LA PREPARATION MENTALE DES INTERPRETES LANGUE DES SIGNES/FRANCAIS
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1 Virginie DEVILLIERS M2 Interprétariat LSF/Français Université Lille 3 LA PREPARATION MENTALE DES INTERPRETES LANGUE DES SIGNES/FRANCAIS Année 2012/2013 1
2 SOMMAIRE Sommaire p.2 Résumé p.5 Introduction p.6 1. LES INTERPRETES ET LA SITUATION D INTERPRETATION p LA PREPARATION LOGISTIQUE D UN RENDEZ-VOUS p LA PREPARATION DU CONTEXTE p LA PREPARATION AU NIVEAU DE LA LANGUE p.9 ET DES CONNAISSANCES 1.4. LA PREPARATION MENTALE, POURQUOI? p LA PREPARATION MENTALE DANS LE SPORT ET DANS LES ARTS p LA PREPARATION MENTALE : QUELLE DEFINITION? p LA REPETITION ET L IMAGERIE MENTALES p LES BUTS DE LA PREPARATION MENTALE p LA PERFORMANCE MENTALE p LE POTENTIEL ENERGETIQUE p Les savoirs p Les savoir-faire et les savoir-être p La motivation p La fatigue mentale p LE POTENTIEL DE CONTROLE EMOTIONNEL p Les savoirs p Les émotions p.22 2
3 Deux réactions particulières p La zone optimale p Les savoir-faire et les savoir-être p Les images positives p Le stress p LE POTENTIEL COGNITIF p Les savoirs p Les savoir-faire et les savoir-être p L attention et la concentration p Les croyances p L erreur p LE POTENTIEL RELATIONNEL p Les savoirs p Les savoir-faire et les savoir-être p LE POTENTIEL DE CONFIANCE EN SOI p Les savoirs p Les savoir-faire et les savoir-être p LA PREPARATION MENTALE DES INTERPRETES p LES ENTRETIENS p Le contenu de l entretien p Le bilan des entretiens p QUELQUES TECHNIQUES TRANSPOSABLES p Longtemps avant un rendez-vous et régulièrement p La motivation p L apprentissage p Les croyances p Les relations avec les collègues p La confiance en soi p Avant ou juste avant un rendez-vous p La concentration p La gestion de l énergie p.46 3
4 La gestion émotionnelle p La confiance en soi p Pendant le rendez-vous p La concentration et la reconcentration p La gestion émotionnelle p La gestion de l erreur p Résister à la fatigue p La fluidité p Après le rendez-vous p La motivation et le renforcement p La gestion de l échec ou de l erreur p La gestion émotionnelle p La gestion de la fatigue p.53 Conclusion p.54 Remerciements p.55 Annexes p.56 Bibliographie p.60 4
5 RESUME Ce mémoire est une recherche sur la transposabilité des techniques de préparation mentale, utilisées par les artistes et les sportifs, aux interprètes en langue des signes et en français. Pour tenter de répondre à cette problématique, je suis partie des écrits existants sur la préparation mentale des sportifs. Je me suis intéressée à ce qu était une performance sportive, les habiletés à acquérir pour y parvenir. Les sportifs apprennent et utilisent des techniques de préparation mentale pour la concentration, la gestion des émotions et de la fatigue, Après avoir expliqué touts ces savoir-faire à acquérir, il a été nécessaire d identifier les techniques qui pouvaient présenter un intérêt pour les interprètes et comment ils pouvaient les apprendre et les utiliser. Sportif et interprète peuvent sembler des professions très éloignées mais la préparation mentale utilisée par les premiers peut l être par les seconds en les adaptant à la spécificité du métier. Mots-clés : - préparation mentale - savoir-faire - savoir-être - émotions - confiance - concentration 5
6 INTRODUCTION Lors de mes stages, les tuteurs m ont, à plusieurs reprises, conseillé de me concentrer, de me mobiliser avant un rendez-vous. Je me suis alors questionnée sur les moyens dont je disposais pour me préparer mentalement avant une interprétation. Nous avons vu en cours ou à travers des ouvrages comment préparer techniquement et linguistiquement un rendez-vous. Mais comment se mettre en «condition mentale»? C est pour cela que j ai choisi de m intéresser à la partie «préparation mentale» du métier d interprète. Je me suis demandée alors si la préparation mentale, que pouvait effectuer un interprète avant un rendez-vous, pourrait éventuellement se rapprocher de la préparation effectuée par certains athlètes ou certains artistes. Un sportif de haut niveau doit être capable de se mobiliser physiquement et mentalement pour produire le meilleur lors d un évènement sportif. Il doit pouvoir se concentrer, gérer son stress et ses émotions, occulter les bruits environnants, être attentif, mobiliser toute son énergie, se motiver, se fixer des objectifs, avoir confiance en lui, contrôler ses pensées, Tout cela en vue d accomplir une tâche bien précise. Avant une compétition importante, le sportif va s entraîner, répéter des gestes techniques, apprendre avec son entraîneur à se mobiliser sur le plan mental. C est également le cas d un musicien professionnel qui, après de longues heures de répétition, devra, sur scène, être au mieux de sa forme technique et mentale pour être capable de réaliser une performance ou une prestation de qualité. Un comédien doit, au terme d une préparation, monter sur scène en réussissant à mobiliser le maximum de son potentiel artistique et mental afin que sa prestation soit en adéquation avec ses capacités. Ces différentes habiletés mentales mobilisées par les sportifs ou les artistes font étrangement penser au métier d interprète en langue des signes. Avant un rendez-vous, un interprète va devoir se concentrer et se préparer mentalement à ce qui va se passer : se concentrer, se mobiliser mentalement, se faire confiance pour avoir confiance en sa traduction, éviter les pensées parasites, ne pas se laisser trop distraire par l environnement qui peut être parfois perturbant. Dans une première partie, j expliquerai en quoi consiste la préparation effectuée par un interprète avant un rendez-vous. 6
7 Dans une deuxième partie, je détaillerai les recherches sur la préparation mentale et psychologique dont peuvent bénéficier certaines professions comme les sportifs de haut niveau ou les artistes. Comment est définie la préparation mentale et/ou psychologique par les chercheurs et certains psychologues ou coaches du sport? Dans quel but est-elle proposée aux athlètes ou aux artistes? Quelles sont les habiletés mentales qui peuvent être acquises? Enfin, dans une troisième partie, je reprendrai certaines techniques de préparation psychologique et je formulerai des hypothèses quant à leur transposabilité au métier d interprète tout en les étayant à l aide d entretiens. 7
8 1. LES INTERPRETES ET LA SITUATION D INTERPRETATION Avant un rendez-vous, l interprète prépare et se prépare. Cette préparation peut se décomposer en plusieurs étapes. Elle varie suivant le type de rendez-vous : liaison, réunion, formation ou conférence. Mais la base de la préparation reste identique. Il s agit pour l interprète de se préparer au mieux afin d aborder le rendez-vous le plus sereinement possible même si la préparation parfaitement complète n est pas possible LA PREPARATION LOGISTIQUE D UN RENDEZ-VOUS Avant un rendez-vous, il est important de préparer le rendez-vous d un point de vue que nous appellerons «logistique», c est-à-dire tout ce qui relève de l organisation-même : - connaître les horaires, la date et la durée, - avoir le lieu précis et savoir comment s y rendre, évaluer le temps nécessaire pour le trajet (voiture, métro, circulation dense, ), au besoin savoir où se garer, - posséder d éventuels codes pour accéder à un immeuble ou avoir prévenu suffisamment à l avance pour avoir un badge d accès prêt à l accueil,, - savoir s il s agit d un rendez-vous court, si l on vient relayer un collègue ou si l on sera plusieurs interprètes, - s assurer que l organisme, qui a fait appel à un interprète, connaisse les contraintes de la profession : la nécessité d une pause après une heure d interprétation, le besoin de deux interprètes pour une intervention complexe ou dépassant deux heures, la déontologie, Tout cela s organise en amont et plusieurs jours, voire semaines à l avance. Pour les interprètes débutants ou nouvellement arrivés dans une ville, cette étape de la préparation, qui pourrait sembler futile, est pourtant primordiale. Cela permet d évacuer une partie de stress inutile liée à tout ce qui se déroule en amont d une interprétation LA PREPARATION DU CONTEXTE Il est également nécessaire pour que l interprète puisse assurer une prestation de qualité de connaître un minimum de contexte par rapport au rendez-vous prévu. Comme l expliquent A. Bernard, F. Encrevé et F. Jeggli (2008 : 77), «Lorsqu un interprète accepte d interpréter une situation de liaison (entretien), de réunion, de formation ou de conférence, il doit s informer auparavant de son contenu ainsi que de ses objectifs. Il est même recommandé, si l interprète en a la possibilité, de connaître 8
9 les intentions de chacune des parties présentes [ ] Le but de ces informations est de lui permettre d être en mesure d interpréter le plus justement les propos et intentions de chacun.» Toute cette connaissance du contexte va permettre à l interprète de se préparer par rapport aux personnes en présence et au thème du rendez-vous. Les informations données au préalable pourront apporter à l interprète des informations sur : - Les personnes en présence et leur rôle ou fonction : sourds, entendants, participants à une réunion ou à une formation, invités lors d une conférence, réunion à distance par visioconférence, - Les personnes qui vont prendre la parole : en liaison avec un médecin ou un employeur, en conférence avec un ou plusieurs orateurs présents sur scène et un débat ou des échanges avec la salle ensuite, en formation avec un enseignant présent ou un intervenant extérieur, des parents sourds ou entendants avec des enfants ou adolescents sourds ou entendants - Le type de structure où l interprète va intervenir : hôpital, entreprise, établissement scolaire, institution,. - La fréquence de l intervention : suivie ou ponctuelle - Le thème et les objectifs du rendez-vous : enjeux personnels ou professionnels, annonce de diagnostic, formation diplômante, Toute cette préparation permet de contextualiser le rendez-vous et d arriver en ayant levé certains questionnements. Ce n est pas lorsque l entretien sera commencé et que l interprète pourra être en difficulté qu il faudra songer à cette préparation. Bien-sûr, malgré tout cela, l interprète peut avoir oublié certains détails ou ne pas avoir songé à certaines questions et se retrouver en difficulté. Les informations données peuvent être inexactes ou incomplètes. L interprète aura de plus la possibilité d expliquer son cadre de travail : temps de travail, besoin de pause, intervention seul ou en binôme, Cette connaissance du contexte permet également de cerner les émotions qui pourront éventuellement être ressenties pendant le rendez-vous. Cela donnera des informations à l interprète sur le climat éventuel. Nous reviendrons sur ce point dans la partie sur la préparation mentale LA PREPARATION AU NIVEAU DE LA LANGUE ET DES CONNAISSANCES La situation d interprétation nécessite de comprendre pour ensuite être en capacité de traduire dans une autre langue. 9
10 L interprète a donc besoin de connaissances préalables avant un rendez-vous d où l importance de cette partie de la préparation. Il s agit pour l interprète de préparer linguistiquement la traduction : chercher le lexique spécifique, repérer le thème, le déroulement de l intervention, les mots-clés,. Mais il s agit aussi d arriver avec suffisamment de connaissances pour comprendre ce qui va être dit afin de pouvoir l interpréter au mieux. Dès que l interprète sait où il va intervenir, il lui est nécessaire de faire des recherches linguistiques sur le vocabulaire susceptible d être utilisé pendant le rendez-vous. Pour les rendez-vous médicaux, les interprètes savent en général dans quel service ils se rendent et s il s agit d un suivi annuel, d un examen ou d une situation plus particulière. Cela permet de préparer des signes en rapport avec le thème, de se renseigner sur les différents types d examens. Par exemple, en ophtalmologie, il y a une suite d examens bien précise qui est effectuée. Pour un dossier MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées), le rendez-vous ORL est assez standard. L interprète en amont, peut se documenter sur le plan médical et sur le plan linguistique. Si des collègues sourds sont présents dans le service, il peut également les solliciter pour certains concepts ou réfléchir avec eux sur les signes les plus appropriés à la situation. Pour les rendez-vous administratifs, il est utile d avoir l organigramme de la structure administrative dans laquelle s effectue le rendez-vous en tête ou de connaître certaines démarches ou procédures administratives. La préparation permet aussi de repérer des sigles ou termes techniques qui pourraient être utilisés par un agent administratif. Lorsqu il s agit de formations ou de réunions plus spécifiques, il est important de connaître le contenu, d avoir de la documentation envoyée en amont afin de bien comprendre par exemple le fonctionnement d une entreprise, d un projet en cours. Certaines entreprises utilisent un langage très spécifique ou utilisent des termes ou expressions en anglais que tout le personnel présent comprend sauf l interprète. Bien se documenter sur l entreprise pour laquelle on va aller traduire permet d avoir une vue d ensemble de la structure, d en connaître la hiérarchie, le fonctionnement, ce qui pour certains rendez-vous est loin d être négligeable. S il s agit d un cours et quel que soit le niveau, savoir à l avance le thème qui va être abordé permet à l interprète d acquérir, si besoin, des connaissances qui pourront l aider pendant son interprétation et pour bien comprendre le discours. Toutefois, comme l explique Pierre Guitteny (2009 : 126), «[ ] il est impossible d avoir une égale maîtrise dans tous les domaines, tant au point de vue du vocabulaire que des concepts utilisés.» Même s il est vrai que les connaissances requises en collège ou en lycée peuvent sembler moins exigeantes que les savoirs de l enseignement supérieur, connaître les 10
11 objectifs de l enseignant, les notions-clés abordées est nécessaire pour une interprétation de qualité. Pour les conférences, il est indispensable de connaître le thème à l avance et d avoir un diaporama ou les supports qui vont être utilisés. Ce type d intervention étant souvent technique, avoir ces documents en amont permet à l interprète d effectuer des recherches, de contacter des personnes ressources ou d approfondir un thème qu il ne maîtrise que partiellement. Il est également important de vérifier avec qui on va travailler, pour savoir si ce sont des interprètes exerçant en libéral ou d un autre service qui seront présents. Cela permet de s assurer que les interprètes sont bien diplômés LA PREPARATION MENTALE «Il existe peu de métiers où la concentration doit être immédiate et la compréhension et l analyse correctes du premier coup.» (A. Bernard, F. Encrevé, F. Jeggli, 2007 : 83). Cette phrase, à elle seule, résume la nécessité d une préparation mentale. Une fois que l interprète a réuni toutes les informations nécessaires pour se rendre au rendez-vous dans les meilleures conditions, il se prépare psychologiquement. C est pour cette étape que bien connaître le contexte aide. Savoir si le rendez-vous va se dérouler dans une ambiance tendue ou non, si une information grave va être annoncée à l une des personnes présentes, si une personne sourde est convoquée par son patron pour faute grave par exemple ou si des parents sourds se rendent dans un établissement scolaire pour aller se plaindre. Les exemples peuvent se décliner à l infini. De nombreux interprètes disent qu ils se préparent à un éventail très large de possibilités en envisageant tout ce qui pourrait arriver suivant le type de rendez-vous qu ils vont traduire. La préparation mentale s effectue, aussi bien, sur les personnes en présence, le contenu de la discussion, l environnement, les comportements et les émotions qui vont émaner de ce moment de communication. En se préparant mentalement, l interprète canalise son énergie, se concentre, se mobilise intellectuellement et linguistiquement, gère son stress. Différents types d émotions peuvent interférer pendant l entretien et déstabiliser l interprète. 11
12 2. LA PREPARATION MENTALE CHEZ LES SPORTIFS ET LES ARTISTES 2.1. LA PREPARATION MENTALE : QUELLE DEFINITION? Tous les auteurs traitant du sport et de la préparation mentale chez les sportifs s accordent pour dire que la réussite sportive passe par trois paramètres étroitement liés et interdépendants : - Des aptitudes physiques et physiologiques et leur développement, - L acquisition de gestes techniques, - La connaissance d habiletés mentales et la capacité à les utiliser. Dans les différents écrits sur la préparation psychologique des sportifs, les auteurs utilisent à la fois les termes de préparation mentale, de préparation psychologique, de préparation psychique de l athlète. Il est important, dans un premier temps, de définir tous ces termes afin d avoir une idée précise de ce qu ils recouvrent. C. Sève (2009 : 170) différencie la préparation mentale de la préparation psychologique. Selon elle, la préparation mentale est «l utilisation par l athlète, à l approche de la compétition, de techniques de contrôle de l anxiété et de renforcement de l attention» alors que la préparation psychologique utilise des techniques de préparation mentale en plus d autres méthodes afin d améliorer le potentiel psychique de l athlète. M. Lévèque (1993), psychologue et maître de conférence en STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives), définit la préparation mentale comme «l ensemble des procédures directes ou indirectes susceptibles d améliorer le potentiel psychique de l athlète». S. Baert et Y. Dufour (2007 : 7) la définissent comme «un ensemble de techniques que l athlète apprend puis applique de façon autonome, en vue de développer l ensemble de ses qualités psychologiques et d optimiser sa performance.» Même si, dans ces trois définitions, les termes utilisés sont différents, on voit bien que la préparation dite mentale vise à apprendre ou à développer certaines techniques permettant une amélioration du potentiel psychique. Il est donc intéressant pour l athlète d acquérir un certain nombre de techniques et d habiletés mentales afin de supprimer le plus possible des facteurs perturbants d ordre psychologique. Durant l entraînement et surtout lors d une compétition, l athlète, pour être au meilleur de son potentiel technique et physique, doit réussir à développer son potentiel mental, c està-dire se concentrer, gérer son stress et ses émotions, se mobiliser physiquement et 12
13 psychologiquement. Tout cela en vue de réaliser une performance à la hauteur de ses capacités physiques, techniques et mentales. Cette préparation mentale s applique de la même façon aux artistes puisque les préparateurs mentaux qui suivent les sportifs et les artistes utilisent les mêmes techniques et ont suivi les mêmes formations universitaires. Le terme sportif utilisé dans ce mémoire recouvrera, par conséquent, à la fois le domaine artistique et sportif. T. Bompa (1983, cité dans R. Thomas (1994 :11) explique très bien l acquisition de toutes les compétences menant à la réussite ou à la réalisation d une performance sportive ou artistique. Ces performances doivent être acquises par l athlète les unes à la suite des autres. T.Bompa (1983) L acquisition de ces habiletés mentales a pour but d améliorer les performances sportives ou artistiques par le biais de la performance mentale. Certaines habiletés sont rapidement apprises par les athlètes ou les artistes, d autres nécessitent un apprentissage plus long avec l aide d un coach mental ou d un spécialiste. De plus, chaque personne étant différente, certaines vont réagir de façon positive à ces apprentissages, d autres auront besoin de plus de temps ou n y adhéreront jamais. Il en sera de même pour les personnes qui souhaitent avoir recours à une préparation mentale dans leur vie personnelle ou professionnelle. L acquisition de ces habiletés dépendra de plusieurs éléments : le potentiel psychologique de l athlète, son état psychologique au moment de l apprentissage et les demandes qu il aura formulées LA REPETITION ET L IMAGERIE MENTALE «La répétition mentale est généralement définie comme la répétition intériorisée d un patron moteur, sans la production concomitante de l activité musculaire normalement requise pour l exécution de ce patron moteur. La répétition est à l œuvre, par exemple, 13
14 lorsqu un individu visualise les étapes d un mouvement complexe ou d une action à exécuter.» M. Denis (1987, cité dans R. Thomas, 1994 : 38) La répétition mentale et l imagerie sont à la base de l acquisition de toutes les habiletés mentales. Tous les savoir-faire et les savoir-être, que peut acquérir un sportif, ne seront possibles qu avec un entraînement mental rigoureux et régulier. Par contre, chaque individu a une capacité à imaginer différente. Le travail ne sera donc pas le même. L imagerie mentale peut cependant s améliorer. Le sportif doit s entraîner en dehors des moments de compétition avec des images familières qui faciliteront au départ le développement de ses habiletés mentales LES BUTS DE LA PREPARATION MENTALE L entraînement mental va permettre au sportif de s améliorer dans plusieurs domaines : - La préparation psychologique va, d une part, améliorer les apprentissages technique et tactique. - Cette préparation va pouvoir également supprimer ou occulter les facteurs de perturbation de la performance sportive et mieux maitriser les émotions. - Elle va renforcer la motivation, améliorer la confiance en soi et permettre à l athlète de mieux gérer ses objectifs. - Elle va aussi augmenter la récupération physique et psychologique et accroître la capacité physique. Ces domaines sont en lien direct avec des savoir-faire et des savoir-être à acquérir qui seront développés ultérieurement. Toute cette préparation mentale a des effets bénéfiques sur l athlète. De nombreuses études ou auteurs l ont démontré au fil de l histoire sportive et certains pays l utilisent depuis de nombreuses années. Les sportifs décrivent un sentiment de bien-être et l utilité de cette préparation ressentie pendant l épreuve. C est en 1977, en France, qu est créé le laboratoire de psychologie du sport à l INSEP (Institut National du Sport, de l Expertise et de la Performance) tandis que les États-Unis s y intéressent depuis les années soixante-dix (E. Thill et P. Fleurance, 2000 :4). Alors que les Soviétiques étaient les pionniers en la matière, en Suède, 65% des sportifs de haut-niveau utilisent la préparation psychologique et même les élèves de l école publique bénéficient d une formation en entraînement mental (R. Thomas, 1994 : 16-17). 14
15 En juin 1991, le premier congrès mondial d entraînement mental est organisé. Ces quelques références mondiales et historiques prouvent que la préparation mentale fait partie intégrante de la préparation du sportif. Les auteurs expliquent, de plus, que toutes ces techniques ne se limitent pas au domaine sportif mais que des néophytes peuvent les utiliser en apprenant seuls ou avec un spécialiste et que cela peut trouver son utilité dans la vie quotidienne. Pour résumer, le but de la préparation mentale est de «rendre les athlètes capables de contrôler et de modifier leurs niveaux d activation nerveuse et de résister émotionnellement aux évènements qu ils rencontrent afin de maintenir leur équilibre psychologique.» (C. Sève, 2009 : 180). La performance mentale est donc une subtile et délicate question d équilibre LA PERFORMANCE MENTALE La performance mentale, c est-à-dire la réussite lors d une compétition grâce à la maîtrise d habiletés mentales, passe par différentes étapes qu il convient de détailler et de définir. F. Raynal et A. Rieunier (1997 :76-279) définissent la performance comme «l actualisation de la compétence». L. d Hainaut (1985, cité dans F. Raynal et A. Rieunier, 1997 : 77), quant à lui, explique que la compétence est un «ensemble de savoirs, de savoirfaire et de savoir-être qui permet d exercer un rôle, une fonction ou une activité, de façon que le traitement des situations aboutit au résultat espéré par celui qui les traite ou à un résultat optimal». La compétence est donc un ensemble de potentiels ou de capacités qui vont être à développer, à modifier ou à mettre en œuvre chez un athlète : - Les savoirs sont l ensemble des connaissances théoriques et des concepts acquis par une personne. - Les savoir-faire sont une mise en œuvre d un savoir et d une habileté pour une réalisation spécifique. - Les savoir-être sont un ensemble de comportements et d attitudes dans une situation donnée. Tous ces savoirs forment la capacité qui va être exploitée à travers une compétence. Cette même compétence va être utilisée par un athlète ou un artiste pour réaliser une performance et en particulier une performance mentale. 15
16 PERFORMANCE MENTALE Actualisation d une compétence : Potentiels ou capacités savoirs savoir-faire savoir-être Pour donner un exemple concret, un athlète fait une erreur pendant une compétition. Il est surpris donc se démobilise. Il sait qu il doit retrouver sa concentration car, sans cela, il n y a pas de réussite possible (savoirs). Il dispose des savoir-faire et des savoir-être pour corriger ce type d erreur et se reconcentrer. Il sait donc quelles capacités il doit modifier pour continuer à être performant sur le plan mental et plus largement sur le plan sportif. Tous ces savoirs vont s acquérir au cours des entraînements et le sportif, le jour de la compétition, pourra mettre en œuvre cette compétence et réaliser une performance. Toute cette démarche s apprend évidemment, soit seul, soit avec l aide d un préparateur mental et peut être utilisée aussi bien dans la vie sportive que dans la vie professionnelle ou personnelle. De nombreux préparateurs mentaux interviennent maintenant dans les entreprises, dans le monde des affaires, auprès de managers, de cadres, On trouve désormais sur Internet de nombreux coaches mentaux qui proposent leurs services pour des professionnels ou des particuliers. Nous avons vu que pour réaliser une performance sportive à l aide, entre autres, d une performance mentale, il convient d acquérir une compétence qui est un ensemble de potentiels. Le sportif devra développer ou modifier ces potentiels pour atteindre un niveau de bien-être lui permettant de réussir un match ou une épreuve. Tout ceci est évidemment dépendant d un niveau physique, technique et tactique suffisant. La préparation mentale seule ne suffit pas à réaliser une performance sportive. C. Target (2008 : 35) définit, dans un de ses ouvrages, quatre types de potentiels impliqués dans la préparation mentale. Nous allons reprendre sa catégorisation pour expliquer comment un athlète peut se préparer, quels sont, au sein de chacun de ces potentiels, les savoirs, savoir-être et savoir-faire à acquérir et quels types d exercices sont 16
17 possibles dans chaque catégorie. Et nous verrons qu au centre de ces quatre potentiels interdépendants émerge un cinquième potentiel qui est la clé de la réussite. Modèle de fonctionnement de l être humain C. Target (2008 : 87) 2.5. LE POTENTIEL ENERGETIQUE Les savoirs Le potentiel énergétique, c est-à-dire la capacité qu a un athlète à mobiliser toute son énergie mentale à la réussite d une épreuve, est directement lié à la motivation. H. Piéron (2003 : 286) définit la motivation comme «le facteur psychologique prédisposant l individu à accomplir certaines actions ou à tendre vers certains buts». Pour E. Thill et P. Fleurance (2000 : 94-95), «la motivation influence le déclenchement (elle dynamise le comportement de l athlète), la direction (elle oriente l athlète vers le comportement approprié) et la persévérance (elle pousse l athlète à rester ou non dans son sport) du comportement». On voit donc que le potentiel énergétique est en prise directe avec la motivation. De plus, la motivation se décline en deux pans : l intensité qu un athlète va consacrer à sa réussite et la direction dans laquelle il va orienter cette motivation, c est-à-dire l investissement qu il va porter à l activité sportive choisie. Cette intensité de la motivation va permettre d élever le niveau d activation du système nerveux central. L athlète aura alors un niveau d éveil (de l état de sommeil à la 17
18 surexcitation) suffisant ou non et sera performant ou non mentalement. Un athlète surexcité ne sera évidemment pas performant car il aura dépassé le niveau d activation optimal. Cet état permet au sportif de ne pas se désintéresser de la tâche sportive à accomplir. La motivation est aussi liée à la difficulté de l action à accomplir. Cette problématique sera développée dans la partie sur le potentiel cognitif. Mais cela permet de comprendre que toute la performance mentale est la résultante de potentiels étroitement imbriqués. La baisse ou le manque de motivation provoquent une diminution du potentiel énergétique. Ce problème est très souvent la conséquence d un épuisement psychologique ou d une fatigue mentale. Ce syndrome est évolutif et provient d une charge de travail trop importante, d une pression émotionnelle trop grande, d une implication personnelle trop intense, d un surentraînement physique. Cela perturbe également le processus de récupération et provoque une baisse de l attention et de perte de contrôle qui sont des facteurs psychologiques relevant d autres potentiels. C. Sève (2009 : 129) Mais ce qui est rassurant, c est que cette fatigue mentale se détecte très vite grâce à des grilles contenant des critères d évaluation notés de 1 à 9 que l athlète peut remplir seul ou avec son entraîneur et que des solutions existent. Pour atteindre un niveau optimal de potentiel énergétique, le sportif dispose de savoirfaire et savoir-être qu il pourra acquérir seul ou avec son préparateur mental. 18
19 Les savoir-faire et les savoir-être Pour définir ce que sont les savoir-faire, nous reprendrons la définition de C. Target (2008 : 113) qui utilise le terme de «savoir-faire procédure» : «Il s agit d une suite d opérations codifiées, soigneusement construite et répétée puis enregistrée en mémoire. [ ] Il permet la mise en œuvre immédiate d une capacité mentale afin de répondre directement à un besoin programmé ou non. [ ] Il permet de construire (ou de modifier) un outil intégré et de le stocker dans sa mémoire. Ce savoir-faire devient alors une ressource immédiatement mobilisable.» Les savoir-faire prennent en permanence des formes visuelle, kinesthésique ou auditive. À chaque athlète de déterminer le canal qui lui correspond le mieux. Les savoir-être sont bien-sûr inhérents à tous les savoir-faire des cinq potentiels. Ce sont tous les comportements et les attitudes d un sportif lors d un entraînement ou d une compétition. Le potentiel énergétique est en lien direct avec la motivation, l ambition, le besoin de réalisation de soi et d accomplissement. Une baisse ou un manque d énergie peuvent être provoqués par différents facteurs et conduisent à un état de fatigue générale. Cela peut provenir d un manque d engagement, c est-à-dire de motivation, être la conséquence d une fatigue mentale ou d un manque d ambition. Cette fatigue mentale peut rapidement disparaître grâce à l acquisition de savoir-faire. Mais, il est nécessaire de maintenir un équilibre entre le niveau d exigence physique, technique et mental La motivation La motivation chez un sportif est intrinsèque ou extrinsèque : - L athlète pratique une activité physique pour son propre plaisir et non par contrainte : il apprend ou travaille des techniques uniquement pour le plaisir et les sensations que cela lui procure. - Le sportif s entraîne parce que son entraîneur l y contraint, pour augmenter sa capacité musculaire ou pour ne pas se sentir coupable de ne pas aller à l entraînement. Pour développer une motivation plus autodéterminée, il existe plusieurs savoir-faire. Pour éviter la démotivation de son athlète, un entraîneur peut lui proposer de participer à la gestion des objectifs à atteindre tout en déterminant un calendrier pour y parvenir. Il s agit de réussir à fixer, avec le sportif, les buts qu il peut atteindre sans qu ils soient trop aisés ou trop ambitieux. Cela permet au sportif d apprendre à mieux se connaître, à se fixer des objectifs réalisables et à évaluer ses capacités. L athlète doit sentir qu il est à l origine de sa 19
20 performance tout en continuant à bénéficier de l aide de son coach. Mais il doit avoir la sensation que ses choix techniques ou stratégiques lui ont permis de réaliser une passe décisive ou un coup gagnant par exemple. Ce sentiment d autonomie et de compétence augmente la motivation d un individu. L athlète peut aussi utiliser une technique de répétition mentale. Il peut s imaginer sur un podium et y associer les émotions de ce jour-là ou se rappeler ce qu il a ressenti en gagnant un match ou une course par exemple. Il peut également se remémorer son entraîneur le félicitant pour une passe réussie et qui lui explique à l aide de quelle compétence, il est parvenu à bien exécuter ce geste technique. Cette habileté permet d augmenter la motivation intrinsèque La fatigue mentale En ce qui concerne la fatigue mentale, le principal savoir-faire est lié aux techniques de relaxation. Elles sont nombreuses : la sophrologie, la respiration abdominale, le trainingautogène de Schultz, le yoga, la relaxation progressive de Jacobson, l hypnose, Certaines nécessitent la présence d un spécialiste, d autres peuvent être utilisées facilement et rapidement par l athlète seul. - Avec un préparateur mental Le training-autogène de Schultz (R. Thomas, 1994 : 68-71) est une technique de relaxation qui permet d «atteindre un état hypnotique». La personne s installe confortablement au calme. Les exercices sont progressifs et doivent être répétés trois fois par jour pendant un cycle de douze à dix-huit semaines. Les exercices sont : «l induction au calme», «l expérience de pesanteur», «la sensation de chaleur». Quand ils sont maîtrisés, la personne passe au «contrôle cardiaque, respiratoire», à la «sensation de chaleur au niveau de l abdomen» et à «l idée de fraicheur du front». Par contre, ces exercices ne peuvent se faire qu en présence d un spécialiste et avec de la persévérance. Il existe ensuite un cycle inférieur qui permet de contrôler les affects et un cycle supérieur réservé aux personnes expérimentées. D autres sportifs utilisent la relaxation progressive de Jacobson. Dans un premier temps, l athlète contracte un groupe musculaire précis utilisé pendant un effort puis relâche des muscles qui ne sont pas concernés par l effort. Il compare ensuite les sensations. Cette technique est souvent utilisée en complément de l imagerie mentale et du contrôle respiratoire. Ce contrôle musculaire permet, par la suite, un contrôle psychologique. Ces deux techniques permettent de «créer une image mentale de relâchement» (R. Thomas, 1994 : 68). 20
21 D autres techniques plus spécifiques existent : la sophrologie, le yoga, la méditation, l hypnose. Elles sont utilisées pour certains athlètes ou ont été utilisées à certaines périodes. - Seul La relaxation permet de régénérer les fonctions biologiques et cognitives, de réguler le tonus musculaire, la tension et la respiration. L athlète apprend à se détendre physiquement et psychologiquement. Cette technique peut avoir une durée longue, courte ou très courte, ce qui permet à l athlète de l utiliser dans plusieurs situations et de s adapter rapidement. Pour pratiquer des exercices de relaxation, l athlète doit d abord se mettre en condition dans un endroit calme. C. Target (2000 : 120) propose des exercices progressifs pour atteindre cet état de relaxation. Il s agit de fiches que la personne complète elle-même et qui lui permettent de progresser à son rythme. Pour chaque exercice, tout le déroulement est détaillé et la personne peut ainsi cibler les savoir-faire du potentiel qu elle souhaite travailler. La première étape consiste à «se placer en situation de calme, de regard et de disponibilité intérieurs» et comprend trois exercices dont deux sont réalisables en public (voir les fiches en annexes). Ce sont des exercices de relâchement progressif de tout le corps, de la tête au pied. C est un dérivé de l induction au calme de Schultz. L objectif est de les réaliser rapidement en position assise et non allongée afin de pouvoir les effectuer dans tout type d endroit. La seconde étape permet au sportif de contrôler son rythme respiratoire et cardiaque. La dernière étape fait appel à la technique «d image ressource calme». Elle permet un contrôle de l image (geste technique) en se remémorant des sensations passées, de déterminer quel canal domine (visuel, kinesthésique, auditif), de retrouver des sensations de plaisir dans la pratique sportive. Cette dernière étape permettra ensuite d enclencher un contrôle du potentiel émotionnel. L athlète, en pratiquant ces exercices de relaxation, peut faire face à l anxiété et au stress en adaptant son niveau de vigilance au plus juste. Il contrôlera ainsi son potentiel énergétique et évitera de développer une certaine fatigue mentale. La respiration abdominale est une technique de relaxation assez simple à utiliser, même pour des non-initiés. Il s agit de respirer lentement et profondément en utilisant le diaphragme. Cela commence par la respiration haute puis la respiration basse pour ensuite alterner les deux. Le niveau d anxiété diminue grâce à la mise en œuvre du système parasympathique (système nerveux autonome). Les tensions physiques se relâchent. Le manque d engagement peut être dû à un stress trop important ou à une difficulté pour le sportif d identifier les objectifs à atteindre. Il existe pour ces perturbations d ordre psychologique des savoir-faire à acquérir. 21
22 Les savoir-faire de contrôle du stress seront développés dans la partie sur le contrôle émotionnel. La difficulté à identifier les objectifs à atteindre se trouve dans tous les potentiels. Le sportif ne dispose pas d objectifs clairs et identifiés, il ne sait pas où il va. De plus, si les objectifs sont trop ambitieux, le contrôle émotionnel n est plus possible. L athlète est stressé car il ne se sent pas capable d atteindre la performance attendue. Il n est pas en confiance, est anxieux. Il s épuise mentalement et se démotive. Il est donc primordial pour l entraîneur et l athlète d établir un projet avec des objectifs définis, de gérer le temps et les priorités jusqu à l échéance de la compétition. La fatigue mentale et la baisse de motivation perturbent le potentiel énergétique mais également les autres potentiels LE POTENTIEL DE CONTROLE EMOTIONNEL Les savoirs du potentiel de contrôle émotionnel Les émotions Le potentiel émotionnel regroupe toutes les émotions pouvant être ressenties par le sportif mais qui sont principalement la conséquence du stress et de l anxiété. Les émotions sont des réponses à ce stress, qu elles soient positives ou négatives. Comme l expliquent S. Baert et Y. Dufour (2007 : 1), «[ ] les émotions bien gérées sont utiles pour l être humain. Elles permettent de s adapter à l environnement, favorisent la raison, l apprentissage, la communication etc. En revanche, les émotions mal gérées et le stress, seront plutôt néfastes pour l individu.». J. Taylor (2001, cité dans C. Target, 2008 : 40), psychologue du sport énonce la règle suivante : «Celui qui perd le contrôle émotionnel perd la compétition.». Les émotions jouent un rôle très important dans la performance mentale car elles sont présentes dans la quasitotalité des savoir-faire que peut acquérir un sportif et dans le dernier potentiel qui est au centre de tous les autres. Les émotions provoquent des modifications physiologiques (rythme cardiaque et respiratoire, tension, température), comportementales (expressions du visage, mouvements des mains) et cognitives (jugement, mémorisation, perception). Elles peuvent donc perturber la performance mentale de plusieurs façons. 22
23 Longtemps relégué à la dernière place des composantes de la réussite sportive, le potentiel émotionnel est désormais considéré par les spécialistes comme un élément-clé pouvant déterminer la réussite ou l échec. A. Domasio (1992, cité dans C. Target, 2008 : 42), neuropsychologue et professeur de neurologie explique que : «Lorsqu un individu doit prendre une décision face à un évènement nouveau, il est aidé par les composantes affectives, émotionnelles d évènements qu il a déjà vécus. Il va fonctionner comme ce que j appelle un marqueur : un signal qui lui indique si c est une bonne chose à faire ou non. Ainsi, au fur et à mesure des expériences de la vie, chacun dispose non seulement d une analyse objective des situations mais aussi d une histoire de ce que la vie a été pour son organisme.». La décision la plus adaptée, lors d une épreuve sportive, est donc en étroite relation avec le niveau émotionnel et l expérience émotionnelle acquise. Cela permet à l athlète de maintenir un équilibre psychologique idéal, ce qui lui donne la possibilité de ressentir un bien-être personnel. L athlète maintient cet équilibre grâce à des processus d adaptation qui lui permettent de faire face aux exigences de la compétition. Ces processus seront expliqués dans la partie consacrée aux savoir-faire. Certains auteurs parlent d intelligence émotionnelle à la disposition du sportif. D. Goleman (1997, cité dans Thill et Fleurance, 2000 : 76) la définit comme suit : «Les capacités de se motiver pour réaliser quelque chose d important pour soi et de persister dans ses projets en dépit de frustrations, de contenir ses impulsions et de retarder les gratifications, de comprendre ses humeurs et de conserver la maitrise de soi dans des situations difficiles.» Il distingue cinq compétences émotionnelles et sociales élémentaires : la conscience de soi, la maîtrise de soi, la motivation, l empathie et les aptitudes humaines. Cela permet au sportif de reconnaître ses propres sentiments, de gérer ses propres émotions et celles ressenties avec autrui. Les émotions sont à l origine de conduites sportives intelligentes mais elles peuvent être perturbées par le stress et l anxiété Deux réactions particulières Le stress pour R.S. Lazarus et S. Folkman (1984, cité dans E. Thill et P. Fleurance, 2000 : 77) est : 23
24 «Une transaction particulière entre la personne et l environnement qui conduit celle-ci à percevoir une discordance réelle ou imaginée entre les demandes d une situation et les ressources de ses propres systèmes biologiques, psychologiques et sociologiques.» Dans le processus de stress, il y a trois phases : la réaction d alarme, le stade de résistance et le stade d épuisement. Ces trois phases découlent d une réaction de l organisme face à une agression extérieure. Ce stress va modifier la réaction comportementale de l athlète sur le plan psychologique en provoquant des réactions cognitives inadaptées et sur le plan physiologique en activant le système nerveux, ce qui va provoquer une modification de la vigilance. Le stress, selon la façon dont il est évalué par l athlète, sera perçu comme positif ou négatif et les conséquences en seront différentes. De plus, le stress précompétitif est très différent du stress général et quotidien que nous avons déjà tous ressenti. Ce stress va influencer la performance en perturbant l estime de soi et en aggravant l inquiétude ou la peur de l échec. L anxiété, quant à elle, est «un malaise à la fois psychique et physique caractérisé par une crainte diffuse, un sentiment d insécurité, de malheur imminent.» (H. Piéron, 2003 : 28). Cette anxiété est souvent précompétitive et touche surtout les athlètes peu expérimentés. Ils perçoivent une situation comme étant dangereuse psychologiquement ou physiquement et ceci pour deux raisons : soit le résultat de la compétition est incertain et l athlète évalue sa probabilité de succès comme assez faible, soit le résultat de l enjeu est d une importance capitale et la réussite prend alors un sens tout particulier. E. Thill et P. Fleurance (2000 : 82) distinguent deux formes d anxiété : - Le trait d anxiété compétitif qui est «une caractéristique durable et stabilisée de la personnalité du sujet» : le sportif est anxieux avant un enjeu sportif mais parvient à maintenir son stress à un niveau acceptable pour ne pas perturber sa performance. - L état d anxiété compétitif qui est «une traduction comportementale résultant des évaluations cognitives dans la situation environnementale. C est un état transitoire de l émotion variable selon les situations.». Cet état d anxiété sera donc variable d une situation à l autre et demandera à l athlète une adaptation des savoir-faire qu il maîtrise pour contrôler ce stress. De plus, des émotions intenses déclenchant le stress ou l anxiété vont augmenter la fréquence cardiaque et le rythme ventilatoire, diminuer la production hormonale et les facultés d analyse. Tous ces changements physiologiques vont perturber la performance du sportif tant sur le plan physique que sur le plan mental. 24
25 La réponse face à ce stress va être l apparition d émotions positives ou négatives. Il est toutefois possible pour le sportif de contrôler ces émotions grâce, entre autres, à l activation émotionnelle La zone optimale Les émotions ressenties par un athlète ont des conséquences sur son état d excitation, c est-à-dire sur ce que les auteurs nomment l activation émotionnelle. La notion d activation se définit par les différentes phases d éveil de l organisme au cours de la journée et dépend de plusieurs facteurs externes. Il existe une zone où l activation de l organisme et la performance sont optimales. Cette théorie du vingtième siècle a été reprise et enrichie par Hanin. Il propose une approche idiographique et explique qu il faut tenir compte de la manière dont l individu perçoit cette zone optimale. Pour déterminer cette zone, le sportif doit identifier des émotions : des affects positifs ou négatifs et facilitants ou débilitants (D. Delignières, cité dans P. Fleurance, 1998 : ). Pour une même émotion, deux sportifs peuvent en percevoir des effets complètements différents. En identifiant les émotions qui sont facilitantes et plaisantes, le sportif peut déterminer la zone optimale où il sera capable de produire une performance sportive Les savoir-faire et les savoir-être du contrôle du potentiel émotionnel Des images positives La maîtrise de ces savoir-faire est indispensable pour un athlète qui souhaite réussir. Les émotions jouent un rôle primordial pour la concentration, la prise de décision, la gestion du stress, le niveau d énergie, Pour parvenir à contrôler ses émotions, un sportif dispose de plusieurs savoir-faire. Il doit tout d abord identifier le stress ressenti, son origine et son intensité. Il s agit d une évaluation individuelle. Mais il doit, ensuite, se construire des «images de référence» qui vont lui servir de base pour le contrôle émotionnel. Pour élaborer cette base, le sportif tente de «retrouver, revivre, enregistrer les meilleurs moments de vie» (C. Target, 2008 : 149). Il s agit d identifier les sensations ressenties, de déterminer quel canal domine (visuel, auditif, kinesthésique), de les verrouiller grâce au discours interne et de les stocker dans la mémoire permanente. 25
26 Le sportif pourra ensuite utiliser ses émotions de référence pour construire ce que C. Target (2008 : 149) nomme «l émostat». C est un ensemble «personnalisé d émotions qu un individu opère dans son référentiel émotionnel afin de se placer dans l état le plus favorable à la réussite de l action qu il entreprend». Un émostat est toujours associé à une situation sportive précise et à un canal. Cela permet au sportif de contrôler son potentiel émotionnel mais également cognitif et énergétique. Il se mobilise physiquement en atteignant le niveau d activation souhaité, se concentre et est disponible pour réaliser une performance car il peut contrôler son état émotionnel. Le sportif peut aussi modifier ses états mentaux : - de positifs en très positifs - de négatifs en positifs Pour ce faire, le sportif doit être conscient qu il est dans un état mental inadapté et qu il doit se retrouver dans un état positif adapté. Il doit ensuite prendre la décision de changer en activant une sensation positive dans le même canal ou en changeant de canal. Le questionnement de l athlète est en permanence nécessaire par rapport au contrôle émotionnel. Des questionnaires avec des mots-clés sont utilisés par les entraîneurs. Ils permettent à l athlète de se situer par rapport aux émotions, de se remémorer des émotions positives passées, des réussites. L athlète se questionne par rapport à ce qu il a fait, ressenti, dit et vu et par rapport à ce que son entourage a également perçu par le biais de ces trois canaux (visuel, auditif, kinesthésique) Le stress Une réaction physiologique qui nécessite d être contrôlée par l athlète est le stress qui peut être positif ou négatif. Soit le sportif est trop stressé car il se dit qu il doit absolument réussir et se retrouve dans un état de panique incontrôlable, soit il sent qu il est incapable de faire ce que l entraîneur lui demande et il est alors dans un état de stress insuffisant qui l empêche de se mobiliser physiquement, techniquement et mentalement. Dans les deux cas, il est important de sortir de cet état, de redéfinir des objectifs adaptés, de reconstruire un émostat de réussite. Il s agit d abord d identifier l origine et l intensité du stress. Pour cela, le sportif peut utiliser le thermomètre de stress de Kelley. 26
27 Thill et Fleurance, 2000 : 88 Ensuite, le sportif développe des stratégies de «faire-face» (E. Thill et P. Fleurance, 2000 : 78) pour rendre ce stress acceptable et rendre possible la performance sportive. Elles permettent de réduire l anxiété et d augmenter la confiance et les performances. L athlète ressent un sentiment de bien-être quand il parvient à mettre en place ces stratégies qui s interposent entre lui-même et la menace ressentie. L entourage du sportif est aussi primordial pour la gestion et le contrôle du stress. C est un soutien émotionnel mais aussi informatif. L athlète peut utiliser la relaxation et le contrôle de la respiration pour faire baisser son niveau d activation émotionnelle et donc diminuer la tension mentale et la tension musculaire. L hypnose ou la musicothérapie sont des savoir-faire qui peuvent aussi réguler le niveau de stress. En associant la musique à des images ou des sensations positives, le sportif parvient à un état de confiance et de relaxation. La programmation neuro-linguistique est une technique inventée par R. Bandler et J. Grinder dans les années soixante-dix aux Etats-Unis. Cette technique permet de «créer des attitudes, des pensées positives» (R. Thomas, 1994 : ). Elle se déroule en trois étapes avec un psychologue ou un entraîneur maitrisant la technique : - «Etablir une bonne communication avec la personne», rechercher quel canal est utilisé en priorité (visuel, auditif, kinesthésique) : le psychologue doit, au cours de cette étape, utiliser un vocabulaire adapté au canal du sportif et installer une relation de confiance. - «Créer un état de confiance modifiée» : à l aide de l hypnose ; le psychologue parvient ainsi à accéder à l inconscient du sportif. 27
28 - «Fixer l état mental» à atteindre : c est l association entre un signe verbal ou corporel et un état mental ; cela permet au sportif d associer «l état mental correspondant à la meilleure performance». Il existe d autres techniques plus spécifiques telles que le yoga, le biofeedback ou le Stress Inoculation Training. Le biofeedback se réalise à l aide d appareillages et permet à l athlète d avoir des informations sur sa physiologie interne. Dans le domaine sportif, il est utilisé pour «le traitement des blessures, pour gérer le stress précompétitif et pour parfaire le geste athlétique» (R. Thomas, 1994 : 88-90). C. Target (2008 : ) dissocie le sous-stress et le sur-stress. En cas de sur-stress, l athlète se trouve dans un état de panique incontrôlable pour trois raisons : - L athlète réalise que ses capacités techniques sont en total décalage avec le niveau attendu pour réussir. - L athlète «se met la pression» seul car il perçoit la situation de façon distordue. - L athlète commet une «erreur brutale et difficilement prévisible» et est totalement déstabilisé. Dans cette situation, il faut aider le sportif à reprendre pied avec la réalité pour qu il se rende compte qu il perçoit la situation de façon totalement exagérée. Il doit remobiliser toutes les ressources qu il possède et qui ont simplement été désactivées par cet état de panique. En situation de sous-stress, le sportif se désintéresse complètement de l activité. Il n y a plus d enjeu et plus d envie de gagner. Ce stress est beaucoup moins fréquent. Il convient alors de comprendre d où vient cet état de désengagement, de redéfinir des objectifs à atteindre et de travailler sur les croyances du sportif qui peuvent empêcher l athlète d évoluer LE POTENTIEL COGNITIF Les savoirs Le potentiel cognitif regroupe toutes les informations visuelles, auditives et kinesthésiques qui vont être perçues et analysées par le sportif. Il va faire un choix en percevant toutes ces informations qui va déterminer une réponse. 28
29 Les individus ont la faculté de se représenter mentalement des images. Elles sont en lien direct avec les sentiments et les émotions. Les images sont construites à partir des cinq sens. Elles peuvent avoir pour origine un ou plusieurs sens. Une image mentale peut être dissociée (le sportif est observateur de lui-même ou d une autre personne) ou associée (le sportif est acteur de lui-même), ce qui est très intéressant pour la préparation mentale d un athlète. Les images mentales vont servir pour les potentiels de contrôle énergétique, émotionnel, l apprentissage, la motivation et la confiance. Elles vont être stockées dans la mémoire à long terme et réutilisables par recherche inconsciente ou consciente. Ce potentiel cognitif va influer sur la concentration, l attention, la mémoire et les croyances de l individu. Il est donc en lien étroit avec le potentiel émotionnel et va pouvoir perturber toutes ces capacités mentales. H. Piéron (2003 : 38) définit l attention comme «une orientation mentale sélective comportant une augmentation d efficience dans un certain mode d activité avec inhibition des activités concurrentes.» La concentration est la direction de cette attention. On distingue trois types d attention : - La capacité attentionnelle est la quantité d informations qu un athlète sera capable de traiter à un moment donné et dans une situation donnée. L automatisation des gestes techniques va permettre de réduire ce type d attention et cette capacité attentionnelle est améliorable dans une certaine mesure mais varie beaucoup d un individu à l autre. De plus, l anxiété va entraîner la diminution de cette capacité. - L attention sélective est la capacité que possède un athlète à orienter volontairement son attention, ce qui lui permet d enclencher la réponse adaptée très tôt. - La flexibilité de l attention est l aisance avec laquelle un individu va pouvoir diriger et/ou modifier l étendue et l orientation de son attention. R. Nideffer (1986, cité dans Thill et Fleurance, 2000 : 63) parle de «modes attentionnels» en associant la direction de l attention qui peut être externe ou interne et le champ de l attention qui peut être large ou étroit. Ces quatre modes peuvent s associer, ce qui permet d avoir des traitements de l information différents : - Le mode large-interne : le sportif analyse un maximum d informations et peut mettre en place différentes stratégies. - Le mode étroit-interne : l athlète se prépare mentalement avant l action. - Le mode étroit-externe : l individu se concentre sur l action immédiate et sur les moyens dont il dispose pour réussir. 29
30 comportement si nécessaire. - Le mode large-externe : le sportif évalue la situation et modifie son R. Nideffer (1986, cité dans Thill et Fleurance, 2000 : 63) De plus, si la motivation de l athlète augmente, sa focalisation de l attention augmente elle aussi et également sa concentration. A contrario, l anxiété détériore l attention et diminue donc les capacités de traitement de l information. C est pour cela qu un athlète doit réussir à contrôler son stress et son anxiété et à trouver cet équilibre psychologique indispensable à la performance. Les croyances influent également sur la réussite sportive. S. Tenenbaum (2000, cité dans C. Target, 2008 : 60) explique que «nos croyances, ou plutôt notre système de croyances, sont constituées de toutes les idées qui sont les nôtres et que nous considérons comme étant la vérité.» Ce sont des concepts stockés dans la mémoire permanente et qui s appuient sur des expériences personnelles intenses, vécues depuis l enfance, dans toutes les sphères de la vie personnelle ou professionnelle. Ces croyances ne sont pas la vérité mais notre vérité et elles influencent grandement nos pensées, nos états internes et nos comportements. Il est donc aisé d imaginer comment des croyances erronées peuvent parasiter la performance mentale d un individu. Le dernier paramètre qui influe sur le potentiel cognitif est la mémoire. Nos cerveaux vont entrer en concurrence dans le traitement des informations. 30
31 C. Target, 2008 : 69 Le premier cerveau à réagir est le cerveau reptilien. C est l instinct de survie : fuir, se figer ou tenter de faire face. Le cerveau limbique, quant à lui, reconnait le danger mais le problème est qu il utilise un mode mental automatique gouverné par la peur ou la rigidité. Cette réponse est souvent inadaptée ou adaptée uniquement pour les situations simples et connues. Ce cerveau est encore plus présent dans le processus décisionnel en cas de fatigue ou de faible concentration. Cet étage de notre cerveau est très intéressant car il est le centre de traitement des informations émotionnelles et également un centre de décision, ce qui est parfait pour la mise en œuvre du potentiel cognitif. Par contre, le cortex, et surtout la partie préfrontale, permet à l athlète de prendre une décision juste et adaptée même face à une situation inconnue ou complexe. Le cortex préfrontal est très créatif et utilise la mémoire à long terme, ce qui permet de mettre en place une stratégie qui, en plus, est adaptative. Le cortex possède également un centre émotionnel et de décision. Le passage du mode mental automatique (cerveau limbique) au mode mental stratégique (cortex) semble se faire dans les deux sens et de façon spontanée, d après les dernières recherches en la matière. Par contre, le cortex bénéficie d une régulation beaucoup plus fine indispensable à l athlète pour prendre une décision juste et précise. Ce conflit entre les deux cerveaux serait à l origine du stress, hypothèse émise par J. Fradin (C. Target, 2008 : 69). Heureusement, des savoir-faire permettent de modifier ces comportements stressants, de se concentrer et de mobiliser son attention. 31
32 Les savoir-faire et les savoir-être Les savoir-faire à acquérir sont encore une fois en lien étroit avec les savoir-faire de contrôle émotionnel et énergétique puisque les émotions et l énergie influent sur l analyse cognitive L attention et la concentration La concentration s améliore grâce à différentes habiletés mentales qui se travaillent à l entraînement pour être opérationnelles lors des compétitions. Les routines précompétitives ou de pré-performance sont un «ensemble de répétitions en forme de pensées, d actions, d images exécutées avant la réalisation de la performance sportive.» (C. Sève, 2009 : 183). Ces routines permettent à l athlète de focaliser son attention, de diminuer l anxiété, d augmenter la confiance et de se placer en situation d activation optimale. Il les apprend de manière autonome ou avec un préparateur mental. Le sportif, pendant les entraînements, analyse les points forts et les points faibles de sa concentration en utilisant le dialogue interne ou l imagerie mentale, par exemple. Pour réaliser cette analyse, l individu décrit une journée d entraînement, les caractéristiques de sa concentration et les éléments perturbateurs externes et internes. Cela lui permet de trouver son style attentionnel (voir le schéma de Nideffer). L entraîneur est aussi là pour aider l athlète à diriger son attention en le guidant sur les sensations visuelles, auditives ou kinesthésiques, sur la prise d informations, sur l observation. Il peut aussi utiliser des motsclés ou des images-clés qui vont déclencher l attention ou l aider à se reconcentrer. Le contrôle de la zone d activation optimale, permettant un contrôle de la tension musculaire, influe par conséquent sur la concentration. Bien se connaître est aussi important pour le traitement des informations reçues et pour la concentration. Pour cela, le sportif doit prendre du recul sur sa pratique, apprendre en utilisant la répétition mentale et corriger mentalement ses gestes et ses comportements. Pour prendre du recul, l athlète essaie d avoir des feedbacks de ses actions en utilisant l image mentale dissociée. Il peut ainsi se voir, se corriger et analyser la situation. Ces feedbacks sont très rapides et nécessitent un entraînement important. L apprentissage par la répétition mentale se pratique par le biais de l imagerie mentale dissociée ou associée. Une fois la séance à travailler identifiée, le sportif utilise la vidéo d une de ses performances ou d un autre athlète-modèle. Il reproduit ces images mentalement en se focalisant sur les sensations visuelles, auditives, kinesthésiques. Il les 32
33 répète ensuite en image mentale associée, tout en étant encore attentif aux sensations. Il peut, sur cette étape, rechercher la fluidité du geste et y associer un émostat. Cette habileté mentale nécessite également un entraînement important et est utile pour l athlète juste avant la compétition. Il répète ainsi mentalement les gestes, ce qui permet de diminuer l anxiété. Le sportif peut parfois avoir besoin de se reconcentrer. Juste avant une épreuve, ce sont les routines qui vont l aider. Par contre, pendant une épreuve, le sportif doit rester dans la situation présente pour maintenir un niveau optimal de concentration. Il ne doit, ni se focaliser sur une action passée (exemple : erreur commise), ni diriger ses pensées vers l avenir (exemple : score final). L utilisation du dialogue interne et des mots ou images-clés peut faciliter cette reconcentration. En cas de fatigue importante, le risque de déconcentration augmente, le sportif ne doit pas se focaliser sur cette fatigue. Il doit utiliser les mêmes habiletés que pour la fatigue mentale, c est-à-dire modifier la sensation perçue en sensation positive, soit dans le même canal, soit dans un canal différent Les croyances Les croyances ont un effet limitant sur la performance sportive car elles contrôlent la motivation et la confiance et provoquent donc un comportement inadapté. L objectif est d acquérir un savoir-faire permettant de transformer les croyances limitantes en croyances stimulantes. Le sportif construit ses croyances sur lui-même, sur les autres et sur le monde qui l entoure. La première étape consiste à identifier toutes ses croyances et leurs origines. Le préparateur mental aide ensuite l athlète à déconstruire toutes ses croyances négatives en l aidant à prendre du recul sur sa pratique, en trouvant des contre-exemples, en utilisant la répétition mentale avec ces contre-exemples positifs. L athlète, après avoir déconstruit ses croyances limitantes, reconstruit des croyances stimulantes. Il doit pour les ancrer, s entraîner mentalement en utilisant l imagerie et la répétition et s assurer régulièrement, avec son préparateur mental, du maintien de ces nouvelles croyances L erreur Le potentiel cognitif recouvre aussi le traitement de l erreur. L erreur fait partie intégrante de la performance sportive et englobe «tout ce qui est contraire à la performance, tout ce qui perturbe la bonne marche vers les objectifs fixés» (C. Target, 2008 : 351). Cela peut être une erreur tactique, technique, communicationnelle, comportementale. 33
34 Certains sportifs se donnent le droit à l erreur tandis que d autres ne l acceptent pas. Quelle que soit la situation, le sportif doit apprendre à traiter cette erreur pour qu elle ne perturbe pas son potentiel émotionnel et donc cognitif. Pour apprendre à traiter le problème, le sportif répertorie toutes les erreurs qu il pourrait éventuellement commettre puis les comportements adaptés, avant, pendant et après l action. Le seul comportement à avoir avant une erreur est d accepter qu elle puisse survenir. Ensuite, pendant l action, le sportif peut utiliser la respiration abdominale qui est une technique de relaxation, se focaliser sur le présent pour l aider à se reconcentrer et passer d une sensation négative à une sensation positive comme pour le contrôle émotionnel. Il peut également utiliser une «procédure mentale de correction» (C. Target, 2008 : 266). En image mentale dissociée, le sportif visualise l erreur et comment il doit la corriger. Il s arrête sur l erreur, la corrige puis la remplace par la séquence corrigée. Pour mémoriser cette correction, il passe en image mentale associée, apprend la nouvelle séquence, l ancre avec les sensations, recherche la fluidité dans ce nouveau geste et l associe à un émostat. Bien-sûr, encore une fois, cette habileté nécessite un entraînement pour pouvoir être opérationnelle en compétition LE POTENTIEL RELATIONNEL Les savoirs Le potentiel relationnel regroupe les potentiels de communication, d empathie et d influence qu un individu peut avoir sur un autre. La communication entre deux personnes est forcément filtrée et codée par le cadre de référence que chacun possède. Ce cadre de référence regroupe l ensemble de nos pensées, de nos croyances, de nos images mentales et de nos émotions, qui dépendent également de notre intelligence émotionnelle. Une même situation de communication sera donc perçue de façon très différente suivant les individus et leur vécu. Le cadre de référence d un individu permet un traitement de l information au niveau mental par le biais des schémas et des processus cognitifs. Les schémas cognitifs «synthétisent notre expérience personnelle et contiennent tout notre savoir sur nous-mêmes et sur le monde» (G. Missoum, 1996 : 8). Ils ne sont donc pas objectifs. Les sportifs ne percevront alors pas de la même manière une situation de 34
35 communication. Quand certains pourront influencer la situation de façon positive, d autres auront une influence négative. Si l athlète est seul face à un adversaire, avec une équipe ou un seul coéquipier, les conséquences ne seront pas les mêmes et la cohésion d un groupe, d une équipe ou de deux athlètes pourra s en trouvera altérée. Les processus cognitifs sont composés de deux éléments : l assimilation et l accommodation. L assimilation est le fait pour un individu de n entendre que ce qui lui convient et de laisser les autres informations de côté et ceci en s appuyant sur des schémas existants déjà dans la mémoire. Les croyances aggravent encore ce processus mental. En sport, un athlète ne verra plus ses coéquipiers ou n entendra qu une partie du message de son entraîneur ou le comprendra de façon erronée. L accommodation, quant à elle, permet au sportif de modifier ces fameux schémas existants et de les adapter pour qu ils conviennent au monde extérieur. Ces deux éléments induisent l homéostasie qui est un processus émotionnel qui permet à un individu de maintenir un équilibre entre le monde extérieur et le monde intérieur. Nous voyons que les potentiels sont étroitement liés. De plus, environ 55% de la communication est non-verbale. Les attitudes et les comportements des sportifs sont donc primordiaux pour la dynamique d une équipe ou dans le cas d un binôme Les savoir-faire et les savoir-être C est par le biais des canaux visuel, auditif et kinesthésique qu un individu peut influencer une personne. Si c est un partenaire, il va l aider à augmenter son potentiel en lui parlant, en le regardant ou en ayant une communication non-verbale encourageante. Cette influence positive permet de développer ou de maintenir la motivation. Les sportifs d un même groupe peuvent aussi s aider mutuellement pour la concentration en mettant en place des «bulles collectives». Nous avons tous vu, lors de matchs, ces sportifs se mettre en cercle et écouter un leader ou avoir un «cri de guerre» commun. Il est également important pour les athlètes de s entourer de personnes-ressources qui vont les influencer positivement et d éloigner les individus ayant une influence négative. Par contre, s il s agit d un adversaire, la déstabilisation émotionnelle et technique est le principal outil d influence négative. En regardant avec insistance et agressivité son adversaire, en poussant des cris, un sportif peut déstabiliser son adversaire et le perturber dans sa concentration. L utilisation du corps est aussi un excellent moyen pour gêner l adversaire. Le fameux «haka» des rugbymen maoris en est l exemple parfait. Une fois que 35
36 l adversaire est déstabilisé et commence à se déconcentrer, le sportif prend un sérieux avantage LE POTENTIEL DE CONFIANCE EN SOI Les savoirs La confiance en soi est au centre des quatre potentiels, il en est la conséquence. Il est «l expression de l équilibre de l ensemble des autres paramètres» (C. Target, 2008 : 87). Le déséquilibre d un des potentiels déstabilise la confiance que le sportif a en lui. La confiance en soi est une des composantes de l estime de soi. C.André et F.Lelord (2001 : 14-17) définissent trois piliers : l amour de soi, la vision de soi et la confiance en soi. L amour de soi est une composante affective qui se développe tout au long de la vie. «S aimer soi-même est bien le socle de l estime, son constituant le plus profond et le plus intime». Cet amour dépend évidemment du vécu de la personne et de l affection reçue pendant l enfance. La vision de soi est la «conviction que l on a d être porteur de qualités ou de défauts, de potentialités ou de limitations». Elle dépend de l amour de soi et du sentiment que chacun a de pouvoir ou non réussir sa vie. La confiance en soi est l élément moteur de l estime de soi et en «serait une conséquence» puisqu elle s exprime à travers des actes. Elle peut aussi correspondre «à la croyance, à la conviction que l on est capable d accomplir une certaine tâche ou d atteindre un certain objectif» (E. Thill et P. Fleurance, 2000 : 45). E. Thill et P. Fleurance distinguent quatre types de confiance : - la «confiance globale» qui est un «trait de personnalité», - la «confiance spécifique» en lien avec une tâche spécifique, - la «confiance momentanée» pour une situation ou un comportement précis à un moment donné, - la «confiance collective» envers une équipe ou un groupe. Des facteurs intrinsèques et extrinsèques vont influencer cette confiance. Ils dépendent soit de l individu, soit du groupe, de la situation ou de la performance précédente. Les facteurs extrinsèques sont peu contrôlables pour l athlète. Par contre, la confiance en soi peut se maîtriser et s améliorer. 36
37 Lorsque l athlète est en pleine confiance, il atteint un état que les spécialistes nomment le «flow», «fluidité» en français. C est un état dans lequel le sportif est à un niveau de confiance et de performance optimal. Les sportifs se décrivent comme étant sur un petit nuage. Carole Montillet, championne olympique de descente à Salt Lake City décrit une impression de «voler au-dessus des bosses», de «facilité», «de perfection» (L équipe, 12 février 2002). Il existe différentes caractéristiques de cet état de «flow». Elles ont été décrites par Weinberg et Gould (cité dans C. Target, 2008 : 96) à la suite d entretiens réalisés avec des sportifs : - Une immersion complète dans l activité, - Une sensation de contrôle, de perfection et d efficacité maximale, - Une impression de facilité, - L impression de plaisir, - Aucun problème de confiance en soi. C. Target (2008 : 98) 37
38 L objectif de chaque athlète est de trouver cette zone optimale de confiance et d atteindre l état de fluidité. Pour y parvenir, il faut évidemment que l équilibre entre tous les savoir-faire soit maximal, ce qui permet au sportif d être en pleine confiance donc d accéder à la fluidité puis finalement à la performance. Il ne faut bien-sûr pas oublier la maîtrise des gestes techniques et un niveau physique permettant d atteindre cette performance Les savoir-faire et les savoir-être Les savoir-faire à acquérir sont déjà ceux des quatre potentiels précédents. Sans eux, pas de potentiel de confiance possible donc pas d état de fluidité. Par contre, en plus des autres savoir-faire, l athlète peut améliorer la confiance qu il a en lui. C est un savoir-faire qui s apprend et s améliore constamment et dépend de facteurs intrinsèques et extrinsèques. Le sportif doit tenter d aborder la compétition ou l entraînement dans un certain état d esprit et doit développer les comportements adaptés. La motivation et la concentration passent par un dialogue intérieur pertinent et une visualisation positive. Il peut se remémorer des performances précédentes, être en bonne condition physique. Les routines précompétitives peuvent aussi l aider. Tous ces facteurs vont le conduire à cet état de «flow». Par contre, il ne faut pas se focaliser sur cet état et tenter de le retrouver à chaque évènement sportif. C est un état qui peut ou non être présent. Si le sportif ne l a pas ressenti mais que la compétition s est bien passée, il ne doit pas se sentir frustré. Une fois tous ces prérequis maîtrisés, l athlète peut accéder à une concentration et une mobilisation énergétique optimales et activer l émostat, dont l émotion du plaisir, qui lui permettra de réaliser une performance. 3. LA PREPARATION MENTALE DES INTERPRETES Les interprètes, tout comme les sportifs, ont besoin de se préparer mentalement avant un rendez-vous. Les techniques mentales des sportifs sont désormais utilisées par de nombreuses personnes que ce soit dans leur vie professionnelle ou privée. On peut faire le parallèle entre le domaine sportif et la vie professionnelle ou personnelle. La préparation d une compétition chez le sportif équivaut à la préparation avant un rendez-vous professionnel. Certaines habiletés mentales pourraient, par conséquent, être bénéfiques pour les interprètes, à condition qu au préalable, ils aient quelques notions théoriques sur la préparation mentale. 38
39 Avant un rendez-vous, les interprètes ont besoin de se mobiliser sur le plan : - émotionnel : quelle va être l ambiance du rendez-vous, dans quel état émotionnel seront les personnes présentes ; l interprète doit réussir à gérer son stress et ses propres émotions. - cognitif : l interprète doit faire appel à ses connaissances personnelles, doit être attentif aux informations évidemment auditives et visuelles ; il doit pouvoir mobiliser toute la concentration nécessaire. - énergétique : même en cas de fatigue physique ou mentale, l interprète doit se mobiliser et se motiver quel que soit le rendez-vous. - relationnel : au vu de l importance de la communication non-verbale, l interprète doit être vigilant dans la façon dont il se présente, dont il communique ; il doit aussi établir une relation de confiance avec son binôme. - la confiance en soi : un interprète, même s il ressent complètement l inverse intérieurement, doit montrer qu il a confiance en lui et en sa traduction ; un interprète qui montre ses doutes et ses craintes risque de faire douter les personnes présentes. Dans cette partie, ne seront développées que les techniques que les interprètes peuvent utiliser seuls. Certaines autres techniques pourraient présenter un intérêt mais nécessitent la présence d un préparateur mental, ce qui n est pas forcément évident. Par conséquent, des stages de préparation mentale pour les étudiants et pour les services, animés par un préparateur mental, pourraient être envisagés et permettraient aux interprètes d acquérir ces techniques LES ENTRETIENS Le contenu de l entretien Pour vérifier le bien-fondé de ma problématique et pour prouver que les techniques utilisées par les sportifs conviennent également aux interprètes, j ai interrogé plusieurs personnes. Les entretiens ont été menés de façon semi-dirigée auprès de stagiaires, de débutants ou d interprètes expérimentés. Parmi les interprètes interrogés, 85% sont des femmes et 15% des hommes. Les interprètes expérimentés représentent 54%, les débutants 31% et les stagiaires 15%. Un questionnaire (voir en annexe) avait été préparé pour servir de trame à l entretien et relancer la conversation. Par contre, les interprètes pouvaient s exprimer librement, me faire part de certaines situations et même aborder des problématiques que je n aurais pas forcément évoquées. 39
40 Je présentais, en premier lieu, mon sujet de mémoire et je leur demandais ce qu évoquaient les termes de préparation mentale. Je les laissais s exprimer. Ensuite, je leur demandais s ils se préparaient mentalement avant chaque rendez-vous ou uniquement avant certains. Je les interrogeais sur la façon dont ils se préparent et s ils ont leurs propres techniques ou rituels. Suivant leurs réponses, je les aiguillais sur la confiance en soi, la concentration, le contrôle du stress et des émotions afin qu ils m expliquent comment ils géraient tous ces éléments. Je les sollicitais également par rapport à des rendez-vous compliqués sur le plan émotionnel : des rendez-vous où ils avaient eu besoin de quitter la salle, de passer le relais à un collègue, s ils étaient déjà arrivés à la limite de «craquer» et même s ils avaient déjà pleuré pendant ou après une traduction. Cela m amenait naturellement à la phase de récupération qui suit un rendez-vous. Je les questionnais également sur leur passé sportif ou artistique, quand ils étaient enfant ou adolescent, pour savoir s ils avaient bénéficié d une préparation mentale pendant ces activités. Les interprètes se sont confiés «en toute intimité» sur des moments très personnels de leur vie. C est pour cela, qu uniquement, certains passages seront retranscrits, dans la troisième partie, toujours de manière anonyme et à la troisième personne du singulier. Des entretiens ont également été menés auprès de professionnels, dans le domaine sportif ou artistique, afin de pouvoir comparer la théorie exposée dans les ouvrages et ce que font concrètement les sportifs et les artistes : un chorégraphe, un comédien, un entraîneur sportif Bilan des entretiens Il est important de préciser que les interprètes ont construit eux-mêmes, au fil des années, de l expérience professionnelle et parfois personnelle, leurs propres techniques. Cela leur a pris du temps et probablement de l énergie. On peut supposer que l acquisition d habiletés mentales pourrait commencer dès le début de la deuxième année de Master. L intérêt pour un stagiaire serait de disposer de techniques qui lui permettraient de s entraîner seul. Si le tuteur est disponible et pratique ce type de préparation mentale, ce ne sera que mieux. Mais, ce n est pas forcément évident lorsque les stagiaires arrivent dans les services d évoquer ce type de préparation. Par exemple, lorsque le stagiaire sait qu il va avoir un rendez-vous de type liaison, il peut se préparer mentalement en visualisant les deux personnes présentes, l endroit où il va s installer. 40
41 Pendant l année de stage, de nombreux points sont à travailler. Une gestion des buts bien définie et régulièrement révisée permettrait aux stagiaires de ne pas se démotiver pendant un stage. En ayant des objectifs à la hauteur de ses capacités, le stagiaire pourra progresser régulièrement, renforcer sa confiance au fur et à mesure des rendez-vous. Certains interprètes semblent, de plus, associer la préparation mentale à la préparation linguistique. Ils me disent qu une fois cette préparation effectuée, ils sont prêts mentalement. C est comme un sportif qui considérerait que la préparation technique est suffisante. Or, dans la seconde partie, il a été clairement expliqué que la préparation mentale est la dernière étape qui permet la réalisation d une performance sportive. Pour un interprète, cette ultime étape est donc tout aussi primordiale et ne peut être confondue avec la partie linguistique. Lors des entretiens, certains interprètes ont dit ne pas se préparer mentalement. Mais, finalement, en approfondissant, je me suis aperçue que toutes les personnes interrogées se préparaient d une façon ou d une autre. Cette préparation est inconsciente ou automatisée mais elle est présente. Parmi tous les interprètes interrogés, seuls 30% d entre eux connaissent et utilisent des techniques de préparation mentale pratiquées par les sportifs et les artistes. Ce sont des personnes qui ont des connaissances personnelles de par leur passé sportif ou artistique QUELQUES TECHNIQUES TRANSPOSABLES AUX INTERPRETES Pour les interprètes qui souhaiteraient développer ou améliorer leur préparation mentale, il est important de rappeler que l entraînement mental nécessite du temps, de la patience et un minimum de programmation. Il est primordial de faire les exercices ou de s entraîner avec les savoir-faire expliqués dans la seconde partie, régulièrement, et de manière progressive. Ce n est pas en une fois que les exercices vont être bénéfiques. L interprète peut s entraîner régulièrement toute l année ou se préparer juste avant un rendez-vous, se remobiliser pendant une interprétation si nécessaire et utiliser des techniques pour récupérer physiquement et mentalement Longtemps avant un rendez-vous et régulièrement La motivation Tout au long de sa carrière, l interprète va devoir maintenir un certain niveau de motivation. Il peut, pour cela, continuer à se fixer des objectifs. Un interprète, lors d un entretien, expliquait que pendant les dernières élections présidentielles, il avait traduit pour la 41
42 première fois un meeting. Alors qu il travaillait depuis de nombreuses années, il n avait jamais osé interpréter ce type d interprétation. En se fixant ce nouvel objectif, il maintient sa motivation et augmente ainsi la confiance en soi. Lorsqu il part maintenant sur des rendezvous complexes, il repense à ce meeting et se dit qu il est, par conséquent, capable de faire ce nouveau rendez-vous. Cet exemple illustre parfaitement l élaboration d images de référence associée à un émostat qui permet à l interprète de se faire de plus en plus confiance pour sa traduction et ses capacités interprétatives. Après avoir été capable de traduire certains rendez-vous complexes, l interprète peut ancrer ses réussites dans sa mémoire à long terme, leur associer un émostat et les réactiver avant certains rendez-vous où l interprète doute ou ne se sent pas à l aise. Nous savons désormais que la motivation est étroitement liée à la fatigue mentale. Dans notre société, l usure psychologique et le burn-out sont des maux professionnels de plus en plus répandus. Les interprètes y sont probablement autant soumis que les autres professions. Si un interprète est, en plus, confronté à une charge de travail trop importante, à une pression émotionnelle trop grande ou s il s implique personnellement, le risque de fatigue mentale augmente. Pour éviter cet épuisement psychologique et une baisse de la motivation, les interprètes peuvent utiliser les différentes techniques de relaxation développées dans la deuxième partie et pratiquer la respiration abdominale. Les débutants doivent être particulièrement vigilants à ce phénomène car les premières années sont toujours éprouvantes. Il n est donc pas nécessaire de rajouter à la fatigue habituelle des éléments qui risqueraient de conduire à l usure mentale L apprentissage Un interprète débutant me confie qu il répète certains passages de traduction devant la glace ou en relaxation par le biais d images mentales. Il n en a encore jamais parlé, ce qui est réellement dommage puisqu il est en plein dans le savoir-faire de l apprentissage par image mentale dissociée et associée. Avec un minimum de technique, il pourrait améliorer son apprentissage des techniques d interprétation, des stratégies, En effet, par le biais de l imagerie mentale dissociée puis associée et ensuite en finissant l apprentissage par la production réelle du geste, un interprète peut parfaire ses techniques interprétatives, améliorer certains signes, certains enchaînements, certains comportements, reprendre un passage après les remarques d un tuteur. En commençant par l imagerie mentale dissociée, c est-à-dire en s appuyant sur les images d un collègue expérimenté, un interprète peut apprendre et renforcer son apprentissage. L idéal est de 42
43 travailler à partir d extraits d une vidéo. Une fois la séquence bien acquise en image mentale dissociée, l interprète peut passer en image mentale associée toujours en y ajoutant une émotion. Cela permet de rechercher la fluidité. Il est aussi possible de travailler à partir d une vidéo personnelle car la démarche sera la même Les croyances Tous les individus ont des croyances. Pour les interprètes, les croyances peuvent être négatives en pensant qu ils n ont pas les capacités à interpréter un rendez-vous, comme pour le meeting politique, ou alors que le rendez-vous va être facile et que tout va bien se dérouler. Les interprètes interrogés pour ce mémoire ne se rendent jamais à un rendez-vous en se disant que cela va être facile. Ils recensent, au contraire, tout ce qui pourrait se passer pour ne pas être surpris et prendre le risque d être déstabilisé. Un interprète expérimenté énonce la règle suivante : «Il faut se préparer à l improbable!» Le fait, par contre, de sortir satisfait d une traduction même si elle n a pas été parfaite, permet de déconstruire certaines croyances et d en reconstruire d autres. Ainsi, les interprètes progressent et améliorent leur confiance en leurs capacités. Ils peuvent aussi repousser leurs limites sur des rendez-vous qu ils ne pensaient pas être capables de traduire sur le plan émotionnel par exemple. Les interprètes, intervenant pour les cours de la deuxième année de master à Lille, ont insisté sur les croyances qui nous empêchent d avancer et de progresser. L enseignante du cours de liaison a expliqué que les croyances compliquent le travail. Les interprètes débutants et les étudiants doivent arrêter de se dire : «je crois que», «je ne suis pas capable de», «j imagine». Cela correspond aux croyances limitantes qu il faut transformer en croyances stimulantes Les relations avec les collègues Les collègues jouent un rôle important pour la confiance en soi. Un interprète débutant m expliquait que le travail en équipe, le véritable travail, où les interprètes échangent sur leur pratique et se disent franchement les points positifs et négatifs, permet d améliorer la confiance en ses capacités d interprétation. Dans l exemple de l interprète qui traduit pour la première fois un meeting de campagne présidentielle, la relation de confiance avec un collègue est ici primordiale. Sans cette confiance, l interprétation aurait été difficile, il le reconnait lui-même. 43
44 La confiance en soi Il semblerait que la confiance en soi se construise avec le temps. Par contre, comme cela a été expliqué dans la seconde partie, certaines personnes ont naturellement confiance en elles. Cela fait partie intégrante de leur personnalité. Plusieurs interprètes pensent que c est en ayant des retours positifs après des interprétations qu ils ont commencé à se sentir mieux. Un interprète m explique que certaines situations, qui se sont bien passées, lui ont donné confiance et que le regard ou les discussions avec les sourds ou les entendants sont aussi de bons indicateurs. Il se sert ensuite de ces retours positifs pour d autres situations. Par contre, lorsqu il s agit de rendezvous qu un interprète appelle «balisés», la confiance s installe plus rapidement. Encore une fois, ces premières réussites peuvent servir d images de référence. Les interprètes peuvent les utiliser avant un rendez-vous pour augmenter la confiance en soi et ainsi se mobiliser sur le plan énergétique et cognitif. La confiance en soi est la conséquence des quatre autres potentiels. Il faut donc que les interprètes en maitrisent les habiletés mentales pour ensuite se sentir en pleine confiance Avant et juste avant un rendez-vous D après les entretiens menés, le temps de préparation mentale diminue au fur et à mesure des années et de l accumulation de l expérience. Elle devient plus inconsciente, plus automatisée mais elle est toujours présente. Aucun interprète ne se rend à un rendez-vous sans y avoir réfléchi au préalable La concentration Comme pour le sportif, le dialogue interne et l imagerie mentale ont ici toute leur place. S il s agit d un rendez-vous de type liaison, il est possible de répéter mentalement la façon de se présenter, comment on sera assis à côté de l entendant et face au sourd, le lexique qui sera utilisé si le thème est connu. Pour une conférence, l imagerie mentale permet de visualiser la salle avec les participants, le fait de monter sur scène, Pour une formation ou un cours, l interprète peut se visualiser à côté de l enseignant face à tous les élèves ou les étudiants. Pour une réunion, un interprète débutant m explique qu il utilise l imagerie mentale pour le pilotage et les prises de parole. De nombreuses interprètes parlent de l instant où ils montent dans leur voiture. Ils oublient leurs soucis personnels pour devenir interprètes. Le trajet est souvent le moment de 44
45 la concentration et de la préparation. C est, pendant le parcours, que les interprètes utilisent le plus l imagerie mentale, surtout si le lieu est connu. Un interprète expérimenté explique que juste avant un rendez-vous, il entre comme dans un sas avec différentes étapes. Dès qu il monte dans sa voiture, il commence à se préparer et à se projeter dans la situation. Il est à partir de ce moment interprète. Puis en arrivant sur au rendez-vous, tous ses sens sont en éveil. Il est à l écoute de la moindre information et est prêt à traduire sur le plan cognitif. Cela rejoint la mise en condition des comédiens et des danseurs qui passent par plusieurs étapes pour arriver sur scène et être prêts physiquement et mentalement. Ce «chemin», comme l explique un chorégraphe, permet de passer de la réalité quotidienne à la scène. En se mobilisant physiquement, en faisant le vide, en travaillant sur la respiration, sur les sensations, les danseurs arrivent au moment du lever de rideau dans un état physique et mental qui rend possible la performance. La majorité des interprètes semble utiliser l imagerie mentale. Ils visualisent le lieu de rendez-vous, où ils vont s installer, ce qu ils vont dire en arrivant pour se présenter. Cela leur permet d orienter leur attention et de se concentrer. D autres pensent aux emplacements qu ils vont utiliser, au vocabulaire nécessaire surtout s il s agit de rendez-vous réguliers comme la traduction de réunion d équipe ou de synthèse. Un interprète expérimenté m explique que pour le tribunal, il se prépare grâce à l imagerie mentale : l organisation de la salle ou du bureau du juge, les personnes présentes, comment vont être réparties les personnes dans la salle, Un interprète débutant explique qu il ferme, au maximum, le contexte en réfléchissant aux personnes présentes, aux enjeux et utilisent toutes les informations disponibles. Cela le rassure et lui permet de bien se concentrer, ce qui lui sera utile pour l interprétation. Ce même interprète prépare à l avance ses emplacements. Il utilise l imagerie mentale pour placer un maximum d entités. Cela lui permet de canaliser ses efforts et son énergie sur d autres points de la traduction. Un autre interprète expérimenté se prépare avec l imagerie mentale pour un autre lieu : la prison. La première fois, le rendez-vous a été très impressionnant. Par la suite, l interprète se prépare plus finement. Il se fait une image de la geôle, de la prison, du bruit des clés (qui avait été insupportable la première fois). Avec l expérience, les images apparaissent d elles-mêmes de façon quasi-inconsciente. Ce même interprète a appris avec le temps à se concentrer pour parvenir à occulter les bruits environnants, lorsqu il traduit dans les couloirs d un commissariat, à proximité des geôles. Ce même interprète, qui intervient régulièrement pour des gardes à vue ou en prison, se prépare également mentalement sur l aspect physique des personnes (au niveau de l hygiène). Ce n est pas forcément une donnée que les interprètes pensent à inclure dans 45
46 leur préparation mentale alors que cela peut être utile pour ne pas ensuite être déstabilisé émotionnellement et ne plus réussir à maintenir sa neutralité. La concentration se fait aussi, pour deux interprètes débutants, en se mettant dans une «bulle» juste avant le rendez-vous. Ils prennent un peu de temps seuls (c est pour cela qu ils essaient d arriver en avance et avant l usager sourd), font le vide et finalisent leur concentration. Quand l usager arrive, ils sont prêts La gestion de l énergie Pour mobiliser leur énergie, plusieurs interprètes interrogés se placent dans un état d éveil qui se rapproche de la zone optimale entre motivation et performance. Ils sont dans un état d éveil qui leur permet d être à l affût de tout ce qui les entoure, que ce soit sur le plan auditif ou visuel. En se mobilisant ainsi, ils sont déjà prêts pour l interprétation alors que le rendez-vous n est pas commencé. Sur le plan cognitif, les techniques de traduction sont opérationnelles. La gestion de l énergie physique passe également par une bonne alimentation. Les enseignants et les tuteurs le répètent en permanence : il faut, à tout prix, éviter l hypoglycémie. Un interprète expérimenté prend toujours des sucres rapides, juste avant un rendez-vous, pour être sûr de ne pas avoir de difficultés sur le plan énergétique La gestion émotionnelle Les interprètes font tous les mêmes remarques lors des entretiens. La préparation émotionnelle passe par un balayage systématique et maximal de tout ce qui pourrait se passer pendant le rendez-vous pour ne pas être surpris et déstabilisé sur le plan émotionnel. De plus, pour certaines interprètes, cette préparation passe par un dialogue intérieur. Ils se répètent que ce ne sont pas leurs émotions qui vont apparaitre pendant un rendezvous mais celles des interlocuteurs présents. Un interprète expérimenté fait même des recoupements entre certains rendez-vous, sur les aspects émotionnels. Cela lui permet de se créer des images de référence pour ensuite les ancrer et les réactiver pour d autres rendez-vous. Tout ce travail se fait au calme par le biais de l imagerie mentale. Un interprète expérimenté qui intervient régulièrement pour des gardes à vue se prépare sur le plan émotionnel à tout ce que pourra lui demander un sourd et qu il ne pourra pas lui fournir (comme de l eau par exemple). Il m explique que c est pour lui une situation difficile car il touche aux besoins fondamentaux d un être humain. Une bonne préparation mentale est indispensable pour contenir ses émotions. 46
47 La préparation émotionnelle n est pas la même s il s agit d un rendez-vous de type liaison ou d une conférence. En liaison, il peut y avoir des enjeux importants qu ils soient personnels ou professionnels. En conférence, un interprète expérimenté se rend dans la salle avant, s assoit parmi les participants pour s imprégner de l ambiance. Il canalise ainsi son énergie. En ce qui concerne le stress, qui est sûrement la réaction physiologique qui touche le plus les interprètes, plusieurs habiletés mentales peuvent être développées. Les interprètes interrogés quelle que soit leur expérience sont toujours plus stressés quand le facteur inconnu est plus important : usager non connu, nouveau lieu, Certains utilisent la musicothérapie pour se mettre en condition et diminuer le stress. En effet, une musique relaxante avec des morceaux choisis permet d activer un émostat positif. Le dialogue interne, qui permet de se remémorer des situations passées associées à des émotions positives, est également une technique intéressante pour réduire le stress. Être capable d activer des images positives associées à un émostat permet de diminuer le stress et l anxiété. Les étapes utilisées par les comédiens et les danseurs réduisent le stress. Une routine et une mise en condition physique et mentale pourraient aider les interprètes au niveau du stress. Le chorégraphe interrogé parle d «apprivoisement progressif du stress» grâce à ce «chemin». Toutes les techniques liées à la relaxation et au contrôle respiratoire ont aussi leur place dans la gestion du stress. Un interprète débutant utilise la respiration pour faire le vide et se relâcher physiquement. Chez les interprètes, le stress est en lien direct avec la confiance. Une bonne préparation linguistique et une relation de confiance avec les collègues semblent réduire le stress. Cela diminue l incertitude qui pèse sur l environnement et augmente le soutien social. Il est intéressant aussi d évaluer le stress pour voir s il ne s agit pas d un stress de surpression. L interprète peut percevoir la réalité de façon déformée et accorder trop d importance ou d enjeu à un rendez-vous. Les collègues peuvent alors l aider à replacer le rendez-vous à sa juste place. S il s agit d un état de sous-stress, l interprète doit réfléchir à sa motivation ou à une éventuelle fatigue mentale ou physique. Une redéfinition des objectifs ou une analyse de la baisse de motivation est une solution pour régler cet état. 47
48 La confiance en soi Juste avant un rendez-vous, l interprète doit se mettre dans la «peau d un interprète», se concentrer, penser à la déontologie, aux langues de travail et se mettre en condition pour l interprétation. Pour se motiver et être en confiance, il est possible d utiliser une routine non pas précompétitive mais «pré-interprétative». Un interprète expérimenté rencontré cette année en stage m expliquait qu il a mis en place, finalement inconsciemment, toute une routine. Une fois arrivé sur le lieu de rendez-vous, il vérifie qu il est bien au bon endroit, que c est bien le bon horaire. Il éteint son téléphone portable. A partir de cet instant, il est interprète et non plus Monsieur X. Se placer en tant que professionnel semble donner confiance à plusieurs interprètes interrogés. Ils laissent leurs doutes de côté, leurs problèmes personnels et deviennent des interprètes professionnels. La confiance est un sentiment qui, d après les entretiens, est long à s ancrer. Les interprètes expérimentés parlent de confiance en leur traduction, en leurs capacités à traduire certains rendez-vous plus complexes. Un autre interprète expérimenté m explique que la confiance en soi est surtout venue en traduisant des collègues. Encore une fois, ces situations peuvent servir d images de référence. Deux interprètes débutants expliquent que la confiance en leur traduction n est pas évidente les premières années. Par contre, ils utilisent beaucoup le dialogue interne en se disant qu ils ne sont pas moins capables qu un autre interprète, qu ils ont déjà réussi à traduire d autres rendez-vous et que, par conséquent, ils sont capables d interpréter le rendez-vous à venir. Un de ces deux interprètes repense souvent à une interprétation complexe qu il est parvenu à bien traduire. Il m explique qu il n arrive pas à bien l ancrer comme image de référence. Les images et les sensations positives sont présentes. Il manque juste la technique mentale pour bien réactiver ces images de référence en les associant à un émostat. Bien-sûr, pour que l interprète soit en confiance, il faut que les habiletés mentales des quatre autres potentiels soient maîtrisées et disponibles Pendant un rendez-vous La concentration et la reconcentration Pendant une interprétation, on doit rester au maximum de sa concentration pour ne pas se laisser perturber et risquer de passer à côté de certaines informations. Lors des 48
49 entretiens, aucun interprète ne m a parlé du maintien de la concentration pendant un rendezvous. Il est possible, comme cela a été expliqué dans la seconde partie, de bien se maintenir dans le présent, de ne pas penser à ce que l on vient de traduire, que ce soit de qualité ou non, ni de se projeter dans le futur. Il est important de penser à la traduction du moment sans anticiper. L interprète, avant un rendez-vous, doit se préparer mentalement à cette nécessité de rester dans le moment présent. Il ne repensera à tout ce qui s est passé qu une fois la traduction finie. Un interprète débutant parvient à se reconcentrer rapidement après une erreur. Après l avoir corrigée, il n y pense qu une fois le rendez-vous fini. Il ne sait pas forcément expliquer ce qu il se passe mentalement mais il y parvient. Le potentiel cognitif passe par une mobilisation de l attention et donc de la concentration. Nous avons vu, dans la deuxième partie, que le choix, et par conséquent la réponse aux traitements des informations, dépendaient d une concentration efficace. Un interprète doit donc être vigilant et utiliser les signes et les mots adaptés à la situation. Développer le mode mental stratégique, à la place de l automatique, permettra une réponse efficiente pendant l interprétation. La préparation mentale permet d apprendre à ne pas se laisser distraire par les bruits environnants. Cela peut parfois être très gênant pendant une traduction. Maîtriser les techniques comme le changement dans un canal identique ou différent pourrait aider l interprète à se reconcentrer La gestion émotionnelle Lors d un rendez-vous compliqué sur le plan émotionnel, un interprète débutant m explique comment il a réussi à «tenir». Quand il y a des petits instants sans traduction, il se concentre sur sa respiration, pense à autre chose, se recale bien sur sa chaise et utilise le dialogue interne pour se dire qu il est en mesure de gérer et d interpréter ce rendez-vous. D autres interprètes expérimentés utilisent aussi la relaxation avec la respiration abdominale, le changement de pensée ou de sensation au sein d un même canal ou dans un autre canal. Parfois, il leur est nécessaire de demander une pause ou un relais. Ces quelques minutes leur permettent de prendre du recul sur la situation, de se retrouver au calme. Dans ces moments, il serait intéressant d utiliser le savoir-faire qui permet de passer d un état mental négatif à positif et de réactiver un émostat positif. Cet exemple illustre différents savoir-faire : la respiration abdominale, le dialogue intérieur pour se remotiver et se redonner confiance, le changement de canal. 49
50 Quand les interprètes travaillent en binôme ou s il y a une pause après une heure (pour un interprète qui travaille seul), profiter de ce moment pour se recentrer, se relâcher avec la respiration, activer des images ou des sensations positives pourrait être bénéfique. Les interprètes interrogés expliquent avoir déjà eu besoin de sortir car ils ne parvenaient plus à contenir leurs émotions. Un interprète a, une fois, surestimé ses capacités à supporter des émotions trop intenses et a dû quitter le lieu du rendez-vous pour récupérer. Il insiste sur le fait de ne jamais surestimer ses capacités. On touche ici aux limites des interprètes, surtout pour les débutants qui ne les connaissent pas forcément. Le savoir-faire qui permet de passer d un état mental négatif à positif, tout en se construisant un émostat solide, peut être intéressant pour ce type de situation. Mais il nécessite que l interprète se soit entrainé depuis un certain temps et régulièrement. De plus, ce ne sera pas forcément suffisant suivant la situation La gestion de l erreur En reprenant l exemple de l interprète au meeting de la campagne présidentielle, il est conscient qu il a fait certaines erreurs de traduction. Par contre, il est capable de relativiser ces erreurs par rapport aux conditions de travail et au type d évènement et sort satisfait de sa traduction. Un autre interprète expérimenté m explique que l erreur donne confiance. En effet, en réussissant à se corriger et à se remettre en question, il améliore la confiance en soi. Il se dit : «Je suis capable de me corriger donc j ai plus confiance en moi et en ma traduction». L erreur se gère aussi en l acceptant. Une interprétation ne sera jamais parfaite. Un interprète se dira toujours qu il aurait pu mieux faire, que telle image aurait été plus pertinente, que tel signe aurait été plus adapté, Comme l explique P. Houwenaghel, cela s appelle le «deuil de la perfection» Une fois l erreur analysée, se fixer de nouveaux objectifs peut aider l interprète. Cela permettra de ne plus répéter cette erreur dans une autre situation Résister à la fatigue Un interprète expérimenté, qui sait que le rendez-vous va être long, se prépare mentalement et se met en condition. La mobilisation de l énergie passe également par une bonne alimentation. Plusieurs interprètes me le répéteront cette année. Par contre, aucun des interprètes interrogés ne semble connaître ou utiliser le savoirfaire pour éviter de se focaliser sur la fatigue qu elle soit physique ou mentale. Changer de modalité perceptive (visuelle, auditive, kinesthésique) pourrait aider les interprètes lors de 50
51 rendez-vous difficiles. Il est possible d effectuer ce changement, dans le même canal, en passant d une sensation négative à une positive, dans un autre canal ou en passant d une image mentale associée à dissociée en se visualisant dans une position différente La fluidité C est pendant une traduction, qu un interprète pourra, comme un sportif, se retrouver en état de «flow». Il faut, pour cela, que toutes les habiletés mentales des quatre autres potentiels soient maitrisés, que l interprète se sente bien dans sa traduction, n ait aucun doute sur ses choix linguistiques ou stratégiques. S il est en binôme, il doit aussi se sentir en pleine confiance avec son collègue. Un interprète débutant explique avoir déjà été dans cet état et avoir ressenti les caractéristiques décrites par Weinberg et Gould (p.36). Tout se passait bien, il ne se posait aucune question, avait la sensation de comprendre et traduire facilement. Par contre, la difficulté reste la même. Il ne parvient pas à l ancrer et à en faire une image de référence car il ne maîtrise pas les techniques mentales nécessaires. Il serait donc intéressant pour les interprètes d apprendre ces habiletés pour développer leur confiance Après un rendez-vous Après un rendez-vous, le débriefing mental semble intéressant pour les interprètes. Cela permet de faire un bilan sur les réussites et les erreurs La motivation et le renforcement Lorsque le rendez-vous s est bien passé, il est important de relever les points positifs, de faire le bilan des stratégies qui ont bien fonctionné, du lexique bien adapté, de l intention qui était juste, Cela permet à l interprète de renforcer sa motivation et sa confiance et surtout d ancrer de nouvelles réussites qui pourront lui servir d images de référence pour de futurs rendez-vous. La répétition mentale peut aussi être utilisée pour renforcer certains apprentissages : des signes que l interprète n utilisait que peu avant ou une expression française pour laquelle une image en LSF a été trouvée ou inversement, une stratégie trouvée pour traduire un concept qui posait problème avant. La fatigue mentale étant en lien avec une baisse ou un manque de motivation, la relaxation a toute sa place après un rendez-vous La gestion de l échec ou de l erreur 51
52 En cas d échec ou d erreur, la première chose à faire est le retour au calme. Une fois que l interprète se sent apaisé, il peut alors prendre du recul et analyser la situation et comprendre pourquoi la traduction lui a posé problème. Il peut y avoir plusieurs raisons : les personnes en présence ne souhaitaient pas communiquer, la situation annoncée était très éloignée de ce qu il s est réellement passé, l interprète a eu des difficultés d ordre technique ou linguistique, le rendez-vous aurait nécessité la présence de deux interprètes, la préparation n a pas été effectuée car aucune information n avait été obtenue en amont, Quelle que soit l origine de l échec ou de l erreur, l interprète doit tenter de corriger ce problème, soit seul en s entrainant chez lui par exemple, soit en équipe, soit en analyse de pratique. L habileté mentale qui consiste à se corriger en imagerie mentale dissociée puis associée peut être intéressante pour gérer l erreur. Un interprète débutant utilise le dialogue interne et l imagerie mentale pour se corriger. Par contre, il utilise directement l imagerie mentale associée. S il a le temps, pratiquer une activité complétement différente peut lui permettre de contrôler ce stress. Après des rendez-vous complexes, plusieurs interprètes, qu ils soient débutants ou expérimentés, m ont expliqué pratiquer une activité qui leur permettait de passer à autre chose, d oublier ce moment difficile. Certains font du sport, d autres jouent ou écoutent de la musique, vont boire un verre avec des amis La gestion émotionnelle Après un rendez-vous, un interprète peut sortir déstabilisé, en colère, Il est important pour lui d évacuer rapidement ces émotions négatives afin qu elles ne l affectent pas durablement. L accumulation d émotions négatives pourrait provoquer une fatigue mentale. Un interprète expérimenté opte pour différentes stratégies quand une interprétation l a perturbé sur le plan émotionnel. Suivant l état dans lequel il est après, il se force à faire complètement autre chose, appelle un collègue ou son partenaire. Passer à autre chose n est rien de plus que le changement de canal qui permet de passer d un état mental négatif à positif. Par contre, cet interprète s est aperçu que téléphoner à un collègue n était pas forcément pertinent pour cette personne. Il a trouvé sa technique en pratiquant du sport. Pendant toute la séance, il repense à sa semaine et évacue les tensions et les difficultés au fur et à mesure de cette séance. Cette technique est le passage d un état mental négatif à positif en changeant complètement d activité. 52
53 Après un rendez-vous, plusieurs interprètes écoutent de la musique pour ne plus penser aux difficultés. Encore une fois, il s agit du changement de perspective dans un même canal auditif La gestion de la fatigue Après un rendez-vous, un interprète peut ressentir de la fatigue physique surtout si le rendez-vous était d un rythme soutenu ou assez long, de la fatigue émotionnelle si l ambiance était tendue ou tout simplement une fatigue mentale générale que la cause soit professionnelle ou personnelle. Un interprète débutant m explique, qu après un rendez-vous difficile, la seule solution qu il a trouvée pour récupérer mentalement et émotionnellement est de dormir. Il n a, pour le moment, aucune technique de préparation mentale qui lui permette de se remettre. Il semblerait intéressant que ce soit, pour les interprètes débutants ou pour d autres plus expérimentés, de proposer et d apprendre, pour ceux qui sont volontaires, des habiletés mentales pour la récupération de la fatigue. Les techniques de relaxation permettent cette récupération. Elles ont nombreuses mais certaines comme les exercices proposés dans l ouvrage «Manuel de préparation mentale» de C.Target pourrait être une première solution (voir annexes). Un interprète expérimenté utilise régulièrement la relaxation pour récupérer et évacuer toute la fatigue accumulée. Il maîtrise cette technique car il a les connaissances nécessaires. Il visualise les rendez-vous passés, laisse circuler l énergie dans tout son corps, travaille sur la visualisation du corps et les points d ancrage au sol. La relaxation longue avec plusieurs exercices permet de se défaire d une fatigue physique ou mentale. Une activité de détente peut améliorer cette récupération comme écouter de la musique ou prendre un bain. Si l interprète n a que très peu de temps, car il a un autre rendez-vous, la respiration abdominale est une solution. 53
54 CONCLUSION En commençant les recherches pour ce mémoire, je ne savais pas trop ce que j allais trouver et si je parviendrais à réellement faire un lien entre les sportifs et les interprètes en langue des signes et français. Au fil des lectures, des entretiens formels ou non, des stages, plusieurs points sont apparus : - la préparation mentale pour les interprètes est indispensable, - tous les interprètes se préparent à l aide ou non d habiletés connues et maîtrisées, - les techniques des sportifs sont de plus en plus utilisées dans la vie personnelle et professionnelle et sont donc intéressantes pour les interprètes, - certaines peuvent être apprises assez facilement avec un minimum d entraînement et de volonté. Certains interprètes, qui maîtrisent un minimum de techniques mentales, les ont acquises pendant l enfance ou l adolescence en pratiquant du sport ou de la musique. D autres les ont apprises à l âge adulte. Ceux qui n ont pas ces connaissances se sont construit leurs propres habiletés au fur et à mesure des années. On a pu prouver, à travers ce mémoire, que les besoins en préparation mentale des interprètes correspondent aux habiletés développées par les sportifs et les artistes. Il serait donc intéressant que les interprètes volontaires puissent bénéficier, pendant leurs études ou pendant les premières années, d une formation sur la préparation mentale. Cela leur permettrait d aborder les rendez-vous plus sereinement. En apprenant à se concentrer de façon plus efficace, à mieux gérer le stress et les émotions, à récupérer physiquement et psychologiquement, les interprètes pourraient aborder les rendez-vous en étant mieux mentalement. Il est bien-sûr nécessaire d adapter l apprentissage de ces techniques et les techniques elles-mêmes. Cela permettrait de prévenir la fatigue mentale et l usure psychologique qu on peut observer chez certains interprètes. Bien-sûr, il est nécessaire d associer une formation de qualité à ces techniques mentales pour que les interprètes puissent pleinement développer leurs potentiels. 54
55 REMERCIEMENTS Je remercie, en tout premier lieu, Georgette DAL, ma tutrice, qui m a accompagnée et conseillée, en particulier quand, au commencement de mes recherches, je n étais pas toujours sûre de la direction à prendre. Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont accepté ces entretiens et qui m ont confié parfois des expériences professionnelles délicates. Je les remercie pour leur sincérité et leurs encouragements pour la rédaction de ce mémoire. Un grand merci à ma mère pour m avoir encouragée tout l été, pour m avoir poussée à continuer quand parfois et même souvent, j avais envie de ranger livres et ordinateur. Merci pour toutes ses relectures. Elles sont nombreuses et m auront permis, je l espère, de parvenir à un écrit correct et répondant bien à ma problématique. Merci beaucoup à mon frère pour ses nombreuses traversées de la capitale pour aller m emprunter tous les ouvrages dont j avais besoin pour mes recherches. 55
56 Annexes : ne sont présentés que trois exercices de l ouvrage de C. Target alors qu il comporte de nombreuses fiches 56
57 57
58 58
59 QUESTIONNAIRE 1. Présentation du sujet de mémoire. 2. Que mettez-vous derrière les mots «préparation mentale»? 3. Vous préparez-vous mentalement avant chaque rendez-vous ou avant certains rendez-vous? Si oui, pourquoi? Si non, pourquoi? 4. Comment vous préparez-vous? 5. Avez-vous des «trucs» ou des rituels pour vous préparer mentalement? 6. Avez-vous eu des activités pendant votre enfance ou votre adolescence où vous avez appris à vous préparer mentalement? 7. Connaissez-vous les techniques utilisées par les sportifs ou les artistes? 8. Pensez-vous qu elles puissent présenter un intérêt pour les interprètes? 59
60 BIBLIOGRAPHIE - BAERT S. & DUFOUR Y., Gérer stress et émotions en sport ; dans : «Contribution de l EPS à l éducation du bien-être», Coord. : Y. Dufour, Collection : Journées Debeyre, Publishers : AEEPS, 2007, vol.2, BERNARD A. & ENCREVE F. & JEGGLI F. (2007), L'interprétation en langue des signes, Editions PUF, Paris - FLEURANCE P. (1998), Entraînement mental et sport de haute performance, Editions INSEP Diffusion, Paris - GUITTENY P. (2009), Entre sourds et entendants, Un mois avec un interprète en langue des signes, Editions Monica Companys, Paris - LEVEQUE M. (1993), Sport et psychologie : l apport du psychologue aux acteurs, Actes de l entretien de l INSEP, n 4 - MISSOUM G. (1996), La PNL appliquée au sport, Editions Vigot, Paris - PIERON H. (2003), Vocabulaire de la psychologie, Editions PUF, Paris - RAYNAL F. & REUNIER A., Pédagogie : dictionnaire des concepts-clé, Editions ESF, Paris - SEVE C. (2009), Préparation aux diplômes d éducateur sportif, tome 3, Editions Amphora, Paris - TARGET C. (2008), Manuel de préparation mentale, Editions Chiron, Paris - THILL E. & FLEURANCE P. (2000), Guide pratique de la préparation psychologique du sportif, Editions Vigot, Collection sort + enseignement ; Paris - THOMAS R. (1994), Préparation psychologique du sportif, 2 ème édition, Editions Vigot, Collection sport + enseignement, Paris 60
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