Les critères d identification des pays les moins avancés



Documents pareils
INDICE CPQ-LÉGER MARKETING DE CONFIANCE DANS L ÉCONOMIE QUÉBÉCOISE

Norme comptable internationale 21 Effets des variations des cours des monnaies étrangères

Une étude de différentes analyses réalisées par le BIT

75 ANS D HISTOIRE EN CHIFFRES :

Le FMI et son rôle en Afrique

Le nouvel indice de taux de change effectif du dollar canadien

Burkina Faso Profil pays EPT 2014

pays tributaires des exportations de minéraux

Compte rendu de l examen par le BSIF des coefficients du risque d assurance

Norme internationale d information financière 5 Actifs non courants détenus en vue de la vente et activités abandonnées

résumé un développement riche en emplois

à moyen Risque moyen Risq à élevé Risque élevé Risq e Risque faible à moyen Risq Risque moyen à élevé Risq

L Equilibre Macroéconomique en Economie Ouverte

Présentation des termes et ratios financiers utilisés

Notes techniques relatives aux dépôts des taux d assurance-automobile et des systèmes de classification des risques

Méthodologie d Ouverture, de Dépouillement et d Evaluation des Offres Relatives à la Consultation 09 S V.E.De.R

RÈGLEMENT DE CONSULTATION

LIGNE DIRECTRICE SUR LA GESTION DU RISQUE DE TAUX D INTÉRÊT

Recueil des formulaires et des instructions à l'intention des institutions de dépôts

Royaume du Maroc المرجع :

Pourquoi la responsabilité sociétale est-elle importante?

LETTRE CIRCULAIRE n

Cent quinzième session. Rome, septembre 2006

Le FMI conclut les consultations de 2008 au titre de l article IV avec le Maroc

La conversion et la consolidation des états financiers des filiales étrangères

Perspectives économiques régionales Afrique subsaharienne. FMI Département Afrique Mai 2010

LEADER/FEADER Eléments de réflexions à propos du cadrage de l appel à projets

NOTE DE PRESENTATION DU PROGRAMME STATISTIQUE DE L UEMOA

Le système de protection sociale en santé en RDC

Hausse du crédit bancaire aux entreprises au Canada

La rémunération des concepteurs. en théâtre au Québec. de 2004 à 2006

L offre d énergie: une comparaison France, Allemagne et Japon. Par Pierre Lasserre, Sciences économiques Université du Québec à Montréal

August ASSOCIATION CANADIENNE DE LA CONSTRUCTION MÉMOIRE PRÉBUDGÉTAIRE 2015 Comité permanent des finances

Comment mieux évaluer les risques industriels par la mesure du capital immatériel???

Énergie et Mondialisation

Enquête sur les perspectives des entreprises

La balance des paiements et la position

Instruments financiers et comptabilité de couverture : de nouveaux principes français en préparation

Le calcul du barème d impôt à Genève

La pension de vieillesse au Luxembourg: réglementation et modalités de calcul. Florence Navarro

la quête du Graal? Michel Aglietta Université Paris Ouest et Cepii

RÉSUMÉ DES MESURES FISCALES DU BUDGET DU QUÉBEC DU 26 MARS 2015

Comité des produits Discours du Directeur général. 29 mai DISCOURS D OUVERTURE DU DIRECTEUR GÉNÉRAL AU COMITÉ DES PRODUITS.

Conversion des devises

Investir dans l action pour le climat, investir dans LIFE

La fumée de tabac secondaire (FTS) en Mauricie et au Centre-du- Québec, indicateurs du plan commun tirés de l ESCC de

Chapitre 1 Quelles sont les sources de la croissance?

Très légère hausse de la confiance des chefs d entreprise en février

LOIS SUR LES INVESTISSEMENTS ÉTRANGERS

Développement rural Document d orientation

Ce document constitue un outil de documentation et n engage pas la responsabilité des institutions

Cet article s attache tout d abord

L incidence des hausses de prix des produits de base sur la balance commerciale du Canada 1

Projet de loi n o 4. Présentation. Présenté par M. Laurent Lessard Ministre des Affaires municipales, des Régions et de l Occupation du territoire

La mise en œuvre de la politique monétaire suisse

PRIORITÉS POUR LE BUDGET FÉDÉRAL DE 2012

Décrets, arrêtés, circulaires

Corefris RAPPORT ANNUEL Annexe 3 : La hausse des prix de l immobilier est-elle associée à une «bulle» de crédit en France?

DEUXIÈME ÉTUDE D'IMPACT QUANTITATIVE SUR LE RISQUE DE MARCHÉ SOMMAIRE DES RÉSULTATS

Mesures de rendement des cliniques juridiques (comprend des exemples de tableaux et de rapports

Énoncé de la politique et des règles de placement de la trésorerie (ÉPRPT)

Garantir aux enfants une protection maximale. Commission européenne DG Entreprises et industrie

Règles de l indice EDHEC IEIF Immobilier d Entreprise France

ICC août 2015 Original: anglais. L'impact du prix du pétrole et du taux de change du dollar américain sur les prix du café

Le point de vue de l UNSA

LES NOUVEAUX INDICATEURS STATISTIQUES DU FMI

alpha sélection est une alternative à un placement risqué en actions et présente un risque de perte en capital, en cours de vie et à l échéance.

Saisine : Ministre de la Sécurité sociale (11 mai 2015) AVIS DE LA CHAMBRE DE COMMERCE

Brock. Rapport supérieur

Recommandation de RECOMMANDATION DU CONSEIL. concernant le programme national de réforme du Luxembourg pour 2015

Évaluation de l admissibilité financière aux certificats d aide juridique

Définitions. Définitions sur le logement

Plateforme d informations climatiques au Niger Présentation de l opportunité

2.0 Interprétation des cotes d évaluation des risques relatifs aux produits

POL Introduction à l'économie politique des relations internationales Travaux pratiques (un des trois TP au choix à faire en équipe)

RÉSUMÉ. Le siège social de Credit Suisse AG est situé à Paradeplatz 8, CH-8001, Zurich, Suisse.

Qu est-ce que l adaptation au changement climatique?

Crédit d impôt en faveur de l agriculture biologique

Norme internationale d information financière 1 Première application des Normes internationales d information financière

Manuel de référence Options sur devises

NOTE D ORIENTATION 2015

Evaluation de l impact des indicateurs du. Cost of Doing Business sur le taux de croissance de Maurice

Affaires autochtones et Développement du Nord Canada. Rapport de vérification interne

Systèmes de transport public guidés urbains de personnes

Décrets, arrêtés, circulaires

CMC MARKETS UK PLC. des Ordres pour les CFDs. Janvier RCS Paris: Société immatriculée en Angleterre sous le numéro

Dépenses nationales totales

STATUTS DU RÉGIME DE PENSION COMPLÉMENTAIRE DE LA BANQUE DU CANADA. (RÈGLEMENT ADMINISTRATIF N o 18)


Loi fédérale sur les entreprises de transport par route

Qu est-ce qu un système d Information? 1

LES OMD EN CHIFFRES. Par Raulin Lincifort CADET INTRODUCTION

Les exploitations de grandes cultures face à la variabilité de leurs revenus : quels outils de gestion des risques pour pérenniser les structures?

Université de Moncton. Les garanties d assurance-vie & invalidité. No du contrat : 12037

Préparez la retraite que vous voulez

Les principales méthodes d évaluation

L allocataire dans un couple : l homme ou la femme?

entreprises. Ensuite, la plupart des options d achat d actions émises par Corporation

évaluations avec date de calcul à compter du 31 décembre 2014 (mais au plus tard le 30 décembre 2015).

Transcription:

Les critères d identification des pays les moins avancés Vue d ensemble Ce document reprend les éléments présentés sur le site du Comité des politiques de développement http://www.un.org/en/development/desa/policy/cdp/ldc/ldc_criteria.shtml I. Contexte Le CPD utilise un ensemble de critères formellement définis pour identifier des pays comme PMA. Les premiers critères retenus en 1971 pour désigner un pays comme faisant partie des pays les moins avancés portaient sur un faible produit intérieur brut par habitant (PIB) et la présence d empêchements structurels à la croissance. L existence de tels obstacles était à l époque perçue comme se manifestant par la faible part de l industrie dans le PIB total (dans la mesure où un haut degré d industrialisation était considéré comme la caractéristique structurelle des pays dits développés ou «avancés»), ainsi que par un taux d alphabétisation peu élevé (traduisant une insuffisance en matière de développement du capital humain d un pays). Lors de sa réunion annuelle de 2011, le CPD a défini les pays les moins avancés (PMA) comme des pays à faible revenu, confrontés à de graves handicaps structurels s opposant à un développement durable. Prendre explicitement en compte la notion de développement durable clarifie le fait que les préoccupations liées à ces pays portent sur le développement au sens large, dans ses trois volets : économique, social et environnemental. De plus, le concept de développement durable reflète mieux la pratique du Comité dans son identification des PMA : le Comité utilise une perspective large du développement, au lieu de se focaliser sur les obstacles à la croissance économique uniquement. Les critères ont été redéfinis au fil des années afin de prendre en compte les nouveaux apports de la recherche sur le développement économique, les dernières informations en date relatives aux obstacles structurels au développement, ainsi que les améliorations dans la disponibilité de données comparables au niveau international. Le principe sousjacent à l identification des PMA comme pays confrontés à des handicaps structurels est néanmoins resté globalement le même.

2 Les critères suivants sont actuellement utilisés pour classés les pays en tant que PMA : Revenu national brut par habitant Indice du capital humain Indice de vulnérabilité économique En outre, les pays à faible revenu dont la population est supérieure à 75 millions d habitions ne peuvent être pris en considération pour une éventuelle inscription à la liste des PMA. Les paragraphes ci-dessous sous à jour des derniers ajustements des critères mis en place par le Comité en mars 2011 et mis en œuvre lors de l examen triennal de la liste des PMA en 2012. II. Identifier les PMA Lors de son processus d examen, le Comité détermine des niveaux de seuil pour chacun des trois critères utilisés pour identifier les pays devant être ajoutés ou retirés de la liste des PMA. Pour être ajouté à la liste des PMA, un pays doit satisfaire aux trois critères définis, c est-à-dire atteindre les niveaux de seuils fixés pour l inscription selon ces trois critères, et avoir une population inférieure à 75 millions d habitants. Avec la mise en place des règles de retrait de la liste en 1991, des principes supplémentaires ont été adoptés pour garantir que le retrait de la liste intervienne uniquement après que les perspectives de développement se soient considérablement améliorées et que le pays admis au retrait de la liste ait été assuré de s engager sur le chemin du développement durable. Par conséquent, il existe une asymétrie volontaire entre les critères d inscription sur la liste et de retrait : Le niveau des seuils appliqués à l admission au retrait de la liste est supérieur à celui des seuils établis pour l inclusion Pour être éligible au retrait un pays doit cesser de satisfaire non pays à un critère mais à deux des trois critères (sauf dans les cas où le RNB par habitant dépasse au moins de deux fois le seuil de retrait) L éligibilité à l inscription est établie une seule fois alors que l admission au retrait doit être évaluée à l aide de deux examens triennaux consécutifs L inscription est immédiate, alors que le retrait n est effectif qu au bout de trois ans, de manière à donner au pays concerné suffisamment de temps pour se préparer à une transition sans heurt L inscription nécessite l approbation du pays concerné alors que le retrait de la liste ne l exige pas

3 III. Les critères Les PMA sont définis comme des pays à faible revenu confrontés à de graves obstacles structurels s opposant à un développement durable. Ces obstacles se manifestent à travers un faible développement en capital humain associé à un haut niveau de vulnérabilité économique structurelle. Le critère du RNB par habitant est une mesure absolue du revenu national. L indice de capital humain (ICH) et l indice de vulnérabilité économique (IVE) sont des indices composites (voir cidessous) et des mesures relatives des obstacles structurels, ce qui signifie que le score et le classement d un pays ne dépendent pas seulement de son propre développement mais aussi du développement des autres pays considérés. Pour calculer l ICH et l IVE, des informations concernant l intégralité des pays en développement sont prises en compte. Lors du processus d identification des PMA, les critères sont appliqués à un groupe de référence constitué des PMA et d autres pays en développement sélectionnés. A. Revenu national brut (RNB) par habitant Le RNB par habitant fournit des informations sur le statut de revenu d un pays. La mesure du RNB utilisée par le CPD est exprimée en dollars américains. Les monnaies nationales sont converties en dollars américains selon la méthode Atlas de la Banque mondiale. La méthode Atlas réduit les effets des fluctuations de court terme en termes d inflation et de taux d échange sur les marchés. Le seuil d inclusion est basé sur une moyenne sur trois ans du RNB par habitant, moyenne que la Banque mondiale définit pour identifier les pays à faible revenu. Le seuil de retrait est fixé à un niveau plus élevé, généralement 20% au dessus du seuil d inclusion. B. Indice du capital humain (ICH) L ICH fournit des informations concernant le niveau de développement du capital humain du pays. Il est une combinaison de quatre indicateurs : deux indicateurs en matière de santé et de nutrition et deux indicateurs en matière d éducation. Pourcentage de malnutrition dans la population (1/4) Indice du capital humain Taux de mortalité des moins de 5 ans (1/4) Taux d alphabétisation des adultes (1/4) Taux de scolarisation dans le secondaire (1/4) Les nombres entre parenthèses indiquent le coefficient de chaque variable dans l ICH global.

4 Les données d origine pour chaque variable sont converties en indices en utilisant la procédure max-min et remis à l échelle pour retirer les cas particuliers. Tous les indicateurs ont une importance égale dans le calcul de l ICH. L ICH est ainsi une simple moyenne de ses quatre composants. L ICH n a pas changé depuis 2006. Le seuil de l ICH pour l inscription est déterminé par le nombre indice correspondant au troisième quartile dans la distribution des résultats de l ICH pour tous les PMA et les pays à faible revenu soumis à examen. Les pays disposant de valeurs d ICH inférieures au seuil défini satisfont au critère de l ICH pour l inscription sur la liste des PMA. Par exemple si le groupe de référence est constitué de 60 pays, il y aura 45 pays dont le niveau d ICH sera inférieur au seuil d inscription et qui satisferont donc au critère d inscription. Le seuil pour l admission au retrait de la liste a été spécifié à une valeur de 10% supérieure à celle du seuil d inscription. C. Indice de vulnérabilité économique (IVE) La vulnérabilité économique aux chocs exogènes constitue un important obstacle structurel au développement. L IVE est conçu pour refléter les risques posés au développement d un pays par des chocs exogènes, l impact de ces chocs dépendant de leur ampleur et de leur fréquence ainsi que des caractéristiques structurelles du pays concerné, qui déterminent le degré d exposition de pays à ces chocs et sa capacité à y faire face (sa résilience). A cet égard, l IVE ne prend pas en compte les vulnérabilités résultant de choix de politique économique qui ont été pris dans un passé récent et sont de nature conjoncturelle. L IVE incorpore huit indicateurs qui sont regroupés en deux grands composants : un indice d exposition et un indice de choc. Les poids attachés à chaque indicateur pour chaque indice composite et sous-indice sont les suivants. Indice de vulnérabilité économique (IVE) de taille (1/8) taille de la population (1/8) Indice de vulnérabilité économique Indice d exposition (1/2) de situation (1/8) de structure économique (1/8) environnemental (1/8) éloignement (1/8) concentration des exportations de marchandises (1/16) part de l agriculture, de la sylviculture et de la pêche dans le PIB (1/16) part de la population vivant en zone littorale basse (1/8) Indice de choc (1/2) des chocs commerciaux (1/4) des chocs naturels (1/4) instabilité des exportations de biens et de services (1/4) Victimes de catastrophes naturelles (1/8) Instabilité de la production agricole (1/8) La couleur verte indique les éléments ayant été modifiés par rapport à l IVE 2006/2009. Les chiffres entre parenthèses indiquent le coefficient d un élément ou indice particulier de l indice de vulnérabilité économique.

5 Les divers sous-indices de l IVE notés sur la figure ci-dessus sont de simples moyennes de leurs composants. Ainsi, l IVE global est une moyenne pondérée plutôt qu une simple moyenne des huit indicateurs. Tout comme pour l ICH, les données d origine pour chaque composant de l IVE ont été converties en indices en utilisant la procédure max-min et remis à l échelle pour retirer les cas particuliers. L IVE décrit ci-dessus incorpore les ajustements introduits en 2011, à savoir les variables liées à la part de la population vivant en zone littorale basse et aux victimes de catastrophes naturelles, afin de mieux appréhender la vulnérabilité structurelle au changement climatique. De plus les coefficients des sous-indices ont été harmonisés et certains sous-indices ont été renommés. Le seuil de l IVE pour l inclusion est une valeur de l indice correspondant au premier quartile dans la distribution de l IVE sur l ensemble du groupe de référence. Les pays disposant de valeurs d ICH supérieures au seuil défini satisfont au critère de l ICH pour l inscription sur la liste des PMA. Par exemple si le groupe de référence est constitué de 60 pays, il y aura 45 pays dont le niveau d ICH sera supérieur au seuil d inscription et qui satisferont donc au critère d inscription. Comme dans le cas de l ICH, le Comité a défini le seuil de retrait à une valeur de 10%supérieure à celle du seuil d inscription. D. Taille de la population La taille de la population est à la fois un composant de l IVE est une condition déterminante pour l admissibilité d un pays à la catégorie des pays les moins avancés. En 1991, le CPD a décidé que les pays dont la population est supérieure à 75 millions d habitants ne peuvent prétendre à l admissibilité à la liste des PMA. La limite imposée au regard de l importance de la population ne s applique pas aux pays répertoriés sur la liste des PMA avant que ce paramètre ne soit introduit. Par ailleurs, la taille de la population n est pas un critère pour le retrait de la liste des PMA. IV. Information supplémentaire Pour une description détaillée des procédures et méthodologies utilisées pour identifier les PMA, voir le Manuel relatif à la catégorie des PMA (http://www.un.org/en/development/desa/policy/cdp/ cdp_ldcs_handbook.shtml)