Institut Africain de Gestion Urbaine Bureau Agriculture Urbaine INITIATIVE «PROMOTION DES FILIERES AGRICOLES URBAINES PORTEUSES» (PROFAUP) RAPPORT SUR LE PLAIDOYER POUR UN MEILLEUR ACCÈS DE L AGRICULTURE RAPPORT DU PLAIDOYER POUR UN MEILLEUR ACCES DE URBAINE AU FINANCEMENT. LE CAS DE PORTO-NOVO L AGRICULTURE URBAINE AU FINANCEMENT. LE CAS DE PORTO-NOVO (BENIN) 1
Sommaire 1. DESCRIPTION ET ANALYSE DU PROCESSUS/METHODOLOGIE...3 1.1 L étude sur le crédit, le financement et le plaidoyer pour un meilleur accès au financement... 3 1.2 Atelier de validation... 3 1.3 Plaidoyer pour l accès au financement de l AU... 4 1.4 Essai et exécution du nouveau produit financier... 4 2. RESULTATS...4 2.1 Le produit financier conçu... 4 2.2 Les institutions de crédit et de financement impliquées dans le financement de l'agriculture urbaine... 5 3. PRINCIPALES LECONS APPRISES ET RECOMMANDATIONS...8 2
1. DESCRIPTION ET ANALYSE DU PROCESSUS/METHODOLOGIE 1.1 L étude sur le crédit, le financement et le plaidoyer pour un meilleur accès au financement L étude sur le crédit et l accès au financement des maraîchers urbains de Porto-Novo a été conduite par un consultant indépendant. Dans un premier temps le consultant a procédé à la revue documentaire qui a permis de faire le point des études antérieures en vue de mieux orienter la recherche en cours. Le travail s est poursuivi par les entretiens semi structurés (Focus-Group) tenus avec les différents acteurs : agriculteurs urbains, institutions techniques et politicoadministratives, institutions de finance. Ce travail s est poursuivi par la réalisation des enquêtes quantitatives auprès d un échantillon aléatoire de 76 acteurs de l agriculture urbaine soit : 20 maraîchers, 15 pisciculteurs, 10 porciculteurs, 10 cuniculteurs, 5 aviculteurs modernes, 5 transformateurs, 3 commerçants de produits vivriers et 8 responsables d organisation professionnelle agricole. 1.2 Atelier de validation L atelier de validation a regroupé les producteurs de l agriculture urbaine, les services d appui à l agriculture et les institutions de micro finance. Les principaux résultats issus de l étude ont été présentés aux participants. L étude a fait ressortir que la plupart des producteurs urbains ont un accès limité au crédit et au financement. Dans la plupart des cas, les crédits disponibles ne sont pas adaptés aux conditions spécifiques des producteurs urbains défavorisés. Les producteurs urbains éprouvent des besoins élevés d accès au financement et au crédit agricole. Peu de producteurs ont recours aux services financiers et financent leurs activités à partir de leur épargne mobilisée généralement sous forme de tontine. Les tracasseries administratives pour accéder aux crédits et la peur de ne pas en obtenir les amènent à adopter une telle attitude. Les producteurs qui demandent de crédit n obtiennent qu une infime partie de leurs besoins souvent en retard, ce qui ne facilite pas le financement. Les producteurs sont organisés mais ils n ont pas assez d expériences en matière d intermédiation financière pour leurs membres. Il existe cependant des possibilités de financement de l agriculture urbaine en utilisant les lignes de crédit disponibles au niveau du Cadre Général de Gestion des lignes de Crédit (CGGC) et une meilleure organisation des producteurs permettrait d accroître le niveau actuel d accès au financement agricole. L agriculture urbaine doit être également rendue professionnelle et plus compétitive afin de réduire les risques et les producteurs doivent apprendre à vendre leurs produits avant de produire donc améliorer leur marketing et s adapter aux besoins du marché. 3
1.3 Plaidoyer pour l accès au financement de l AU L équipe de plaidoyer pour l accès au financement de l AU dans la ville de Porto-Novo est composée comme ci-après : - Représentant de la Plateforme Multi-acteurs ; - Une institution de micro finance ; - Deux représentants des maraîchers de Porto-Novo ; - Assistant Technique local de l IAGU-BAU ; - Consultant chargé de l étude sur l accès au financement de l AU. Les travaux conduits par cette équipe de plaidoyer ont consisté à faciliter la rencontre entre la demande de financement des producteurs et l offre disponible au niveau des services financiers. 1.4 Essai et exécution du nouveau produit financier Un nouveau produit financier a été élaboré à l intention des producteurs de tomate urbains. Il s agit d un produit qui est basé sur : - Un crédit équipement et intrants octroyé par les IMF, - Un appui technique assuré par le CeCPA et la FPGL, - Le renforcement des capacités technique des producteurs par l INRAB, - Un apport personnel des producteurs, - Une subvention octroyée par la Mairie, - Une sécurisation des sites de production par la Mairie. Deux IMF à savoir l IAMD et le PADME ont été identifiées comme partenaires potentiels adaptés aux besoins des agriculteurs urbains. Pour une première expérience, il est encore trop tôt pour évaluer cette expérience qui en est encore à ses débuts mais il est prévu de poursuivre avec d autres groupes de maraîchers si les premiers résultats étaient concluants. 2. RESULTATS 2.1 Le produit financier conçu Un produit financier a été élaboré au profit des producteurs de tomate de la ville de Porto-Novo en soutien à l initiative PROFAUP. Un plan d affaire consensuel fut proposé aux producteurs à qui il a été laissé l initiative de procéder au remplissage. Tous les maraîchers de la ville ont été sensibilisés pour participer à la compétition. Pour cette première expérience, c est l IAMD une ONG avec un département à volet micro finance qui a accepté d ouvrir une ligne de crédit aux maraîchers producteurs de tomate. Au total 35 maraîchers ont soumissionné pour une demande de crédit d un montant de 8 000.000 FCFA. Après analyse des plans d affaire, 19 maraîchers (16 hommes et 3 femmes) ont reçu le crédit d un montant total de 1.440.000 FCFA. 4
Les maraîchers bénéficiaires ont déjà démarré les activités de production au champ par l installation des pépinières par endroits, l achat des intrants et des équipements et le recrutement de la main d œuvre salariale. 2.2 Les institutions de crédit et de financement impliquées dans le financement de l'agriculture urbaine Le point des engagements des institutions de crédit et de financement impliquées dans le financement de l'agriculture urbaine est consigné dans le tableau ci-dessous 5
Financement de l Agriculture Urbaine Les institutions de crédit et de financement qui s associent aux producteurs urbains pour concevoir ensemble de nouveaux produits financiers / améliorés / plus accessibles Les institutions de crédit et de financement qui changent / ont changé leurs conditions ou pratiques de prêt / financement de l'agriculture urbaine. Situation initiale Nom de l institution Description des pratiques initiales 1. Institut Africain Accord de crédit pour d Application des différentes activités : Méthodes de commerce, transformation Développement (IAMD). agricole et industrielle ONG avec volet microcrédit. 2. Association pour la promotion et l appui au développement des micro entreprises (PADME). Institution de crédit direct. Les différents types de services et produits offerts par le PADME : crédit individuel (commercial) ; crédit de groupe (caution solidaire), crédit au groupement, crédit relais aux ONG, crédit à la consommation, crédit avec éducation, crédit immobilier. IAMD Accord de crédit pour différentes activités : commerce, transformation agricole et industrielle Situation actuelle Description des pratiques en vigueur Adaptation du crédit à la demande des maraîchers producteurs de tomate. Le crédit est élaboré avec la participation des maraîchers, rendu flexible, adapté au cycle de la tomate 6
Les institutions de crédit et de financement qui ont augmenté leur niveau annuel de crédit et de financement pour l'agriculture urbaine Situation initiale Nom de l institution Description des pratiques initiales Situation actuelle Description des pratiques en vigueur (cycle de quatre mois), faible taux d intérêt. Le crédit se fera selon plusieurs cycles. PADME Credit direct PADME adhère à l adaptation du crédit au cycle de la tomate mais n a pas encore opéré un décaissement dans ce cadre. L opération vient de démarrer et il est à souhaiter une augmentation du montant annuel de crédit octroyé dans ce cadre mais il est encore trop tôt d anticiper sur cette possibilité. 7
3. PRINCIPALES LECONS APPRISES ET RECOMMANDATIONS La principale leçon apprise est que l agriculture souffre d un manque de financement surtout dans les pays en voie de développement. Cette situation s explique par le risque lié à cette activité mais aussi au manque de l organisation des producteurs urbains et à l insuffisance de formation technique dans le domaine agricole. Il est cependant possible de financer l agriculture urbaine en utilisant dans un premier temps les lignes de crédit disponibles par un plaidoyer en faveur de cette activité auprès des institutions de micro finance voire des banques. 8