigoureux et long, été chaud et sec Pluies: 500 à 700 mm/an Un gradient Nord-Sud Des risques de sécheresse en plaines Une pays marqué par une histoire mouvementée: des frontières très mouvantes, entre Prusse, Russie et Autriche-Hongrie Adhésion à l UE en 2004 9 Un cheptel quasi - exclusivement laitier En décembre 2015 2,1 millions de vaches laitières 93% du cheptel 169 000 vaches nourrices Essentiellement des croisées Seulement 50 000 vaches de race à viande pure dont 25 000 inscrites au Herdbook, à 70% Limousines (ne progresse pas d après l asso des sélectionneurs) 10
Un secteur laitier très dynamique 5 ème producteur européen de lait La collecte a progressé de 33% entre 2004 et 2015 tirée exclusivement par l amélioration des performances des animaux Des marges de progression encore importantes (rendement moyen en 2015, 5 900 kg / vache, 13% sous la moyenne européenne) 11 Répartition régionale des vaches laitières Concentration laitière dans le Nord-Est Concurrence avec les cultures et les granivores dans la plaine centrale Forte déprise dans le Sud et l Ouest 12
Répartition régionale des vaches nourrices Un cheptel allaitant encore marginal Conversion d anciennes exploitations laitières (race locale mixte dans le Sud) OU Des troupeaux spécialisés (races importées souvent), pouvant atteindre des tailles importantes dans les anciennes structures collectives (O et NE) 13 Des élevages laitiers atomisés Pologne : 91% des détenteurs ont moins de 20 VL et regroupent 52% des VL France : 91% des VL sont dans les fermes >30 VL 91% 91% 32% 52% 14
15 400 000 350 000 300 000 250 000 200 000 150 000 100 000 50 000 0 têtes 1 000 000 900 000 800 000 700 000 600 000 500 000 400 000 300 000 200 000 100 000 Une restructuration très rapide Evolution du nombre d'exploitation de vaches laitières en Pologne Source: GEB Institut de l'elevage d'après Eurostat et GUS Nombre d'exploitations 2005 2007 2010 2013 0 de 5 VL 5 à 10 VL 10 à 20 VL 20 à 50 VL 50 à 100 VL + de 100 VL Evolution du cheptel de vaches laitières par taille des élevages Source: GEB Institut de l'elevage d'après Eurostat et GUS 2005 2007 2010 2013 de 5 VL 5 à 10 VL 10 à 20 VL 20 à 50 VL 50 à 100 VL + de 100 VL Encore de très nombreuses petites exploitations malgré une forte restructuration L agrandissement des exploitations se poursuit Le cheptel est majoritairement détenu par des exploitations de 20 à 50 VL, mais les effectifs dans la classe 50 à 100 VL progressent Des conversions du lait vers l agriculture vivrière et/ou la production de viande sur des petites surfaces 16
Malgré la baisse du cheptel de mères, fort développement de l engraissement Un développement de l engraissement partout en Pologne mais beaucoup plus marqué en Grande Pologne et Mazovie (en périphérie des grandes cultures) Des flux d animaux de la zone laitière (Nord-Est) vers les régions avoisinantes 17 grâce à l utilisation d un potentiel animal autrefois exporté En 2015, la Pologne a exporté ½ million de veaux de moins qu en 2005 L entrée dans l UE a révélé l intérêt économique de l engraissement des animaux sur le territoire polonais 18
Focus sur le développement de l engraissement en Pologne 19 L engraissement de JB en Pologne 20
91% des engraisseurs ont moins de 50 bovins au total (vaches inclues), contre 16% en France 96% 91% 16% 74% Source : GEB Institut de l Elevage, d après Eurostat 21 Mais la dynamique va vers un agrandissement des structures 22
L engraisseur sèvre les veaux Veaux nés sur l exploitation laitière ou achetés âgés de 8 à 15 jours Prix des veaux (à 2 semaines) : Mâle holstein : 10 zlote/kg vif (2,31 en février 17) Mâle croisé : 14 zlote/kg vif (3,23 ) Femelle croisée : 12 zlote/kg vif (2,77 ) Distributeur automatique de lait jusqu à 2 mois 1/2-3 mois Adaptation à l alimentation solide et aux caillebotis et les garde jusqu à 18-24 mois Objectif de poids selon PZPBM: : Holstein : 750 kg; Croisé : 800 kg Dans les faits : mâle Holstein : 600 kg vif / 300 kgéc mâle croisé : 650-700 kg vif / 350-380 kgéc femelle croisée : 600 kg vif >24 mois ou >450 kgéc => déclassés Alimentation produite sur l exploitation (pas de hors sol) 24
et les garde jusqu à 18-24 mois 25 Volonté de développer le croisement Taux de croisement sur VL passé de 20% au début des années 2000 à 13% en 2014. l asso PZPBM tente de relancer le croisement grâce à des incitations financières auprès des éleveurs laitiers dans le cadre de projets de recherche. Mais la spécialisation laitière ne va pas dans ce sens : les laitiers qui ont une bonne génétique «croisent» beaucoup moins que les petits éleveurs et ces petits éleveurs seront toujours moins nombreux. Reste l espoir du développement des semences sexées 26
Le croisement en perte de vitesse chez les laitiers spécialisés Races à viande utilisées pour des IA sur VL en 2015 Source : GEB Institut de l Elevage, d après données de la Fédération polonaise des producteurs de lait NB : 36% des VL sont suivies au Contrôle Laitier. 27 Un marché peu transparent avec de nombreux intermédiaires Un réseau très fragmenté de marchands de bestiaux, «aux zones d activité tacitement protégées» (partage du territoire) Une activité récente, apparue il y a 40 ans, sur le «modèle italien» Une très forte proportion des veaux, puis des bovins finis, passe entre les mains de marchands de bestiaux Les intermédiaires prendraient une marge de près de 10%! Pour limiter le pouvoir de marché des intermédiaires Mise en place d Organisations de Producteurs (en cours) Un projet de marché en Grande Pologne Des ventes en direct aux abattoirs par les gros engraisseurs 28
Plan de la présentation Introduction : Un concurrent de poids en Europe 1. L élevage bovin en Pologne : restructuration laitière et développement de l engraissement 2. Un maillon de l abattage-découpe modernisé et performant 3. La production en 2020 dépendra des disponibilités en veaux 29 3 milliards investis dans l industrie d abattage-découpe sur 12 ans Subventions européennes pour se mettre aux standards de l UE (années 2003-2008) Investissements privés, polonais ou étrangers Parfois quelques M du plan de développement rural (quand il en reste) 30
Plusieurs groupes de taille moyenne se partagent le marché Tous les abattoirs municipaux ont été repris par des privés 262 établissements abattent des bovins en 2015 Les 15 premiers groupes réalisent 68% (chiffres 2014) 30 à 40% des capacités encore non utilisées N 1 (SOKOLOW) racheté par DANISH CROWN 31 Le coût de la main d œuvre : la grande force de l industrie polonaise SMIC : 431 en Pologne 1480 en France 32
Mais cette force pourrait s émousser dans les prochaines années Hausse des salaires, baisse du chômage, émigration (au R-U?), difficulté à trouver de la main d œuvre 33 Plan de la présentation Introduction : Un concurrent de poids en Europe 1. L élevage bovin en Pologne : restructuration laitière et développement de l engraissement 2. Un maillon de l abattage-découpe modernisé et performant 3. La production en 2020 dépendra des disponibilités en veaux 34
La naissances de veaux en Pologne continueront de se réduire 35 Tout comme dans les pays voisins 36
La Pologne deviendrait importatrice nette de bovins maigre mais le déficit resterait modeste 37 La production de JB devrait plafonner Abattages de mâles non castrés en Pologne (1000 têtes) 1000 900 800 700 600 500 400 300 200 100 0 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 Source : GEB Institut de l Elevage, d après Eurostat et prévisions propres 38
La production polonaise de viande bovine plafonnera 600 500 Abattages de gros bovins en Pologne (1000 téc) prévisions 400 300 200 Vaches Génisses mâles non castrés 100 0 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 Source : GEB Institut de l Elevage, d après Eurostat et prévisions propres 39 Forces et faiblesses de la filière viande bovine polonaise FORCES Fort attachement des éleveurs à la terre Faible coût du travail Rapport qualité/prix du bœuf PL en UE Outils industriels flambant neufs OPPORTUNITES Encore de nombreuses reconversions lait engraissement à venir Travail sur la qualité qui porte ses fruits (QMP et MSA) Nouveaux marchés tiers Développement de la conso nationale (?) FAIBLESSES Elevage très fragmenté Opacité du marché Faible consommation nationale Image «low cost» en Europe MENACES Hausse du coût de la main d œuvre Débat sur l abattage rituel Réduction des naissances de veaux Spécialisation laitière des détenteurs de vaches 40
Merci pour votre attention! + d info : sebastien.bouyssiere@idele.fr caroline.monniot@idele.fr 41 Spécialisation probable à moyen terme des différentes régions Bovin viande Bovin lait Bovin viande 42
Des démarches pour accroître la qualité Mise en place de la certification QMP (Quality Meat Program) JB mâles et femelles, croisés viande Maxi 16 mois d âge pour les taurillons, 24 mois pour les génisses Contrôles sur l alimentation, le bien-être, le transport Maturation de la viande : 15 jours Les abattoirs adhérents QMP paient mieux les bovins sous cahier des charges QMP (+1zl/kg) Une démarche initialement pour relancer la consommation nationale, mais qui profite également à l image de la viande polonaise sur les marchés exports. Des réflexions autour du modèle MSA australien (Meat Standard Australia) 43 Salaire minimum = moins du tiers du SMIC français 431 1480 44