Après un énorme retard pris sur les



Documents pareils
E-commerce au Maroc : Plusieurs verrous à faire sauter

Orange Money un service de paiement et de transfert d argent mobile pour l Afrique

DU COMMERCE CONNECTÉ!

Votre implantation à l étranger

Vendre son champagne sur internet

Le secteur des Technologies de l Information et de la Communication: Des Réalisations Importantes et des Perspectives Prometteuses

Tout savoir avant de créer une boutique en ligne!

Le profil des acheteurs à distance et en ligne

DOSSIER DE PRESSE La carte Flouss.com

La Poste Tunisienne et les TIC

Agence web marketing Pourquoi une agence de web marketing? Définition du web marketing.

Secteur des Technologies de l Information et de la Communication (TIC) PLAN D ACTION

pour vos ventes à distance

Programme de Partenariat CIOA. Ecole du Nouveau Commerce. Septembre 2012

Proposer le paiement par carte a mes clients

Le droit au compte. Direction de la Surveillance des relations entre les particuliers et la sphère financière

Procédés de paiement en ligne

Centre de formation digital et communication : www. Komelya.fr

Solutions de paiement dématérialisé pour les marchés émergents

Bienvenue dans l univers du e-commerce (commerce en ligne)

Un climat des affaires incertain

FAQ CSI OFFSHORE

ALLIANCE ASSURANCES ENTAME LA SECONDE PHASE

Nicolas Malo Jacques Warren. Préface de Marc Lolivier. Web Analytics. Mesurer le succès et maximiser les profits de votre site Web

LE COMMERCE ELECTRONIQUE EN ALGERIE: VERS DE NOUVELLES FORMES DE VENTE EN LIGNE

LES CLES D UNE BONNE STRATEGIE A L EXPORT

E-Commerce en Afrique du Nord

Bordeaux, jeudi 3 février 2011

WF MEDIA.INFO ET N OUBLIONS PAS QU UNE COMMUNICATION RÉUSSIE, C EST AVANT TOUT UN IMPACT MESURABLE ET

COMMUNIQUÉ DE PRESSE BOUYGUES

Traitement des paiements par carte pour votre entreprise.

Le contexte. 1) Sécurité des paiements et protection du consommateur

Avis du Conseil National de la Consommation sur les informations des consommateurs-sites «comparateurs»

instruments de paiement échangés à travers les circuits bancaires

Sécurisation des paiements en lignes et méthodes alternatives de paiement

Générer du trafic payant. Laurent BIZOT, Oxatis Lucile Chanel, ebay

Les comportements d achats multicanaux des internautes 9 ème baromètre FEVAD-Médiamétrie//NetRatings. extraits

Guide du promoteur de projets de Commerce électronique

Med-It, Participation du Groupe Algérie Télécom Communiqué de Presse

Faire des affaires autrement

» Conditions Particulières

Livre Blanc Virtua 2012

PRATIQUES ET USAGES DU NUMÉRIQUE DANS LES PME ET TPE

N 362. Votre Revue de Presse Du 24/ 03 /2015. tel : Fax: CONECT 2015

les raisons du succès

Rapport 2012 de l Observatoire de la téléphonie mobile en Afrique subsaharienne. Résumé

Le groupe Crédit Mutuel en 2010 Un réseau proche de ses sociétaires-clients, au service des entreprises créatrices d emplois dans les régions (1)

COMMENT CONDUIRE UN PROJET DE SITE WEB?

BIENVENUE AU PARADIS DES ENTREPRENEURS

Panorama sur les nouveaux modes de paiement

21/09/2012. La vente par Internet. Pourquoi vendre par Internet?

Sécuriser le e-commerce avec la technologie XCA. «Une sécurité qui inspire la confiance»

L IDENTITÉ NUMÉRIQUE MULTISERVICES EN FRANCE : LE CONCEPT IDÉNUM

PROFESSIONNELS. Vendre sur le Net. Pourquoi pas vous?

L EXPERIENCE TUNISIENNE EN MATIERE D ADMINISTRATION ELECTRONIQUE. Mexico city, novembre 2003

MÉMO. Des solutions en cas de coup dur ou de coup de cœur SOMMAIRE

Communication Opérationnelle Franchises et Réseaux

Clément ALBRIEUX (69)

L éducation financière. Manuel du participant Les notions de base du crédit

Débroussailler les paiements mobiles :

CHAPITRE VI : MODERNISATION DE L'INFRASTRUCTURE DES SYSTEMES DE PAIEMENT

Comment générer des revenus en Affiliation

LA RELATION CLIENT BOOSTEZ VOTRE DEVELOPPEMENT AVEC RING OUTSOURCING EN FRANCE ET A L INTERNATIONAL

PHILLIPS INTERNET COMMUNICATION C EST...

UNIWAY CASE. Veritas.be. Business Critical Internet Solutions

Les principales difficultés rencontrées par les P.M.E. sont : «La prospection et le recouvrement des créances» Petit déjeuner du 26 juin 2012

DOSSIER DE PRESSE 2014

Mobile Paiement: perspectives et axes de développement

CARTES INNOVANTES 2013

Présentation pour Salon international des innovations financières Paris 04 Mars 2010

Les Fiches thématiques ecommerce. Bien préparer son projet de site de vente en ligne

PROGRAMME STAGE TECHNIQUE

L action du gouvernement espagnol et de l Institut de la jeunesse concernant le Pacte européen pour la jeunesse

E-COMMERCE & MULTI CANAL

CENTRE NATIONA L DU REGISTRE DU COMMERCE (CNRC)

1 er Baromètre DIRECT ASSURANCE des Cyberconsommateurs

La distribution et le marketing numériques

Réussir sa création d entreprise

Les principaux crédits et les pièges à éviter

Schéma du plan d affaires

Les 3 erreurs fréquentes qui font qu'un site e-commerce ne marche pas. Livret offert par Kiro créateur de la formation Astuce E-commerce

Analyse en temps réel du trafic des Internautes

Grégory Bressolles L E-MARKETING

LE GUIDE DE VOS AVANTAGES. Voici votre. carte Platine CIBC Visa MC

L interchange. Ce que c est. Comment ça fonctionne. Et pourquoi c est fondamental pour le système des paiements Visa.

Le tourisme, un impératif national d avenir...


Lisez ATTENTIVEMENT ce qui suit, votre avenir financier en dépend grandement...

Les 9 points-clé pour réussir votre activité de ecommerce

Hightech Payment Systems en bref

DOSSIER DE PRESSE -2014

Document de travail des services de la Commission. Consultation sur les comptes bancaires

L apparition des transferts électroniques de fonds aux points de vente (TEF/PV)

DOSSIER DE PRESSE 9 JANVIER Dossier de presse réalisé avec le soutien d InnovaTech ASBL

COMPLÉMENTAIRE. MONNAIE LOCALE SUR NOTRE SONANTES TOUT SAVOIR

Transcription:

Marché du e-commerce en Algérie Le virtuel très réel Après un énorme retard pris sur les offres du web, l Algérie s ouvre enfin aux opportunités indéniables du e- commerce, à ne pas confondre toutefois avec le e-business. La règlementation législative n étant pas encore au point, le paiement électronique est jusqu à présent confiné dans l agenda des pouvoirs publics. Mais il n en demeure pas moins que des opérateurs économiques se lancent dans cette nouvelle aventure commerciale avec beaucoup d entrain, boostés par les expériences d ailleurs. En moins d un mois, 64 sites marchands viennent meubler la Toile algérienne, portant ainsi leur nombre à 250. A ce rythme, plus de 800 boutiques virtuelles verront le jour d ici la fin de l année en cours, soit quatre fois le nombre de sites créés durant ces quatre dernières années. Une croissance appréciable, qui reste toutefois éloignée de tout optimiste béat. La vente en ligne en Algérie en est encore à ses premiers balbutiements, au regard des progrès accomplis par les pays avancés ou encore les pays voisins. Beaucoup reste à faire. D ailleurs, certains l ont située «au stade de l imagination, le e-commerce ne représente rien en termes d activité réelle». Ils estiment que les obstacles sont encore coriaces pour pouvoir parler d un réel commerce en ligne algérien du moment où aucune loi le régissant n existe à ce jour. Le seul texte réglementaire concernant cette activité est la codification d inscription au registre du commerce (CNRC). Des manques à combler au plus vite par les pouvoirs publics afin d accompagner une dynamique déjà amorcée et qui annonce d ores et déjà des perspectives prometteuses, préconisent les intervenants dans le dossier que leur a consacré l Eco. Encore une fois, c est la vie économique qui prend de l avance sur la réglementation et c est tant mieux n L Eco Enquête 27

28Enquête Développement du e-commerce Par Ranya Khaldi La promotion des ventes en ligne est fortement corrélée au taux de pénétration de l internet à haut débit. Le processus de modernisation et de développement de l infrastructure des télécommunications par la densification du réseau de fibre optique sont aussi des facteurs significatifs. Aussi, le développement des réseaux sans fil wi-fi serait à même d élargir les possibilités d accès à internet dans les zones publiques comme les centres commerciaux, les aérogares et autres. Un autre facteur mérite d être pris en ligne de compte : l équipement des ménages en matériel informatique, une mission que mène le ministère de la Poste et des Technologies de l information et de la communication (MPTIC) dans le cadre de l opération Ousratic. En Algérie, les sites de vente tardent à faire leur entrée sur le marché, ainsi que les achats faits à l'étranger et autres réservations d'hôtel ou de titres de transport, mais seule l'introduction de la certification électronique peut amorcer ce commerce. A ce propos, une source proche du MPTIC nous a confié que «la certification électronique est une nécessité vitale pour notre pays afin d assurer la protection des échanges et des transactions dans le réseau numérique des La signature électronique est un préalable C est indéniable. Les spécialistes algériens s accordent à dire que le développement du e-commerce est fortement lié à plusieurs facteurs, notamment socioculturels, en raison des comportements et autres habitudes du consommateur. Le commerce, en Algérie, a encore tendance à se jouer dans la complémentarité entre le virtuel et le physique. La certification électronique est une nécessité vitale pour notre pays afin d assurer la protection des échanges et des transactions dans le réseau numérique des différentes menaces telles que les attaques informatiques, l accès à des informations confidentielles ou le vol de données. Pour ce faire, deux avant-projets de loi sont en cours d élaboration par le ministère de la Poste et des Technologies de l information et de la communication. Moussa Benhamadi différentes menaces, telles que les attaques informatiques, l accès à des informations confidentielles ou le vol de données». Pour ce faire, deux avant-projets de loi sont en cours d élaboration par le MPTIC. Le premier concerne les règles générales relatives aux transactions électroniques et à la définition des aspects liés à la signature électronique et à la certification et l authentification. Cet avant-projet prend en charge la sécurité dans les entreprises, la certification électronique, le e-service, la certification électronique appliquée au réseau monétique interbancaire, le cadre juridique de la signature électronique en Algérie, etc. Le second avant-projet de loi est consacré au traitement des données à caractère personnel. Il est clair que la mise en place d un cadre légal de la signature électronique et de la certification électronique permettront d effectuer tout type d opération bancaire, notamment à l international, en vue d améliorer les transactions commerciales et de promouvoir le commerce électronique. Cette même source a souligné, cependant, que «l opération à l international est tributaire du processus national de convertibilité du dinar». A noter aussi que la nouvelle loi sur la poste et les technolologies de l information et de la communication, approuvée récemment par le Conseil des ministres, est à même non seulement d ouvrir la porte au e-commerce, voire au e-paiement et au paiement mobile, mais également permettra à des investisseurs privés d'entrer dans des offres internet dans des zones non couvertes, notamment des services de réseau mobile virtuel (MVNO). Cette loi a le mérite de définir les conditions d accès au commerce virtuel, notamment celles liées à la régulation du e- commerce de façon à favoriser préalablement un environnement stable, équilibré et responsabilisant n R. K.

D r Ali Kahlane, président de l AAFSI «Il faut Instaurer les mécanismes de la certification électronique» Enquête Réalisé par Fatima Bouhaci Ali Kahlane Selon Ali Kahlane, président de l Association algérienne des fournisseurs de services internet (AAFSI), le marché du e-commerce en Algérie a un avenir. Néanmoins, un nombre de manquements comme le paiement électronique et le vide juridique doivent être comblés. L Eco : bien que le marché du e- commerce en Algérie soit encore au stade embryonnaire, peut-on parler de son évolution? A-t-il un avenir? Ali Kahlane : oui, bien sûr qu il a un avenir. Avec un chiffre d affaires mondial de plus 1100 milliards de dollars, l Algérie ne peut pas se permettre de rester en marge. Pour y arriver, il nous faut, par dessus tout, instaurer la confiance entre les clients et les vendeurs. Dit simplement, il est nécessaire de mettre à jour la loi sur la monnaie et le crédit laquelle doit inclure le commerce électronique et en particulier définir le rôle payant (l intermédiaire qui paiera le vendeur) et, surtout, instaurer les mécanismes de certification électronique qui garantiront et sécuriseront la transaction commerciale en termes d authentification, d intégrité et de confidentialité des données. Malgré l approbation d un projet de création d une instance indépendante de supervision des paiements électroniques et d un Groupement d intérêt économique (GIE) regroupant toutes les banques de la place publique et la Banque d Algérie pour prendre en charge l aspect monétique du e- commerce, pour le moment, nous n avons ni l une ni l autre et, par conséquent, pas de e-commerce au sens générique du terme. Les sites actuels existent et «fonctionnent» en dehors des deux éléments que j ai évoqués plus haut. Non seulement ils ne peuvent malheureusement pas offrir tout le confort et la sécurité d un site e-commerce classique, mais ils ne pourront pas aussi facilement atteindre les volumes que ce type de commerce peut engranger si toutes les conditions étaient réunies. Malgré tout cela, je pense que les sites de e-commerce qui existent actuellement doivent évoluer et accumuler plus d expérience et ceux qui sont en cours de montage devront investir dans les nouveaux créneaux, être inventifs et innovants pour prouver encore une fois que la nature n aime pas le vide, même dans le monde virtuel. Que demande cette activité en termes de logistique et d installation de réseaux internet? Le marché algérien est-il prêt à se lancer sérieusement dans ce créneau? Il faut un débit élevé avec une large bande passante. La connexion ne doit absolument pas souffrir de coupure, notamment lors du lancement d une requête, de l authentification et surtout de la validation de la transaction financière. Il n y a aucun doute que le marché algérien est prêt pour se lancer dans le créneau du commerce électronique. Les nombreux sites existants et leur succès auprès des internautes nous le démontrent tous les jours. Le problème reste que le e- commerce algérien est en train de se comporter comme une grande belle kermesse, un joli bazar virtuel où la débrouillardise et le bricolage priment, pour pallier à l absence d un relais financier fiable et d une sécurisation des affaires. Selon certains professionnels, le problème du paiement électronique est la contrainte majeure dans notre pays pour exercer cette activité. Que faut-il faire, à votre avis, pour y remédier? Effectivement le problème majeur est le paiement et son mode. Comme déjà développé ci-dessus, il suffit d une banque pour assurer la partie monétique et d un tiers garant pour sécuriser et garantir la transaction. Ce que les autorités tentent de mettre en place depuis plusieurs années sans trop de succès pour le moment. Les professionnels se plaignent d un énorme vide juridique, notamment concernant les procédures de garantie pour les clients. Selon vous, comment peut-on le combler? Une législation doit évidemment être mise en place avant de se lancer dans cette aventure. Il semblerait que la nouvelle loi sur les télécommunications, qui est actuellement entre les mains des députés, le prévoit. En attendant que les textes soient rendus publics, nous n en savons malheureusement pas plus n F. B. 29

30Enquête Nawel Benkritli, directrice générale de la Satim Nawel Benkritli, directrice générale de la Société d'automatisation des transactions interbancaires et de monétique (Satim) nous apprend qu à l heure actuelle, tous les sites de vente en ligne actifs sur le marché algérien utilisent des moyens alternatifs au paiement électronique. La Satim, filiale de 8 banques (BADR, BDL, Réalisé par Nassima Benarab L Eco : le paiement électronique tarde à décoller en Algérie alors que 2013 est la date fixée pour la finalisation de ce système qu elle a commencé à mettre en œuvre en 2006. Pouvez-vous nous expliquer les raisons de ce retard? Nawel Benkritli : le paiement électronique par carte bancaire est opérationnel depuis 2005 ; au jour d aujourd'hui nous comptabilisons environ 5 000 TPE installés et un million de cartes CIB émises par toutes les banques de la place adhérentes au réseau monétique interbancaire. Effectivement, le paiement par carte bancaire a enregistré un certain retard, mais nous constatons un élan, particulièrement ces deux dernières années durant lesquelles l Algérie a vu naître des grandes surfaces et des supermarchés qui drainent un flux de transactions de paiement considérable. Pour soutenir cet élan, il a été décidé d équiper particulièrement des entreprises de service public (gaz, électricité, eau ) ainsi que certains opérateurs économiques (téléphonie mobile, télécoms ) ; viendront ensuite les petits commerces. Nous envisageons dans un futur très proche la mise en production de nouveaux services sur les automates bancaires tels que le paiement e-voucher (achat de crédits téléphoniques) et le paiement de factures. «Le paiement en Ligne Concernant le paiement en ligne au moyen de la carte CIB, une plateforme sécurisée a été mise en place au niveau de la Satim en 2010. Cette plateforme est interbancaire. Le projet, est totalement opérationnel et un pilote a même été réalisé en collaboration avec une banque et une entreprise de transport aérien. Les aspects techniques du service de paiement en ligne sont complètement maîtrisés. Les éléments ayant empêché la mise en production de ce service sont liées aux vides juridiques et réglementaires encadrant la vente sur internet. Il n y a dans les codes algériens aucune disposition pour la vente à distance en général et la vente sur internet en particulier, donc la protection du consommateur lors d un acte d achat en ligne n est pas assurée en cas de litige commercial entre un web-marchand et un web-acheteur. Le projet est totalement opérationnel et un pilote a même été réalisé en collaboration avec une banque et une entreprise de transport aérien. BEA, BNA, CPA, CNEP, CNMA et El Baraka) est en charge de la gestion de la monétique en Algérie. En collaboration avec la communauté bancaire, elle travaille sur les aspects réglementaires pour que les web-acheteurs puissent procéder au paiement en ligne de leur achats par carte CIB avant la fin 2013. Quels sont les moyens consentis jusqu'à maintenant pour le lancement du paiement électronique? Au démarrage du système interbancaire de paiement par carte, un long travail préparatif de normalisation et de définition de spécifications propres au système algérien a été réalisé. De plus, de lourds investissements ont été consentis tant par la Satim que par les banques adhérentes au réseau monétique interbancaire en termes d équipements (GAB et TPE), de logiciels (solutions monétiques, front office, back office, logiciel de gestion de risques et d impayé), de consommables (cartes à puce, EMV). La communauté bancaire a aussi investi en termes de formation sur les aspects techniques propres au métier de la monétique mais aussi du marketing (techniques de vente de produits monétiques). Concernant le paiement en ligne, la Satim a mis en place une plateforme logicielle et matérielle pour assurer ce service. La Satim a pris pour option de s équiper d une solution sécurisée grâce au protocole 3D-secure, utilisée et imposée par Visa pour les transactions en ligne. Ce protocole permet d authentifier, au moment de la transaction de paiement, la personne qui procède au paiement (on s assure, via ce dispositif, que c est bien le propriétaire de la carte qui fait le paiement). Grâce à cette authentification, la banque peut assurer la garantie du paiement au commerçant.

opérationnel avant fin 2013» Enquête Par ailleurs, un travail portant sur la réglementation a aussi été réalisé par la Satim en collaboration avec les banques pour définir les règles de gestion du paiement en ligne afin d enrichir les dispositions légales existantes relatives à la vente, au paiement via internet et à la protection du consommateur. Des amendements aux contrats que signent habituellement les banques avec leurs clients (commerçants ou porteurs de carte) dans le cadre de l ouverture du service de paiement par carte ont été proposés, incluant les spécificités de la vente et du paiement ligne. Certaines dispositions concernent notamment l obligation de publier les conditions générales de vente, d afficher clairement les délais de livraison, le droit de rétractation, les modalités de réclamation, etc. Ya-t-il aujourd hui des délais relatifs au lancement réel du e-commerce en Algérie? D abord, nous tenons à préciser que le e- commerce est l action d acheter et de vendre sur internet ; il faut le dissocier du paiement en ligne qui est l action de payer un achat en ligne. Aujourd hui, nous constatons la prolifération de sites de e-commerce, mais les modes de paiement proposés par ces web-marchands sont le cash à la livraison, le mandat postal, le virement bancaire, donc des paiements a posteriori. Aucun ne propose aujourd hui un paiement en ligne. Nous travaillons en collaboration avec la communauté bancaire, notamment sur les aspects réglementaires, pour que les web-acheteurs puissent procéder au paiement en ligne de leur achats par carte CIB avant la fin de l année 2013. Pour certains, les banques seraient à l origine de ce blocage. Confirmez-vous ces propos? Le blocage dont vous faites mention est dû à l environnement légal, sans réglementation appropriée ; tout service ou activité ne peut être pratiqué sereinement. La question est : en l absence de réglementation qui délimite les responsabilités des acteurs et en cas de litige, qui assume le risque : la banque du porteur de carte, la banque du commerçant, la Satim, le commerçant, ou l acheteur/consommateur? Cette problématique sera résolue par ces dispositions contractuelles entre les différents intervenants dans un acte de vente en ligne et de paiement en ligne, en l occurrence : la banque du client, la banque du commerçant, le client, le commerçant et le gestionnaire de la plateforme de paiement en ligne. C est par le biais de ces obligations et engagements contractuels que les risques seront maitrisés et que l activité de commerce en ligne sera encadrée. La Satim existe depuis 1995. Quel bilan faites-vous de son activité? Satim a été conçu comme outil d aide au développement des moyens de paiement électronique. Rôle qu elle a assuré, avec sérieux et abnégation, tout au long des 15 dernières années en mettant en place : en 1997, le premier système interbancaire de retrait sur DAB par carte bancaire à piste magnétique (interbancaire incluant Algérie Poste) ; en 2005, le premier système de paiement par carte bancaire à puce EMV, le premier système dans la région Afrique du Nord totalement interbancaire et complètement conforme aux normes de sécurité EMV (interbancaire incluant Algérie Poste) ; en 2010, la première plateforme de paiement en ligne destinée au paiement sur le web ; en 2013, le paiement de crédits téléphoniques et de factures via le parc GAB ; dans un futur proche : le paiement mobile, les cartes prépayées, les paiements internationaux (Visa et MasterCard). Le bilan de la Satim, en tant qu opérateur technique, est largement positif. Satim se devant d être à l avant-garde de la monétique algérienne et des nouvelles technologies de paiement et force de proposition aux banques adhérentes au réseau monétique interbancaire en matière de services et de produits monétiques n N. B. 31

32Enquête Selon les derniers chiffres du CNRC Les sites marchands inscrits au Centre national du registre de commerce (CNRC) sont au nombre de 186 (163 personnes physiques et 23 personnes morales) de 2009 à fin janvier 2013, a appris L Eco auprès de cet organisme. Les sites de e-commerce, qui étaient au nombre de 14 en 2009, sont passé à 62 durant l exercice 2012, ce qui représente une hausse de 77,4% en quatre ans. Par Nassima Benarab et Fatima Bouhaci 2013, s annonce exceptionnelle puisque le L année nombre de sites de vente en ligne continue à croitre très rapidement. Pour preuve, en un mois seulement, 64 sites marchands, dont 40 activités de vente en ligne (par internet ou par mobile) ont été créés au niveau d Alger, 6 à Boumerdès, 4 à Constantine et 2 à Béjaia. Si cette tendance se confirme, le nombre de sites e-commerce devrait atteindre les 800 fin 2013. Soit quatre fois que durant les quatre dernières années. Il est utile de noter qu à l heure actuelle, aucune loi ne permet ce genre d activité. Au CNRC, une seule activité est reconnue : la «vente en ligne». Par ailleurs, les tableaux du CNRC révèlent également qu en 2010, le marché algérien comptait 16 sites marchands. C est légèrement mieux qu en 2009, avec une croissance de 14%. A fin 2011, ce nombre a augmenté à 30 sites marchands, soit pratiquement le double comparativement à l année précédente. Cadre juridique : un grand vide à combler Comme la plupart des activités économiques dans notre pays, le commerce électronique est face à un grand vide juridique. Aucune loi le régissant n existe. Selon les professionnels du domaine, le seule texte réglementaire 64 nouveaux sites marchands en janvier 2013 concernant cette activité est bien la codification d inscription au registre du commerce, pour laquelle rien de spécifique n est exigé. Mis à part l obligation de présenter une copie de la carte grise du véhicule utilisé pour la livraison des produits vendus, les conditions d immatriculation pour exercer le e-commerce sont les mêmes que pour les autres types de commerce ambulant. Selon une responsable du CNRC, «on ne peut pas répondre sur le problème du vide juridique, cela ne relève pas de nos prérogatives. On exécute les règles édictées par le législateur». De l avis des professionnels que nous avons interrogé dans le cadre de notre enquête, «un grand vide juridique nous contraint dans l exercice de notre activité». Il est question notamment, selon eux, de l absence des règles de garantie concernant le paiement et la livraison. Les acheteurs et vendeurs sont confrontés aux mêmes risques à cause de l absence de garanties. Et pour pallier à ces carences, les vendeurs en ligne émettent volontairement des règles dans l exercice de leur l activité dans l objectif de fidéliser leurs clients. Selon des spécialistes dans le domaine juridique, la nouvelle loi sur les télécommunications, en attente d examen par l Assemblée populaire nationale (APN) prévoit un texte sur le commerce électronique, qui devrait apporter quelques éléments de régie pour cette activité n N. B. / F. B.

L éco n 61 / du 1 er au 15 Mars 2013 Michel Perrinet, président-directeur général d Octave.Biz «Le paiement électronique fait défaut» Enquête Par Nassima Benarab en service d un système fiable de paiement électronique «facilitera certaine- L entrée ment le travail et multipliera probablement les opportunités du marché», a-til encore précisé. Toutefois, l absence de ce mode de paiement n a pas empêché certains pionniers à se lancer dans e-commerce en Algérie. Même s il tarde à être opérationnel, «il existe de nombreuses solutions alternatives à la carte de crédit, comme le paiement par cheque ou encore les cartes prépayées», a affirmé Michel Perrinet. «Nous sommes en train de réfléchir à d autres solutions de paiement complémentaires», ajoute t-il. Très confiant dans les opportunités du marché algérien, le P-DG de cette société française spécialisée dans la création de sites e-commerce avec gestion commerciale intégrée a par ailleurs souligné que «la taille géographique et l apparition d'infrastructures de transport, ainsi que la naissance d'un consumérisme dans la population du pays sont des raisons qui nous laissent imaginer que le e- commerce a de l avenir en Algérie». D ailleurs, la même société a élaboré l année dernière une étude sur les perspectives du e-commerce en Algérie. Il ressort qu à l horizon 2016/2017, notre pays aura 4 000 à 5 000 sites de e-commerce avec une activité significative et 400 à 500 sites à forte activité, a souligné M. Perrinet, qui prévoit qu «on devrait avoir dans les mois et les années avenir une pénétration assez importante. En 2017, 50% de la population algérienne sera connectée à internet. Avec ce taux-là, on peut imaginer que l activité du e- commerce sera très encourageante». Installée officiellement en septembre 2011 en Algérie, Octave.Biz vise à apporter des services et des conseils pour accompagner les commerçants algériens à aller dans le e- commerce. «Nous envisageons accompagner la mutation vers le e-commerce en Algérie», souhaite M. Perrinet. «Notre rôle n est pas de choisir quels sont les marchés que les commerçants doivent atteindre. Moi, j invite les commerçants à avoir leurs idées et leurs perspectives et les traduire avec leur culture et leurs connaissances des consommateurs algériens. Ce qui est sûr, c est qu en observant les marchés en dehors de l Algérie, nous remarquons très vite de ce qui marche et de ce qui ne marche pas», nous a-t-il expliqué. Après plus d une année de travail, Octave.Biz lance, avec son partenaire Michel Perrinet L un des maillons essentiel dans le développement du e-commerce, le paiement électronique, tarde à voir le jour. C est une procédure qui «serait une avancée importante pour amorcer la vente à distance en Algérie», nous a expliqué Michel Perrinet, présidentdirecteur général d Octave.Biz, partenaire de la société algérienne CyberMarket qui a lancé le mois dernier son premier site de vente en ligne Nechrifinet. algérien Djamel Bendjaber, le site Nechrifinet.com, qui vient s ajouter aux autres portails algériens d achat en ligne. Un site qui propose actuellement environ 500 produits d équipement (électroménager, téléphonie et informatique). Ces produits sont livrés dans les 24 heures dans la capitale et 72 heures dans les autres régions du pays. Et ce, par l intermédiaire de points de relais. A l heure actuelle, il existe 56 points à travers 24 wilayas. Les deux partenaires ont également lancé un autre site spécialisé dans la vente de livres, Kitabi.dz n N. B. 33

34Enquête Bien que le marché mondial dépasse les 1 000 milliards de dollars Par Hamid Mohandi Rien ne bouge ou tout se fait lentement en Algérie au moment où des pays peu gratifiés financièrement se lancent dans des courses effrénées ayant pour corolaire l amélioration constante du quotidien de leur citoyens. Ces pays s efforcent à suivre scrupuleusement le cap des pays développés en termes d utilisation des TIC au profit du développement économique et social. Un pari qui paraît très difficile, mais qui n est point impossible au regard des remarquables progrès accomplis jusque-là. Il suffit d ailleurs de mesurer le degré du développement de leur commerce électronique pour jauger les retards accumulés par l Algérie en la matière. Les efforts consentis par les pouvoirs publics en termes de généralisation des TIC au cours de la dernière décennie tardent à transformer le web en une opportunité indéniable pour faire du business. La Toile algérienne se borne à son stade rudimentaire. Elle se contente d offrir aux internautes le strict minimum, bien que le e-commerce recèle des potentialités indéniables avec à la clé 10 millions d utilisateurs d internet, 5000 cybers connectés et un taux de pénétration de 14%. Mais à l évidence, le constat établi pour l Algérie quant à cette nouvelle forme de négoce n est guère reluisant. Il ne reflète nullement ses capacités à dompter cet outil extraordinaire qui laisse entrevoir des perspectives quasi-infinies en création d emploi, de richesse et d amélioration de la qualité des services. Il ne donne pas non plus de L ALgérie tarde à Treize ans après le lancement de e-algérie 2013, une stratégie sectorielle du ministère des Postes et des Télécommunications visant à conduire le pays vers la société de l'information et l'économie numérique, l Algérie peine à s engager dans le commerce électronique qui continue de révolutionner, sous d autres cieux, l acte de vente et d achat. crédit aux pouvoirs publics qui ont posé les jalons du développement des services en ligne en 2000 avec le lancement de l e-algérie. Treize années sont passées, cette stratégie reste toujours à quai et peu de choses se sont concrétisées. Pis encore, les dispositifs juridiques, censés être le point de départ, la base sur laquelle devrait s arcbouter toute initiative entreprise dans ce créneau, ne sont pas c l a i r e m e n t définis. Mais comme la nature a horreur du vide, des initiatives audacieuses ont été lancées par de jeunes entrepreneurs, En Algérie en termes d'utilisation des TIC rien ne bouge ou tout se fait lentement. précédant ainsi les textes législatifs encadrant cette activité et l avènement du paiement électronique. Des sites tels que echrily.com, Tbeznyss.com, Nechrifenet.com ou encore guiddini.com viennent alors piocher dans un marché encore vierge et jonché d obstacles. Des obstacles qui se manifestent par la faiblesse du taux de bancarisation, les lenteurs de la généralisation de l accès à internet haut débit, l absence de concurrence et les réticences des opérateurs économiques à s aventurer dans une activité non réglementée et des consommateurs à faire leurs emplettes sur des boutiques virtuelles. Beaucoup reste à faire pour consommer en ligne en Algérie. Un commerce vulgarisé chez nos voisins Bien qu il ne soit, dans sa globalité, qu à son stade embryonnaire, le e-commerce au Maroc et en Tunisie a atteint des niveaux appréciables par rapport à l Algérie qui demeure collée à ses startingblocks. La différence est ostensiblement considérable à telle enseigne que la comparaison devient alors impossible. Au Maroc, le commerce en ligne est devenu une réalité. Il constitue aujourd hui l un des rares créneaux qui génèrent une croissance régulière à deux chiffres.

La Toile algérienne en est encore au stade rudimentaire ventes de détail en ligne. Le Cameroun a mis en ligne en 2009 sa première boutique virtuelle avec possibilité de payer immédiatement sur internet par compte bancaire ou compte marchand. La Côte d Ivoire ne manque pas aussi d ambition. A défaut d existence de véritables sites de vente locaux, elle a depuis quelques années doté sa poste d une plateforme innovante et sécurisée qui permet aux Ivoiriens de commander un article en ligne à travers le monde ou même depuis la Côte d Ivoire et le réceptionner grâce à la poste. Enquête Avec une assise juridique qui remonte à 1999 et un paiement en ligne opérationnel depuis 2006, le e-commerce bénéficie actuellement de l apport de 200 sites actifs. Le chiffre d affaires est de l ordre de 743 millions de dirhams en 2012, soit une augmentation de 72% par rapport à 2011 où le nombre de transactions effectuées atteignait les 714 000, dont 31% dans le secteur du shopping. Si au Maroc, le e-commerce semble atteindre sa vitesse de croisière, la Tunisie n est pas en reste, quoiqu'à un degré moindre. Son encadrement juridique a été mis en place en 2000, une année après avoir installé une commission nationale et la tenue d un conseil interministériel portant sur l économie numérique. Concrètement, le e-commerce prend forme en 2005 avec le lancement du paiement électronique ; la Tunisie dispose actuellement de deux systèmes : la plateforme e-dinar et le système de paiement sécurisé. Selon des chiffres récents, le commerce électronique a enregistré un chiffre d'affaires d environ 26 millions de dollars au cours des huit premiers mois de l'année 2012, soit une hausse de 55% par rapport à la même période de 2011. Caractérisé par une qualité appréciable, l e-commerce tunisien réalise environ 5% du chiffre d affaires à l export. Afrique et Moyen-Orient : des marchés en progression Plusieurs pays africains et du Moyen-Orient sont déjà dans le sillon du commerce électronique. Ils se sont arrimés rapidement aux pays les plus avancés en termes d utilisation des TIC au service des échanges commerciaux. Pour preuve, 33% des internautes du Golfe utiliseraient internet pour faire des achats, soit 19 points de plus qu en Afrique du Nord (14%). Les Emirats arabes unis seraient le plus grand marché du commerce électronique avec des transactions estimées à 2 milliards de dollars, suivis par l Arabie Saoudite avec 520 millions de dollars, le Qatar (375 millions), le Koweït (280 millions), Bahreïn (175 millions) et Oman (70 millions). Dans certains pays africains, le e- commerce est désormais dans les mœurs des populations, bien qu il soit toujours confronté à de sérieuses barrières en termes de connectivité, de volonté d acheter en ligne et de possession de carte de crédit. A titre d exemple, la valeur totale de l'économie numérique sud-africaine était de 7 milliards de dollars en 2011 dont 308 millions de dollars représentaient les Bilan record des ventes en 2012 C est un nouveau cap. Les ventes en ligne de produits et services à travers le monde ont dépassé le trillion de dollars en 2012, soit mille milliards de dollars, une augmentation de 21,1% par rapport à 2011. Cette forte croissance s appuie particulièrement sur l explosion des ventes en Amérique du Nord et dans la région Asie-Pacifique. L Europe de l Ouest ne compte que pour 26,9% dans ce résultat. A titre illustratif, les ventes en ligne se sont élevées à 186,2 milliards de dollars en 2012 aux Etats-Unis, en croissance de 15% par rapport à 2011. En France, les ventes ont atteint 45 milliards d euros, en hausse de 19% sur un an, selon la Fédération du e- commerce et de la vente à distance (Fevad). Le nombre de paiements en ligne a maintenu un rythme de croissance élevé au 4e trimestre (+25%) et sur l ensemble de l année 2012 (+28%). Ainsi, malgré la baisse du montant moyen de la transaction, qui s est poursuivie au 4e trimestre, le montant des paiements en ligne a continué de progresser de 24% en 2012, précise la Fevad, qui comptabilise jusqu à l heure 109 800 sites marchands actifs. C'est 23% de plus qu'un an auparavant, soit 20 000 e-boutiques, c'est-à-dire environ une boutique toutes les demi-heures. De forts indicateurs qui rappellent le bug de l Algérie et son incapacité à tirer son épingle du jeu d un outil aussi révolutionnaire et salutaire que celui de l internet. Une réinstallation, un redémarrage et des mises à jour s avèrent très opportuns n H. M. 35

36Enquête Ouedkniss, premier site de transactions commerciales en Algérie Par Fatima Bouhaci juste une idée aventurière de cinq jeunes étudiants souhaitant marquer leur parcours C était estudiantin par la réalisation d un projet «virtuel». En 2006, la rumeur faisait état de la fermeture du marché parallèle de Ouedkniss, au Ruisseau, dans la banlieue d Alger. C est alors qu Amine et Ahmed, étudiants à l ex-institut national de l informatique (INI), Mehdi à l université des sciences et de la technologie Houari Boumediène, Djamel Eddine à l Ecole nationale supérieure polytechnique (ENSP) et Hichem, étudiant en pharmacie, concrétisent leur idée. Un simple projet de lancer un site web d annonces pour transactions commerciales pour tout type de produits. Même si le projet n était pas rentable dans ses premières années d existence, cela ne dérangeait pas du tout les jeunes ingénieurs fondateurs du fait qu ils étaient encore étudiants. D ailleurs, toutes les annonces étaient gratuites au début ; ce n est qu après deux années d exercice que les annonces sont devenues payantes pour les entreprises, mais juste à un prix symbolique. Avant cela, les jeunes passionnés de virtuel n engageaient que leur expérience qu ils capitalisent au fil des jours. De fil en aguille, Ouedkniss devient le site n 1 des internautes algériens dans le domaine du e-commerce. Selon Alexa.com, spécialisé dans le classement 100 000 à 120 000 consultations quotidiennes Bien qu il ne soit pas réellement un site de vente en ligne, Ouedkniss est aujourd hui leader en matière d annonces sur la Toile en Algérie. Ouedkniss est en fait une interface où des annonces d achat, de vente et de location sont publiées de particulier à particulier et de professionnels à professionnels/particuliers. Cependant, le site n effectue pas lui-même les transactions commerciales. Il sert d intermédiaire entre demandeur et offreur de tout type de produits (immobilier, formation, des sites web à travers le monde, Ouedkniss est le 19e site internet consulté par les Algériens, le sixième parmi les sites algériens et le premier dans le domaine des annonces commerciales et de commerce électronique. C est ainsi qu est né et grandi Ouedkniss. Une idée capitale : zéro investissement La notoriété du site, aujourd hui, laisse croire que le projet était détenu par une grande entreprise à forts capitaux ayant investi de grosses sommes d argent pour le développer et surtout le promouvoir. Mais la réalité est tout à fait différente. Les jeunes fondateurs, qui nous ont accueillis dans leurs bureaux dans une ambiance conviviale, nous racontent. Interrogés sur le montant de l investissement pour lancer le site, Hichem nous répond en toute spontanéité : «nous n avons rien investi comme argent au début. Notre seul et unique capital était l idée.», Et d expliquer : «Nous étions les tous premiers dans le domaine. Le fait que nous étions tous étudiants était un facteur de succès parce que nous n avions pas d autre engagement dans nos vies. On travaillait à perte, mais cela ne nous a pas empêchés de continuer et surtout de nous projeter dans l avenir.» Même pour promouvoir leur site, les jeunes fondateurs n avaient pas les moyens de financer des actions de communication et de publicité. Leur seul support de pub, automobile, prêt-à-porter ). Sa notoriété et sa longue expérience font d Ouedkniss une référence dans le domaine. Néanmoins, le passage à un site de vente en ligne n est pas à l ordre du jour, selon ses fondateurs puisque «le commerce électronique a des limites. On ne peut pas acheter directement en passant commande par mail, il faut vérifier le produit commandé». Raison pour laquelle Ouedkniss «veut rester loin des transactions». au début, était le bouche-à-oreille. A la phase de démarrage, le site ne comptait que 1 000 visiteurs par jour. Ce chiffre est allé crescendo. Grâce à la participation d Ouedkniss en tant qu entreprise dans un salon dédié aux supports de la communication à Alger, puis à un article de presse qu un confrère a réalisé, le site commence à gagner en audience. Actuellement, environ 100 000 à 120 000 visiteurs consultent Ouedkniss quotidiennement, soit au moins 3 millions d internautes par mois, selon ses fondateurs. Depuis quelques mois, les jeunes fans du web ont pensé développer leur projet. Ce qui nécessite un modeste investissement comprenant le prix du loyer du local pour en faire le siège de l entreprise. Ainsi, deux postes d emploi directs et permanents ont été générés, outre des postes de commerciaux créés selon les besoins du site pour la prospection publicitaire. Plus de 50% du chiffre d affaires proviennent de la pub Il est certain que cette réussite, tout au long de ces années, n est pas fortuite. Les jeunes ingénieurs, qui nous parlaient sans réserve ni formalité au début de notre entretien, sont devenus un peu moins bavards dès que nous avons abordé la question du chiffre d affaires. «Cela relève du secret professionnel», nous répondent Amine et Hichem, qui se contentent de nous dire que «50% de notre chiffre d affaires proviennent de la publicité». Pour

celle-ci aussi, les fondateurs d Ouedkniss ne veulent pas communiquer grand-chose. En fait, les espaces publicitaires sur le site sont de deux types : espaces exclusivement dédiés à la pub en haut et bas de page. Les emplacements et les tarifications de ces bannières sont gérés par une agence de communication externe ; Les propriétaires du site ne s occupent que des petites publicités affichées sur les côtés de la page d accueil. Les abonnements pour les professionnels pour ce deuxième type sont proposés en hebdomadaire, en mensuel, en semestriel et annuel avec remises. L insertion d un top annonce sur la Une du site coûte 2 000 DA par semaine. Ce prix est réduit à 500 DA pour une semaine pour les concessionnaires automobiles dans la rubrique qui leur est dédiée. Ceux-ci génèrent dans leur ensemble 50% des recettes publicitaires d Ouedkniss. Mais les tendances des annonceurs changent en fonction de leurs besoins de communication qui, elle, varie selon la saisonnalité et les offres de vente proposées, selon les gérants d Ouedkniss. A titre d exemple, à la veille du Salon de l automobile d Alger, presque la quasi-totalité des pubs sont automobiles. En revanche, à la veille du mois de Ramadhan, les produits agroalimentaires sont affichés en première position. Aussi, une publicité sous forme de compte «store» est suggérée pour les entreprises voulant promouvoir la vente de leurs produits. Un store est une boutique en ligne permettant à son unique utilisateur (entreprise ou marque) de proposer tous ses produits avec une indication de prix. Les tarifs des stores varient en fonction du nombre d annonces que l on peut afficher et stocker dans le compte ainsi que de sa visibilité. Les prix des abonnements mensuels sont de 1 000 DA, 2 000 DA et 5 000 DA respectivement pour un store basic (100 annonces, stockage limité à ce nombre), un store Silver (200 annonces, stockage illimité, catalogue design) et un store Gold (300 annonces, stockage illimité, nom du domaine offert) n F. B. Autobip et Cvite pour bientôt Des sites spécialisés dans l automobile et l emploi e succès du site Ouedkniss, qui propose tout type de produits, a Lpoussé ses fondateurs et gérants à envisager de créer d autres projets. Ainsi, ils s apprêtent à lancer très bientôt deux nouveaux sites spécialisés. Le premier, baptisé Autobip, est actuellement en version Beta ; il sera dédié au marché algérien de l automobile. Sur ce site, le visiteur trouvera tous les produits automobiles proposés sur le marché local avec les prix du neuf et d occasion. Mais il n y a pas d annonces d achat ni de vente. Le site veille uniquement à répercuter l information du marché. Le choix de ce secteur est dicté, selon les fondateurs d Oudkniss, par les fortes demandes et offres de ce type de produits. «On a remarqué que sur Ouedkniss, les annonces les plus attractives sont celles de voitures, d où notre idée de créer ce site de marché de l automobile», expliquent-ils. Le deuxième site est spécialisé dans l emploi (recrutement électronique). Sous le nom de Cvite, celui-ci sera la future interface des postulants algériens d un côté et des recruteurs de l autre. Actuellement, le site n est pas encore en ligne mais les fondateurs commencent à recevoir les CV des demandeurs d emploi pour constituer une base de données. Une fois celle-ci finie, le site sera lancé n F. B. Enquête 37

38Enquête Abderazak Boudjerda, responsable du site echrily.com même dire abracadabrante. Par Bourbia Samira La première idée du jeune Abderazak n était pas la création d un site de vente en ligne. L idée a germé dans son esprit alors qu il éprouvait des difficultés à faire ses courses, comme la plupart des Algériens. Abderazak a acquis, grâce à son expérience en tant qu ingénieur en informatique au sein de plusieurs entreprises, un savoir-faire qui lui a permis de lancer son propre projet. Père de famille et travailleur à plein temps, il ne pouvait faire ses courses. Il s était toujours posé la question qui suit : pourquoi quelqu un ne pourrait pas faire ses courses au cours de la semaine? Il s est inspiré de la richesse du Net afin de solutionner cette problématique. Alors, il a conçu un premier site statique visant à prospecter le marché et la demande du consommateur en ligne ; il l a appelé «mon voisin». C était un site vitrine où le client pouvait juste consulter, voir les produits et les prix, mais il ne pouvait pas effectuer d achat. Cette première pagevitrine était un pré-test et un hameçon pour accrocher les internautes à ce nouveau type de commerce en ligne. La conception du site «mon voisin» n a pas marché. C était trop compliqué pour le client de passer commande. Du coup, Abderazak a puisé dans la Toile afin de développer le concept de manière à ce qu il soit efficace et accessible. Lors de la première conception Des livraisons à D Malgré la faiblesse du réseautage et le manque de moyens, echrily.com constitue un levier important reliant réalité et virtualité dans le monde du commerce. Un travail de longue haleine pour que l Algérie puisse se positionner, d ici quelques années, dans le e-commerce qui n est qu à ses prémices faute de réglementation et d ouverture sur les nouvelles technologies. echrily.com permet, en un clic, de faire les courses, une formule presque magique du net sans Abderazak ignorait l existence d un système de paiement en ligne en Algérie. Bien que la première version n ait pas marché, les indicateurs de performance qu il avait notés lui ont permis d évaluer le marché, notamment les prix des produits, la qualité ainsi que la demande. Premier site algérien de vente de produits agroalimentaires Abderazak a exploité toutes les informations recueillies et stockées dans une banque de données clients lors de sa première expérience. En collaboration avec des amis, notamment ingénieurs en informatique, il a créé un autre site plus dynamique. Echrily.com, le nouveau site de commercialisation de produits agroalimentaires, voit le jour le 5 juillet 2012. Ses concepteurs ont pris en compte l originalité de la première idée avec les appoints de la nouvelle conception. Abderazak a été conforté dans sa position par le responsable du système de paiement en ligne epay. Concernant le moyen de paiement, cette solution était précaire mais complète pour déterminer les types de produits et leur tarification. Sur la page d accueil du site, quatre rubriques proposent des produits de différentes marques et catégories : agroalimentaire, produits d hygiène et cosmétiques. L étude du projet, sa concrétisation et sa mise en ligne a nécessité du temps et de la patience. Les quatre concepteurs ont réalisé une base de données pour les contacts, les clients et les fournisseurs afin de faciliter les opérations de vente. De nouvelles défaillances techniques ont été détectées et corrigées. Parmi les difficultés qui resurgissent, l instabilité de ceux révisés à chaque mise à jour de la liste des produits. En plus des produits déjà en vente en ligne, Abderazak souhaite intégrer dans son site la rubrique fruits et légumes. Une nouveauté conditionnée par l inflation et l instabilité des prix. Le e-commerce est propulsé par des jeunes qui voient en lui plusieurs avantages ; générateur d emplois, caractérisé par la rapidité de livraison en plus de son impact positif sur l environnement et l économie nationale. Sans oublier les avantages que cela représente pour les femmes qui travaillent et les handicapés. Commerce virtuel, une activité réglementée Après la conception du projet, un passage obligatoire au centre national du registre du commerce afin d enregistrer l activité. Le responsable du site inscrit son activité dans la catégorie «commerce de détail de tous produits». «Notre activité est couverte par la loi et l entreprise active de manière légale. Notre commerce n a aucune similitude avec l informel. Nous exerçons dans les normes», appuie le responsable d echrily. 81% des visiteurs d echrily sont d Alger Le montant de l investissement n est pas si important par rapport à l envergure et au potentiel du projet. Cependant, la somme dépensée est importante pour le jeune Abderazak étant donné qu il débutait dans le domaine. Le site est, selon son responsable, le premier spécialisé dans la commercialisation en ligne de produits agroalimentaires. Sur la page d accueil, un plan détaillé du canal de distribution qui schématise et indique les destinations de livraison dans la région d Alger. Le choix de la capitale comme échantillon est bien réfléchi, selon l indicateur de la connectivité et l accessibilité du Net. 81% des visiteurs du site echrily sont d Alger. «En moyenne, nous enregistrons 100 visiteurs par jour. Notre clientèle est estimée à plus de 400 clients inscrits dans notre réseau de dis-

Domicile en Abderazak Boudjerda Enquête tribution. Nous effectuons en moyenne une transaction par jour et 5 à 6 par semaine», explique le responsable du site. Il indique en outre que «les femmes sont plus intéressées par l achat en ligne de nos produits. Peut-être c est en raison de la liste que nous proposons qui est constituée plus de produits domestiques. Nous avons également un autre moyen de fidéliser notre clientèle : la création d une page facebook, qui a enregistré 842 fans». Afin de faciliter les transactions en ligne, plusieurs systèmes ont été élaborés pour coordonner les opérations de livraison et d achat. Livraison, achat et système de paiement sont intégrés dans la gestion globale. Les produits proposés sur le site sont achetés et stockés afin de les revendre. «Nous appliquons les prix pratiqués sur le marché. Notre site propose et commercialise plusieurs produits et marques. Nous visons la vente, désormais, aux entreprises», ajoute Abderazak, optimiste pour l avenir de ce type de commerce en Algérie. Ce qui est évident, actuellement, est que les entreprises algériennes ne sont pas encore prêtes à faire confiance à la vente en ligne. Parce qu elles ne savent pas que la mise en ligne de leur produit est gratuite sur le site echrily. «Nous assurons la livraison en 24 heures. Les commandes prennent fin à 21h. Une équipe prépare les commandes pour la livraison à domicile. Jusqu alors, nous n avons pas enregistré de retard dans nos livraisons», explique Abderazak. Six mois après son lancement, le site n est pas encore rentable. Les jeunes concepteurs visent le positionnement sur le marché. C est un projet à long terme vu la nouveauté de cette pratique. «Notre bénéfice est quasi nul. Le coût de livraison est calculé par rapport à la quantité (poids). Nous facturons 200 DA pour 15 kg. En moyenne, un client achète entre 12 à 13 kg. Nous proposons un bon rapport qualité/prix», indique le responsable d echrily. Le moyen de paiement reste à développer Le paiement des produits livrés à domicile par les agents de distribution d echrily s effectue soit par le paiement électronique soit à la livraison. Le paiement électronique est réalisé via epay. Les avantages de ce mode de paiement est l instantanéité. Le client valide le produit et le prix. L argent passe du compte du client au solde d epay. Ce dernier, ensuite, transfère l argent sur le compte de l entreprise echrily. Cependant, pour effectuer cette opération, le client d echrily doit avoir un compte epay valide, qui contienne un solde de plus de 1 000 DA. Le choix des produits se fait selon la capacité de paiement. Il faut reconnaître que le paiement électronique malgré ses avantages, a encore des inconvénients en Algérie. Il prend beaucoup de temps par rapport au paiement à la livraison en raison de la lenteur des démarches au niveau des banques. «Quelle que soit la difficulté, il faut savoir que ces jeunes créateurs de sites de vente sont en train de booster le e-commerce en Algérie. Nous ne pouvons pas, actuellement, parler de concurrence car nous sommes tous nouveaux sur ce marché», conclut Abderazak n S. B. 39

40Enquête Mohamed Hamza, directeur général d epay.dz «objectif : Premier site de paiement électronique en Algérie, epay.dz propose un service qui repose sur une solution électronique «très sécurisée». Il assure de manière instantanée le paiement à partir d un téléphone portable ou via internet. Après deux ans d expérience, cette startup dirigée par 4 personnes compte environ 15 millions d abonnés. Elle ambitionne d atteindre les 100 000 clients en 2013, indique dans cet entretien son directeur général, Hamza. réseaux privatifs tel celui d Algérie Poste, Réalisé par Nassima Benarab le réseau bancaire ne compte aujourd hui que 900 000 porteurs de cartes interbancaires de retrait et de paiement, un réseau L Eco : qu est-ce qui vous a motivé pour contribuer à la promotion et au de 800 DAB/GAB, 700 terminaux de paiement et une activité globale liée à l utilisa- développement du e-commerce, un modèle économique qui tarde à tion des cartes bancaires faible. Nul besoin décoller dans notre pays? également de mentionner l inexistence Hamza : le constat de base totale de moyens de traitement et de paiement d une réservation de billet d avion ou réside dans le fait qu avec 37 millions d habitants, l Algérie connaît un retard d une facture d électricité ou encore d une retentissant dès lors que l on aborde les commande de pizza sur internet ou mobile. questions liées à la monétique en général. Le e-commerce mérite donc, pour nous, Les chiffres sont éloquents. Outre les une attention particulière au regard des Mohamed Mohamed Hamza retombées positives qu il implique, notamment en ce qui concerne le développement du paiement électronique dans notre pays et la simplification des tâches du quotidien. L idée donc de créer ma startup du nom epay.dz s est imposée tout naturellement. C est une société à responsabilité limitée (SARL) créée en mars 2011, domiciliée au cyberparc Sidi Abdallah. La création du premier site algérien de e paiement est avant tout le fruit de mon parcours universitaire et de mes diverses expériences professionnelles. Informaticien de formation, j ai tout naturellement été intéressé par les récents développements liés aux TIC et leurs applications concrètes. Pouvez-vous nous expliquer le principe de fonctionnement d epay.dz? Il faut savoir déjà qu il s agit de la première plateforme de traitement des données liées au paiement sur internet en Algérie. Et nous sommes les seuls actuellement à nous être lancés dans ce genre d activité. L e-paiement est une prestation de service en ligne qui repose sur une solution électronique sécurisée via internet et qui assure de manière instantanée, 24h/24 et 7 jours sur 7, le paiement à partir d un téléphone portable ou via internet. Ce système permet à tous nos clients de bénéficier d une carte prépayée pour acheter et vendre en ligne ou encore payer leurs factures sans se déplacer. Cette carte via internet a été mise en service en mois avril 2012. Le principe est donc est simple. Il consiste en le paiement électronique, non pas par carte bleue comme cela se fait dans les pays développés, mais grâce au téléphone portable ou via internet. Il suffit de créer un compte chez epay.dz, de le charger en achetant des cartes prépayées qui sont disponibles sur tout le territoire national, et de payer ses achats sur le Net. Nous avons développé des solutions propres à la culture algérienne et nous sommes fiers, aujourd hui, d avoir donné naissance au premier système de paiement électronique multicanal (internet et mobile) en Algérie. Notre a

abonnés d ici fin 2013» Enquête site est disponible en deux langues (arabe et français), et ce dans le but de toucher un plus grand nombre de clients. L absence d un cadre juridique algérien réglementant le commerce électronique empêche-t-il le développement de ce secteur? A ce jour, il n ya aucune loi spécifique qui réglemente le e-commerce en Algérie. Seul le registre du commerce algérien l encadre et le classe dans l activité du commerce de détail. Le e-commerce est soumis au code du commerce algérien. Moi j encourage d abord les jeunes à participer au le développement de ce genre de commerce en ligne. Parce que le e-commerce est une activité de l utilisation des nouvelles technologies pour la vente. Et la création d une activité dans le e-commerce est beaucoup plus simple que de créer autre chose. On n a pas besoin d investir des gros montants. Cependant, l absence d une loi spécifique qui réglemente le e-commerce pose beaucoup de contraintes. Actuellement, la responsabilité de vendeur et de marchand n est pas définie. Ce qui nous a obligés à rédiger nous-mêmes une charte et les vendeurs sont tenus de la respecter. Au lieu que ce soit la loi qui définisse les engagements et les garanties, c est nous qui encadrons le tout pour satisfaire nos clients. Mais je confirme qu il ne faut pas attendre les lois spécifiques pour se lancer dans le e-commerce. Parce que notre pays dispose de tous les moyens nécessaires. Nous avons des sociétés de livraison, les ressources humaines, donc il ne faut pas attendre la loi qui devrait sécuriser les investissements des opérateurs et les consommateurs dans ce domaine. Page d accueil du site web epay Près de deux ans d expérience dans le paiement électronique. Quel bilan tirez-vous aujourd hui? D une équipe de 4 personnes, notre entreprise compte aujourd hui 15 000 abonnés dont 2 208 à Alger, 821 à Sétif, 623 à Oran et 558 à Tlemcen. Nous sommes présents dans les 48 wilayas. Nous comptons même des abonnées dans le Sud, nous avons une douzaine d abonnés à Illizi, 13 à Tindouf et 50 à Tamanrasset. Et plus de 200 abonnés résidant à l étranger. La majorité de nos clients sont des particuliers, mais nous avons aussi quelques professionnels. Nous disposons également de 30 sites marchands. Nous envisageons de lancer quelques nouveaux services dans le e-commerce à travers la création de plusieurs sites web d achat en ligne. Nous nous sommes fixé comme objectif d atteindre les 100 000 abonnés d ici la fin de l année en cours. Comment prévoyez-vous l'avenir du e- commerce en Algérie? Le e-commerce en Algérie a un grand avenir. Actuellement, on compte 4 millions d abonnés sur facebook, 10 millions d internautes en Algérie. Et avec l arrivée de la 3G, dont les autorités ont annoncé le lancement durant le premier trimestre 2013, je crois que le secteur va exploser en très peu temps. Avec le système de paiement électronique que nous sommes en train de développer avec divers partenaires nationaux et étrangers, le e-commerce peut largement combler le vide qui existe actuellement. Avec 300 milliards d euros de chiffre d affaires du e-commerce en Europe en 2012, l Algérie est vraiment loin, même comparativement au Maroc. Mais on ne doit pas rester les bras croisés parce que cela ne nous fera pas avancer. Actuellement, je crois que l Algérie compte environ 50 sites de vente en ligne. Et avec le développement du e-paiement, cela va encore élargir le e- commerce en Algérie. Si on ne développe pas cette activité, ce sera une grande perte pour notre pays n N. B. L e-paiement est une prestation de service en ligne qui repose sur le paiement à partir d un téléphone portable ou via internet. 41

42Enquête Mourad Mechta, general manager de Guiddini.com Réalisé par Lynda Mellak L Eco : pouvez-vous vous présentez et présenter guiddini.com? Mourad Mechta : Je suis jeune porteur de projet guiddini. J ai débuté avec une formation de soutien initié par le ministère des Postes et TIC. Guiddini «Nous prévoyons le lancement d Guiddini.com est un espace de transactions commerciales via internet. Dédié aux professionnels et aux particuliers, le site assure l interface entre fournisseurs et acheteurs. En 2012, guiddini.com a décroché le premier prix pour le profil du meilleur site de e-commerce en Algérie. Il offre des promotions en continu, permet des commandes par internet et assure la livraison à domicile. Guiddini.com compte actuellement 12 fournisseurs, 300 abonnés, 500 visiteurs/jour et 213 produits vendus. est parmi les premiers sites de e-commerce en Algérie. Créé fin 2009, il a été mis en service suite à la création d une agence de communication et d un bureau d affaires avec le programme de l Ansej. Sur le plan juridique, le site fonctionne comme l une des activités de notre agence. Nous avons participé à plusieurs événements nationaux et nous avons eu le premier prix pour le profil Mourad Mechta du premier site e-commerce algérien en 2012. Le matériel nous a couté 400 millions centimes. Et nous avons actuellement 12 fournisseurs, environ 500 visiteurs par jour ainsi que 213 produits vendus. Comment les achats sont-ils organisés sur le site guiddini.com? Tous les produits affichés sur le site sont disponibles dans nos stocks. Le client peut consulter le catalogue. Chaque produit a son prix en marge. Les quantités disponibles sont également mentionnées. La livraison des articles est classée selon la région. Le paiement se fait via epay pour le national et via Paypal pour l étranger. Le règlement peut également être effectué par virement bancaire ou mandat CCP (avant la livraison du produit). Le client peut recevoir son produit à domicile. Ce mode de paiement exige que le client ait une carte d abonnement. Il a

d un Nouveau mode d achat» Enquête 1 000 DA de frais à payer pour l ouverture de son compte électronique. Par la suite, il peut commander et acheter sur internet en introduisant le numéro de référence inscrit sur la carte (son numéro client). A travers ce mode de paiement, l abonné règle la totalité de ses achats le jour même de la livraison à domicile. Pour cette option, guiddini.com dispose de 300 abonnés. Le nombre augmentera une fois que le paiement électronique sera réellement introduit. Nous acceptons également le paiement par chèque. Nous prévoyons aussi le lancement de quick réponse (QR) ; il s agit d un nouveau mode d achat via téléphone portable. Le client peut accéder facilement au produit à travers le QR affiché sur le produit. La livraison gratuite est assurée seulement pour quelques régions où nous disposons de points relais. Ces régions sont désignées sur le catalogue en rouge. Si le client revient sur sa décision d achat (après le remplissage du formulaire), en cas de retard ou d erreur de livraison, nous assurons le remboursement à 100%. Avez-vous rencontré des obstacles à vos débuts? Oui, nous avons eu quelques difficultés du côté financement. Bien que nous bénéficiions d une commission sur chaque produit vendu ou commercialisé (à partir de 15 millions et plus), ceci reste insuffisant. C est que notre budget ne nous permet pas d acheter suffisamment de produits à garder en stock. Donc il nous faut davantage de fournisseurs pour nous mettre à niveau avec les catégories disponibles sur le site. promotions en continu ainsi que des commandes par internet et la livraison à domicile. Pour les vendeurs, un nouveau contact avec leurs clients. Un canal de distribution de qualité. Et des solutions de e-marketing. Nous procédons, grâce à l option «echrili» à l achat de produits vendus à étranger pour des personnes n ayant pas la possibilité de payer en euros. Quelle est votre stratégie marketing? Nous sommes présents sur la plupart des réseaux sociaux : Facebook, Tweeter, Linkedin, Viadeo. Et beaucoup de nos ventes sont réalisées via ces réseaux. Quels sont vos objectifs pour cette année? Nous souhaitons élargir nos points de relais. Nous avons programmé cinq régions en plus. Nous prévoyons également de développer notre plan commercial et d atteindre 20 employés d ici fin 2013. Nous avons récemment signé un contrat de vente et de sponsoring avec Condor électroménager et nous prévoyons la signature de plusieurs contrats avec d autres entreprises d ici la fin de l année en cours n L. M. Quel type de produits commercialise Guiddini.com? Nous optons en particulier pour le produit local toutes catégories confondues (produits de tendance, de fin de série, promotion, solde). Nous commercialisons tout ce qui est : Maison Multimédia Mode accessoires de cuisson, entretien du linge, matériaux, outils de bricolage... DVD, film, livres, PlayStation, Ps3... Accessoires de beauté, jouets, vêtements, lingerie... Quel est l avantage pour vos utilisateurs? Nous proposons un large choix de produits disponibles 24h/24 et 7j/7. Des prix moins élevés pour les acheteurs et moins coûteux pour les vendeurs, des Loisir Billet concert, billet d avion, billet de stade, fitness, musculation... 43

44Enquête Lamine Ghemati, fondateur de Tbeznyss.com Réalisé par Hamid Mohandi L Eco : pouvez-vous nous donner plus de détails sur le cheminement de la création de tbeznyss.com, notamment en l absence d un cadre juridique régissant une telle activité? Lamine Ghemati : l envie de créer un site de commerce électronique m est venue naturellement à l obtention de mon master en e-business. Il fallait cependant faire face à différents problèmes dus au retard que connaît l Algérie dans ce domaine, notamment pour le paiement en ligne et l absence d un cadre juridique régissant cette activité. Nous avons donc commencé à étudier la faisabilité d un tel projet tout en débutant en parallèle le développement du site tbeznyss.com, croyant fermement à l avènement, tôt ou tard, de ce canal de vente dans notre pays. Et c est grâce à cette longue réflexion que nous avons réussi à concrétiser notre projet, avec une existence tout à fait légale. Notre approche a été de prendre en compte que dans beaucoup de pays européens, le commerce en ligne est tout simplement considéré comme de la vente à distance ou par correspondance. Cela signifie que les transactions se font sans la présence physique du professionnel et du consommateur et pas forcément sur un site internet (sur catalogue, par téléphone, téléachat, etc.). Nous avons alors découvert que la vente par correspondance existait dans la nomenclature des activités proposées par le Centre national du registre de commerce. Cette institution nous a également assuré qu en l absence de code activité spécifique au commerce en ligne, l option de la vente par correspondance nous Il n y a aucun souci de sécurité des transactions Acheter en ligne des équipements informatiques et technologiques ne relève plus de l utopie en Algérie depuis le lancement, en 2012, de Tbeznyss.com. Pionnier de la vente sur la Toile, le site propose une gamme de produits : lecteurs MP3, téléphones, appareils photo, ordinateurs, imprimantes et tablettes. Lamine Ghemati, fondateur du site, évoque dans l interview qui suit son expérience dans ce canal de vente qui en est encore à ses balbutiements en Algérie. Une opportunité pour rassurer les clients quant à la sécurité des transactions et la qualité irréprochable des services offerts. Des éléments qu il estime fondamentaux et irréversibles, sur lesquels s arcboutent les performances du e-commerce en Algérie. convenait parfaitement et nous permettait de travailler en toute légalité. Pourquoi avez-vous choisi les nouvelles technologies? Nous avons choisi ce type de produits car la société algérienne est en pleine mutation et l utilisation de ces produits se généralise très rapidement. La jeune génération est née avec des PC et des téléphones dans les mains ; ces personnes développeront rapidement d autres usages que ceux qui existent actuellement dès l arrivée de la 3G et des sites de vente en ligne. C est également une décision prise suite à un sondage que nous avons réalisé, qui a classé ce type de produits sur le podium des achats en ligne en Algérie (hypothétiques), confortant ainsi notre conviction.

Quels sont les délais de livraison et les modes de paiement utilisés, sachant que le dispositif juridique devant sécuriser les transactions en ligne n est pas encore mis en place? Le délai moyen de livraison est actuellement de trois jours à Alger et sa périphérie. Celui-ci peut-être supérieur si des problèmes surgissent ; nous en informons néanmoins l acheteur en lui donnant la possibilité de se rétracter. Pour l instant, le plus grand retard constaté pour une commande est de cinq jours, ce qui est déplorable bien évidemment mais reste raisonnable. Pour les modes de paiement, si l internaute ne veut pas se déplacer, il pourra régler en espèces à la livraison, qui est gratuite à Alger. Il peut aussi choisir d envoyer un chèque libellé au nom de la société par courrier. Enfin, il a la possibilité d utiliser un nouveau mode de paiement appelé epay, qui est une plateforme de transactions nécessitant la création d un compte virtuel alimenté par des cartes de prépaiement ou via un virement bancaire. Son utilisation est gratuite pour les acheteurs. Il n y a donc aucun souci de sécurité des transactions pour l instant pour nos deux premiers modes de paiement ; quand au dernier mode évoqué, la sécurité est assurée par notre partenaire epay.dz ; ce n est pas de notre ressort, étant aussi nous-mêmes clients de la plateforme tout comme les acheteurs. Tbeznyss propose-t-il uniquement des produits importés et neufs ou fait-il aussi dans les produits locaux ou d occasion? Nous ne commercialisons que des produits neufs pour l instant. Presque tout ce que nous proposons est en effet importé, mais nous sommes tout de même en discussion avec des producteurs algériens pour suggérer leurs produits sur notre site. Ces fabricants se comptent hélas sur les doigts d une main, mais nous ferons le maximum pour les mettre en évidence et les avantager sur leurs segments. Généralement, les prix proposés en ligne sont plus bas que ceux affichés en magasin pour des marchandises identiques. Tbeznyss est-il compétitif en termes de prix par rapport aux commerces classiques? Absolument, c est le cas pour beaucoup de références que nous proposons. Etre compétitifs par les prix que nous affichons est un élément majeur de notre stratégie de positionnement. Ajouter à cela la gratuité de la livraison et les économies réalisées par l acheteur qui évite les déplacements. Pour certains produits, il se peut qu on trouve des prix plus avantageux au marché noir. Cependant, il faut impérativement savoir que ces individus ne règlent pas d impôts, ne reversent pas la TVA et n accordent aucune garantie à leurs acheteurs. Personne n est sûr de la provenance des m a r c h a n d i s e s qu ils mettent sur le marché et des conséquences que peut avoir la mise en vente de produits potentiellement contrefaits. Selon vous, que doit faire l Algérie pour développer le e-commerce? Pour pouvoir acheter sur internet, il faut d abord disposer d une connexion fiable et d un débit important. Nous n en sommes pas encore là et nos concitoyens ont le droit, avant toute chose, de disposer d un service de qualité de la part des fournisseurs d accès. L activité est en outre liée à la présence du paiement par carte bancaire. Son succès est donc conditionné par la généralisation du paiement électronique dans un cadre juridique stable, avec une sécurisation optimale des transactions sur les sites. Ces problèmes sont connus par tous et les solutions existent, il ne manque que la volonté d accélérer le processus. Ensuite, le principal enjeu à mon avis sera d organiser les acteurs qui interviendront dans le commerce électronique national pour créer une concurrence saine et dans l intérêt des consommateurs. Les sujets sont nombreux : informations à afficher obligatoirement sur le site de vente, délais de livraison, service aprèsvente, droit de rétractation, sanctions en cas de fraude ou de non-respect des lois, etc. Enfin, il incombe aussi aux e-marchands de s organiser et de se fédérer autour d une institution, à l image de la FEVAD en France (Fédération du e-commerce et de la vente à distance). Cela nous permettrait d être unis pour défendre nos intérêts et nos revendications, d être représentés auprès des autorités et des organismes officiels, d informer et de promouvoir le secteur auprès des professionnels et des particuliers et d être également l interlocuteur unique en cas de plaintes ou de litiges avec les consommateurs. L union des différents acteurs de la vente à distance permettra en outre d instaurer des réflexions et des études pour l amélioration du commerce électronique algérien sur le long terme et d encourager les grandes entreprises à investir ce créneau. Il y a un nouveau mode de paiement appelé epay, qui est une plateforme de transactions nécessitant la création d un compte virtuel alimenté par des cartes de prépaiement ou via un virement bancaire. Quels sont vos projets? Nous nous focalisons pour l instant à faire connaître notre site internet et à bâtir une entreprise pérenne, qui offre un service d une qualité irréprochable à ses clients. Nous étudions la possibilité de créer d autres entités spécialisées dans la logistique et la livraison express, complémentaires à notre activité, qui renforceraient notre présence. Nous militons pour le développement de la filière du e-commerce et l instauration d un climat de confiance pour les acheteurs en ligne. En dernier lieu, il nous tient à cœur d offrir le même service à nos concitoyens aux quatre coins de l Algérie et nous tâcherons d y arriver le plus tôt possible n H. M. Enquête 45

Enquête Djamel Bendjaber, propriétaire du site Nechrifenet «Nous ambitionnons la c Rien ne prédestinait ce médecin de formation à se lancer dans le commerce et encore moins dans le commerce électronique. Pourtant, c est ce qu il a fait, estimant que l exercice de la médecine ne lui permettait pas de répondre à son ambition et à ses besoins de vivre confortablement. Il nous en dit plus dans cet entretien. Réalisé par Faouzia Ababsa L Eco : vous vous lancez dans le e- commerce en l absence d un cadre juridique approprié. Comment l expliquez-vous? Djamel Bendjaber : en vérité, ce n est pas du e-commerce que l on fait à partir du moment où il n y a aucune transaction électronique. Il s agit d un catalogue électronique. En fait, nous sommes en train de nous positionner. Et l on se prépare en attendant la législation. De plus ce n est pas tant la législation qui nous importe. Ce sont plutôt les moyens de paiement. D ailleurs, nous nous sommes rapprochés de la Satim qui nous a affirmé qu il n y aura pas de moyens de paiement sans textes juridiques. Maintenant pour la définition, on dit que c est du e-commerce parce que c est in, c est en vogue, c est à la mode. En attendant mieux, nous avons créé ce site, nous essayons de l alimenter. Nous approvisionnons des boutiques pour que le client n attende pas la marchandise. C est-à-dire? Il y a une commande sur le Net, nous livrons le client et nous établissons la facture avec le nom du magasin où il va récupérer son produit. Notre but est de créer une certaine dynamique, de vulgariser le domaine. Nous employons des femmes et des hommes qui s habituent à ce nouveau créneau, qui répondent aux gens, à toutes sortes de critiques, fondées ou pas. Ils sentent qu ils sont pris en charge. De plus, nous avons décidé de diffuser le site en langue nationale. On se met en place. Mais il ne faut pas croire que c est cela qui nous fera vivre, on n y est pas encore arrivés. Jusqu à aujourd hui, nous n avons pas vendu plus de 10 46

création d un label» Enquête produits. Peut-être que le mois prochain on en vendra 20. Sur le site, nous avons peutêtre 20 000 visites par jour. Le site Ouedkniss estime qu il a 100 000 visiteurs par jour. En ce qui nous concerne, nous n avons pas encore fait de publicité, hormis la petite rencontre avec la presse qu il y a eu la dernière fois. Parce que nous avons peur d être dépassés. Et dans ce cas, nous perdrons toute crédibilité. On y va donc lentement. Vous faites dans la modestie? La question n est pas là. Nous craignons de ne pas tenir nos promesses. Et dans ce cas, les gens vont perdre confiance. Rien ne presse. Nous gagnons notre vie par ailleurs. On peut se laisser emmener par la vague comme on peut la contrôler. Mais aujourd hui, il n y en a pas encore. Avec toutes les compétences que recèle le pays, vous avez fait appel à une entreprise étrangère pour la conception du site. Pour quelles raisons? Quelqu un qui veut ouvrir un site se rabat en général sur les solutions open source. Lesquelles sont à la portée de n importe qui. Moi-même je ne connaissais pas tout cela. Je ne suis pas informaticien, mais médecin de formation. J ai, par contre, grandi dans une boutique. A la fin de mes études, en dépit de l amour que je portais à la médecine, je me suis rendu compte que cela ne me permettait pas de subvenir aux besoins auxquels j aspirais. J ai donc travaillé dans la boutique de mon père. Puis, je me suis intéressé à ce nouveau domaine, de fil en aiguille. En fait, il n y a rien à inventer. Les modèles économiques existent, il suffit juste de les copier. De plus, nous avons l opportunité d être dans un marché vierge, pourquoi ne pas essayer d occuper le terrain? Et pour répondre à votre question, je vous assure que nous cherché des compétences locales. Il y a même une entreprise avec laquelle ma collaboratrice a travaillé mais elle n a pas pu suivre bien qu il existe des solutions open source. C est-à-dire que vous confectionnez votre site toute seule. Cependant, ce sont des solutions qui ne permettent pas d avoir derrière des RP qu il faut. En plus clair, une gestion commerciale du site. Avec tout ce que cela implique comme gestion, fiscalité, etc. Nous nous sommes dit qu il n était pas question de créer un site vitrine. Mais un site d avenir. Loin de moi l idée de mépriser les compétences locales. Mais il se trouve qu elles n ont pas cette tradition de création de sites. Et puis, j ai l impression qu elles ont tellement de choses à faire! A chaque fois qu on a sollicité l un d entre eux, il invoque soit un plan de charge volumineux, soit il nous impose des délais qui ne nous conviennent pas. Il y a des compétences en termes de technique mais pas en termes d arithmétique. Il n y a pas assez de personnes pour ce faire. C est donc un problème de ressources humaines? L Algérie a un grand problème de ressources humaines. Jusqu aux photographes professionnels. Les annonces que l on a publiées pour en recruter n ont pas donné les résultats escomptés. Nous avons fait du porte-à-porte. Je me suis même déplacé dans une école qui forme des photographes d art. En vain. Nous avons décidé de prendre nous-mêmes des photos, mais des gens de l autre côté de la Méditerranée nous en ont dissuadés car les photos n étaient pas belles. Nous sommes en train de nous positionner. Et l on se prépare en attendant la législation. Aujourd hui, on travaille avec des photographes de mannequins. Mais seulement lorsqu ils sont libres. Ils nous considèrent certainement comme des clients de seconde zone. On ne représente pas des contrats juteux. Cela dit, nous insistons sur la vitrine du site et l écho qui nous vient du client. Les produits que vous présentez sur le site sont tous importés? Est-ce que la production nationale n est pas de qualité? Non, pas du tout. Nous avons un problème de sourcing. C est-à-dire de fournisseurs. Nous sommes une structure de taille moyenne. Nous démarchons les gens qu on connaît. Nous leur disons que nous voulons mettre leurs produits sur notre site. Souvent, ces fournisseurs ne nous croient pas parce qu ils pensent que nous ne sommes pas fiables ou encore que notre longévité est incertaine. De plus, nous sommes obligés d acheter ces produits. Nous les photographions et nous rédigeons le texte. Nous avons plus de facilités avec les importateurs que les locaux. Parce qu en premier lieu, ils nous fournissent les bases à travers les catalogues électroniques et des caractéristiques techniques. Nous avons mis en ligne des jouets qui ne sont pas fabriqués en Algérie. Pas plus qu il n y a de fabricants locaux d appareils photo. Pour l électroménager, les deux grands leaders en Algérie sont LG et Samsung. Nous nous approvisionnons chez les deux. Pour nous, Samsung est une entreprise nationale qui génère une plus-value algérienne. Il y a également Bya Electronic, Santrax. Bientôt, nous mettrons en ligne l icône alimentation. Et ce sera des produits algériens. Par ailleurs, nous avons remarqué qu il y a des créneaux où il n y a pas de marge du tout ou alors elles sont dérisoires et ne couvrent même pas les frais d exploitation. Or, nous sommes aussi des commerçants. Par conséquent, nous sommes à la recherche de produits niches où il y a de la marge. J ai fait un sondage sur des produits agroalimentaires, il se trouve qu il y a beaucoup de travail à faire dans ce sens. En plus, ce sont des produits locaux qui permettent aux gens de vivre à travers juste- 47

Enquête ment les marges qu ils offrent. Mieux, ces fournisseurs respectent parfaitement la chaîne qui part de l importation vers le grossiste pour aboutir au détaillant. Ce qui n est pas le cas des autres. Or, il se trouve que nous payons 2% de taxe sur l activité professionnelle, une plus-value de TVA, la déclaration à la CNAS de nos employés. Est-ce que vos produits sont garantis? En tout cas, cela n apparaît pas sur le site Si. C est précisé dans les conditions générales de vente. Nous sommes tenus, en tant que commerçants algériens, de respecter cela. Sinon, on peut se retrouver devant le procureur de la République. Nous accordons une garantie allant jusqu à 18 mois. Chez LG, par exemple, la garantie va jusqu à 10 ans sur les machines à laver. Je précise que nous avons nousmêmes créé le texte des conditions générales de vente. Nous avons remarqué que les prix des produits sont assez élevés par rapport à ceux pratiqués dans les magasins, à l image, pour ne prendre que cet exemple, de l aspirateur Kenwood Nous les avons achetés chez un importateur de cette marque qui en a l exclusivité. Et il nous a fait payer très cher. Est-ce parce qu il craignait qu on les vende moins cher pour couvrir ses autres clients? On n a pas pris une marge symbolique, compte tenu des charges qui nous incombent. Ce n est pas le cas de ceux qui vendent à El Hamiz qui font des marges de 2%. Mais je vous assure que les prochains produits seront moins chers parce que nous avons trouvé une meilleure source. C est de ce problème que je vous parlais tout à l heure. C est-à-dire le sourcing, qui va en s améliorant. Cette nouvelle source que nous avons trouvée nous propose sur les robots des prix de 4 000 DA moins chers. Est-ce que le coût du transport est inclus dans le prix du produit? Au jour d aujourd hui, le transport est gratuit jusqu au point relais. Nous comptons dans très peu de temps mettre en place la livraison à domicile. Avec le système de marge on fait de la gymnastique pour inclure le coût de la livraison dans le prix du produit pour inciter les gens à acheter sur le Net. Les livres que vous proposez sont vieux et plus chers que dans les librairies Nous les avons achetés il y a un une année. On voulait d abord remplir le site. On nous avait exigé 500 références pour que le site soit pourvu. Ce n est que main- tenant qu on a commencé à faire de la prospection auprès des éditeurs et des importateurs. Nous ambitionnons de devenir la première librairie en ligne. On va essayer de trouver un arrangement pour mettre les livres sur notre catalogue et qu il y ait une célérité dans les échanges pour que le client soit tout de suite servi. Il y a des caractéristiques qui sont prêtes. En Europe, on scanne, on «douche» le livre et on a tout. Nous allons créer une base de données. Cela servira pour les autres sites. Il faut qu il y ait de la concurrence. Et là, on pourra séparer le bon grain de l ivraie. On ne peut pas se permettre d acheter des produits sans facture. Nous voulons des fournisseurs sérieux, qui nous délivrent des factures et on paye par chèque certifié.. Chez Chiheb, un bouquin de chaque, c est 5 millions de dinars. On ne peut se permettre de demander une ligne de crédit de cette valeur, parce que nous pensons que l argent appartient aux gens et on ne se joue pas d eux. Beaucoup d éditeurs possèdent L ISBN (numéro international normalisé du livre, ndlr) mais ils ne sont pas organisés. Nous espérons les fédérer, créer une base de données. Comme nous souhaitons qu il y ait plusieurs sites. Quand on est nombreux, il y a de la concurrence. Pourquoi le concept «remboursé ou satisfait» n existe pas pour les produits que vous mettez sur le site? Est-ce que cela existe pour sur le marché algérien? Pourtant, il faut bien commencer On ne peut pas le faire quand on a des marges de 6 et 9%. Sinon on serait obligés de les augmenter. De plus, le «satisfait ou remboursé» coûte de l argent. Le fournisseur ne nous reprendra pas le produit. Dès lors nous serons contraints à le revendre en 2e ou 3e choix. Cela va coûter de l argent et nous serions obligés de répercuter sur le prix des autres produits. Ceci dit, rien n est exclu. On peut le prévoir, à condition d avoir assez de marge de manœuvre pour le faire. Et demain, s il y a beaucoup de sites comme le nôtre, on pourrait éventuellement nous regrouper et créer un label. Lequel coûtera de l argent. Ce dernier servira à rembourser et dédommager les clients qui ont été escroqués par d autres sites. Parce qu il ne faut pas oublier qu il y a beaucoup d abus. Mais aussi des habitudes de consommation qui n existent pas chez nous. Tout est nouveau. L Algérie n a que 50 ans d indépendance. Dans les 50 ans, il faut compter près de 20 ans de socialisme, 15 ans de terrorisme... La conclusion qu on peut tirer c est que l Algérie n a que 15 ans d âge. C est un pays très jeune. En attendant que fassiez la livraison à domicile, est-ce que le client qui se présente au point relais pour récupérer son produit a le droit de le tester sur place? On ne l a pas prévu. Ceci dit, c est possible tout en sachant que le produit est sous garantie n F. A. 48

Absence de législation sur le commerce électronique Enquête Djamel BenDjaBer ne se l explique pas Le créateur du site Nechrifenet n a pas attendu la promulgation de textes juridiques pour se lancer dans le e-commerce. Tout comme d autres start-up d ailleurs. Dans l entretien qu il nous a accordé, il affirme en quelque sorte que c est aux pouvoir publics de s adapter à cette nouvelle activité en mettant en place l arsenal juridique. Par Faouzia Ababsa «En l absence de registre du commerce et de législation en la matière comment voulez-vous que l on procède? Attendre que les choses démarrent? Nous avons des compétences à exploiter. Et puis si ça se trouve, la législation est en train de dormir au fond d un tiroir, peut-être pour être enrichie. Cependant, nous n allons pas inventer le fil à couper le beurre. Nous allons simplement copier des modèles qui existent...» Notre hôte nous indique qu il s était rapproché de la Satim, qui lui a précisé que pour ce qui la concernait, «elle était prête». Toutefois, elle ne saurait mettre en place le paiement électronique en l absence de législation. «C est l œuf avant la poule ou la poule avant l œuf. Donc du jour au lendemain, on peut nous dire que la législation est là, les cartes de crédit aussi. Ils peuvent parfaitement les paramétrer pour en faire des moyens de paiement. Ils sont capables du meilleur et non du pire. Parce qu il y a tellement de potentialités non mises en œuvre, tellement de choses qui n ont pas été faites que l avenir ne peut être que prometteur.» M. Bendjaber estime qu il n a pas beaucoup de sites de e- commerce en Algérie. Il fait d ailleurs la comparaison avec l Hexagone, qui compte 100 000 sites. «8 000 travaillent réellement. 800 sites cartonnent. Tout cela pour une population de 66 millions d habitants. En revanche, l Algérie compte 36 millions d habitants. Il y a une dizaine de sites. Et chacun essaie de vivoter comme il peut.» Le propriétaire de Nechrifenet réfute toute idée selon laquelle les pouvoirs publics seraient injustes au point de briser ce genre d initiative. «Ce sont des start-up qui essayent d émerger, qui ont du savoir-faire. Il n y a pas de grands groupes qui se sont installés. Même nous, nous ne sommes pas un grand groupe. Nous, nous avons de l ambition. Parce que c est un domaine qui est prometteur. Il y a des pays où la c r o i s s a n c e dans le e- c o m m e r c e atteint les 150 à 170% par an. C est d ailleurs l un des domaines où la croissance est la plus importante. Le Maroc, à titre d exemple, a décidé de libérer la carte de crédit prépaid. Eh bien, cela marche très bien!» n F. A. 49

50Enquête Mohamed Hadj Sahraoui, spécialiste IT, développeur informaticien Réalisé par Samira Bourbia L Eco : le e-commerce, notamment le paiement via mobile ou autre, peuvent-ils simplifier les transactions quotidiennes? Comment? Mohamed Hadj Sahraoui : le e-commerce est devenu accessible à toutes les personnes bénéficiaires d'un accès internet. Ainsi, tout est réalisable et à portée de main en quelques clics : des achats, des règlements de facture en ligne ou encore la gestion de comptes. Si vous voulez acheter un livre, par exemple, de nombreuses librairies sont Les sites de e-commerce algérien vont s'organiser en association Mon projet en Algérie porte sur une plateforme pour le e-paiement via une technologie En raison de l absence de e-banking en Algérie, Mohamed Hadj Sahraoui, responsable du projet d intégration de solution mobile paiement au niveau d une institution financière au Sénégal, souhaite révolutionner le marché économique via une solution de paiement électronique. Un système qui rendra le web plus intéressant pour les Algériens. mobile avec une contrainte majeure. en ligne. En comparant les coûts d expédition de l ouvrage et les délais de livraison, vous pouvez sélectionner la librairie qui vous le livre rapidement au prix le plus bas. C est une manière d éviter plusieurs obstacles. De même pour le p a i e m e n t par téléphone, qui est s o u - v e n t utilisé pour régler de petits montants, ce qui représente un gain de temps incontestable. Plus besoin de porte-monnaie, vous réglez vos petites dépenses en quelques secondes en ligne comme au niveau des commerce. Il est à déplorer l absence du e-banking en Algérie, une solution de paiement fiable qui rendrait le web plus intéressant pour les Algériens. Le web a une vocation économique via une technologie mobile. Il est important de noter que plus de 37 millions de lignes téléphoniques fonctionnent en Algérie, pour moins de 9 millions de comptes bancaires (hors CCP) ; une solution de e-paiement en liaison avec un compte bancaire restreindrait l utilisation de la solution à un nombre très limité d utilisateurs. D où vous est venue l idée de créer un site pour le paiement via mobile? Depuis plus de deux ans, je travaille sur des projets d intégration et de mise en place de moyens de paiement, notamment en Namibie et au Sénégal, où je suis responsable du projet «Mobile paiement» pour un groupe suisse spécialisé dans les finances. Cela m a permis de découvrir le potentiel du système de paiement mobile et l opportunité que cela représente dans un pays comme le nôtre. Depuis, je me suis exercé à contacter les e- commerçants pour voir dans quelle mesure et à quelles conditions ils seraient d accord pour utiliser une telle solution. Ils ont tous réclamé la sécurité, la fiabilité, la rapidité de rapatriement des recettes.

Paiement via mobile faut compter l appel vocal et le SMS, ainsi que les coûts liés à l exploitation de la technologie NSDT. Cela dit, si le montant facturé au client pour une transaction est de 20 DA, l entreprise ne sera rentable qu avec un volume important de transactions. Enquête En quoi consiste votre projet de paiement via mobile? Je me base dans mon travail sur l expérience sur le terrain. Mon projet en Algérie porte sur une plateforme pour le e-paiement via une technologie mobile avec une contrainte majeure. C est-à-dire qu il faudrait une authentification forte et l utilisation d un terminal mobile simple et non un smartphone. Le paiement mobile s organise mondialement autour de la technologie NFC, mais il existe d autres possibilités qui ne nécessitent ni terminaux spécifiques ni accords complexes entre acteurs. Et pour cela, nous avons choisi la solution «sonore», plus connue sous le nom de NSDT (Near Sound Data Transfer). Le NSDT permet d utiliser tous les téléphones mobiles existants comme moyen de paiement ou comme outil d authentification sur internet. En effet, le NSDT utilise le canal audio des mobiles pour transmettre des données transactionnelles sécurisées. Il existe un tableau de comparaison entre les technologies utilisées pour le mobile paiement dans le monde ; nous avons choisi la technologie la plus sécurisée et la mieux adaptée à notre contexte, à savoir le NSDT. Et cela, pour ne pas contraindre ou exclure les clients. Mais aussi pour une phase avancée du projet on compte bien mettre à la disposition des commerçants des TPE NSDT qui coûtent beaucoup moins cher que les TPE standard, mais qui sont aussi beaucoup plus adaptés du fait de l utilisation de deux cartes SIM pour le GPRS et le wifi, intégrant une imprimante avec une batterie d une autonomie de 8h, tous cela à moins de 18 000 DA. Quels sont les démarches, les risques, les avantages, les contraintes du marché algérien dans ce domaine? Les démarches pour ce genre de projet passent obligatoirement par la création d une entreprise et la mise en ligne de la plateforme. Les avantages sont clairs : le marché est ouvert et la concurrence et faible dans le domaine du e-paiement. Le e-commerce en Algérie a de beaux jours devant lui ; nous sommes juste au début de l ère du e-commerce en Algérie. Les contraintes sont souvent hors de portée et impossibles à résoudre à un niveau individuel. Il y a, cependant, le vide juridique encadrant les activités du e-commerce et la méconnaissance de ses activités par les services des impôts. De ce fait, nous avons constitué un groupement légalisé, l «Association algérienne pour l'économie numérique», et cela pour parler d une seule voix, faire avancer la législation et les conditions-cadre de notre activité. Les contraintes sont souvent hors de portée et impossibles à résoudre à un niveau individuel. Le paiement via mobile est un commerce. Comment faites-vous les calculs de rentabilité et de viabilité dans un marché encore vierge en la matière? Dans le cas d une opération mobile paiement, il Quelle sera votre cible? Comment se déroulerait le mécanisme de paiement qui est encore méconnu du consommateur algérien? Dans une première phase, nous ciblons tous les Algériens qui souhaitent faire des opérations sur internet sur des sites de e-commerce algériens ; dans une deuxième phase, ce sont les fonctionnaires et employés à plein temps, ainsi que les commerçants soucieux d un paiement sûr de la marchandise vendue. Nous avons tous un téléphone mobile à notre disposition et il n est pas utile de le changer ni de le modifier. Il est compatible dans la mesure où il sait téléphoner! Il y a le e-commerce et le commerce réel. Je vous explique comment cela va se passer avec les commerçants ; quand le client a choisi sa marchandise, il passe à la caisse pour le paiement ; il présente son mobile devant le terminal. Le commerçant tape le numéro d identification de l acheteur et ce dernier reçoit, dans la minute qui suit, un appel téléphonique. Il n a qu à décrocher et placer son téléphone devant la caisse. Il est automatiquement identifié et le transfert de son compte va s exécuter pour payer le fournisseur. En résumé, il y a émission d une modulation spécifique via le haut-parleur du mobile, qui peut faire office de mot de passe, de signature électronique ou de certificat ; cela fonctionne comme un système d authentification capable de sécuriser une transaction. Au besoin, on peut y ajouter un niveau supplémentaire de sécurité par un code PIN et l acheteur reçoit un SMS de la transaction. Contrairement à d autres solutions, n importe quel mobile peut être utilisé, le numéro de téléphone servant d identifiant, tandis que l utilisateur entre, de son côté, un code personnel. La technologie NSDT est annoncée comme offrant une sécurité équivalente à celle d une carte à puce. De plus, cette solution ne fait pas intervenir les opérateurs de téléphonie mobile ni les fabricants de terminaux. Il suffit tout simplement de relier la plateforme aux systèmes d information des institutions bancaires. J ajoute que les terminaux de paiement du commerçant sont des dispositifs dix fois moins onéreux que les systèmes traditionnels. L attractivité du m-paiement s explique notamment par la simplicité des usages et l accès permanent aux services financiers, quels que soient l heure et le jour. Ce qui est susceptible, pour le client, de renforcer la consultation et de contrôle de ses finances n S. B. 51

52Enquête Yacine Ould Moussa, économiste et consultant en finance Pour exercer le commerce électronique ou e-commerce, il faut beaucoup de moyens technologiques et logistiques. Ce qui n est pas disponible en Algérie. C est le constat que dresse l économiste et consultant en banque et finance,, sur cette activité dans notre pays. Par Fatima Bouhaci Selon M. Ould Moussa, le e-commerce «est encore au stade de l imagination en Algérie. Il ne représente rien en terme d activité réelle». Pour cet économiste, «on ne peut pas exercer du commerce électronique dans un marché informel, envahi par l anarchie et en l absence de transparence», dans un environnement «qui ne favorise pas, voire empêche l émergence de ce type de commerce». C est en ces termes que résume M. Ould Moussa son point de vue par rapport au marché du commerce électronique et son évolution dans notre pays. Pour cet expert, «il est encore trop tôt pour parler de l évolution de ce marché puisqu il n est pas encore sérieusement lancé». Aux yeux de M. Ould Moussa, les sites qui naissent comme des champignons sur le web «n exercent pas le e- commerce, mais pratiquent une forme de commerce informel ; ce sont des sites d information et de publicité pour les transactions commerciales grâce à internet». Il justifie son avis par l absence de «Le e-commerce, tel qu il est exercé en ALgérie, est une forme d informel» Yacine Ould Moussa transparence et d encadrement juridique de ces transactions. M. Ould Moussa va plus loin pour appuyer ses propos : «Le e-commerce ne peut être exercé dans un marché débancarisé. Dans notre pays, si le chèque n est pas encore généralisé, qu en est-il alors pour les autres moyens de paiement électronique?» Un élément de base, indispensable pour exercer le commerce électronique. Etablir une plateforme électronique et juridique Un deuxième type de contraintes bloque, selon M. Ould Moussa, l activité du e-commerce en Algérie : l absence de traçabilité des produits. «Déjà dans le commerce classique, la traçabilité des produits n est pas garantie. Une chose qui ne peut être tolérée dans le commerce électronique», résume-t-il. Pour se lancer sérieusement dans ce type de transactions, l expert en finance et banque préconise de «lutter contre l informel tout d abord, parce que dans un environnement pareil, nous ne pourrons pas évoluer». En outre, il est nécessaire d établir une plateforme électronique et juridique pour encadrer cette activité qui, actuellement, est pratiquée avec de «l à-peu-près». Pour M. Ould Moussa, il n est pas question de parler de e-commerce en Algérie sans «instaurer d abord toute une plate-forme fiscale et bancaire pouvant permettre l exercice de cette pratique». En outre, «un système informatique sécurisé devant gérer la relation interactive entre acheteur et vendeur sur internet doit être préparée en amont». En résumé, M. Ould Moussa estime que «le commerce électronique en Algérie fait face aux mêmes problèmes que le commerce classique : l informel et l absence de transparence». Raison pour laquelle il insiste sur l urgence de combattre l informel et de passer à la modernisation de l économie nationale, ce qui commence inéluctablement par le système bancaire et financier n F. B.