LA PLENIERE D OUVERTURE Laurent FIARD, Président du MEDEF Lyon-Rhône Thierry JADOT - CEO Dents AegisNetwork Jean-Pierre LEMAIRE Directeur Général d Orange Consulting Olivier de la CLERGERIE Directeur Général LDLC Animée par David Dauba 1
Mot d ouverture par Laurent Fiard C est Laurent Fiard, Président du MEDEF Lyon-Rhône qui donne le ton de cette journée : CONNECTEE! Ainsi, son entrée en scène très remarquée par l intermédiaire d un robot-écran motorisé plus vrai que nature, lui a permis d accueillir à distance une assemblée amusée par cette surprise matinale, de bon augure pour le reste du programme. Quelques minutes plus tard, c est bien Laurent Fiard en personne qui prend place devant le micro pour le mot d ouverture de cette journée, sous les applaudissements du public venu nombreux pour cette plénière d ouverture. «Bienvenue dans la French Connection!» : tel est le message d accueil de Laurent Fiard qui propose de partir ensemble vers une France qui gagne, une France qui est connectée. «Connectons-Nous», thème choisi par le MEDEF Lyon-Rhône pour cette nouvelle édition dont la pertinence fait écho à l une des premières vocations du MEDEF Lyon-Rhône : le jeu collectif nécessaire pour participer activement au développement économique du territoire. La conviction du MEDEF Lyon-Rhône est que cette force collective peut s accélérer à l usage de technologies numériques. Ainsi, selon un sondage IPSOS, en matière de numérique et de digitalisation, 66 % des chefs d entreprises placent le numérique au cœur de la création de valeur pour leur entreprise et 63% d entre eux déclarent que leur entreprise est déjà active sur les forums et les réseaux sociaux. 5 hashtags pour résumer le programme de cette journée : #Connectée : la transformation digitale modifie en profondeur le quotidien des entreprises. C est une opportunité d améliorer les relations clients, de mettre en œuvre de nouvelles façons de collaborer avec ses équipes. #Innovation : L opportunité numérique est l opportunité d innover de manière collaborative sous toutes ses formes (les produits, les services, le management ) quelle que soit la taille de l entreprise. Les ateliers collaboratifs prévus durant la journée ainsi que le Bar à Start-Up permettront de développer cette idée de dynamique commune entre les grands groupes, les PME, les ETI et les start-up. Il évoque également l innovation frugale : faire mieux avec moins, le système D. #Réseau : Au-delà des réseaux digitaux, le Printemps des Entrepreneurs permettra à chacun de se rencontrer et d échanger lors des Business Meetings de l après-midi. #Confiance : Dans des périodes troubles, la confiance est plus que jamais nécessaire : retrouver la confiance grâce aux échanges et aux connexions. Laurent Fiard souhaite que chacun reparte de cette manifestation empli d optimisme et de confiance. #Etonnement : Cette édition promet aux participants d être étonnés, notamment par des intervenants qui semblent de prime abord éloignés de l univers de l entreprise. En apparence seulement «Bienvenue vers le futur! Pas celui qui nous attend, mais celui que nous allons construire ensemble!» 2
Plénière d ouverture Qu est que qu une entreprise digitale? Jean-Pierre Lemaire débute cette plénière en donnant une définition de l entreprise digitale : une entreprise qui sait créer de la valeur dans un environnement volatile, incertain, complexe et ambigu. Chez LDLC, Olivier de la Clergerie précise que le digital emmène la capacité à réagir très rapidement, de pouvoir innover constamment. Les outils numériques permettent d avoir cette agilité. Les enjeux de la transition numérique pour les entreprises Thierry Jadot souligne que 2014 a marqué un changement dans le comportement des entrepreneurs qui ont pris conscience de l enjeu de la transition numérique. Pour Jean-Pierre Lemaire, les entreprises doivent adopter le digital pour éviter les intermédiations. Mais toutes ne sont pas au même point et doivent souvent être accompagnées pour la mise en œuvre de cette prise de conscience comme le remarque le dirigeant de LDLC. Thierry Jadot souligne que la concurrence est en train de changer et vient de toute part. Selon lui, le digital tue la rente et les positions dominantes partout où elles existent. Le «phygital» : combinaison du physique et du digital dans la relation client. Les boutiques physiques et l e-commerce ne s opposent plus. Les outils technologiques tendent à rapprocher des univers qui semblaient s opposer selon Olivier de la Clergerie. Jean-Pierre Lemaire explique le néologisme «phygital» en donnant quelques exemples : le numéro 1 de l optique en ligne américain qui a été sommé par ses clients d ouvrir des boutiques ou encore Darty qui a renouvelé toute son expérience grâce au digital client pour attirer plus de monde en magasin. Le commerce devient une expérience connectée selon Thierry Jadot. Dans le commerce automobile, plus de 80% des clients qui achètent un véhicule, se renseignent avant sur Internet. Ainsi, 40 % d entre eux estiment qu ils en savent plus que le vendeur et ils se déplacent de moins en moins dans les concessions. Les enquêtes montrent que les clients acceptent de se déplacer en magasin à condition que ce déplacement soit légitime. Il faut que le client retrouve de l humain, de la proximité, des conseils en magasin et que cela soit combiné avec la rapidité et la force que permet l expérience numérique, comme le met en place Olivier de la Clergerie au sein de ses boutiques LDLC. Jean-Pierre Lemaire souligne le facteur générationnel, l éruption de technologies et une abondance de financements qui permettent une accélération de cette émergence digitale. 3
Pour lui, avec le digital, il y a une exigence impérative qui est l excellence dans l expérience client. Thierry Jadot annonce des mutations au cours des 5 prochaines années plus importantes que les 15 dernières années mais est-ce que l entreprise pourra se transformer à la même vitesse que la mutation des usages le nécessite? La solution pour les chefs d entreprises afin d éviter ce gap temporel serait de travailler en réseau, de s ouvrir à l open intelligence, s associer davantage avec les grandes entreprises qui mettent à disposition des TPE, PME leur data. Selon M. Jadot, il n y a rien de pire que la consanguinité en matière de talent. La dimension de diversité est fondamentale car elle est source d innovation. Olivier de Clergerie affirme la nécessite d aller de l avant, de s engager. Il évoque le prisme des réseaux sociaux au niveau de l entreprise. Ils permettent de créer une humanité, une proximité digitale réelle ce qui est incroyable pour une marque qui n a pas d existence physique. Ces outils fonctionnent très bien avec les générations digitales. Thierry Jadot met en avant les usages d Orange en Afrique avec Orange Cash, Orange Money. Il faut savoir qu il y a 10 fois plus de possesseurs de smartphones en Afrique qu il n y a de possesseurs de comptes en banque. Partante de ce contexte, Orange est en train de devenir un acteur financier en Afrique en construisant un écosystème en réseau. La data : nouvelle monnaie du business digitale? Jean-Pierre Lemaire répond par l affirmative en mettant en avant l énorme gisement de valeurs qu apporte le big data. Il fait la différence entre les données structurées de l entreprise et les données non-structurées que produit l entreprise de façon brute et qui ne sont pas traitées. Face aux problématiques de stockage de ces données et au cout de traitement, beaucoup d entreprises se débarrassaient de ces données. Or, il assure qu aujourd hui ces barrières ont disparu puisque le stockage et le traitement ne coutent plus rien. Le Big Data permet des combinaisons infinies. La SNCF ouvre ses données à des tiers et ceux-ci créent de la valeur : l open data avec un potentiel incroyable. La donnée est un enjeu de souveraineté pour l entreprise et pour les Etats et par conséquent un enjeu de protection pour la personne. Thierry Jadot précise que la rencontre entre l offre et la demande se fait à un niveau de pertinence et de qualité bien supérieure grâce à la data. Souvent, les entreprises avancent dans l ère digitale à trois vitesses : rapidement au niveau des leviers de communication, du marketing, avec encore quelques freins concernant les relations clients et l usage des CRM et un retard considérable sur l intégration du numérique dans les relations fournisseurs. Pour exemple, 80 % des PME au Danemark commandent leurs produits BtoB sur Internet alors qu en France, seulement 20%. Beaucoup d entreprises sont concurrencées par Amazon car elle n exploitent pas assez le digital dans la supply chain. 4
Olivier de Clergerie, en tant que commerçant, insiste sur l équilibre entre la création de valeur pour le consommateur et le point de non-retour où le consommateur n a pas l impression d avoir le choix final. Il faut rester très vigilant sur l aspect suggestion où le client est trop influencé. Jean-Pierre Lemaire revient sur la cybersécurité. Le marché de la cyberattaque a dépassé en valeur le marché de la drogue. Aujourd hui, il est nécessaire de repérer des signaux faibles pour anticiper des signaux d attaque. Thierry Jadot réagit en énonçant que 75 % des français sont favorables au partage de leurs données à condition que cela leur apporte un véritable service. Tous les pays n ont pas la même réaction. Les populations européennes sont les plus réfractaires au partage des données personnelles. Olivier de Clergerie pense qu il faut trouver la bonne frontière pour communiquer avec ses clients de la bonne manière. Il faut respecter la personne et bien prendre conscience de son champ d action. Thierry Jadot précise qu il y a un vrai enjeu de guerre technologique. Les data scientists sont très recherchés. Affirmation également étayée par Jean-Pierre Lemaire qui souligne le déficit mondial de compétences en terme de data-scientists. La data est cruciale vis-à-vis des clients mais on peut aussi en faire un élément d amélioration des conditions de travail (digital inside). Il faut que les intentions soient symétriques (outside et inside) et que la démarche soit parallèle. Jean-Pierre Lemaire estime que nous aurons dans 2-3 ans, 5 à 7 objets connectés sur le corps avec les risques que cela comporte au niveau du piratage. Thierry Jadot précise que nous sommes entrés dans le tout numérique. Le prochain objet connecté est l automobile. Jean-Pierre Lemaire conclue sur l estimation de création de valeur par le digital monde sur 4 secteurs d activités c est entre 900 milliards et 1,3 trilliards de dollars par an, c est la moitié du PIB de la France qui surgit grâce au digital. 5