jason, Le missionnaire de Harper
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- Adèle St-Georges
- il y a 10 ans
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1 Francophile, catholique pratiquant, ambitieux, Jason Kenney répand depuis six ans la bonne nouvelle conservatrice auprès des immigrants. C est à lui que Stephen Harper doit sa majorité au Parlement. On n a pas fini d entendre parler de ce jeune ministre albertain... jason, Le missionnaire de Harper Un grand portrait d Alec Castonguay PETER BREGG l actualité 15 décembre 2012 } 33
2 Pepto-Bismol. Chaussettes propres et sans trous.» Voilà les trois armes secrètes que Jason Kenney utilise depuis six ans pour bâtir la majorité conservatrice à la Chambre des communes et transformer en profondeur le système d immigration canadien. Le ministre s esclaffe en les énonçant, amusé de s entendre simplifier à l extrême sa méthode. En ce dimanche de mai, il vient de terminer en une seule journée une tournée exténuante de 14 activités dans les banlieues de Toronto, et la voiture file vers l aéroport Pearson, première étape de son retour à Ottawa. Le ministre rigole, mais il y a un fond de vérité derrière sa boutade. Depuis que le gouvernement Harper a pris le pouvoir, l Albertain Jason Kenney est en mission. Son objectif : comprendre, séduire et attirer au Parti conservateur les communautés culturelles, un électorat jadis acquis au Parti libéral du Canada. Il a serré des milliers de mains, digéré des centaines de repas très épicés et retiré ses chaussures un nombre incalculable de fois en entrant dans des mosquées, des temples ou des centres d intégration pour prononcer ses discours. Pendant plusieurs jours, L actualité l a suivi dans cette bataille de terrain. Un travail politique à l ancienne, loin des réseaux sociaux, où le contact humain, la proximité et le combat de valeurs entrepris par le Parti conservateur ont graduellement conquis bon nombre de nouveaux arrivants. Et permis à Jason Kenney, près de rencontres et activités plus tard, de briser le monopole libéral sur les communautés ethniques. Un succès dont souhaite même s inspirer le Parti conservateur de Grande-Bretagne, où le premier ministre, David Cameron, cherche à copier la recette de son cousin canadien. Suivre Jason Kenney, c est faire une incursion dans la vie de l un des plus puissants ministres d Ottawa, membre du «club des barons» cette garde rapprochée de Stephen Harper qui dirige vraiment le gouvernement. Il est l homme à qui le premier ministre a confié la tâche de réformer en accéléré le système d immigration canadien, ce qui modifie au même rythme la mosaïque du nouveau Canada. Francophile, catholique pratiquant, ambitieux, discipliné en public mais capable de sautes d humeur en privé, Jason Kenney met tout en place pour devenir le prochain chef de file du mouvement conservateur canadien. «P urell. des sikhs sidérés Jason Kenney balaie du regard la foule dense des quelque Canadiens d origine sikhe, vêtus de costumes et de turbans multicolores, venus célébrer la Vaisakhi fête qui commémore chaque année la fondation de cette communauté originaire du nord-ouest de l Inde. Assis en tailleur sur une mince couverture grise recouvrant l immense scène extérieure, le ministre bout intérieurement. Il peine à esquisser le demi-sourire de téflon du politicien. Kenney n aime pas ce qu il voit. Devant lui, une douzaine de drapeaux jaune et bleu du Khalistan fendent le rassemblement en direction de l estrade, portés par des gaillards qui combattent le chaud soleil de ce début mai en t-shirt. L homme au micro, qui harangue la foule en pendjabi, augmente la cadence et radicalise le ton. Il parle de génocide, d affrontements et de l indépendance du Khalistan pays qu une faction de nationalistes sikhs aimerait créer à l intérieur de l Inde. C en est trop. Jason Kenney, qui a appris de nombreux mots en pendjabi depuis qu il a été nommé ministre de l Immigration et de la Citoyenneté, en 2008, se lève en plein discours, traverse la scène et sort sous le regard médusé des trois députés conservateurs de la région, encore assis sur la scène, qui hésitent à le suivre. Au bas des marches, Kenney remet ses souliers en vitesse et porte la main droite à sa tête, avec l envie de retirer le bandana orange que tout visiteur doit obligatoirement porter sur les lieux du Rexdale Sikh Spiritual Centre y compris les journalistes. Il prend une grande respiration et se retient. Un organisateur sikh s approche, l air contrit. «Vous tentez d exploiter ma présence ici!» lance Kenney, le regard planté dans celui de son interlocuteur en turban blanc. «Ce n est pas une façon civilisée d agir. Je vous avais prévenu et vous l avez fait quand même. Je sais que vous voulez recevoir le premier ministre ici l an prochain. Oubliez ça! Il ne viendra pas.» Le ministre commence à se frayer un chemin vers la sortie, avec l organisateur sikh sur les talons, qui se confond en excuses. Il ne pourra jamais remettre en cadeau à Kenney le costume traditionnel coloré qu il lui avait réservé. L adjoint du ministre, Dominic, appelle le chauffeur en catastrophe pour qu il avance la voiture à l entrée des lieux, qui est bondée. Devant l ampleur de la fête, la Ville de Brampton, au nord-ouest de Toronto, a fermé les rues de son parc industriel en ce dimanche après-midi et, autour, la police dirige la circulation. Tout avait pourtant bien commencé, 25 minutes plus tôt. La célébration battait son plein. Les gens chantaient et dansaient dans tous les coins au son d une musique traditionnelle indienne. Des centaines d enfants s amusaient dans les jeux gonflables installés en bordure du boulevard 34 { 15 décembre 2012 l actualité
3 Chez les jeunes de la communauté chinoise de Toronto, Kenney est aussi connu que Justin Bieber. Il assiste ici à une cérémonie d appellation chinoise organisée en son honneur à Toronto le 21 janvier d.r. à quatre voies. Les odeurs d épices et de poulet rôti des barbecues géants chatouillaient les narines. Jason Kenney était monté sur scène avec les compliments réservés à un invité d honneur. Au micro, il avait lancé un bien senti : «Bole sonai hai? Sat siri akal!» Des milliers de personnes lui avaient répondu en chœur : «Sat siri akal!» Une formule sikhe de salutation qui pourrait se traduire par : «Qui se tient debout pour la vérité?», ce à quoi la foule répond : «Nous nous tenons debout pour la vérité, la vérité est Dieu!» Le ministre avait vanté les réalisations de son gouvernement, notamment la création, au sein du ministère des Affaires étrangères, du Bureau des libertés religieuses, qui assure la promotion et la défense de toutes les confessions. Il avait souligné que la Vaisakhi est maintenant une tradition canadienne, puisqu on la célèbre chaque année sur la colline du Parlement, à Ottawa. C est après son discours, une fois qu il était assis sur scène, que les drapeaux du Khalistan sont apparus À l entrée des lieux congestionnés, de longues minutes s écoulent avant que le chauffeur du ministre puisse s approcher avec le VUS Nissan noir. Dès que nous prenons place à l intérieur, Jason Kenney se tourne vers moi. «Je suis désolé», dit-il en français. Il retire finalement son bandana et explique que les nationalistes sikhs mènent maintenant leur combat au Canada. Ils espèrent convaincre les quelque Canadiens d origine sikhe, dont la majorité vit en banlieue de Toronto et de Vancouver, de faire pression sur leur famille restée en Inde, mais également sur le gouvernement canadien, pour que celui-ci appuie leurs revendications. Ils veulent qu Ottawa reconnaisse un génocide dont les sikhs auraient été victimes en 1984, en Inde. «C était un discours extrémiste, dit-il. Je devais quitter la scène, sinon la communauté aurait pensé que je cautionne ce genre de démonstration. Certains groupes essaient parfois d utiliser ma notoriété pour faire avancer leur cause. Je dois être sur mes gardes. Il ne faut pas les encourager l actualité 15 décembre 2012 } 35
4 à reproduire ici les tensions de leur pays.» Un message qu il répète également aux nouveaux arrivants chinois et tibétains, grecs et turcs, israéliens et iraniens Il jette un coup d œil par la vitre. La foule s éloigne. Il soupire. «Bienvenue dans mon monde», lâche-t-il. Il aurait pu dire «mes mondes», tellement la nouvelle toile immigrante et multiculturelle du Canada est étendue, diversifiée près de 200 langues et en plein bouleversement politique. Et Jason Kenney est au cœur de ces transformations. Plus de nouveaux arrivants s installent au Canada chaque année, avec des pointes à , comme en 2010, soit l équivalent de 0,8 % de la population la plus importante proportion des pays industrialisés, suivie par la Grande-Bretagne et l Allemagne (0,7 % chacune). Le Québec, qui sélectionne ses immigrants économiques en vertu d une entente avec Ottawa, accueille l équivalent de 0,6 % de sa population, soit quelque immigrants par année. Les démographes estiment que, à compter de 2015, la totalité de la croissance de la population active canadienne sera attribuable aux nouveaux arrivants. Responsable du multiculturalisme et de l identité canadienne depuis l arrivée au pouvoir de Stephen Harper, en 2006, puis à la tête du ministère de l Immigration depuis 2008, Jason Kenney a réussi à donner un nouveau visage au Parti conservateur aux yeux des communautés ethniques. Dans les coulisses du gouvernement, on le dit sans détour : Kenney est l architecte de la majorité conservatrice au Parlement, ayant travaillé discrètement mais sans relâche, depuis cinq ans, à bâtir des ponts avec les immigrants. À tel point que plusieurs communautés ont carrément tourné le dos au Parti libéral du Canada, ce qui a fait basculer des régions entières à l avantage du Parti conservateur en Ontario et en Colombie-Britannique. Un travail méticuleux aussi long que complexe. Le ministre a dû, avec la patience d un moine bouddhiste, assimiler les subtilités de chaque communauté et apprendre ses traditions, afin de savoir comment réagir aux multiples revendications et particularités. Ce n est pas un hasard si la première tournée du libéral Justin Trudeau dans sa course au leadership, en octobre, l a mené à Richmond et à Mississauga, deux villes à forte densité ethnique autrefois libérales et aujourd hui conquises par les conservateurs. À leur façon, Kenney, 44 ans, et Trudeau, 40 ans, représentent l avenir de leur formation. Et se battent sur les mêmes terrains. «prouve-moi que j avais tort!» La longévité en poste de Jason Kenney et l étendue de ses réformes surprennent les experts. «L immigration hérite généralement d un ministre junior, sans grande présence, qui a hâte de changer de ministère. Kenney, lui, est presque un premier ministre adjoint! Il est là depuis quatre ans et il procède à une quantité inouïe de réformes. Certaines sont bonnes, d autres sont très idéologiques», affirme Stephan Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes, à Montréal. Pas mal pour un homme qui s intéressait peu aux politiques d immigration avant 2006 et qui ne voulait rien savoir de ce rôle au Cabinet! Le jeune député albertain avait même refusé d être critique en matière d immigration lorsque les conservateurs siégeaient dans l opposition. «Je voyais ça comme une énorme pression et une gestion délicate de cas humains, avec des politiques très complexes. Même une fois au pouvoir, j ai voulu me sauver en courant quand le premier ministre m en a parlé!» raconte Jason Kenney, éclatant d un grand rire qui fait plisser son visage rond. Stephen Harper l a coincé avec un argument qui fait vibrer l une de ses cordes sensibles : l avenir du mouvement conservateur canadien. Au moment de former son premier conseil des ministres, fin janvier 2006, Harper convoque Jason Kenney dans une suite d hôtel à Ottawa. «Tu te rappelles la conversation qu on a eue en octobre 1994?» lui demande-t-il. Jason Kenney s en souvient parfaitement. En ce dimanche frisquet d automne, le congrès du Parti réformiste venait de prendre fin dans la capitale fédérale, et Stephen Harper, jeune député de 35 ans fraîchement élu, sirotait une bière au pub Royal Oak, rue Bank, quand Jason Kenney est venu lui parler. Les deux hommes se connaissaient déjà, car Kenney, malgré ses 26 ans, dirigeait alors la Canadian Taxpayers Federation, un important lobby qui milite pour que les gouvernements perçoivent moins de taxes et d impôts. Jason Kenney lui expose alors sa théorie : la division du mouvement conservateur entre le Parti réformiste et le Parti progressiste-conservateur n est pas le seul problème de la droite. «Même avec un mouvement uni, dit-il, le conservatisme a plafonné. Les votes stagnent.» Il ajoute que pour s imposer, les conservateurs devront traverser «la dernière frontière» : celle des immigrants. «Regarde les changements démographiques, c est l avenir. Les immigrants ont les mêmes valeurs que nous, il faut leur parler, les convaincre!» Stephen Harper est sceptique et réplique que ce segment de la population très libéral ne votera jamais pour les conservateurs. Mieux vaut donc, selon lui, se concentrer sur les Canadiens de souche. Lorsque Harper accède au pouvoir à la tête d un gouvernement minoritaire, 12 ans plus tard, il propose à Jason Kenney de poursuivre la mission que celui-ci a lui-même définie, sans trop le savoir, une bière à la main, dans un bar d Ottawa! «Prouve-moi que j avais tort», lui lance le premier 36 { 15 décembre 2012 l actualité
5 DARRYL DYCK / LA PRESSE CANADIENNE ministre dans cette chambre d hôtel. Il le nomme secrétaire parlementaire du premier ministre et responsable du multiculturalisme, avec un double mandat. Le premier, plus politique, est de s assurer que les nouveaux arrivants s intègrent bien. «Les gens doivent pouvoir conserver leur identité tout en devenant une partie intégrante du Canada, lui dit Harper. Le multiculturalisme ne doit pas mener à la ghettoïsation des immigrants.» L autre mandat est partisan : devenir le lien entre le gouvernement, le Parti conservateur et les communautés culturelles, afin d augmenter les chances de succès aux prochaines élections. Horaires d enfer Kenney comprend l ampleur de la tâche en mars 2006, lors de l une de ses premières rencontres dans son nouveau rôle. Un leader de la communauté coréenne de Vancouver, médecin réputé de la région, lui demande carrément pourquoi les conservateurs sont racistes et anti-immigration. Surpris, Jason Kenney tente une défense, fait valoir que c est l ancien premier ministre conservateur John Diefenbaker qui a éliminé la discrimination raciale dans la sélection des immigrants, en Il se lance dans un discours sur les valeurs qu ils partagent : la famille, la valorisation du travail, la lutte contre la criminalité Le Coréen l écoute quelques minutes, puis l interrompt. Si la communauté coréenne vote majoritairement pour le NPD et le PLC à Vancouver, dit-il, c est surtout parce que leurs députés aident les immigrants à s installer, à trouver un logement. Ils deviennent le visage de l autorité canadienne. «Les élus assistent à nos activités, ils sont présents dans nos médias.» Pour Jason Kenney, c est le déclic. «Ça m a réveillé, dit-il. J ai compris que j allais devoir être partout, tout le temps. La relation personnelle est cruciale pour les nouveaux arrivants.» Depuis, le ministre est sur la route trois fins de semaine sur quatre, multipliant les réunions et les discours aux quatre coins du pays. Certains dimanches, à Toronto, Vancouver ou Montréal, il peut assister à jusqu à 20 activités organisées par les communautés culturelles, débutant à l aube dans un temple pour finir à la noirceur dans une réception partisane. «Pendant la dernière campagne électorale, j en faisais tellement que je suis devenu mêlé : j ai salué le mauvais dieu dans une église! J ai eu l air complètement ridicule!» avoue Kenney en rigolant. Il ne rentre dans ses terres, à Calgary-Sud-Est, circonscription qu il représente depuis 1997, qu une journée par mois. Ce qui ne l a pas empêché d être réélu en 2011 avec 76 % des suffrages et une avance écrasante de voix l un des meilleurs résultats au pays. «Mes électeurs comprennent que je travaille pour la cause conservatrice et que j ai un horaire chargé», dit Kenney. Les victoires sont si faciles pour lui qu une partie des dons politiques qu il recueille sont régulièrement transférés à des associations conservatrices moins nanties au Québec et en Ontario. Depuis 2007, Jason Kenney a ainsi envoyé plus de dollars à des candidats conservateurs qui bataillaient dans des luttes plus serrées. Un rythme de vie avec lequel il réussit à composer, mais qui n empêche pas les creux de vague. «Le vendredi, quand je vois arriver la fin de semaine avec 20 ou 25 rencontres prévues, sans compter les déplacements, je sens parfois une grande fatigue m envahir. Je dois me motiver en pensant que chaque geste compte à long terme», dit Jason Kenney. C est aussi un défi physique. «Les gens des communautés aiment te toucher, t embrasser, te serrer, alors que les contacts physiques, ce n est pas mon fort», ajoute-t-il. Le ministre n a ni femme ni enfant. Il partage sa maison, en Alberta, avec sa mère, Lynne. Et il a peu de temps pour Apôtre de la liberté de religion, Stephen Harper participait à la cérémonie du centenaire du temple gur-sikh d Abbotsford, en Colombie-Britannique, le 28 août les amis ou une vie amoureuse. Ses proches ne le décrivent toutefois pas comme un solitaire. Il se fait d ailleurs un point d honneur d organiser une ou deux réceptions par année à son condo, à Ottawa, pour ses collègues députés et les employés du Parti conservateur. «J aime travailler et être au service du public, dit Kenney. Je n ai pas le temps d avoir une vie privée. On a obtenu un gouvernement majoritaire, il ne faut pas perdre cette occasion de faire des changements importants.» Bâtir un lien de confiance entre le gouvernement et les com munautés immigrantes est rapidement devenu la priorité de Jason Kenney. Son équipe organise de six à huit fois par année des «journées d amitié» sur la colline du Par- l actualité 15 décembre 2012 } 37
6 le ment, où des leaders des communautés culturelles chefs spirituels, directeurs de centre communautaire, présidents de chambre de commerce ethnique, etc. viennent rencontrer les ministres de leur choix pour discuter de leurs dossiers prioritaires. «Ça donne une chance aux communautés de se faire entendre au plus haut échelon à Ottawa, et elles apprécient ce geste», affirme Agop Evereklian, d origine arménienne, qui a été chef de cabinet de Jason Kenney de 2008 à 2010 et qui était jusqu à récemment chef de cabinet de l ex-maire de Montréal Gérald Tremblay. Un accès qui fait toutefois grincer des dents sur la Colline. «C est un traitement de faveur inéquitable, presque du lobbying sans le dire», affirme un fonctionnaire qui a requis l anonymat. L équipe de Kenney s est imposée comme le réservoir d informations du Conseil des ministres sur les différentes communautés. C est elle qui coordonne tous les communiqués de presse que publie systématiquement le premier ministre pour souligner les différentes fêtes nationales et traditionnelles (Diwali, Vaisakhi, Yom Kippour, Nouvel An chinois ). Les excuses et compensations financières d Ottawa pour la taxe d entrée imposée aux immigrants chinois avant 1923, ou encore les reconnaissances officielles des génocides arménien et ukrainien, c est encore Kenney. «Il agit comme chef d orchestre pour corriger les erreurs du passé. Ça peut ne pas sembler important pour la majorité de la population, mais pour les communautés concernées, c est immense», dit Agop Evereklian. En 2008, Jason Kenney a mis sur pied le Programme de reconnaissance historique pour les communautés, doté d un budget de 13,5 millions de dollars, afin de financer des projets de commémoration ou l érection de statues en l honneur des membres importants de leur histoire. Les collectivités italienne, juive, indienne et chinoise en ont profité abondamment. En entrant en fonction, Jason Kenney a insisté pour que tous ses collègues du Conseil des ministres intègrent dans leur entourage des Canadiens issus de l immigration. Son propre cabinet est l un des plus étendus, avec, dans toutes les grandes villes, des attachés politiques qui font le lien avec les leaders des communautés. Une véritable toile d araignée, qui capte l information sur le terrain et la renvoie chaque jour à Ottawa. Le ministre enrichit ses connaissances avec la revue de presse des médias ethniques, qu il se fait traduire et qu il scrute chaque matin en se levant. «Je regarde ça avant les nouvelles de la presse nationale», dit-il. En ce dimanche matin de mai, dans la voiture qui nous amène d une activité à l autre au cœur de Toronto, Jason Kenney feuillette un journal sino-canadien acheté au dépanneur quelques minutes plus tôt. Il demande à son «La citoyenneté canadienne n est pas à vendre», dit Kenney, dont le ministère a ouvert une chasse aux fraudeurs. À ce jour, personnes ont vu leur citoyenneté révoquée. chauffeur d origine chinoise de traduire en anglais quelques gros titres. Puis, il s exerce à dire en mandarin : «Bonjour, je suis ministre de l Immigration.» Le conducteur rit à gorge déployée et tente de corriger l accent du ministre, qui s amuse lui aussi. «Ne me fais pas dire des niaiseries, lance Kenney. Je compte sur toi!» La voiture du ministre s arrête devant le Lucky Moose Food Mart, rue Dundas. Une grosse vache rose de deux mètres de haut, dans la plus pure tradition tape-à-l œil chinoise, sert d enseigne. En 2009, l épicerie a fait la manchette quand son propriétaire, David Chen, s est fait justice lui-même contre un voleur à l étalage qu il avait pris en flagrant délit. Après une courte bagarre, il l a immobilisé avant d appeler la police. Le voleur a toutefois porté plainte pour voies de fait. Le NPD et le Parti conservateur ont alors saisi l occasion pour proposer des projets de loi afin de permettre dorénavant à un commerçant d utiliser une «force raisonnable» contre des intrus, sans risque de se faire poursuivre. Aujourd hui, des photographes et quelques journalistes de la communauté attendent Jason Kenney. Il les salue en mandarin, achète une bouteille d eau et deux autres journaux chinois. Il serre la main de David Chen. Les flashs des appareils photo immortalisent le moment. «Nous avons tenu parole, lui dit-il. Nous avons passé votre projet de loi.» Chen, qui parle un anglais laborieux, se contente de sourire. Une fois de retour dans la voiture, Kenney me dit : «Cette affaire a fait beaucoup de bruit dans les médias chinois du Canada. C est là que je l ai lue en premier.» De 2006 à 2011, le nombre de Canadiens parlant mandarin, en majorité des nouveaux arrivants, a bondi de 51 %. Il y a maintenant trois quotidiens publiés dans cette langue au pays, sans compter les bulletins d informations télévisés, les hebdomadaires et les sites Web, explique le ministre pour justifier toute l attention qu il porte à cette communauté. Les communautés indienne, coréenne, ukrainienne, philippine, italienne, haïtienne et toutes les autres qui DESIGN PICS / ALAMY 38 { 15 décembre 2012 l actualité
7 forment la mosaïque canadienne ont aussi leurs propres médias. «Le Parti conservateur en était complètement absent avant», dit Jason Kenney. Il tourne la page du journal et aperçoit une photo de Thomas Mulcair prise lors d un rassemblement de la communauté chinoise à Richmond, en banlieue de Vancouver. «Il semble avoir compris que c est important», dit Kenney d une voix ironique. Dans les rues de la circonscription à forte immigration chinoise de Trinity-Spadina, au centre de Toronto, on salue à coups de klaxon le ministre qui marche sur le trottoir. Les gens s arrêtent pour lui parler. Une passante dans la vingtaine affirme qu il est aussi connu dans la communauté chinoise que le chanteur Justin Bieber! «Je peux marcher des heures à Calgary sans me faire reconnaître, mais pas ici», dit-il. Olivia Chow, députée néo-démocrate locale et veuve de Jack Layton, affirme que le travail de Jason Kenney force les députés des autres partis qui sont dans une circonscription à forte concentration d immigrants à «surveiller leurs arrières». «C est une bête politique, dit-elle. Il est toujours là au bon moment, sa photo est dans les journaux.» Au bureau de Jason Kenney, tout est minutieusement calculé. Moins d un mois avant la dernière campagne électorale, son directeur des affaires multiculturelles, Kasra Nejatian, envoie à des députés et organisateurs conservateurs une lettre leur demandant de recueillir rapidement dollars, destinés à une campagne éclair de publicité dans les médias ethniques. D une valeur totale de dollars, celle-ci devait commencer le 20 mars 2011, jour du premier match de la Coupe du monde de cricket, très populaire en Asie. Un document de 21 pages, intitulé «Abattre les frontières : bâtir la marque de commerce conservatrice dans les communautés culturelles», était joint à l envoi. Visant les Chinois, les Juifs, les Ukrainiens et les Asiatiques du Sud (sikhs et hindous), ce document résume la stratégie conservatrice. «Si les Asiatiques du Sud du grand Toronto formaient une ville, il s agirait de la troisième ville en importance du Canada», peut-on y lire. «Il y a beaucoup de votants ethniques. Il y en aura encore plus sous peu. Ils habitent là où nous avons besoin de gagner.» Le document ajoute que, une fois séduites, les communautés culturelles peuvent rester fidèles au même parti très longtemps. Dix circonscriptions «très ethniques» celles où les immigrants représentent plus de 20 % de la population étaient ciblées dans la stratégie publicitaire pré électorale conservatrice : quatre en Ontario, quatre en Colombie-Britannique, une au Québec (Mont-Royal) et une au Manitoba. Le jour du scrutin, le 2 mai suivant, le Parti conservateur en remportera sept. Pendant la dernière campagne électorale, la stratégie multiethnique a ciblé un total de 30 circonscriptions au pays. Autant d endroits répertoriés par Jason Kenney et labourés depuis cinq ans par la machine conservatrice. Le PCC en remportera 20, en route vers une majorité parlementaire de 11 sièges. Le document partisan était imprimé sur le papier officiel du bureau du ministre Jason Kenney, ce qui a fait bondir le député néo-démocrate Pat Martin, qui y voit l exemple par fait d un gouvernement qui oublie sa neutralité et se met au service de la machine du parti politique. «Ils violent toutes les règles en utilisant les ressources du gouvernement pour solliciter de l argent lors d une campagne du parti, dit Martin. C est choquant. Le ministre aurait dû démissionner.» Le castor au travail Certains de ses collègues comparent Jason Kenney à un castor, non seulement en raison de son allure un peu ronde et de son patriotisme canadien, mais surtout parce qu on le voit toujours en train de travailler. Lorsque ses adjoints arrivent au bureau, vers 7 h, le ministre est déjà là. Et vers 20 h, quand ils rentrent à la maison, Jason Kenney, lui, quitte la colline du Parlement et se dirige vers la rue Laurier, au centre-ville d Ottawa, où se trouve son deuxième bureau, au ministère de l Immigration. Il monte au 21 e étage, ferme la porte, installe son ipod sur le socle de la chaîne stéréo et écoute de la musique classique ou du chant grégorien en lisant ses dossiers, parfois délicats notamment les cas d expulsion du pays, auxquels il a le pouvoir discrétionnaire d accorder un sursis. C est généralement durant cette deuxième phase de la journée qu il reçoit un appel d un numéro confidentiel : celui du 24 Sussex, la résidence de Stephen Harper. Le premier ministre prend souvent quelques minutes, tard en soirée, pour consulter Jason Kenney sur différents dossiers, parfois sans aucun lien avec l immigration (les deux hommes dorment peu). Le ministre ne prend la direction de son condo que vers minuit. Dévoué à son travail, à l aise avec les médias (il est l un des rares ministres anglophones à accorder des entrevues en français), Jason Kenney s est graduellement imposé comme l un des ministres les plus influents d Ottawa, avec John Baird, aux Affaires étrangères, et Jim Flaherty, aux Finances. Il siège au sélect Comité des plans et priorités du Cabinet, le seul qui se réunit chaque semaine pour élaborer la stratégie du gouvernement. «Il est l un des rares ministres à avoir la confiance totale de Harper», dit une source proche des deux hommes. En ce dimanche 22 avril, alors que les journalistes se concentrent sur le Jour de la Terre et la manifestation qui aura lieu ce jour-là au centre-ville, Jason Kenney est dans l ouest de Montréal. Il commence sa journée à 8 h par un brunch de financement à Pointe-Claire, en compagnie l actualité 15 décembre 2012 } 39
8 des sénateurs Jacques Demers et Larry Smith. Puis, direction Dollard-des-Ormeaux, au temple Gurdwara Saheb, où Gurdeep Singh Sohal, homme souriant dans la cinquantaine qui dirige ce lieu de culte, le présente aux fidèles sikhs comme un ami. Dans l entrée, des dizaines de paires de chaussures sont empilées pêle-mêle dans un fatras de plastique et de cuir. Jason Kenney, ses assistants et moi-même y déposons les nôtres en essayant de bien nous rappeler où nous pourrons les retrouver! Le ministre se noue un bandana orange sur la tête et prend la direction de la grande salle toute blanche et couverte de tapis, où les femmes s assoient par terre à gauche et les hommes à droite. «Disons que mon catholicisme est souvent mis à l épreuve!» lance, sourire aux lèvres, l assistante italienne du minis tre, qui doit se conformer aux rituels de chaque lieu de culte. Le ministre rejoue la carte de la proximité. Il prononce quelques mots en pendjabi, puis remercie les sikhs en anglais pour leur contribution au Canada depuis un siècle. «Nous avons deux ministres sikhs, dit-il. Tim Uppal [Réforme démocratique] et Bal Gosal [Sports]. Nous respectons la liberté de religion, c est important pour notre gouvernement.» Après la courte cérémonie d une dizaine de minutes, Jason Kenney est entraîné dans une petite salle au deuxième étage du temple. Un classique, m explique-t-il en montant les marches. «Réussir à parler à un ministre en privé, c est une démonstration de puissance de la part des dirigeants de la communauté.» Dans la pièce aux murs beiges et nus, 11 hommes l attendent pour discuter autour d une table ronde certains en habit traditionnel, d autres en jeans et t-shirt, mais tous avec des turbans de différentes couleurs. «Le temple n a plus de prêtre depuis des semaines», commence Gurdeep Singh Sohal. Les leaders de la communauté souhaiteraient faire venir un leader religieux de l Inde pour quelques mois. Jason Kenney écoute, prend quelques notes, puis explique qu il existe un visa temporaire pour les travailleurs religieux qui veulent venir prêcher au Canada. Les hommes se regardent, gênés. «On nous l a refusé», dit l un d eux. Jason Kenney pose son crayon. «Si le prêtre donne sa date de départ et respecte les conditions d admission, le visa sera accepté dans 90 % des cas. Mais si le prêtre vient ici et demande le statut de réfugié, ça ne fonctionne pas. Votre dossier sera moins bon et les visas seront plus difficiles à obtenir», dit le ministre en regardant les hommes. L un des leaders de la communauté s éclaircit la gorge et demande si le ministre peut intervenir. «Non, réplique Kenney. Dans notre système, ce sont les fonctionnaires qui suivent les règles et prennent les décisions. Je sais que ça peut être difficile à comprendre pour certains, mais c est comme ça. Si je commence à prendre des décisions personnelles, le système s écroule.» Une fois de retour dans la voiture, Jason Kenney écrit un court message sur Twitter pour signaler la fin de l acti- Les conservateurs britanniques inspirés par Kenney Il n y a pas qu au Canada où les communautés immigrantes deviennent une cible politique de choix. En Grande-Bretagne, le gouvernement conservateur minoritaire de David Cameron cherche lui aussi à briser la domination sur le vote ethnique de son adversaire travailliste (le Labour Party), qui récolte plus de 68 % des voix immigrantes. Et pour y parvenir, le Parti conservateur britannique va s inspirer de la méthode élaborée par Harper et Kenney. Le 15 octobre dernier, lors d une visite à Londres, Jason Kenney a fait un détour en matinée au 10 Downing Street, résidence officielle du premier ministre britannique, pour livrer une partie de ses secrets. Le secrétaire politique de Cameron, Stephen Gilbert, était présent, tout comme une poignée de stratèges et une vingtaine de députés et candidats conservateurs qui représentent des circonscriptions à forte densité ethnique. «Nous sommes heureux de faire partager notre expérience aux autres partis de centre droit des pays démocratiques», dit Jason Kenney. Le ministre a résumé ainsi sa technique à ses hôtes : une présence assidue dans les circonscriptions et dans les rassemblements, un travail acharné, des politiques et des gestes symboliques dirigés vers les communautés, et une bataille de valeurs. «On a réussi notre approche basée sur les valeurs conservatrices, comme la responsabilité personnelle, la réduction du fardeau fiscal, la lutte contre la criminalité», leur a-t-il dit. Les conservateurs britanniques suivront la recette. Ils vont sélectionner une trentaine de circonscriptions ethniques et y assurer une présence constante. «Si on veut remporter une majorité, on a besoin de l appui des nouveaux arrivants, affirme Sayeeda Hussain Warsi, coprésidente du parti de David Cameron. Il faut que les gens qui partagent nos valeurs, parfois sans le savoir, votent pour nous y compris les immigrants. On doit apprendre de l expérience des autres pays.» 40 { 15 décembre 2012 l actualité
9 vité au sein de la communauté sikhe, comme il le fait après cha que visite. «J adore ça. Un communiqué, ça prend des heures à faire approuver. Twitter, c est rapide et sans filtre», dit-il, avant d appeler l un de ses adjoints à Ottawa pour qu il vérifie le dossier des visas religieux du temple Gurdwara Saheb. «Il y a quelque chose qui cloche, dit-il. Si ça bloque, c est qu il y a eu des problèmes dans le passé.» Le ministre se rend soudain compte que le GPS qui nous conduit quelques rues plus loin, au temple Hindu Mandir, crache de sa voix électronique éraillée des indications en anglais. «Est-ce qu on ne devrait pas le mettre en français? On est au Québec, il y a la loi 101!» rigole le ministre. Son adjoint montréalais sourit et change la langue du GPS. En arrivant au Parlement, en 1997, Jason Kenney ne connaissait qu un seul mot en français. «Je savais dire bonjour, that s it!» Durant sept étés consécutifs, il suivra un programme d immersion dans la langue de Molière offert aux députés, au Collège royal militaire de Saint-Jean. Lorsqu il embauche Agop Evereklian, en 2008, il lui demande de parler seulement en français au bureau. «Le ministre a tenu parole, mais moi, j avais tendance à lui parler en anglais, alors il me reprenait!» dit son ancien chef de cabinet. «Pour être efficace, je trouvais important de pouvoir communiquer dans les deux langues, dit Kenney. Et ça m a ouvert à toute une culture.» Au fil des années, il s est mis à lire la poésie sombre de Baudelaire et à apprécier le peintre Jean-Paul Lemieux, dont une reproduction de sa toile La Fête-Dieu à Québec, 1944 est même accrochée dans son bureau de la colline du Parlement. «J aime son art naïf, symbolique et coloré», dit-il. Quelques jours auparavant, il venait de terminer la lecture de Ru, de Kim Thúy. Dans ses rares temps libres, le ministre s éclipse pour aller au théâtre ou au cinéma, à Ottawa. Mais rien ne lui fait plus plaisir que de prendre l avion! «C est le seul moment où le BlackBerry ne sonne pas, dit-il. Je peux écouter de la musique et lire mes dossiers en paix.» Son ipod contient plus de heures de chansons, allant de la pop au classique en passant par le rock. «J aime tout, sauf le country», dit-il en jetant un œil sur le petit appareil qu il a toujours à portée de main. «Mais vous habitez Calgary, le royaume du Stampede!» lui ai-je lancé. «Je sais, je dois en décevoir certains!» La voiture se gare devant le temple indien tout juste avant 13 h. «Rebienvenue, c est toujours un plaisir de vous recevoir», lui lance un petit homme aux cheveux d un noir d encre. C est la troisième fois que Jason Kenney vient au temple Hindu Mandir, à Dollard-des-Ormeaux. Il entre, se déchausse et sonne la grosse cloche qui pend devant la porte de la salle des prières. Le ministre remarque mon air perplexe. «Ça porte chance ou quelque chose comme ça», dit-il en souriant. Dans une salle blanche aux grandes fenêtres lumineuses et au tapis marron, une allocution commence devant quelque 400 fidèles. Les femmes (ici beaucoup plus nombreuses) sont encore à gauche, et les hommes à droite. D abord en hindi, puis en anglais, le ministre est présenté comme un allié de la communauté. Pas un mot en français. «Si vous avez des problèmes d immigration, vous pourrez aller voir le ministre après la prière», dit le présentateur. L adjointe de Jason Kenney, assise à l arrière, lève les yeux au ciel et me glisse à l oreille : «C est le pire, ils vont tous se précipiter!» Elle devra recueillir toutes les enveloppes remplies de dossiers pour les remettre aux fonctionnaires. Jason Kenney ouvre son discours en signalant les nombreuses visites des ministres et du premier ministre en Inde depuis que les conservateurs sont au pouvoir. «Nous respectons votre culture, qui est très importante pour le Canada», dit-il en anglais. Quelques minutes plus tard, il Apprendre le français a ouvert Jason Kenney à toute une culture. Dans son bureau : la reproduction d une toile de Jean-Paul Lemieux. «J aime son art naïf, symbolique et coloré», dit-il. lance un avertissement : «Le Québec choisit la plus grande partie de ses immigrants et nous respectons ça. Ottawa gère les réfugiés, les réunifications familiales et les travailleurs religieux. Dans les deux cas, si vous voulez faire venir au pays des amis ou parents, assurez-vous de faire affaire avec des consultants en immigration honnêtes et compétents. Soyez vigilants.» L une des nombreuses réformes du ministre a serré la vis aux fraudeurs qui se présentent comme consultants en immigration, soutirant de l argent à ceux, parfois pauvres, qui espèrent une vie meilleure au Canada. Une campagne publicitaire musclée où l on voyait un requin blanc avaler un petit phoque a accompagné un durcissement des conditions pour pratiquer ce métier. La cérémonie se termine. Les gens se massent autour de Jason Kenney. On veut lui parler, lui serrer la main. Son adjointe recueille trois bouquets de fleurs et quelques enveloppes. Une femme peint un point jaune entre les yeux du ministre symbole de protection et de joie avant de se faire prendre en photo à côté de lui. Au sous-sol du temple, dans la cuisine communautaire, on prépare le dîner pour les centaines de convives. Le ministre se fait tirer par le bras jusqu à une petite salle à l arrière, où les leaders hindous l attendent devant des plats de pommes de terre, de lentilles, de riz et une montagne l actualité 15 décembre 2012 } 41
10 de pains nan. Jason Kenney avale une bouchée. «Ce n est pas assez épicé. Vous enlevez toujours les épices pour l invité blanc!» s amuse-t-il. Les hommes s esclaffent et prennent des photos. «J ai toujours la bouche pleine sur vos photos!» lance Kenney en riant. Il poursuit plus sérieusement : «Ce que j aime de Montréal, c est que les hindous, les sikhs et les musulmans s entendent bien. Ce n est pas comme ça à Toronto. Continuez le dialogue, c est important.» Le ministre m expliquera plus tard qu à Montréal, contrairement à Toronto et à Vancouver, les nouveaux arrivants se dispersent sur un plus grand territoire, ce qui diminue le risque d une ghettoïsation. Sur le plan électoral, c est d ailleurs plus complexe pour le parti. «Mis à part Mont- Royal et la communauté juive, aucune circonscription n a suffisamment d immigrants d une seule communauté pour jouer un rôle décisif à elle seule», dit-il, ajoutant tout de même que les conservateurs obtiennent leurs meilleurs $ C est la somme que le ministère de la Citoyenneté et de l Immigration a dépensée depuis trois ans, entre autres pour analyser la perception de Kenney dans les médias ethniques, selon la Presse Canadienne. résultats à Montréal dans l ouest de l île, où les communautés indienne, ukrainienne, juive, arménienne et asiatique sont nombreuses. Entre deux bouchées de riz, les leaders communautaires indiens expriment leurs inquiétudes sur une récente décision du ministre : celle d éliminer près de demandes d immigration déjà dans le système, mais en retard de traitement. Autant de gens qui seront remboursés et devront présenter de nouveau leur candidature pour venir s installer au Canada. «Certains dossiers attendaient depuis plus de sept ans, rétorque Jason Kenney. Ça n avait aucun sens. Le seul moyen de remettre le système en ordre pour pouvoir traiter les demandes d immigration dans un délai de 12 à 18 mois, c est de repartir à zéro.» Une vingtaine de minutes plus tard, dans la voiture, Jason Kenney revient sur cette réforme, qui synthétise sa vision de l immigration canadienne, à laquelle il veut faire prendre un virage économique. «Il faut passer d un système lent, passif, à un système efficace et proactif, dit-il. Si on met trop de temps, les immigrants les plus talentueux vont aller dans un autre pays, comme l Australie ou la Nouvelle- Zélande, qui traitent les demandes en quelques mois. Il faut que nos entreprises puissent partir à la chasse aux talents en sachant qu on va être capables de satisfaire à la demande.» Le ministre souhaite que davantage d immigrants arrivent au pays avec en poche une promesse d emploi d une entreprise canadienne, ce qui facilite leur intégration. Il souhaite que les employeurs aident le gouvernement à donner priorité à certains immigrants aux compétences particulières. «Le taux de chômage des nouveaux arrivants est deux fois plus élevé que celui du reste de la population. C est inacceptable. Voir des gens qualifiés conduire un taxi, je ne suis plus capable!» dit-il. Un arrimage avec les entreprises qui suscite son lot de critiques. On reproche au ministre de céder au privé le système d immigration canadien. «C est l idée du Canada comme terre d accueil qui disparaît, dit Stephan Reichhold. C est une vision à court terme, parce que les besoins de l industrie peuvent changer rapidement. Qui avait pré dit l éclatement de la bulle techno en 2000? Il faut miser sur les personnes, pas seulement sur les besoins du marché.» De 2006 à 2011, l entrée des immigrants économiques a bondi de 13 %, alors que le taux des réunifications familiales a baissé de 20 %. Le nombre de réfugiés a chuté de 14 %, même si, avec réfugiés en 2011, le Canada est l un des pays qui en accueillent le plus. Le choc des valeurs Le marathon de Toronto paralyse le centre-ville en cette belle journée de printemps, ce qui embête Jason Kenney, qui tient à son horaire réglé au quart de tour. «Décale tous les rendez-vous de 20 minutes, sinon on n y arrivera pas», dit-il à son adjoint. La voiture, au ralenti, traverse Parkdale-High Park, l un des plus importants points de chute des immigrants dans la Ville reine. Le ministre a tout le temps pour me montrer par la vitre ce quartier multiethnique défavorisé, représenté par la néo-démocrate Peggy Nash. Il connaît par cœur les communautés et leurs habitudes. Là, un centre communautaire vietnamien ; par ici, une église catholique polonaise ; là-bas, deux Tsiganes qui poussent un chariot d épicerie Le long de King Street, coin de rue après coin de rue, c est le Canada des nouveaux arrivants et des réfugiés, souvent en difficulté et désorientés. Il sort l exemplaire du Globe and Mail de la veille, qui lance, en ce début mai, une grande série sur l immigration. L article affirme que le Canada devrait accueillir un million de personnes par année quatre fois plus que maintenant pour aider à l essor économique du pays. «C est de la folie!» dit Kenney, qui fait un signe vers la vitre. «Il faut laisser le temps aux gens de s intégrer. Il faut de bons salaires, des emplois de qualité, pas seulement de la quantité.» 42 { 15 décembre 2012 l actualité
11 Et surtout, il faut ménager la perception de la population, ajoute-t-il en citant un récent sondage Angus Reid qui montre qu un Canadien sur deux (46 %) estime que l immigration a un effet négatif sur le pays une hausse de cinq points en un an. Près de 39 % des répondants jugent que le Canada devrait garder l immigration à son niveau actuel, et 38 % pensent qu il faudrait le baisser. «Je dois m assurer que les gens continuent de faire confiance au système, dit-il. L immigration est un atout, mais les préjugés sont tenaces. Ouvrir les vannes sans considération ne servirait pas les nouveaux venus.» La voiture est maintenant en route vers le centre communautaire polonais Jean-Paul-II, à Mississauga. Le Canada compte plus de habitants d origine polonaise, dont la majorité vit à Toronto. Le ministre répète à voix haute : «Witam, drodzy przyjaciele», ce qui signifie, en polonais : «Bonjour, chers amis.» Son adjoint, Dominic, d origine polonaise, corrige un peu sa prononciation. En ce dimanche 6 mai, la communauté célèbre, avec quelques jours de retard, sa fête nationale du 3 mai. En 2006, à pareille date, le nouveau ministre Kenney passait pour la première fois le seuil de ce centre culturel, ce qui avait suscité l ironie du président du Congrès polonais du Canada, Wladek Lizon. «On a un conservateur ici avec nous, il doit se passer quelque chose d important!» avait-il dit au début de son discours. Six ans plus tard, Lizon reçoit Kenney avec une accolade bien sentie et des tapes dans le dos. Quelque 400 personnes sont venues entendre des discours et voir un spectacle de danse traditionnelle. Kenney est le seul politicien fédéral présent. «Witam, drodzy przyjaciele», lance le ministre à la foule, avant d ajouter en riant : «Je ne sais rien d autre en polonais, désolé!» La foule rigole. Debout sur le petit podium, Kenney, vêtu de son éternel complet noir, cuit sous le soleil. Il rappelle que son gouvernement a éliminé en 2008 l obligation pour les Polonais d obtenir un visa afin de visiter le Canada. En 2006, le Parti conservateur avait récolté 20 % des intentions de vote dans cette communauté largement libérale. Aux élections de 2011, les sondages internes du parti montrent qu il a récolté plus de 60 % des suffrages. Un virage complet. «Les Polonais ont des valeurs assez conservatrices, fait remarquer le ministre. Ils sont catholiques pratiquants, valorisent l effort, le capitalisme, la famille et les traditions. Mais on ne leur parlait pas! On n assistait pas à leurs activités. Maintenant, non seulement ils votent pour nous, mais ils veulent qu on soit encore plus conservateurs.» Il rappelle que la Pologne, c est l Alberta de l Europe, puisque les deux partis politiques majeurs sont de droite. Dans chaque manifestation culturelle ou religieuse, partout au pays, Jason Kenney glisse quelques mots sur la vision conservatrice. Il met l accent sur les valeurs du parti, qu elles soient sociales (hausse de l âge du consentement sexuel, lutte contre la criminalité, etc.) ou économiques (notamment les baisses d impôt des entreprises, la baisse de la TPS, l aide aux PME). Souvent, dit-il, les immigrants sont des entrepreneurs dans l âme qui valorisent les libertés individuelles et favorisent un État minceur. Ils se méfient d un gouvernement trop envahissant, craignant qu il soit corrompu, comme celui qu ils ont quitté. Le filet social est celui d une communauté très soudée, qui gravite autour de l église ou du centre communautaire. En Ontario et en Colombie- Britannique, ces nouveaux arrivants rejoignent leurs communautés dans les banlieues, où ils élèvent leurs familles. En 2003, dans un discours prononcé à huis clos au club privé conservateur Civitas, à Toronto, Stephen Harper, alors chef de l Alliance canadienne, avait exposé cette bataille des valeurs que les conservateurs voulaient livrer contre les libéraux auprès des communautés culturelles. «Si cette approche est bien équilibrée et que nous sommes patients, nous allons attirer de nouveaux électeurs, a-t-il dit. De nombreux électeurs libéraux, dans certaines communautés ethniques clés, seront attirés par un parti aux valeurs fortes, claires et centrées sur la famille.» Dans ses discours, Jason Kenney n aborde jamais de sujets controversés, comme l avortement, le mariage homosexuel ou la peine de mort. «Je parle des valeurs en général, mais rien d aussi précis, dit-il. J imagine que certaines communautés sont pro-vie, comme les Polonais, parce qu ils sont assez croyants, mais c est contreproductif de parler de ces sujets. C est très personnel à chacun.» La tentation de la prêtrise C est aussi probablement inutile, puisque les convictions de Jason Kenney sont connues. Le 26 septembre dernier, il a été l un des 10 ministres et 91 députés à voter en faveur de la motion M-312, de son collègue Stephen Woodworth, qui souhaitait créer un comité afin d étudier les droits du fœtus, ce qui était perçu par beaucoup comme une première étape vers une forme de criminalisation de l avortement. Cette motion, que le premier ministre n a pas appuyée, a été battue. «Je respecte les points de vue de tous les ministres et députés», me dit Jason Kenney lors d une discussion dans son bureau, visiblement mal à l aise. «On doit avoir des débats respectueux, le moins passionnés possible, sur ces questions-là. Chacun doit voter selon sa conscience et je pense, oui, qu il faut respecter la vie humaine.» Il est contre l euthanasie et ne rejette pas entièrement le créationnisme chacun peut choisir la théorie qu il veut. Il précise qu il est pro-vie, sans être un militant de la cause. «Je n en fais pas la promotion au Cabinet. Au contraire, je pense qu un gouvernement doit refléter l actualité 15 décembre 2012 } 43
12 les valeurs de tous les Canadiens. Je suis un homme de principes, mais un gouvernement peut avancer seulement s il a l appui de la population.» L ancien chef réformiste Preston Manning, qui l a recruté en 1997, affirme que Jason Kenney a toujours été discret à ce sujet. «Il ne parle presque jamais de ses convictions, même en privé. Il préfère discuter d économie ou de fiscalité. Il n est pas un conservateur social militant. Sa fonction passe avant tout», dit-il. Manning se souvient que le jeune Kenney avait accepté de se lancer en politique avec le Parti réformiste parce que celui-ci promettait des votes libres sur les projets de loi et les motions qui touchent les enjeux moraux. Les nombreux temples et églises que le ministre visite tous les dimanches à la rencontre des communautés culturelles lui permettent de pratiquer sa foi catholique. Selon sa mère, Lynne Kenney, Jason a longtemps hésité entre la politique et la prêtrise. «Il a toujours eu un sens inné du bien et du mal, dit-elle. Même jeune, il avait un inté rêt pour l enseignement du Seigneur. Je ne serais pas surprise qu après sa carrière politique il exerce un métier lié à la religion. Il deviendrait prêtre que je ne serais pas étonnée!» Jason Kenney éclate de rire lorsqu on lui rapporte les propos de sa mère. «Je n aurais pas dû vous laisser lui parler!» Il secoue la tête, mais il ne nie pas. «Je ne suis pas certain qu il s agissait des deux seuls choix à l époque, dit-il, mais c est vrai qu il est important pour moi de faire le bien. Je ne veux pas seulement occuper un emploi, je veux avoir une influence positive sur la vie des gens. Je n ai jamais exclu totalement la vocation spirituelle.» La religion apporte «des valeurs universelles de dignité humaine et de bien commun», affirme Kenney. «Ça me donne des repères, des balises, qui m aident dans mon travail en politique.» Son bureau dans l édifice de l Est, sur la Colline, est l un des plus grands après celui du premier ministre : il comprend deux salons et cinq pièces, dont l une est réservée aux cadeaux qu il reçoit des communautés culturelles. Dans la bibliothèque, les biographies (Churchill, Conrad Black ) côtoient des titres comme The Catholic Ethic and the Spirit of Capitalism et The New Canada. Les journaux The Jewish Tribune et The Catholic Register traînent sur l une des tables d appoint. Aux murs, il a accroché des photos représentant ses principes et ses modèles. On trouve celle, célèbre, du jeune homme devant les chars d assaut chinois sur la place Tian anmen, en juin 1989, et, au-dessus de son ordina teur, les portraits de l ancien président américain Abraham Lincoln et du ministre britannique William Wilberforce (mort en 1833), deux politiciens qui ont lutté contre l esclavage. «Rien n est plus important pour moi que les droits de la personne», lance-t-il. Kenney se dit fier de la réputation du Canada à ce chapitre. «Ce n est pas une valeur de la gauche!» Il cite notamment le travail de l ancien premier ministre conservateur Brian Mulroney contre l apartheid en Afrique du Sud. Jason Kenney affirme que le plus difficile dans son travail est de confirmer l expulsion d un réfugié ou d un immigrant qui avait justement choisi son nouveau pays en raison de sa réputation de respect des droits de la personne. «Ça touche des familles, c est toujours pénible. Mais si la personne a abusé du système ou fait de fausses déclarations, on ne peut pas l accepter. Il faut rester ferme et ne pas encourager les gens à venir profiter de notre générosité.» Son ministère a d ailleurs ouvert une gigantesque chasse aux fraudeurs. L enquête, qui porte sur immigrants, a permis jusqu à présent de révoquer la citoyenneté de personnes. «La citoyenneté canadienne n est pas à vendre», lance-t-il régulièrement, frondeur, aux journalistes en point de presse. Même argument évoqué pour justifier l une de ses prochaines réformes, qui mettra fin à la citoyenneté automatique accordée à un enfant qui naît sur le sol canadien. «C est un vestige du 19 e siècle qui ne subsiste qu au Canada et aux États-Unis.» Kenney estime que des touristes en profitent pour accoucher au Canada afin que leur enfant, quelques années plus tard, utilise sa citoyenneté pour parrainer la venue de ses parents. «Ça donne accès à nos généreux programmes sociaux», dit-il. Le ministère de la Citoyenneté avoue toutefois n avoir aucun chiffre sur le «tourisme des naissances» et ses coûts pour le Canada. «C est une exagération pour faire peur aux gens», tranche Olivia Chow, du NPD. La décision d obliger les femmes portant la burqa ou le niqab à dévoiler leur visage pour prêter le serment de citoyenneté est, selon le ministre, une autre question de principe. «Je suis en faveur du pluralisme et de la diversité, mais parmi les valeurs canadiennes déterminant qui nous sommes, il y a l égalité hommes-femmes. On ne va pas contrôler ce que portent les gens, mais pour prêter serment à un pays, tu dois montrer qui tu es», dit-il. LE virus de la politique D où le ministre tient-il ses principes fermes et sa foi catholique? La famille Kenney n était pourtant pas particulièrement pratiquante. «Nous étions une famille libérale sur ce plan. Nos parents n ont jamais insisté. C est Jason qui a voulu commencer à fréquenter l église régulièrement», raconte Martin, 52 ans, le plus vieux des trois frères Kenney David a 50 ans et Jason 44 ans. Au fil des années, la force des croyances de Jason Kenney a même incité sa famille à changer de confession! «Nous étions anglicans et Jason a décidé de devenir catholique. 44 { 15 décembre 2012 l actualité
13 Cérémonie spéciale de la citoyenneté au Musée canadien des civilisations, à Gatineau, organisée à l occasion de la fête du Canada de Un incontournable pour le ministre Kenney. d.r. Nous l avons tous suivi, sauf son frère Martin», confie sa mère, Lynne. Jason Kenney est né en 1968 à Oakville, à 40 km au sudouest de Toronto. Son père, Robert, ancien pilote de chasse dans l Armée de l air, venait de décrocher un emploi de surveillant et mentor au pensionnat privé pour garçons Appleby, un collège huppé situé directement en bordure du lac Ontario. Robert Kenney et sa famille vivent alors dans un petit appartement de trois pièces se trouvant au bout du corridor de la Colley House, où résident 80 adolescents en pension. «C était un environnement magnifique, très stimulant et, je l avoue, un peu turbulent!» affirme Martin Kenney. En 1972, la famille déménage à Winnipeg, où Robert Kenney s est vu offrir la direction de la Balmoral Hall School, une école privée réservée aux filles. À quatre ans, le jeune Jason y entrera à la prématernelle le seul garçon de sa classe. «On n avait pas le choix, il était très jeune et l école de garçons était trop loin», explique sa mère, qui remarque alors le côté indépendant de son fils. «Il n était pas intimidé du tout.» Nouveau déménagement en 1976, quand Robert Kenney devient directeur de l Athol Murray College of Notre Dame, réputée école secondaire catholique où Jason fera ultérieurement ses études. C est là, dans le petit village de 350 âmes de Wilcox, dans la campagne agricole de la Saskatchewan, à environ 50 km au sud de Regina, que Jason Kenney passe les années marquantes de sa jeunesse. Il fréquente d abord l établissement primaire public de Wilcox, une école de rang d une seule classe, où la professeure Smith enseigne aux élèves de tous les niveaux. Il devient un lecteur insatiable et, à neuf ans, il se montre déjà exigeant. Lors d un devoir, il refuse de dessiner la carte de la rivière Rouge s il ne peut pas l accompagner d une recherche écrite. «Il est revenu à la maison furieux en disant que le savoir, c était plus que du crayonnage!» se souvient sa mère. En 1977, un député libéral fédéral de 24 ans vient inaugurer le bureau de poste de Wilcox. C est la première manifestation politique à laquelle assiste Jason Kenney. «J ai adoré ça! se rappelle-t-il aujourd hui. Les discours, les gens qui écoutent, l atmosphère...» Le jeune député n est nul autre que Ralph Goodale, qui deviendra plus tard ministre des Finances dans le gouvernement de Paul Martin et qui est, encore aujourd hui, le seul député libéral fédéral de la Saskatchewan. En avril de la même année, l Athol Murray College of Notre Dame célèbre son 50 e anniversaire avec un souperbénéfice à Regina. La musique dansante est assurée par le groupe du grand-père de Jason, Mart Kenney and His Western Gentlemen, très connu dans l Ouest à l époque. Dans la loge, avant le début de la soirée, un député vient saluer l orchestre : John Diefenbaker, qui a été premier ministre du Canada de 1957 à 1963, et qui restera député jusqu à son décès, en Le jeune Jason s approche de lui et tire sur sa manche de veston. Diefenbaker se penche vers lui. «Je voudrais peut-être devenir premier ministre plus tard, mais je ne pense pas être assez intelligent», lui dit le petit Kenney. l actualité 15 décembre 2012 } 45
14 «J étais estomaquée, tout comme Diefenbaker!» se souvient Lynne Kenney. Ses frères initient Jason au hockey, qu il adore, mais il doit abandonner après deux ans, parce qu il a les pieds trop larges! «Aucun patin ne lui faisait, raconte Martin Kenney. Mais durant les années où il a joué à la défense avec nous, il était redoutable. Il donnait des mises en échec, même si ce n était pas permis!» Un esprit fonceur qu il conserve à l école secondaire, où il met sur pied l équipe de débats oratoires de l Athol Murray College of Notre Dame. Il remportera d ailleurs la finale provinciale du Sud en Pendant cette période, plusieurs dignitaires visitent l école, et son directeur, Robert Kenney, les reçoit alors à la maison. La princesse Anne d Angleterre viendra notamment faire un tour. Après ces soupers, l adolescent Jason se dépêche d aider sa mère à desservir pour revenir s asseoir à table et écouter les dignitaires. «Ça parlait politique, économie, affaires publiques, et Jason ne pouvait pas toujours résister à la tentation de s immiscer dans la conversation», raconte Lynne Kenney. Robert, un verbomoteur à forte personnalité, laisse son fils participer, pourvu qu il amène des arguments pertinents à la discussion. Durant ces années, un homme d affaires bien connu en Saskatchewan, Frederick W. Hill, s arrête souvent à la maison des Kenney. Il siège au conseil d administration de l Athol Murray College of Notre Dame et devient, sans le vouloir, le mentor informel de Jason Kenney à la fin de son secondaire. Malgré les 40 ans qui les séparent, les deux passent des heures à discuter. Catholique pratiquant, Hill soutient Jason lorsqu il décide de poursuivre ses études aux États-Unis, à l Université catholique de San Francisco, où il étudie notamment la philosophie et la théologie. La foi catholique de Jason Kenney prend alors son essor. En , année où il dirige l association étudiante de l université, il mène une lutte acharnée contre la direction de l établissement, qui a permis à un groupe d étudiants de distribuer des dépliants sur l avortement. Outré, Jason Kenney lance une pétition demandant à l Église de retirer son statut catholique à l université. La controverse rebondit dans les médias régionaux. Interviewé à la télé, Kenney déclare : «Si l université n est pas prête à offrir un environnement éducatif cohérent avec la foi catholique, elle devrait cesser de s appeler catholique!» À son retour en Saskatchewan, son univers tourne autour de la politique. Il vient de franchir la vingtaine et travaille quelques mois comme adjoint au député libéral Ralph Goodale. L expérience est enrichissante, mais non concluante. Beaucoup de réformes et des controverses En ce 20 avril, la salle du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) est remplie de spécialistes de l immigration venus entendre Jason Kenney expliquer sa vision et ses priorités. Le président du conseil d administration de la Société du Vieux-Port de Montréal, Gerry Weiner, le présente comme un «ami», qui «n a pas peur de bousculer, de s attaquer aux vaches sacrées pour améliorer son ministère». Quelques minutes plus tard, en plein discours du ministre, deux manifestantes se lèvent dans la salle et brisent l ambiance feutrée en criant leur indignation à Jason Kenney. Elles l accusent d être un idéologue qui brime les droits des réfugiés avec ses réformes. Qui dit vrai? Kenney est-il un réformateur efficace ou un idéologue borné? «Les deux!» s exclame Stephan Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes, à Montréal. «C est ce qui le rend spécial.» Pendant des années, les spécialistes de l immigration, comme Stephan Reichhold, ont rêvé d un Jason Kenney : un ministre influent aux coudées assez franches pour transformer un ministère plombé par l inefficacité et une lenteur chronique dans le traitement des dossiers. «Il agit sur plusieurs fronts et il fait ce qu il dit. Ce n est pas courant», affirme Stephan Reichhold, qui salue certaines de ses réformes, notamment les nouvelles règles instaurées pour encadrer les consultants en immigration ou enrayer l abus envers les aidants domestiques venus de l étranger, ou encore celles concernant la fin des visas de travail accordés aux danseuses nues ce qui favorisait l exploitation des femmes. Olivia Chow, députée du NPD et critique en matière d immigration pendant cinq ans, cite le traitement plus rapide des dossiers en attente et la mise en place d une section d appel pour les réfugiés. «On a travaillé avec lui dans plusieurs dossiers, dit-elle. Il a souvent adopté certaines de nos idées.» Les nouveaux critères plus sévères pour évaluer la connaissance du français ou de l anglais des immigrants ce qui devrait faciliter leur intégration sont aussi cités. «Il est normal qu au Québec les 46 { 15 décembre 2012 l actualité
15 Son séjour aux États-Unis l a transformé. Là-bas, Jason Kenney a été en contact étroit avec les valeurs et les idées conservatrices, notamment en fiscalité et en économie. Lui qui avait succombé, comme la majorité de la jeunesse canadienne, au charisme de Pierre Elliott Trudeau dans les années 1980, est revenu des États-Unis plus à droite, plus éloquent et, surtout, convaincu que le Parti libéral du Canada et le Parti progressiste-conservateur sont des clones sans valeurs fortes pour les guider. Il part pour l Alberta, où il fonde l aile provinciale de la Canadian Taxpayers Federation, qui milite pour un État minceur et lutte contre le gaspillage des fonds publics. Ses assauts contre les généreuses pensions versées aux députés et ministres du gouvernement de Ralph Klein attirent rapidement l attention. À l âge de 25 ans, il est promu à la tête de l organisme pancanadien, où il gère un budget de quatre millions de dollars et 60 employés. Il talonne sans relâche le gouvernement Chrétien pour qu il réduise le déficit fédéral et les dépenses publiques. C est à ce moment que le chef du Parti réformiste, Preston Manning, l invite à se présenter comme député. «Il était un formidable communicateur, très habile en matière de conservatisme fiscal. Rapidement, il a commencé à apprendre le français pour pouvoir mieux débattre aux Com munes», raconte Manning, selon qui Kenney a toujours «beaucoup d ambition dans tout ce qu il entreprend». Les deux hommes se parlent encore régulièrement, notamment au sujet de la stratégie auprès des communautés culturelles. et après l immigration? A-t-il l ambition de succéder à Stephen Harper? Chez les militants et les bonzes conservateurs, il n y a pas de doute : Kenney sera sur les rangs. Son bilinguisme et le formidable réseau qu il a bâti au sein des communautés culturelles seraient deux atouts de taille. Autre indice de ses intentions : il a mis sur pied une vaste base de données pour garder contact avec les militants. Quelques fois par année, ceux-ci reçoivent un courriel de Jason Kenney leur exposant ses dernières réalisations. «Je ne suis plus un militant actif et je continue à recevoir de ses nouvelles, explique une source conservatrice du Québec. Il entretient son réseau.» Son ancien chef de cabinet, Agop Evereklian, ne serait pas du tout étonné que Kenney tente sa chance. «Mais il n en parle jamais. Si quelqu un aborde le sujet en sa présence, il se fâche et remet la personne à sa place!» En entrevue, Kenney calibre sa réponse avec précision, sans fermer la porte. «Je suis trop occupé pour y penser. Avec Stephen Harper, on a le leader le plus efficace de immigrants apprennent le français et le parlent», affirme d ailleurs Jason Kenney. Mais les 13 lois qu il a déposées ou modifiées depuis 2008, en plus des dizaines de réformes en marche, ne sont pas toutes bien accueillies. «Certains de ses projets sont carrément des atteintes à la dignité humaine, poursuit Olivia Chow. Il peut être très idéologique.» Selon Stephan Reichhold, «c est parfois carrément méchant». Tous deux mentionnent la Loi visant à protéger le système d immigration du Canada (ancien projet de loi C-31), qui punit les réfugiés arrivés par bateau avec l aide de passeurs clandestins. Ces personnes seront maintenant détenues à leur arrivée au Canada et pourront l être pendant 12 mois, avec révision périodique de leur dossier. Si leur demande est acceptée, ils ne pourront obtenir le statut de résident permanent avant cinq ans. «Le gouvernement va emprisonner des gens désespérés qui se sont fait avoir dans leur pays par des fraudeurs. Ça crée deux classes de réfugiés», dénonce Olivia Chow. «Ça contredit son beau discours sur le respect des droits de la personne», tranche Stephan Reichhold. Son de cloche similaire lorsque Jason Kenney a décidé de sabrer le Programme fédéral de santé intérimaire, afin d économiser 20 millions de dollars par année. Depuis le 1 er juillet, des milliers de réfugiés, demandeurs d asile et sans-papiers n ont plus accès gratuitement aux soins dentaires, aux examens de la vue et aux médicaments jugés non urgents. Des professionnels de la santé de partout au pays ont dénoncé cette décision. Le Collectif Justice Santé estime qu il s agit d un traitement «inhumain». Jason Kenney réplique que certains réfugiés recevaient plus de soins gratuits que les Canadiens, qui doivent, eux, cotiser à un régime d assurance privée pour se les offrir. «On aurait pu modifier le système sans le mettre à la poubelle», réplique Stephan Reichhold. Ces réformes plus controversées sont parfois des surprises, même pour les fonctionnaires du ministère de l Immigration. Dans son cabinet, Jason Kenney travaille avec un petit cercle de conseillers et quelques fonctionnaires de confiance. Certains cadres du Ministère apprennent les réformes à venir dans les médias. «Kenney ne fait pas confiance facilement», explique l un des employés du Ministère, qui a demandé l anonymat. «Il a l impression qu une partie des fonctionnaires ne partagent pas la vision du gouvernement.» l actualité 15 décembre 2012 } 47
16 l histoire du mouvement conservateur, et il sera là longtemps. Ce n est pas possible d être bon dans mon travail si je pense à ça.» Jason Kenney n est pas réputé pour les déclarations publiques intempestives qui mettent le premier ministre dans l embarras. «Il est facile à gérer et très discipliné quand il transmet le message du gouvernement. Ça fait l affaire de Harper», affirme une source conservatrice. Mais en privé, il peut devenir plus caractériel. Le vicepremier ministre progressiste-conservateur de l Alberta, Tom Lukaszuk, l a appris à ses dépens en juin dernier. La députée Blaine Clakins, responsable du caucus albertain au sein des troupes de Harper, avait écrit un courriel à ses collègues pour savoir si quelqu un pouvait organiser la visite de Lukaszuk à Ottawa. La réponse de Jason Kenney a été cinglante : «Non. Ça n a pas de sens de créer un précédent et de tenir une réunion extraordinaire du caucus pour chaque ministre d un gouvernement provincial en visite. En plus, c est un trou de cul fini [a complete and utter asshole]!» Les deux hommes avaient eu maille à partir au sujet des visas de travailleurs temporaires, très recherchés dans le secteur des sables bitumineux. Jason Kenney a toutefois envoyé par erreur sa réplique à tous les députés conservateurs fédéraux, et le courriel a été divulgué au Edmonton Journal, signe qu un collègue n a pas apprécié les propos du ministre. Il a dû s excuser auprès de Lukaszuk. Kenney est beaucoup plus patient avec les communautés culturelles. En ce chaud dimanche après-midi de mai, au milieu d un parc industriel désert de Mississauga, en banlieue de Toronto, il écoute depuis bientôt 30 minutes le discours monotone d un prêtre bouddhiste, assis par terre dans le petit temple Mahadhammika de la communauté birmane, qui accueille quelque 500 réfugiés par année dans la Ville reine. Le ministre se lève finalement, sourire aux lèvres, sachant qu il a une bonne nouvelle en réserve. Il commence par souligner que le Canada a versé 35 millions de dollars en 2010 afin d aider la Birmanie à se relever d un typhon meurtrier. Il enchaîne en répétant qu Aung San Suu Kyi, figure célèbre de l opposition birmane, a été nommée citoyenne canadienne à titre honorifique par son gouvernement. Puis, il lâche le morceau. Dans la voiture, en se rendant au temple, Jason Kenney a approuvé le statut de réfugié du leader de l opposition birmane Ler Wah Lo Bo, arrivé au Canada en 2002, mais vivant toujours dans l incertitude en raison de son passé contestataire dans son pays. «Je lui ai parlé au téléphone, il pourra rester ici, au Canada», affirme le ministre. Les applaudissements et les cris fusent pendant un long moment dans la petite salle de prière, plus habituée au calme bouddhiste qu aux éclats de joie. Quelques minutes plus tard, le ministre peine à sortir du temple tellement les fidèles se pressent autour de lui. Il a un œil sur l escalier et l autre sur les nombreux cadeaux qu on lui tend et qu il tente de refuser avec politesse. Après 13 rencontres ou discours, la voiture se met en marche pour la dernière activité de la journée : la grande fête traditionnelle sikhe de la Vaisakhi, à Brampton. «Je suis crevé», me dit-il. Le ministre parle moins vite et moins fort que le matin. Nous passons devant une église chrétienne irakienne, puis un temple indien. «Sur les 25 circonscriptions des banlieues de Toronto, on en a remporté 24, dit-il en jetant un regard par la vitre. Sans l appui des communautés ethniques, ça aurait été impossible.» Les conservateurs estiment avoir remporté 42 % du vote ethnique au pays lors de la dernière élection, soit plus que les 39 % qu ils ont récoltés au total. Et plus que les autres partis. «Je n ai pas l intention d arrêter en si bon chemin», lâche-t-il. Kenney songe-t-il à succéder à Harper? Des militants en sont sûrs. Mais le ministre élude la question : «Je suis trop occupé pour y penser. Ce n est pas possible d être bon dans mon travail si je pense à ça.» Une source proche du premier ministre affirme qu au lendemain des élections beaucoup s attendaient à ce que Jason Kenney change de ministère et obtienne une promotion pour services rendus. Mais l idée n a pas effleuré Stephen Harper. «Il y avait trop de réformes importantes en chantier, et le message aux communautés culturelles aurait été très mauvais, affirme ce conseiller. Après avoir courtisé et obtenu leur vote, on leur enlève leur champion tout de suite après le scrutin? Non.» Même s il avoue parfois avoir le goût de changer d air et de passer à un autre défi, Jason Kenney refuse de se plaindre. Le ministre se sent utile à la cause conservatrice. Après 15 minutes de route, la voiture s approche de la fête. Les turbans multicolores sont de plus en plus nombreux. Le ministre scrute attentivement la scène par la vitre. Il commence à énumérer des villes en banlieue de Toronto et de Vancouver : Brampton, Mississauga, Richmond, Surrey, Etobicoke Une bonne partie des 30 sièges qui seront ajoutés à la Chambre des communes lors du prochain scrutin, en 2015, viendront de ces régions à forte croissance démographique et de plus en plus multiethniques. Il sourit. «Ça devrait être très bon pour nous», dit-il en mettant le pied dehors. 48 { 15 décembre 2012 l actualité
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