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Architecture de ma recherche trois volets 1. comprendre le fonctionnement de l élève autiste 2. Faire le pari de l éducabilité cognitive. 3. Formation des formateurs Considérer que ses potentialités communicationnelles existent mais sont empêchées par des obstacles que les connaissances théoriques d aujourd hui nous aide à circonscrire. Poser du signifiant partagé, crée une dynamique. Le mode d être des enfants autistes n est pas totalement figé. Le comportement est toujours porteur de sens. L élève autiste a des compétences communicationnelles. redynamiser un processus communicationnel. permettre à l élève l acquisition de capacités langagières. Apprentissages scolaires. 3

Les hypothèses (cf. dossier) 1. Comprendre le fonctionnement de l élève autiste en situation de communication. Qu est-ce qu une situation de communication, une interaction? Quelles formes peuvent-elles prendre? En quoi l autisme perturbe-t-il les capacités communicationnelles? 2. L éducabilité cognitive. Quels éléments constitutifs de la communication et des l interactions est-il possible de redynamiser? 3. Une pédagogie intégrant le sujet apprenant. Qu est-ce qui dans cette recherche pourra servir à la formation des formateurs? 4

Plan de l exposé (cf. dossier) INTRODUCTION I. LES SITUATIONS DE COMMUNICATION Objectif : définir une situation de communication Pourquoi? Constituer l appareil critique, théorique qui étayera l observation des situations de communication Problèmes méthodologiques : qu est-ce qu une situation de communication? Éléments théoriques situation de communication et autisme : prendre en compte la pathologie II. COMMENT OBSERVER? Objectif : méthodologie de l observation Pourquoi : repérer les situations de communication et les situation de non communication - les décrire - Problèmes méthodologiques : observer quoi? Comment observer? Constitution d un corpus filmique Les éléments théoriques qui étayent et organisent cette observation III. VISIONNAGE DU FILM «PHILIPPE EN ULIS» Mise en œuvre des éléments théoriques et méthodologiques cités Grille d observation : se former à observer CONCLUSION PROJECTIVE Expérimenter 5

I. LES SITUATIONS DE COMMUNICATION (cf. dossier) Schéma de la communication selon Roman Jakobson Le référent : ce dont parle le langage (le monde, ma représentation du monde, moi, etc.). Le destinateur : celui qui parle. Le destinataire : celui qui reçoit le message. Le message : le message lui-même, ce qui est dit par le destinateur au destinataire. Le code : c est l instrument utilisé pour délivrer le message (la langue ou les gestes). 6

I. Les situations de communication Le message. Les fonctions langagière de Roman Jakobson (cf. dossier) La fonction référentielle : le message parle du monde, le décrit. Il s agit du contexte : «L amphi est plein ce matin.» La fonction conative : le message agit sur le destinataire, sur celui à qui l on parle : «J espère que je ne vous assomme pas» La fonction phatique : le message sert à établir et conserver la communication : «Est-ce que vous me suivez?» La fonction poétique : le message est centré sur sa forme dimension esthétique : ««Le langage est une peau : je frotte mon langage contre l autre.» Roland Barthes La fonction métalinguistique : le message sert à parler du message : «En d autres termes, autrement dit, etc. émettre un message c est produire du sens en direction de quelqu un qui peut le comprendre.» 7

I. Les situations de communication Message non verbal et communication non verbale (cf. dossier) J. Cosnier (1997) : la multicanalité de la communication : 1. Le message peut être verbal et non verbal à la fois. 2. La communication peut être verbale et non verbale à la fois. Exemple : «Je préfère cet objet à celui-ci.» signe verbal pour désigner l objet. (fonction référentielle) hochement/immobilité de la tête, (Ekman et al, 1983) détournement/insistance du regard (Goodwin, 1981), détournement/alignement du corps, éloignement/rapprochement du corps (proxémique), 3. Le message et la communication peuvent être uniquement non verbaux. Exemples : gestes de salut à distance Regards Mimiques du visages Tous ces gestes, pour être compris doivent être conventionnels. problème quand ils ne sont pas (autisme). Tous ces gestes assurent aussi une fonction langagière. 8

I. Les situations de communication Message verbal et communication verbale l énonciation L énonciation : «( ) la mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel d utilisation.» Emile Benvéniste L énonciation est l acte qui produit l énoncé. L énonciation est un ensemble d opérations linguistiques effectuées de façon concomitante par le locuteur et l allocutaire (interlocuteurs). Les deux co-agissent dans un va-et-vient incessant : co-énonciateurs (interactions). L interchangeabilité des positions : interlocution 9

I. Les situations de communication Message verbal et communication verbale : l énonciation L opération d énonciation est complexe et recouvre toujours un ensemble d'opérations linguistiques empilées dans le même énoncé. Ce sont : l ordre syntaxique les types de phrase ; interrogative, exclamative, impérative, déclarative (assertive), négative les formes de phrase : active, passive, non verbale les modalités (indicatif, subjonctif, impératif) La syntaxe est le produit de l énonciation. 10

I. Les situations de communication Message verbal et communication verbale : l énoncé (cf. dossier) L énoncé est la discours produit par le sujet (locuteur) dans une situation donnée. Il se caractérise par : La position spatio-temporelle du locuteur par rapport à l allocutaire et par rapport au contexte. «Je», «tu», «il» ; temps verbaux ; indicateurs spatio-temporels ; L énoncé exprime : en premier lieu, l existence du sujet comme être de parole, la permission, le doute, la possibilité, la probabilité, le questionnement, la peur, etc. 11

I. Les situations de communication qu est-ce qu une situation de communication? (cf. dossier) Tout message doit être renvoyé aux conditions d émission et de réception. Ces conditions définissent la situation dans laquelle a été produit et reçu le message. Cette situation est appelé situation de communication. La situation de communication englobe : 1. Les interactions non verbales signifiantes ; 2. Les interactions verbales ou linguistiques signifiantes ; 3. Le contexte implicite ou référent situationnel ; 12

I. Les situations de communication Qu est-ce qu une interaction? (cf. dossier) Sens commun «interaction n.f.-1876; de inter et action. Action réciproque interdépendance. Interaction sociale.» Le Petit Robert, 1996 Psychologie sociale, psychologie cognitiviste, constructivisme Interactions : influences Interpersonnelles (interactions directes) situées dans un cadre social (interactions indirectes) Le cadre socioculturel détermine le sens des interactions pour le sujet. 13

I. Les situations de communication Qu est-ce qu une interaction? (cf. dossier) 1. L être humain ne peut vivre sans s inscrire dans des interactions avec ses congénères. 2. Il ne peut y avoir d interaction sans communication. 3. Toute interaction est communicationnelle. 4. L être humain est un être de communication. Paradigme socio-constructiviste Lev Vigotsky Jérôme Bruner 14

I. Les situations de communication Acquisition du langage J. Bruner (cf. dossier) Les processus qui sous-tendent l acquisition du langage sont des processus communicationnels L enfant communication avant de parler La communication verbale s enracine dans la communication non verbale Les interactions entre l enfant et ses éducateurs prennent des formes dont les caractéristiques sont repérables: les formats. 15

I. Les situations de communication J. Bruner Définitions des formats (cf. dossier) 1. Le format est la structure de base d un échange donné. 2. Le format rend les interactions contingentes. 3. Le format est une structure de base dans laquelle l adulte introduit des variations. Format selon Bruner : «exemplaire simplifié des relations sociales, un microcosme régi par des règles et dans lequel l adulte et l enfant interagissent.» in, 16

II. Observation centrée sur le sujet autiste Comprendre le fonctionnement de l élève avec autisme (hyp. 1) L autisme est la forme de TED la mieux connue. trouble du développement qui affecte la capacité d un enfant/adolescent à : 1. Troubles de la communication : construire des relations avec les autres ( troubles pragmatiques); 2. Troubles du langage (énoncés) ; 3. Stéréotypies, (comportement obsessionnel) 17

II. Observer quoi? Les interactions resituées dans des situations de communication (contexte) 1. Interactions non verbales la posture de l ensemble du corps ; les mouvements du corps et gestuelle (mains, bras, tête, etc..) ; les mimiques ou mouvement du visage (haussement de sourcils, grimace,..) ; les mouvements du regard ; La voix (prosodie, intonation) 2. Interactions verbales L énoncé ; Les fonctions langagières ; Observer des situations de communication auxquelles participent des sujets atteints de troubles de la communication et du langage. Observer pour repérer leurs potentialités communicationnelles. Observer pour repérer des éléments verbaux dans du non verbal (écholalie, intonations, prosodie). Observer pour observer la co-construction des interactions professeur/élève. Observer pour valider l hypothèse principale : efficience des formats. 18

II. Observation centrée sur le sujet autiste Comprendre le fonctionnement de l élève avec autisme (hyp. 1) Croiser les éléments linguistiques qui définissent la communication non verbale et verbales avec les altérations que subissent ces mêmes éléments par l atteinte autistique (prise en compte de l apport de la psychanalyse pour le rapport au symbolique : métonymie, métaphore, mécanismes de défense). Un sujet autiste peut élaborer d autres liens signifiants/signifiés ; Un sujet autiste peut comprendre différemment la situation de communication; Un sujet autiste peut utiliser différemment les signes conventionnels de la communication non verbale ; Un sujet autiste peut utiliser différemment les éléments linguistiques conventionnels qui définissent l énoncé. Apport théorique Robert-Tissot, 1982 19

II. Observation centrée sur le sujet autiste Comprendre le fonctionnement de l élève avec autisme (hyp. 1) Pour autant, le sujet est communiquant! repérer les épisodes signifiants non verbaux et/ou verbaux dans une interaction. Qu est-ce qui peut-être porteur de signifiance dans une interaction? Corps, voix, regards, mimiques, l énoncé ; Comment repérer si ces éléments sont signifiants dans une interaction? Liens expression/contexte ; A quel moment peut-on conclure ou faire l hypothèse d une interaction? Réactions contingentes des sujets ; La signifiance se construit dans l interaction. La signifiance se construit dans la communication. La signifiance se construit dans l empathie. 20

II. Observation centrée sur le sujet autiste Comprendre le fonctionnement de l élève avec autisme (hyp. 1) Y a-t-il intentions communicatives? Non verbal verbal a) Attention conjointe b) Pointage c) Accordage d) Intonations, écholalies, onomatopées signifiantes e) Prise en compte de la situation de communication : pragmatique. Communication non verbale à valeur de signe linguistique. Intentionnalité (?) Expressions linguistiques des éléments non verbaux a) Expression linguistique (code) du pointage : usage des déictiques b) Expression linguistique (code) de l accordage (énoncé): mode, usage des pronoms, 21

II. Observation centrée sur le sujet non autiste Comment la personne non autiste traite les attitudes du sujet autiste? (hyp. 2) Comment la personne non autiste traite le comportement non verbal et verbal du sujet autiste? Sens Non verbal Prise en compte de la situation de communication pour faire des hypothèses sur le sens des comportements non verbaux? Élaboration de sens d actions non verbales et verbales apparemment insensées? Repérage des éléments fugaces de communication? Repérage dans les énoncés les éléments linguistiques révélateur d un positionnement de locuteur dans la communication? Prénom Pronom Déictique Mode Verbal 22

II. Observation centrée sur les interactions comment se vivent les échanges entre professeur et élève? (hyp. 3) A. La séquence de communication instauration d une situation de communication : début initiative de l adulte/initiative de l enfant.(«épisodes») Rupture situation : fin initiative de l adulte/initiative de l enfant Nombre de séquences B. Positionnement des interlocuteurs (ruptures initiative de l enfant/initiative de l adulte) Situation 1 : face à face proche situation 2 : face à face à distance lorsque l enseignante s adresse directement à l élève, situation 3 : distance collectif comment l élève observé réagit aux actes et paroles de l enseignant? situation 4 : côte à côte, situation 5 : interpellation venant d un lieu qui se situe hors du champ de vision de l élève (émetteur derrière le récepteur), C. La forme de l interaction : les formats pointage attention conjointe- accordage D. formes de la communication : Verbale/non verbale Non verbale : corps visage - action sur objets Verbale : énoncé prosodie fonction langagières appareil formel de l énonciation E. Le contenu de l interaction : buts visée de l interaction 23

II. Comment observer? Méthodologie de l observation 1. Constituer un corpus filmique ; 2. Procéder à un échantillonnage ; Mon choix : échantillonnage continu «La caractéristique fondamentale de l échantillonnage continu est donc qu il permet de ne plus considérer les comportements étudiés comme des unités isolées. Les comportements sont analysés en regard du contexte dans lequel il se produit, c'est-à-dire en fonction de la séquence à laquelle il appartient.» Virginie, Laval, La psychologie du développement, modèles et méthodes, 2 édition, Armand Colin, Paris, 2011; p. 118 24

II. Observer - Le film enfin!! Concept d épisode ; Marguerite Altet, «( ) un épisode est constitué par un ou plusieurs échanges sur un sujet ou une action ; c est l unité de sens de la communication qui permet de repérer l ouverture, la phase intermédiaire et la fermeture de chaque épisode.» In, La formation professionnelle des enseignants, PUF, Paris, 1994, p.77 L épisode est une unité significative. Adaptation du concept : épisode mise en place d une situation de communication ; contenu interactionnel de cette situation; Fermeture de cette situation. 25

Conclusion projective De l observation à l expérimentation Vérification des hypothèses. Formats pour redynamiser un processus de communication arrêté pour des raisons pathologiques ; Formats pour développer la communication verbale ; Sujets autistes capables de théorie de la pensée ; Éducabilité cognitive possible ; Changements des représentations d un sujet autiste non communiquant ; Formation des formateurs possible ; Autre approche possible du sujet autiste apprenant que celles proposées par les méthodes comportementales. 26

Pour conclure cet exposé «La communication est une condition sine qua non de la vie humaine ( )», in Une logique de la communication, 1967, Point Seuil, p. 7 Paul Watzlawick, membre fondateur de l'école de Palo Alto, psychologue, psychanalyste. 27

Méditation pour le doctorant «Une idée, pour peu qu'on s'y accroche avec une conviction suffisante, qu'on la caresse et la berce avec soin, finira par produire sa propre réalité», Faites vous-mêmes votre malheur, Seuil (2009), p. 54 Paul Watzlawick, membre fondateur de l'école de Palo Alto, psychologue, psychanalyste. 28