\\ Les résidences d artistes plasticiens \\ \\ Nord/Pas de Calais \\ \\ Pays de Loire \\ \\ Dordogne \\ \\ points de vue \\ LA/POMME\à\TOUT/FAIRE
\\ Les résidences d artistes plasticiens \\ \\ Nord/Pas de Calais \\ \\ Pays de Loire \\ \\ Dordogne \\ \\ points de vue \\
\\ 1 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
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AVANT PROPOS SOMMAIRE I LES RESIDENCES EN NORD/PAS DE CALAIS Cédric Loire Un modèle? Le territoire, ses habitants : un thème récurrent Autorisation de sortie Statuts de l artiste Affirmation du statut d artiste La préférence à la commande Déroulement des résidences Buts, enjeux, bénéfices Fiches techniques des lieux II LES RÉSIDENCES EN PAYS DE LA LOIRE Anne Giraud La précarité du milieu de l art contemporain Les résidences : moyens pour penser, pour produire et pour accéder au réseau Élargissement des relations entre les artistes et les structures Liberté de création pour les artistes Aisance dans la mise en œuvre des résidences Caractéristiques spécifiques des résidences en Pays de la Loire Le Frac pionnier dans la mise en place de résidence L approche des publics : la résidence comme dispositif plus «opérant» pour appréhender l art contemporain Les résidences alternatives Prospectives à l issue des résidences en Pays de la Loire Le-dit assistanat des artistes et la malléabilité des structures Les résidences d artistes : une évolution exemplaire? Fiches techniques des lieux III LES RÉSIDENCES DE L ART EN DORDOGNE Michèle Grellety et François Andès Le dispositif des «Résidences de l Art en Dordogne» Pour quoi faire, avec qui? Comment? Déploiement de la politique Culturelle du ConseilGénéral de la Dordogne Fiches techniques des lieux BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE REMERCIEMENTS \\ 3 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
AVANT PROPOS En 2002, le Conseil Général du Pas de Calais a confié à l association La Pomme à tout faire la mission d animer le réseau des lieux de diffusion de la création contemporaine du département. Ce réseau informel réunit une trentaine de structures culturelles (associations, musées, services culturels de collectivités ) programmant plus ou moins régulièrement des expositions d art contemporain. Dans ce cadre, La Pomme à tout faire a mis en place des groupes de réflexion thématiques en direction des membres du réseau. Un de ces groupes a choisi de se pencher sur la question de la résidence d artistes plasticiens. Ces séances de travail ont permis, en association avec des partenaires culturels du département du Nord, d identifier des lieux d accueil ainsi que leurs objectifs, fonctionnements et moyens. Il est apparu qu aucun document relatif aux résidences d artistes en Nord/Pas de Calais n existait et que cet outil pouvait aussi bien servir aux plasticiens qu aux structures souhaitant développer ce type d activité. Grâce à sa lettre d information, l association a pris contact auprès de tous ses partenaires en région afin de les informer de la mise en place d une étude sur les lieux d accueil d artistes plasticiens. Douze lieux de résidence dans le Nord et le Pas de Calais ont été identifiés et/ou se sont faits connaître. \\ 4 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
L association a donc missionné Cédric Loire pour mener une étude sur les lieux de résidence de la région. Il nous a semblé important de croiser les regards et de nous intéresser également à d autres expériences menées en France : en particulier la région des Pays de la Loire, pionnière dans le domaine des résidences d artistes, et le département de la Dordogne qui développe depuis plusieurs années des projets de résidence. Cet ouvrage est donc le reflet de la situation culturelle et économique des résidences d artistes plasticiens dans les régions évoquées. Il se veut un outil de transmission auprès des responsables culturels, des élus et des artistes d un certain nombre d expériences, sans être ni des exemples ni des modèles dans ce domaine. LA/POMME\à\TOUT/FAIRE La Pomme à tout faire, avril 2005 \\ 5 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
LES RESIDENCES EN NORD/PAS DE CALAIS Cédric Loire Depuis quelques années, les résidences d artistes se multiplient en région Nord-Pas-de-Calais, sous la forme de nouvelles structures ou au sein de structures existantes. Les dates de création s échelonnent régulièrement à partir de 1992-93, au point qu aujourd hui, l accueil des artistes en résidence apparaît comme une tendance lourde de l action des institutions et des associations culturelles. De forts contrastes et des particularismes apparaissent dans la forme, les motivations, autant que dans les statuts et budgets de ces structures. D où la nécessité de voir s il est possible d établir entre elles des rapprochements, de marquer les différences en essayant de saisir ce qui les motive, pour esquisser un paysage des résidences d artistes en région. Pour y parvenir, s est fait sentir le besoin d établir une grille de lecture, la même pour tous, quitte à ce que certains peinent à «rentrer dans les cases» : la méthode semblera plus rigide qu elle ne l a été en réalité. En fait, cette grille, sous forme de questionnaire, a été remise à chaque responsable de lieu concerné, pour servir de base de discussion lors des rencontres qui ont eu lieu de juin à juillet 2003. Les remarques qui suivent constituent la synthèse de ces échanges. UN MODÈLE? Le modèle historique français des résidences d artistes est la Villa Médicis, siège de l Académie de France à Rome depuis sa création par Colbert en 1666. Si elle demeure l inspiratrice de nombreuses démarches entreprises par les institutions et associations culturelles, le contexte politique, artistique et culturel ayant connu de nombreux bouleversements depuis, il est bien évident qu aucune des structures étudiées ne correspond à ce modèle. Sur les 12 structures approchées, 10 sont des associations «Loi 1901», 2 sont des structures municipales : le Musée du Touquet et la Maison de l Art et de la Communication de Sallaumines. Cette dernière était toutefois une association au moment de sa création en 1992, puis fut intégrée aux structures municipales. Les nouveaux modèles ou nouvelles expériences apparaissent davantage dans le contexte privé et associatif qu au sein des institutions publiques. Ces dernières créent cependant de plus en plus en leur sein des résidences d artistes, en relation avec le \\ 6 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
développement de leurs autres activités. Il convient d ajouter que la totalité des structures étudiées bénéficient de financements publics émanant de la Région ou des Départements : les pouvoirs publics préfèrent ainsi soutenir l initiative et l action de gens de terrain dans un domaine pointu où les compétences et possibilités de manœuvre institutionnelle peuvent se révéler relativement restreintes. Plusieurs structures témoignent d une action déjà ancienne dans le domaine de l accueil d artistes : la Maison de la Faïence à Desvres ; le Quai de la Batterie à Arras ; la Maison d Accueil des Jeunes Travailleurs et Artconnexion à Lille. Des formes hybrides apparaissent : musée développant une politique d accueil d artistes contemporains (Musée du Touquet), collectif d artistes plaçant l échange et le déplacement géographique au cœur de leur processus de travail (La Plate- Forme), bureau organisant l accueil d artistes sur place ou «hors les murs» (artconnexion) Un premier constat peut d ors et déjà être fait : aucune des structures approchées n a fait de l accueil d artistes sa seule activité. Un deuxième constat porte sur la grande diversité des actions menées sous l appellation «résidences d artistes» appellation que certains responsables trouvent impropre à qualifier vraiment leur démarche, ou qu ils utilisent faute de mieux. Parfois, certaines interrogations émanent des acteurs eux-mêmes : le terme désigne-t-il précisément la réalité du terrain? Il est en effet parfois un peu facilement utilisé pour qualifier le simple séjour d un artiste lors de la préparation ou du montage d une exposition. Si l on applique ce terme au domaine «hôtelier», pourquoi ne pas considérer dans ce cas que les musées, centres d art et FRAC accueillant les artistes pendant les montages accueillent eux aussi des artistes en résidence? Le Musée des Beaux Arts de Tourcoing a par exemple accueilli 18 artistes de 3 nationalités durant la préparation de l exposition Fragile en 1998 ; le Fresnoy reçoit quant à lui dans ses murs les artistes-professeurs invités ; des artistes étrangers sont hébergés par le FRAC Nord-Pas-de-Calais pour des projets spécifiques Il convient donc d être exigeant et vigilant : le terme de «résidence» ne peut s appliquer, à mon sens, que si la structure est susceptible d apporter à l artiste davantage qu un lieu d exposition et un accueil hôtelier : spécificité d une commande, partage de savoir-faire, nouveaux réseaux de diffusion, richesse d un regard sur une démarche et une production LE TERRITOIRE, SES HABITANTS : UN THÈME RÉCURENT Le territoire comme matière première de la résidence d artistes est une notion récurrente, qui apparaît plus particulièrement et avec davantage d intensité dans les structures hors métropole lilloise, dans des lieux ne pouvant pas, a priori, bénéficier de l afflux de public habitué à un contact avec une offre culturelle diversifiée. Il s agit pour ces structures de s appuyer sur un contexte social, de dialoguer avec les collectivités locales dont elles recherchent le soutien moral, logistique, financier ou avec de rares financeurs privés, et de parvenir à créer du lien avec le monde enseignant et associatif. Le lieu commun, au propre comme au figuré, est le territoire au sein duquel la structure s inscrit. L accueil de l artiste en résidence crée un appel d air, une dynamique activant la structure comme interface : créer du lien entre la structure, la création contemporaine, les habitants, leur patrimoine et le politique est ainsi au centre du projet de l Espace 36, dans une ville historique, ou de la Chambre d eau, en milieu rural. Le premier a organisé l accueil des artistes (Erik Chevallier, Rémi Guerrin, Sophie Vaupré) autour de la thématique «Visions de la ville», son architecture, son patrimoine, ses paysages, ses habitants. La seconde a \\ 7 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
notamment invité Benoît Ménéboo (plasticien photographe) et Jean-François Pocentek (auteur) à interroger le territoire au travers du parcours du Cavalier de mine Somain Péruwelz : patrimoine et histoire locale y sont revalorisés, réappropriés par les habitants. L action de l artiste, son travail in situ permettent à ces derniers de reprendre conscience de la particularité et de la valeur d un héritage partagé. Soulignons aussi l approche «à rebrousse-poil» du Musée du Touquet, qui invite des photographes à travailler sur le territoire environnant et sur la ville (Patrick Bard, Frédéric Bellay, Alain Ceccarolli). Ce projet très habile dans sa conception et sa mise en œuvre s inscrit dans l histoire de la ville et de la constitution des collections du musée, au travers de la redécouverte des figures mondaines photographiées aux débuts du tourisme balnéaire. En même temps, il révèle une attitude sans complaisance ni recherche de valorisation facile propre à l art de bord de mer toujours friand de coins pittoresques : apparaît la dimension critique de la photographie dans une approche à la fois documentaire et artistique. Loin des clichés de cartes postales ou des vues touristiques, elles révèlent la réalité de milieux sociaux et culturels contrastés autant que les beautés cachées et parfois inattendues des paysages. Autorisation de sortie L une des motivations d artconnexion est de permettre en région une respiration nécessaire mais trop souvent manquante : sont accueillis des artistes étrangers porteurs d un regard «frais» sur le territoire ou le plus souvent simplement mus par la volonté d entamer ou de poursuivre un projet. Simultanément est permise une sortie salutaire des artistes «régionaux» (on voit comme ce terme est déplacé), déprimés parfois d avoir écumé tous les lieux du réseau «Drac» et finalement revenus à leur point de départ, sans contact à l extérieur ni possibilités nouvelles de visibilité sur place. Cette situation est un comble compte tenu de l image du Nord-Pas-de-Calais «terre de transit», ou de celle de Lille, fière d être à quelques dizaines de minutes, en train, des grandes capitales culturelles européennes que sont Bruxelles, Londres et Paris. Artconnexion bénéficie d un réseau important de financeurs publics (AFAA, CUDL, Villa Médicis hors les murs, British Council) ou privés (Fondation Glenfiddich) et de contacts en Ecosse, Canada, Japon, qui permet de mettre en place une circulation d artistes en et hors région. L association demeure fidèle aux artistes dont le travail est suivi depuis plusieurs années. Plutôt que de chercher systématiquement l obtention d une restitution immédiate, c est la structure qui s adapte au rythme de travail de l artiste. Chaque artiste (ou critique d art, ou designer ) est accueilli au sein d un réseau important dont il devient lui-même un membre actif, «renvoyant l ascenseur» en mettant en relation d autres personnes, après avoir bénéficié d un soutien logistique. Cela permet d éviter la spirale de l assistanat, comme de rester le plus autonome possible par rapport au réseau institutionnel, sans pour autant se couper de ce dernier. (1) Philippe Massardier a en charge la direction de la Maison de la faïence dès sa création en 1992. Dans ce cadre, il définit et met en place les résidences d artiste. Depuis juin 2004, il assume les fonctions de directeur de la culture de la Communauté d agglomération d Artois L accueil d artistes en résidence à la Maison de la Faïence de Desvres repose sur le partage d un savoir-faire spécifique et local : la ville compte en effet plusieurs faïenceries. Pour Philippe Massardier (1), il s agit de réactiver la collaboration des artistes avec ce savoirfaire et ces techniques : les exemples de Gauguin et Picasso, ou encore les expériences menées par les Constructivistes et les artistes du Bauhaus dans le domaine des «arts appliqués» constituent un point de repère dans l histoire de l art. La pratique de l artiste est nourrie du savoir-faire des ouvriers des faïenceries, tandis que ces derniers voient leur rapport à ce \\ 8 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
matériau et ces techniques modifiées, enrichies par le regard et le projet de l artiste. On peut d emblée souligner la grande diversité des pratiques accueillies, dont peuvent témoigner les productions aussi différentes que celles d Abdelhakim Henni, Bruno Dumont ou François Andès Ce passage apparaît comme un moment important dans le cursus des artistes : le travail de Dumont est entré «en conversation» avec celui réalisé à Limoges par Bernard Guerbadot, dans une exposition commune à Amilly ; le projet Géocommodes d Andès se poursuit en dordogne Le matériau essentiel du travail que les artistes sont engagés à mener est fréquemment incarné par la terre elle-même, porteuse de la mémoire du travail des hommes, des violences sociales comme des utopies politiques ; porteuse en même temps d une histoire plus ancienne, glorieuse et prospère. Ce sont sans doute ces contrastes qui ont fait du Nord/Pas-de- Calais un territoire photographique et cinématographique, d où la récurrence de ces pratiques dans le contexte des résidences d artistes. Il est remarquable que les démarches artistiques les plus retenues pour ce genre d action sont celles qui semblent se prêter le mieux à l indexation, à l inventaire du territoire, son patrimoine, ses habitants : photographie, vidéo, travail interactif en lien avec les organisations et les populations locales. Cela révèle la nécessité et l importance d un inventaire critique, mais aussi le danger de redites et de glorification passéiste. À défaut d être parvenu à maintenir une activité économique, on «muséifie» d anciens lieux de production qui deviennent lieux de mémoire de ce qu ils ont été. Les responsables de structures sont bien sûr vigilants ; ils cherchent à inscrire leur projet dans une actualité renouvelée, et à accompagner voire précéder ou infléchir l évolution du territoire. On ne peut dissocier totalement l activité des résidences d artistes de ces mutations de lieux économiques en lieux culturels : charge à l artiste de réactiver un patrimoine économique, social, culturel. Le risque de sclérose est cependant perceptible : la résidence n a pas de sens si elle n est pas suivie d un départ, d une sortie hors du territoire pour les artistes qui en sont originaires, sortie qui se révèle difficile faute de relations privilégiées entre les lieux de résidences en région et ceux d ailleurs. Dans ce contexte, l artiste ne court-il pas le risque de devenir un pansement social, alors qu il se trouve souvent lui-même dans une situation précaire? Serait-ce là aujourd hui le seul horizon de l artiste en résidence? Serait-ce là l unique légitimité des structures culturelles? La Villa Médicis, destinée à l origine essentiellement aux peintres et sculpteurs, en accueille toujours aujourd hui, ainsi que des musiciens, vidéastes Quid des peintres et sculpteurs dans les résidences d artistes en région, dont beaucoup se sont très vite tournées vers un travail de médiation? Certains sculpteurs peuvent il est vrai trouver un écho à leurs préoccupations dans l investissement d un lieu d exposition ou d un espace public mais les exemples sont rares ; ils le sont encore plus s agissant les peintres. Il ne s agit pas ici de défendre une quelconque corporation, mais de remarquer que cette absence fait sens, en renforçant la présomption d une certaine instrumentalisation des artistes, à laquelle la peinture paraît échapper, dans la mesure où elle offre au regard la résistance d une œuvre et non la sympathie d un dispositif de médiation. \\ 9 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
STATUTS DE L ARTISTE Un ami Le statut de l artiste en résidence est très variable : souvent, il est avant tout un «ami» que l on invite à travailler et à montrer son travail seul ou avec les autres artistes. Cette situation est particulièrement visible dans le contexte des collectifs d artistes (La Plate-Forme) ou des associations gérées par des artistes (Cent lieux d art). L accueil se fait «à la bonne franquette», dans l esprit de générosité et l énergie qui caractérisent ces organisations. Le bénévolat est omniprésent : dans le compterendu de l assemblée générale de Cent lieux d art, l investissement personnel de Gilles Fournet et de Jacqueline Gueux apparaît comme «un choix personnel au profit des objectifs de l association et de la convivialité» Ce mode de fonctionnement, s il révèle le manque de moyens financiers de ces associations, permet d abord une plus grande souplesse de fonctionnement, une plus grande réactivité aux envies, découvertes, énergies nouvelles pouvant naître d une rencontre. À vrai dire, il est difficile de ranger l activité de La Plate-Forme aux côtés des autres résidences d artistes : gérée collégialement par des artistes dont certains occupent, moyennant un loyer, les espaces d atelier surmontant le lieu d exposition, elle correspond d abord à une nécessité de confrontation et de collaboration dans le cadre du travail. Cela peut se faire avec d autres artistes, comme ce fut le cas avec les Hollandais de Rotterdam en novembre 2002, ou prochainement, avec une entreprise locale, basée sur l économie solidaire et créée par d anciens dockers. Un salarié Rarement, l artiste peut devenir un salarié de la structure : c est le cas à la MAJT et à l H du Siège. La situation est alors juridiquement et fiscalement très claire, mais s y pose la question du statut de l artiste, et par là de son rôle dans la structure et au-delà dans la société. À la MAJT, l artiste est salarié de l association, en contrat à durée déterminée. Celui-ci stipule la réalisation d une ou plusieurs pièces, leur exposition accompagnée d une édition, ainsi que l implication de l artiste dans l animation de rencontres, conférences ou workshop. Pour ce lieu à l origine non culturel mais longtemps le seul à Lille sur le terrain de l accueil d artistes, cette intégration permet de donner un statut précis à l artiste, en même temps qu une fonction : s il est luimême un «jeune travailleur» accueilli, il participe également à l action de la MAJT. L artiste se trouve ainsi au cœur de la cité. Il est un travailleur parmi d autres travailleurs. Se fait sentir ici le projet social du lieu, jusque dans sa dimension utopique. En outre, la MAJT formule par ce biais une attente envers l artiste : il s agit pour ce dernier d être capable de produire une réponse à ce contexte, de créer un dialogue, une interaction. Le choix des artistes par Bruno Liénard, directeur, repose en partie sur leur capacité à endosser cette fonction. S Il n est pas lieu d en débattre ici, il est cependant clair qu apparaît là un parti pris dans lequel l artiste joue le rôle de médiateur social au sein de la structure et face au public qu elle accueille. Mais la position de l artiste en travailleur social est-elle tenable, dans la mesure où son propre statut d artiste se trouve temporairement mis entre parenthèses par le statut juridique auquel il est soumis? Pour l H du Siège, le problème se corse : là où la MAJT peut justifier du statut octroyé à l artiste qu elle emploie par le contexte qu elle représente et l action qu elle exerce, l H du Siège emploie l artiste en l intégrant au personnel pour de seules commodités administratives. Les responsables, Philippe Bétrancourt et Pascal Pesez, considèrent que l artiste «accueilli» doit participer à l action de la structure : c est-à-dire qu il est à son service littéralement puisque c est contractuel. L artiste se retrouve salarié payé au SMIC. Il me semble qu il y a là une confusion, voire une dérive, dans cette inversion des rapports : la structure n est pas à la base du travail de l artiste ; pourquoi donc doit-il l intégrer? Cela veut-il dire que son implication serait moindre s il demeurait un intervenant extérieur? N est-ce pourtant pas la structure qui devrait accepter d être investie, discutée, voire mise «en danger» par l irruption de ce corps étranger qu est l artiste? Au final, ce rapport entre l artiste et la structure est dérangeant, car il repose sur une relation perverse et oppressante : celle de l employé et de son patron, ce que la lecture du projet de cahier des charges ne fait que confirmer. \\ 10 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
Affirmation du statut d artiste La rémunération en droits d auteur demeure la solution la plus usitée par les différentes structures abordées : la procédure est simple et relativement souple ; en outre, c est celle qui occasionne, à rémunération brute égale, les retenues les moins importantes. Au-delà de ces considérations pratiques, Luc Brévart (Quai de la Batterie à Arras) assume une position plus radicale, incarnant une forme de militantisme responsabilisant : l un des critères indispensables dans le choix d un artiste est l affiliation de ce dernier à la Maison des Artistes (régime spécifique de sécurité sociale). Exerçant une activité rémunérée, l artiste cotise en tant qu artiste reconnu dans sa fonction. C est la reconnaissance pleine et entière d un statut et d une activité spécifique, assumés tant par l artiste que par la structure d accueil. Le fonds de provenance de cet attachement à un régime spécifique reconnaissant la profession est sans doute à rechercher dans le militantisme des gens de spectacle, côtoyés par Luc Brévart, attaché à préserver dans son lieu une dimension pluridisciplinaire. Il est vrai cependant que ce système, dans la pratique, a peut-être ses contraintes et ses limites : il nécessite de cotiser au sein d un régime ne couvrant l artiste qu à partir d un certain niveau de revenus qu il s agit d atteindre, faute de quoi l on cotise à perte. Il faut alors trouver un autre moyen de bénéficier d une couverture sociale correcte. Il n en demeure pas moins que la position catégorique de Luc Brévart vise à préserver le statut de l artiste en tant que tel, à reconnaître son existence et sa participation à la vie de la cité : à ce titre, c est sans doute la position qui, d un point de vue politique, est à la fois la plus clairement énoncée et la plus évidemment défendable. Artconnexion, pour toute collaboration avec un artiste, signe une convention avec ce dernier. Il s agit non seulement d accueil d artistes en région, mais aussi de l organisation de résidences à l étranger pour des artistes locaux. Ces séjours sont organisés en fonction de l évolution du travail de l artiste, mais aussi dans le but de réaliser des projets spécifiques ; les termes du contrat sont donc à établir au coup par coup, puisqu il n y a pas d attente «standard». Le projet de l association est ainsi formulé : «L accueil en résidence ne se fait que sur accord autour d un projet artistique précis pour lequel l association se sent concernée et compétente pour apporter une aide logistique, financière et humaine». Il débouche ou non sur la réalisation d une exposition mais toujours sur des propositions concrètes d un suivi de l artiste (mise en réseau, édition, etc.). Suivant le projet et les partenaires lorsqu il y en a, l artiste dispose d une bourse avec frais de voyage, per-diem, participation à la production. Dans tous les cas une convention fixant les conditions de séjours et les engagements réciproques est signée entre l artiste et l association. La préférence à la commande Que l artiste soit salarié, rémunéré en droits d auteur ou prestation de service, ce qui caractérise la quasi-totalité des structures d accueil est la récurrence de la commande accompagnant la proposition de résidence. La structure est souvent producteurdiffuseur de l œuvre réalisée en résidence. Cette solution permet d obtenir des financements sur projet, sur le modèle de l industrie cinématographique. Ainsi à l Espace 36, le contrat prévoit que l artiste en résidence est tenu de produire des pièces en vue d une exposition avec publication. Les œuvres produites demeurent la propriété des artistes, le lieu ne constituant pas une collection. Au Quai de la Batterie, une convention (ou une facture) est établie avec l artiste, stipulant la production d une pièce, d une exposition ou d une publication, mais l association ne formule aucune attente dans le domaine de l animation d ateliers : c est elle-même qui s en charge, refusant, selon les termes de Luc Brévart, de faire de l artiste un «pansement social». À la Chambre d eau, le contrat est envisagé comme un cadre donné dans la démarche de création ; il formule l attente de la structure à l artiste dans un territoire donné. Le contrat mentionne la cession des droits sur les textes et les images produites, précise la rémunération en droit d auteur et la prise en charge des frais de déplacement et de production de l œuvre. Les artistes sont logés et nourris sur place : deux chambres indépendantes sont aménagées pour les accueillir. En plus de la réalisation des photographies et de la rédaction des textes, il revient aux artistes d ouvrir un dialogue avec les habitants pour en tirer la matière de leur intervention et construire leur projet en lien étroit avec le territoire, son histoire, ses habitants et ses représentants. \\ 11 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
Au Musée du Touquet, c est une prestation de service qui permet de payer et de défrayer les artistes sur la base d une délibération du Conseil Municipal. Le contrat engage l artiste à réaliser au moins 32 photos qui constitueront le matériau de l exposition et de la publication qui succèderont à sa résidence. Chaque résidence dure une année, au cours de laquelle l artiste assure en moyenne deux mois de présence effective. L artiste est également tenu d animer un atelier de travail avec un groupe d enfants de villes environnantes. Une exposition des travaux d enfants s ensuit, puis au bout de trois résidences, c està-dire au bout de trois ans, un catalogue des œuvres des enfants sera publié. Les photographies réalisées par l artiste au cours de sa résidence demeurent la propriété du musée, qui augmente et enrichit son fonds photographique historique (comme la Maison de la Faïence et la MAC), mais Patrice Deparpe, conservateur du musée à l origine de cet accueil d artistes, précise que les photographies sont rendues disponibles et prêtées pour toute autre exposition personnelle ou collective. Carte de la Région Nord - Pas-de-Calais \\ 12\\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
DÉROULEMENT DES RÉSIDENCES La durée et les modalités de séjour en résidence sont aussi nombreuses et variées qu il existe de structures, d autant que certaines sont très souples de ce point de vue : la Plate-Forme, artconnexion, Cent lieux d art par exemple adaptent au coup par coup les modalités des engagements réciproques. Pour les autres (Espace 36, Maison de la Faïence, Chambre d eau, MAC, Galerie Arc-en-Ciel), le plus souvent, le rythme de succession des résidences correspond à celui d une par année. Ce rythme assez ample est dû à la fois à la lourdeur de la préparation, tant d un point de vue artistique que financier, qu à un coût budgétaire et humain important qui ne permet pas aux structures d assurer davantage de résidences d artistes dans l année. Cette situation se double du fait que les structures ne disposent souvent que de moyens d accueil (logement, atelier) pour un artiste à la fois (MAJT, Maison de la Faïence, H du siège ), et ne peuvent donc techniquement en accueillir davantage. À noter l exception que constitue la Chambre d eau, qui accueille le plus souvent deux artistes à la fois (un photographe et un écrivain). Ceci correspond au projet spécifique de cette structure qui met en place des projets d édition en commun. Les deux résidents sont donc amenés à travailler ensemble. D une manière générale, les responsables des structures marquent leur préférence pour ce rythme de travail, puisqu il permet à l artiste de bénéficier d un «temps long», qui lui permet de bien mûrir son travail, surtout lorsque celui-ci porte sur le territoire. Patrice Deparpe insiste sur ce point, particulièrement sensible dans la ville où est implanté son musée : il s agit d éviter les visions stéréotypées du bord de mer, les cartes postales sans nuance qui résulteraient immanquablement d un regard trop hâtif porté sur le territoire. Ces résidences annuelles sont organisées selon des temps de présence discontinus et variés en fonction du rythme de travail de l artiste et des éventuelles prestations spécifiques qu il doit assurer (ateliers, rencontres). Certains projets proposent des nuances : «petites» et «grandes» résidences à l H du Siège sont ainsi envisagées dans la programmation (1). Les «grandes résidences» (une par an) correspondraient à un séjour de travail, suivi d une exposition et d une publication, selon le modèle classique de la résidence. Les «petites» résidences, ou résidences de recherche, seraient plutôt des coups de pouce à des artistes en recherche de lieu de travail, pour une courte période. Ces petites résidences, n engageraient pas de dépenses autres que le prêt des locaux et l achat de matériel (l artiste ne bénéficie pas de rémunération). Il est pour le moment difficile de qualifier et de quantifier l impact de ces «coups de pouce» : l intérêt économique pour l artiste n est sans doute pas négligeable, la location d un atelier pouvant se révéler coûteuse, et les locaux disponibles pas forcément nombreux. Mais sans engagement particulier, comment l artiste peut-il trouver ses marques en un laps de temps de deux mois? Outre que son temps de séjour, donc de travail, est limité, l artiste est tenu contractuellement d ouvrir ses portes et d accueillir des rencontres publiques au cours desquelles il devra présenter sa démarche auprès des acteurs socioculturels et des enseignants. Il me semble qu il s agit là d une dérive : l artiste non rémunéré est sous le coup de contraintes qui, en dépit de la mise à disposition d un atelier, ne lui permettent pas de travailler, mais l obligent à faire un travail de médiation et de promotion de la structure, alors que cette dernière s en tient pour sa part à des engagements minimums. (1) Lors de la rédaction du texte, ces actions étaient encore à l état de projet \\ 13 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
BUTS, ENJEUX, BÉNÉFICES Plus-values et cache-misère Il est aisé de saisir en quoi l accueil d un artiste assure un bénéfice à la structure d accueil : le public manifeste généralement un grand intérêt pour le processus de création (auquel il est parfois convié à participer), en même temps qu une fascination certaine pour le personnage incarné par l artiste. La résidence d un artiste donne aussi la possibilité de développer des projets communs ou en lien avec d autres structures, culturelles ou non, et donc de s insérer davantage dans le réseau local : l artiste et son travail font le lien. La présence de l artiste est aussi l occasion de développer des activités pédagogiques : animation autour du travail, de l univers de l artiste ; participation éventuelle de l artiste à l animation de rencontres, débats, ateliers L accueil d artistes peut permettre aussi d appuyer des demandes de financement : la résidence est en quelque sorte une activité de «prestige», elle peut être un moyen efficace d attirer l attention des financeurs publics ou privés sur des projets spécifiques : la résidence sert de vitrine. Encore une fois, l artiste fait fonction de médiateur. Cette situation engendre ses effets pervers : en étant très critique, on est amené à penser que l accueil d artistes est parfois une solution de facilité permettant d avoir l air de faire quelque chose d important, en s inscrivant dans l air du temps ; un moyen commode de justifier l existence et la pérennité d une structure sans se donner la peine de risquer le parti pris d une programmation ou d un mode de fonctionnement originaux : c est la démarche de l artiste invité qui s y substitue. La seule présence de l artiste assure une forme de légitimité à l existence d une structure et à ses activités. Si la «plus-value» accordée par l accueil d artistes est clairement identifiée et formulée par les responsables de structure, l intérêt les intérêts de l artiste, et le bénéfice qu est sensé lui octroyer son séjour en résidence sont moins évidents, au point parfois de n être pas clairement abordés dans les réponses formulées. Ce manque révèle alors un impensé : la fonction du séjour dans l évolution de la démarche artistique ne semble pas toujours apparaître comme le principal enjeu de l accueil en résidence. En même temps, la résidence peut se révéler être le cache-misère des politiques publiques de soutien à la création. Accompagné de subsides sous la forme d une bourse, du paiement d une commande, du prêt d un atelier ou d achat de fournitures le séjour en résidence permet temporairement à l artiste de gagner sa vie entre deux périodes d animation d atelier en milieu scolaire ou autre travail alimentaire. Ces bourses, censées permettre à l artiste de se consacrer entièrement à son travail, et donc soutenir la création, ne sont souvent rien d autre que des aides à caractère social qui s ignorent à peine, pour des artistes en grande précarité, qui se consacrent difficilement et simultanément à l exercice d un emploi, au montage des dossiers de subvention ou à la recherche de galeries, et tout de même à leur travail artistique. Cédric Loire juillet - août 2003 \\ 14 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
FICHES TECHNIQUES DES LIEUX NORD - PAS-DE-CALAIS \\ 15 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
FICHES TECHNIQUES DES LIEUX DANS LE PAS-DE-CALAIS Espace 36 Galerie d art contemporain 36, rue Gambetta 62500 SAINT OMER T. 03 21 88 93 70 espace36@free.fr Contact : Benoît Warzee, directeur Association Loi 1901 Date de création : 1987 1 ère résidence : 2000 (Erik Chevallier) L association assure l accueil d artistes, les expositions (galerie de 50 m 2 ), les rencontres avec le public, le travail avec les partenaires locaux et extérieurs, et en direction des publics scolaires. Le travail est axé sur le regard porté sur la ville et ses habitants ; dans les projets à venir, le but sera d amener ces derniers à prendre une part active dans le processus de création, puis, peut-être, de parvenir à transformer le regard sur la ville. Financements : Conseil Général du Pas-de-Calais Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais DRAC Ville de St Omer Musée du Touquet Avenue du Golf 62520 LE TOUQUET T. 03 21 05 62 62 F. 03 21 05 48 70 musee@letouquet.com Contact : Patrice Deparpe, Conservateur Musée Municipal Date de création : 1932. En 1989, achat de la villa où il a pris place aujourd hui. 1 ère résidence : 1999 (Patrick Bard). Choix de la photographie comme axe de la résidence. Une exposition ponctue chaque résidence, elle s accompagne d une publication. Animation par le photographe d un atelier avec les enfants, qui débouche sur une exposition au musée. La demande faite aux photographes repose sur différents thèmes liés au territoire qu on leur propose d aborder : les gens, la ville, la lumière... Financements : Ville du Touquet Conseil Général Ministère de la Jeunesse et des Sports Fuji Maison de la Faïence, musée de la Céramique Rue Jean Macé - BP 107 62240 DESVRES T. 03 21 83 23 23 F. 03 21 83 44 45 desvresmuseum@wanadoo.fr Contact : Bernard Guillemet, directeur Association Loi 1901 Date de création : 1990 1 ère résidence : 1993 Mise à disposition d une maison d artiste (galerie au rez-de-chaussée, étage : logement et atelier de conception et préparation ; atelier de réalisation dans les entreprises) Production d expositions avec catalogue. Le choix des artistes est fondé sur la possibilité d une réponse de leur part à la confrontation avec le matériau et les techniques de la céramique. Les artistes accueillis n ont jamais au préalable expérimenté la céramique. Financements : Ville de Desvres Conseil Général Conseil Régional DRAC \\ 16 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
Quai de la Batterie rue des Jongleurs 62000 ARRAS T. 03 21 23 43 11 quaidelabatterie@wanadoo.fr Contact : Luc Brévart, directeur Association Loi 1901 Date de création : 1992 1 ère résidence : 1989 Partage du lieu de production ; territoire comme sujet de départ. Espace de travail et outils de production : gravure, sérigraphie, livres, céramique et verre. Accueil de l artiste chez l habitant (membres de l association). La résidence est d abord un moment de partage de l espace de travail, d où naissent des rencontres et échanges nourrissant les projets en cours ou à venir. Financements : Ville d Arras Conseil Général Conseil Régional Ressources propres Arc-en-Ciel Place Gambetta - BP 2 62800 LIÉVIN T. 03 21 44 85 15 F. 03 21 44 77 25 sylvie@arcenciel-lievin.fr Contact : Sylvie Présa, responsable arts plastiques et cinéma Association Loi 1901 Date de création : septembre 1989 ; Galerie 1991 1 ère résidence : 2002 (Olivier Despicht) Galerie 120 m 2, deux ateliers sur place, un à l extérieur dans un Béguinage (labo, atelier, espace d exposition). Exposition, workshop, rencontres, édition (catalogue, CDRom, DVD). La structure privilégie un moment de création et de rencontre avec le public. Financements : Ville de Liévin DRAC Conseil Général Conseil Régional Maison de l Art et de la Communication Rue Arthur Lamendin 62430 SALLAUMINES T. 03 21 67 00 67 F. 03 21 67 18 24 mac@mairie-sallaumines.fr Contacts : Paskal Castelein, Directeur, et Sébastien Naert, Chargé de mission Arts Plastiques Équipement municipal Date de création : 1992 1 ère résidence : dès l origine, accueil en résidence au travers de l activité de Guy Carpentier, ancien directeur. Logement (maison avec neuf chambres), deux ateliers pour enfants ; salles d exposition d environ 200 m2 (hauteur sous plafond 4 m). Exposition, ateliers, rencontres. Publications sous forme de catalogue ou de CDRom. Une particularité de ce lieu réside dans le fait qu il a constitué une collection à partir des œuvres réalisées en résidence et acquises par la ville de Sallaumines Financements : Ville de Sallaumines DRAC Conseil Général Conseil Régional \\ 17 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
DANS LE NORD La Plate-forme 67/69, rue Henri Terquem 59140 DUNKERQUE T. 03 28 58 25 66 laplateforme1@free.fr Contact : Patrick Le Bellec, président Association Loi 1901 Date de création : 1997. Ouverture du lieu en avril 2001 1 ère résidence : accueil d artistes hollandais en novembre 2002 Structure organisée sur le modèle du collectif d artistes. Échanges avec des artistes étrangers ; volonté de déplacer la Plate-Forme ailleurs, en fonction du projet. Travail en lien avec des structures non culturelles, sur le territoire dunkerquois. Espace d exposition 150 m 2 ; Ateliers loués à l étage sur 150 m 2. Le dénominateur commun de toutes les actions menées par ce «collectif» est le travail, qu il soit artistique ou non. Ce qui est privilégié est donc un temps de travail, de réflexion et d échange, qui peut être discontinu, se dérouler sur place ou ailleurs. Financements : DRAC Ville de Dunkerque (des demandes sont en cours auprès du Conseil Régional et du Conseil Général) artconnexion Agence de production et de médiation en art contemporain 10-12 rue du Priez 59800 LILLE T. 03 20 21 10 51 F. 03 20 06 90 24 artconnexion@nordnet.fr Contacts : Bruno Dupont, directeur et Amanda Crabtree Association Loi 1901 Date de création : 1994 1 ère résidence : 1995 (Gilbert Boyer) Accueil d artistes, graphistes, designers, critiques, sur place (espace d exposition, atelier en fonction du projet, logement). Mise en réseau, édition, aides à l élaboration de projets, demandes de bourses, résidences à l étranger. L association est fondée sur le principe de l échange, de l accueil d artistes étrangers en région et de l organisation de séjours à l étranger. La structure accueille également des graphistes, des professionnels du milieu de l art contemporain, critiques, etc. Financements : CUDL AFAA British Council Fondation Glenfiddich Maison d Accueil des Jeunes Travailleurs 17, rue de Thumesnil 59000 LILLE T. 03 20 52 69 75 contact@majt-lille.asso.fr Contact : Bruno Liénard, Responsable de l Atelier Association Loi 1901, foyer de jeunes travailleurs Date de création : 1955 1 ère résidence : 1992 Mise à disposition d un logement (maison ouvrière) et d un atelier (143 m 2, éclairage zénithal, outils multimédia, adresse email) ; rencontres, ateliers, possibilité de publication avec des co-éditeurs. L artiste est choisi en fonction de sa capacité à réagir au contexte social et culturel dans lequel il est placé. Financements : DRAC Ville de Lille Conseil Général Conseil Régional \\ 18 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
H du Siège 15, rue de l Hôpital du Siège 59300 VALENCIENNES T/F. 03 27 36 06 61 hdusiege@free.fr Cent lieux d art 7, Hameau d Offies/Dimont 59216 Sars-Poteries T. 03 27 61 66 19 F. 03 27 57 43 99 La Chambre d Eau Moulin des Tricoteries 59550 LE FAVRIL T/F. 03 27 77 09 26 lachambredeau@nordnet.fr Contacts : Philippe Bétrancourt, Pascal Pesez Association Loi 1901 Date de création : 1988 et espace d exposition en 1996 1 ère résidence : 1998 (Sonia Stringer). Mise en fonctionnement de l atelierlogement (70 m 2 ) en septembre 2003. Expositions (lieu d exposition 350 m 2 ), accueil du public scolaire. La structure gère la location d ateliers d artistes sur place ; elle organise des expositions accompagnées de la publication de plaquettes ; l artiste est choisi «pour l attention et la réflexion qu il porte à l environnement social et urbain, et le souci d intégrer ces notions à sa démarche de création». Financements : Ville de Valenciennes DRAC Conseil Régional Conseil Général Communauté d Agglomérations Contacts : Gilles Fournet et Jacqueline Gueux Association Loi 1901 Date de Création : mai 1993 (Espace Mariani) devenu Cent lieux d art en 1997 L association ne se définit pas comme une résidence d artistes à proprement parler, mais plutôt comme un moment de travail de création d événement, sur un projet où se créent des échanges entre l artiste, la structure et les habitants. L artiste est logé chez l habitant (membres de l association) ; plusieurs lieux de présentation de son travail sont envisageables : Vitrine Paulin, Salle du Bûcher aux Moines Des ateliers et rencontres sont organisés. L association aide à la production de pièces et à la publication du travail (visuels, plaquettes, dépliants, parfois en coédition). Financements : Ville de Solre le Château Conseil Général Conseil Régional DRAC Ressources propres Contact : Vincent Dumesnil Association Loi 1901 Date de création : octobre 2001 1 ère résidence : 2002 (Benoît Ménéboo et Jean-François Pocentek) Expositions, accueil d artistes sur place (deux chambres d hôtes à disposition), rencontres, publications. Il s agit de permettre des rencontres entre l artiste, la structure et les habitants, de réamorcer un dialogue et de montrer le travail en cours afin d en discuter avec les habitants au cours de rencontres. Financements : DRAC Conseil Général Conseil Régional Parc Naturel Scarpe-Escaut \\ 19 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
Carte de la Région des Pays de Loire \\ 20 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
LES RÉSIDENCES D ARTISTES DANS LA RÉGION DES PAYS DE LA LOIRE Anne Giraud La politique culturelle française tend à développer les formes de soutien proposées aux artistes plasticiens. Ateliers, résidences, travaux in situ, se multiplient comme autant d opportunités d exporter l artiste et les œuvres hors des structures habituelles de monstration et de production. Durant ces sept dernières années (1), l accroissement du nombre de résidences révèle l intérêt croissant des artistes, des structures et des financeurs pour ce type de projets. Leur organisation découle d une collaboration consensuelle qui prend en compte les ressources et les besoins de chaque partenaire. Si certains principes administratifs prévalent à toutes les résidences, une très grande diversité est notable dans les objectifs, les moyens et l implication des acteurs. Ainsi, outre des caractéristiques communes, des spécificités locales sont importantes. La région des Pays de la Loire s avère exemplaire à cet égard. Pionnière dans ce domaine, elle garde un goût prononcé pour la prospection de nouvelles modalités de résidences. À partir des propositions repérées dans les cinq départements (2) qui la composent, et dans lesquels sont recensés plus de trois millions d habitants, il apparaît que les principes directeurs partagés par toutes les résidences sont liés à la précarité du milieu de l art contemporain. Le tableau récapitulatif joint permet une lecture croisée des données. Hormis ces points de convergence, la région des Pays de la Loire se distingue par des initiatives qui sont à même de définir de nouvelles orientations pour les résidences d artistes. Enfin, la qualification du contexte général, dans lequel les résidences émergent, révèle l évolution de la représentation socio-culturelle du rôle des plasticiens, des institutions et des tutelles et offre des prospectives qui dépassent le seul domaine artistique. (1) Nombre de résidences en 1996 : 40, en 2003 : 100. Résidences d artistes en France, introduction d Elisabeth Caillet, édition de la DAP, p. 6 (2) Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe et Vendée \\ 21 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
La précarité du milieu de l art contemporain La résidence d artistes est largement entendue comme une aide à la création permettant une période de recherche et de production dans un espace qui n est pas celui de l atelier habituel de l artiste. Ce changement de lieu pour travailler modifie plusieurs paramètres. Nous en retenons quatre communs à toutes les résidences françaises, parmi lesquelles celles effectuées dans la région des Pays de la Loire. Il s agit de la professionnalisation des artistes, de l élargissement des relations entre la structure d accueil et le créateur, d une très grande liberté de création et enfin de la facilité de mise en place des résidences par ces structures. (3) Source : service du développement culturel de la Ville de Nantes (4) Résidences d artistes en France, introduction d Elisabeth Caillet, édition de la DAP, p. 7 (5) Les Ateliers Internationaux du Frac des Pays de la Loire, p. 23 Les résidences : moyens pour penser, pour produire et pour accéder au réseau La plupart des résidences mettent l accent sur les aides matérielles offertes aux artistes. Elles comprennent généralement un espace de travail et des moyens techniques pour réaliser de nouvelles pièces. Le manque d atelier disponible pour créer est un élément déterminant dans l attrait des résidences. Les grandes villes, parce qu elles favorisent parfois d autres formes de soutien aux artistes, ont souvent un parc d ateliers très limité. Celui de la ville de Nantes est réduit à quinze (3). L atelier mis à disposition lors d une résidence représente un espace de travail ponctuellement disponible mais aussi un espace inclus dans une structure qui possède du matériel. Dans le cadre de la résidence, l artiste a accès à ce matériel. Ainsi, faute de trouver un atelier stable et de posséder des équipements pour produire son travail, l artiste se tourne vers les résidences. «( ) L artiste est contraint de chercher dans le temporaire ce qu il ne trouve plus dans le permanent, en particulier les moyens dont il a besoin, en terme d équipement et de matériel (moyens issus des technologies de l information et de la communication qu un artiste seul n est pas capable d acquérir et dont il n a pas l usage permanent, plus encore l évolution rapide de ces moyens techniques exige une capacité de renouvellement que seule une institution collective peut garantir)» (4). L accès à de meilleures conditions de travail permet à l artiste d être plus professionnel, c est-à-dire de ne plus recourir à des solutions «branque ballantes». Plusieurs facteurs, outre l aide logistique, font parfois défaut dans le processus créateur. L un d entre eux est le contexte intellectuel dans lequel il s opère. Certaines résidences, en délocalisant le travail de l artiste, le dépaysent géographiquement mais aussi intellectuellement. La proximité avec les critiques d art, le personnel scientifique de la structure d accueil ou les relations développées avec les artistes simultanément en résidence sont autant de possibilités offertes à l artiste d échanger sur son travail. «La création d un réseau intellectuel, des rencontres qui pourraient être déterminantes par leur spiritualité, leur vie intellectuelle et même professionnelle grâce notamment aux contacts avec des galeristes et des critiques» (5) revêtent un attrait supplémentaire auprès des plasticiens isolés. \\ 22 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
Ces échanges ne sont toutefois pas imposés. L artiste qui souhaite profiter de cet espace-temps pour faire le point sur son travail en toute autonomie, peut penser sa résidence comme un lieu de ressourcement. Ainsi, Christoph Hinterhuber, résident au Frac des Pays de la Loire, au printemps 2002, y a trouvé ponctuellement un lieu pour interrompre l effervescence de son quotidien autrichien. «Ici, à Carquefou, j ai l impression de m être posé, enfin, un moment. D avoir repris les choses à zéro. ( )» (6). Cette forme de retraite, envisageable en résidence, facilite l accès à l essentiel de la démarche plastique puisqu elle replace le travail dans sa cohérence générale. Si les résidences offrent des avantages certains encore faut-il accéder à cette modalité de travail. Ces conditions sont très variables. Dans la plupart des cas, il s agit de sélectionner des artistes qui ont peu exposé ou qui sont en difficulté «d insertion professionnelle». Ainsi, les structures font une prospection très large et développent «une politique d accueil et d ouverture à l égard des jeunes plasticiens» (7). Elles s inscrivent en faux par rapport au circuit fermé des galeries. L objectif est d encourager la percée de plasticiens fraîchement formés, dont la notoriété n est pas avérée, ou qui manifestent le désir d être accompagnés pour la production et la diffusion de leur travail. Le caractère prospectif des résidences est vérifié par leur accès administratif. Qu il s agisse de visites d ateliers, de rencontres informelles, d une sélection par dossiers de candidature comme de la préparation d une exposition (8), les résidences ont ceci de commun qu elles donnent leur préférence à des artistes qui ne sont pas toujours identifiés par le milieu de l art contemporain. Elles sont perçues comme une opportunité supplémentaire d accéder à une visibilité plus large de la recherche artistique. (6) Communiqué de presse de l exposition Coming closer, 22 janvier 2003 / 3 mars 2003 (7) Les ateliers internationaux des Pays de la Loire, p. 3 (8) Le tableau synthétique référence les différentes modalités d accès aux résidences d artistes localisées dans la région des Pays de la Loire. (9) Neuvièmes Ateliers Internationaux des Pays de la Loire, 1992, notice de Charles-Arthur Boyer, p. 26 Élargissement des relations entre les artistes et les structures L artiste qui expose dans un centre d art ou un FRAC est sélectionné en fonction de son travail antérieur. Il s agit souvent pour la structure de présenter des œuvres déjà réalisées bien que l exposition puisse être l occasion de produire une œuvre nouvelle. Les structures remplissent fréquemment une mission d aide à la production qui s ajoute au soutien qu elles apportent aux artistes sous forme d exposition et de réalisation d outils de médiation. La résidence en revanche a pour objectif de réaliser un travail spécifique ou de poursuivre une recherche personnelle. Ainsi, l œuvre d art n est plus dans le cas des résidences considérée comme un produit tout fait, mais bien à venir. Les résidences, en permettant de convoquer l institution en amont de la création de l œuvre, élargissent son implication et son engagement envers la création contemporaine. Elles ne se contentent plus de recueillir les fruits d un travail antérieur, mais tentent d accompagner ce travail alors même que celui-ci n est pas confirmé. Le travail mené en résidence, parce qu il est nourri par un environnement matériel et humain spécifique, conditionne dans une certaine mesure la production artistique. La bourse de production qui est allouée à l artiste, l aide technique apportée par les régisseurs, ou le matériel à disposition sont des éléments qui aident à la création d œuvre techniquement complexe. La fameuse moto de Xavier Veilhan, réalisée dans le cadre des ateliers internationaux des Pays de la Loire qui se sont déroulés à Clisson en 1992, témoigne de cette tendance. L impressionnante statue d une longueur de 2 mètres a été réalisée sur place à partir de photographies d une moto de course très caractéristique appartenant à un ami pilote. «À Clisson, chaque pièce a été reconstituée, grandeur nature, en mousse de polyuréthanne, contre-plaqué ou PVC et en résine de polyester, à partir de photographies qui ont été retranscrites en dessins sur papier équivalent à des plans ou à des patrons. L ensemble des pièces a ensuite été peint avec le minimum de couleur (un blanc, un noir, deux bleu), puis monté et assemblé pour reconstruire la moto dans sa globalité, sa complexité mais aussi sa dynamique» (9). Ce travail monumental a requis l assistance du personnel qualifié, employé par la structure dans son fonctionnement permanent, mais disponible pour réaliser des projets spécifiques. \\ 23 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
Pour autant l artiste reste le maître d œuvre et ne cède pas ses droits d auteurs sur la pièce réalisée. L aide apportée qu elle soit matérielle, technique, financière ou humaine n est qu une assistance. Les résidences contribuent aux seules conditions de gestation de l œuvre. Comme le signalaient déjà en 1986 Mario Toran et Guy Tortosa, deux initiateurs de résidences «Nous nous sommes donnés pour but d aider à naître» (10). En ce sens, l institution ne porte pas en elle-même le travail créatif. En revanche, l artiste qui prend possession d un lieu, qui l anime et qui compose avec les éléments qu il a à sa disposition agit en véritable auteur. «Les conditions de production des œuvres ne se pensent enfin plus en terme de lieu mais plutôt en terme d échanges intellectuels et de pouvoir économique effectif» (11). L institution a les moyens financiers de produire et la possibilité de faciliter la rencontre avec des spécialistes de l art contemporain. En somme, elle «prête» ses outils de fonctionnement. Liberté de création pour les artistes Contrairement aux autres formes d aides à la création, comme le 1 %, ou la réalisation de pièce spécifique dans un espace d exposition contraignant, la résidence fait rarement l objet d un cahier des charges déterminé. Selon le lieu dans lequel elle s inscrit, le public habituel ou bien encore le projet culturel de la structure d accueil, l implication des artistes peut varier légèrement. De plus, la résidence s adapte aux priorités des résidents, si bien qu elle prend des formes extrêmement variables. Ainsi, alors que l immersion de l artiste dans la structure semble la condition sine qua non, il est arrivé que la présence de l artiste ne soit pas physique. Ainsi Marcel Dinahet, résident du Frac des Pays de la Loire en 2001, a travaillé à distance. Ses recherches nécessitant diverses déambulations et immersions maritimes sur le littoral nazairien ne pouvaient naturellement pas être déplacées. Sa résidence se déroulait, de fait, extra muros. De même, en résidence au Frac des Pays de la Loire en 2003, les recherches de Petra Mrzyk et Jean François Moriceau ont été menées à partir de leur lieu de vie alors new-yorkais. Ils ont travaillé à distance, comme s ils étaient présents au Frac, mais virtuellement. L adaptation des résidences pour embrasser les diverses formes plastiques séduit naturellement les artistes. Les structures peuvent coller au plus près du travail plastique tout en considérant le projet global de la structure. «Plus encore, une résidence ne possédant pas d exigences figées est sans doute le moyen qui peut le plus aisément accompagner les différentes dimensions du travail de l artiste, tout en tenant compte des attentes des promoteurs de la résidence. Ce qui explique la très grande diversité qu il est possible d observer» (12). À cette liberté de forme, s ajoute un large panel d objectifs et des outils spécifiques pour la mise en œuvre des résidences. Conçues comme une aide à la professionnalisation des artistes, elles sont un moyen pour produire dans des conditions optimisées. La diffusion du travail se concrétise sous deux formes : l exposition-bilan et l édition de catalogue. En ce sens, ce dispositif répond très clairement aux deux difficultés majeures des artistes peu reconnus : production limitée de pièces et absence de visibilité du travail. Le centre d art sacré contemporain de Pontmain fait de l accueil d artiste en résidence une de ses priorités. Dans sa programmation semestrielle, il intègre ce processus à parité avec des expositions monographiques d artistes. À Pontmain, les résidents travaillent sur place et préparent «le matériau» pour l exposition à venir. Il s agit de créer et d exposer dans la foulée le travail récemment réalisé. Cette période comprenant la conception et la production, se confond avec celle du montage en vue de l exposition. En outre, le centre d art édite un catalogue collectif qui témoigne de la résidence. L artiste reçoit gratuitement des exemplaires très utiles à la communication de son travail. Le centre d art a fait l objet d une étude par un cabinet extérieur consacré à son projet artistique. Les partenaires de la convention de développement culturel (Communauté de communes, Conseil Général et Drac) souhaitent re-qualifier ses missions. Ils envisagent d accroître l importance des résidences pour favoriser une plus grande adhésion des habitants. L occasion pour les résidents de rompre avec leur travail quotidien est un atout fort de ce dispositif. Les seuls moyens à disposition pour produire ou pour diffuser le travail, ne sont pas suffisants pour expliquer l intérêt des résidences. Il faut revenir sur le temps de la résidence, celui-la même de la conception du travail plus que celui de la présentation du travail réalisé. L immersion dans un autre environnement est recherchée pour le détachement qu elle procure vis à vis des contingences \\ 24 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
matérielles de la vie courante et souvent précaire des artistes. C est dans cet esprit qu ont été pensées les résidences à Fontenay-Le-Comte. Suite à la disparition du peintre Jean Chevelleau, la Ville acquiert la maison éponyme en 1998. Le projet commandé pour animer le lieu conserve l esprit d hospitalité et de convivialité influé par le peintre. Hormis une conférence de presse et une brève présentation du travail effectué en résidence, les artistes sont peu sollicités. La résidence est une fin en soi. Son principal avantage consistant dans la réduction maximale des contraintes imposées au jeune artiste. (10) Troisième Ateliers Internationaux des Pays de la Loire, 1986, introduction de Mario Toran et Guy Tortosa, p. 3 (11) La collection du Frac des Pays de la Loire, Guy Tortosa, p. 23 (12) Elisabeth Caillet, Résidences d artistes en France, Guide pour l art contemporain, édition DAP, introduction, p. 6 (13) cf. tableau comparatif des résidences en Pays de la Loire (14) Elisabeth Caillet, Résidences d artistes en France, Guide pour l art contemporain, édition DAP, introduction, p. 6 (15) Depuis 2002, la ville de Nantes organise le Prix des Arts Plastiques. Il accompagne les jeunes artistes nantais dans le démarrage de leur parcours professionnel par une aide financière directe ainsi que des aides logistiques. Aisance dans la mise en œuvre des résidences Si, à plusieurs égards, cette modalité de travail semble souple et adaptée aux besoins des plasticiens, elle est aussi parfaitement compatible avec les structures d accueil qui ont pour mission principale d encourager l art contemporain. À quelques rares exceptions près, les résidences ne requièrent pas de personnel, d espace ou d investissement supplémentaires. Les activités qui en découlent sont généralement absorbées dans le fonctionnement général de la structure. L aide technique réalisation d œuvre et montage apportée aux artistes est une extension des responsabilités des régisseurs, de même, la conception d un catalogue, l organisation de rencontres, sont incluses dans le travail global du service communication. Chaque service se répartit l assistance qu il porte au résident selon ses compétences. En outre, les procédures administratives sont légères. Un contrat de résidence lie les partenaires. Les dépenses de matériels sont soit à la charge de l artiste bénéficiant d une bourse, soit commandées par la structure qui fait appel à ces prestataires habituels (13). Le développement des résidences «( ) est sans doute dû à la facilité avec laquelle ce mode de travail avec les artistes peut concerner les acteurs les plus variés et présente une simplicité de montage qui n est en rien comparable à d autres dispositifs qui comportent des critères nettement plus spécifiés et donc plus difficiles à respecter» (14). Enfin, si l attrait des résidences est partagé par les artistes et les structures d accueil, elles intéressent également les collectivités territoriales et les tutelles décentralisées. Principales sources de financement des institutions artistiques, elles soutiennent aussi indirectement les artistes dans leur parcours en attribuant des bourses d aide à la création (15). Etant donné le coût de la mise à disposition de locaux à loyer modéré, les collectivités tentent de trouver des alternatives en étendant les possibilités des structures dont elles subventionnent déjà le fonctionnement. Cette économie représente un intérêt double. Non seulement, elle centralise l attribution de subvention, mais encore, elle permet de cibler la localisation des artistes dans des zones qui sont par ailleurs problématiques. «Les politiques culturelles liées à la lutte contre la désertification en monde rural ou celles liées à la requalification urbaine des zones en difficulté ont également contribué à installer des lieux de vie pour les artistes \\ 25 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
sans que ces lieux devinent des lieux permanents offerts aux artistes» (16). Ainsi, est indissociable le travail sur le territoire urbain des résidences accueillies par le Grand Café à Saint- Nazaire. La résidence est souvent le fruit d une réflexion interrogeant la notion d identité collective et individuelle. (16) Elisabeth Caillet, Résidences d artistes en France, Guide pour l art contemporain, édition DAP, introduction, p. 8 En mars 2000, Arnaud Théval présenta le projet «Proximités». Les affiches d un format de 4m sur 3m étaient disposées sur plusieurs sites extérieurs ainsi que dans les espaces du Grand Café. Les recherches de l artiste coïncidaient parfaitement avec l intérêt porté par le centre d art pour les questions relatives à la mémoire et le territoire. Toutefois, les artistes doivent conserver une certaine vigilance quant à leur re-qualification possible en animateur socio-culturel. Sous prétexte de travailler sur la notion de territoire, souvent à l origine des résidences exercées dans les localités vidées de leur cohésion sociale, le risque est grand de se saisir de l artiste comme d un passeur. Dans le droit-fil des résidences effectuées sur le territoire français, les résidences de la région des Pays de la Loire s attachent elles aussi à répondre aux difficultés rencontrées par les artistes pour se professionnaliser. Les modalités d application de cette aide modifient les liens que l institution entretient à l égard de la création. Les résidences introduisent un nouveau souffle empreint d une très grande liberté dans la recherche et la production artistique. Toutefois, cette aisance n est pas l apanage des artistes puisque ce dispositif convient particulièrement aux moyens et aux ambitions des structures d accueil et de leurs partenaires financiers. \\ 26 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
CARACTÉRISTIQUES SPÉCIFIQUES DES RÉSIDENCES EN PAYS DE LA LOIRE (17) Bien que dès l origine les artistes soient hébergés et travaillent sur place, l intitulé de ces résidences est celui d ateliers internationaux. (18) Jean-François Taddéi, Collection du Frac des Pays de la Loire, 1992, Introduction (19) http://www.fracdespaysdelaloire.com/ateliers.html (20) Jean-François Taddéi, Collection du Frac des Pays de la Loire, 1992, introduction, p. 17 Le Frac pionnier dans la mise en place de résidence Historiquement le Frac des Pays de la Loire est la première institution française à avoir organisé des résidences. Ce que l on nomme aujourd hui encore les Ateliers Internationaux des Pays de la Loire ont vu le jour en 1984. Jean de Loisy, alors directeur du Frac, a bénéficié d une carte blanche de la part de Mario Toran, conseiller aux arts plastiques. Sa mission était d organiser les premières résidences (17). Il s agissait de prospecter en France et à l étranger des artistes susceptibles d être intéressés par un environnement de travail favorable à l émergence de projets radicalement nouveaux. Les principes sur lesquels reposent globalement le dispositif sont identifiés et inchangés : l attribution d une bourse d aide à la création, le recours à une assistante technique assurée par des assistants, une expositionbilan à l issue de la résidence. D emblée ces résidences offrent des conditions de travail différentes et engagent fortement l institution auprès des résidents. Jean-François Taddéi, explicitait l esprit des résidences en soulignant la «totale liberté de création laissée aux artistes, l opportunité qui leur est faite de réaliser une œuvre d exception et la qualité des échanges qui s établissent entre eux avec les assistants et les invités de passage» (18). Par ailleurs, dès les premières résidences, le Frac ajoute une spécificité qui s intègre parfaitement à sa mission principale : l acquisition d œuvres. En effet «Il s établit entre l artiste et l institution une relation de concertation qui favorise l émergence de nouveaux travaux susceptibles d enrichir la collection» (19). Dès l origine, cette structure met l accent sur le travail de concertation qui prévaut aujourd hui encore aux résidences. La notion de convivialité est très présente. Les rapports sont souples. À sa mesure, l institution participe à accompagner l acte créateur. «Le Frac se trouve associé au travail de l artiste dès en amont de la production ; il en accompagne le développement dans des relations privilégiées qui ne s apparentent pas à la commande. En effet, les projets d artistes, même s ils font parfois l objet de débats, ne sont jamais remis en cause et le Frac se réserve la possibilité d acquérir certaines œuvres ainsi réalisées» (20). Lors de la célébration des vingt ans des Fracs, Jean-François Taddéi propose le commissariat des résidences à Alexis Vaillant, critique d art. \\ 27 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
L exposition «Feu de bois» proposée dans la grande salle du Frac présente le travail des artistes réunis cet été 2003 autour de notions spécifiques telles que le travail en atelier, le principe de restitution du travail en résidences, le devenir d une œuvre indexée à une collection ou encore le regard qu un artiste peut porter sur cette collection. Le Frac réaffirme ainsi l importance qu il accorde aux œuvres réalisées en résidence. Cette position prend tout son sens alors que la manifestation nationale des vingt ans des Fracs se concentre sur la présentation d œuvres extrêmement connues d artistes d envergure internationale. Si le Frac des Pays de la Loire a su amorcer ce dispositif de réflexion et de création, il a su aussi se doter d espaces autonomes. À l occasion de la réalisation de son nouveau bâtiment, l architecte Jean-Claude Pondevie a réhabilité des bâtiments de ferme datant du XIX siècle. Sept studios meublés, une grande cuisine collective et trois espaces de travail sont accessibles aux résidents. Un équipement électroménager complet achève l aménagement de ces espaces. En outre, le Frac bénéficie d un atelier de restauration et d une restauratrice spécialisés en art contemporain. Ces multiples atouts font du Frac une structure équipée et particulièrement adaptée à l accueil d artistes en résidence. (21) Les politiques régionales : la culture mars 2003, revue du Conseil Régional des Pays de la Loire, éditorial, p. 1 (22) Guy Carpentier, Lieux distincts, édition de la Pomme à tout faire, décembre 2001 L approche des publics : la résidence comme dispositif plus «opérant» pour appréhender l art contemporain Malgré l importante médiation qui entoure les expositions d art contemporain, la frilosité à l égard des œuvres persiste. La perplexité du public et son manque d adhésion face à cette discipline artistique inquiètent les collectivités. Elles se disent favorables à l extension de leur soutien pour accompagner des projets en direction de l élargissement des publics. Parmi les orientations majeures de la Région des Pays de la Loire, figurent un «renforcement de l irrigation culturelle» et la volonté d aller «au-devant des publics» (21). La difficulté que rencontre les structures à inciter le public à se déplacer sur le lieu d exposition est contournée par un mouvement inverse : déplacer la création sur les lieux de vie du public. Certains artistes travaillent à partir de rencontres directes avec la population. Ils substituent à la médiation imposée par l institution, un rapprochement plus familier qui prend la forme d une fréquentation quotidienne. En 2002, Régis Perray effectue neuf mois de résidence sur les sols de Malakoff/Pré-Gauchet en Loire-Atlantique. Inscrite dans le Grand Projet de Ville, cette résidence concilie la démarche plastique de l artiste avec les préoccupations urbanistiques des élus. Éloigné de l animateur socio-culturel en ce qu il dépasse le consensus, l artiste tend vers plus de perméabilité. Sa démarche n est pas verbale mais visuelle. Les œuvres sont hissées au-dessus du simple témoignage formel. L inscription dans le temps apparaît essentielle à la réussite de la résidence. Par la création in situ, l artiste participe à l ouverture des quartiers trop refermés sur leur unique système de référence. Favoriser l insertion des artistes, les introduire auprès de la presse locale, des responsables de centres culturels et surtout leur accorder un lieu de vie proche de leur lieu de création, sont autant de missions et de responsabilités qui peuvent incomber aux localités. La création comme la culture n est pas le fruit d un dispositif matériel seul. Elle procède d une «élaboration lente qui implique la collaboration de tous les acteurs sociaux concernés» (22). Ainsi, dans le cas des résidences d artistes, les collectivités territoriales facilitent la prise en compte par l artiste de «chaque niveau de la vie et des hommes qui peuplent le territoire dans la ville où interviennent les différents imaginaires individuels et collectifs, les mythes, les symboles, dans chaque \\ 28 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
geste de la vie concrète» (23). L immersion totale du créateur - coexistence de l atelier et d un lieu de vie-, déploie des passerelles entre les productions artistiques et les hommes en offrant à l art contemporain un nouveau sens de circulation. La médiation des institutions autour des expositions procède souvent d une approche intellectuelle (24). Les résidences réintroduisent des approches complémentaires liées notamment à la notion de pratique artistique. En préparation de l exposition de Christèle Familiari, le Carré, Scène Nationale de Château-Gontier a organisé sa première résidence d artiste en 2002 (25). La plasticienne est intervenue au sein d une classe d élèves de 6 e au Collège Jean Rostand de Château- Gontier/Bazouges. Une œuvre collective a été réalisée à partir du matériau, fil de fer, utilisé par l artiste. «L expérience partagée directement avec Christèle Familiari n a pas laissé les élèves indifférents et a donné lieu (...) à une présentation à la Chapelle de Genêteil de l œuvre collective réalisée en classe» (26). Quand elle trouve un ancrage sur le lieu même de formation des scolaires, l approche tactile réintroduite par les résidences d artistes, en abordant l œuvre par le process et non plus seulement la théorie, favorise l adhésion du jeune public. Enfin, les structures de diffusion de l art contemporain n ont pas le monopole d accueil d artiste en résidence. L Institut Universitaire de Formations des Maîtres de la Région des Pays de la Loire déployé sur cinq sites, organise annuellement deux résidences, à Laval et à Nantes. Contrairement aux critères de création qui prévalent généralement pour la sélection des artistes en résidence, l IUFM préfère mettre en avant sa propre activité de formation. Le projet de résidence s inscrit dans un cadre pédagogique. Il trouve sa légitimité dans les connexions que l artiste induira par son travail avec le public stagiaire, en formation à l institut. Anabelle Hubaut a résidé sur le site nantais au cours de l année universitaire 2002-2003. Les événements qu elle a organisés se sont concentrés autour d une approche ludique et joyeuse de l art. En janvier l IUFM a fêté «L anniversaire de l art». En février, l institut a inauguré un salon de coiffure qui fonctionnait sur le principe du troc : une coupe de cheveux en échange d un objet choisi par le bénéficiaire de la coupe. L artiste a organisé sa résidence tel un électron libre qui vaquait à ses occupations en toute autonomie. Une blouse orange, flanquée d une étiquette «Artiste en résidence» a rompu son anonymat dans la masse estudiantine. La reconnaissance de la singularité de sa présence n a pas fait l unanimité parmi les résidents habituels du site, bien qu elle ait séduit ceux dont l activité échappe à l enseignement. Si les techniciens et les gardiens se sont montrés constants dans leur intérêt, les stagiaires, en revanche, restaient axés sur un apprentissage théorique, exclusivement dispensés par les cours. Ce manque d ouverture, préjudiciable à court terme aux étudiants, l est aussi à moyen terme. Les futurs professeurs des écoles devront motiver des collégiens à s intéresser à la création plastique. Cette sensibilisation fera partie intégrante de leur responsabilité en tant qu enseignant. Conscient de ce paradoxe, le service culturel de l IUFM, tente de les sensibiliser les à des approches élargies de la transmission des savoirs en renforçant les activités culturelles (27). Optionnelles actuellement, il est envisagé de les introduire dans un processus d évaluation plus strict, pris en compte dans la préparation du concours d entrée et pour la titularisation. Les résidences de l IUFM participent à ce mouvement. Elles ont pour objectif d ouvrir des espaces de réflexion sur le processus de création et de «mettre les stagiaires en situation de partenariat de façon à les préparer aux richesses et aux difficultés de cette pratique» (28). (23) Guy Carpentier, Lieux distincts, édition de la Pomme à tout faire, décembre 2001 (24) Visites commentées des expositions, conférences, livret d accompagnement à la visite (25) Résidence effectuée d 15 décembre 2002 au 27 janvier 2003 (26) Journal du Carré, saison 2002/2003, p. 8 (27) Depuis 1999, l IUFM s est doté d un service culturel autonome. (28) http:www.paysdelaloire.iufm/fr \\ 29 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
Les résidences alternatives Les résidences aussi diverses soient-elles ont en commun de réunir un ensemble de partenaires. L implication de la structure d accueil, à l initiative du projet, est un élément incontournable. Si les modalités de mises en place varient en partie selon les besoins et les ressources des acteurs, il est toujours question d une structure qui invite un artiste en résidence. Or, pour que l artiste investisse un lieu, il doit pouvoir s y installer et poursuivre une production conformément à sa démarche personnelle. Le travail de Michel Gerson s inscrit dans un rapport inverse. C est l artiste lui-même qui prospecte et adopte le principe de fonctionnement d espaces dont la fonctionnalité est a priori difficilement compatible avec l accueil d un artiste. Depuis l origine, son travail s articule autour de la mise en correspondance. Ainsi, il choisit le territoire où intervenir et s adapte aux outils qui l environnent. Sa pratique est dite neuronale, elle crée de nouvelles connexions. Pour ce faire, l artiste détourne des dispositifs administratifs. Le projet Cobaye, réalisé à l Ecole Centrale de Nantes, a été rendu possible par un détournement du 1 %. Michel Gerson a travaillé pendant un an auprès des différents laboratoires de l école. La résidence s est finalisée par la réalisation de plusieurs pièces, propriétés de l école. De même, féru en matière de négociation, l artiste a transformé en résidence le projet initial proposé par la Direction Diocèsaine de Loire-Atlantique. L intervention sous forme d ateliers a été repensée et le projet a consisté à mettre à la disposition du diocèse sa «façon de se comporter en tant qu artiste». Il a agi comme un conseiller qui recevait les enseignants dans son «QG» diocésain. Les expressions de la résidence ont été multiples. Le projet «Laisser parler les ptits objets» introduisait une correspondance avec les professeurs (29). Ces derniers répercutaient les propositions auprès des élèves qui furent conviés à la présentation du projet final. L artiste reçoit également d autres artistes invités à présenter une partie de leur recherche. La résidence ne se réduit pas à une immersion. La pratique de Michel Gerson tend à se fondre durablement dans le fonctionnement régulier du Diocèse. Elle prépare l avenir en agissant comme un virus dont un des objectifs est bien de résister. En effet, il réfléchit toujours à la pérennisation des résidences qu il a initiées. (29 Ils sont une quarantaine de professeurs des écoles à enseigner à des élèves de 7 ans en moyenne. L interaction des partenaires travaillant ensemble à l organisation des résidences offre un cadre qui, s il n enferme pas les artistes, les maintient dans une relation étroite à l institution et aux financeurs. L autonomie des résidents est donc relative aux concessions opérées par les autres partenaires. C est pourquoi, l organisation administrative et financière des résidences, à la charge des structures subventionnées, apparaît pour certains artistes préjudiciables à leur émancipation. Ils souhaitent parfois rompre avec le mode de l assistanat et gérer eux-mêmes l ensemble de leur activité. L association Borderline met en place des micro-résidences auto-financées, clandestines et indépendantes. Dans la droite ligne de Show-Bedroom, Borderline est un projet plus complexe, situé dans un nouvel espace, d une superficie de 100 m 2 situé au cœur de Nantes. Les recettes proviennent d un bar clandestin et d une librairie. Elles assurent le fonctionnement de l association dont les charges sont réduites à l essentiel : paiement du loyer, acquittement du droit de présentation et des honoraires pour les conférenciers. L assistanat des structures est ici substitué à la solidarité des artistes. Les interventions sont rémunérées symboliquement à hauteur de 30 euros. Damien Bourdaud, co-initiateur du projet avec Renaud-Pierre Talbot, précise que «c est une manière de critiquer bon nombre de lieux institutionnels qui ne déboursent même pas cette somme au prétexte qu on doit déjà être heureux de profiter de leur notoriété» (30). Borderline a toutes les ambitions d une résidence : aide à la création, atelier de travail, visibilité des œuvres, acquittement des droits d auteurs, convivialité des acteurs, autonomie Son fonctionnement illicite impose la totale adhésion et disponibilité des membres de l association. Ainsi, le liant qui soude ses activités est l entraide communautaire entre les artistes. Si cette association a «tout d une grande», elle en excède les capacités d adaptation. Une de ses caractéristiques est sa faculté d absorption d autres activités et d autres publics. En son sein se développe un cabinet d architecture expérimentale, dont l objectif sera la recherche d espaces d habitation originaux (vie à trois par exemple). La communication sur Internet, par mailing échangé et non ciblé, permet l accès à différentes catégories socioculturelles. Il suffit pour recevoir les informations sur les activités de l association d avoir été en contact, de quelle nature soit-il, avec les protagonistes. Cette souplesse est «constitu-tionnelle» en ce sens qu elle est rendue possible par l absence de rigidité \\ 30 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
administrative (clandestinité) et l absence de contrainte d activité (pas de classement institutionnel engendrant des missions spécifiques en matière de médiation par exemple à l égard du public scolaire, enseignant ). La réussite de ce lieu clandestin, dont l adresse reste secrète, est conditionnée par son statut original. Celui-ci n impose pas d activités prioritaires sur lesquelles viendraient se greffer les résidences. Contrairement aux structures d accueil subventionnées, Borderline est recentré sur la création et n a pas de responsabilité imposée de fait en matière de médiation ou sur la restitution du travail réalisé. Valorisant la création d un réseau d affinités, cette alternative insuffle une énergie nouvelle et des prospectives en matière de développement des résidences. Elle s inscrit dans une approche complémentaire vis-à-vis des structures d accueil travaillant dans un cadre légal. Ainsi, les résidences effectuées en Pays de la Loire ont plusieurs caractéristiques qui les distinguent de l ensemble des propositions faites sur le territoire français. Pionnières en la matière, elles ont très tôt su définir de nouveaux rapports entre l institution et les créateurs. Par ailleurs, l important maillage de structures d art contemporain a contribué à une meilleure perception de l art auprès d un public sollicité à proximité de son lieu de vie. Enfin, corrélativement à cet élan sans précédent se sont développées plusieurs résidences alternatives. Qu elles se greffent sur des situations existantes ou qu elles leur répondent, ces résidences-ci recherchent une certaine autonomie par rapport à la structure d accueil et aux financeurs. Pour quelles raisons ces récentes initiatives inversent-elles la répartition des rôles, amorçant une nouvelle donne entre les partenaires, alors que les résidences semblent répondre aux besoins des plasticiens? (30) http://www.damienbourdaud.free.fr Prospectives à l issue des résidences en Pays de la Loire Du point de vue administratif et financier, les résidences sont façonnées par les structures d accueil et les organismes qui les subventionnent. Le contenu artistique est largement laissé à la discrétion des créateurs. Or ces derniers s immiscent hors du champ immédiat de la création. Leur domaine de compétences s élargit au bénéfice d une représentation qu ils estiment plus conforme à la nature de la création vivante. En ce sens, l évolution des modalités de résidences est symptomatique d un mouvement plus global relatif au secteur des arts plastiques dans son ensemble : l amorce d un positionnement plus volontaire et efficient des artistes, enclins à plus d autonomie. Le-dit assistanat des artistes et la malléabilité des structures L image de l artiste dans la société française, telle qu elle est représentée par le citoyen non familiarisé à l art contemporain, le public néophyte, ou la publicité, apparaît rapidement manichéenne. Soit l artiste est brillant, fascinant et vit de la vente de ses œuvres ; soit il est mineur, incompréhensible et vit à la solde de la société. Entre ces deux imageries populaires, les structures d art contemporain, les tutelles décentralisées et les collectivités territoriales, tentent de construire des passerelles. Si bien qu un artiste dont le travail se développe a les moyens d être accompagné pour faciliter son insertion professionnelle qui induit elle-même une reconnaissance sociale. La sélection des candidats aux résidences est implicitement réalisée sous critère de ressources. En ce sens, l artiste démuni, dont le travail est apprécié par les autorités compétentes, est un résident potentiel. L aide apportée privilégie un soutien ponctuel aux créateurs. Au vu de certains, cette forme de soutien perpétue la représentation des artistes comme celles de personnes assistées. Pourtant, cette image est paradoxale si on considère que les artistes apportent l essentiel du travail lors d une représentation publique. Les œuvres d art sont bien la condition sine que non à toute représentation publique. Nous pourrions ainsi considérer que nous, visiteurs et citoyens, sommes \\ 31 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
redevables aux artistes du travail fourni pour concevoir et réaliser les œuvres exposées dans les lieux de diffusion de l art contemporain et pour la présentation desquelles l artiste n est presque jamais rémunéré. Les résidences, en offrant une bourse de production apparentée parfois à des honoraires, masquent l absence d application du «Droit de monstration». Celui-ci est dû à l artiste par les structures qui réalisent une exposition à partir des œuvres qui leur sont prêtées. Ce droit non acquitté maintient l artiste dans une précarité financière, puisqu il ne peut pas vivre du fruit de son travail. Le créateur est incité à recourir aux aides ponctuelles comme celles apportées par les résidences qui englobent frais de production, préparation du montage d exposition et honoraires dans une même enveloppe budgétaire appelée bourse. Les institutions sont amenées à certaines «contorsions» pour répondre aux attentes des artistes. Cette souplesse, tout en conservant une administration rigoureuse, a permis la mise en place de résidences comme réponse possible aux maux juridiques et sociaux qui affaiblissent les plasticiens. Tout se place comme si les artistes revendiquaient certains droits et que les institutions tentaient de leur répondre non pas frontalement mais indirectement. À l absence de rémunération, est substituée une bourse, à la pénurie d atelier, sont substituées des résidences ponctuelles, à la difficulté d exposer dans de grandes structures, sont substituées des expositions-bilans, des résidences-montages d exposition, des expositions valorisant le patrimoine architectural d une collectivité etc Ainsi, les structures absorbent les demandes et combinent les propositions faites aux artistes à leurs obligations en tant que structures subventionnées. Cette adaptabilité fait souvent suite aux approches périphériques et alternatives tentées par les artistes. Ceux-ci suggèrent de nouvelles manières de travailler avec toutes les forces vives de la création contemporaine. Ils sont animés par «un esprit d invention et de complémentarité avec elles, et avec le souci de créer de nouvelles conditions d accompagnement adaptées à des artistes en devenir. Un tel paradoxe renvoie à une question fondamentale pour l institution d art contemporain : est-elle adaptée à la nature de ces nouvelles mentalités artistiques?» (31). D une part, cette malléabilité n est a priori pas extensible à l infini, d autre part, dans sa finitude, elle risque de contraindre les plasticiens à faire preuve à leur tour de malléabilité pour bénéficier de meilleures conditions matérielles pour travailler. La résidence parce qu elle réunit la majorité des acteurs de l art et qu elle oblige chacun d eux à se positionner par rapport à son engagement en faveur de la création contemporaine agit comme un espace de réflexion permettant de définir l identité, les missions et le champ de compétences de chacun des partenaires. «La résidence, enjeu de pouvoirs : une réalité à laquelle elle s éveille. L aventure joyeuse, anarchique dans ses désirs et ses actions, multifome dans ses expressions et généreuse dans sa soif de révéler se trouve désormais au carrefour de multiples intérêts» (32). (30) http://www.damienbourdaud.free.fr (31) Jean-Pierre Saez, Situation de l artiste en début de millénaire, bulletin d information n 1, Cipac, avril 2001, p. 4 (32) Résidences d artistes La Villa Medicis fait des petits, Série Limitée n 20, Coulisses, p. 46 \\ 32\\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
Les résidences d artistes : une évolution exemplaire? Les diverses approches générées par les partenaires concernés rappellent à une échelle plus réduite l organisation sociétale. La résidence d artiste ressemble à une société microscopique en ce qu elle réunit les pouvoirs publics (collectivités territoriales et tutelles), les «producteurs de matière première» (les artistes), une production (les œuvres, interventions ), les «consommateurs» (public individuel ou groupe) et des lieux de distribution (centres d art, Frac, musées ). L artiste demeure en résidence de la même manière qu il vit en société. Les liens qu il entretient avec les résidences sont d une nature similaire. «Stable dans son instabilité, la résidence se développe parce qu elle coïncide avec ce que la société contemporaine se représente du travail artistique et parce que l artiste y produit la symbolisation de la société qui l accueille» (33). En ce sens, les résidences peuvent être observées comme une sorte de zoom pointant le statut des artistes. Plus qu une simple modalité dont la nature serait définie par la combinaison d enjeux territoriaux et artistiques, les résidences reproduisent un type de comportements marqué par la forte implication de l État. Cette conception induite par Malraux, perdure sous les formes actuelles de soutien à la création en plaçant l artiste sous tutelle. Les initiatives qui émergent dans la région de Pays de la Loire offrent un excellent aperçu de cette prise de conscience des artistes. «Entre une administration plus préoccupée par son rôle de représentation que par sa mission d accueil en résidence et des pensionnaires sans cesse traités d «enfants gâtés» par cette administration, il s agit de recréer des liens» (34). Les artistes saisissent leur envol en dépassant les problématiques liées au territoire sur lequel les résidences s effectuent et réfléchissent à la transformation des résidences elles-mêmes. Ces dernières participent d un mouvement général. Elles se révèlent symptomatiques d une mutation à venir des relations qui unissent l État et la création plastique contemporaine. Dans ce contexte, où l artiste s engage à repenser les interactions entre production, subvention et public, les résidences sont considérées comme un nouvel espace d expérimentation qui renouvelle à chaque fois la capacité du travail de l artiste à résister aux difficultés d inscription sur un territoire défini. Le résident artiste teste, à travers ses rapports de dépendance visà-vis de ses partenaires, la qualité de son travail à s imposer dans un environnement nouveau, c est-à-dire à s épanouir sans s altérer. Le travail apparaît d autant plus intéressant qu il réussit cette percée et ramène à lui un système qui n a pas été pensé pour l intégrer. C est la différence fondamentale avec l atelier qui concentre des références apportées par l artiste lui-même. La situation de l artiste en résidence s apparente à une prise de risque : le travail plastique résistera-t-il aux confrontations avec le travail d autres artistes ou aux limites budgétaires et administratives spécifiées dans le contrat de résidence? Résistera-t-il à la charge symbolique que cette immersion représente dans sa ressemblance avec la société dans son ensemble? Ces points soulignent l enjeu véritable des résidences pour chacun des partenaires : épanouissement de la pratique pour les artistes, intégration des diverses formes d expression plastique pour les institutions, absorption des projets au regard des objectifs parfois antinomiques des financeurs? La résidence procède d une expérience esthétique unique qui permet de développer la pratique artistique pourvu qu elle réussisse à se fondre puis à dépasser les règles spécifiques d un environnement de travail éphémère. (33) Elisabeth Caillet, Résidences d artistes en France, Guide pour l art contemporain, édition DAP, introduction p. 9 (34) Résidences d artistes La Villa Medicis fait des petits, Série Limitée n 20, Coulisses, p. 46 \\ 33 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
Dans ce climat d échanges soutenus, l artiste endosse des responsabilités variées. Selon l interlocuteur auquel il s adresse, il fait appel à des qualités de communication (présentation des projets auprès des tutelles, conférence de presse), d enseignement (visite commentée, atelier de travail) ou de conception (faisabilité des projets étudiée avec les techniciens). En rompant avec le travail de production artistique effectué à l atelier, les résidences semblent bien favoriser le décloisonnement de l art et l imbriquer dans un système social à échelle réduite. Les résidences correspondent à une étape intermédiaire qui non seulement apporte de meilleures conditions de travail à l artiste se trouvant dans une situation difficile, mais encore reproduit les conditions de travail auxquelles l artiste sera confronté une fois autonome par rapport aux aides publiques. «Ce qui caractérise la vie professionnelle de bon nombre d artistes c est leur pluriactivité. On peut être aujourd hui, à la fois ou alternativement, artiste, enseignant, éducateur, consultant, producteur. Il arrive aussi que certains artistes travaillent également dans d autres branches professionnelles. Si cette pluriactivité est parfois choisie et pleinement assumée plusieurs artistes ont évoqué leur privilège à jouer des rôles multiples, elle est très souvent subie parce que la réalité économique et sociale de l artiste l y contraint» (35). Cette pluriactivité peut se maintenir dans la vie de l artiste puisqu il semble que la création soit souvent empreinte de précarité. En ceci l artiste offre un modèle de comportement à toute personne se trouvant dans une instabilité professionnelle. Le sociologue Pierre-Michel Menger pointe les modes opératoires de l artiste contemporain aux prises avec les réalités économiques et sociales de son temps. «Dans les représentations actuelles, l artiste voisine avec une incarnation possible du travailleur du futur, avec la figure du professionnel inventif, mobile, indocile aux hiérarchies, intrinsèquement motivé, pris dans une économie de l incertain, et plus exposé aux risques de concurrence interindividuelle et aux nouvelles insécurités des trajectoires professionnelles. ( ) Comme si l artiste exprimait à présent, avec toutes ses ambivalences, un idéal possible du travail qualifié à forte valeur ajoutée» (36). Dans sa capacité à activer plusieurs économies, l artiste préfigurerait un mode de fonctionnement possible pour les générations à venir avec lesquelles il partage des difficultés de reconnaissance professionnelles et sociales. Le développement des résidences d artistes ne se réduit pas à des considérations d ordre administratif. Comme tout phénomène en forte extension numéraire mais aussi qualitative, il participe d une prise de conscience concernant les limites imposées par ses principes fondateurs. L expérience singulière de la résidence, menée à l échelle individuelle, est indissociable de son inscription dans le secteur d activité tout entier. Les acteurs de la région des Pays de la Loire accompagnent, développent et remanient ce dispositif. Ce faisant, ils prospectent de nouvelles orientations de travail. Il se dégage des similitudes entre les conditions de résidences et les ressorts qui les sous-tendent avec les conditions de vie du travailleur précaire quel que soit son domaine d activité. Ainsi, la mise en relief des dimensions culturelle, urbanistique, sociale et politique des résidences d artistes, autorise une préfiguration possible d un nouveau rapport à l activité professionnelle. Anne Giraud Septembre 2003 (35) Jean-Pierre Saez, Situation de l artiste en début de millénaire, bulletin d information n 1, Cipac, avril 2001, p. 5 (36) Portrait de l artiste en travailleur. Métamorphose du capitalisme, édition Seuil \\ 34 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
FICHES TECHNIQUES DES LIEUX DES PAYS DE LA LOIRE \\ 35 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
Frac des Pays de la Loire La Fleuriaye 44470 CARQUEFOU T. 02 28 01 50 00 F. 02 28 01 57 67 contact@fracdespaysdelaloire.com www.fracdespaysdelaloire.com Contact : Judith Quentel, assistante scientifique du directeur, chargée des activités culturelles et de la communication Association loi 1901 IUFM 4 rue Launay Violette 44 300 NANTES T. 02 40 16 30 16 F. 02 40 16 30 30 yannick.lemarec@paysdelaloire.iufm.fr www.paysdelaloire.iufm.fr Contact : yannick lemarec, chargé de mission culture Etablissement public à caracère administatif, sous tutelle du ministère de l'éducation nationale Chapelle de Genêteil Le Carré, scène nationale, rue du Général Lemonnier 53200 CHÂTEAU-GONTIER T. 02 43 07 88 96 F. 02 43 09 21 51 contact@le-carre.org www.le-carre.org Contact : Bertrand Godot, responsable de la programmation en arts plastiques Exposition personnelle d'artiste, sensibilisation du public à l'art, conférences Principales missions de la structure : Constituer une collection, soutenir la création contemporaine et développer la pédagogie 1 ère résidence : 1984 Orientation de la résidence : La résidence s'adresse au plasticien ayant déjà un travail qui a trouvé son ancrage et qui serait à l aune d une nouvelle orientation ou plasticien plus confirmé. Financements : Drac Conseil Régional Le budget «résidences» est pris sur la subvention accordée par la région. 1 ère résidence : 1996-1997 (Absence de résidences en 1999 et 2000) Orientation de la résidence : La résidence est accessible au jeune plasticien de la région dont le travail trouverait une inscription particulièrement féconde dans un lieu voué à la pédagogie Financements : Les subventions publiques accordées par le Ministère et le Conseil Général portent essentiellement sur l'investissement. Le financement des résidences est rattaché à celui des actions culturelles comprenant 42 000 euros de fonds propres et 25000 euros d'aides par la Drac. Institut de formation des maîtres (professeurs des écoles, collèges et lycées) 1 ère résidence :2003 Orientation de la résidence : Cette première résidence est liée à l'exposition programmée. Elle a été pensée comme une modalité supplémentaire pour approcher le jeune public. Financements : Scène nationale Drac Communauté de communes du pays de Château-Gontier Conseil Général Conseil Régional. La première résidence a été rendue possible par une subvension exceptionnelle accordée par le Conseil Régional. \\ 36 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
Borderline adresse clandestine Contact : Damien Bourdaud et Renaud-Pierre Talbot Pour plus d'informations joindre Damien Bourdaud au 06 70 39 34 17 Association loi 1901 1 ère résidence : 2001 Orientation de la résidence : Damien Bourdaud sélectionne les artistes. Une fois par an sera organisé «Le salon des refusés». La résidence est ouverte au jeune plasticien ou artiste plus confirmé, curateur, critique d'art ou tout créateur. Financements : Auto-financement : recettes du bar et vente de la librairie (livres, catalogues et cassettes) L'organisation de résidences d'artistes, de conférences, et d'interventions écléctiques. Centre d art sacré contemporain 8 bis, rue de la Grange 53220 PONTMAIN T./F. 02 43 05 08 29 Contact : Peggy Diverres, agent de développement culturel de la communauté de communes du bocage mayennais, directrice artistique du centre d'art Régie directe par la commauté de communes du bocage mayennais 1 ère résidence : 2000 Orientation de la résidence : La résidence a pour objectif de réaliser les œuvres qui seront immédiatement exposées au terme du dispositif. Financements : Communauté de Communes du bocage mayennais Conseil Général Drac unis par une convention de développement culturel Maison Chevolleau 4, rue des Halles 85200 FONTENAY-LE-COMTE T./F. 02 28 13 01 05 maison.chevolleau@megalis.org www.ville-fontenayleconte.fr Contact : Stéphanie Barbon, médiatrice en art contemporain Régie directe par la ville de Fontenay-le-Comte 1 ère résidence : 1999 Orientation de la résidence : La résidence a pour objectif d'offrir un espace de travail serein et un coup de pouce aux jeunes artistes. Financements : Ville de Fontenay-le-Comte Drac Exposition estivale Le Parcours d'art contemporain et activités de résidence \\ 37 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
Le Grand Café Place des Quatre Z'Horloges 44600 SAINT-NAZAIRE T. 02 40 22 37 66 F. 02 40 22 43 86 grand_cafe@mairie-saintnazaire.fr Contact : Sophie Legandsjacques, chargée de mission arts plastiques à la ville de Saint-Nazaire Diocèse 15, rue Maurice Leglas 44 000 NANTES T. 02 51 81 64 00 Denis Lafontaine, plasticien Privé Centre de formation pédagogique des professeurs (écoles, collèges, lycées) Régie directe par la ville de Saint-Nazaire 1 ère résidence : 2002 1 ère résidence : 1997 Orientation de la résidence : La résidence est la préparation de l exposition. Il s agit toujours d une exposition individuelle présentant le travail de plasticien ayant ou non déjà acquis une notorièté. Orientation de la résidence : La résidence s'isncrit dans le cadre d'une collaboration avec les futurs enseignants. Financement privé Financement : Ville de Saint-Nazaire Drac Les résidences sont principalement financées par la Conseil Régional. \\ 38 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
RÉSIDENCES DE L ART EN DORDOGNE Michèle Grellety «Résidences de l Art en Dordogne» est l intitulé d un dispositif départemental qui permet à des organismes publics ou associatifs d accueillir, chacun de façon biennale, un artiste plasticien pour un séjour de recherche de trois mois. Ce dispositif a été initié par la Délégation départementale pour les arts plastiques en partenariat avec la DRAC Aquitaine, dans le cadre des orientations de la politique départementale qu impulsait le Président du Conseil Général de la Dordogne en 1994 en faveur de la démocratisation culturelle. François Andes, artiste plasticien vivant à Lille a été invité par «Les Résidences de l Art en Dordogne». Il a séjourné à Mussidan pour y développer une création empreinte du territoire et de ses ressources. De novembre 2002 à novembre 2003, l artiste a produit des objets liés à l histoire de la ville, aux pratiques sociales engendrées par le jardinage et l apiculture. Il nous livre quelques notes en contrepoint du texte de Michèle Grellety, déléguée départementale pour les arts plastiques en Dordogne, sur les objectifs et la pratique des résidences dans ce département. Le dispositif des «Résidences de l Art en Dordogne» Sa composition Le dispositif, dont la Délégation départementale pour les arts plastiques assure la coordination, est construit sur la base d une convention cadre, tripartite entre l Etat/DRAC Aquitaine, le Département/Conseil Général de la Dordogne, un organisme d accueil et l ADDC pour la gestion des financements de l Etat et du Département. Les organismes qui participent sont : le Lycée Agricole de Périgueux, la Ville et le Centre culturel de Ribérac, la Ville et le Centre Culturel de la Visitation de Périgueux, la Communauté des Communes du Monpaziérois, le Centre Culturel de Boulazac, la Commune d Excideuil, la Ville de Nontron et le Pôle Expérimental de Métiers d Art de Montron et du Périgord Vert, la Ville de Sarlat, le Centre Culturel de Terrasson, et la Ville de Mussidan. Son fonctionnement Les représentants de chaque organisme et institution composent le comité technique des «Résidences de l Art en Dordogne». Chaque résidence bénéficie d un comité de pilotage constitué de la conseillère Arts plastiques de la DRAC Aquitaine, la déléguée départementale pour les Arts plastiques de la Dordogne, des représentants du Conseil Général et une ou plusieurs personnes de l organisme d accueil, auquel s associent la directrice de l ADDC, des représentants du Conseil Régional et de l Education nationale, dont les conseillers pédagogiques pour les arts visuels. L organisation de chaque résidence fait l objet d un cahier des charges entre tous les acteurs de la résidence : l organisme qui accueille et ses partenaires, l artiste et l ADDC. Dans ce cahier des charges, sont définis les rôles de chaque signataire, les attributions budgétaires et les premiers éléments du programme. Si nécessaire et afin de respecter l esprit de recherche de la résidence, au fur et à mesure des étapes du travail, sont rédigés des avenants à ce document. \\ 39 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
Carte de la Région aquitaine Le château gonflable ou fantôme de château est un projet lié directement au Castrum (forteresse apte à défendre une contrée entière) édifié au XIII e siècle par Aldagerium, fondant ainsi ce qui allait devenir la ville de Mussidan. Ce château a disparu, détruit au XVI e siècle par les affrontements entre protestants et catholiques. Cette construction imposante posait jadis un point de repère dans le paysage. Elle subsiste de nos jours sous la forme d un mythe. Après cette première phase de recherche et de repérage et à partir des quelques traces au sol et écrits restants, avec surtout la structure urbaine actuelle se présentant comme une de ses extensions fonctionnelles, un prototype du château sera réalisé sous la forme d un patron, structure gonflable transparente, un fantôme de château. \\ 40 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
Pour quoi faire, avec qui? Le dispositif peut aider à compléter une action culturelle ; favoriser le lancement et la structuration d un projet artistique et culturel ; développer un sujet de réflexion ; affirmer une orientation artistique et inscrire l art contemporain dans une programmation culturelle encore timide et infortunée. Avec des élus Les demandes d appartenance au dispositif proviennent de maires, de présidents de communautés de communes et de responsables culturels missionnés par les élus. Ces élus et responsables sont les interlocuteurs légitimes des institutions partenaires. Ils apportent une caution autant aux partenaires institutionnels qu aux acteurs de la vie locale. Ils sont les meilleurs vecteurs de l intégration des artistes au sein des populations, sous le regard régulier de la presse locale qui, elle aussi, joue un rôle des plus importants. Aux réunions préparatoires, les élus sont de plus en plus assidus et actifs dans le débat sur l art et la création. Leur présence au cours de la préparation a un rôle déterminant dans la bonne intégration de l artiste dans la vie de la communauté ainsi que dans le soutien du travail des animateurs et des enseignants. Avec des relais Ces élus et la délégation départementale pour les arts plastiques ont besoin de bras, de relais compétents, de médiateurs, de correspondants sur le territoire départemental. Des professionnels ou des particuliers, de divers secteurs (économique, social, culturel, patrimonial, environnemental, éducatif...), à différents niveaux de responsabilité, départementale ou communale, municipale ou associative, tissent un réseau, dans le département de la Dordogne, de personnes sensibles et curieuses de la création contemporaine. Avec des publics Ce réseau aide à élargir le public de l art auquel les résidences font découvrir le travail d artistes plasticiens, français ou étrangers, et, à travers une vision artistique, redécouvrir parfois leur environnement périgourdin. Des rencontres sont organisées avec les enseignants, les élèves et les artistes. Les Conseillers pédagogiques pour les arts visuels de l Education Nationale apportent une participation active à la rencontre des enfants avec l art. Avec les artistes Le comité de pilotage choisit sur dossier, soit à partir de candidatures spontanées, soit à partir de recherches menées par la conseillère arts plastiques de la DRAC Aquitaine et la déléguée départementale pour les arts plastiques de la Dordogne, parfois, par les responsables des organismes d accueil. Les dossiers étudiés proviennent le plus souvent d artistes dont la démarche est déjà bien assurée et qui ont une naturelle autonomie. La Ruche, habitats pour insectes est un projet né de la rencontre avec les membres des jardins mussidanais. Sur le constat d un manque de valorisation de la production de cette association de réinsertion sociale, il a été proposé de réaliser différents produits issus du jardin. Il s agissait aussi de développer l apiculture par la réalisation d un prototype de ruche spécifique à ce projet et ce, en collaboration avec les entreprises Ranouilh, fabricant de mobilier en bois. Ce travail est relié aussi à la nuit des insectes dans le potager 1994 ainsi qu aux habitations pour insectes 1997. Il s inscrit dans une réflexion sur la mémoire. L utilisation de la création de cette ruche doit agir comme vecteur de la réunification des liens sociaux éclatés. Objet : un travail sur l objet. Cette ruche, de par ces dimensions, ne peut être utilisée que comme une représentation de tout ce que peut représenter dans la mémoire collective, la ruche. \\ 41 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
Temps de recherche Les conditions de leur séjour offrent aux artistes un temps de recherche à partir des ressources du territoire qui les accueille. Pas de commande ni d obligation de résultat. Les trois mois sont employés à l exploration des richesses locales, humaines, historiques, patrimoniales, environnementales Des moments sont réservés à des rencontres avec les publics, lors de l exposition organisée à l arrivée et lors de la présentation des travaux en fin de résidence. La majeure partie du séjour est consacrée au développement de la démarche et à l expérimentation des projets à réaliser. Ces résidences permettent aux artistes de confronter leur démarche à un territoire méconnu, de rencontrer et échanger avec des populations et d autres artistes. En toute liberté Chaque organisme d accueil s inscrit volontairement et reste libre de programmer ou non des résidences. ses responsables définissent eux-mêmes le cadre de la résidence, son orientation artistique (photo, design, land art ) ou le sujet de réflexion que la recherche des plasticiens va nourrir (utopie, mémoire, imaginaire collectif ). Comment? Ses apports Le dispositif apporte aux organismes d accueil : les trois quarts du budget, une coordination départementale, une partie de la gestion, des compétences professionnelles dans le domaine de l art, une caution institutionnelle, une auto-formation, un soutien pour la médiation, une aide technique, une valorisation de son programme artistique, une place dans le réseau national des résidences. Ce dispositif pour l insertion professionnelle des artistes et pour une proximité de la création avec des publics, sous différents modes et dans les contextes les plus variés, est en mesure de répondre à des attentes aussi bien d incitation à la création que de formation du public. Répartition des rôles Le dispositif est conçu de manière à favoriser une bonne répartition des rôles de chaque partenaire et à respecter le territoire d intervention de chacun d eux. La convention cadre et le cahier des charges de chaque résidence précise toutes ces données. La découverte de la ville de Mussidan, de son histoire passée et présente m ont amené à travailler sur l absence, sur la disparition de plusieurs pans de son histoire architecturale, humaine, sociale, politique. Cette mémoire agissant comme révélateur (un exemple serait celui de la sculpture du Général Beaupuy fondue par l armée d occupation allemande pour devenir des boulets de canons, il y a une soixantaine d années, et dont le seul vestige est le socle en pierre, jamais déplacé, toujours en évidence sur une place de la ville, avec ses inscriptions gravées à la gloire et au souvenir du Général ) Des chaussures dont les semelles sont munies d un tampon caoutchouc, motif au format de la semelle, raccord ou placé, une vidéo d utilisateurs suivis à la trace, chemin boueux de la forêt de la Double. En toute complémentarité Les partenaires institutionnels spécialisés apportent leurs compétences sans esprit colonialiste au partenaire d accueil. Chacun apporte la même enveloppe budgétaire au programme et enrichit de compétences complémentaires les liaisons entre l art et le public, entre les partenaires locaux et les professionnels de l art. \\ 42\\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
En adéquation Ensuite, le travail des membres du comité de pilotage de chaque résidence consiste à mettre en adéquation la recherche artistique avec le contexte. Les réunions du comité de pilotage permettent de susciter le débat sur l art, de favoriser l appropriation de la résidence par les représentants de l organisme d accueil et à l issue de divers travaux, de préparer les représentants de chaque organisme d accueil à désigner le lauréat. En accompagnement Progressivement, ce dispositif permet de répondre aux souhaits, de la part de diverses collectivités ou associations, d implanter l art contemporain sur son territoire tout en étant accompagné professionnellement pour cette expérience. Déploiement de la politique culturelle du Conseil Général Ce dispositif est structurant pour la politique départementale en faveur de l aménagement culturel du territoire. Il montre l implication du Conseil Général dans sa volonté de déploiement sur le territoire, du nord au sud et d est en ouest. Les vingt cinq résidences, organisées depuis 1996, complètent un programme permanent d expositions et d actions de sensibilisation à l art mené par l équipe qui compose la délégation départementale pour les arts plastiques. Ce programme de résidences est conçu comme une phase de la proximité de l art avec les publics en milieu rural et une étape de l intégration de l art dans les activités publiques et privées. Il représente, pour le Conseil Général de la Dordogne, l assise sur laquelle il bâtit une nouvelle forme de centre d art et l avenir de sa politique en faveur de la création artistique. Contacts : Michèle Grellety, déléguée départementale pour les Arts plastiques Violaine Marolleau, coordinatrice des Résidences de l Art en Dordogne Une autre partie produite avec «Demain Faisant», fabricant de jouets en bois et entreprise d insertion, consiste en une série de volumes : représentation d organisme vivant, d association polymorphe, série réalisée en bois et métal, destinée à être installée dans l espace public. Leur utilisation sera tronquée par la possibilité de les toucher, de monter dessus et ainsi d actionner les vérins provoquant un mouvement de bascule. Je regarde tour à tour le ciel et la terre, quel sera le chemin le plus court, comment me déstabiliser, où se trouve le sens de ce qui m est proposé par ce qui fait autorité? Le statut ambivalent de ces sculptures rejoint celui de géocommode 1999/2003. Ainsi que l observatoire entre ciel et terre pont à bascule. 2003 \\ 43 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
Centre culturel Agora de Boulazac Scène conventionnée 24750 Boulazac T. 05 53 35 59 65 - F. 05 53 35 59 60 cc.agora@ville-boulazac.fr Résidences d Excideuil Hôtel de Ville - Place Roger Célerier 24160 Excideuil T. 05 53 55 31 05 - F. 05 53 62 95 91 m.grellety@perigord.tm.fr Atelier des Bastides 1, rue Jean Galmot 24540 Monpazier T. 05 53 27 09 25 F. 05 53 22 46 51 Contact : Frédéric Durnerin, directeur Ce lieu d étude et de recherche axe sa réflexion autour de l espace rural/urbain. Ce centre choisit des sculpteurs ou des artistes qui s impliquent avec les habitants pour révéler la «Ville en mouvement». Lycée Agricole Départemental de La Peyrouse La Peyrouse - Avenue Churchill 24009 Coulounieix-Chamiers T. 05 53 02 62 00 - F. 05 53 03 27 50 Contact : Daniel Elghazi, proviseur Ce lieu est voué à la création, à l étude, à la recherche, à l élaboration et à l expérimentation d un projet autour de la nature transformée et transformante à partir de diverses pratiques artistiques (Land art, sculpture, peinture, photographie, gastronomie ). De plus, des échanges entre l artiste et la communauté lycéenne sont favorisés afin de familiariser les étudiants avec la création contemporaine. Contacts : Jean-Jacques Boyer, Maire de Saint-Médard d Excideuil Michèle Grellety, responsable service Arts plastiques Ce lieu s inscrit dans une politique de renouvellement des lieux de création en favorisant le partage par la culture. Il tient à FICHES TECHNIQUES DES LIEUX DE LA RÉGION AQUITAINE développer l art et les nouvelles technologies de communication. Avec le public et des publics spécialisés, présentation de la démarche et des recherches de l artiste ; rencontres plus ou moins nombreuses selon le projet de l artiste ; cinq interventions pour l éducation nationale auprès des enseignants et de classes qui mènent des Projets d Actions Culturelles. Contacts : Marc Mattera, Conseiller général Jean-Marie Delmon, Maire de Monpazier Jacques Magimel, Maire de Capdrot Ce lieu de résidences d artistes invite des plasticiens pour une réflexion sur «Art et Mémoire». En outre, il favorise le temps partagé entre l artiste et la population par des rencontres avec la population, les associations des 3 communes, et favorise des échanges de savoir-faire et de compétences. Artistes présentés : Hervé Le Nost, Daniela Jordanova Association Autour du Chêne Centre Culturel Victor Hugo 24400 Mussidan T. 05 53 81 12 70 Contact : M. Pougeade, Président Cette résidence a pour objectif d impulser une dynamique de créativité et de contribuer à l éveil culturel sur le canton de Mussidan. Financement : DRAC Aquitaine Conseil Général de la Dordogne Conseil Régional d Aquitaine ADDC arts plastiques \\ 44 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
Pôle Expérimental Métiers d Art Mairie de Nontron Place Alfred Agard 24300 Nontron T. 05 53 60 84 00 - F. 05 53 56 19 55 Contacts : Pierre Giry, Maire de Nontron Sylvie Weber, chef de projet ADDC, association départementale de développement culturel Espace Culturel François Mitterrand 2, place Hoche - BP 1056 24001 Périgueux T. 05 53 06 40 00 - F. 05 53 06 40 01 www.perigord.tm.fr/~addc/ addc@perigord.tm.fr cinq interventions pour l éducation nationale auprès des enseignants et de classes qui mènent des Projets d Actions Culturelles. Financement DRAC Aquitaine Conseil Régional d Aquitaine Conseil Général de la Dordogne. La Ville de Nontron et le Pôle expérimental des Métiers d Art sollicitent des designers à venir travailler avec des artisans et des petites entreprises locales. Avec le public et des publics spécialisés, présentation de la démarche et des recherches de l artiste ; rencontres plus ou moins nombreuses selon le projet de l artiste ; cinq interventions pour l éducation nationale auprès des enseignants et de classes qui mènent des Projets d Actions Culturelles. Financement : DRAC Aquitaine Conseil Général de la Dordogne ADDC arts plastiques Contacts : Marie-Jeanne Vian, directrice Michèle Grellety, déléguée départementale pour les arts plastiques et responsable du réseau des Résidences de l Art en Dordogne Date de création : 1986 Développement culturel avec deux secteurs : spectacle vivant et arts plastiques contemporains. 4 expositions annuelles dans la galerie et 4 autres dans les villages. Les résidences d artistes Le réseau des «Résidences de l Art en Dordogne» comprend 10 lieux d accueil : - Centre Culturel Agora / Scène Conventionnée de Boulazac - Canton d Excideuil - Lycée Agricole de Périgueux - Communauté des Communes du Monpaziérois - Mairie de Mussidan avec l association «Autour du Chêne» - Mairie de Nontron avec Le Pôle Expérimental des Métiers d Art - Mairie et Centre Culturel de la Visitation de Périgueux - Mairie et Centre Culturel de Ribérac - Mairie de Sarlat avec le Service des Musées - Centre Culturel / Scène Conventionnée de Terrasson Avec le public et des publics spécialisés, présentation de la démarche et des recherches de l artiste ; rencontres plus ou moins nombreuses selon le projet de l artiste ; Espace culturel François Mitterrand - ADDC Place Hoche - Bp 1056 24001 Périgueux Cedex T. 05 53 06 40 29 artsplastiques@perigord.tm.fr Contact : Michèle Greletty, déléguée départementale pour les arts plastiques L Odyssée Office Culturel de la Ville de Périgueux Avenue Aquitaine 24000 Périgueux T. 05 53 53 18 71 - F. 05 53 35 08 57 Contacts : Chantal Achilli, directrice de l Odyssée Dominique Saby, directeur du Centre culturel de la visitation L Odyssée Office Culturel de Périgueux accueille des plasticiens pour des oeuvres «aux confins de l écrit et des arts plastiques». \\ 45 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
Centre Culturel de Ribérac Place du Général de Gaulle - BP 57 24600 Ribérac T. 05 53 92 52 30 - F. 05 53 92 52 31 www.riberac.fr centreculturelderiberac@yahoo.fr Centre culturel de Terrasson 5 rue Marcel Michel - BP 96 24120 Terrasson-Lavilledieu T. 05 53 50 13 80 - F. 05 53 50 46 76 http://ecm.terrasson.free.fr/cct-ccejp.html c.c.terrasson.@perigord.tm.fr Contacts : Pierre Ouzeau, directeur Rémy Terrienne, Maire de Ribérac Cette résidence a pour objectif de mener à bien une recherche photographique personnelle sur le territoire de la région ribéracoise et de la Vallée de la Dronne, à partir des rencontres avec les habitants et les différents professionnels de ces régions. Résidences de Sarlat Hôtel de Ville Place de la Liberté BP 163 24200 Sarlat T. 05 53 29 82 98 - F. 05 53 29 82 98 www.ville-sarlat.fr sarlat.musee@wanadoo.fr Contacts : Jean-Paul Dumas, directeur du Centre culturel Thierry Loiseau, responsable Ecm Espace permanent dans les locaux du centre culturel. Association travaillant sur le théâtre contemporain et la mise en place dans la même structure d un centre culturel européen des jardins et du paysage. Elle travaille pour toutes les actions développées en direction des jeunes et des populations défavorisées. Contacts : Mireille Benejeam, conservateur du patrimoine Jean-Jacques Peretti, Maire de Sarlat La Ville de Sarlat invite des vidéastes à s inspirer des histoires et mythologies du sarladais. Financement : DRAC Aquitaine Conseil Général de la Dordogne Conseil Régional d Aquitaine ADDC arts plastiques \\ 46 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE Du village de peintres à la résidence d artistes Isabelle de Lajarte Paris, L Harmattan, 1999 L Année sociologique, Art et sciences sociales Philippe Urfalino «Les Politiques culturelles : mécénat caché et académies invisibles» Presses Universitaires de France, 1989 Artistes en résidence Actes du Colloque de Nantes, 4 et 5 octobre 1990, FRAC des Pays de Loire et Conseil Général de Loire-Atlantique, 1991 Une nouvelle époque de l action culturelle Fabrice Lextrait Rapport à Michel Duffour, secrétaire d Etat au patrimoine et à la décentralisation, La Documentation française, mai 2001 Regards croisés ou pourquoi vagabonder sur les territoires des autres? Dossier résidences d artistes et éducation Champs culturels n 1, mai 1995 Résidence d artistes pour le meilleur et pour le pire Dossier Le Monde de l éducation n 248, mai 1997 Les écritures productives de Nicolas Floc h Pierre Gicquel 303 - Arts, Recherches et Créations Revue trimestrielle n 49-1996 Annuaire de l art contemporain 2002 Délégation aux arts plastiques Editions 00h00.com Cette nouvelle édition du guide Actions/publics pour l art contemporain offre un condensé des multiples regards portés sur la création et de la diversité des structures sur l ensemble du territoire. 1000 lieux de diffusion et de ressources pour l art contemporain en France avec leur projet culturel et artistique, classés par région et ordre alphabétique de ville. Résidences d artistes en France Délégation aux arts plastiques Editions 00h00.com Ce guide des résidences d artistes plasticiens en France est issu d une double demande : celle des artistes en quête de lieux d une part, et d autre part, celle des porteurs de projets (collectivités locales ou territoriales, associations, particuliers), désireux de mettre en place une résidence ; d un double travail également : une enquête conduite auprès des conseillers arts plastiques afin qu ils identifient toutes les structures qu ils considèrent, sur le territoire dont ils ont la responsabilité, comme relevant de la notion de résidences d artistes plasticiens ; un stage conçu et réalisé par l Association de gestion des entreprises culturelles en Île de France (Agecif, 22, rue de Picardie, 75003 Paris), à la demande de la Délégation aux arts plastiques, sur les résidences d artistes. Etat des lieux 1990-2000 Eléments d évaluation d une expérience de mobilité et de parcours professionnel pour de jeunes créateurs. Les Pépinières européennes pour jeunes artistes (PEJA) Consultation sur le site : http://www.art4eu.net/tele/evaluation.pdf L accueil d artistes en résidence temporaire dans le monde (1995) Délégation aux arts plastiques et AFFA Diffusion : la Documentation Française - Paris www.ladocfrancaise.gouv.fr Cet ouvrage, aujourd hui repris et mis à jour dans l Annuaire de l art contemporain du Centre National pour les Arts Plastiques (www.cnap.fr), a permis de faire connaître ces structures à de nombreux artistes français et étrangers, mais il a également suscité l intérêt de lieux similaires dans le monde et donné naissance à ce deuxième volume ouvert au monde entier, fruit d une prospection menée par l AFAA avec le réseau diplomatique français. Ce guide présente la mission commune de plus de 200 structures dans 29 pays du monde. Il révèle l existence de lieux d accueil d artistes souvent pluridisciplinaires (arts plastiques, architecture, audiovisuel, danse, écriture, métiers d art, musique, théâtre, etc.). Pour chaque résidence, il précise sa spécificité et son mode de sélection. Il recense par ailleurs les structures associatives internationales organisées en réseau. \\ 47 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
LA/POMME\à\TOUT/FAIRE Remerciements L association la Pomme à tout faire remercie les auteurs ainsi que toutes les structures et personnes rencontrées pour le temps qu elles ont bien voulu consacrer à cette étude. Cet ouvrage a été réalisé grâce au soutien du Conseil Général du Pas-de-Calais, de la DRAC Nord - Pas-de-Calais et du Conseil Régional Nord - Pas-de-Calais. avril 2005 La Pomme à tout faire 9, rue des Agaches 62000 Arras T. 03 21 23 41 11 F. 03 21 23 44 34 lara@lapomme.asso.fr www.lapomme.asso.fr Président : Jean-Paul Korbas Chargé du projet Résider : Philippe Massardier Chargée de mission : Lara Crouigneau \\ 48 \\ Résider - Résidences d'artistes plasticiens en Nord/Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne \\
ISBN 2-9518179-0-9