SOFRAMAS HIA ROBERT PICQUE JEUDI 15 MARS 2012 TRAUMATOLOGIE RACHIDIENNE APRES EJECTION MANEN O, DUBOURDIEU D, BISCONTE S, CLEMENT J, HORNEZ AP DEROCHE J, MARTEL V, OLIVIEZ JF, GENERO M, PERRIER E CPEMPN, HIA Percy, Clamart Service de Médecine Aéronautique, HIA Percy, Clamart
LES EJECTIONS EN FRANCE Système d abandon de bord nécessaire si V > 200 kt Objectif = survie France : 1ère éjection en 1948 maîtrise de l éjection à travers la verrière sièges Martin Baker (autres : Boeing, Lockheed) évolutions au cours du temps compromis entre tolérance physiologique impératifs techniques MK 4 MK10 MK16 Mirage 3,4,5, F1C, Jaguar, Super-Etendard (MK6), Alpha-Jet Mirage F1B, F1CR, F1CT, Mirage 2000, Alpha-Jet Rafale
SEQUENCE D EJECTION TYPE (MK10) Propulseur secondaire (panier roquettes) durée 0.20 s Avion biplace : - 0.17 s éjection AR 0.30 s éjection AV Propulseur principal (canon télescopique à cartouches multiples) durée 0.25 s Activation du système de rappel O2 mode secours, radio Emergency Fragilisation pyrotechnique de la verrière Prise de décision Commande d éjection (poignet basse) - trajectoires divergentes
SEQUENCE D EJECTION TYPE (MK10) Séparation pilote - siège Descente sous voilure (avec paquetage) Réception Parachute extracteur Parachute principal (45m², déployé en 1.15 s) Si Z < 16400ft et acc. < 2.5G : Déverrouillage pilote - siège Contrôle de - l altitude - l accélération Chute libre de durée variable Masselotte Parachute extracteur Parachute stabilisateur (1m²) Mise en œuvre automatique du paquetage de survie (retardateur)
Risque de lésions rachidiennes à chaque phase de l éjection Guill FC. Aviat Space Environ Med 1989; 60(10 suppl): B44-71
EJECTION ET ACCELERATIONS +Gz AU LANCEMENT Tolérance humaine du rachis aux +Gz bien connue Type de Accélération propulseur maximale Ruff 1939 Wiesehofer 1946 Propulseurs à charge unique 18-26 G 250 G/s Durée de propulsion Jolt (G/s) 22 G 0.20 s 250 Propulseurs à charges multiples 18 à 20 G 0.25 s 220 Propulseurs multiples 16 à 18 G + 16 à 18 Gz 180 G/s α 0.45 s Marotte H, Physiologie Aéronautique 2004 180-3 à 5 Gx
EJECTION ET ACCELERATIONS +Gz A L OUVERTURE DU PARACHUTE PRINCIPAL + 5 à 10 Gz, 0.05 s Altitude d ouverture Vitesse de chute libre Accélération subie 10 000 ft 20 000 ft 30 000 ft 40 000 ft 60 m/s 120 m/s + 9.5 Gz + 13 Gz + 21 Gz + 32 Gz A LA RECEPTION Colin J, Médecine Aérospatiale 1999 + 2 à 5 Gz, 0.1 à 0.4 s
OBJECTIFS DE L ETUDE Clément J, Thèse de Médecine 2010 Identifier et décrire les lésions du rachis chez les navigants français éjectés sur une période limitée et récente Précédente étude sur ce thème en 2001 (éjections entre 1987 et 1996) Déroche J. Mémoire de spécialité en Médecine aéronautique 2001 Analyser l imagerie diagnostique rachidienne utilisée si nécessaire, proposer une procédure standardisée d imagerie post-éjection
MATERIEL ET METHODE Clément J, Thèse de Médecine 2010 Etude rétrospective de cohorte Critères d inclusion membre du personnel navigant (pilote, NOSA) éjecté d un aéronef français toutes causes d éjection rapport technique d enquête finalisé (2009) période concernée : 2000-2008 Critères d exclusion personnel non navigant effectuant un vol occasionnel
MATERIEL ET METHODE Sources des données Rapports d enquêtes provenant de Bureau Enquêtes et Analyses de la Défense - Air (BEAD-Air) Bureau de la Statistique Médicale du Centre Principal d Expertise Médicale du Personnel Navigant (CPEMPN) Dossiers médicaux provenant de Centres militaires d expertise aéromédicale (CEMPN) Bases aériennes et aéronavales Contacts avec les personnels éjectés
RESULTATS Année Mirage V Mirage F1 C Mirage F1 CT/CR/B Mirage 2000 Clément J, Thèse de Médecine 2010 Alphajet Jaguar Super Etendard Rafale PN éjectés 2000 1 1 1 2 5 2001 1 1 2 2002 2 1 3 2003 1 1 2004 6 1 7 2005 1 1 2 2006 2 4 6 2007 1 1 2008 2 4 2 1 9 PN éjectés 1 1 8 19 1 1 4 1 36 % 3 3 22 52 3 3 11 3 100
Année MK 4 MK 6 MK 10 MK 16 PN éjectés 2000 2 3 5 2001 1 1 2 2002 1 2 3 2003 1 1 2004 1 6 7 2005 1 1 2 2006 6 6 2007 1 1 2008 2 6 1 9 PN éjectés 4 4 27 1 36 % 11 11 75 3 100 Année Éjections simples Éjections doubles Toutes éjections 2000 3 1 4 2001 2 0 2 2002 1 1 2 2003 1 0 1 2004 0 4 4 2005 1 1 2 2006 4 1 5 2007 1 0 1 2008 3 3 6 Toutes éjections 16 11 27 % 59 41 100
Aire de réception PN éjectés % Sol 24 66 Terrestre Arbre 2 6 Lac / Rivière 1 3 Total 27 75 Mer force 1-2 5 14 Maritime Mer force 3-4 3 8 Mer force 5-6 1 3 Total 9 25
PN éjectés évacués par hélicoptère Aire de réception Sol Mer Total Poser et évacuation Treuillage avec brassière Treuillage avec civière Total 10 10 1 3 4 0 3 3 11 6 17 Tous PN éjectés 1er secours civil 1er secours militaire Autre Total Admission en hôpital militaire Admission en hôpital civil Autre Total 6 9 1 16 9 9 1 19 0 1 0 1 15 19 2 36
LESIONS VERTEBRALES 15 PN éjectés ont présenté au moins 1 fracture du rachis 24 fractures 4 lésions ligamentaires (signes radiologiques) 2 lésions des disques intervertébraux Entorse cervicale Lésion discale Fracture vertébrale T1 T9 T10 T11 T12 L1 PN avec lésion du rachis % Total 4 2 1 3 2 5 9 4 15/36 42 MK 4 - - - - 1 1 - - 1/4 25 MK 6-1 - 1-1 - - 2/4 50 MK 10 4 1 1 2 1 3 8 3 11/27 40 MK 16 - - - - - - 1 1 1/1 100
LESIONS VERTEBRALES Rachis thoracique concerné pour chaque PN avec fracture 20 fractures tassement 4 fractures complexes Traitement chirurgical pour 1 PN (fracture instable de T12) Entorse cervicale Lésion discale Fracture vertébrale T1 T9 T10 T11 T12 L1 PN avec lésion du rachis % Total 4 2 1 3 2 5 9 4 15/36 42 MK 4 - - - - 1 1 - - 1/4 25 MK 6-1 - 1-1 - - 2/4 50 MK 10 4 1 1 2 1 3 8 3 11/27 40 MK 16 - - - - - - 1 1 1/1 100
IMAGERIE DIAGNOSTIQUE 36 PN éjectés Total Rx TDM IRM Rx TDM Rx IRM Rx TDM IRM TDM IRM Asymptomatiques 15 11 2-2 - - - Lésion vertébrale - - - - - - - - Pas de lésion 15 11 2-2 - - - Symptômes 3-1 - 1 - - 1 Lésion vertébrale 2 - - - 1 - - 1 Pas de lésion 1-1 - - - - - Symptômes et anomalies cliniques 18 2 3-9 2 2 - Lésion vertébrale 13 1 1-7 2 2 - Pas de lésion 5 1 2-2 - - -
DECISION AEROMEDICALE 30 PN éjectés (84%) : Retour en vol avant 6 mois Ejected aircrews No spinal lesion Spinal lesion 3 PN éjectés (8%) : Retour en vol après 6 mois - 2 fractures stables - 1 cause non rachidienne < 3 mo 3-6 6-12 > 12 Total mo mo mo Return to fly without any limitation 3 PN éjectés (8%) : Arrêt des vols dans la chasse - 1 fracture instable T12 (apte pilote de transport) - 1 cause non rachidienne (inapte pilote) - 1 retraite
DISCUSSION 1- Sièges éjectables actuellement utilisés par les forces françaises : parfait taux de survie (100%)! inquiétant taux de lésion rachidienne (42%)? - basé sur une imagerie moderne dans 64% des cas - malgré la sélection médicale initiale (Holorachis) Quelles fractures observées? rachis thoracique ++ pas de complication neurologique rare traitement invasif bon pronostique aéromédical
Etude (année) Taux de survie Pas de lésion Lésions majeures Lésions majeures du rachis Part du rachis dans les lésions majeures PN éjectés Japon (2007) 77% 68% 09% 05% 53% 140 Royaume Uni (2006) 89% - - 29% - 232 France (2001) 94% 49% 30% 27% 89% 63 Allemagne (1999) 98% 14% 35% 19% 53% 86 Espagne (1999) 85% 10% 52% - - 48 Bulgarie (1996) 83% 32% 28% - - 60 Australie (1995) 92% 08% - 35% - 84 Finlande (1992) 94% 18% 29% 18% 60% 17 Suède (1989) 90% - 42% 23% 54% 92 Canada (1984) 94% 22% 10% - - 77 Nakamura A. Aviat Space Environ Med 2007; 78(1): 54-8; Lewis ME. Aviation Space Environ Med 2006; 77(9): 936-43; Werner U. Aviat Space Environ Med 1999; 70(12): 1230-4; Moreno JM. Aviat Space Environ Med 1999; 70(7): 686-91; Milanov L. Aviat Space Environ Med 1996; 67(4): 364-8; Newman DG. Aviat Space Environ Med 1995; 66(1): 45-9; Visuri T. Aviat Space Environ Med 1992; 63(8): 727-30; Sandstedt P. Aviat Space Environ Med 1989; 60(4): 367-73; Rowe KW. Aviat Space Environ Med 1984; 55(4): 313-5
Lewis ME. Aviat Space Environ Med 2006;77(9): 936-43 1973-2002 / Royal Air Force / sièges MK9-10-12 / 232 éjections Taux de survie 89% 29% PN avec fractures vertébrales Rx +++ / thoraciques +++ et lombaires 31 PN avec IRM systématique : 18 fractures - 8 non vues en Rx Déroche J. Mémoire de spécialité en Médecine Aéronautique 2001 1987-1996 / Armée de l Air française / sièges MK4-10 / 63 éjections Taux de survie 94% 24% PN avec 23 fractures vertébrales 19 thoraciques, 4 lombaires Rx +++ / TDM si doute
DISCUSSION 2- Technique d évacuation optimisable? pas d éjection en territoire hostile dans la série risque d aggravation lésionnelle Aire de réception selon les conditions opérationnelles : - examen clinique initial - recueil des données médicales (score ASIA) - éviter la brassière - civière ++ meilleure éducation et entrainement de tous les acteurs des éjections et récupérations? Treuillage avec brassière Sol 1 Mer 3 Total 4
DISCUSSION 3- Techniques d imagerie du rachis non consensuelles 36% des PN éjectés avec un holorachis seul 36 PN éjectés Rx - attitude identique en hôpital militaire et civil - possibilité de fracture sans symptôme Rotondo G. Aviat Space Environ Med 1975; 46(6): 842-8 Asymptomatiques 11 Lésion vertébrale - Pas de lésion 11 Symptômes - Lésion vertébrale - Pas de lésion - Symptômes et anomalies cliniques 2 Lésion vertébrale 1 Pas de lésion 1 Chez les 16 PN avec holorachis et une autre technique - 3 cas de fracture avec Rx normale - 1 critère de sévérité posé sur le TDM erreur de la Rx dans 25% des cas Rx TDM Rx IRM Rx TDM IRM 2 - - - - - 2 - - 1 - - 1 - - - - - 9 2 2 7 2 2 2 - -
DISCUSSION 3- Techniques d imagerie du rachis non consensuelles Examen tomodensitométrique nécessaire chez tous les PN éjectés plusieurs justifications : medicale : sur-accident, douleurs chroniques médico-légale : imputabilité aéromédicale : anxiété à la reprise des vols déontologique : utilisation de l imagerie moderne IRM en cas de suspicion de lésion médullaire voire lésion ligamentaire Lewis ME. J R Army Med Corps 2002; 148(1): 22-6 Gras D. Urgence Pratique 2009; 94: 25-30
CONCLUSION Sièges éjectables actuels toujours traumatisant pour le rachis Arguments fiables requis en 2012 pour affirmer l absence de lésion Coût de l imagerie moderne non rédhibitoire (relative faible incidence d évènements annuels) Nécessité de données médicales épidémiologiques précises afin d évaluer les sièges de nouvelle génération (MK16) et du futur