ANTIVITAMINES K (AVK)



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Transcription:

AGENCE FRANÇAISE de SÉCURITÉ SANITAIRE des PRODUITS de SANTÉ ANTIVITAMINES K (AVK) Information destinée au professionnel de santé Texte utilisé pour la rédaction des AMM. Ce texte a été approuvé le 16 novembre 2000, par la commission d AMM de l Afssaps, présidée par le Professeur Charles Caulin. 1 Spécialités commercialisées, principes actifs et familles pharmacologiques 2. Indications thérapeutiques 3. Posologie et mode d'administration Mode d'administration Rythme d administration Choix de la dose Posologie chez le sujet âgé et très âgé Utilisation chez l enfant Surveillance biologique et adaptation posologique Relais de l'héparinothérapie Recommandations pour l INR et la durée de traitement 4. Contre-indications 5. Mises en garde et précautions particulières d'emploi Mises en garde Précautions d'emploi 6. Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions à retenir en pratique Associations contre-indiquées Associations déconseillées Associations nécessitant des précautions d'emploi Associations à prendre en compte Problème particulier des antibiotiques Plante utilisée sans AMM 7. Grossesse et allaitement Grossesse Allaitement 8. Effets indésirables Manifestations hémorragiques Manifestations immuno-allergiques avec les indanediones Autres effets 9. Surdosage 10. Propriétés pharmacologiques Propriétés pharmacodynamiques Propriétés pharmacocinétiques Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé 1/19 AVK novembre 2000

1. Spécialités commercialisées, principes actifs et familles pharmacologiques Famille pharmacologique Dénomination internationale commune Nom commercial Coumarinique acénocoumarol SINTROM 4 mg, comprimé quadrisécable MINISINTROM 1 mg, comprimé sécable warfarine COUMADINE 2 mg, comprimé sécable COUMADINE 10 mg, comprimé sécable tioclomarol APEGMONE 4 mg, comprimé sécable Indanedione fluindione PREVISCAN 20 mg, comprimé sécable phénindione PINDIONE 50 mg, comprimé sécable 2. Indications thérapeutiques Cardiopathies emboligènes :. prévention des complications thrombo-emboliques en rapport avec certaines fibrillations auriculaires, certaines valvulopathies mitrales, les prothèses valvulaires. Infarctus du myocarde :. prévention des complications thrombo-emboliques des infarctus du myocarde compliqués : thrombus mural, dysfonction ventriculaire gauche sévère, dyskinésie emboligène..., en relais de l héparine,. prévention de la récidive d'infarctus du myocarde, en cas d'intolérance à l'aspirine. Traitement des thromboses veineuses profondes et de l embolie pulmonaire ainsi que la prévention de leurs récidives, en relais de l héparine. Prévention des thromboses veineuses et de l embolie pulmonaire en chirurgie de hanche. Prévention des thromboses sur cathéter. Ces indications sont détaillées au 3 Surveillance biologique, Recommandations pour l INR et la durée du traitement (tableau). 3. Posologie et mode d'administration Mode d'administration VOIE ORALE. Avaler les comprimés avec un verre d=eau. Rythme d administration SINTROM/ MINISINTROM/ PINDIONE : ces médicaments peuvent être administrés en une ou deux prises par jour à 12 heures d intervalle. En cas de prise unique, il est préférable que la prise ait lieu le soir, afin de pouvoir modifier la posologie dès que possible après les résultats de l INR. Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé 2/19 AVK novembre 2000

Autres spécialités : ces médicaments doivent être administrés en une prise par jour. Il est préférable que la prise ait lieu le soir, afin de pouvoir modifier la posologie dès que possible après les résultats de l INR. Choix de la dose En raison d une importante variabilité interindividuelle, la posologie d antivitamine K est strictement individuelle. La dose initiale, toujours probatoire, doit être aussi proche que possible de la dose d équilibre. La dose initiale habituelle figure dans le tableau ci dessous, elle doit être adapter en fonction des résultats biologiques. Ne pas utiliser de dose de charge. Chez les sujets à risque hémorragique particulier (poids < 50 kg, sujet âgé, insuffisant hépatique), la dose initiale est habituellement plus faible. La surveillance biologique d un traitement par AVK est indispensable et repose sur l INR. La dose d équilibre sera déterminée en adaptant la dose initiale en fonction de l INR (cf ci-dessous). L'ajustement de posologie s'effectue par palier (Cf tableau ci-dessous). Dose initiale et palier d ajustement des posologies par spécialité SINTROM 4 mg, Dose initiale : 4 mg (1 comprimé à 4 mg) Ajustement : palier de 1 mg (soit 1 comprimé à 1mg ou ¼ de comprimé à 4 mg). MINISINTROM 1 mg, COUMADINE 2 mg, COUMADINE 10 mg, APEGMONE 4 mg, PREVISCAN 20 mg, PINDIONE 50 mg, Dose initiale : 4 mg (4 comprimés à 1 mg ou 1 comprimé à 4 mg) Ajustement : palier de 1 mg (soit 1 comprimé à 1mg ou 1/4 de comprimé à 4 mg). Dose initiale : 5 mg ( ½ comprimé à 10 mg ou 2 comprimés ½ à 2 mg) Ajustement : palier de 1 mg (½ comprimé à 2 mg). Dose initiale : 5 mg ( ½ comprimé à 10 mg) Ajustement : palier de 1 mg ( ½ comprimé à 2 mg) Dose initiale : 4 mg (1 comprimé) Ajustement : palier de 1 mg (soit ¼ de comprimé). Dose initiale : 20 mg (1 comprimé) Ajustement : palier de 5 mg (soit ¼ de comprimé). Dose initiale : 25 mg ( ½ comprimé) Ajustement : palier de 25 mg (soit ½ comprimé). Posologie chez le sujet âgé et très âgé Le traitement doit être débuté par une dose plus faible. En effet, la dose moyenne d équilibre est plus faible chez le sujet âgé que chez le sujet jeune, habituellement ½ à ¾ de la dose. Cf. Mises en garde et Précautions d emploi. Utilisation chez l enfant L expérience des anticoagulants oraux chez l enfant demeure limitée. COUMADINE 2 mg et 10 mg : pour ces anticoagulants oraux, les posologies chez l enfant reposent à la fois sur l expérience pratique et des données issues des études en pédiatrie.sintrom/ MINISINTROM/ PREVISCAN : pour ces anticoagulants oraux, les posologies chez l enfant reposent sur l expérience pratique. Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé 3/19 AVK novembre 2000

APEGMONE/ PINDIONE : aucune donnée sur l usage pédiatrique de ces anticoagulants n étant disponible, utiliser une spécialité pour laquelle des données existent comme COUMADINE, SINTROM ou PRÉVISCAN. COUMADINE 2 mg et 10 mg/sintrom/ MINISINTROM/ PREVISCAN : la dose moyenne à administrer per os, pour obtenir un INR cible à l état d équilibre entre 2 et 3, doit être calculée en fonction du poids. Chez l enfant de plus de 3 ans, la dose par kg de poids corporel est proche de celle de l adulte. En revanche avant l âge de 1 an, la dose nécessaire rapportée au poids, est 2 à 4 fois supérieure, pour diminuer progressivement jusqu à l âge de 10 ans environ. Les doses moyennes (en mg/kg/jour) à administrer per os pour obtenir un INR entre 2 et 3 sont proposées à titre indicatif dans le tableau suivant : Doses moyennes en pédiatrie, en mg/kg/jour < 12 mois 12 mois - 4 ans 4-15 ans Sintrom 0.14 0.08 0.05 Préviscan 1.40 0.65-0.70 0.37 < 12 mois 12 mois - 11 ans 11-18 ans Coumadine 0.32 0,10 à 0,20 0.09 Le rythme d administration (une ou deux fois par jour), la surveillance biologique par l INR et surtout l adaptation de la dose au cours du temps sont effectués suivant les mêmes principes que chez l adulte. Chez le très jeune enfant, il faudra tenir compte de la particularité liée à l utilisation de ce produit (contrôle des prises, difficultés d observance). Surveillance biologique et adaptation posologique Le test biologique adapté est la mesure du temps de Quick exprimé en INR. Le temps de Quick permet d'explorer les facteurs II, VII, X qui sont déprimés par les antivitamines K. Le facteur IX, lui aussi déprimé par les antivitamines K, n'est pas exploré par le temps de Quick. L INR ou International Normalized Ratio est un mode d expression du temps de Quick, qui tient compte de la sensibilité du réactif (thromboplastine) utilisé pour réaliser le test. Ce mode d expression réduit les causes de variabilité inter-laboratoire et permet une meilleure surveillance du traitement, que l ancien taux de prothrombine (TP). En dehors de tout traitement par AVK, l INR d un sujet normal est de 1. Dans la majorité des situations (cf tableau ci-dessous), un INR compris entre 2 et 3 avec une valeur cible de 2,5 est recherché, ce qui signifie que : - l INR idéal vers lequel il faut tendre est de 2,5, - un INR inférieur à 2 reflète une anticoagulation insuffisante, - un INR supérieur à 3 traduit un excès d anticoagulation. Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé 4/19 AVK novembre 2000

Dans tous les cas, un INR supérieur à 5 est associé à un risque hémorragique excessif. Rythme des contrôles biologiques. Le premier contrôle doit s'effectuer dans les 48 +/- 12 heures après la première prise d'antivitamine K, pour dépister une hypersensibilité individuelle : un INR supérieur à 2 annonce un surdosage à l équilibre et doit faire réduire la posologie. Le deuxième contrôle s'effectue en fonction des résultats du premier INR, pour apprécier l'efficacité anticoagulante (selon les cas entre 3 à 6 jours après la première prise). Les contrôles ultérieurs doivent être pratiqués tous les 2 à 4 jours jusqu'à stabilisation de l'inr, puis avec un espacement progressif jusqu'à un intervalle maximal de 1 mois. L équilibre du traitement n est parfois obtenu qu après plusieurs semaines. Après un changement de posologie, le premier contrôle doit être fait 2 à 4 jours après une modification de dose, les contrôles doivent être répétés jusqu'à stabilisation tous les 4 à 8 jours. INR recommandés et durées de traitement Les zones thérapeutiques et durées de traitement conseillées sont précisées dans le tableau ciaprès, en fonction des principales situations. Elles sont conformes aux recommandations actuelles françaises et internationales. Relais de l'héparinothérapie En raison du temps de latence de l action anticoagulante des antivitamines K, l'héparine doit être maintenue à dose inchangée pendant toute la durée nécessaire, c est à dire jusqu à ce que l'inr soit dans la zone thérapeutique recherchée 2 jours consécutifs. En cas de thrombopénie induite par l héparine (TIH de type II, il est déconseillé d introduire précocement les AVK dès l arrêt de l héparine en raison du risque d hypercoagulabilité par baisse précoce de la protéine S (anticoagulante). Les AVK ne seront administrés qu après la mise en route des antithrombines (danaparoïde ou hirudine) Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé 5/19 AVK novembre 2000

INDICATIONS Recommandations INR - durée de traitement Prévention des complications thrombo-emboliques artérielles et veineuses des cardiopathies emboligènes, dans les situations suivantes Fibrillations auriculaires (FA) selon les conditions suivantes : Age < 65 ans avec facteurs de risque * 65 à 75 ans > 75 ans ** cible 2.5 ; INR 2 à 3 ; à vie ou tant que dure la fibrillation auriculaire * antécédent d accident cérébral ischémique transitoire ou constitué, HTA, insuffisance cardiaque, diabète, rétrécissement mitral. En l absence de facteur(s) de risque avant 65 ans, la prescription d aspirine est recommandée. ** après évaluation soigneuse du rapport bénéfice /risque valvulopathies mitrales (particulièrement le rétrécissement mitral ) si facteur(s) favorisant(s) : dilatation de l oreillette gauche et/ou image de contraste spontané décelé en échographie transoesophagienne et/ou thrombus intra-auriculaire gauche à l échocardiogramme. prothèses valvulaires * prothèses mécaniques en position mitrale * prothèses mécaniques en position aortique - avec autre facteur de risque embolique (dysfonction ventriculaire gauche sévère, antécédent thromboembolique, FA...) ou de 1ère génération - sans autre facteur de risque ou de 2ème génération * prothèses mécaniques en position triscupide * prothèses biologiques Infarctus du myocarde : Prévention des complications thrombo-emboliques des infarctus du myocarde compliqués : thrombus mural, dysfonction ventriculaire gauche sévère, dyskinésie emboligène... Prévention de la récidive d infarctus du myocarde en cas d intolérance à l aspirine. Traitement des thromboses veineuses profondes et de l embolie pulmonaire ainsi que la prévention de leur récidives, en relais de l héparine. * Traitement prolongé si persistance du risque thromboembolique (certaines anomalies constitutionnelles ou acquises de la coagulation, thromboses récidivantes, cancer en évolution). Prévention des thromboses veineuses et de l embolie pulmonaire en chirurgie de hanche. Prévention des thromboses sur cathéter (à faible doses). cible 3.7 ; INR 3 à 4.5 ; à vie cible 3.7 ; INR 3 à 4.5 ; à vie cible 3.7 ; INR 3 à 4.5 ; à vie cible 2.5 ; INR 2 à 3 ; à vie cible 2.5 ; INR 2 à 3 ; à vie cible 2.5 ; INR 2 à 3 ; 3 mois cible 2.5 ; INR 2 à 3 ; 1-3 mois cible 2.5 ; INR 2 à 3 ; à vie cible 2.5 ; INR 2 à 3 3-6 mois* cible 2,5 ; INR 2 à 3 durée en fonction du risque thrombo-embolique L INR ne doit pas être modifié. Pas de contrôle, sauf à J8 pour éliminer une hypersensibilité. 4. Contre-indications Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé 6/19 AVK novembre 2000

Ce médicament est contre-indiqué dans les cas suivants : - hypersensibilité connue à ce médicament ou aux dérivés des coumariniques (ou dérivés de l indanedione), ou à l un des excipients, - insuffisance hépatique sévère, - en cas d association avec les médicaments suivants (cf. Interactions médicamenteuses) :. l acide acétylsalicylique à forte dose,. le miconazole utilisé par voie générale ou en gel buccal,. la phénylbutazone par voie générale, - en cas d association avec le millepertuis, - en cas d allaitement (groupe des indanediones), - uniquement pour APEGMONE, PINDIONE et PRÉVISCAN : en cas d hypersensibilité ou d intolérance au gluten, en raison de la présence d amidon de blé (gluten). Ce médicament est généralement déconseillé : - en cas de risque hémorragique. La décision de débuter ou de continuer le traitement par AVK, doit être prise en fonction du rapport bénéfice/risque propre à chaque patient et à chaque situation. Les situations à risque sont en particulier les suivantes :. lésion organique susceptible de saigner,. intervention récente neuro-chirurgicale ou ophtalmologique ou possibilité de reprise chirurgicale,. ulcère gastro-duodénal récent ou en évolution,. varices oesophagiennes,. hypertension artérielle maligne (diastolique > 120 mmhg),. accident vasculaire cérébral (excepté en cas d'embolie systémique), - en cas d insuffisance rénale sévère (clairance de la créatinine < 20 ml/min). - en cas de grossesse (cf. rubrique). - en association avec (cf. Interactions médicamenteuses) :. l acide acétylsalicylique à dose antalgique et antipyrétique par voie générale,. les AINS par voie générale,. le chloramphénicol,. le diflunisal,. le fluoro-uracile (uniquement pour COUMADINE 10 mg et 2 mg). 5. Mises en garde et précautions particulières d'emploi Mises en garde Avant de décider l instauration d un traitement par AVK, une attention particulière sera portée aux fonctions cognitives du patient ainsi qu au contexte psychologique et social, en raison des contraintes liées au traitement. Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé 7/19 AVK novembre 2000

Le patient doit être informé et éduqué au bon suivi de son traitement. Il faut notamment insister sur la nécessité :. de prendre son traitement sans oubli, tous les jours à la même heure ;. d effectuer régulièrement le contrôle biologique (INR), et ce dans le même laboratoire ;. d être très vigilant sur les médicaments associés, qui peuvent perturber l équilibre du traitement (Cf. 4.5 Interactions). Le risque d accident hémorragique est maximal durant les premiers mois du traitement. La surveillance doit donc être particulièrement rigoureuse durant cette période, en particulier lors du retour à domicile d un patient hospitalisé. En cas de saignement lors d un traitement par anticoagulant, il faut rechercher un surdosage par la pratique d un INR.. En l absence de surdosage, l origine du saignement sera recherchée et si possible traitée. De plus, une adaptation thérapeutique transitoire sera discutée en fonction de l indication et de la situation.. En cas de surdosage, voir rubrique Surdosage. La ponction lombaire devra être discutée en tenant compte du risque de saignement intra-rachidien. Elle devra être différée chaque fois que possible. En raison du temps de latence de plusieurs jours, les antivitamines K ne constituent pas un traitement d urgence. En raison de la présence de lactose dans ces médicaments, ils sont contre-indiqués en cas de galactosémie congénitale, de syndrome de malabsorption du glucose et du galactose ou de déficit en lactase. Précautions d'emploi Chez le sujet âgé et très âgé, la décision d un traitement et son suivi doivent prendre en compte les risques particuliers liés au terrain :. fréquence des pathologies associées et des associations thérapeutiques,. fréquence et gravité des accidents hémorragiques, liés en particulier au risque de chute,. risque d altération des fonctions cognitives entraînant un risque d erreur de prise. Le risque de surdosage, en particulier en début de traitement, doit être particulièrement surveillé. En cas d insuffisance rénale chronique sévère, ce médicament est généralement déconseillé. Cependant, dans les cas où il est utilisé, les doses initiales administrées devront être plus faibles et la surveillance de l INR plus rapprochée. La posologie sera adaptée et la surveillance accrue en cas :. d'insuffisance hépatique,. d'hypoprotidémie,. au cours de tout événement pathologique intercurrent, en particulier d épisode infectieux aigu. Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé 8/19 AVK novembre 2000

En cas de chirurgie ou d actes médicaux invasifs dont extraction dentaire, plusieurs attitudes sont possibles et doivent être discutées en fonction du risque thrombotique propre au patient et du risque hémorragique, lié en particulier au type de chirurgie :. poursuite du traitement anticoagulant oral avec maintien de l INR dans la zone thérapeutique habituelle (2 à 3) et gestes d hémostase locale. Exemple : extraction dentaire, biopsies cutanées ou de lésions superficielles, gestes peu invasifs ;. interruption du traitement par AVK 3 à 4 jours avant l intervention sous surveillance de l INR, intervention lorsque l INR est inférieur à 1,5 puis reprise du traitement AVK en post opératoire sous couvert, éventuellement, d une héparinothérapie tant que l INR est inférieur à 2. En cas d urgence en chirurgie abdominale, voire orthopédique, ou si l INR souhaité reste supérieur à 2 la veille de l intervention, la prise de petite dose de vitamine K1 (1 mg PO, SC ou IV) permet d obtenir dès le lendemain un INR inférieur à 1,8.. dans le cas d une situation d urgence nécessitant un geste opératoire très rapide, on utilisera un concentré de facteur vitamino-k dépendant (Kaskadil);. dans certains cas à risque thrombotique élevé, par exemple en cas d accident thrombotique datant de moins d un mois : arrêt de l AVK en surveillant l INR et héparinothérapie IV ou S/C dès que l INR est inférieur à 2. L intervention pourra être réalisée après interruption de l héparine. L héparine intra-veineuse est reprise très rapidement après le geste chirurgical et poursuivie jusqu à l obtention sous AVK d un INR supérieur à 2. Au cours d un traitement anticoagulant, éviter les injections intra-musculaires qui peuvent provoquer des hématomes. En cas de déficit congénital connu en protéine S ou C, l administration d antivitamine K doit toujours se faire sous couvert d une héparinothérapie et, dans le cas de déficits importants en protéine C (< 20 %), de la perfusion de concentré de protéine C. L apport en vitamine K du régime alimentaire doit être régulier, afin de ne pas perturber l équilibre de l INR. Les aliments les plus riches en vitamine K sont : les tomates, les brocolis, la laitue, les épinards, les choux, les choux-fleurs, les choux de Bruxelles. 6. Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions Les médicaments susceptibles d interagir avec les AVK sont très nombreux. Si un autre traitement doit être débuté, modifié ou supprimé, il est nécessaire d effectuer un contrôle de l INR 3 à 4 jours après chaque modification. Associations contre-indiquées + Acide acétylsalicylique à forte dose ( 3g par jour) (voie générale) : Augmentation du risque hémorragique (inhibition de l'agrégation plaquettaire et, à forte dose, déplacement de l'anticoagulant oral de ses liaisons aux protéines plasmatiques). Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé 9/19 AVK novembre 2000

+ Miconazole (voie générale et gel buccal) : Hémorragies imprévisibles qui peuvent éventuellement être graves. Mécanisme invoqué: augmentation de la forme circulante libre et inhibition du métabolisme des antivitamine K. + Phénylbutazone (voie générale) : Augmentation de l'effet de l anticoagulant oral et du risque hémorragique (déplacement de ses liaisons aux protéines plasmatiques et action sur l'agrégation plaquettaire conjuguée à l'agression de la muqueuse gastro-duodénale par les anti-inflammatoires pyrazolés). Associations déconseillées + Acide acétylsalicylique ( < 3g par jour) (voie générale) : Augmentation du risque hémorragique (inhibition de l'agrégation plaquettaire). Nécessité de contrôle biologique, en particulier du temps de saignement. + AINS (voie générale) : Augmentation du risque hémorragique de l'anticoagulant oral (inhibition de la fonction plaquettaire et agression de la muqueuse gastro-duodénale par les anti-inflammatoires non stéroïdiens). Si elle ne peut être évitée, surveillance clinique et biologique étroite. + Chloramphénicol : Augmentation de l'effet de l'anticoagulant oral et du risque hémorragique. Mécanisme invoqué : diminution de son métabolisme hépatique. Si elle ne peut être évitée, contrôle plus fréquent de l'inr ; adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par le chloramphénicol et 8 jours après son arrêt. + Diflunisal : Augmentation de l'effet de l'anticoagulant oral et du risque hémorragique (déplacement de ses liaisons aux protéines plasmatiques). Utiliser d'autres antalgiques (notamment paracétamol). + 5 Fluoro-uracile (uniquement avec COUMADINE 10 mg et 2 mg) : Augmentation importante de l effet de l antivitamine K et du risque hémorragique. Contrôle plus fréquent de l INR. Associations nécessitant des précautions d'emploi + Allopurinol : Augmentation de l'effet de l'anticoagulant et du risque hémorragique (diminution de son métabolisme hépatique). Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par allopurinol et 8 jours après son arrêt. Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé 10/19 AVK novembre 2000

+ Aminogluthétimide : Diminution de l'effet de l'anticoagulant oral (augmentation de son métabolisme hépatique). Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par l aminogluthétimide et 8 jours après son arrêt. + Amiodarone (décrit pour SINTROM et COUMADINE) : Augmentation de l'effet de l'anticoagulant oral et du risque hémorragique. Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par amiodarone et 8 jours après son arrêt. + Androgènes (voie orale) : Variation de l'effet anticoagulant (modification de la synthèse hépatique des facteurs de la coagulation et inhibition compétitive au niveau des liaisons aux protéines plasmatiques avec tendance à l'augmentation de l'effet de l'anticoagulant oral). Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par l'anabolisant et 8 jours après son arrêt. + Antiagrégants plaquettaires : Plusieurs substances sont impliquées dans des interactions, du fait de leurs propriétés antiagrégantes plaquettaires : l aspirine et les AINS, la ticlopidine et le clopidogrel, le tirofiban, l eptifibatide et l abciximab, l iloprost. L utilisation de plusieurs antiagrégants plaquettaires majore le risque de saignement, de même que leur association à l héparine, aux hirudines, aux anticoagulants oraux et aux thrombolytiques, et doit être prise en compte en maintenant une surveillance régulière, clinique et biologique. + Antidépresseurs sérotoninergiques purs (citalopram, fluoxétine, fluvoxamine, paroxétine, sertraline) : Augmentation de l'effet de l'anticoagulant oral et du risque hémorragique. Adaptation éventuelle de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par l'antidépresseur et après son arrêt. + Benzbromarone : Augmentation de l effet de l anticoagulant oral et du risque hémorragique. Contrôle plus fréquent du taux de prothrombine et surveillance de l'inr. Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par benzbromarone et après son arrêt. + Cisapride : Augmentation de l'effet anticoagulant et du risque hémorragique. Adaptation éventuelle de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par le cisapride et 8 jours après son arrêt. Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé 11/19 AVK novembre 2000

+ Carbamazépine (inducteur enzymatique) : Variations possibles avec généralement diminution de l'effet de l'anticoagulant oral. Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par la carbamazépine et 8 jours après son arrêt. + Cimétidine $ 800 mg/j : Augmentation de l'effet de l'anticoagulant oral et du risque hémorragique (diminution de son métabolisme hépatique) Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par la cimétidine et 8 jours après son arrêt. + Colestyramine : Diminution de l'effet de l'anticoagulant oral (diminution de son absorption intestinale). Prendre la colestyramine à distance de l'anticoagulant oral (plus de 2 heures, si possible) + Corticoïdes (gluco-) (voie générale) : Impact éventuel de la corticothérapie sur le métabolisme de l'anticoagulant oral et sur celui des facteurs de la coagulation. Risque hémorragique propre à la corticothérapie (muqueuse digestive, fragilité vasculaire) à fortes doses ou en traitement prolongé supérieur à 10 jours. Renforcer la surveillance : contrôle biologique au 8 ème jour, puis tous les 15 jours pendant la corticothérapie et après son arrêt. + Cyclines (voie générale) : Augmentation de l'effet anticoagulant et du risque hémorragique. Adaptation éventuelle de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par la cycline et après son arrêt. + Cytotoxiques : En raison de l augmentation du risque thrombotique lors des affections tumorales, le recours à un traitement anticoagulant est fréquent. La grande variabilité intra-individuelle de la coagulabilité au cours de ces affections, à laquelle s ajoute l éventualité d une interaction entre les anticoagulants oraux et la chimiothérapie anticancéreuse, imposent, s il est décidé de traiter le patient par anticoagulant oraux, d augmenter la fréquence des contrôles de l INR. + Danazol (uniquement avec COUMADINE 10 mg et 2 mg) : Augmentation du risque hémorragique par effet direct sur la coagulation et/ou les systèmes fibrinolytiques. Contrôle plus fréquent de l INR. + Disulfirame (uniquement avec COUMADINE 10 mg et 2 mg) : Augmentation de l effet de l anticoagulant oral et du risque hémorragique (diminution de son métabolisme hépatique). Contrôle plus fréquent de l INR. Adaptation de la posologie de l antivitamine K pendant le traitement par le disulfirame et 8 jours après son arrêt. Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé 12/19 AVK novembre 2000

+ Fibrates : Augmentation de l'effet de l anticoagulant oral et du risque hémorragique (déplacement de ses liaisons aux protéines plasmatiques). Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par l'association et 8 jours après son arrêt. + Fluconazole, itraconazole : Augmentation de l'effet de l anticoagulant et du risque hémorragique par diminution de son métabolisme hépatique. Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par l'azolé et 8 jours après son arrêt. + Fluoroquinolones (ofloxacine, péfloxacine, sparfloxacine, enoxacine, lomefloxacine): Augmentation de l effet de l anticoagulant oral et du risque hémorragique. Contrôle plus fréquent de l INR. Si nécessaire, adaptation de la posologie de l anticoagulant oral pendant le traitement par la fluoroquinolone et après son arrêt. + Flutamide : Augmentation de l'effet anticoagulant oral et du risque hémorragique. Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par le flutamide et 8 jours après son arrêt. + Griséofulvine : Diminution de l'effet de l'anticoagulant oral (augmentation de son métabolisme hépatique). Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par la griséoflvine et 8 jours après son arrêt. + Héparines (voie parentérale) : Potentialisation de l'action anticoagulante. + Hormones thyroïdiennes : Augmentation de l'effet anticoagulant oral et du risque hémorragique (augmentation du métabolisme des facteurs du complexe prothrombique) Contrôle plus fréquent de l'inr ; Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral lors de l'installation du traitement d'une hypothyroïdie ou d'un surdosage par les hormones thyroïdiennes. Un tel contrôle particulier n'est pas nécessaire chez les patients sous traitement thyroïdien substitutif stable. + Inducteurs enzymatiques (phénobarbital, primidone, rifampicine) : Diminution de l'effet de l'anticoagulant oral (augmentation de son métabolisme hépatique). Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par l inducteur enzymatique et 8 jours après son arrêt. Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé 13/19 AVK novembre 2000

+ Inhibiteurs de l HMG CoA-reductase (atorvastatine, cérivastatine, fluvastatine, pravastatine, simvastatine) : Augmentation de l'effet de l anticoagulant oral et du risque hémorragique. Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral. + Macrolides : Augmentation de l'effet anticoagulant oral et du risque hémorragique. Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par le macrolide et après son arrêt. + Nitro-5-imidazolés (métronidazole, ornidazole, secnidazole, tinidazole) (voie générale) : Augmentation de l'effet de l anticoagulant oral et du risque hémorragique par diminution de son métabolisme hépatique. Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par ces imidazolés et 8 jours après leur arrêt. + Orlistat : Risque d'augmentation de l'effet anticoagulant. Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par l orlistat et 8 jours après son arrêt. + Phénytoïne : Diminution ou augmentation (plus rare) de l'effet anticoagulant (induction enzymatique ou déplacement des liaisons aux protéines plasmatiques selon l anticoagulant). Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par la phénytoïne et 8 jours après son arrêt. + Propafénone : Augmentation de l'effet anticoagulant et du risque hémorragique. Mécanisme invoqué: inhibition du métabolisme oxydatif de l anticoagulant oral. Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par la propafénone et 8 jours après son arrêt. + Raloxifène : Risque d'augmentation de l'effet anticoagulant. Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral. + Ritonavir : Augmentation de l'effet de l'anticoagulant oral (diminution de son métabolisme hépatique). Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par le ritonavir. Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé 14/19 AVK novembre 2000

+ Sulfaméthoxazole : Augmentation de l'effet de l'anticoagulant oral et du risque hémorragique (déplacement de ses liaisons aux protéines plasmatiques) Surveillance de l'inr. Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement anti-infectieux et 8 jours après son arrêt. + Sucralfate : Diminution de l absorption digestive de l anticoagulant oral. Prendre le sucralfate à distance de l anticoagulant oral (plus de deux heures si possible). + Tamoxifène : Risque d'augmentation de l'effet anticoagulant. Adaptation éventuelle de la posologie de l'anticoagulant oral. + Tibolone : Risque d'augmentation de l'effet anticoagulant. Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par la tibolone et 8 jours après son arrêt. + Viloxazine : Augmentation de l'effet anticoagulant et du risque hémorragique. Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par la viloxazine et après son arrêt. + Vitamine E $ 500 mg/j : Augmentation de l'effet anticoagulant et du risque hémorragique (déplacement de ses liaisons aux protéines plasmatiques). Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par la vitamine E et après son arrêt. Associations à prendre en compte + Alcool : Variations possibles de l'effet anticoagulant :. augmentation en cas d'intoxication aiguë,. diminution en cas d'alcoolisme chronique (métabolisme augmenté). + Thrombolytiques : Augmentation du risque hémorragique. Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé 15/19 AVK novembre 2000

Problème particulier des antibiotiques De nombreux cas d augmentation de l activité des anticoagulants oraux ont été rapportés chez des patients recevant des antibiotiques. Le contexte infectieux ou inflammatoire marqué, l âge et l état général du patient apparaissent comme des facteurs de risque. Dans ces circonstances, il apparaît difficile de faire la part entre la pathologie infectieuse et son traitement dans la survenue du déséquilibre de l INR. Cependant, certaines classes d antibiotiques sont davantage impliquées : il s agit notamment des fluoroquinolones, des macrolides, des cyclines, du cotrimoxazole et de certaines céphalosporines. Plante utilisée sans AMM Association contre-indiquée + Millepertuis (voie orale), Diminution des concentrations plasmatiques de l anticoagulant oral, en raison de son effet inducteur enzymatique, avec risque de baisse d efficacité voire d annulation de l effet pouvant entraîner une thrombose. En cas d association fortuite, ne pas interrompre brutalement la prise de millepertuis mais contrôler l INR avant puis après l arrêt du millepertuis. 7. Grossesse et allaitement Grossesse Avec tous les antivitamines K, un syndrome malformatif a été décrit dans l espèce humaine dans environ 4 % des grossesse exposées au 1er trimestre (malformations des os propres du nez, ponctuations épiphysaires); quelques rares cas d anomalies du système nerveux central ont été rapportés chez des enfants exposés in utero aux 2ème et 3ème trimestres. La possibilité de perte embryonnaire ou foetale est rapportée pendant toute la durée de la grossesse. En conséquence, la prescription des antivitamines K, particulièrement pendant le 1er trimestre et les 15 derniers jours de la grossesse, doit être exclusivement réservée aux cas où l héparine ne peut être utilisée. Allaitement Groupe des indanediones : l allaitement est contre-indiqué durant le traitement. Groupe des coumariniques : l allaitement est à éviter, en cas d allaitement, comme pour tout enfant nourri au sein un apport en vitamine K1 est recommandé. 8. Effets indésirables Manifestations hémorragiques Elles représentent la complication la plus fréquente du traitement. On observe que toute structure anatomique peut en être le point de départ et/ou le siège, que ce soit au niveau du système nerveux central, du tronc ou des membres : organes pleins, espaces virtuels, et articulations peuvent être concernés. Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé 16/19 AVK novembre 2000

En pratique, les pathologies suivantes : hémorragie ou hématome intracérébral, hématome du psoas, hémorragie intra-abdominale, hémorragie intra-articulaire, doivent être facilement évoquées. Manifestations immuno-allergiques avec les indanediones (PINDIONE ET PREVISCAN) Ces effets non dose-dépendants sont des complications plus rares que les manifestations hémorragiques. Les dérivés de l indanedione peuvent induire chez certains patients des états d hypersensibilité humorale ou cellulaire. Le tableau clinique peut associer différents symptômes : - oedème local, oedème de Quincke, prurit, urticaire, -.cytopénie par atteinte périphérique ou médullaire (leuco-neutropénie, voire agranulocytose, thrombopénie, exceptionnellement pancytopénie). -.insuffisance rénale par néphrite tubulo-interstitielle ou par atteinte glomérulaire secondaire à une vascularite allergique ; - augmentation des ALAT, ASAT, phosphatases alcalines voire hépatite avérée le plus souvent mixte à prédominance cholestatique ; - rarement une dyspnée peut être le témoin d une pneumopathie interstitielle ; - rarement vascularite cutanée volontiers très purpurique, stomatite ; - eczéma, éruption maculo-papuleuse, desquamante, vésiculo-bulleuse, pustuleuse ; - fièvre, hyperéosinophilie qui peuvent être isolées et constituer chacune le premier signe du développement d un état d hypersensibilité. L arrêt du traitement s impose. Il est en règle suivi d une guérison sans séquelles. Il est contreindiqué de réadministrer un dérivé de l indanedione (réaction croisée). Autres effets :. diarrhée, accompagnée ou non de stéatorrhée,. arthralgies isolées,. rarement : alopécie,. rarement : nécrose cutanée localisée peut-être en rapport avec un déficit congénital en protéine C ou en son co-facteur la protéine S, avec les coumariniques, des effets immuno-allergiques ont également été décrits :. éruptions cutanées allergiques (urticaire, prurit) réversibles après arrêt immédiat du traitement,. très rarement : vascularite, très rarement : atteinte hépatique. 9. Surdosage Lors d un traitement par AVK, la prise en charge d un surdosage devra tenir compte de la demivie de la spécialité, de l indication (en particulier en cas de valve mécanique pour lesquelles une correction trop rapide est redoutée) et des caractéristiques propres au malade (âge, risque hémorragique,...). Les mesures de correction proposées sont progressives pour ne pas provoquer un risque de thrombose. La conduite à tenir est fonction de l INR et des signes hémorragiques éventuels : - si l INR est au-dessus de la zone thérapeutique mais inférieur à 5 et si le patient n a pas de manifestation hémorragique ou ne nécessite pas une correction rapide de la coagulation avant chirurgie : supprimer la prochaine prise, reprendre le traitement à dose plus faible dès que l INR souhaité est obtenu. Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé 17/19 AVK novembre 2000

Si l INR est très voisin de l INR souhaité, réduire directement la dose quotidienne sans suppression de dose ; - si l INR est supérieur à 5 mais inférieur à 9 et que le patient n a pas de manifestation hémorragique autre que mineure ( gingivorragie ou épistaxis provoqué) :. en l absence de facteur de risque hémorragique, supprimer une ou 2 prises d AVK, mesurer l INR plus fréquemment et reprendre l AVK à dose plus faible dès que l INR souhaité est obtenu;. lorsque le patient présente d autres risques hémorragiques, supprimer une prise et donner de la vitamine K : soit 1 à 2,5 mg par voie orale, soit 0,5 à 1 mg en perfusion lente sur une heure; - si l INR est supérieur à 9, en l absence de saignement, supprimer une prise et donner de la vitamine K : soit 3 à 5 mg par voie orale, soit 1 à 1,5 mg en perfusion lente sur une heure, ce qui permet une réduction de l INR en 24 à 48 heures, puis reprendre l AVK à dose plus faible. Surveiller l INR fréquemment et répéter si nécessaire le traitement par vitamine K ; - si une correction rapide de l effet anticoagulant est nécessaire en cas de manifestation hémorragique grave ou de surdosage majeur en AVK (par exemple INR supérieur à 20), utiliser une dose de 10 mg de vitamine K par voie intra-veineuse lente, associée selon l urgence à du plasma frais congelé (PFC) ou à un concentré de facteur vitamino-k dépendant (Kaskadil). L administration de vitamine K peut être répétée toutes les 12 heures; Après un traitement par de fortes doses de vitamine K, un délai peut être observé avant le retour de l efficacité des anti-vitamines K. Si le traitement par AVK doit être repris, il faudra envisager une période transitoire de traitement par héparine. En cas d intoxication accidentelle en dehors d un traitement par AVK, le niveau de l intoxication doit être évalué par le niveau de l INR et par l existence éventuelle de complications hémorragiques. L INR doit être effectué plusieurs jours de suite (2 à 5 jours) en tenant compte de la demi-vie prolongée de l AVK absorbé. Dès que l INR est modifié, la vitamine K permet de corriger l effet anti-coagulant. 10 Propriétés pharmacologiques Propriétés pharmacodynamiques ANTICOAGULANT ORAL / ANTIVITAMINE K (B01 AA : sang et organes hématopoïétiques) Les antivitamines K interviennent au niveau de l hépatocyte dans le mécanisme de réduction de la vitamine K. La vitamine K réduite est le co-facteur d une carboxylase qui convertit l acide glutamique en acide g-carboxyglutamique. Quatre facteurs de la coagulation (facteurs II, VII, IX, X) et deux inhibiteurs (protéines C et S) possèdent des résidus g-carboxyglutamiques nécessaires à leur fixation sur des surfaces phospholipidiques qui catalysent leurs interactions. Ainsi, les antivitamines K ont un effet anticoagulant indirect en empêchant la synthèse des formes actives de plusieurs facteurs de la coagulation. Administrés per os, les antivitamines K induisent une hypoprothrombinémie dans les 36 à 72 heures. Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé 18/19 AVK novembre 2000

La demi-vie des facteurs de la coagulation dépendant de la vitamine K varie de 6 h (facteur VII, protéine C) à 2 ou 3 jours (facteurs X, II). Après administration d antivitamine K, les premiers facteurs dont les activités diminuent sont ceux dont la demi-vie est la plus courte, tandis que les derniers seront ceux dont la demi-vie est la plus longue. C est pourquoi l équilibre d un traitement par antivitamine K demande plusieurs jours. Nombre de jours où l action anticoagulante peut persister après l'arrêt du traitement. SINTROM 4 mg MINISINTROM 1 mg 2 à 4 jours PINDIONE 50 mg APEGMONE 4 mg PREVISCAN 20 mg COUMADINE 2 mg COUMADINE 10 mg 2 à 3 jours 2 à 4 jours 3 à 4 jours 4 jours La majorité des études cliniques disponibles avec la classe des AVK ont été effectuées avec la warfarine. Propriétés pharmacocinétiques L antivitamine K est absorbé rapidement par le tube digestif. Dans le plasma, il est fortement lié à l'albumine (à 97 %). Seule la fraction libre est active et métabolisée. Le pourcentage de la forme libre peut être accru et le métabolisme hépatique peut être accéléré par induction enzymatique (cf. Interactions). Demi-vie des différentes spécialités SINTROM 4 mg MINISINTROM 1 mg PINDIONE 50 mg APEGMONE 4 mg PREVISCAN 20 mg COUMADINE 2 mg COUMADINE 10 mg 8 heures. 5 à 10 heures 24 heures 31 heures 35 à 45 heures L'élimination est urinaire sous forme de produit pur ou d'un métabolite dégradé. Les antivitamines K traversent le placenta. Il existe un passage dans le lait maternel. Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé 19/19 AVK novembre 2000