CHEFS TRADITIONNELS ET LEGITIMES BAHUNDE Auteur de l Article : Ambassadeur Jean-B. Murairi M. (Dynasties, successions, quelques grands noms) Extrait du livre J.B. Murairi : A l ombre des Volcans Virunga : HISTOIRE ET CULTURE DES BAHUNDE ; Chapitre XII, Moscou, déc. 1996 (Eléments actualisés jusque 2008) L attribution et la symbolique des noms des Rois (Mubake ou Mwami) et des chefs bahunde sont longuement expliquées dans le dit livre. Les noms qui suivent sont les plus connus ou les plus cités: I. AU BWITO (Capitale/chef-lieu : Mutanda, puis Kikuku) Le tout premier, Kasindikira, pourrait n avoir été que le Régent ou précepteur des jeunes princes orphelins de père. Ou Muongo-Kiri? Ensuite, viennent quatre grands noms: MUALIHYA, NYAMULAA, KIKANDI et KAMOLI. Mualihya ( celui qui étend, qui élargit ). Situé immédiatement après l arrivée des trois frères fondateurs. Peut-être, même, fils de Kasindikira, selon la Tradition du Bunyungu. Il a connu le roi Kinyungu. Nyamulàa : Le premier d entre eux est régulièrement mentionné en rapport avec le lac Edouard qui porte son nom: Ngetsi ya Nyamulàa (lac Nghetsi du roi Nyamulàa pourvoyeur de sel et de poissons) Kikandi ou tout au moins le plus connu des Kikandi, a régné dans la deuxième moitié du XIX è siècle, peut-être même jusqu au début du XX è s. Kikandi, nostalgie, mélancolie, rappelle donc l invasion des esclavagistes, des Arabisés et des Batetela, précisément à la fin du XIX è siècle. Kamoli : Le dernier Kamoli connu, est le plus cité pour avoir été la grande victime du régime des Décrets du tout nouveau Pouvoir colonial. Hangi Bukavu Nyamulâa, son fils. Né à Bukavu durant la relégation de son père, il a fait passer ce nom Bukavu avant celui de Hangi, et y a ajouté celui de Nyamulàa, le jour de son investiture. Il mourut en l981. Sa succession connut une série d alternances avec les trois noms ci-après: Kalekene Bukavu Kikândi, dès 1982 ; son fils. Shekera-Bêti Kamoli, Désiré, dès 1993 ; frère du précédent Mais aussi le chef Mwami Aloïs Buunda Shamwami, désigné Shamwami de la chefferie après le recouvrement de cette entité en 1967, puis un moment à la tête de la chefferie. Dans le sud du Bwito, la région de Mushali qui fonctionna longtemps comme chefferie autonome, était dirigée par les chefs de la lignée des Mukule, entre autres les chefs Kumakuma et Mwinda. 1
Mwami André KALINDA Mitêetso, Grand Chef des Bahunde, vers 1965 (1904-1979, dont règne : 1920-1979). En juin 1955, il osa partir à Bruxelles réclamer, et obtint, la restitution de la terre des Bahunde connue sous le nom de Enclave éphémère de Gishari créée pour les Immigrés, en novembre 1939, dans Masisi. Et supprimée donc en janvier 1957. 2
Chefs coutumiers du Nord-Kivu, Bahunde, Banyanga, Banande, Batembo, etc. entourés de danseurs, recevant à Goma, le 13/10/2005, le Comité National des Chefs coutumiers congolais. Assis de g. à dr. n 1 mwami Bashali (56 ans de règne en 2010), n 2 et 3, les dirigeants nationaux de l Association des Autorités coutumières, et n 4 chef Bauma Primo de Kamuronza/Sake, n 5 mwami Nicolas Kalinda. Debout, vers la gauche, lunettes fumées, cheveux blancs, ingénieur des mines Alimasi Mwana Nkoyo, mwami de Kisimba, Walikale (photo privée famille Murairi, 2005). --------II. AU BUNYUNGU (Capitale/chef-lieu : Kalembera, Kauli, puis Bweremana) Dans ce royaume, on distingue la branche principale dont la plupart des noms sont les Kalinda, Mupfunyi, etc., et les autres branches, actuellement minoritaires, et géographiquement proches de l ancienne capitale Kalembera. Les noms les plus connus: KINYUNGU, fondateur du royaume Kahiwa, son fils Mupfunyi (écrit Muvunyi par les colonisateurs), fils (aîné) de Kahiwa, il n aurait peutêtre pas régné au Bunyungu-Bweremana. Mitèetso, frère de Mupfunyi, serait Kalinda I.. (autres noms?) Batwa Mahindule, dont le règne fut affecté et éprouvé par d importantes éruptions volcaniques (buhindule, mahindule en kihunde).... (autres noms?) 3
Kalinda Biati Biyiri I, Shalukowo (le roi miséricordieux); Mupfunyi Batwa, dit Mupfunyi I. (autres noms?) Kalinda Shabarondo (autour de 1788); Kalinda Shamahwa MUPFUNYI BATWA, LE GRAND, mort très vieux en mai 1913. Biyiri Lukeba: règne : 1913 1920 ; il abdiqua; KALINDA ANDRÉ, Mitèetso, LE GRAND, né en 1904, règne: 1920-1979 Kalinda Shalukowo, Albert; règne: août 1979-1986. Kalinda Jérôme (court intérim et sans intronisation); Kalinda Ndandu Gustave, frère de Jérôme, succéda à son père Kalinda Shalukowo Albert. Ecarté vers 1999 par le parti politico-militaire qui contrôlait le Kivu. Kalinda Nicolas, frère du précédent, il lui succéda. Encore en place en 2010. Quelques noms manquent (rois tombés dans l oubli?) AUTRES BRANCHES DU ou PROCHES DU BUNYUNGU 1. LE BANYUNGU: chef-lieu: Miano Monarques et chefs: KINYUNGU - Kahiwa - Mupfunyi, (...), Tabaro Batwa - etc. et plus tard: Tabaro II, neveu du patriote Ngyiko? et mari de la célèbre reine NAKISIMOLO qui devint Régente en l919, sous le nouveau régime colonial, puis chef jusqu en mai 1930, et enfin (après l unification des chefferies), sous-chef, de juillet 1930 à juillet 1932. Son fils Albert Banyungu lui succéda, sous le régime de l Arrêté 5; et ce, jusqu après 1960. 2. LE BIYIRI: chef-lieu: Mutîri. Monarques et chefs: KINYUNGU - Kahiwa - Mupfunyi, (...) Tabaro - Batwa, etc. BIYIRI, (...) Kalinda,... Yuma Mungo, dit Yuma Biyiri. Le chef Kalinda du Biyiri, investi par P.V.68 du 01/12/1919, régna seulement jusqu en 1924 et mourut en septembre 1928. Sa chefferie fut supprimée par l Arrêté 33 du 29/10/1929; elle venait entre-temps d être annexée à la grande Chefferie confiée à l autre Kalinda (André), le 15/6/1929. Dès lors, les autres dirigeants locaux, dont Yuma Biyiri, portaient, le titre de sous-chef ou grands Notables. 3. LE BUABO: chef-lieu: Mashâki. Monarques et chefs: KINYUNGU - Kahiwa - Buabo (3è fils de Kahiwa), - Biyiri (différent de celui de la chefferie Biyiri), etc. Mulewa - Buabo, (...) Bauma, investi en 1913. Puis, un Rukitsa, relégué (à Stanleyville?/Kisangani) en 1912. Bauma cède son titre et sa médaille à la fin de 1919 à Shémuashani qui est investi chef le 01/02/1920. Mais ce dernier meurt la même année le 25/9/1920. Son successeur Nyabuhoro Biancha, investi le 01/01/1921, abdique en 1924, et l on désigne Rupia comme Régent. Comme pour le Biyiri, la chefferie Buabo est supprimée par l Arrêté 33 du 29/10/1929. Ainsi ALPHONSE MUSHESHA, fils de Nakanyala et de Rukitsa, accède au pouvoir vers 1933, pour diriger, durant quelque 30 ans, une entité amoindrie. Le plus récent mwami Mushesha va être assassiné en octobre 2006 par des ennemis du pays. 4. LE NYAMABOKO (REGION DE MWIMA): chef-lieu: Kinēnē. Monarques et chefs: KINYUNGU - Kahiwa - Kahindo (petite soeur de Kahiwa), ensuite plusieurs noms, dont Mupfunyi et Rukitsa (relégué) Finalement on arrive à Mulengetsi (en fonction en 1912). C est lui qui aurait aidé à capturer le Patriote Ngyiko. Il aurait été le tout 4
premier chef muhunde à être investi à l instigation du Pouvoir colonial belge le 0l/3/1913, avant même la constitution de son entité comme chefferie, acte qui n interviendra qu au 0l/10/1919 par l Arrêté 53. L Arrêté 53 bis du 23/5/1930 rabaisse le Nyamaboko au rang de sous chefferie, confirmé par le fameux Arrêté 5 du 31/3/1931 supprimant les chefferies jugées trop petites. Mulengetsi est donc rétrogradé et devient sous-chef le 23/8/1930. Son successeur ALPHONSE MULENGETSI KIANA était encore en fonction lors de l accession du pays à l indépendance. Deux prétendants: Mulewa et Mafuluko, ont tenté, sans succès, de le faire écarter de son siège. III. AU KISHALI Il eut deux étapes dans la série des scissions au Kishali faisant apparaître trois branches dans la dynastie de ces descendants du roi KASHALI: 1. WASHALI-MUKOTO: Capitale/ch-l.: Muhanga, puis Mweso-Kiusha. Monarques, puis chefs: Muwira, frère de Kinyungu et du roi du Bwito; (Kabungo): peu connu, et rarement cité par la tradition orale; KASHALI: fils ou petit-fils de Muwira, né au Bwito, arrivé adolescent dans le (futur) Kishali. Mulisi Mapfumo, son fils, et frère de Pfuna, de Mihio et de Kahindo (fille).. (Noms?); Mwongera; Mulisi I, né de l épouse Ndibito, et frère de Mùshuùla, né de l épouse Muhitira.... (Noms?); Nyanguba; MUKOTO, LE GRAND, et dont le nom fut donné à la grande branche des Washali ainsi qu aux quatre lacs de la région. Décédé en 1908, il était le mari de la célèbre reine NAMULISI. Mulisi Mwongera: maladie précoce, d où, le rôle prépondérant de sa mère NAMULISI durant près de 60 ans (voir épisode chef P. Murairi) Episode du chef Petro Murairi, qui dirigea la sous-chefferie Washali-Mukoto, de 1932 à 1950.- Bashali Mukoto Nyanguba Sylvestre, né en 1934, investi sous-chef en décembre 1954, puis Mwami de la Chefferie Washali en 1962. Replié pour quelques années sur Kinshasa durant les années de la guerre de l AFDL/RCD, il dirige une chefferie en difficulté. Doyen des chefs coutumiers. Encore en place en 2010. 2. WASHALI-BAPFUNA, ch-lieu.: Kishongya, puis Loashi. Monarques et chefs: Muwira - (Kabungo) KASHALI - PFUNA MAPFUMO (ancêtre fondateur des Bapfûna), frère de Mulisi Mapfumo, de Mihio et de Kahindo. Parti s installer à Kishongya à côté de Masisi actuel; père de Mayawo I, père ou grand-père de Mulengetsi (à ne pas confondre avec le Mulengetsi de Nyamaboko), père ou grand-père de Ndandu Ndako, père de Mulewa, père de Kîtôbôlo, père de Byâkunda, père de Mafûluko Selemani, père de Masumbuko Byâkunda II Cette version n aboutit pas à ALPHONSE BAKUNGU qui fut un des plus importants chefs de cette entité durant plus d un demi-siècle, et qui va mourir en novembre 1994, à l âge d environ 90 ans. Une deuxième version, (de son fils cadet, le député Bakungu Mithondeke) 5
qui aboutit à ce chef Bakungu, et père de l actuel chef Michel Bakungu, saute quelques-uns de ses prédécesseurs. Elle le situe ainsi: Alphonse Bakûngu, fils de Lupfuno, fils de Buhini, fils de Mayawo, fils de Muanira, fils de Lupfuno, descendant de Pfûna Mapfumo. Une troisième version, celle des Rapports de Masisi, décrit seulement la période de 1913 à 1933: Kîtobôlo est investi chef le 01/12/1913. En 1920, il se désiste, pour raison de santé, en faveur de Byâkunda qui est investi le 25/7/1920. Kitobolo va mourir le 12/11/1925. Suite à la fusion des Territoires Buhunde-Walikale en 1923, les Bapfuna de Walikale (les Batakiwa) viennent agrandir la chefferie mère, et renforcent la position de Byâkunda. Mais, à cause du fameux Arrêté 5 du 31/3/1931, cette importante chefferie est rabaissée au rang de sous chefferie par Arrêté 67 bis. Rétrogradé sous-chef le 23/7/1930, Byâkunda est demis de ses fonctions le 28/12/1933, et sa chefferie intégrée dans celle du Mwami Kalinda. 3. WASHALI-KAEMBE, ch-lieu : Burungu-Kabale-Kasha. Monarques et chefs: Muwira - (Kabungo) - KASHALI - Mulisi Mapfumo - Mwongera, (...) Mùshuùla, frère de Mulisi, dit Mulisi I, et né de la deuxième épouse Muhitira. Il se sépara de son frère, alla s installer au sud du lac Ndalaa où il fonda le groupe de Washali-Kāēmbe. Indwe: fils ou petit-fils de Mùshuùla Mapfumo, fils et successeur de Indwe,... (Noms?) MULISI KAEMBE : règne: depuis fin XIX è siècle jusque 1935. Episode de la gestion de cette entité, de 1938 à 1950, par la chefferie-sœur des Washali- Mukoto, sous la direction du chef Petro Murairi (cité plus haut) Bulenda Pierre, fils de Mulisi Kāēmbe. Période: 1950-1991; décédé en février 1991. Bahati Kāēmbe Mapfumo II, son fils, investi le 30/0l/l992. IV. LE CAS SPECIAL DE BUKUMU, DE RUTSHURU CENTRAL, DE KAMURONZA ET DE UFAMANDO. 1. LE BUKUMU: chef-lieu Munighi Le Bukumu, région qui entoure la ville de Goma, Territoire de Nyiragongo. Ses chefs sont de la lignée de Kahêmbe. Celui-ci, originaire de Bilati sur les bords de la rivière Hunde, au nord de Pinga, avait d abord séjourné sur les hauteurs de Bukombo au Bwito méridional, et à Kibati, au-dessus de Goma actuelle. Les Rapports d Enquête de Rutshuru, P.V. N 58 du 01/7/1920 reconnurent l identité hunde de ce chef et de la population du Bukumu, malgré une cohabitation avec d autres groupes. A ce niveau-ci, trois noms suffisent : Kahêmbe, le fondateur. A ne pas confondre avec les chefs Kāēmbe de Masisi. Kahêmbe signifie petite corne ; tandis que Kāēmbe = petit rasoir. Bigharuka Demple, chef depuis +/-1950 jusqu au cours des années 1970. Bakungu Bigharuka Kahêmbe: assassiné en octobre 1995, avec son épouse, victimes d une mine posée par leurs ennemis. Il laissait un prince mineur, et la chefferie fut provisoirement gérée par un proche à titre de régent. Dans une autre partie de ce Territoire de Nyiragongo, le chef Makombe différent de ceux de la lignée des Kahêmbe, était peu connu de la plupart des Bahunde. Lui aussi se retira 6
temporairement à Kinshasa dès 1999 dans les mêmes conditions que les Chefs S. Bashali de Masisi et Alimasi Mwana Nkoyo de Kisimba, Walikale. 2. ANCIENNES CHEFFERIES HUNDE EN PLEIN BWISHA (SUD-RUTSHURU) Dans le Bwisha actuel (Sud-Rutshuru) l ancienne chefferie hunde a été absorbée. Les points de repères sont les noms du Mwami Bikâmiro relégué en 1920 sans possibilité de retour. D où l épisode de son remplacement par un non hunde, non traditionnel, installé en 1922. Il y a aussi les noms des chefs Kamala, Itembero, Maheshe, et des clans Bashenge ainsi que du groupe des Bakoma. Et finalement en 2000, soit 80 ans plus tard, apparut un de ses lointains descendants, dit chef Kadogo, de son vrai nom Jérôme Banyenzake Bikâmiro. Sans doute avec peu de chance de recouvrer la chefferie de son aïeul. C est tout cela que A. Moeller appelle «un fond de population Hunde originaire des Mitumba à travers les plaines sablonneuses de la Rutshuru et de la Rwindi». Et qui constituent les «éléments» des anciennes entités coutumières et traditionnelles hunde de la partie méridionale de Rutshuru. 3. LE KAMURONZA: Mbāniko, fils de Kihîri et lieutenant du Roi Kinyungu. Peu connu... KYAMBALI Mashata, fils de Mbaniko. Véritable fondateur et organisateur du Kamuronza : son nom servira de patronyme à cette région appelée aussi Bwāmbâli (le Kamuronza) et à ses habitants, les Bāmbâli (Bahunde de Kamuronza) Venu des rives des lacs Mukoto, il aurait été lieutenant et homme de confiance du roi Kashali, qui, d ailleurs, lui donna en mariage sa fille, la princesse Kahindo, appelée aussi Kâmundu. Rūâmbwa, fils de Kyāmbâli : Bīkālī (Bīkālī I), fils de Ruambwa ; Kyambâli II, fils de Bīkālī ; Bīkālī Bikali II sans doute), fils de Kyambali II Ce dernier Bīkālī aurait eu des démêlées autour de 1900/1910 avec le patriote Ngyiko (+/- 1880-1912). Tragique épisode du grand notable Sake, dont le nom est à l origine de celui de la cité de Sake. Avec plusieurs de ses hommes, il périt le 06/12/1912, avalés par une crevasse ouverte par les éruptions du volcan Nyamulagira Luhûnga : Son émouvant épisode, notamment l alternance au pouvoir avec ses deux fils, l un, Mulemeri, destitué, et l autre, Basungu, mort en fonction, ayant eu comme successeur leur propre vieux père. C est lui Luhunga que rencontra l explorateur allemand Richard Kandt en février 1899. Baûma Primô : Encore en fonction en 2010. 4. LE BUFAMANDO ou UFAMANDO Des trois Secteurs créés en 1920 par le nouvel Administrateur civil M. Dargent, aussitôt placés sous l autorité du jeune Mwami Kalinda, l un fut appelé Secteur WatemboErreur! Signet non défini., regroupant les chefferies Misati, Mulewa, et Walowa-Loanda. L unité centrale était celle de Ufamando, aux origines bien connues. Sauf que l on doit prendre la précaution de ne pas considérer tous les Batembo comme une simple partie des Bahunde. A la différence des autres entités précitées, les renseignements concernant le Ufamando sont plus complets et plus fiables, parce que plus méthodiques et puisés à partir de deux sources indépendantes : les documents du Territoire de Masisi (source I), et le principal 7
intéressé, c est-à-dire le chef Misati Mirindi Mùshuùla III (source II) D où la fiabilité de cette succession des règnes. (cf. tableau ci-dessous) En guise de conclusion, on peut ainsi constater que l institution de l autorité coutumière date des temps les plus reculés des Bahunde. A ce titre, elle est, avec la culture, le principal socle sur lequel s appuie ce peuple pour promouvoir et / ou préserver son patrimoine ancestral. La disparition d une telle institution, à l exemple du dernier cas cité ci-dessus, provoque d irréparables dégâts sur la culture, la langue et la survie même de tout un peuple. Cela impose aussi, bien entendu, que les Mwami et autres Chefs s impliquent plus personnellement pour sauvegarder et valoriser cette noble institution qu ils ont le devoir de transmettre à leurs fils et successeurs. Pour le salut et l avenir mêmes de leur entité et des populations leur confiées par leurs Pères et dignes Prédécesseurs. 8
9