L AGRICULTURE DU PAYS DE BREST

Documents pareils
Revenu agricole 2013 : une année délicate pour les productions céréalières

Fiche de renseignements accompagnant la demande de permis de construire en zone agricole dans le Haut-Rhin

L intérêt technico-économique. avec simulations à l'appui

Lutte contre l étalement urbain

RÉSULTATS DE L OBSERVATOIRE TECHNICO-ÉCONOMIQUE DU RAD Synthèse Exercice comptable 2010

La lettre électronique du service économie agricole de l'essonne n 3 juillet 2012

Des territoires laitiers contrastés

L agriculture luxembourgeoise en chiffres 2013

PAC. ce qui change. vraiment

Fiche Technique. Filière Maraichage. Mais doux. Septembre 2008

Définition des variables présentées dans le RICA

La Population des Exploitants agricoles en 2011

L'agriculture française depuis cinquante ans : des petites exploitations familiales aux droits à paiement unique

Les 5 à 7 du SYRPA. Photographie et évolution de la population agricole professionnelle française

EVOLUTION SPATIO-TEMPORELLE DE L OCCUPATION DES ESPACES SUR LE TRIANGLE MARNAIS

janvier 2010 Construire en zone agricole Ce qu il faut savoir PRÉFECTURE DU RHÔNE

EPREUVE ECRITE D ADMISSIBILITE

LA CHARTE REGIONALE D ACCES AUX AIDES AGRICOLES

Indice de Confiance agricole Crelan 2015

MASTER 2 URBANISME ET AMENAGEMENT SPÉCIALITÉ PAYSAGE ET AMENAGEMENT Année universitaire

Atelier Environnement Préparatoire au Projet d Aménagement et de Développement Durable. S e p t e m b r e

Les pôles commerciaux et leurs magasins

Demande d examen au cas par cas préalable à la réalisation d une étude d impact

Les exploitations de grandes cultures face à la variabilité de leurs revenus : quels outils de gestion des risques pour pérenniser les structures?

Les transformations de l espace productif et décisionnel en France

Agricultures paysannes, mondialisation et développement agricole durable

Pour une meilleure santé

DAIRYMAN aux Pays-Bas

Cadre légal des CLD. Au Canada le développement socioéconomique relève de la juridiction des provinces

LE MONITORING DE LA BIODIVERSITE EN SUISSE. Hervé LETHIER, EMC2I

«L énergie la moins chère et la moins polluante est celle qu on ne consomme pas»

Lambotte J.-M. Géographe-Urbaniste. Chercheur au Lepur ULg. Semaine Universitaire Luxembourgeoise de l'environnement - Libramont


CAPRINS LAITIERS + BOVINS VIANDE ENSILAGE DE MAÏS

Produire avec de l'herbe Du sol à l'animal

Résumé du rapport final du Projet ECDD

Demande d examen au cas par cas préalable à la réalisation d une étude d impact

l observatoire de l immobilier d entreprise du Pays de Brest # 12 Chiffres clés en 2011 (m 2 ) - Pays de Brest

R y o aume aume du du Maroc Mar Mai 2009

Les parcs de logements et leur occupation. dans l Aire Urbaine de Lille et sa zone d influence. Situation 2005 et évolution

Les Exploitants et Entrepreneurs agricoles en 2012

SPECIAL FINANCEMENT DE L AGRICULTURE

les cinq étapes pour calculer les jours d avance

Les réformes de la PAC

Service de l agriculture

Synthèse SYNTHESE DIRECTION GENERALE DE L ENERGIE ET DU CLIMAT. Service du climat et de l efficacité énergétique

Point d actualité. Conseil Economique, Social & Environnemental Régional. Séance plénière 2 février 2015

Premières estimations pour 2014 Le revenu agricole réel par actif en baisse de 1,7% dans l UE28

Site d étude. Résultats

Annexe 1 b : Description des actions de l opération 0412 Maîtrise de l énergie Programmation

ANAIS LE LOGICIEL DE GESTION PRÉVISIONNELLE DE L ENTREPRISE AGRICOLE ET RURALE. Laboratoire Informatique de l ENITA de Bordeaux Tél.

Caisse Nationale de Mutualité Agricole

Les salariés de l économie sociale et solidaire

Bédarrides. Le Pontet. Vedène. Avignon. Morièreslès-Avignon. Châteaurenard

Réforme de la PAC Réunion d information Septembre 2014

LES CONSTRUCTIONS EN ZONE AGRICOLE

Tableau 1 Routes nouvelles ou modifiées : les infrastructures concernées

Stratégie et développement du groupe SOGARIS en logistique urbaine pour l agglomération parisienne

Synthèse 2013 # 15. de l immobilier d entreprise du Pays de Brest DÉFINITION DE L OBSERVATOIRE

PLAN DE SITUATION C'est le plan qui localise votre terrain PCMI 1. SAINT DENIS - Bellepierre Parcelle AY 592. Ech : 1/ 2000 ème

CONGRES REGIONAL CTA/ ATPS DE LA JEUNESSE EN AFRIQUE

Agricultural Policies in OECD Countries: Monitoring and Evaluation Les politiques agricoles des pays de l OCDE: Suivi et évaluation 2005.

5 Avril Evolution de la construction neuve dans l espace Rhône Avignon Vaucluse AURAV LES PUBLICATIONS DE L AGENCE

Conventions de calcul pour la réalisation des cas types en agriculture biologique

PJ 28/12. 7 février 2012 Original : anglais. Comité des projets/ Conseil international du Café 5 8 mars 2012 Londres, Royaume Uni

En zones herbagères, un système spécialisé lait, tout herbe

Programme de Développement Rural régional "Centre" ( )

La Bio pour quoi faire? Une vision du monde de la Bio et quelques perspectives

AVIS. Complément d étude. Objet : Réf. : CWEDD/06/AV Liège, le 23 octobre 2006

Le logement dans tous ses états. Définition : le logement et l'habitat

Adaptation Aux changements climatiques. Agriculture et sécurité alimentaire: Cas du Burkina Faso

OUVERT02 - Maintien de l ouverture par élimination mécanique ou manuelle des rejets ligneux et autres végétaux indésirables Sous-mesure :

Détail des cultures de l'exploitation en 2007

Les durées d emprunts s allongent pour les plus jeunes

Moyens de production. Engrais

LA DYNAMIQUE DES TROUPEAUX LAITIERS FRANÇAIS À L APPROCHE DE LA FIN DES QUOTAS

LIVRET DE PRESENTATION

Un expérience pluridisciplinaire de l intensification écologique en Agriculture Familiale

Trois mille exploitations produisent des légumes sur une surface de ha. Très répandue, cette production se retrouve dans 22 % des

RENTABILITÉ ÉCONOMIQUE MODÈLES DE CALCUL

DIAGNOSTIC DE DURABILITE du Réseau Agriculture Durable

La filière noisette : un développement des surfaces est encore possible d après Unicoque.

FICHE SIGNALETIQUE. Cœur de Flandre. 1. Profil Territoire. 2 Profil Fiscal

Dossier de presse. SIAL 2010 : Groupama Assurance-Crédit présente la nouvelle plaquette Défaillances d entreprises

«Commission énergie» SEMAINE DU DEVELOPPEMENT DURABLE. 01 avril 2011 SOREDE

DRAVEIL élabore son PLU

Indicateur : population présente tout au long de l année dans les départements littoraux métropolitains

Comment concevoir son lit biologique

DECiDE, un outil pour évaluer les émissions de gaz à effet de serre (GES) et les consommations énergétiques des exploitations agricoles wallonnes

Destinataires d'exécution

Les diplômes. Session 2012

L équilibre offre-demande d électricité en France pour l été 2015

Crédit d impôt en faveur de l agriculture biologique

Trajectoires laitières

une belle entreprise pour la Somme

LA RÉDUCTION DU TEMPS DE TRAVAIL : UNE COMPARAISON DE LA POLITIQUE DES «35 HEURES» AVEC LES POLITIQUES D AUTRES PAYS MEMBRES DE L OCDE

MESURES D ACCOMPAGNEMENT

Pour vos aides PAC. Le site internet des aides de la PAC

Tableau 7: Emissions polluantes scénario «futur avec projet 2014»

Sommaire. Les lotissements à partir du 1er mars Février Caractéristiques d un lotissement...2. Constitue un lotissement...

Transcription:

C. DUMAS Septembre 2007 07/202 L AGRICULTURE DU PAYS DE BREST Analyse des recensements agricoles de 1979 1988 2000 Agence de Développement et d'urbanisme du Pays de Brest Hôtel de Communauté, 24 rue Coat ar Guéven 29200 BREST Tél. : 02.98.33.51 72 Fax : 02.98.33.51.69 adeupa@adeupa-brest.com

2

Après une période marquée par le glissement de l'agriculture vivrière traditionnelle basée sur la polyculture-élevage vers un système productiviste (mise en place de la PAC, du FEOGA) avec des exploitations spécialisées, les deux dernières décennies du XX e siècle ont subi les premières mesures de réduction des excédents, engendrant d importantes transformations dans tous les domaines. Le productivisme avait conduit à l'évolution des techniques, des engins et des engrais, produisant un changement d'échelle des exploitations, des parcelles et des bâtiments, accompagné de multiples incidences sur le paysage des exploitations. En 1984, la mesure des quotas laitiers, associée au gel des terres et à une politique de baisse des prix, a entraîné la restructuration des exploitations laitières (disparition des exploitations les plus en difficultés, trop petites ou trop endettées). Les autres productions agricoles ont poursuivi leur concentration et leur spécialisation : production légumières en régression, développement des serres et des élevages porcins hors-sol. L analyse des trois RGA successifs 1 permet de préciser et de localiser les différents espaces agricoles, ainsi que les évolutions structurelles rencontrées par chaque filière. L état des lieux ainsi constitué servira de support à l estimation des impacts des futures politiques agricoles européennes. En effet, sous la pression de la concurrence internationale (accords de l'omc, du GATT, ) et des conséquences néfastes de l'agriculture productiviste sur l'environnement, la réforme de la PAC a été engagée en 1992. Applicable en France à partir de 2006, la nouvelle PAC passe d'une politique de soutien des prix à une politique de soutien des revenus agricoles, en distribuant les aides indépendamment de la production et selon le principe de l'écoconditionnalité. La maîtrise de la production est étendue à de nouveaux secteurs comme les grandes cultures et la viande bovine. Les aides aux agriculteurs seront calculées sur la base des aides à la production affectées en moyenne au cours des années 2000/2001/2002. L'objectif est d'abandonner la course à la production, de permettre la diversification des productions et l'émergence de nouvelles cultures ou nouvelles filières de transformation, de mieux respecter l'environnement tout en maintenant l'activité agricole dans les territoires ruraux. Conformément aux accords de Berlin (1999), la Commission européenne a entamé à mi-parcours un réexamen de la PAC qui a abouti à l'accord de Luxembourg, signé le 26 juin 2003. Celui-ci impose, dans le cadre du renforcement rural, le respect de la qualité environnementale, de la qualité des produits et du bien-être des animaux, et pour dégager des sommes nécessaires au développement rural, la réduction des paiements directs aux grandes exploitations (réduction des prix d'intervention). 1. Source : Fiches comparatives par commune, recensements agricoles de 1979, 1988 et 2000, Service central des enquêtes et études statistiques de la Direction régionales de l'agriculture. 3

Typologie et évolution de l agriculture 1. La surface agricole utile En 2000, le Pays de Brest comprenait 2871 exploitations pour une SAU (Surface agricole utile) de 95006 ha, soit 56,62% du territoire. En vingt ans, la SAU a connu globalement une diminution de près de 10 % (presque 10000 ha), plus fortement marquée dans la première décennie (-7,6 % puis -2,1 %). En terme d utilisation de l espace, les exploitations professionnelles conservent voire augmentent un peu leurs surfaces mises en culture, tandis que les autres exploitations ont reculé des trois quarts. Les autres exploitations tendent donc à disparaître, abandonnant 13 438 ha, dont seulement 3313 ont été repris par les exploitations professionnelles. Les 10000 ha de réduction de la SAU s est donc faite à leur détriment. SAU des exploitations Expl. Pro. Evol. Autres expl. Evol.% Total Part des Autres expl. Pays Evol. SAU Pays 1979 86554 17806 104360 17,06% 104 315 1988 84469-2,41% 11802-33,72% 96271 12,26% 96 390-7,6% 2000 89867 +6,39% 4368-62,99% 94235 4,64% 94 350-2,1% +3,83% -75,47% -9,6% Source : RGA 2000 Dans le détail, l évolution est très variable. Des communes ont connu d importants transferts de surfaces des petites exploitations vers les exploitations professionnelles pour quasi conserver leur SAU. D autres ont subi de fortes diminutions tout type d exploitations. Les plus concernées par une diminution de SAU supérieure à 50% étant dans l ordre : Roscanvel, Le Relecq-Kerhuon, Plougastel-Daoulas, Landerneau, Brest, Logonna-Daoulas, Trébabu, La Forest-Landerneau, Lesneven. En valeur absolue, ce sont Plougastel-Daoulas (1282 ha), Plougerneau (688), Brest (649 ha), Pont-de-Buis (596 ha), Telgruc (521 ha), Crozon (484 ha), Guilers (408 ha), Guipavas (394 ha), Plouzané (376 ha), Logonna-Daoulas (364 ha). A l inverse, deux espaces centrés sur Lanarvily et sur Tréflevénez ont connu une hausse de SAU. Ainsi, en 2000, les espaces les plus cultivés se situent sur le plateau léonard (+ de 70%) et dans le bassin versant de la Mignonne (65 à 70%). Parmi les secteurs les moins cultivées, on trouve la partie ouest de la presqu'île de Crozon, les communes 4

très urbanisées de Brest, Le Relecq-Kerhuon, Landerneau, mais aussi Lampaul- Plouarzel, et Plougastel-Daoulas qui cumule urbanisation et micro parcellaire. Entre ces deux extrêmes, on distingue plusieurs catégories : - les communes littorales de la face nord-est du fond de rade et Le Conquet cultivées sur un gros tiers de leur surface. - les communes où la proportion des terres cultivées n'atteint pas les 50%. Il s'agit des communes fortement urbanisée (nord-est de la CUB, de la Roche-Maurice, de Daoulas et de Lesneven), de celles où les boisements sont importants (Landévennec et La Forest-Landerneau), mais aussi de communes littorales touchées par la déprise agricole (Lanildut, Porspoder, Landéda, Kerlouan et Brignogan-Plage). - enfin, dans la catégorie des communes qui ont une surface cultivée comprise entre la moyenne et 70%, on trouve les communes littorales du Léon, les communes touchées par la péri-urbanisation à l'ouest de Brest (Plouzané, Guilers, Saint-Renan), la vallée de l'élorn, l'est du plateau du Léon (vallée du Quillimadec) et les communes comprises entre la Mignonne et la baie de Douarnenez. Variation de la SAU entre 1979 et 2000 Source : RGA 2000. 5

2 Les exploitations Les exploitations professionnelles représentent les ¾ des exploitations mais 96% de la SAU toutes exploitations confondues. Leur SAU moyenne est de 34,22 hectares et 53,4% avaient une SAU supérieure à 35 hectares. En vingt ans, le nombre d'exploitations a été divisé par deux, tandis que la surface moyenne des exploitations a plus que doublé. Elles ont même gagné globalement de la surface sur le territoire (+6,61%). Evolution des exploitations Exploitations professionnelles Autres exploitations Total Nb. Evol.% Surf. moy. Evol.% Nb. Evol. % Surf. moy. Evol. % Nb. Evolution % 1979 4483 15,53 3249 5,6 7732 1988 3661-18,34 22,12 +42,43 1972-39,3 6,12 +9,28 5633-27,15 2000 2169-40,75 34,22 +54,70 702-64,4 4,37-28,59 2871-49,03 Source : RGA 2000-51,61 +120,34-78,4-21,96-62,87 Les autres exploitations sont beaucoup plus petites en moyenne : 4,37 hectares. Elles ont globalement beaucoup régressé en quantité (-78%), passant d une représentativité de 42 % à 24,5 %. Sur les deux décennies, l activité a poursuivi sa spécialisation et sa professionnalisation. Ces profondes restructurations sont à mettre en relation avec l accroissement des exploitations d élevage et la forte régression des exploitations légumières et maraîchères sur le littoral notamment ainsi que des petites exploitations non professionnelles. Evolution du nombre d'exploitations Le calcul de la densité des exploitations (nombre / surface communale) donne des renseignements sur leur taille. Au nord de l'élorn, la densité était bien plus importante en 1979 (plus de 5 au km 2 ) et malgré leur diminution en nombre, elle le reste toujours, tandis qu'au sud elle était plus proche des 3 au km 2 pour tendre à 1,5 aujourd'hui. La densité des exploitations par commune décroît du nord au sud. Le cas de Plougastel-Daoulas se distingue dans la partie sud du Pays. A noter que, par rapport à leurs voisines, certaines communes littorales ont une densité un peu inférieure, signe d un recul de l agriculture (presqu île de Crozon, fond de Rade) ou du développement de l urbanisation (Landéda, Lanildut). Les exploitations situées au sud de l'élorn sont de dimension supérieure à celles du nord, d'autant plus que cette partie du territoire possède un couvert forestier important. A l'intérieur de ces deux grands espaces, plusieurs secteurs peuvent être distingués. 6

Au sud : - l'ouest de la presqu'île de Crozon : en 1979 comme aujourd'hui, la densité est la plus faible, en raison de la faiblesse de la proportion des surfaces cultivées, mais aussi de la petite taille des exploitations. - les communes ayant une agriculture type bassin de Châteaulin : la densité est passée d'environ 3 à 1 exploitations au km 2. - entre les rivières du Faou et de l'élorn, la réduction a été similaire. Les communes les plus au sud de cet ensemble, au couvert forestier important, ont des chiffres logiquement inférieurs. - sur le littoral, les communes de Logonna-Daoulas, Daoulas, Plougastel-Daoulas et vraisemblablement le sud de Loperhet et Dirinon avaient encore en 1979 une densité forte (de 4 à 9 exploitations par km 2 ), mais elles connaissent depuis une forte réduction, soit par regroupement, soit par disparition. Au nord : - dans l ensemble constitué par les communes de la CUB et la rive nord de l'élorn, le nombre d'exploitations, un peu inférieur en 1979, a beaucoup diminué sous l'impact de l'urbanisation. - sur le plateau léonard, la densité a chuté uniformément de 5,5/4,5 à 2/2,5. - sur le littoral nord-ouest, les communes littorales de l ouest (de Trébabu à Porspoder) sont dans une fourchette un peu plus basse, tandis que celles bordant les estuaires des abers qui avaient autrefois une densité supérieure (6,5 au km 2 ) ont désormais rejoint celle du plateau léonard. - l espace caractéristique de la "ceinture dorée" marqué par une très forte densité en 1979 (13 exploitations au km 2 ), toujours supérieure au reste du territoire malgré l'importante réduction du nombre d'exploitations. - entre la "ceinture dorée" et le plateau léonard, un ensemble de communes «tampon», dont la densité est descendue de 7,5/8 à 3 en deux décennies. - la vallée du Quillimadec, où la densité qui se situait initialement entre les espaces voisins a atteint, après une réduction plus marquée, une valeur proche de ce qui existe au sud de l'élorn. Variation de la réduction du nombre d'exploitations Sur les deux décennies observées, la diminution du nombre d'exploitations ne s'est pas réalisée uniformément sur le territoire du Pays de Brest, conduisant à des situations très diverses. Certaines communes ont connu dans un premier temps une forte réduction, qui a pu être ensuite plus modérée ; d'autres, après un démarrage lent, ont dû faire face à une importance réduction des sièges d'exploitation. Le minimum se trouve à 35% de réduction, le maximum à 78%, la moyenne à 61%, avec un groupe important assez homogène autour de 50-55%. 7

- Le plateau léonard et l'espace compris entre l'élorn et l'aulne se distinguent par une vitesse d'évolution plus faible, même si la réduction a été plus forte dans la seconde décennie, notamment sur les communes côtières : Trébabu, Plougonvelin, Lampaul- Plouarzel, Lanildut, Lampaul-Ploudalmézeau, Saint-Pabu, Landéda, Logonna- Daoulas et, dans une moindre mesure, Porspoder. - sur la rive droite de l'aber Wrac'h, la réduction du nombre d'exploitations a été beaucoup plus marquée, avec une forte accélération dans la seconde décennie pour les communes où le mouvement avait d'abord été plutôt modéré et une poursuite de la tendance pour celles qui avaient déjà été bien concernées. - la CUB (sauf Guipavas), la vallée de l'élorn (jusqu'à la RN12), Pont-de-Buis et de Saint-Ségal ont eu dans la première décennie une diminution plus forte que le plateau léonard. Cette situation, encore plus marquée près de l'élorn, se confirme dans la seconde décennie. - la presqu'île de Crozon est confrontée à une très forte réduction du nombre d'exploitations. On peut même considérer qu'au-delà du bourg de Crozon, l'agriculture est quasi-inexistante. Evolution de la densité et de la taille des exploitations entre 1979 et 2000. Source : RGA 2000. 8

Evolution de la taille des exploitations L'étude de la proportion d'exploitations supérieures à 35 hectares montre que : - entre l'élorn et l'aulne, les exploitations sont toujours d une dimension supérieure au reste du Pays. - l est de la presqu'île de Crozon ainsi que les communes comprises dans un quadrilatère formé par Landerneau, La Roche Maurice, Plabennec et Ploudaniel avaient en 1979 une plus faible part de grandes exploitations mais elles ont tendu à rattraper la catégorie précédente, de manière un peu plus marquée pour la partie de la presqu'île de Crozon. - un ensemble constitué par la moitié sud du plateau léonard et les communes bordant l'élorn et la rivière de Daoulas avait en 1979 une proportion d'exploitations de plus de 35 hectares en moyenne équivalente aux secteurs précédents mais moindre en 2000, même si elle était un peu plus forte à l ouest. La restructuration des exploitations y a été moins poussée. - dans le nord-est du Pays, la taille initiale des exploitations étant très faible, même si la restructuration a bien eu lieu comme ailleurs, la proportion de grandes exploitations restent bien en deçà. Les communes littorales de la "ceinture dorée" sont restée en dessous des 7 % et celles située autour de Plouguerneau et de Lesneven se situent au milieu, entre 20 et 30 % alors que le plateau léonard oscille entre 40 et 60 %. - les communes littorales ont moins que les autres, voire pas du tout, d'exploitations supérieures à 35 hectares, d autant plus qu elles sont petites et très littorales. La réduction du nombre d'exploitations a principalement eut lieu dans le nord-est du Pays, la presqu'île de Crozon, les communes littorales et les secteurs les plus urbanisés. La proportion d'exploitations supérieures à 35 hectares est plus importante dans le sud-est du Pays, au nord de Landerneau, et dans une moindre mesure, dans l'ouest du plateau léonard. Conclusion Dans les secteurs où il y a une forte réduction du nombre d'exploitations mais une faible proportion de grandes exploitations, on peut supposer que les regroupements n'ont pas permis d'atteindre la barre des 35 hectares ou bien qu'il y a eu disparition d'exploitation. C'est le cas du nord-est du Pays et surtout de la "ceinture dorée", de l'ouest de la presqu'île de Crozon, de L'Hôpital-Camfrout, de Plougastel-Daoulas, de Lampaul-Plouarzel, des environs du Conquet. L'analyse de l'évolution de l'urbanisation ou du paysage montre que la part de disparition est sans doute plus importante que celle des regroupements. D'autant qu'il s'agit aussi de secteurs où la densité des exploitations était très importante, ce qui indique qu'elles étaient petites, ce qui a freiné les regroupements. Toutefois, 9

dans la vallée du Quillimadec, le nombre de grandes exploitations est plus important en 2000. Il semblerait qu'il y ait eu davantage de regroupements. Dans les secteurs où il y a eu une forte réduction du nombre d'exploitations et une proportion de grandes exploitations plus importante en 2000, les regroupements permettent aux exploitations d'atteindre plus souvent les 35 hectares et font peut-être jeu égal avec les disparitions. Cette situation se rencontre sur les communes littorales comprises entre l'aber Ildut et l'aber Wrac'h (sauf Porspoder), dans la CUB (sauf Guipavas), à Landerneau et La Forest-Landerneau. Le plateau léonard et les communes comprises entre l'élorn et l'aulne sont les deux ensembles qui ont connu la plus faible réduction du nombre d'exploitations. Mais, en 1979 comme en 2000, la part d'exploitations supérieures à 35 hectares est plus importante dans le second. Le plateau léonard peut être divisé en deux. A l'ouest, par le jeu des regroupements, les extensions d'exploitations semblent compenser les disparitions. En revanche, dans la partie orientale, les réductions sont un peu plus importantes, tandis que le taux de grandes exploitations est un peu inférieur : soit il y a eu de réelles disparitions sans reprises, soit les exploitations ne sont pas devenues aussi grandes qu'à l'ouest. Lorsqu'il y a eu forte réduction du nombre d'exploitations mais une hausse marquée des grandes exploitations, les regroupements ont été supérieurs aux disparitions. Le secteur compris entre Landerneau, Guipavas et Ploudaniel, l'est de la presqu'île de Crozon et les communes de Pont-de-Buis et de Saint-Ségal tendent d'ailleurs à rattraper le niveau de l'espace compris entre l'élorn et l'aulne. Certaines communes, comme Le Conquet, Loperhet et Dirinon ont connu une évolution plus lente, avec une réduction du nombre d'exploitations moins importante et une proportion de grandes exploitations restée faible. 3 Les productions animales En vingt ans, le nombre d'exploitations d élevage a diminué d'environ 75%, soit beaucoup plus que la moyenne des exploitations. 10

Nb d'expl. Evolution Evolution Evolution Effectifs Evolution Evolution Evolution en 2000 1979/88 1988/00 1979/00 en 2000 1979/88 1988/00 1979/00 Bovins 1756-36% -51,6% -69% 138208-12,12% -11,1% -22% total Vaches 1402-40,9% -52,4% -71,9% 53878-18,7% -24,8% -38,8% laitières Porcins 750-47,7% -58% -78% 919297 +29,1% +35,4% +74,9% Volailles 620-54,2% -74,8% -88,4% 3438263 +30% -5% +23,5% Lapins 99+c 11148+c Les bovins Les cheptels de bovins ont subi la mise en place des quotas laitiers (- 22%). Cependant, le nombre de vaches laitières ayant diminué de près de 39%, il apparaît que les autres types de bovins (viande notamment) ont mieux résisté et en partie remplacés les vaches laitières. L'élevage des bovins est surtout présent dans la moitié nord du Pays. Quel que soit le type de bovins (bêtes à viande ou vaches laitières), les effectifs tendent à diminuer, notamment au nord des Abers et de Lesneven, autour de Landerneau, et au sud de l'embouchure de l'aulne. Les effectifs des bêtes à viandes et des vaches laitières ont évolué différemment. En 1979, les bêtes à viande étaient majoritaires dans un triangle compris entre Plouvien, Saint-Thonan et Plouider, ainsi qu'entre l'élorn et l'aulne. En 2000, elles ont généralement pris le pas sur les vaches laitières, sauf aux environs de Landerneau, au sud-est de Lesneven et de manière plus éparse à Plouguerneau, Porspoder, Argol et Telgruc-sur-Mer. Au nord de l'élorn et dans l'ouest de la presqu'île de Crozon, la diminution des bêtes à viande a été moins importante que celle des vaches laitières. Leur effectif a même connu une hausse dans le Pays d'iroise et à Ploudaniel, Trémaouézan, Plouédern. Au sud de l'élorn, à l'inverse, les vaches laitières ont mieux résisté à la diminution des cheptels. Les porcs En élevage porcin, les effectifs ont augmentés de 75%. Il a donc eu une forte intensification de cet élevage avec en 2000 une moyenne de 1226 têtes par exploitations au lieu de 67 il y a vingt ans. En 1979, l'élevage porcin était bien implanté sur le plateau léonard et dans un espace compris entre l'élorn et la Mignonne (plus la commune de Saint-Ségal). Dans ces secteurs, il a ensuite connu une forte hausse jusqu'en 2000. 11

Evolution de la production végétale entre 1979 et 2000. Source : RGA 2000. Les volailles L'élevage avicole a connu une évolution similaire : chute de 88,4% du nombre d'exploitations mais hausse de 23,5% de l'effectif, la moyenne par exploitation passant de 492 à 5545 têtes. Cependant, l'élevage avicole a amorcé un net recul au cours de la dernière décennie et connaît aujourd'hui de très sérieuses difficultés. Il se concentre au sud de l'embouchure de l'aulne, vraisemblablement en raison de la présence de l'entreprise Doux à Châteaulin, et sur un axe reliant Milizac à la limite de la "ceinture dorée". Dans ces secteurs, sur les deux décennies, il tend à la hausse alors que là où il est moins présent, il se maintient ou diminue. Le lapin Son élevage est marginal. 12

4 Les productions végétales Les productions végétales qui ne sont pas liées à l'alimentation des animaux d'élevage sont en nette diminution tant pour le nombre d'exploitations (-20 %) que pour les surfaces concernées (-67 à -91 %). A noter, l'apparition de la culture sous serres. Nb d'expl. Evolution Evolution Evolution Surface Evolution Evolution Evolution en 2000 1979/88 1988/00 1979/00 en 2000 1979/88 1988/00 1979/00 Légumes frais 557-7,1% -64% -67% 3219 +23,25% -33,7% -18,3% P. de t. 444-61,11% -77,14% -91,11% 3027-8,3% -15,3% -22,4% Serres hautes 292 250 Serres chauffées 137 200 Evolution de la production végétale entre 1979 et 2000. Source : RGA 2000. 13

Les céréales Les céréales représentent environ un quart des semis. - En vingt ans, la situation est restée très stable dans l'ouest du Léon (Pays d'iroise et CUB) et dans la Communauté de Landerneau, avec un léger déclin pour les communes bordant la rive nord de l'élorn et une légère hausse pour celles se situant au sud. - L'ensemble formé par les communautés des Abers et de Lesneven connaît une croissance de la part des céréales avec une hausse particulièrement marquée entre Guissény, Le Folgoët et Goulven. Les céréales étant sous-représentées dans ce secteur en 1979, il s'agit par conséquent d'un alignement sur le reste du territoire. - Les communes côtières du fond de rade et l'ouest de la presqu'île de Crozon connaissent une diminution de la part des céréales parfois importante. - Enfin, les communes situées au sud de l'embouchure de l'aulne, tournées vers le bassin de Châteaulin et la baie de Douarnenez, ont une part de céréales supérieure et en croissance. La superficie fourragère principale (maïs fourrage et prairies temporaires) - Les fourrages représentent plus de la moitié, voire les deux tiers de la surface cultivée dans le Léon et dans les communes autour de l'embouchure de l'aulne. Ils constituent un peu moins de la moitié dans le Pays de Landerneau et dans la région nord de Lesneven. Ils sont minoritaires dans les communes situées dans la "ceinture dorée", entre Lampaul-Plouarzel et Landunvez et dans la pointe de la presqu'île de Crozon. - La situation est stable dans le sud-ouest du Léon, dans les communes côtières du fond de rade et Crozon. - Les fourrages sont en diminution modérée dans le reste du territoire Les surfaces toujours en herbe (STH) - Elles se trouvent en plus grande quantité (supérieure à 15% de la surface agricole) au nord-est et au sud-est du Pays de Brest, dans la presqu'île de Crozon et dans la partie nord-ouest du Pays d'iroise. - Elles sont en diminution marquée dans les communes de la "ceinture dorée", modérée dans les bassins versants de l'aber Benoît et de l'aber Wrac'h. - Elles sont en hausse dans les communes du fond de rade et des contreforts des Monts d'arrée. 14

Les légumes et pommes de terre Ils sont surtout présents sur un arc nord-ouest/est, avec une prédominance dans les communes de la "ceinture dorée" (plus de 50% de la surface agricole). Ils se trouvent également en quantité importante dans les environs de la pointe Saint-Mathieu, ainsi qu'au Relecq-Kerhuon et à Plougastel (serres), mais là en forte régression. Les pommes de terre sont cultivées en grande proportion dans le Pays d'iroise et autour d'irvillac. Leur culture est stable ou en régression sur l'ensemble du territoire, sauf dans l'est du Pays de Landerneau (importance des pommes de terre) et des communes de la côte nord-ouest. 5 Les exploitants et population active L évolution des effectifs des chefs et coexploitants à temps complet a suivi à peu près l'évolution du nombre d'exploitations. Mais tandis que la moitié des chefs d'exploitations disparaissait, la population familiale diminuait des deux tiers au profit des salariés. L'effectif des chefs d'exploitations et des co-exploitants a été sérieusement rajeuni en vingt ans : l'évolution du nombre de jeunes agriculteurs est remarquable. Les départs en retraite massifs et plus précoces ont favorisé l'accession des jeunes au titre de chefs d'exploitations. En fait, il n'y a pas beaucoup plus de jeunes à s'installer à leur compte, mais surtout un abandon de la profession par les plus âgés liée à la difficulté du métier et à la restructuration des exploitations. Chefs et coexploit ants à Pop. familiale active sur Salariés permane nts temps complet les expl. 1979 5 358 17 436 768 1988 4 579-14,54% 12 023-31% 531-30,85% 2000 2 453-46,43% 5 941-50,58% 1 381 +160% -54,22% -65,93% +79,82% UTA fam UTA salariés UTA totales 1979 12 238 972 13 297 1988 9 058-25,98% 1 036 +6,58% 10 160-23,59% 2000 4 199-53,64% 1 951 +88,32% 6 212-38,86% -65,69% +100,7% -53,28% 15

Le nombre des salariés permanents a augmenté ainsi que le temps travaillé par tous les salariés. Le nombre de salariés à temps partiel augmente plus que celui des salariés permanents. Le nombre de salarié a d'abord diminué avant de partir à la hausse. Cette main-d'œuvre s'est donc vraisemblablement déplacée vers de nouvelles activités : de commis de ferme, elle est devenue main-d'œuvre pour l'agriculture industrielle. Evolution temporelle de l'âge des exploitants En 1979, la part des moins de 40 ans est la plus faible, tandis que les deux autres classes d'âge se trouvaient dans des proportions à peu près équivalentes, avec parfois une légère domination des plus de 55 ans. Le profil de la population des exploitants agricoles était dans l'ensemble âgé. Les exploitations encore nombreuses employaient une main d'œuvre constituée de tous les membres de la famille. Les plus jeunes travaillaient donc dans les exploitations détenues par les aînés. Chefs d'expl. - de 40 ans 40-55 ans + de 55 ans 1979 1 025 14% 3 142 41% 3 530 45% 1988 1 769 27% 1 963 30% 2 798 43% 2000 1 324 36% 1 616 42% 824 22% Evolution 1979/2000 +29,17-48,57% -76,65% En 1988, la part des moins de 40 ans a sensiblement augmenté pour atteindre 25 % à 35 %, voir plus dans certaines communes. Cette classe d'âge minoritaire en 1979 est devenue souvent équivalente aux deux autres, voir majoritaire quant elle dépasse localement les 35 %. Il y a donc eu un fort renouvellement, qui s'explique par une évolution de la masse salariale des exploitations. La réduction du nombre d'exploitations s'est accompagnée pour certaines d'une simple réduction des effectifs réalisée par les départs en retraite, ce qui a permis aux plus jeunes de devenir chef d'exploitation. En 2000, le mouvement s'est poursuivi. Les plus de 55 ans ne représentent plus que 15 à 20 %. La part des moins de 40 ans est toujours importante, mais les jeunes installés en 1988 sont venus grossir les effectifs des 40-55 ans, souvent les plus importants. En revanche, il n y a pas eu d installation de jeunes agriculteurs alors que les départs en retraite se sont poursuivis. Les exploitations, vraisemblablement trop petites pour permettre l installation d un jeune, sont donc restées sans reprises et sont venues agrandir celles qui existaient déjà. 16

Part des exploitants de plus de 55 ans dans les communes entre 1979 et 2000. Source : RGA 2000. Evolution spatiale de l'âge des exploitants En 1979, l'ouest de la presqu'île de Crozon, la CUB (sauf Guilers), les communes placées sur un axe allant de Kernilis à Saint-Urbain, Trémaouézan et les communes littorales de L'Hôpital-Camfrout, Logonna-Daoulas, Daoulas, Plougastel-Daoulas, Brignogan-Plage, Plouguerneau et Landunvez présentent une population d'exploitants plus âgée que sur le reste du territoire. Elles ont une pyramide des âges composées en moyenne de 15 % de moins de 40 ans et de plus de 50 % de plus de 55 ans. En 1988, un partie de ces territoire ont toujours peu de jeunes exploitants (plus proche de 20 %) et beaucoup près de la retraite (souvent plus de 50 %). Les communes de Daoulas, Saint-Urbain, Trémaouézan, Landunvez, Kernilis s'en distinguent cependant par une plus grande arrivée de jeunes (25 à 35 %). Quelques communes du nord-est du Pays (Landéda, Kerlouan, Guissény, Kernouës, Lanarvily, Le Folgoët et Trégarantec) ont en revanche connu une moins grande arrivée de jeunes, ce qui occasionne un vieillissement moyen de la population. 17

En 2000, les écarts sont moins marqués. Beaucoup des communes qui présentaient un effectif plus âgé l'ont singulièrement vu se rajeunir. Désormais, les communes où la classe des plus de 55 ans est supérieure à celle des moins de 40 ans sont très éparpillées sur le territoire. Saint-Pabu, Landerneau, La Forest-Landerneau, Pencran, Plougastel-Daoulas, L'Hôpital-Camfrout, Le Faou et, dans une moindre mesure, Saint-Ségal, Daoulas, Loperhet, Saint-Thonan, Bohars, Porspoder et Brélès sont très touchées par les départs en retraite jusqu'en 2005. Pour l'avenir, la classe d'âge des 40-55 ans permet d'estimer l'évolution à 10-15 ans. On peut considérer que les communes où cette classe est très importante auront alors le profil des chefs d'exploitations le plus âgé, surtout quant la part des moins de 40 ans en 2000 est inférieure à la moyenne. Les communes les plus concernées par ce type d'évolution sont Trefflévénez, Pencran, La Roche-Maurice, Pont-de-Buis- Les-Quimerc'h, Saint-Renan, Plouguin, Saint-Frégant, Plouider. Landévennec, Argol, Saint-Urbain, Ploumoguer, Plourin, Coat-Méal, Lampaul-Ploudalmézeau, Landéda, Kernilis et Brignogan-Plage seront un peu moins affectées car la part des moins de 40 ans est plus proche de 30 %. 18

Les espaces agricoles 1. Saint-Ségal bassin de Châteaulin - Céréales importantes : 58% - Fourrage en baisse : 25% - STH faibles : 6% - Légumes : un peu - Cheptels : peu de bovins, pas mal de porcs et beaucoup de volailles - Exploitations : la réduction a été importante. Les exploitations de plus de 35 hectares représentent 55%. - Exploitants : la part des plus âgés (+ de 55 ans) était importante en 2000. La commune connaît donc actuellement une forte évolution. Ce secteur, donc l'agriculture correspond à celle qui se pratique dans le bassin de Châteaulin, va certainement être très fragilisé par la crise du poulet survenue en 2003 et par les crises du porc en cours et à venir. Il devrait donc connaître une profonde restructuration qui se traduira notamment par l'abandon des structures bâties liées à l'élevage hors-sol et par des difficultés sociales. 2a Est de la presqu'île de Crozon et sud de la rivière du Faou - Céréales en hausse (25-30%), - Fourrages en baisse (45-55%), - STH en baisse au sud (10-15%), - Légumes : disparition - Cheptels : bovins et porcins faibles, volailles importantes et en hausse - Exploitations : Forte réduction du nombre d'exploitations au sud (hormis Rosnoën). - Exploitants : la catégorie des exploitants âgés étant bien représentée, il faut envisager une prochaine évolution. Le secteur a une agriculture qui tendait à s'apparenter à celle du bassin de Châteaulin (céréales et volaille). La crise de la volaille couplée à l'évolution démographique des exploitants devrait conduire à l'abandon des bâtiments d'élevage hors-sol et à une diminution du nombre d'exploitations. Quelques parcelles pourraient rejoindre les boisements et les landes déjà présents sur ces communes. Les surfaces importantes de boisements et de landes caractérisent le secteur. 19

2b. Le Faou Hanvec - Céréales en baisse (15 à 20%) - Fourrages stables (50 à 60%) - STH en hausse (15-20%) - Légumes : disparition - Cheptels : bétail faible - Exploitations : réduction des exploitations moyennes - Exploitants : exploitants âgés en 2000 au Faou. Ces communes avec beaucoup d'herbages et de fourrages, avec des exploitations de bonnes dimensions, pratiquent vraisemblablement une agriculture extensive dans un environnement marqué par les boisements et les landes. 3. Mignonne Élorn - Céréales en hausse : 30% - Fourrages en baisse : 45% - STH : 15-20% - Légumes : 5-10% - Cheptels : importance des bovins mais en baisse. Les bêtes à viande (en baisse) sont plus importantes que les vaches laitières, lesquelles se soutiennent mieux. Peu de volailles, hausse importante du porc. - Exploitations : de grandes tailles, un peu moins vers les côtes - Exploitants : majorité de jeunes exploitants. Ce secteur présente une agriculture dynamique caractérisée par l'élevage bovin sur de grandes exploitations et par la hausse de l'élevage porcin intensif. Quelques communes ont en outre développé l'élevage de volailles. La crise du porc et de la volaille pourrait se traduire par l'abandon de bâtiments et une diminution du nombre d'exploitants, sans particulièrement affecter les espaces. Les plateaux sont très cultivés tandis que les pentes sont généralement boisées. 4. Ouest de la presqu'île de Crozon - Céréales en baisse : 20% - Fourrages stables : 55-65% - STH en baisse : 10-15% - Légumes : disparition - Cheptels : peu de bétail - Exploitations : réduction forte à très forte du nombre d'exploitations 20

- Exploitants : beaucoup de départs en retraite. Il s'agit d'une agriculture en régression qui repose principalement sur la production de fourrages sur Crozon et Lanvéoc. Les friches sont très développées sur les pointes. Agriculture en très forte régression dans les pointes. 5. Fond de rade : Loperhet, Logonna-Daoulas, L'Hôpital-Camfrout - Céréales : 15-20% - Fourrages : 45-55% - STH : 20-30% - Légumes : très peu - Cheptels : Bovins faibles et en baisse, peu de porcs et de volailles. - Exploitations : - Exploitants : population agricole âgée. Agriculture en déprise avec forte diminution du nombre d'exploitants sur la commune. Les prairies naturelles sont très importantes. Les difficultés de l'activité sont liées au parcellaire de petite taille, au relief et à la demande d'urbanisation. Les friches se développent, notamment dans les fonds de vallées et sur les pentes les plus fortes. 6. Presqu'île de Plougastel - Céréales en baisse (15 à 20%) - Fourrages stables (50 à 60%) - STH en hausse (15-20%) - Légumes : importance des légumes (20%) - Cheptels : Peu de bétail - Exploitations : Très forte réduction du nombre d'exploitations mais très petites exploitations. - Exploitants : population agricole encore âgée en 2000. Forte diminution de l'agriculture traditionnelle fondée sur la culture de fruits et de légumes en pleine terre. Les prairies et les friches se sont étendues. La production principale actuelle est centrée sur la production de fruits (fraises), de légumes (tomates, poivrons), de fleurs (roses) en serres ou sous tunnel. On note également des installations d'exploitations biologiques ou de terroir. Les départs en retraite devraient encore se poursuivre. 21

7. CUB Landerneau, Plougonvelin, Lampaul-Plouarzel - Céréales : 20-30%, plus présents près de la mer - Fourrages : 60%, plus développés près de l'élorn - STH : 10%, 15% près de l'élorn - Légumes : présents mais inférieur à 10% - Cheptels : le bétail n'est pas très important. On peut cependant relever un peu d'élevage de porcs à Gouesnou (en hausse). Les bovins sont plus présents au nord et à l'ouest de Brest. - Exploitations : la réduction du nombre d'exploitation est importante et les exploitations de plus de 35 hectares représentent 40%. - Exploitants : Les départs en retraites ont été nombreux et vont se poursuivre sur les communes de La Forest-Landerneau et de Landerneau. Dans ce secteur fortement urbanisé, l'agriculture est en déclin. Elle comprend des fourrages, un peu d'élevage bovins et du maraîchage propre à l'agriculture périurbaine. 8. Espace intermédiaire entre urbanisation et grande agriculture - Céréales : 20 % près de l'élorn, 45 % sur les plateaux - Fourrages : 50-60%, 25-45% - STH : 15% - Légumes : à Pencran et La Roche-Maurice. - Cheptels : un peu d'élevage : porcs à Pencran (en baisse) et à Saint-Thonan, bovins à Kersaint-Plabennec. - Exploitations : de moyenne à grande dimension. - Exploitants : départs en retraites importants effectués à l'ouest et qui devraient se poursuivre à l'est. Secteur fortement concerné par le développement de l'urbanisation et qui devrait encore évoluer dans les années à venir. Les évolutions sont parfois très différentes d'une commune à l'autre. 9. Le plateau léonard - Céréales : 20-30% à l'ouest, 30-35% à l'est - Fourrages : 50-60% à l'ouest, 40-45% à l'est - STH : 10% à l'ouest, 15-20% à l'est - Légumes : près de la côte à l'ouest (0-10%), bande NO-SE à l'est (15-20%) 22

- Cheptels : Elevage bovin important avec hausse des bêtes à viande, qui deviennent dominantes sur les vaches laitières. Elevages de porcs et de volailles très importants et en hausse. - Exploitations : la réduction du nombre d'exploitations semble bien aboutie, - Exploitants : la pyramide des âges est régulière. Secteur où la SAU est stable, l'agriculture est très dynamique, cumulant culture intensive (rapport SAU/surface communale supérieure à 70%) et élevage intensif dont hors-sol. Les crises du porc et de la volaille auront des conséquences sociales non négligeables et lègueront des ruines de bâtiments d'élevage. Il pourrait également y avoir des répercussions sur les parcelles portant des cultures de céréales. Le découplage à venir des aides européennes pourrait les rendre à la pâture ou à la culture de fourrages pour les bovins. L'est de ce secteur comprend davantage d'élevage de volaille et de culture de céréales. Il sera donc davantage fragilisé. 10. Flanc ouest de la vallée du Quillimadec - Céréales : 20 % en hausse - Fourrages : 45% en baisse - STH importantes : 15-20% - Légumes : 10-15% - Cheptels : importance moyenne des bovins (en baisse) avec prépondérance ou bonne résistance des vaches laitières. Porcs et volailles moins présents que sur les pourtours. - Exploitations : réduction très forte du nombre d'exploitations aboutissant à une plus faible densité que dans les secteurs avoisinants. - Exploitants : pyramide des âges sans caractéristiques particulières. Le secteur se distingue par une diminution de l'activité agricole : baisse des effectifs du bétail, baisse du nombre d'exploitations, baisse marquée de la surface agricole utilisée par les exploitants des communes. Cette situation particulière au sein du plateau léonard peut s'expliquer par l'extension de l'urbanisation de Lesneven et par la présence d'importantes surfaces de prairies humides situées entre le Quillimadec et l'aber Wrac'h. 11. Le Conquet - Céréales stables : 35% - Fourrages stables : 40% - STH : 10% - Légumes : 5-20% 23

- Cheptels : l'élevage est assez faible. - Exploitations : la réduction du nombre d'exploitation est plus faible qu'ailleurs : la densité était plus faible en 1979, elle est plus haute en 2000. - Exploitants : la pyramide des âges des exploitants a toujours été plutôt jeune. La SAU des exploitants de la commune augmente. Par conséquent, ils exploitent des terres sur les communes voisines de Trébabu et de Plougonvelin. L'agriculture de la commune du Conquet se différencie nettement de celle pratiquée sur le plateau léonard par une moindre grande part accordée à l'élevage et aux fourrages et une plus grande part faite aux céréales et aux légumes. Cependant, elle ne connaît pas la déprise qui se fait sentir sur sa voisine Plougonvelin. 12. Lanildut, Porspoder, Landunvez - Céréales en hausse : 40% - Fourrages en baisse : 30-40% - STH en baisse à Lanildut et Landunvez (5-10%) et en hausse à Porspoder (23%) - Légumes à Landunvez (serres de tomates) et Lanildut : 10% - Cheptels : bovins en baisse, porcins en nette hausse, volailles stables. - Exploitations : réduction du nombre d'exploitations importante pour atteindre une densité des exploitations équivalente à celle du plateau léonard. - Exploitants : proportion des exploitants âgés importante à Porspoder en 2000. La SAU des exploitations des communes de Lanildut et de Porspoder a un peu augmenté, celle de Landunvez est en baisse. Ces communes se distinguent de l'ensemble du plateau léonard par une proportion de céréales supérieure à celle des fourrages et par la faiblesse des bovins. Elles tendent à s'en rapprocher par l'importance du porc. La commune de Porspoder est cependant plus proche du type "plateau léonard". Après la crise des quotas laitiers, l'élevage porcin est venu se substituer à l'élevage bovin. La plus petite dimension des exploitations a peut-être favorisé cette mutation. Cette orientation vers le porc entraîne des conflits avec les résidents à cause des conséquences néfastes pour la qualité des ressources en eau et des nuisances olfactives. Le tourisme est également concerné : nuisances olfactives et algues vertes sur les plages. Les efforts de mise aux normes et la crise du porc devraient en partie résoudre ces difficultés, mais au détriment de la situation sociale des exploitants. L'urbanisation littorale est importante et très étalée. 13. La côte des abers - Céréales en hausse : 30% 24

- Fourrages en baisse : 40-50% - STH : 5-10% - Légumes stables ou en hausse : 10-20% - Cheptels : bovins en forte baisse, un peu de porcs, volailles en hausse à Guissény. - Exploitations : la réduction du nombre d'exploitation a été très forte (70%) et continue en 20 ans pour tendre à la densité de l'ensemble du plateau léonard. - Exploitants : la proportion d'exploitants âgés est importante sur Saint-Pabu alors qu'elle ne l'est plus sur les autres communes. La SAU des exploitants de la commune est partout en baisse. Cet espace se distingue du plateau léonard par une part un peu plus importante de céréales, par une faiblesse des STH, par la forte proportion de légumes et surtout par la faible part de l'élevage. L'agriculture de ce secteur est en recul. Elle a été remplacée en partie par une urbanisation très diffuse et par le tourisme. La baisse du nombre d'exploitations devrait se poursuivre avec les crises que connaissent les élevages de volailles et de porcs. L'agriculture devrait essentiellement se tourner vers des productions végétales, ce qui aura l'avantage de réduire l'apport en nitrate mais aura l'inconvénient d'augmenter les apports de produits phytosanitaires, à moins qu il ne s agisse d exploitation «bio». 14. La zone légumière - Céréales en forte croissance : 30% - Fourrages en baisse : 5% - STH en baisse : 4% - Légumes : 58% - Cheptels : faiblesse de l'élevage. - Exploitations : très forte réduction du nombre d'exploitations, mais qui restent encore de petite dimension ; la densité est double de celle du plateau léonard. - Exploitants : pyramide des âges plutôt régulière, avec des départs à prévoir sur Brignogan-Plage. La SAU est en légère baisse. L'agriculture de ce secteur est proche de la monoactivité. Elle s'exerce sur de petites parcelles fortement imbriquées dans l'urbanisation importante et très diffuse. Près du littoral, des parcelles sont abandonnées au profit de l'installation d'habitations de loisir et de constructions neuves. L'intensification des cultures a entraîné des rotations très rapides. La pression des cultures et les labours fréquents ont conduit à une diminution inquiétante de la matière organique. Cette diminution associée à la faible granulométrie des sols provoque un compactage des surfaces qui nuit à un bon développement des légumes. Des apports massifs de compost peuvent compenser cette dégradation des sols. 25

1. Agriculture de type «bassin de Châteaulin» 2. Agriculture semi intensive en régression, bois et landes 3. Agriculture intensive de modèle «léonard» 4. Agriculture en forte régression 5. Agriculture littorale en déprise, pression foncière, mitage important 6. Déprise de l agriculture traditionnelle, développement des serres et de l agriculture alternative 7. Zone urbanisée ou fortement mitée, agriculture de serres et de maraîchage 8. Espace intermédiaire à forte pression foncière 9. Culture et élevage intensifs du plateau léonard 10. Zone de vallée en déclin 11. Maintien de l agriculture littorale 12. Agriculture intensive à dominante élevages porcins 13. Zone littorale urbanisée ou fortement mitée 14. Zone légumière fortement mitée 26

Synthèse La richesse et les spécificités de l'agriculture du Pays de Brest reposent sur la présence de limon sur le plateau du Léon et d un climat sous influences maritimes propices. Ces atouts ont permis le développement d'une agriculture fondée sur le couple polyculture-élevage, particulièrement intensive au cœur du plateau léonard. En revanche, au sud de l'élorn, les conditions pédologiques sont moins favorables et plus hétérogènes. A l'alternance des schistes, des quartzites et des grès correspond celle des bonnes terres et des terres plus ingrates. Sur les sommets, les roches dures qui ont mieux résisté à l'érosion supportent des sols de faibles épaisseurs et de faible qualité agronomique, qui associés aux températures beaucoup plus basses, aux pluies plus abondantes et aux vents forts, limitent le développement de l'agriculture. Sur les côtes, l ensoleillement et les températures supérieurs a favorisé les cultures de légumes et des primeurs. Dans les dernières décennies, la culture des légumes est en net recul au profit de l urbanisation ou de la culture des céréales, venues également bénéficier de ces conditions particulières. Malgré cette régression, deux secteurs se distinguent plus particulièrement : - au nord-est, la "ceinture dorée", où l'épaisseur particulièrement importante du limon a conduit depuis longtemps au développement d'une zone légumière très intensive ; - les communes du Relecq-Kerhuon et de Plougastel-Daoulas qui bénéficiaient de la proximité de l'agglomération et qui aujourd hui ont trouvé un repli dans la culture sous serres. Ces diverses caractéristiques territoriales et l'évolution de la production agricole ont conduit à des espaces où l'agriculture est toujours dynamique et à d'autres où la déprise est sensible. Parmi les espaces où l'agriculture conserve toute sa place, le plateau léonard 9 est sans conteste celui qui est le plus intensivement cultivé. La SAU communale est supérieure à 70 %. La quantité de bétail y est globalement plus élevée qu'ailleurs. La concentration de bovins est une des plus élevée de Bretagne. La politique des quotas laitiers a cependant entraîné un développement massif de l'élevage porcin. L'agriculture est tellement dominante que les espaces naturels sont rares et pauvres : les boisements sont quasi inexistants et les quelques fonds de vallée humides abandonnés se sont enfrichés. La nécessité d'épandre les effluents de l'élevage hors-sol et le trafic des engins agricoles rend la cohabitation avec les résidents non agricoles parfois difficile. L'avenir immédiat va certainement apporter des changements qui devraient en partie résoudre cette difficulté. La crise de 27

l'élevage de volaille et celle qui devrait atteindre celui du porc devrait tendre à une diminution du nombre d'élevages. La disparition des petits et moyens élevages les moins rentables ou dans l'impossibilité de se mettre aux normes environnementales conduira à un effet de concentration pour les plus gros, mais aussi à une diminution des effectifs. Les élevages les plus importants subsisteront grâce à leur aptitude à substituer le traitement les effluents à l'épandage. La difficulté résidera dans la capacité des petites rivières à absorber les rejets des équipements de traitement, d'autant qu'ils seront en concurrence avec les rejets des stations d'épuration des effluents domestiques et industriels. Il semblerait que l'évolution des marchés économiques, le durcissement des règles environnementales et la croissance de la densité de la population dans cet espace soit autant de facteurs qui fragiliseront la présence des élevages porcins hors-sol. En ce qui concerne l'élevage bovin, la situation est pour le moment stable mais les exploitants semblent "sur le fil". La réforme de la PAC, d'une part, et la faiblesse du niveau de transformation des produits laitiers, d'autre part, pourraient fragiliser une filière qui fonctionne avec des quotas et des prix garantis. Une crise chez les producteurs laitiers aurait de sérieuses conséquences sur le territoire du Pays de Brest. L'élevage bovin utilisant beaucoup d'espace, son recul se traduira par un important abandon de terres, ce qui s'avèrera problématique en matière d'aménagement du territoire. Mais cette hypothèse pourrait être modulée par une "désintensification" de l'élevage bovin. Les perspectives seront très difficiles à évaluer en raison de l'absence de lisibilité à courts et moyens termes. Dans le cadre du SCoT, nous nous trouvons donc face à un choix politique : faut-il continuer à donner la primauté de l'agriculture sur cet espace en contenant désormais le développement de l'urbanisation ou bien faut-il accepter de donner une plus grande place à l'urbanisation, dont la présence aura vraisemblablement pour effet de faire réduire l'élevage porcin. On précisera toutefois que le plateau léonard possède les meilleures terres du Pays de Brest, lesquelles pourraient redevenir un atout si il y avait un développement de nouvelles cultures tels que les carburants verts ou autres nouveaux matériaux. Le secteur entre la rive sud de l'élorn et les crêtes d'hanvec 3 constituent le second secteur où l'agriculture occupe une grande partie de l'espace. Celle-ci y est cependant moins intensive que sur le plateau léonard. Un relief plus perturbé et une moindre qualité agronomique des sols n'a pas permis une mise en valeur du territoire aussi poussée que dans le nord. Les boisements sont nombreux sur les pentes, les versants nord et les sommets de buttes. Quelques communes ont une SAU communale qui atteint 70 % ; pour les autres, elle se situe généralement autour de 60 %. La part de la culture de légumes est assez importante. Là aussi, les porcs ont en partie remplacé les bovins. Les bovins sont élevés de manière moins intensive : les surfaces toujours en herbe (STH) sont plus importantes que dans le plateau léonard. Leur réduction aura les mêmes incidences que pour l'espace du plateau léonard. Moins intensément cultivé, cet espace est également moins soumis à la pression de l'urbanisation. Depuis la construction du pont de l'iroise, les communes proches de la voie rapide sont devenues prisées mais, dans l'ensemble, les nouvelles constructions sont plutôt réalisées autour des bourgs. La physionomie de 28

cet espace est plus varié. L'alternance d'une agriculture dynamique mais où les prairies sont nombreuses, de boisements abondants et d'une urbanisation encore maîtrisée contribue à la bonne qualité de cet espace. Dans l'avenir, il devrait connaître une évolution similaire à celle du plateau léonard avec une diminution de l'élevage hors-sol. En revanche, l'agriculture et l'urbanisation devraient être beaucoup moins en concurrence. On peut estimer que cet espace se trouve dans un équilibre satisfaisant auquel il faudra cependant veiller. Sur la commune de Saint-Ségal 1, l'agriculture est également très présente (entre 60 et 70 % de SAU communale), mais elle se distingue par son appartenance au type "bassin de Châteaulin", fondée sur l'importance donnée aux céréales et à l'élevage de granivores tandis l'espace accordé à l'élevage des bovins est bien plus réduit. Les parcelles son grandes et ouvertes. Les rares boisements sont relégués aux pentes des vallons. Les crises de la volaille et du porc va se traduire par l'abandon de bâtiments d'élevage et par une crise sociale chez les exploitants. La déprise agricole est manifeste dans les espaces urbanisés de la rive droite de la rade, à Lampaul-Plouarzel, à Plougastel, sur les communes du fond de rade, dans la partie occidentale de la presqu'île de Crozon et dans la vallée du Quillimadec. Les situations sont cependant très différentes. De Plougonvelin à Landerneau 7, en front de mer, l'urbanisation a remplacé l'agriculture. Seuls les vallons, la portion de littoral protégé entre Locmaria-Plouzané et Plouzané et les boisements de La Forest-Landerneau constituent des coupures naturelles. L'agriculture est encore présente aux franges mais elle est plutôt orientée sur l'élevage bovin ou s'est spécialisée dans le maraîchage et la culture de légumes sous serres. À Lampaul-Plouarzel, l'agriculture a quasiment disparu. Près du littoral, l'urbanisation de type touristique se développe en bord de mer. À l'intérieur des terres, elle s'étale à partir des pôles anciens. L'évolution de ces secteurs devrait être tendancielle : l'urbanisation de l'agglomération devrait poursuivre son étalement au détriment de l'agriculture. Il semblerait judicieux de la maîtriser un minimum en proposant une densification partielle et de veiller à la qualité de l'espace en préservant des coupures vertes qui viendraient s'appuyer sur les variations du relief et les espaces naturels comme les vallons, les boisements et les zones humides. À Plougastel 6, la culture sous serre et l'agriculture bio ne concernent que de petites surfaces. Ailleurs, le développement des friches est très important et les prairies prennent de l'ampleur. La proximité de l'agglomération brestoise et le cadre de vie de qualité sur la presqu'île attire de plus en plus de monde. La tendance devrait se poursuivre dans l'avenir. Le développement des friches tendra malheureusement à banaliser l'espace et posera peut-être des problèmes d'entretien. Dans le fond de Rade 5, les communes de Logonna-Daoulas et de l'hôpital- Camfrout connaissent une forte déprise, celle de Loperhet se situe dans un stade plus intermédiaire. La SAU communale ne représente plus que 30 à 40 % de la commune et tous les critères de production sont faibles et en baisse. La bonne tenue de la commune voisine de Daoulas pourtant très urbanisée fait cependant penser 29

que des agriculteurs de cette commune exploitent sur les communes du fond de rade. L'urbanisation s'est installée de manière anarchique sur la frange littorale. Dans l'ouest de la presqu'île de Crozon4, l'agriculture traditionnelle est également en voie de disparition, notamment dans les pointes, sans que de nouvelles cultures soient venues se substituer. L'enfrichement important conduit à la fermeture et à la banalisation des espaces. L'urbanisation très diffuse et sans qualité contribue également à cette banalisation. Après avoir fait une avancée pendant deux siècles, l'agriculture marque un recul dû à un recentrage sur les meilleures terres. Mais si autrefois les espaces dits communaux étaient entretenus par le pâturage du bétail, aujourd'hui l'abandon de l'agriculture pose de sérieux problèmes de gestion. Il est vraisemblablement inutile d'envisager un retour de l'agriculture sur ces maigres sols, exposés aux intempéries. L'avenir de la presqu'île pourrait passer par un "retour à la nature de certains espaces" qui cohabiterait avec les activités touristiques. Cela relèverait d'un grand projet de territoire innovant qui viserait à requalifier les espaces. Il nécessiterait un important travail scientifique d'observation et de gestion de ce "retour à la nature" qui pourrait se faire en lien avec l'université, le PNRA et les associations de protection de la nature. L'aménagement de se secteur mettrait en avant les principes de la gestion intégrée. La vallée du Quillimadec (10) se distingue du plateau léonard par une agriculture nettement moins dynamique. La densité du bétail est bien plus faible, les surfaces toujours en herbes importantes et la SAU communale connaît une sérieuse baisse. Dans ce secteur assez vallonné, comprenant des boisements sur les pentes et des zones humides dans les fonds, l'agriculture se cantonne aujourd'hui sur les hauteurs. La nouvelle politique de la PAC pourrait seulement freiner l'hémorragie. Dans le cadre du SCoT, il faudra prévoir une politique volontariste d'usage ou de gestion de ces espaces qui tendent à l'abandon ou sont phagocités par l'urbanisation autour de Lesneven. Entre les secteurs dynamiques et les secteurs en déprise, il existe de nombreuses autres situations. Autour de l'aulne et à l'est de la presqu'île de Crozon 2, l'agriculture glisse vers le modèle du bassin de Châteaulin avec un développement de la culture des céréales et de l'élevage des volailles. Sur les communes du Faou et d'hanvec, l'agriculture est assez plus faible : boisements, prairies et landes constituent une grande part de la surface. Hormis la présence des grands bâtiments d'élevage et le développement de l'urbanisation du côté de la baie de Douarnenez, le secteur présente une grande qualité paysagère avec une abondance de boisements, les landes du Menez-Hom et du Menez-Meur, le magnifique estuaire de l'aulne et la mosaïque bien ordonnancée des parcelles agricoles. Les routes offrent de riches perspectives sur cet ensemble. Les éléments du patrimoine bâti sont intéressants. Le milieu naturel est encore bien présent et très diversifié cumulant les boisements de feuillus, les landes, les zones 30

humides, les falaises, les rives du fond de rade et de l'estuaire. L'agriculture est fragilisée à court et moyen terme par la crise de la volaille et les départs en retraite. La reprise des exploitations ne sera pas forcément assurée. L'avenir passe peut-être par une mise en valeur de ce territoire par le développement modéré d'un tourisme vert et l'exploitation plus importante du bois, ce qui implique de faire des plantations et de mettre en place des filières bois, notamment pour la chauffage. L'extension de l'urbanisation à l'est de Brest et de Landernau a constitué un espace intermédiaire 8 où l'agriculture est encore présente mais perturbée. La SAU est plutôt en recul, ce qui indique que des terres sont abandonnées au profit de l'urbanisation, mais l'agriculture reste dynamique sur les espaces qui lui sont encore dévolus. L'évolution de ce secteur devrait se poursuivre selon cette tendance. Il faudra veiller aux problèmes d'inondations et à la qualité paysagère dans la vallée de l'élorn. Sur le littoral du plateau léonard, l'agriculture reste dynamique sur la commune du Conquet (11) et dans la zone légumière (14). Elle associe culture de céréales et de légumes, avec un peu d'élevage au Conquet. Le développement de l'urbanisation et du tourisme, sensible dans les deux secteurs, incite les agriculteurs du Conquet à exploiter les terres sur les communes voisines et ceux de la zone légumière à abandonner un peu de terres. À noter que le type de cultures très végétales admet sans problème la cohabitation, même très imbriquées, avec l'urbanisation. Si l'agriculture de la commune du Conquet semble pouvoir perdurer à moyen terme, celle de la zone légume trop spécialisée est susceptible d'être fragilisée par l'évolution des cours des légumes et la dégradation des sols. Le développement économique devra tenir compte de l'agriculture dans ces deux secteurs. Sur les communes longées par la route touristique (12), de Lanildut à Portsall, certains secteurs de l'agriculture sont dynamiques, d'autres en recul. L'urbanisation très diffuse est importante sur la côte entre Lanildut et Argenton. L'enjeu réside dans la difficulté à faire cohabiter de l'habitat et des activités touristiques avec l'élevage hors-sol. Les nuisances olfactives récurrentes et les masses d'algues vertes sur les plages sont là pour le prouver. La crise du porc en préparation et les contraintes environnementales devraient résoudre en partie le problème. La polyculture et l'élevage bovin seraient plus satisfaisants dans cet espace. La côte des abers (13) connaît de plus grandes difficultés ou du moins une mutation. L'élevage, quel qu'il soit, est en net recul, tandis que les céréales et les légumes occupent de plus grandes surfaces. La diminution de la SAU indique toutefois que des terres sont abandonnées, un peu au profit de la friche mais plus vraisemblablement à celui de l'urbanisation. La cohabitation des activités est donc plus aisée que dans le secteur précédent. Les difficultés à venir seront de dimension paysagère : il faudra veiller à éviter la banalisation des espaces due à une urbanisation anarchique. 31