Item 182 : Accidents des anticoagulants



Documents pareils
Accidents des anticoagulants

Observation. Merci à l équipe de pharmaciens FormUtip iatro pour ce cas

Livret des nouveaux anticoagulants oraux. Ce qu il faut savoir pour bien gérer leur utilisation

UTILISATION DES C.C.P DANS LES HEMORRAGIES SOUS AVK ET SOUS NACO : RECOMMANDATIONS DE L HAS COPACAMU 2014

E04a - Héparines de bas poids moléculaire

1 - Que faut-il retenir sur les anticoagulants oraux?

Fibrillation atriale chez le sujet âgé

XARELTO (RIVAROXABAN) 2,5 MG - 15 MG - 20 MG, COMPRIMÉS PELLICULÉS GUIDE DE PRESCRIPTION

prise en charge médicale dans une unité de soins

Anatomie. Le bassin inflammatoire. 3 grands cadres. 4 tableaux. Spondylarthrite ankylosante. Spondylarthrite ankylosante 26/10/13

UTILISATION ET PRECAUTION D EMPLOI DES AINS Professeur Philippe BERTIN, Chef de Service de Rhumatologie, CHU Limoges Octobre 2009

E03 - Héparines non fractionnées (HNF)

Prise en charge de l embolie pulmonaire

27 ème JOURNEE SPORT ET MEDECINE Dr Roukos ABI KHALIL Digne Les Bains 23 novembre 2013

Leucémies de l enfant et de l adolescent

Hémostase et Endocardite Surveillance des anticoagulants. Docteur Christine BOITEUX

Pr. S. EL Hassani Unité de Rhumatologie Marrakech

Pharmacologie des «nouveaux» anticoagulants oraux

HERNIE DISCALE LOMBAIRE

Une forte dynamique des prescriptions de ces nouveaux anti-coagulants oraux

admission directe du patient en UNV ou en USINV

HÉPARINES DE BAS POIDS MOLÉCULAIRE

HERNIE DISCALE LOMBAIRE

Spondylarthropathies : diagnostic, place des anti-tnf et surveillance par le généraliste. Pr P. Claudepierre CHU Henri Mondor - Créteil

Antiagrégants plaquettaire, anticoagulant et gestes en rhumatologie

L arthrose, ses maux si on en parlait!

Le diagnostic de Spondylarthrite Ankylosante? Pr Erick Legrand, Service de Rhumatologie, CHU Angers

Point d information Avril Les nouveaux anticoagulants oraux (dabigatran et rivaroxaban) dans la fibrillation auriculaire : ce qu il faut savoir

I Identification du bénéficiaire (nom, prénom, N d affiliation à l O.A.) : II Eléments à attester par un médecin spécialiste en rhumatologie :

Item 175 : Prescription et surveillance des antithrombotiques

Réflexions sur les possibilités de réponse aux demandes des chirurgiens orthopédistes avant arthroplastie

Assurance Maladie Obligatoire Commission de la Transparence des médicaments. Avis 2 23 Octobre 2012

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE AVIS. 10 mai 2006

S o m m a i r e 1. Sémiologie 2. Thérapeutique

{ Introduction. Proposition GIHP 05/12/2014

Informations sur le rivaroxaban (Xarelto md ) et l apixaban (Eliquis md )

B06 - CAT devant une ischémie aiguë des membres inférieurs

Nouveaux Anticoagulants. Dr JF Lambert Service d hématologie CHUV

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE. Avis. 10 mars 2010

neurogénétique Structures sensibles du crâne 11/02/10 Classification internationale des céphalées:2004

B08 - CAT devant une thrombose veineuse profonde des membres inférieurs

Cette intervention aura donc été décidée par votre chirurgien pour une indication bien précise.

Carte de soins et d urgence

STAFF ALR. 21 février 2013

SYNTHÈSE DES RECOMMANDATIONS PROFESSIONNELLES. Spondylarthrites. Décembre 2008

Cibles Nouveaux ACO AVK. Fondaparinux HBPM HNF. Xarelto. Eliquis Lixiana. Pradaxa PARENTERAL INDIRECT ORAL DIRECT. FT / VIIa.

Faut-il encore modifier nos pratiques en 2013?

Gestion périopératoire et des évènements hémorragiques sous nouveaux anticoagulants oraux

prise en charge paramédicale dans une unité de soins

Les nouveaux anticoagulants oraux, FA et AVC. Docteur Thalie TRAISSAC Hôpital Saint André CAPCV 15 février 2014

INTERET PRATIQUE DU MDRD AU CHU DE RENNES

CEPHALEES POST-BRECHE DURALE. Post Dural Puncture Headache (PDPH)

SYNOPSIS INFORMATIONS GÉNÉRALES

Prescription et surveillance d un traitement antithrombotique

VOUS et VOTRE NOUVEAU TRAITEMENT anticoagulant Eliquis, Pradaxa, Xarelto

Les nouveaux anticoagulants dans la Fibrillation atriale en pratique

Antiagrégants plaquettaires Anticoagulants

En considérant que l effet anticoagulant du dabigatran débute dans les 2 heures suivant la prise du médicament :

COMPÉTENCES et OBJECTIFS CONTRIBUTIFS HÉMOPHILIE SÉVÈRE

Nouveaux anticoagulants oraux (NOAC)

KARDEGIC 75 mg, poudre pour solution buvable en sachet-dose Acétylsalicylate de DL-Lysine

LES DOULEURS LOMBAIRES D R D U F A U R E T - L O M B A R D C A R I N E S E R V I C E R H U M A T O L O G I E, C H U L I M O G E S

Plan. Introduction. Les Nouveaux Anticoagulants Oraux et le sujet âgé. Audit de prescription au Centre Hospitalier Geriatrique du Mont d Or

Que sont les. inhibiteurs?

LA PROTHESE TOTALE DE GENOU

RIVAROXABAN ET TESTS DE BIOLOGIE MEDICALE

LE RACHIS : UNE ENTITE COMPLEXE IMPORTANTE A PRESERVER

Les nouveaux anticoagulants ont ils une place aux Urgences?

Vous et votre traitement anticoagulant par AVK (antivitamine K)

Faculté de Médecine Montpellier-Nîmes

LA LOMBALGIE CHRONIQUE : Facteurs de risque, diagnostic, prise en charge thérapeutique

Item 154 : Tumeurs des os primitives et secondaires (Évaluations)

Les anticoagulants. PM Garcia Sam Hamati. sofomec 2008

Lombosciatalgie aigue et chronique Quelle prise en charge? Dr Azizi Fatima Rabat

PRINTEMPS MEDICAL DE BOURGOGNE ASSOCIATIONS ANTIAGREGANTS ET ANTICOAGULANTS : INDICATIONS ET CONTRE INDICATIONS

admission aux urgences

Les maladies valvulaires

MONOGRAPHIE DE PRODUIT

Aspects pratiques du traitement de la MTEV

Traitement des calculs urinaires par fragmentation (Lithotripsie par ondes de choc extracorporelle)

Les nouveaux anticoagulants oraux : quelles interactions médicamenteuses?

Deux nouveaux anticoagulants oraux : Dabigatran et Rivaroxaban

N oubliez pas de sauvegarder après avoir intégré ce fichier dans votre espace extranet!

DON DE SANG. Label Don de Soi

PRISE EN CHARGE DES PRE ECLAMPSIES. Jérôme KOUTSOULIS. IADE DAR CHU Kremlin-Bicêtre. 94 Gérard CORSIA. PH DAR CHU Pitié-Salpétrière.

INDICATIONS DE L AMYGDALECTOMIE CHEZ L ENFANT

Algorithme d utilisation des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)

ANNEXE I RESUME DES CARACTERISTIQUES DU PRODUIT

Hémorragies cérébrales et nouveaux anticoagulants

Item 169 : Évaluation thérapeutique et niveau de preuve

Collection Soins infirmiers

Nouveaux anticoagulants oraux : aspects pratiques

Accidents musculaires. Dr Marie-Eve Isner-Horobeti Praticien Hospitalier Service de Médecine Physique et de Réadaptation CHU Strasbourg-Hautepierre

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE AVIS. 18 janvier 2006

de la thrombose veineuse et de l embolie pulmonaire

Conseils aux patients* Lutter activement. *pour les patients ayant subi une opération de remplacement de la hanche ou du genou

LES NOUVEAUX ANTICOAGULANTS

Bien vous soigner. avec des médicaments disponibles sans ordonnance. juin Douleur. de l adulte

Transcription:

Item 182 : Accidents des anticoagulants COFER, Collège Français des Enseignants en Rhumatologie Date de création du document 2010-2011

Table des matières ENC :...3 SPECIFIQUE :...3 I Cruralgie par hématome du psoas...3 I.1 Signes évocateurs d'un hématome du psoas devant une cruralgie... 3 I.1.1 À l'interrogatoire... 3 I.1.2 À l'examen clinique...4 I.1.3 Explorations complémentaires... 4 I.2 Diagnostic positif...4 II Traitement d'un hématome musculaire par surdosage en AVK...4 III Infiltration articulaire périphérique et rachidienne sous antiagrégant plaquettaire ou sous AVK...5 III.1 Infiltrations rachidiennes de corticoïdes... 5 III.2 Infiltration articulaire périphérique (corticoïde ou autre produit)... 6 IV Reconnaître une hémarthrose et son origine iatrogène... 6 V Interactions des AVK avec les médicaments utilisés en rhumatologie... 6 V.1 Associations contre-indiquées... 6 V.2 Associations déconseillées... 7 V.3 Associations nécessitant des précautions d'emploi...7 VI Arthropathies hémophiliques...7

ENC : OBJECTIFS Diagnostiquer un accident des anticoagulants. Identifier les situations d'urgence et planifier leur prise en charge. SPECIFIQUE : Connaître les signes cliniques, les données d'examens complémentaires et les complications d'une cruralgie par hématome du psoas. Connaître les principes généraux de la prise en charge d un hématome du psoas par surdosage en antivitamine K (AVK), évoquer les hématomes musculaires en général. Connaître les précautions à prendre avant une infiltration articulaire périphérique et rachidienne chez un patient sous antiagrégant plaquettaire ou sous AVK. Savoir reconnaître une hémarthrose et son origine iatrogène. Connaître les interactions entre anticoagulants et médicaments rhumatologiques. Principe de prise en charge des arthropathies hémophiliques à la phase aiguë et au stade d'arthropathie constituée. I CRURALGIE PAR HÉMATOME DU PSOAS L hématome de la gaine du psoas est un accident hémorragique majeur d un traitement anticoagulant (TAC), le plus souvent par AVK. Un tel accident doit être évoqué systématiquement chez un patient souffrant d une cruralgie (voir chapitre 34) et recevant un TAC. I.1 SIGNES ÉVOCATEURS D'UN HÉMATOME DU PSOAS DEVANT UNE CRURALGIE I.1.1 À l'interrogatoire On recherche la notion de TAC, c est-à-dire systématiquement : une augmentation récente de la dose du TAC; l absence de surveillance biologique régulière du TAC ; un surdosage biologique récent (INR > 3) ; une interaction avec un autre médicament débuté récemment ou dont la dose aura été récemment modifiée ; une modification récente du régime alimentaire.

Sont aussi à rechercher : l absence d antécédent de lombalgie ou de radiculalgie ; une cruralgie sans lombalgie associée ; une cruralgie de début aigu, très intense, avec une impotence fonctionnelle totale ; parfois, une douleur de la fosse iliaque. I.1.2 À l'examen clinique On recherche : un psoïtis (contracture douloureuse, permanente et invincible du psoas à l origine d une flexion irréductible de la hanche) ; cet élément clinique est très évocateur, ce d autant qu il ne se retrouve pas normalement dans une cruralgie banale ; un déficit neurologique sensitif (hypoesthésie superficielle à la face antérieure de la cuisse) et moteur (parésie ou paralysie du quadriceps) ; parfois, une douleur de la fosse iliaque, profonde, à la palpation. I.1.3 Explorations complémentaires On recherche : un INR supérieur à 3, habituellement supérieur à 5. la disparition de l ombre du psoas sur une radiographie du rachis lombaire de face ou sur un ASP. I.2 DIAGNOSTIC POSITIF En cas de suspicion d hématome du psoas, on demandera une imagerie permettant de le visualiser : échographie ou scanner abdomino-pelvien. II TRAITEMENT D'UN HÉMATOME MUSCULAIRE PAR SURDOSAGE EN AVK Toute cruralgie ou toute douleur musculaire aiguë, spontanée ou d origine traumatique (traumatisme direct ou indirect), survenue sous AVK, doit faire évoquer l hypothèse d un hématome musculaire et impose : l arrêt immédiat de l effort éventuel, la mise au repos et l application de glace sur le muscle ; la réalisation d examens biologiques en urgence : groupe, rhésus, RAI, NFS, plaquettes, INR, créatininémie, ionogramme sanguin ; l évaluation de la gravité de l hématome : intensité de la douleur ; retentissement de l hémorragie : anémie, trouble hémodynamique (fréquence cardiaque,

pression artérielle) ; volume de l hématome (tuméfaction musculaire, échographie/scanner). Dans le cas d une cruralgie ou d une douleur musculaire aiguë avec volumineux hématome, ou dans le cas d un INR > 20, la conduite à tenir est la suivante : - correction du retentissement de l hémorragie ; - traitement antalgique, - administration d une dose de 10 mg de vitamine K par voie intraveineuse lente, associée selon l urgence à du plasma frais congelé ou à un concentré de facteurs vitamine K- dépendants (Kaskadil ). - Après correction du trouble de l hémostase, l évacuation de l hématome est parfois discutée, mais avec beaucoup de prudence : ponction guidée par l échographie ou le scanner, voire évacuation chirurgicale si absolument nécessaire. En cas d hématome de petit volume, sans retentissement : - antalgiques (en évitant le paracétamol qui peut augmenter l INR), - supprimer une ou deux prises d AVK et administrer de la vitamine K per os selon l INR (1 à 2 mg si 5 < INR < 10 ; ou 3 à 5 mg si 10 < INR < 20) ; - contrôler l INR toutes les 12 à 24 heures : une nouvelle administration de vitamine K est parfois nécessaire. Dans tous les cas, la guérison de l hématome sera suivie par l échographie ou le scanner. III INFILTRATION ARTICULAIRE PÉRIPHÉRIQUE ET RACHIDIENNE SOUS ANTIAGRÉGANT PLAQUETTAIRE OU SOUS AVK La réalisation d une infiltration articulaire périphérique ou rachidienne n est habituellement pas une nécessité urgente. Le risque de complication hémorragique d un tel geste réalisé chez un patient sous TAC est faible mais justifie l évaluation préalable du rapport bénéfice attendu/risque. III.1 INFILTRATIONS RACHIDIENNES DE CORTICOÏDES Une infiltration rachidienne réalisée chez un patient sous TAC lui fait courir le risque d une hémorragie intrarachidienne dont les conséquences sont graves. Ainsi, un traitement par AVK est une contre-indication aux infiltrations rachidiennes de corticoïdes. Si une infiltration rachidienne est nécessaire, l AVK sera interrompu et relayé par une héparine de bas poids moléculaire (HBPM) ; l infiltration sera réalisée lorsque l INR sera inférieur à 1,5 et 24 heures après l injection d HBPM. Une infiltration péridurale n est pas recommandée en cas de traitement par antiagrégant plaquettaire (aspirine, clopidogrel [Plavix ], ticlopidine [Ticlid ]), ou par un AINS ayant

des propriétés d antiagrégant plaquettaire. Si une telle infiltration est nécessaire, il est possible (indication hors AMM) de relayer le traitement antiagrégant plaquettaire par le flurbiprofène (Cébutid ) à la dose de 50 mg matin et soir. L infiltration péridurale sera réalisée 10 jours après l arrêt de l antiagrégant plaquettaire et 24 heures après la dernière prise de flurbiprofène. III.2 INFILTRATION ARTICULAIRE PÉRIPHÉRIQUE (CORTICOÏDE OU AUTRE PRODUIT) Le risque d une infiltration articulaire périphérique chez un patient sous TAC est la survenue d une hémarthrose. L indication d un tel geste doit être discutée avec soin en tenant compte du bilan de coagulation, de la balance bénéfices/risques et de la nature de l articulation (risques plus importants si articulation profonde). Un traitement par antiagrégant plaquettaire peut être poursuivi. IV RECONNAÎTRE UNE HÉMARTHROSE ET SON ORIGINE IATROGÈNE Toute arthralgie aiguë survenant chez un patient sous TAC doit faire évoquer l hypothèse d une hémarthrose. La conduite à tenir définie pour un hématome musculaire (cf. supra) s applique à cette situation. Dans le cas d une articulation profonde, l échographie est utile pour montrer l existence d un épanchement articulaire et pour en apprécier le volume. Chez un patient indemne de pathologie articulaire, la nature hématique de l épanchement articulaire est hautement probable et la vérification par la ponction articulaire est rarement nécessaire. Dans le cas d une articulation pathologique (antécédent rhumatismal, traumatique, chirurgical, etc.), la nature hématique de l épanchement peut être évoquée par l échographie (épanchement hétérogène) mais nécessite parfois d être confirmée par la ponction articulaire permettant de réaliser une analyse bactériologique du liquide articulaire afin d éliminer l hypothèse d une arthrite septique. Le traitement de l hémarthrose suivra la procédure définie pour le traitement d un hématome musculaire (cf. supra). V INTERACTIONS DES AVK AVEC LES MÉDICAMENTS UTILISÉS EN RHUMATOLOGIE V.1 ASSOCIATIONS CONTRE-INDIQUÉES Il s'agit des médicaments suivants : Aspirine à forte dose : augmentation de l effet anticoagulant et du risque hémorragique en raison de l inhibition de l agrégation plaquettaire et de la modification de la liaison de

l anticoagulant aux protéines plasmatiques. Anti-inflammatoires non stéroïdiens pyrazolés : augmentation du risque hémorragique par inhibition de la fonction plaquettaire et en raison de l agression de la muqueuse gastroduodénale. V.2 ASSOCIATIONS DÉCONSEILLÉES Ce sont : l'aspirine à faible dose : augmentation de l effet anticoagulant et du risque hémorragique en raison de l inhibition de l agrégation plaquettaire. les autres anti-inflammatoires non stéroïdiens (y compris inhibiteur sélectif de la Cox-2 = coxibs) : augmentation du risque hémorragique par inhibition de la fonction plaquettaire pour les anti-inflammatoires non stéroïdiens non sélectifs, et agression de la muqueuse gastroduodénale. V.3 ASSOCIATIONS NÉCESSITANT DES PRÉCAUTIONS D'EMPLOI Il s'agit des associations suivantes : Allopurinol : augmentation de l effet anticoagulant et du risque hémorragique en raison d une interaction avec le métabolisme hépatique des AVK. Corticoïdes : modifications possibles du métabolisme des AVK, plus risques hémorragiques propres des corticoïdes. Enfin bien que cette notion soit peu connue, il convient de savoir que le paracétamol peut provoquer une augmentation de l INR, de façon dose-dépendante, par interaction avec le métabolisme hépatique. VI ARTHROPATHIES HÉMOPHILIQUES L hémarthrose aiguë nécessite : l immobilisation de l articulation (attelle ou orthèse) associée à des antalgiques ; la perfusion immédiate de facteurs VIII ou IX ; la ponction-évacuation de l épanchement s il est volumineux ; d éviter la prescription d aspirine et/ou d AINS augmentant le risque hémorragique. Le traitement prophylactique des hémarthroses repose sur les perfusions régulières de concentrés de facteurs lorsque les hémarthroses sont fréquentes. En cas de synovite chronique, une synoviorthèse isotopique est indiquée chez l adulte. Le traitement chirurgical (arthroscopie plutôt que chirurgie à ciel ouvert) est indiqué en cas de synovite chronique rebelle ou de blocage articulaire. En cas d arthropathie évoluée, la mise en place d une arthroplastie totale est discutée. Dans tous

les cas, la rééducation fonctionnelle est capitale pour lutter contre les raideurs et les attitudes vicieuses.