AUDIT DU SECTEUR DES ACTIVITES PERISCOLAIRES

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1 INSPECTION GENERALE n RAPPORT AUDIT DU SECTEUR DES ACTIVITES PERISCOLAIRES (second rapport : les associations subventionnées par la Ville pour leurs actions d accompagnement à la scolarité) - décembre

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3 INSPECTION GENERALE (rapport ) NOTE DE SYNTHESE SUR L AUDIT DU SECTEUR DES ACTIVITES PERISCOLAIRES (second rapport) [décembre 2006] Le second volet du rapport d audit du secteur des activités périscolaires est consacré aux associations subventionnées par la Ville pour leurs actions d accompagnement à la scolarité. En 2004/2005, enfants ont bénéficié de cette action qui a représenté une dépense de , en hausse sur la période 2001/2005 d environ 20 %. Par rapport aux effectifs scolarisés sur l ensemble de Paris ( enfants en primaire, en collège) le chiffre d enfants concernés peut paraître faible. Il faut bien voir que ce sont les seuls enfants en difficulté qui sont concernés, et les associations subventionnées exercent pour l essentiel leurs activités dans les arrondissements où les familles en difficulté sont les plus nombreuses (et à l intérieur de ceux-ci plus particulièrement dans les ZEP) ; ainsi les structures à l œuvre dans les 18 ème, 19 ème et 20 ème arrondissements permettent à elles seules près de la moitié du total des aides. L impact est donc, localement, significatif. La DASES, qui assure leur suivi, opère de manière rigoureuse, et dispose pour chaque structure aidée d un dossier comprenant aussi bien les éléments statutaires et financiers que l ensemble des données qui retracent l activité de l association : effectifs des jeunes suivis, heures totales d accompagnement effectuées, personnel bénévoles et salariés, et une série de synthèses statistiques par arrondissement, par quartier «Politique de la Ville», ou relatives à des points particuliers (répartition par niveau, nombre de jeunes subissant un retard scolaire ). Tout en s appuyant sur cet ensemble important de données, synthétisées et actualisées chaque année, les rapporteurs ont recherché un contact direct avec toutes ces structures pour mieux comprendre leur fonctionnement quotidien, leurs contraintes, leurs attentes et projets. Un questionnaire a donc été élaboré et envoyé à chacune, et l exploitation des réponses (la très grande majorité des «sondés» à répondu) constitue le cœur de ce rapport. Un certain nombre des responsables ont également été rencontrés et interrogés, ainsi que les partenaires naturels de l accompagnement scolaire que sont l Académie de Paris et la Caisse d Allocations Familiales de Paris ; l expertise de la Direction des Affaires Scolaires, qui s investit de plus en plus dans ce domaine, a évidemment été sollicitée.

4 Les conclusions de ce travail d enquête et d analyses peuvent être résumées comme suit : - à travers un budget modeste, la Ville s associe à un effort important, largement basé encore sur le bénévolat, d aide à la scolarité d enfants de milieux sociaux défavorisés, majoritairement dans le nord et l est parisien. Si cette priorité géographique est légitime, il faut relever qu elle laisse de côté des enfants en difficulté ailleurs, où ils peuvent être marginalisés dans des établissements d une niveau général élevé. - si les éléments d un diagnostic positif d ensemble sont établis, en accord avec les différents partenaires déjà cités, aucune évaluation chiffrée en termes de résultats scolaires ne peut être sérieusement dressée. Il y a à cela deux séries de raisons. Tout d abord il est extrêmement difficile d évaluer de manière objective et précise, quantifiée, l impact sur un enfant de l aide reçue. D autre part, pour beaucoup d intervenants, l objectif premier n est pas l amélioration immédiate du bulletin scolaire (contrairement par exemple au secteur lucratif ) mais beaucoup plus largement une meilleure insertion sociale de l enfant, qui recourt à d autres moyens que la simple aide aux devoirs. Il est important de signaler à cet égard que si l objectif d aide de l enfant est toujours affirmé, les moyens mis en œuvre ne sont pas toujours les mêmes et les priorités affichées non plus. - le développement rapide de l accompagnement scolaire revêt des formes multiples : investissement du secteur privé lucratif, actions menées dans les écoles et collèges en lien avec l Académie : au delà d un effort complémentaire sur les moyens matériels, la Ville doit réfléchir au rôle qu elle souhaite jouer dans la coordination des différents acteurs.

5 SOMMAIRE INTRODUCTION Les associations subventionnées par la Ville : le suivi de la DASES, de l Education Nationale et de la Caisse d Allocations Familiales Une mission dévolue à la DASES et assurée par le bureau des activités de prévention pour la jeunesse Organigramme et mission Les associations subventionnées, le suivi réalisé, les documents disponibles Les associations subventionnées Le suivi réalisé par le BAPJ : présentation du bilan et commentaires Le diagnostic des responsables et le commentaire de l Inspection générale L évaluation globale du dispositif Un document essentiellement factuel Les approches du Rectorat de Paris et de la Caisse d Allocations Familiales Le Rectorat de Paris L action de la Caisse d Allocations Familiales L approche de l Inspection Générale : un questionnaire sondage L objectif : compléter l approche de la DASES Le questionnaire Les résultats Les caractéristiques des associations : ancienneté, présence d un réseau, locaux (Questions 1 à 4) Les objectifs : classement des priorités, conception du soutien scolaire (Questions 5 à 6) Les enfants accueillis : situation, niveau scolaire et situation familiale et sociale, hypothèse du recours à l internat (Questions 7 à 15) Les conditions matérielles et de fonctionnement (Questions 16 à 18) Les relations avec l environnement, les familles, l école (Questions 20 à 23) Le recrutement des intervenants, l évaluation et la formation (Questions 24 à 27) Les relations avec la DASES et la Ville (Questions 28 à 31) Les rencontres avec des responsables associatifs Un choix d associations Le Secours Catholique Le Secours Populaire Le centre social Relais L association de quartier AIRAPE L association Espace L association Plus Loin L association AVEC-MS Les thèmes abordés : opinions et attentes Le recrutement et la formation des bénévoles Les relations avec l Education nationale Les obstacles linguistiques et culturels Les relations avec les familles Les problèmes comportementaux des enfants Des attentes marquées par le souhait de relations plus étroites avec la Ville...86 Inspection Générale de la Ville de Paris 1/102

6 4. Diagnostic et propositions Une action positive à encourager : le travail sur les moyens (l argent, les locaux, les matériels informatiques) Cette politique de lutte contre l échec scolaire nécessite un soutien financier plus significatif et plus innovant La mise à disposition de locaux adaptés doit être fortement développée Ces associations doivent bénéficier d outils informatiques spécifiques Améliorer le suivi des activités et renforcer les moyens du bureau des activités de prévention pour la jeunesse Progresser sur les évaluations La coordination du suivi : faire circuler l information entre la DASES et la DASCO Renforcer les moyens du BAPJ La journée du soutien scolaire : regrouper les acteurs (associations, académie, Ville, CAF ) Faut-il rattacher l accompagnement scolaire à la Direction des Affaires Scolaires? La réponse de la DASES au rapport provisoire : la problématique du positionnement d une politique Une nouvelle structure de coordination : le Groupement d Intérêt Public pour la réussite éducative à Paris Liste des propositions des rapporteurs Encourager les associations à construire un référentiel explicitant : Travailler sur les moyens offerts aux associations Améliorer le suivi et renforcer les moyens du BAPJ Instituer les «journées du soutien scolaire» Utiliser au mieux les moyens offerts par le Groupement d Intérêt Public pour la réussite éducative à Paris Liste des personnes rencontrées Inspection Générale de la Ville de Paris 2/102

7 INTRODUCTION Le domaine des activités du soutien scolaire est aujourd hui affecté par des évolutions rapides et profondes. Si l on dispose de peu d éléments, au moins chiffrés, sur ce qu il était il y a dix ou quinze ans, on sait qu aujourd hui 1, au-delà de l aide apportée par les parents, les frères ou sœurs, 7 % des enfants scolarisés à l école élémentaire bénéficient de cours de soutien gratuits, chiffre qui monte au collège à 13 %. Encore marginal dans l enseignement élémentaire, le secteur lucratif touche 8,5 % des collégiens et 15 % des lycéens, et sa physionomie longtemps marquée par un certain amateurisme se caractérise aujourd hui par l apparition de véritables entreprises spécialisées. Signe de l évolution du secteur à Paris, les rapporteurs ont découvert l existence d un guide pratique spécialisé et très bien documenté, vendu en librairie en septembre 2005 : «Le guide du soutien scolaire» (Mariadèle CAMPION éditions Parigramme/Compagnie parisienne du livre). Mais d abord, qu est-ce que le soutien scolaire? Le «guide de l accompagnement à la scolarité» document officiel édité en 2002 et cosigné à côté du Ministre de l Education Nationale, par quatre autres ministres, en donne la définition suivante : - «Le soutien scolaire est dispensé, dans le cadre de l école et dans le temps scolaire, par des enseignants, à des élèves qui, provisoirement, ou sur une plus longue durée, ont besoin d une aide personnelle ; le soutien peut prendre la forme de l aide individualisée, de la remédiation, du tutorat, voire prendre place dans le cadre des études au collège. Etudes, aides individualisées, tutorat sont des dispositifs mis en place dans le cadre de la rénovation des collèges et des lycées. Ils peuvent se doubler d aides mises en place dans le cadre de l autonomie des établissements. L accompagnement à la scolarité : son organisation et sa définition se trouvent dans la Charte nationale de l accompagnement à la scolarité. Suivant les principes de la Charte, il est tout à fait distinct des cours données à titre onéreux». Au terme de ce document : «On désigne par "accompagnement à la scolarité"» l ensemble des actions visant à offrir, aux côtés de l Ecole, l appui et les ressources dont les enfants ont besoin pour réussir à l école, appui qu ils ne trouvent pas toujours dans leur environnement familial et social. Ces actions, qui ont lieu en dehors des temps de l école, sont centrées sur l aide aux devoirs et les apports culturels nécessaires à la réussite scolaire. Ces deux champs d intervention, complémentaires, à vocation éducative, contribuent à l épanouissement personnel de l élève et à de meilleures chances de succès à l école. 1 source : note d information du Ministère de l Education Nationale (février 2006) Inspection Générale de la Ville de Paris 3/102

8 L accompagnement à la scolarité reconnaît le rôle central de l Ecole. Il se propose, par des stratégies diversifiées, d aider les jeunes, en utilisant les technologies de l information et de la communication notamment, à acquérir des méthodes, des approches, des relations susceptibles de faciliter l accès au savoir ; d élargir les centres d intérêt des enfants et adolescents, de promouvoir leur apprentissage de la citoyenneté par une ouverture sur les ressources culturelles, sociales et économiques de la ville ou de l environnement proche, de valoriser leurs acquis afin de renforcer leur autonomie personnelle et leur capacité de vie collective, notamment par la pratique de l entraide et l encouragement du tutorat entre les jeunes ; d accompagner les parents dans le suivi de la scolarité des enfants». On ajoutera que les projets menés dans ce cadre doivent «faire explicitement mention du caractère laïque des actions ; de leur refus de tout prosélytisme ; du caractère gratuit des prestations ou de la nature symbolique de la participation financière demandée aux familles ; de l ouverture des actions à tous sans distinction d origine, de religion ou de sexe». Ces définitions officielles ont pour mérite de rappeler un certain nombre de principes de référence, et aussi que deux types d actions coexistent, dans le cadre de l école (c est le soutien scolaire stricto sensu) et en dehors du temps de l école (c est l accompagnement à la scolarité). Les «activités de soutien scolaire mises en œuvre par les associations» visées par la lettre de mission relèvent donc en fait de l accompagnement à la scolarité, tout comme les actions de type «Coup de pouce» et «Action collégiens» déjà étudiées dans le premier rapport ( ) sur le périscolaire, d octobre De même, depuis janvier 2006, des Ateliers de Français Mathématiques en classe de 6 ème (AFM 6) ont été mis en place en partenariat avec l Académie dans 10 collèges au bénéfice de 160 élèves (2 ateliers de 8 élèves par collège). Ce dispositif, «calqué» sur les précédents Clubs Coup de pouce (niveau CP) et Ateliers Lecture Expression Mathématiques (niveau CM 2), est doté d un budget annuel de et devrait concerner 20 collèges avant la fin de l année Dès la rentrée scolaire de septembre 2006, une première évaluation doit être rendue par le Centre Académique de Ressources d Education Prioritaire (CAREP) sur les six premiers mois de fonctionnement. * * * Inspection Générale de la Ville de Paris 4/102

9 Le programme de lutte contre l échec scolaire du Département de Paris, mis en œuvre dès 1989, a attribué en 2005 des subventions à 69 associations, et c est l activité de ces associations qui va être étudiée dans le présent rapport. Il faut savoir qu à côté de ces structures aidées par le département de Paris il en existe d autres qui travaillent dans le même domaine ; la Caisse d allocations familiales alloue de son côté des subventions à 112 associations (dont 90 % des 69 subventionnées par le département de Paris) et à cinq centres sociaux qui dépendent d elle. La diversité des associations est très grande. On trouve en effet : - des grands acteurs, nationaux, et polyvalents, comme le Secours Populaire ou le Secours Catholique, - des centres sociaux, - des associations qui sont spécialisées dans le soutien scolaire, d autres pour lesquelles celui-ci n est qu une composante de leurs activités, - des structures basées exclusivement sur le bénévolat, d autres qui emploient des salariés ; la plupart fonctionnent sur une logique de proximité, certaines peu nombreuses, parmi celles aidées par la Ville tout au moins visant plus particulièrement les ressortissants d une communauté. Cette diversité se retrouve dans le financement. En dehors des apports privés, et de la participation des familles, celui-ci peut être appréhendé à travers le suivi réalisé dans le cadre du Contrat local d accompagnement à la scolarité (CLAS), dispositif de coordination qui associe les représentants de l Education nationale et d autres services de l Etat, les acteurs de la politique de la Ville, le Fonds d action et de soutien pour l intégration et la lutte contre les discriminations (FASILD), la Caisse d allocations familiales (CAF). En 2004/2005 le montant alloué à Paris par ces différents partenaires s élevait à , majoritairement apportés par la CAF. A noter que l effort de la Ville ( en 2005/2006) s ajoute à ces chiffres. * * * Cette mobilisation des associations s inscrit dans le contexte du développement rapide du secteur lucratif. L ouvrage déjà cité de Mme CAMPION parle «d explosion de la demande» : celle-ci aurait augmenté de 50 % en trois ans, et les dépenses annuelles pour les cours particuliers atteindraient 450 millions d euros par an en région parisienne. En dehors des structures publiques et des associations, le guide recense dans le chapitre consacré aux organismes d accompagnement scolaire privés 7 «meilleures adresses» 4 «spéciales maths» et 38 «autres bonnes adresses». On relèvera que les parents aisés pouvaient déjà bénéficier d avantages fiscaux par le biais du «chèque emploi service» ; depuis le décret n du 29 décembre 2005 le soutien scolaire et le cours à domicile sont répertoriés dans les «services à la personne» et il est donc possible de recourir à une entreprise spécialisée avec une réduction d impôt sur le revenu égale à 50 % des sommes versées. Le développement de cette activité devrait donc encore s accélérer. * * * Inspection Générale de la Ville de Paris 5/102

10 Enfin, et cette dernière évolution est très importante, l Education nationale qui avait longtemps relativement ignoré le sujet, s y intéresse tant au plan local parisien qu au plan national. Au plan local, les rapporteurs ont rencontré le conseiller du recteur qui suit les dossiers correspondants. Spécialiste des problèmes de l éducation en milieu difficile, il a notamment mis sur pied un groupe de travail qui a permis de lancer une vaste action de formation des responsables associatifs, animée par le réseau de l éducation prioritaire, et fait pression pour que les associations subventionnées adhèrent à la charte nationale de l accompagnement à la scolarité. Son jugement sur l efficacité du travail des associations est assez nuancé. Au plan national, un tout récent rapport (mai 2006) des deux inspections générales de l Education nationale fait le point sur les dispositifs d accompagnement à la scolarité et s interroge plus particulièrement sur le rôle - actuel et futur - des technologies de l information. Diagnostiquant un infléchissement de l accompagnement vers des préoccupations «plus sociales que scolaires», il propose une démarche où le système éducatif retrouve toute sa place en restaurant la continuité entre le temps scolaire et le temps «hors scolaire» et en mettant les nouvelles technologies au service de la réussite des élèves. * * * Inspection Générale de la Ville de Paris 6/102

11 1. LES ASSOCIATIONS SUBVENTIONNEES PAR LA VILLE : LE SUIVI DE LA DASES, DE L EDUCATION NATIONALE ET DE LA CAISSE D ALLOCATIONS FAMILIALES 1.1. Une mission dévolue à la DASES et assurée par le bureau des activités de prévention pour la jeunesse Organigramme et mission DASES Sous-Direction des actions familiales et éducatives Bureau des activités de prévention pour la jeunesse Ainsi que l indique son intitulé, le bureau des activités de prévention pour la jeunesse est chargé de l élaboration et de la mise en œuvre du dispositif d action de prévention vis-à-vis des jeunes, en liaison avec les centres sociaux ainsi que les clubs et équipes de prévention spécialisée. C est une petite structure sept personnes au total composée notamment de trois cadres expérimentés (le chef du bureau suit ces dossiers depuis 1989). L objectif, au quotidien, peut être défini comme suit : «aider une famille à accompagner son enfant», ce qui passe par un relais : la structure associative, qui peut faire ce que les familles ne peuvent pas faire toutes seules. Cette «action sociale familiale» pour reprendre l expérience de la responsable du bureau, peut comprendre des activités d accompagnement scolaire, mais ne se résume pas à une aide aux devoirs et ne saurait être en aucune manière un substitut à l école (on verra d ailleurs plus loin que les associations aidées ne suivent pas d enfants en rupture scolaire, ou de manière exceptionnelle et transitoire). En ce qui concerne l accompagnement scolaire, qui ne représente qu une partie des actions encouragées et suivies par le bureau, le cadre est fixé par le «Programme de lutte contre l échec scolaire». Mis en place par le département, celui-ci s inscrit dans les principes énoncés par la «charte de l accompagnement scolaire» déjà évoquée. Il s organise concrètement à travers le financement d associations, pour un montant qui atteint, pour l année 2004/2005, L augmentation, depuis 2001, est supérieure à 20 %. Inspection Générale de la Ville de Paris 7/102

12 Les associations concernées sont : - les centres sociaux - des associations de quartier - des associations «de base» non conventionnées Les centres sociaux : une mission parmi d autres Trente centres sociaux sont actuellement actifs à Paris, chiffre susceptible d évoluer (quatre centres ont été créés depuis 2001, des projets sont en cours). Six centres sont directement gérés par la CAF. Les autres centres sociaux sont des associations loi de 1901 «portées» par les habitants des quartiers ce qui constitue, à Paris, une originalité (ailleurs ils sont plutôt municipaux ou départementaux). Cette formule aide à une meilleure implication des habitants dans les instances de concertation et de décision, et à une forte coopération des bénévoles avec les équipes de salariés. Ces centres sont des «lieux polyvalents d accueil, d animation globale, sociale, éducative et culturelle en direction des familles et des habitants d un quartier» 2. Ils sont ainsi définis comme des équipements de proximité «généralistes, intergénérationnels et multiculturels». La lutte contre l échec scolaire n est donc pour ces structures qu une intervention parmi d autres à destination des jeunes ; l accompagnement scolaire s inscrit dans une «palette» d activités et d actions : ludothèque, centre de loisirs sans hébergement, programme «Ville vie vacances» (sorties culturelles, activités ludiques et éducatives pendant les vacances), aide à projet, préparation du BAFA, espace public numérique. Les centres sociaux de Paris sont regroupés dans une fédération, signataire d une charte avec la Municipalité en 2005 ; un gros effort de concertation et de coordination a été entrepris avec les autres acteurs de la prévention, notamment l Union des équipes de prévention spécialisée de Paris (les clubs de prévention, qui vont à la rencontre des jeunes dans la rue). Les centres sont situés dans onze arrondissements ; la majorité est concentrée dans le nord est, plus de la moitié (17) dans les seuls 18 ème, 19 ème et 20 ème arrondissements, dont quatorze dans les deux derniers. Le 14 ème arrondissement n en compte qu un seul, le 12 ème en accueille deux, comme le 13 ème Les associations de quartier et les associations «de base» non conventionnées Le concept d association de quartier n est pas juridiquement défini. Par rapport à une association «ordinaire» il s agit de structures qui ont une certaine pérennité, une certaine ampleur d activités, une vision large du travail avec les familles et le quartier. 2 cf. rapport sur la prévention n Inspection Générale de la Ville de Paris 8/102

13 Ces associations sont conventionnées ce qui n est pas en général le cas des autres, les associations «de base», en générale plus petites, plus récentes, et plus spécialisées sur l accompagnement scolaire. La liste des associations subventionnées (cf. pages 11 à 18) distingue les centres sociaux par le sigle «CS», les associations qui participent aux dispositifs de la Politique de la Ville par le sigle «PV», les associations de quartier par le sigle «AQ» Le conventionnement Centres sociaux et associations de quartier bénéficient d un conventionnement ; de nouveaux textes ont été mis au point et adoptés en L objectif de ces conventions est de préciser le mandat de la collectivité parisienne à l égard de ces organismes. Ces conventions peuvent avoir pour objet : - de préciser les engagements réciproques du département de Paris et d une association pour la mise en œuvre d une action sociale globale de proximité, dite «animation globale». Celle-ci recouvre l accueil, l animation en direction des familles et de leurs enfants, le développement de la vie sociale. Référence est faite aux «principes et engagements» figurant dans la charte parisienne des centres sociaux ; l organisme s engage à présenter un certain nombre de documents relatifs à son activité, son budget et son fonctionnement. Le département s engage à le soutenir financièrement, avec un calendrier défini de versement des subventions. La durée de la convention est annuelle, mais elle est renouvelable deux ans par tacite reconduction. L association bénéficie donc, sauf accident, d une «visibilité» à trois ans, et pendant cette durée d une aide stable. - de préciser dans des conditions comparables (durée, engagements réciproques ) les conditions d une action «d animation prévention précoce». Celle-ci s adresse plus spécifiquement aux enfants et adolescents, de 6 à 15 ans et vise à leur assurer «une meilleure insertion au sein de leur famille et de la société et à leur éviter de rentrer dans des processus de marginalisation». Le soutien du département s exprime ici par la mise à disposition d un animateur à plein temps, recruté et payé par la structure mais dont le salaire et les charges sont remboursés par la collectivité. Le bénéfice de cette convention n est pas exclusif du bénéfice de la précédente, car elles correspondent à des buts différents. Enfin, une troisième variante de «convention d animation prévention précoce» est plutôt destinée aux associations de quartier, elle prévoit une aide financière sous forme de subvention et n est renouvelable par tacite reconduction que pour une durée d un an. Inspection Générale de la Ville de Paris 9/102

14 L aide aux associations non conventionnées L aide est alors versée après un processus qui démarre par un «appel à projet». Cet «appel à projet» fait l objet d une publicité aussi large que possible tant auprès des structures déjà connues, déjà aidées ou non, que des milieux où elles interviennent, des travailleurs sociaux, des réseaux de la Politique de la Ville. Les dossiers doivent être déposés en octobre au plus tard. L instruction des dossiers intervient entre octobre et février. Au-delà du dépouillement de documents écrits, cette phase est évidemment aussi consacrée à des rencontres, des visites sur place. La délibération est généralement présentée au Conseil de Paris au mois de mars, ce qui permet aux associations de percevoir leur subvention à partir du mois d avril. Ce calendrier ne peut convenir qu à des structures qui n ont pas de besoins financiers trop importants, donc s appuyant largement sur le bénévolat, et qui disposent d un minimum de ressources par ailleurs, car, alors que l année scolaire est déjà largement entamée, il faut pouvoir assurer le règlement des dépenses jusqu au mois d avril avec d autres moyens que la subvention du Département. Avec un échelonnement et plusieurs versements dans l année, le système de conventionnement est évidemment beaucoup mieux adapté aux grosses associations. * * * L ensemble des 23 centres sociaux associatifs bénéficie bien entendu du régime conventionnel, ainsi que les associations de quartier (et celles relevant de la politique de la Ville). 21 structures, sur les 70 aidées en , ne bénéficiaient pas de ce régime ; encore faudrait-il retrancher de ce chiffre le Secours Populaire Français et le Secours Catholique, qui sont des structures d une autre nature, pour obtenir le nombre réel des petites associations, aidées au coup par coup Les associations subventionnées, le suivi réalisé, les documents disponibles Les associations subventionnées Pour l année scolaire , ce sont 70 associations qui ont été subventionnées par le Département au titre de la lutte contre l échec scolaire. Il faut noter que certaines structures bénéficient d autres aides départementales, à d autres titres (les centres sociaux par exemple) ; les données ci-après ne retracent que ce qui est attribué au titre de la lutte contre l échec scolaire. Le tableau ci-après retrace, en commençant par le centre de Paris et en poursuivant jusqu au 20 ème arrondissement et aux organismes «multi sites» l ensemble de ces subventions, par association, de 1999 à On rappellera que le sigle «CS» signifie : centre social, et le sigle «AQ» : association de quartier. Inspection Générale de la Ville de Paris 10/102

15 ASSOCIATIONS CENTRE DE PARIS CS LA CLAIRIERE 60, rue Greneta, Paris CS Association de la rue Montorgueil (centre social Cerise) 2, impasse St Eustache, Paris Pierre DUCERF 29, rue Michel Leconte, Paris 9 ème CHORON JEUNES 8 bis, rue Choron, Paris ATOUT JEUNES 27 rue de Maubeuge, Paris 10 ème AFRIQUE CONSEIL 55 rue du Château d eau, Paris ACORT 39 bd de Magenta, Paris AQ LES EQUIPES D AMITIE 8, rue Budé, Paris IERFAS (Institut d Etudes, de Recheches et de Formation en Action Sociale) 22, rue Pétrelle, Paris JEUNESSE SAINT VINCENT DE PAUL 12, rue Bossuet, Paris CS AIRES 10 (Association Initiatives Rencontres Solidarité 10 ème ) 145, Avenue Parmentier, Paris CS PARI S DES FAUBOURGS (centre social) 107 bis, rue du Faubourg Saint Denis, Paris Participation 1999/2000 Participation 2000/2001 Participation 2001/2002 Participation 2002/2003 Participation 2003/2004 Participation 2004/ , , , , , , , , , , , , , , Inspection Générale de la Ville de Paris 11/102

16 ASSOCIATIONS CULTURES EN PARTAGE 40 quai de Jemmapes PARIS 11 ème CS SOLEIL et SANTE, (centre social Foyer Picoulet) 59, rue de la Fontaine au Roi, Paris CS SOLIDARITE ROQUETTE 47 rue de la Roquette, Paris DEMAIN EN MAIN 4, rue Robert Houdin, Paris FRANCOPHONIE ET CULTURES PARTAGEES 59, rue de la Fontaine au Roi, Paris AQ QUARTIER ST BERNARD 7, rue du Dahomey, Paris 12 ème CS RELAIS 59 1, rue Hector Malot, Paris RETIF (Rencontres et Echanges entre Travailleurs Immigrés et Français) 4, rue Rondelet, Paris CSCV La Barre Daumesnil 171 avenue Daumesnil, Paris 13 ème ASQG (Ass. Socioculturelle du Quai de la Gare) 13 rue Abel Gance, Paris LES AMIS DE LA BIENVENUE 17, rue de la Butte aux Cailles, Paris Participation 1999/2000 Participation 2000/2001 Participation 2001/ ,25 884, Participation 2002/2003 Participation 2003/2004 Participation 2004/ , , , , , , , , , , ,18 945, Inspection Générale de la Ville de Paris 12/102

17 ASSOCIATIONS AQ REPI 2000 (Relais d Entraide Porte d Ivry 2000) 39, rue Eugène Oudiné, Paris AQ AIRAPE (Aire Interculturelle de Recherche Action Parents/Enfants) 4, rue du Dessous des Berges, Paris CIQRU 11 rue Charbonnel, Paris ANDROMED 67, rue Vergniaud Bat I, Paris AFIF (Association pour la Formation et l Intégration des Familles) 53, rue Nationale, Paris Maison du Quartier ROC 24 rue Albert, Paris ASACQ 28 rue Pinel, Paris 14 ème AQ MONTPARNASSE RENCONTRES 92, bis boulevard du Montparnasse Paris CS CARREFOUR 14 96, rue Didot, Paris MIGRANTS PLAISANCE 11, rue de Liancourt, Paris 15 ème CS OCM-C.E.A.S.I.L., (Centre d Etudes, d Action Sociale et d Initiatives Locales) (centre social) 4, rue Vigée Lebrun, Paris Participation 1999/2000 Participation 2000/2001 Participation 2001/2002 Participation 2002/2003 Participation 2003/2004 Participation 2004/ , , , , , , , , , , , , , Inspection Générale de la Ville de Paris 13/102

18 ASSOCIATIONS CS FOYER DE GRENELLE, (centre social) 17, rue de l Avre, Paris AQ ANIMOMES de BEAUGRENELLE 59 B, rue Emeriau, Paris 17 ème CS C.E.F.I.A. (Centre Epinettes Familles Insertion Accueil) 18, rue Jacques Kellner, Paris AQ RSI La Ressource (Réel Symbolique Imaginaire La Ressource) 45, rue Berzelius, Paris ESPACE 16 16, rue Roger Bacon, Paris COLLECTIF LA FOURCHE 18 rue Saint Jean, Paris 18 ème CS ACCUEIL GOUTTE D OR, 10, rue des Gardes, Paris AQ ADOS (Association Dialogue et Orientation Scolaire) 24/30, rue Polonceau, Paris LES ENFANTS DE LA GOUTTE D OR 25, rue de Chartres, Paris LES AMIS DE LA MAISON VERTE 127, rue Marcadet, Paris ASFI 7 rue de Panama, Paris Participation 1999/2000 Participation 2000/2001 Participation 2001/2002 Participation 2002/2003 Participation 2003/2004 Participation 2004/ , , , , , , , , ,69 914, , , , , , , , Inspection Générale de la Ville de Paris 14/102

19 ASSOCIATIONS SOLIDARITE St BERNARD 10 rue des Gardes, Paris ACCUEIL LAGHOUAT 15, rue Laghouat, Paris Association POISSONNIERS 132 rue des Poissonniers, Paris CS ECOLE NORMALE SOCIALE (Espace Torcy) 2, rue de Torcy, Paris ESPOIR 18 7 rue Achille Martinet, Paris AQ COMPAGNIE RESONANCES 11, rue Angélique Compoint, Paris OASIS boulevard Ney, Paris Amicale des Locataires CNL rue Raymond Queneau Paris LE LOCAL 7, rue Fauvet, Paris LE CIRQUE DE L AMOUR 14 passage Kracher, Paris ASEFEC (Ass. socio-éducative des familles de l Ensemble Clignancourt) 88 boulevard Ney PARIS CS ESPACE , rue de Crimée, Paris (3 centres sociaux : Espace Riquet, Espace Ardennes et Action Fraternelle) Participation 1999/ ,33 Participation 2000/2001 Participation 2001/2002 Participation 2002/2003 Participation 2003/2004 Participation 2004/ ,92 228, , , , ,25 914, , , , Inspection Générale de la Ville de Paris 15/102

20 Associations 19 ème CS DANUBE Social et Culturel 49 bis rue du Général Brunet, Paris CS Association BELLE VILLE (centre social) 17, rue Jules Romains, Paris ENTR AIDE 51 rue de l Ourcq, Paris COFAR 13 rue de Flandres, Paris UN PETIT BOL d AIR 5 rue de l Argonne, Paris LA VOIE DE LA LUNE 51 rue d Hautpoul, Paris AQ J2P (Jaurès Pantin Petit) 32, rue Petit, Paris TAMERANTONG 99 rue de Belleville, Paris C EST TROP BIEN 5/7, rue André Danjon, Paris ÇA BAIGNE 3/5 rue des Bois, Paris 2R rue de Crimée, Paris ACEL La Clef des Buttes Chaumont 119, rue de Meaux, Paris La Maison de la Jeunesse Centre Edgar GUEDJ 26 rue Botzaris Paris Aide aux Devoirs.com 3 rue Langeac Paris Participation 1999/2000 Participation 2000/2001 Participation 2001/2002 Participation 2002/2003 Participation 2003/2004 Participation 2004/ , , , Inspection Générale de la Ville de Paris 16/102

21 20 ème Associations ASSOFAC ex CS 132, rue du Faubourg Saint Denis Paris CS RELAIS de MENILMONTANT 2/8, rue Henri Chevreau, Paris AVEC MS (Avec Mouvement de Solidarité) 6, square des Cadreurs Paris CS LES AMIS DE LA CROIX SAINT SIMON 125, rue d Avron, Paris AEPCR (Association d Education Populaire Charonne Réunion) 77/79, rue Alexandre Dumas, Paris MEMES ET DIFFERENTES 32 av du Docteur Gley Paris VIVRE AUTREMENT 29/31, Boulevard Davout, Paris CS Association CENTRE SOCIAL ET CULTUREL DES AMANDIERS 38, rue des Amandiers, Paris AFSJM 38 rue des Amandiers, Paris AQ Association de Culture Berbère 37 bis, rue des Maronites, Paris PLUS LOIN 15 rue du Clos, Paris CS ARCHIPELIA 17/23, rue des Envierges, Paris (ex Caravansérail de Belleville) Participation 1999/2000 Participation 2000/2001 Participation 2001/2002 Participation 2002/2003 Participation 2003/ , , Participation 2004/ , , ,35 (AVEC) 7 622, , , ,25 762, , , , , Inspection Générale de la Ville de Paris 17/102

22 Associations LES SERRURRIERS MAGIQUES 5, rue des Envierges, Paris CS CEDIAF CPEM centre d information et d accueil familial centre de préparation à l école maternelle centre social Elisabeth 112, rue de Brancion PARIS CLUB ETOILE 13 rue Félix Terrier Paris Multisites CECCOF 96 avenue de la République, Paris SECOURS POPULAIRE FRANÇAIS (Fédération de Paris) 6, Passage Ramey, Paris SECOURS CATHOLIQUE 13, rue Saint Ambroise, Paris Participation 1999/2000 Participation 2000/2001 Participation 2001/2002 Participation 2002/2003 Participation 2003/2004 Participation 2004/ , , , , , TOTAL GENERAL , , Le tableau appelle plusieurs commentaires. Le premier est relatif à la modestie des sommes attribuées. A l exception d «Espace 19» pour lequel la subvention atteint depuis 2002/2003, les montants les plus élevés atteignent (ADOS, 18 ème arrondissement) et (CEFIA, centre social du 17 ème arrondissement). Le cas d «Espace 19» est d ailleurs particulier car il s agit d un ensemble regroupant notamment trois centres sociaux labellisés (Espace Riquet, Espace Ardennes et Action Fraternelle) et un espace d animation de proximité non labellisé, soit quatre sites distincts. L aide moyenne par structure s établit, en chiffre brut à Corrigé du cas particulier d «Espace 19» - donc en portant le nombre de structures aidées à 70 il est de Le second est relatif à l évolution du nombre d associations aidées : 45 en 1999/2000, 47 en 2000/2001, 59 en 2001/2003, 66 en 2002/2003, 72 en 2003/2004. En quatre années (2001/2004) la hausse a été particulièrement importante puisque l on est passé de 47 associations à 72, soit une hausse de plus de 50 %. Les crédits, sur la même période n ont augmenté que de 22 %, ce qui n est pas négligeable : mais, bien évidemment, le montant moyen de la subvention a baissé (il était de en 2000/2001). Inspection Générale de la Ville de Paris 18/102

23 Le tableau fait apparaître un «noyau dur» d associations financées sur toute la période. Elles sont au nombre de 36. A côté des structures qui apparaissent chaque année, certaines ne sont plus subventionnées, pour des raisons diverses : cessation d activité, ou refus motivé. Un cas particulier doit être noté, celui de «Montparnasse Rencontres», qui bénéficiait jusqu en 2003/2004 d une aide importante ; elle a été sortie du dispositif «accompagnement scolaire» mais est aidée au titre du dispositif des associations de quartier, et le BAPJ essaie de l inciter à s ouvrir à une action moins directement scolaire que celle qu elle accomplit traditionnellement. Près de la moitié (47 %) du budget bénéficie aux seuls centres sociaux qui représentent 30 % des 71 associations et le tiers des enfants pris en charge. Les trois arrondissements du quart nord-est (18 ème, 19 ème, 20 ème ) perçoivent une petite moitié (46 %) du total (près de 15 % chacun) ; un quart de l enveloppe est versé aux 10 ème, 13 ème, 17 ème arrondissements (environ 8 % chacun) et moins d un cinquième est reçu par les associations des 11 ème, 14 ème et les trois premiers du Centre (à hauteur de 6 %). Les neuf autres arrondissements (4 ème, 5 ème, 6 ème, 7 ème, 8 ème, 9 ème, 12 ème, 15 ème, 16 ème ) reçoivent moins de 10 % (dont la moitié pour le 12 ème ) des distribués. Les trois associations multi sites bénéficient de 4 % de l aide totale, dont notamment la moitié pour le Secours Catholique. La moyenne du ratio coût par enfant est de 62,10 ; quarante associations perçoivent plus de 63 jusqu à 170 et trente et une équipes reçoivent de 14 à Le suivi réalisé par le BAPJ : présentation du bilan et commentaires Celui-ci s exprime à travers un bilan annuel, très fouillé et documenté, qui comprend deux parties : - une présentation générale d une quinzaine de pages, dont les extraits les plus significatifs vont être repris ci-après ; - une volumineuse annexe statistique, dont un certain nombre d éléments sont repris en annexe 1. Il s agit de l effectif des jeunes suivis par une association dans le cadre des activités d accompagnement scolaire, des éléments chiffrés relatifs au personnel des associations (nombre de bénévoles, de salariés, de vacataires et autres). Une synthèse statistique portant sur l ensemble des quartiers «politique de la Ville» est également reproduite ainsi que divers éléments généraux : l augmentation du nombre de jeunes par rapport à l année scolaire précédente ; la répartition par sexe du nombre total de jeunes suivis ; la répartition entre secondaire et cycles particuliers ; le nombre de jeunes subissant un retard scolaire ; le nombre de jeunes suivis dans les quartiers Politique de la Ville ; le pourcentage de jeunes suivis dans les quartiers Politique de la Ville par rapport au nombre total de jeunes. L ensemble des synthèses chiffrées par arrondissement et par quartier «politique de la Ville» (qui représente plus de soixante pages) n a par contre pas été reproduit. Inspection Générale de la Ville de Paris 19/102

24 Le bilan 2004/2005 du BAPJ Le BAPJ rappelle d abord sa définition de l accompagnement scolaire : «l aide apportée en dehors du milieu scolaire est conçue avant tout comme une aide aux enfants et à la famille ; elle est destinée à favoriser la scolarité des enfants en distinguant clairement la zone de compétence et de responsabilité de l école et la sphère de soutien, d ouverture et de stimulation dans laquelle s inscrit le dispositif départemental. Les acteurs de cette aide, issus du réseau associatif, sont appelés à encourager les parents dans leur rôle éducatif vis à vis de la scolarité de leurs enfants, à soutenir leur lien avec l école et à développer les outils culturels et sociaux des enfants». Cette aide, concentrée sur les enfants du primaire et le premier cycle du secondaire, repose sur la libre adhésion des enfants et de leurs familles. En ce qui concerne l évolution et le déploiement géographique : «En 1995, on comptait bénéficiaires pour un groupe de 30 associations. Depuis le dispositif s est constamment développé et il est passé de 46 associations en 2000 à 70 en Il a atteint une certaine stabilité puisqu en 2003/2004, jeunes ont bénéficié de cette action portée par 72 associations ; ils ont été enfants en 2004/2005. En 2004 / 2005, 7 nouvelles associations sont entrées dans le programme : - Centre social Cerise dans le 1 er arrondissement - Maison du quartier ROC 13 ème arrondissement (quartier politique de la Ville) - ASFI 18 ème arrondissement (quartier politique de la Ville) - ASEFEC 18 ème arrondissement - La voie de la lune 19 ème arrondissement (quartier politique de la Ville) - Tamerantong 19 ème arondissement - Centre social Danube 19 ème arrondissement (quartier politique de la Ville) Le dispositif de lutte contre l échec scolaire est déployé principalement sur la partie Nord Est de la capitale : 34 associations sur 70 mènent leur action dans les 18 ème, 19 ème et 20 ème arrondissements, ce qui représente 47 % du total des associations, (tout comme l année précédente). En 2003/2004, enfants sur les concernés par le dispositif habitaient les 17 ème, 18 ème, 19 ème et 20 ème arrondissements, ils sont 2004 sur 3720, soit environ 54 % des enfants, à provenir de ces mêmes arrondissements en 2004/2005. Dans l ensemble, les associations reçoivent une part importante d enfants scolarisés dans des établissements classés en «REP» (réseaux d éducation prioritaire). 42 associations, soit 60 %, sont implantées dans les quartiers Politique de la Ville ; cependant l intervention des associations dans les quartiers à plus forte mixité sociale reste nécessaire, la problématique des familles en difficulté y est identique alors que les lieux d aide y sont moins nombreux ou moins visibles». Inspection Générale de la Ville de Paris 20/102

25 Quelques éléments chiffrés permettent de mieux cerner cette action : «Le nombre d enfants pris en charge par les associations s élève en 2004/2005 à 3 720, ce qui est stable par rapport à l année précédente puisque le total équivalait à On note une très légère baisse de la proportion des garçons qui représentaient 51 % de l ensemble des bénéficiaires en 2003/2004 et qui passe à 49, 86 %. 67 % de bénéficiaires sont issus du cycle primaire. Les cycles particuliers primaires et secondaires représentent 5,6 % du total général. Si les filles bénéficient à près de 51 % du dispositif dans le primaire, elles ne sont plus que 48,24 % dans les classes de 6 ème et 5 ème où elles sont un peu plus de 55 % à accuser un retard scolaire par rapport à l ensemble des filles bénéficiaires du dispositif pour le même niveau. Sur le total primaire et secondaire, le nombre d enfants accusant un retard scolaire est en légère augmentation. Hors cycles particuliers (classes de perfectionnement), la moitié des enfants du primaire bénéficiaires du dispositif souffre de retards scolaires (soit 53 %) ; cette proportion passe à 57 % pour les enfants de 6 ème et 5ème ; le retard des garçons inscrits est chaque fois plus important que celui des filles (sauf pour les classes de CP/CE1) ; cet écart se creuse entre les enfants du niveau primaire et ceux du secondaire : 60 % des garçons bénéficiaires du dispositif accusent un retard scolaire par rapport à l ensemble des garçons de 6 ème et 5 ème également bénéficiaires du dispositif alors qu ils sont 52 % présentant un retard scolaire dans le cycle primaire par rapport à l ensemble des garçons inscrits, et 51 % par rapport à l ensemble filles/garçons présentant un retard». Les principales problématiques repérées par les associations sont les suivantes : «Les observations faites par les associations concernant les besoins des enfants accueillis ne diffèrent pas d une année sur l autre ; elles relèvent globalement un ensemble de lacunes et de fragilité : - problèmes de méthode, de concentration, d autonomie et d organisation, - problèmes de comportement (agitation, mutisme, agressivité, indiscipline, intolérance ), - non-compréhension des consignes et des énoncés, - manque de capacités d expression, de vocabulaire, difficulté à passer de l oral à l écrit, - pauvreté des centres d intérêt, repli, - insuffisance d encadrement éducatif, - lacunes sur les notions scolaires fondamentales, - problèmes d hygiène et alimentation carencée, Inspection Générale de la Ville de Paris 21/102

26 et remarquent des facteurs de fragilité, souvent associés, au sein des familles : - précarité, - lien social fragile ou en rupture, entraînant repli et isolement, - problèmes psychologiques ou psychiatriques, - ruptures familiales, violence, - problèmes de langue, d analphabétisme, d isolement culturel, - responsabilités éducatives difficiles à asseoir, toutes fragilités qui compromettent la capacité des parents à se situer comme interlocuteurs à part entière de l institution scolaire ou à se sentir outillés pour apporter l aide dont leurs enfants peuvent avoir besoin. Pour autant, la plupart d entre eux ont le souci de la réussite scolaire de leurs enfants et n ont rien de parents démissionnaires». Le document du BAPJ évoque ensuite la nature des associations (cf. supra page 8) et la place déterminante du bénévolat : «En 2004/2005, on compte bénévoles (1 650 l année précédente) impliqués dans ces activités pour un total de 227 salariés et 2 «autres» (vacataires, stagiaires, ), soit un ratio de 7,43 bénévoles pour 1 salarié (contre 9,94 bénévoles pour 1 salarié en 2003/2004). Les bénévoles augmentent de 2,19 % en 1 an, alors que le recours à des salariés dans les associations augmente dans le même temps de 37 % (le nombre de ces derniers était de 166 en 2003/2004). Le ratio enfants/bénévole reflète assez fidèlement le travail réalisé par les associations : il est de 2,2 enfants par bénévole, sachant que la majorité des associations privilégient une action collective, quand d autres retiennent le principe d une relation duelle. D une manière générale, les bénévoles offrent un large panel social et de tranches d âge. Certaines associations font le choix d encourager l implication de jeunes bénévoles, issus du quartier, qui ont là l occasion de se former à l animation et de développer leur sens des responsabilités et de l entraide. La plupart des associations soulignent la difficulté d élargir le recours aux bénévoles, par nature plus difficiles à fidéliser que les salariés ; une augmentation de leur nombre rendrait le dispositif plus souple et permettrait aux associations d accueillir des enfants qu elles sont obligées de refuser. Le recours massif du bénévolat dans ce domaine impose la mise en place de formations. Plusieurs initiatives concourent à cet objectif partagé par les associations : leurs bénévoles peuvent bénéficier des sessions organisées par l Association de la Fondation des Etudiants pour la Ville (AFEV) ou encore par la Fédération des Centres Sociaux qui propose différents cycles de formations. Depuis 2004, le CAREP (Centre Académique de Ressources pour l Education Prioritaire) de l Inspection Académique de Paris propose aux responsables associatifs chargés de l encadrement des bénévoles de l accompagnement scolaire, des cycles de formation dont le contenu a été élaboré dans le cadre d un travail de partenariat qui a Inspection Générale de la Ville de Paris 22/102

27 débuté en septembre 2003, avec les services financeurs du CLAS, la DASES et la DPVI. La participation des associations y est importante, celles-ci ont même souhaité un module supplémentaire pour approfondir la réflexion sur les questions d accompagnement à la scolarité. Des plate-formes locales sont animées par les EDL, ou par la DASES hors quartiers Politique de la Ville, afin de favoriser des rencontres entre acteurs locaux portant sur le partage des analyses et des pratiques, et aboutissant dans un certain nombre de cas à la mise en place de formations communes comme notamment dans le 20 ème arrondissement quartier St Blaise ou encore dans le 18 ème Goutte d Or. Les associations elles-mêmes organisent en leur sein des réunions entre bénévoles pour échanger sur les pratiques et s approprier les outils pédagogiques disponibles. De même, la plupart d entre elles consacrent un temps important à animer l équipe des intervenants, tous statuts confondus, de manière à favoriser une unité d objectifs et d approches». Un développement est ensuite consacré aux partenariats : «Avec l Education Nationale, il se déroule avec des variations sensibles d un secteur à l autre, mais recherché par toutes les associations qui s appliquent à le concrétiser avec tous les acteurs de l école : enseignants, coordonnateurs REP, conseillers d orientation, conseillers pédagogiques, aides-éducateurs, réseaux d aide spécialisée, psychologues scolaires, Directeurs, Principaux ; certaines associations mènent leur activité dans les écoles, certains enseignants viennent animer des échanges avec les parents au sein des associations. Souvent résultant d un lien de confiance tissé dans la durée, le partenariat permet dans de nombreux cas aux enseignants de solliciter euxmêmes l intervention des associations au profit des enfants les plus en difficulté. Le dispositif parisien d accompagnement scolaire s inscrit dans la complémentarité d un champ de compétence qui doit rester l affaire des professionnels de l école ; aussi les associations doivent-elles être très attentives à rester à leur place. Les volets locaux des Contrats de Réussite portés par un établissement scolaire ou un coordonnateur REP associent les acteurs de terrain que sont les centres sociaux et associations de quartier. Ils constituent l un des outils privilégiés du partenariat puisqu ils poursuivent l objectif de permettre à l ensemble des acteurs intervenant dans le champ du périscolaire et de l extra-scolaire de se rencontrer, d échanger et de tenter de mettre en cohérence leurs diverses actions par l élaboration de projets communs. La DASES participe par ailleurs à l ensemble des réunions techniques animées par la Mission Ville de la Préfecture de Paris pour la mise en œuvre et le suivi des Contrats Locaux d Accompagnement Scolaire (CLAS), avec la CAF, le FASILD, la DRDJS, la DDASS et la DPVI. Elle y siège en tant qu invitée, dans la mesure où le dispositif parisien est autonome ; cependant, cette pratique est source d échanges nombreux et utiles sur l action menée, et favorise la complémentarité de l intervention publique. Inspection Générale de la Ville de Paris 23/102

28 Avec les services sociaux locaux et les partenaires associatifs : Le partenariat est riche avec les services sociaux de proximité : polyvalence, scolaire, équipes de prévention spécialisée, services d AEMO et d une manière générale avec toutes les structures qui interviennent sur le quartier : PMI, CAPP, CMP, bibliothèques, CAF pour les tickets loisirs, Antennes Jeunes Information (AJI), Equipes de développement local, autres associations de quartier, mairies d arrondissement, fédérations de parents d élèves... Il est fréquent qu un enfant soit accueilli au titre de ce programme à la demande d un service convaincu de la nécessité d une telle action. Comme on l a vu pour la formation des bénévoles, les partenariats locaux sont soutenus par les rencontres organisées à l initiative des EDL - ou de la DASES hors quartiers Politique de la Ville (citons un travail engagé depuis plusieurs années dans ce sens dans les 12 ème, 13 ème dans le cadre du Projet Social de Territoire, 15 ème et 20 ème arrondissements) - Ces initiatives ont vocation à permettre aux associations d appréhender ensemble les besoins, de veiller à la cohérence de leurs réponses, d harmoniser et d évaluer ensemble leurs actions». En ce qui concerne les modalités de mise en œuvre des actions, la présentation du BAPJ est la suivante : «Elle se tient le plus souvent dans les locaux associatifs ; mais selon les moyens et les contraintes elle peut aussi se dérouler dans les locaux mis à disposition dans le cadre des partenariats en place ; bibliothèques, écoles, centres sociaux Le temps d intervention par enfant peut aller de 2 heures à 8 heures hebdomadaires, selon les associations et les besoins». On constate des formes très variées d intervention : En direction des enfants : «Le programme départemental n étant pas destiné à délivrer des savoirs, son unité réside dans les objectifs et les principes que doivent respecter les associations y prenant part ; les modalités qu elles adoptent pour le mettre en œuvre sont intimement liées à leur histoire et aux ressources qu elles ont développées, aussi observe-t-on une grande diversité dans les actions proposées. Certaines s en tiennent au renforcement des apprentissages scolaires, qu elles choisissent une aide plus individuelle ou une méthode collective par niveau scolaire, groupe de difficultés, ou qu elles combinent les deux, en recourant à des supports traditionnels (manuels scolaires), ou plus novateurs (informatique, ). D autres misent sur l élargissement des capacités d expression et sur la socialisation des enfants, à travers des activités ou ateliers en prise moins directe avec les contenus scolaires (réalisation de journaux, reportages, ) ; d autres encore s appuient sur l expression artistique (art plastique, expression corporelle, théâtre ), comme «Traces» ou encore «Les serruriers magiques» qui gardent néanmoins un lien fort avec l institution scolaire et l évolution scolaire des enfants accueillis, mais recherchent l ouverture sociale et culturelle des jeunes et travaillent au déblocage des freins individuels et sociaux. Inspection Générale de la Ville de Paris 24/102

29 Les «grands» de l association «AJE» gèrent eux-mêmes, leurs activités d accompagnement scolaire, en prenant rendez-vous avec les bénévoles compétents selon la nature du problème rencontré. L association apporte une aide limitée dans le temps sur certains points du programme qui font difficulté. Le contrat établi pour un nombre d heures défini est discuté et renouvelable entre le jeune et l association. Quelle que soit l organisation adoptée par les acteurs de ce dispositif, tous mettent un accent fort sur l ouverture, le respect d autrui et sa différence afin d aider les enfants à dépasser les clivages et rivalités qui peuvent naître de la pluralité des cultures d origine». Auprès des parents : «Le travail en direction des familles est un axe essentiel du dispositif, puisque bon nombre d entre elles se sentent démunies, angoissées ou sur la défensive, face aux attentes de l institution scolaire. L aide apportée aux enfants ne se conçoit que si la place de leurs parents est respectée, aussi les associations s efforcent-elles de les impliquer et les soutenir sur la question des apprentissages, de l organisation de la vie scolaire de leurs enfants et lors des échanges avec les enseignants. Certaines associations comme le Centre social «relais 59» invitent les familles à participer aux séances d accompagnement scolaire, et tentent par là même, de les rassurer et leur donner quelques éléments de compréhension du système éducatif. Même si la demande spontanée des enfants est une pratique relativement courante, ou que parfois la demande d intervention vient directement de l école, les associations passent par un temps d inscription avec la famille ; en effet, ce moment est un premier acte marquant la responsabilité des familles ; même si certaines auront du mal à aller au-delà, toutes sont invitées à faire part de leurs attentes, à faire part des difficultés qu elles perçoivent, à faire régulièrement le point avec les animateurs et bénévoles, et autant que nécessaire, leur contact avec l institution scolaire sera accompagné. Un nombre croissant d associations propose aux parents et aux enfants de signer un contrat qui précise les engagements réciproques. Des rencontres à thème sont souvent organisées pour que des questions intéressant l ensemble des familles soient débattues, entre adultes ou avec les enfants. Des passerelles sont mises en place entre les familles et l école, à travers des moments collectifs festifs ou de réflexion auxquels participent les enseignants, ou sur des temps plus individuels» Le diagnostic des responsables et le commentaire de l Inspection générale L évaluation globale du dispositif «L évaluation est réalisée sur la base des questionnaires adressés chaque année aux associations, des rapports d activité que les associations conventionnées au titre de la prévention élaborent également sur une base annuelle, des contacts directs avec les structures - visites sur sites, rencontres avec les équipes -, et à partir des outils propres dont les associations elles-mêmes ont pu se doter, tels que les fiches individuelles de suivi destinées à noter les problèmes perçus au moment de l inscription, les objectifs, les acquis, les difficultés, l évolution du comportement... Inspection Générale de la Ville de Paris 25/102

30 Les supports sont propres à chacune ; on peut citer de manière non exhaustive : carnet de bord tenu régulièrement par les bénévoles, liste de présence, bilan trimestriel avec les parents et les bénévoles, évaluation réalisée avec l enfant, fiches de liaison entre bénévoles et enseignants, questionnaires remis aux enseignants. Les associations organisent également des points réguliers avec les parents, des réunions collectives de bénévoles, des entretiens individuels à la fin de chaque trimestre autour du bulletin scolaire, et enfin, des entretiens individuels en fin d année pour faire le point. Le passage en classe supérieure a longtemps été l un des critères utilisés pour mesurer la progression des enfants bénéficiaires de cet accompagnement, mais il est devenu peu pertinent dans le cycle primaire. Toutefois très souvent les associations ont connaissance du bulletin scolaire qui leur offre une source d informations très fines. Le dépouillement des questionnaires retournés à la DASES par les associations au terme de chaque année scolaire met en évidence plusieurs points importants, que l on retrouve régulièrement dans les bilans annuels : - les comportements des enfants progressent en termes de confiance, motivation, curiosité, plaisir d apprendre, respect des adultes, tolérance, toutes conditions qui favorisent leur disponibilité pour les apprentissages, - l autonomie, l organisation et la concentration dans le travail progressent, - les connaissances de base sont consolidées, - les familles qui s appuient sur l aide proposée s approprient progressivement le champ scolaire et s autorisent à aborder les difficultés de leurs enfants sans les vivre comme une source d humiliation, - les liens entre les familles et l école deviennent possibles, - Il faut laisser du temps aux enfants et à leurs familles Parmi les difficultés qui perdurent, on peut relever : - la difficulté d impliquer un certain nombre d entre les parents, - leur difficulté à voir l intérêt d une approche plus ludique, créative et culturelle que celle du strict enseignement de type scolaire, à comprendre l intérêt de l épanouissement de leurs enfants comme préalable nécessaire à la réussite scolaire, - les comportements d échec dont certains jeunes ne parviennent pas à s extraire, - les troubles du comportement qui relèvent d interventions plus spécialisées, - les limites du bénévolat (nombre, régularité, savoir-faire ) qui restreignent la capacité de réponse des associations, - la demande croissante des collégiens de 4 ème et 3 ème et des lycéens. Inspection Générale de la Ville de Paris 26/102

31 L analyse des pratiques des associations met en évidence plusieurs observations : - l action menée porte des fruits, elle répond à une attente forte, qui ne cesse de croître, notamment chez les plus grands ; - la force même des attentes institutionnelles et familiales sur le thème de l échec scolaire nécessite une extrême vigilance de la part des associations qui peuvent être facilement tentées de se situer dans un strict prolongement du temps scolaire et ne pas oser s en affranchir. La place dévolue à l aide aux devoirs dans leur action est significative de cette problématique. Si ce mode de soutien peut avoir sa place dans un tel dispositif, il est impératif qu il ne dédouane pas les associations de se questionner sur le sens de leur action et sur le rôle respectif de chacun ; cette réflexion s impose d autant plus qu une part importante de l offre des bénévoles va plus naturellement dans le sens d une certaine tradition scolaire ; - donner une place et leur place aux familles dans ce domaine ne va pas de soi ; c est un axe de travail qui reste à renforcer pour certaines associations qui se sont plus volontiers organisées autour du soutien aux enfants, se situant comme relais parentaux - voire même comme interlocuteurs privilégiés de l école -, et qui accordent une moindre importance à l action à mener pour réhabiliter les parents et favoriser leur lien avec l école ; - le Département doit poursuivre son travail de lien, d accompagnement et de soutien à la réflexion, à la cohésion du programme mis en œuvre, au respect de ses principes forts, avec l ensemble du tissu associatif engagé, en s appuyant sur la vocation d animation et de prévention des équipements conventionnés que sont les centres sociaux regroupés au sein de leur Fédération parisienne et les associations de quartier, et en apportant une attention particulière aux associations qui ne se situent pas dans ce champ. Cette action de soutien et d animation du tissu associatif doit permettre à celui-ci de mieux appréhender les besoins prioritaires, et de construire les réponses dans un souci de cohérence locale ; - de même, la présence de la DASES dans les instances de réflexion et de décision existant (CLAS...) permet d ajuster l action menée par le Département dans une complémentarité respectueuse des missions dévolues à chacun. La connaissance réciproque des moyens et des dispositifs souvent évolutifs est un gage de bonne complémentarité» Un document essentiellement factuel Le bilan, tel qu il vient d être retracé, appelle un certain nombre de remarques. - Il comporte tout d abord un ensemble de données chiffrées extrêmement complet. Qu il s agisse de l effectif d enfants suivis, du nombre d heures dispensées, de la classe de rattachement, du nombre d intervenants salariés ou bénévoles, aucun élément statistique ne manque. - le suivi de la structure associative est succinct, avec le compte de résultat de chaque association, mais le BAPJ dispose avec ces éléments d un éclairage correct sur les Inspection Générale de la Ville de Paris 27/102

32 situations rencontrées, avec notamment les données chiffrées qui permettent de connaître les autres sources de financement à travers la fiche globale d évaluation ; - le diagnostic d ensemble qui vient d être à peu près intégralement reproduit dans les pages qui précèdent, constitue une description honnête de la réalité, qui correspond en général avec les constats des rapporteurs ; - ce document est cependant essentiellement factuel. Si le lecteur dispose à travers lui d une masse d informations très importante, les aspects qualitatifs du travail associatif, la description vivante des activités, les appréciations sur le contexte social, les difficultés rencontrées, les réussites, les échecs y sont peu évoqués et sous une forme très synthétique. Or ce n est pas l information qui manque : la fiche globale d évaluation, qui est l instrument annuel de liaison entre le BAPJ et l association, comporte une série de rubriques portant sur ces thèmes. Elles sont plus ou moins bien remplies, parfois succinctement, mais constituent un gisement considérable d informations essentiel à la bonne compréhension de l action des associations, de leur contexte, de ses limites. Leur exploitation par le BAPJ paraît rester essentiellement interne et aider au suivi par les cadres du bureau, mais ne se retrouve pas dans la communication extérieure. Celle-ci ne serait au demeurant pas facile ; il ne serait sans doute pas évident, année après année, de présenter une synthèse intéressante et approfondie des réalisations et difficultés quotidiennes rencontrées par les associations. Peut-être le bilan annuel pourrait-il, chaque année, développer un thème particulier? (par exemple : l évaluation, le bénévolat, l approche des familles, le partenariat avec l école ) Les approches du Rectorat de Paris et de la Caisse d Allocations Familiales Le Rectorat de Paris On peut distinguer deux niveaux, l un plutôt d inspection et d observation, l autre d intervention à travers un dispositif de formation. Le premier est assuré par un proche collaborateur du recteur d académie, que les rapporteurs ont rencontré. Ses préoccupations sont les suivantes : - il faut vérifier que les subventions sont bien accordées à des associations éthiquement satisfaisantes (respect des principes républicains, laïcité ). Le moyen le plus simple est de s assurer de la signature de la charte de l accompagnement à la scolarité, - il faut s interroger sur l intérêt et l utilité des subventions versées, sachant que certaines associations peuvent n avoir que des activités «ludiques», que d autres réalisent à la fois des actions éducatives et de soutien scolaire, ce qui rend l évaluation difficile, - l aide aux devoirs n est pas illégitime en elle-même ; on peut relire et revoir ce qui a déjà été fait en classe mais on ne doit pas faire du «déchiffrage» de ce qui Inspection Générale de la Ville de Paris 28/102

33 n a pas encore été abordé sous peine d empiéter sur les compétences propres de l enseignant. Ce dernier point est tout à fait fondamental : l Education Nationale reconnaît, de manière nette, la légitimité du soutien scolaire, en posant des limites de bon sens. - la liaison avec l école est très souhaitable (le mot «continuité» a été employé). Tant les inspecteurs de l Education Nationale que les responsables des circonscriptions des affaires scolaires de la Ville «devraient s intéresser aux associations et travailler avec elles» ; - les actions développées avec la Direction des Affaires Scolaires (Coup de Pouce, ALEM ) sont saluées, en particulier pour leur rôle positif en matière d acquisition de connaissances ; - enfin, il faut aussi s intéresser aux élèves en difficulté des quartiers de l Ouest et du Centre de Paris : un certain nombre d enfants sont «perdus» dans des établissements de bon niveau et peuvent se trouver moins soutenus que dans l Est parisien où un nombre important de structures peuvent les accueillir. L intervention à travers un dispositif de formation (déjà évoquée dans l exposé du rapport annuel du BAPJ) est encadrée par un spécialiste du dossier ZEP/REP, ancien conseiller du Fonds d action sociale pour les travailleurs immigrés et leurs familles (FAS). Lorsqu il est arrivé au Rectorat en 2001, il a été confronté à plusieurs types de problèmes : - l efficacité des actions menées en faveur du soutien scolaire ne semblait pas dépendre du montant des fonds qui y étaient consacrés ; - la définition même du concept de soutien scolaire ne faisait pas l objet d un consensus minimum entre les acteurs concernés ; - il était presque impossible de savoir qui finançait quoi (certaines associations pouvaient recevoir à la fois des subventions de la Ville de Paris, de la Caisse d allocations familiales et du FASILD - Fonds d action et de soutien pour l intégration et la lutte contre les discriminations, qui a succédé au FAS) ; - des doutes sérieux pesaient sur le respect des principes de la laïcité de la part de certaines associations. Il faut être conscient qu à Paris, un élève sur trois est scolarisé dans une ZEP (davantage qu en Seine-Saint-Denis!), alors que ce taux n est que de 17 % au niveau national. Or, dans certaines ZEP parisiennes, la moitié des enfants sont issus de milieux favorisés en raison de l inadéquation de la carte des ZEP, établie il y a 25 ans, et de l évolution de la réalité sociologique de la capitale. Il reste cependant des quartiers comme La Goutte d Or, Curial ou La Chapelle où le nombre d enfants issus de milieux défavorisés demeure très important. Inspection Générale de la Ville de Paris 29/102

34 La réponse associative à l échec scolaire est en outre très variable. Il y a ainsi des quartiers comme Belleville où l offre est considérable (une centaine d associations recensées) ou La Goutte d Or, dans une moindre mesure (une quarantaine d associations). Cela s explique par la présence importante dans ces quartiers de nouvelles catégories de population qui souhaitent s investir dans l action éducative et sociale. En revanche, il y a de «véritables déserts» comme la zone située entre le périphérique et le boulevard des Maréchaux dans le 20 ème arrondissement (3 ou 4 associations). Or, c est l existence d une offre associative qui permet d obtenir des financements Face à ce constat, un groupe de travail composé des différentes parties concernées de manière à clarifier la situation a été mis sur pied et le parti a été pris : - de demander aux responsables des associations concernées de suivre une session de formation, financée par la Ville de Paris, le FASILD, la CAF et la politique de la ville, sur l école et le lien avec le hors temps scolaire. Ces sessions sont animées par le CAREP (le réseau de l éducation prioritaire) en liaison avec la délégation à la politique de la ville (DPVI). Le délai octroyé à ces personnes était de trois ans et il arrive à son terme à la mi Fin 2005, 70 % du public concerné avait suivi ces formations ; - d obliger ainsi qu on l a déjà évoqué, les associations subventionnées à adhérer à la Charte nationale de l accompagnement à la scolarité. Cette charte prévoit notamment que les associations s engagent à informer les établissements sur les actions qu elles mènent auprès des élèves qui y sont scolarisés. Il n en demeure pas moins que, comme l a montré le rapport de septembre 2004 de l Inspection générale de l Education nationale et de la recherche et de l Inspection générale de l administration de l Education nationale et de la recherche, que les résultats de l Académie de Paris ne sont pas à la hauteur des moyens mis en œuvre. Ils sont même jugés moins bons dans les ZEP parisiennes que dans le département de Seine-Saint-Denis alors que les moyens sont supérieurs (1,34 professeur par élève au niveau national dans les ZEP, 1,36 en Seine-Saint-Denis et 1,54 à Paris). Il y a une sorte de paradoxe parisien : c est l endroit où l offre culturelle est la plus importante et celle-ci n est pas utilisée comme vecteur d ouverture intellectuelle des enfants. Enfin beaucoup d associations se contentent de pratiquer l aide aux devoirs qui se révèle contre-productive car les enfants ne seront pas capables d affronter ensuite des contextes différents. Sur ce thème de l aide aux devoirs - qui est l une des interrogations principales de ce rapport - on relève donc des nuances suivant la personne interrogée, que l on retrouvera de manière plus nette encore dans les objectifs et les pratiques des associations. Les autres préoccupations et observations de nos interlocuteurs de l Académie portent sur : - une meilleure implication des parents, car certaines associations se placent dans une logique de substitut parental qui est très nocive : les enfants perdent leurs repères et les intervenants font tout pour eux. Inspection Générale de la Ville de Paris 30/102

35 - un renforcement du lien avec les enseignants, même s il ne faut pas aller jusqu à inviter les associations aux conseils d école pour des questions de confidentialité ayant trait aux situations individuelles (il existe des conseils de REP où elles ont toute leur place). L exemple a été cité, dans le Val-de-Marne, d une association qui avait mis en place un cahier de l accompagnement scolaire qui permettait ainsi de faire le lien avec les enseignants. - même si le jugement d ensemble est assez nuancé, certaines associations obtiennent néanmoins des résultats très satisfaisants. C est le cas par exemple, toujours selon le conseiller du Recteur, des «Serruriers Magiques» dans le 20 ème arrondissement ou de «l Inter-associatif de la Goutte d Or» dans le 18 ème. - enfin s il est essentiel de proposer des filières d élite dans les ZEP / REP et d aider les enfants les plus en difficulté, il ne faut pas pour autant négliger ceux qui se situent entre les deux et qui représentent 90 % des effectifs. Les services académiques entretiennent d excellents rapports avec la DASCO, et comprennent mal pourquoi le dossier du soutien scolaire relève de la DASES. En effet, dans le cadre de l éducation prioritaire, les établissements mis en réseau doivent élaborer tous les 4 ans un contrat de réussite comprenant un volet local. Celui-ci implique la Ville de Paris et par conséquent la DASCO qui est le partenaire privilégié de l Education nationale dans le cadre de la mise en œuvre des actions Coup de pouce et ALEM. Celles-ci sont prolongées depuis janvier 2006 dans dix collèges avec l opération destinée aux classes de 6 ème (AFM 6) L action de la Caisse d Allocations Familiales La CAF de Paris est un acteur essentiel de l accompagnement scolaire à Paris ; pour l année scolaire 2005/2006 elle a consacré de subventions à 112 associations, dans le cadre des contrats locaux d accompagnement à la scolarité. Le contrat local d accompagnement à la scolarité (CLAS) est un dispositif, mis en place depuis 1996, destiné aux ZEP/REP qui a associé à l origine le FAS (puis ensuite le FASILD) dans le cadre des «réseaux de solidarité école». La direction de l action sanitaire et sociale (DASS) y participe également mais orientait plutôt à l origine sur l action vers les classes de 6 ème et 5 ème, alors que le FASILD privilégiait le primaire. Le principe des CLAS (cofinancement avec le FASILD, approche de toutes les familles modestes, recherche d une participation des parents), a incité la CAF à s y associer avec, outre les partenaires déjà cités, les équipes de la politique de la Ville. Aujourd hui le comité départemental de pilotage, présidé par le préfet, comprend : - la CAF - le FASILD - la DASS - la Direction régionale et départementale de la jeunesse et des sports (DRDJS) - le Rectorat - la mission «politique de la Ville» de la Préfecture, qui en assure le secrétariat. Inspection Générale de la Ville de Paris 31/102

36 Les actions choisies sont retenues, de manière collégiale, après avoir entendu les représentants de l Education Nationale et de la DASES, et pour les quartiers prioritaires, les chefs de projets et les chargés de mission des équipes de développement local, qui participent à titre consultatif au comité. La répartition sur le territoire parisien est illustrée par une carte en couleurs reproduite en annexe 2. On notera que depuis quelques années le rôle du FASILD diminue à cause de la baisse de ses ressources. L aide CAF est calculée sur un forfait, un peu réévalué chaque année, de par «action». Une «action» concerne un groupe de 5 enfants minimum, 15 enfants maximum. Cette aide de est versée pour un budget maximum par action de pour 15 enfants. Si le montant de l action est inférieur à cette somme, la CAF verse 30 % au maximum du montant. En fait, 95 % des associations «calibrent» leur coût à et perçoivent donc les Si l action est plus coûteuse, l aide de la CAF demeure plafonnée à Le budget de la CAF a été régulièrement en progression depuis l origine, avec une hausse de l ordre de 15 % par an mais il devrait se stabiliser, pour des raisons financières. Pour l année scolaire 2004/2005, le montant total des subventions données aux associations et centres sociaux s élevait à : pour la CAF ; pour le FASILD ; pour la mission politique de la Ville ; pour la DASS et autant pour la Direction régionale et départementale de la Jeunesse et des Sports (la DASES, rappelons le, ne finance pas les CLAS, et donc a ajouté à ce dispositif ). L aide de la CAF est donc tout à fait importante. Comme le fait observer la DASES dans sa réponse au rapport provisoire, le financement moyen apporté par cet organisme s élève à ; une association qui bénéficie également de l aide du département perçoit donc en moyenne (8 881 par la CAF, par le département). Les objectifs, les règles fixées par la CAF pour le choix des structures financées sont très proches de celles de la DASES (laïcité, crainte du risque sectaire) et s inscrivent dans l ensemble des actions de soutien à la parentalité : l implication des parents est indispensable. Une association qui voudrait faire du soutien scolaire en excluant les parents n aurait pas sa place dans le dispositif, et la CAF refuse la gratuité absolue. Elle estime que les parents doivent contribuer, même pour un montant symbolique, afin d éviter des réactions de «consommateurs» négatives. A priori, la CAF toujours motivée, répond favorablement aux demandes. Les cas de refus sont liés à des situations particulières : prosélytisme religieux, communautarisme, pure activité de loisirs, associations à but lucratif ou parvenant à s autofinancer. Sensible aux problèmes de formation des bénévoles, la CAF cofinance des actions de formation qui sont réalisées avec le soutien du FASILD, de la DPVI, de l Etat. Inspection Générale de la Ville de Paris 32/102

37 2. L APPROCHE DE L INSPECTION GENERALE : UN QUESTIONNAIRE SONDAGE 2.1. L objectif : compléter l approche de la DASES On l a vu, le BAPJ reçoit chaque année une quantité considérable d informations sur l activité des associations, et celles-ci sont retraitées et donnent lieu à l établissement d un bilan chiffré extrêmement détaillé. Mais celui-ci ne permet pas à lui tout seul d approcher la réalité quotidienne vécue par les organismes. Compte tenu du nombre de ceux-ci, il ne pouvait raisonnablement être question de les rencontrer tous. Ainsi l entretien a été a priori réservé à quelques structures particulièrement importantes comme les «multi sites» (le Secours Populaire, le Secours Catholique) ou signalées, en fonction de leur caractère original, par le BAPJ. La méthode retenue pour aborder l ensemble des associations a donc consisté à leur faire parvenir un questionnaire. Le courrier d accompagnement incitait à l envoi de documents et proposait un entretien. Si un certain nombre de documents intéressants a pu être ainsi obtenu, une seule demande d entretien a été formulée spontanément (bien entendu il y a été donné suite). Les autres rencontres réalisées l ont toutes été à l initiative des rapporteurs Le questionnaire Envoyé le 8 décembre 2005 à l ensemble des 70 associations subventionnées, le questionnaire était accompagné du courrier suivant : «L Inspection générale de la Ville de Paris a été chargée par le Maire d une mission d audit du périscolaire parisien. L un des volets de cette mission concerne les activités de soutien scolaire mises en œuvre sur le territoire parisien par une soixantaine d associations subventionnées par la Ville, dont la vôtre. Votre interlocuteur habituel principal est le bureau des activités de prévention pour la jeunesse, à la DASES, auquel vous fournissez tous les ans un bilan chiffré et détaillé de votre activité. Nous avons, bien entendu, accès à ces documents dans le cadre de notre travail. Nous souhaitons, cependant, «aller plus loin» avec vous, et c est l objet du questionnaire ci-joint, dont nous souhaiterions que vous puissiez le remplir et nous le retourner, dans toute la mesure du possible avant le 16 janvier A côté de points très «factuels», son objet est de mieux vous connaître. Nous sommes intéressés par toutes les contributions, documents, réflexions (même sous une forme «brute») qui seraient de nature à éclairer votre action, vos attentes et vos éventuelles difficultés. Nous sommes aussi tout à fait disposés à vous rencontrer ; il vous suffit de nous contacter et nous monterons un rendez-vous, dans les meilleurs délais possibles». Inspection Générale de la Ville de Paris 33/102

38 Ainsi que le précise bien la lettre, il ne s agit pas de redemander le bilan chiffré communiqué à la DASES chaque année. Les questions portent sur l association, son histoire, son environnement, ses objectifs et la conception qu elle défend du soutien scolaire ; une seconde série de questions est relative aux enfants suivis ; une troisième aux conditions de fonctionnement, aux relations avec l environnement (familial, scolaire ). Les interrogations suivantes portent sur le recrutement des bénévoles, l évaluation. In fine sont abordées les relations avec la DASES et la Ville ; enfin celles qui le souhaitaient disposaient d une «question ouverte» pour faire part de leurs préoccupations et de leurs attentes 3. Un courrier de relance, envoyé le 3 février 2006, a permis de faire monter à un niveau élevé le taux de réponses, puisqu au total 4 associations seulement n ont pas répondu Les résultats Les caractéristiques des associations : ancienneté, présence d un réseau, locaux (Questions 1 à 4) Question n 1 : «Par qui, à quelle date (publication au JO), dans quelles circonstances et dans quel but votre association a-t-elle été créée? Les créateurs exercent-ils encore des responsabilités au sein de l association? La quasi-totalité des associations interrogées ont répondu à la première partie de la question. 7% 45% 48% création avant 1990 création depuis 1990 n'ont pas répondu ou réponse inexeploitable 3 le texte intégral du questionnaire se trouve reproduit en annexe n 3 4 en tous les cas leur réponse ne nous est par parvenue. Il s agit de «Les équipes d amitié» (10 ème ), «REPI 2000» (13 ème ), «La voie de la lune» (19 ème ), «Un petit bol d air» (19 ème ). Inspection Générale de la Ville de Paris 34/102

39 25% 47% 28% les créateurs sont encore présents les créateurs n'exercent plus non renseigné Il faut noter qu une seule (Espoir 18, dans le 18 ème arrondissement) a été créée postérieurement à 2001 (certaines évoquent des transformations et évolutions statutaires récentes). Un certain nombre sont très anciennes (avant guerre, voire 19 ème siècle ; le record est détenu par «OCM CEASIL», créée en 1872 pour venir en aide aux femmes des fusillés de la Commune de Paris). Elles n avaient pas alors le soutien scolaire pour objet. Parmi les circonstances de la création de l association, sont souvent évoqués le besoin d accompagnement social, d aide et d entraide de familles défavorisées ; l objet et la motivation sont majoritairement plus larges que le simple soutien scolaire. Particulièrement net pour les associations les plus récentes, le but d intégration sociale est clairement revendiqué. Quelques cas sont signalés d associations qui ont repris les activités d une autre. Toutes les associations intègrent bien le soutien scolaire comme but (unique ou parmi d autres) et il n y a pas d erreur de cible. Plusieurs, à commencer par le Secours Catholique, affichent des références confessionnelles, tout en précisant être ouvertes à tous et ne pas pratiquer de prosélytisme (ce serait d ailleurs un motif d exclusion du dispositif). Une proportion importante de créateurs exerce encore, particulièrement dans les associations récentes. Mais il faut noter leur présence dans des associations plus anciennes (créées avant 1990) en nombre non négligeable ; il y a une grande fidélité des «anciens» (qui souvent ont changé de fonctions, ou sont simplement présents au Conseil d administration). Question n 2 : Appartenez-vous à un réseau? Quels contacts entretenez-vous avec d autres organismes exerçant la même activité que la vôtre? Quelles sont la forme et la nature des échanges? 17 réponses sont classables en «négatif». - Cependant les réponses constituées d un «non» sans appel sont peu nombreuses, elles sont quasiment toutes (à deux ou trois exceptions près comme le CECCOF «nous suivons nos propres jeunes») corrigées par la référence à des partenariats. Inspection Générale de la Ville de Paris 35/102

40 En fait les réponses semblent surtout «juridiques» ou «administratives» dans la mesure où l appartenance de ces structures à un réseau n est pas formalisée. Parmi les réponses positives, une référence est très fortement dominante : la fédération des centres sociaux, citée une vingtaine de fois (24 fois), et par des organismes qui ne sont pas eux-mêmes des centres sociaux. La coordination interassociative de la Goutte d Or est citée quatre fois, les équipes de développement local (EDL) 5 fois également, le «réseau local dans le cadre de la politique de la Ville» deux fois, la «Fédération des associations culturelles et de loisirs» une fois. Pour le reste sont citées, à l unité, une série d organismes divers souvent locaux, ce qui n est guère surprenant. - Les réponses contiennent peu de renseignements sur les rencontres et peu de détails sur leur contenu, sont citées des «réunions», des «échanges d expériences», «réunions de travail à thème», «soutien logistique». - Une conclusion provisoire sur cette question peut être formulée ainsi : la quasi-totalité des associations ont des contacts avec d autres structures, mais le «réseau» n a de sens que pour les centres sociaux c est, bien entendu, le contact à caractère local même s il n est pas exclusif, qui est privilégié. Ce qui donne tout son intérêt au questionnement sur ce que pourrait faire la Ville, pour favoriser les rencontres et les échanges. Question n 3 : Vos coordonnées sont-elles affichées ou données dans les écoles du quartier, la mairie d arrondissement, ailleurs)? - La quasi-totalité des associations ont répondu à une exception près qui fait simplement état d une «bonne implantation dans le quartier». Deux associations ont répondu sans citer les écoles. - 5 réponses sont : clairement négatives pour trois : «les Serruriers magiques» expliquent «que le suivi scolaire fait partie de l ensemble des projets, nous n accueillons pas d enfant juste pour le suivi» ; «Tamerantong» est un cas particulier puisqu elle est spécialisée dans l animation théâtrale ; le CECCOF de son côté répond «Non, les collèges et les lycées, nous contactent par l intermédiaire des proviseurs, CPE et professeurs principaux». l affichage est réalisé en mairie seulement, pas dans l école, pour deux cas dont le centre social «association CRESCENDO» dans le 20 ème arrondissement qui précise que le «bouche à oreille fait le reste, et que la liste d attente est très longue». Inspection Générale de la Ville de Paris 36/102

41 Les autres affichent dans les écoles et en mairie (avec quelques cas où la réponse n intègre pas la mairie, sans l exclure). On trouve dans les réponses, comme moyen de se faire connaître : la diffusion de plaquettes et de programmes l objectif de «couvrir toutes les écoles du quartier» : «Vitre autrement», dans le 20 ème arrondissement, recourt à des animateurs sportifs pour y parvenir quelques cas où il n y a pas d affichage, ce sont les assistantes sociales scolaires et les professeurs qui sont destinataires On peut penser que dans ce dernier cas, les intéressés sont donc aussi les «prescripteurs» à l origine directe de l envoi de l enfant vers l association une diffusion en plus des moyens traditionnels, sur le site Internet de la Mairie du 13 ème (seul cas de recours à Internet cité association ASACQ) - La rubrique «ailleurs» est bien fournie. avec les centres sociaux (cinq citations) le CAS (trois citations) la CAF (trois citations) et au moins une fois : la DASES, le centre d information et d orientation (CIO), les CAPP, les «services sociaux», les commerçants du quartier, psychologues scolaires, l équipe de développement local (EDL), la FCPE et la PEEP, le conseil de quartier, les CMPP, l antenne de prévention, l ANPE, les «autres associations». Le Secours Populaire et le Secours Catholique citent évidemment leurs réseaux respectifs. Question 4 : A qui appartiennent les locaux? Les louez-vous, sont-ils mis à disposition? Pouvez vous les décrire? Offrent-ils une bonne fonctionnalité? 16% 8% 24% 52% l'association est propriétaire l'association est occupant à titre gracieux l'association est locataire non renseigné Inspection Générale de la Ville de Paris 37/102

42 - Dans quatre cas l association est propriétaire. Dans un cinquième cas elle est propriétaire et bénéficie en plus d un prêt de local par une société d HLM. - Toutes les autres sont occupantes à titre gratuit ou locataires. pour 9 on ne sait pas s il y a paiement ou non d un loyer ou de charges pour 15 il s agit d une occupation à titre gratuit, étant observé qu une association signale payer l électricité et une autre des charges qualifiées de «modiques» les autres paient un loyer dont le montant est très rarement mentionné (deux fois seulement : 1 de moins de annuels ; 1 de annuels, mais les locaux occupés comprennent une halte garderie, c est le centre social Relais 59). Il est précisé une fois que le prix est «modéré». Les propriétaires sont : une association cultuelle, paroisses : 8 cas la Ville de Paris (signalée telle que, ou «école» dans 9 cas dont une «multi location» (Ecole + OPAC + Paroisse) et un cas de «location à la DASCO» (Espoir 18). Un cas de «Local associatif de mairie d arrondissement» est également signalé (Pierre Ducerf), ainsi qu un cas de mise à disposition par la DJS (association Quai Saint-Bernard) l OPAC : 11 cas. Dans 3 cas s ajoute une location complémentaire (1 à une association, 1 à un centre d animation, 1 à la SAGI) une autre structure publique : 5 cas à l APHP, 1 à la SEMEA XV, 4 à la CAF dont une CAF + OPAC autres : bailleurs privés, associations 12 cas relèvent de cette catégorie dans laquelle on trouve un bailleur «historique» : «La Clairière», dans le 4 ème arrondissement loue à la même famille depuis la création de l association en La fonctionnalité Les situations sont contrastées. 16 associations n ont fait aucun commentaire sur ce point 16 estiment qu elle est bonne (une qu elle va s améliorer ) 21 la considèrent médiocre ou mauvaise Les termes qui reviennent le plus souvent sont : exigu (5 fois). C est par exemple le cas d ASFI (18 ème ) d accueil Laghouat (18 ème ) d Espace 19 manque d espace (5 fois) petit (3 fois), «pas fonctionnel pour faire travailler des groupes» (Animômes Beaugrenelle) incommode car réparti sur 2 ou 3 sites (2 sites : 3 fois, 3 sites : 2 fois) problèmes d isolement, insuffisant pour faire travailler les enfants mauvaise configuration (sous sol sans fenêtres) Inspection Générale de la Ville de Paris 38/102

43 «une disponibilité insuffisante car il faut partager le local avec d autres» (AFIF, dans le 13 ème arrondissement) Les objectifs : classement des priorités, conception du soutien scolaire (Questions 5 à 6) Question n 5 : Vos objectifs : pouvez-vous classer vos priorités en les numérotant (ateliers éducatifs ou ludiques ; aide aux devoirs ; les sorties ; «autres» Il s agissait de classer les priorités en les numérotant. Quatre choix étaient offerts : les ateliers, éducatifs ou ludiques, l aide aux devoirs, les sorties, une case «autre» (avec demande de précisions ). Dans 3 cas, on est en présence d un refus de choix (cases cochées toutes ensemble ), pour 2 («Plus loin» et «Les enfants de la Goutte d Or») il n y a pas de réponse. Quelques autres réponses sont inexploitables. Les chiffres correspondent au nombre de réponses exprimées pour chaque choix. L'AIDE AUX DEVOIRS LES ATELIERS choix n 1 choix n 2 choix n 3 et 4 0 choix n 1 choix n 2 choix n 3 et 4 LES SORTIES AUTRES choix n 1 choix n 2 choix n 3 et 4 0 choix n 1 choix n 2 choix n 3 et 4 Inspection Générale de la Ville de Paris 39/102

44 A noter un cas particulier : «Tamerantong» qui n a coché que la case «ateliers» qui correspond à son activité exclusive (le théâtre). Enfin dans une réponse «aide aux devoirs» a été rayé et remplacé par «ateliers scolaires et périscolaires dans les écoles». Dans l ensemble une très forte majorité a classé l aide aux devoirs en n 1. Pour la minorité qui a classé l aide aux devoirs en n 2 : 10 cas En n 3 ou 4 : aucun cas Une minorité (8 associations) a classé les ateliers en 1. Parmi celles qui ont fait ce choix deux structures n ont renseigné que ce premier choix. Les ateliers sont en deuxième priorité pour 40 réponses ; ils ne sont en troisième ou quatrième position que pour 4 réponses. Les sorties ne sont citées en n 1 ou 2 qu une seule fois. Elles sont par contre citées 38 fois en 3 ème position ou en 4 ème position, un certain nombre de répondants ayant d eux-mêmes rajouté une quatrième priorité. * * * La priorité intitulée «autres» a été cochée 10 fois en première position ; on peut penser que son choix marque une forte priorité. Les thèmes qui reviennent régulièrement dans cette catégorie sont : - «l accueil et le lien social», «rencontre et suivi individuel des enfants et des parents», «aide à l organisation du travail, rattrapage des lacunes, échange avec les professeurs», «acquisition et renforcement des savoirs», «projets divers pour trouver une place dans la société», «l accompagnement méthodologique», «la prévention, la socialisation, la citoyenneté». Certains mettent donc l accent sur le lien social et l intégration sociale, d autres sur des formes spécifiques de soutien (les savoirs, la méthodologie). Trois fois la priorité «autre» est citée en deuxième position ; les items retenus sont : «le développement culturel, l enrichissement linguistique», «la prévention, la socialisation, la citoyenneté», «la prévention, les parents en difficulté». Enfin, en n 3 ou 4, les réponses sont nombreuses et très variées. - autres activités du centre (1) notamment «sportives» (2) «ateliers de langues» (1) «séjours et mini camps» (3 fois) «bibliothèque» (2) «ateliers artistiques» «échanges et débats» (1) «gymnastique» (1 fois) «espace public numérique» (1). - des thèmes liés à l intégration sociale, à la fonction parentale : «développement des liens avec les familles» (1) «rencontres avec des intervenants extérieurs» (2) «renforcement des liens école/enfant/famille» (1) «aide à la fonction parentale, accompagnement familial» (1) «participation des parents» (1) «citoyenneté» (1). Inspection Générale de la Ville de Paris 40/102

45 Si globalement, l aide aux devoirs est une priorité très majoritaire, il faut noter une prise de conscience importante du caractère stratégique de tout ce qui touche à l intégration sociale, au rôle des parents, au rapport avec l école. Il y a deux «familles» d associations : celles très «classiques» qui privilégient dans l ordre, 1) l aide aux devoirs, 2) les ateliers, 3) les sorties, sans guère de commentaire ; celles très impliquées sur le terrain de l intégration sociale ont pour quelques unes mis cette priorité en première position, mais surtout développé des objectifs qui ressortent à ce thème en position 3 et 4. Question n 6 : Quelle conception vous faites-vous du soutien scolaire? Les réponses suivantes étaient proposées : a) une aide aux devoirs qui permet à l enfant de mieux assimiler ce qui a été fait en classe b) une démarche de révision périodique et de vérification des acquis c) plus globalement un accompagnement en vue d une meilleure intégration sociale et culturelle Le choix entre les trois réponses n a pas séduit une bonne proportion des répondants : un certain nombre ignore les propositions, plusieurs répondent par des classements «ex æquo» qui mettent à égalité les propositions a et c. - l aide aux devoirs (a) recueille 3 priorités + 6 ex æquo tous «a et c» (ou c et a) - la démarche de révision périodique (b) recueille 2 priorités - l accompagnement en vue d une meilleure intégration (c) recueille 26 priorités Parmi ceux qui ont «joué le jeu» de répondre en s exprimant sur les formules proposées le résultat est sans appel : c est la proposition la plus large, la plus globale (la plus ambitieuse?) qui recueille la très grande majorité. L aide aux devoirs formulation la plus traditionnelle (la plus restrictive?) compte une minorité de partisans ; elle est essentielle pour 3 réponses et très importante (ex æquo) pour 6 autres. La démarche de révision périodique est consacrée par très peu d associations, même en 3 ème ou 4 ème position, pour celles qui ont noté un classement complet. Une association l a d ailleurs rayée avec ce commentaire : «c est le rôle de l Education nationale!». * * * Les deux thématiques principales, l aide aux devoirs et l accompagnement en vue d une meilleure intégration peuvent être abordés à partir d extraits des commentaires des associations, en partant de la notion la plus simple, la plus étroite pour aboutir au concept le plus large possible. Inspection Générale de la Ville de Paris 41/102

46 L aide aux devoirs c est évidemment «aider les enfants dans la réalisation des devoirs, quand c est fini [ ] faire réviser les leçons, travailler aussi sur l acquisition de la méthode de travail (Solidarité Roquette), pour l association Cerise c est «retravailler les leçons et les points qui bloquent [ ] cela nécessite de «bien connaître l enfant pour l aider à combler ses lacunes» (IERFAS) (d autres associations insistent sur la nécessité d un suivi long, sur le long terme). Il s agit «d accompagner l enfant pour lui apprendre une méthode d organisation et de gestion du temps de travail» (Maison du quartier ROC) au moyen d un «suivi pédagogique par des adultes référents» (La Clairière). On aboutit à cette expression de «Belle Ville» : il faut «donner du sens aux savoirs scolaires», ce qui à la fois suppose leur maîtrise et les intègre dans une perspective plus large. Le thème de l accompagnement en vue d une meilleure intégration est particulièrement riche. Il s agit tout d abord de s intéresser aux parents, aux familles «nous intégrons la famille» (Association «C est trop bien»), étant observé que l association peut, parfois, s y substituer en partie : «les enfants recherchent l accompagnement que ne peut leur offrir leur famille» (centre social Crescendo). «La famille de chaque enfant est accueillie dans le cadre d action d accueil social et culturel» (Francophonie et culture partagée). L approche des parents est parfois qualifiée de «travail» («travail avec les parents» : Relais 59) dans le cadre «d une relation de confiance [à établir] parents, enfants, enseignants» (maison du quartier ROC). A noter que ces derniers sont rarement cités. Il s agit de compléter le soutien des parents («peu ou mal francophones, généralement» - La Clairière) et par la même de «favoriser la réussite scolaire et l égalité des chances» de «globaliser la prise en charge éducative de l enfant en lien avec l école, le territoire, la famille» (AIRES 10). Les ateliers sont cités, de même que les sorties, comme favorisant l intégration sociale et culturelle (AEPLR). Le thème d intégration (sociale, culturelle) se traduisant notamment par «l ouverture sur l extérieur» (Relais 59) débouche sur la citoyenneté, objectif souvent évoqué, bien résumé par AVEC-MS : «au-delà du simple soutien : en faire un citoyen de la République». Inspection Générale de la Ville de Paris 42/102

47 Les enfants accueillis : situation, niveau scolaire et situation familiale et sociale, hypothèse du recours à l internat (Questions 7 à 15) Question n 7 : Est-ce ouvert à tous, ou réservé aux enfants en difficulté sociale, scolaire, familiale? Quatre associations signalent choisir les enfants suivants des critères particuliers : - chinois/origine chinoise (Pierre DUCERF) et turque (ACORT) - l appartenance à un ensemble immobilier, un micro quartier (ASEFEC et «Vivre autrement»). En dehors de ces cas particuliers, la question avait un double objet : 1. faire le tri entre les associations qui pratiquent une politique plutôt «ouverte» et celles qui «ciblent», de manière délibérée, les enfants en difficulté, 2. obtenir une première orientation sur le type de difficulté rencontrée (plutôt sociale, familiale, scolaire, ou le tout cumulé). - Sur le premier point les répondants se répartissent en deux groupes sensiblement égaux, et de manière nuancée dans leur expression. Dans le groupe «tous les enfants» le souhait de «mixité sociale» est évoqué expressément comme un objectif (3 fois) ainsi que l aspect positif de la présence de quelques bons élèves. Mais pour beaucoup, ce qui prime, c est l affirmation de «ouvert à tous» (pas d exclusion de principe) partiellement corrigé par la précision, tout de suite après, de la priorité donnée aux enfants en difficulté, quelle que soit la nature de celle-ci (les problèmes de langue française, cependant, sont très largement cités). Pour le second groupe, (l association accueille les enfants en difficulté) on trouve une correction systématique chez quelques uns («nous accueillons les enfants en difficulté mais aussi quelques enfants de familles aux revenus moyens») ou l emploi de l expression «en priorité» (on n exclut personne par principe). L une précise ne pas vouloir de «ghetto», une autre manque de moyens et donc se concentre sur les enfants en difficulté. Mais ce groupe met surtout l accent sur le cumul des difficultés, précise souvent que l enfant est envoyé par les écoles, les assistantes sociales scolaires (plusieurs citations). Les réponses sont parfois bien détaillées : «5 critères : difficulté scolaire, problèmes sociaux, logement, parents non français, ZEP, orientation de l école» (centre social Croix Saint-Simon). Question n 8 : Ces enfants sont ils en grande difficultés scolaires? en rupture scolaire? - Le premier objectif de la question était d identifier/quantifier les cas de rupture scolaire. Inspection Générale de la Ville de Paris 43/102

48 11% 89% reçoivent et aident des enfants en rupture scolaire ne suivent pas d'enfants en rupture scolaire Un peu plus d une association sur dix (7 en tout) évoque cette situation et c est pour en souligner la rareté ou le caractère marginal. Cependant une structure signale le cas de «quelques jeunes adultes» (centre social «Cerise»), une autre le cas de «trois ados», une autre précise que «la rupture : cela arrive», le CECCOF enfin parle de jeunes «déscolarisés ou en passe de l être». «Les enfants de la Goutte d Or» signale accueillir des enfants issus de CLIN (classes d initiation de la langue pour les enfants non francophones) et de CLIS (classes d intégration scolaire), mais il ne s agit pas de rupture scolaire à proprement parler. A noter que plusieurs réponses, en excluant la rupture, font état d une situation de «grande difficulté» «presque en rupture». Les situations de rupture sont donc marginales. - Le second objectif était de tester par rapport à la «grande difficulté». Les ¾ des réponses évoquent «des difficultés» - c est donc moins fort que la «grande difficulté», ou réservent la «grande difficulté» à quelques uns. Les corrections apportées au terme «grande difficulté» sont fréquentes et prennent des formes très diverses. correction «en difficulté» «pas forcément grande» «une partie» (plusieurs réponses, dont l ACORT, «Demain en main», ASFI ) «tous ne sont pas en grande difficulté» «environ la moitié» (ASACQ) «NON (en majuscule) pas d enfant en grande difficulté» «quelques uns» «sinon en difficulté ordinaire» (OCM CEASIL) «tous niveaux» de difficultés «en échec scolaire» Inspection Générale de la Ville de Paris 44/102

49 La situation n est pas figée : une association répond «quand ils arrivent». (RSI La Ressource). Question n 9 : Acceptez-vous les enfants qui ne sont pas scolarisés dans les écoles de proximité/du quartier? Trois familles de réponses se dégagent : 1) la première, celle des structures qui réservent de manière plus ou moins stricte l accueil aux enfants du quartier des écoles du quartier, ou habitant le quartier, étant observé que ces deux notions ne se recouvrent pas nécessairement parfaitement, notamment en collège et plus encore au lycée. 18 réponses ressortent de cette catégorie, dont 3 s expriment par un «non» sans autre commentaire à la question. Les autres réponses sont assorties d explications tenant aux problèmes de transport, de capacité d accueil, évoquent pour un cas ou deux des exceptions (recommandation d un travailleur social). 2) la seconde accepte ponctuellement des enfants qui ne sont pas scolarisés dans le quartier (ou n y habitent plus cas de déménagement) Une dizaine d associations sont sur cette position qui est plutôt «fermée» mais accepte des exceptions, à condition d habiter le quartier. 3) la troisième, une bonne moitié de l échantillon, accepte des enfants qui ne sont pas scolarisés dans le quartier ou n habitent pas celui-ci, mais, pour la plupart, avec des commentaires importants. Huit associations peuvent être considérées comme acceptant les enfants d autres écoles sans commentaire particulier. Pour certaines, à vocation spécialisée, c est logique (P. DUCERF accepte les enfants d origine chinoise, sous réserve des problèmes de transport, et leur lieu d habitation importe peu ; le CECCOF vise un public particulier). Les autres assortissent leur position «ouverte» de principe de réserves diverses : sur le nombre des enfants concernés le souhait qu ils n habitent pas trop loin dans la mesure des places disponibles si c est pour des enfants originaires de classes CLIN, envoyés par des centres sociaux n ayant pas de places disponibles d accompagnement scolaire, des RASED si c est pour des enfants en grande difficulté s il n y a pas de structure pour les accueillir Question n 10 : Les enfants viennent-ils seuls ou accompagnés, va-t-on les chercher à l école? 1) Rares sont les structures qui signalent chercher les enfants à l école (un cas ou deux) éventuellement par «un bénévole» (Secours catholique). Inspection Générale de la Ville de Paris 45/102

50 2) Une minorité (un gros tiers) répond que les enfants sont accompagnés, tout en précisant fréquemment que ce n est valable que pour les enfants en primaire, CP/CE2/CE1, «en fonction de l âge». Certains précisent «par des frères ou sœurs» d autres «par un adulte». 3) La majorité (les deux tiers) répondent que les enfants viennent seuls, mais avec des restrictions qui souvent renvoient à la réponse précédente : «les plus grands, la plupart sauf les plus petits» ; «en fonction de l âge, sauf les plus petits». Certains signalent en profiter pour voir les familles et évoquer la situation de l enfant (ASFI par exemple). 4) Une dizaine répond par «l un ou l autre» (en fonction de l âge, très certainement, et aussi de la possibilité des familles». Question n 11 : Peut-on s inscrire en cours d année scolaire, ou doit-on le faire en début d année (septembre) ou dès la fin de l année précédente (juin)? dès la fin d'année précédente en début d'année inscription possible en cours d'année Deux groupes, minoritaires, expliquent pour le premier qu il faut s inscrire dès l année précédente, en juin, pour le second que l inscription en début d année (septembre) est impérative. Pour tous les autres, l inscription est possible en cours d année, mais ce principe est assorti d une contrainte : celle des places disponibles. D autres exigences sont parfois formulées (être en échec scolaire). A noter qu une association qui n autorise que l inscription en début d année, le justifie par la nécessité d organiser le travail d accompagnement scolaire. Une autre, dans le même esprit a organisé deux périodes d inscriptions dans l année (chaque semestre) pour mieux organiser le suivi avec les parents (Relais Ménilmontant). Question n 12 : Vos activités de soutien scolaire sont-elles gratuites, payantes, avec tarif préférentiel? Précisez le montant. La cotisation est elle dégressive en fonction du nombre de frères et sœurs? Inspection Générale de la Ville de Paris 46/102

51 23% 14% 10% 17% 36% gratuit ou < 5 /an entre 5 et 20 /an 20 à 40 /an > à 40 /an non renseigné Une proportion non négligeable de réponse (une petite quinzaine) est inexploitable ou en tout cas ne permet pas de savoir précisément quelle participation (a priori faible ou très faible) est demandée aux familles. Parmi ces réponses : l annonce d un montant, complété par la mention «gratuit si le quotient familial CAF est faible», «payant et dégressif», «une cotisation familiale et une participation en fonction du revenu, dégressive», «une adhésion et des cotisations mensuelles, gratuites pour les primo arrivants, les allocataires du RMI, de l API (allocation de parent isolé)», «une cotisation pour toute la famille» Si l on se reporte ensuite aux réponses «chiffrées» on constate que la gratuité (ou quasi gratuité) sont minoritaires. Le groupe le plus important demande entre 5 et 20 par an ; on y trouve des modalités différentes de fonctionnement car il s agit parfois d une cotisation pour toute la famille. Il est aussi parfois précisé que la cotisation ne couvre pas les sorties, facturées en plus. Les mêmes observations valent pour le groupe suivant (entre 20 et 40 ). Les associations qui demandent plus de 40 par an ne sont pas très nombreuses. Elles précisent toutes pratiquer la dégressivité, évoquent pour plusieurs d entre elles «la gratuité pour les familles le nécessitant» ou affirment être «souples sur le règlement». La structure qui évoque cette «souplesse», AIRAPE, a été vue par les rapporteurs (cf. page 78) elle affiche le tarif de loin le plus élevé (12 à 47 d inscription annuelle, et 31 à 154 de cotisation trimestrielle). On signalera ainsi qu un tiers environ des répondants signalent pratiquer une forme, pas toujours précisée, de dégressivité à partir du deuxième enfant ; deux associations ont expressément répondu non à cette question (P. Ducerf et le CS Archipelia avec pour ce dernier, ce commentaire : «pas nécessaire cette année»). Les commentaires et précisions apportés permettent de considérer que d une manière très générale les participations demandées ne doivent pas constituer un obstacle pour les familles, et que les associations en sont conscientes. On est très loin du soutien scolaire payant traditionnel tel qu il est pratiqué au bénéfice d enfants des milieux aisés. Examiné de plus près, le petit groupe, qui réclame une participation supérieure à 40 par an, assortit systématiquement l annonce de celle-ci de modalités particulières Inspection Générale de la Ville de Paris 47/102

52 destinées à rendre l accès au soutien scolaire accessible à tous : modularité, référence au quotient familial CAF, gratuité si besoin. Question n 13 : Quels types de lacunes détectez-vous chez les enfants que vous accueillez? Les lacunes ont-elles tendance à évoluer dans le temps et si oui dans quel sens? 1) les problèmes scolaires proprement dits Le problème le plus fréquemment évoqué (au moins 35 fois) est celui de la mauvaise maîtrise du français. Très souvent lui est associé le concept le plus large des «bases scolaires élémentaires» - la lecture, la compréhension, les difficultés à l écrit, le manque de vocabulaire. La moitié, au moins, des associations, souligne ce problème et ses différents composants. Le rôle du milieu familial (parents non francophones, parents ne maîtrisant pas la lecture) est fréquemment cité. Les difficultés liées à l apprentissage des maths sont moins évoquées et lorsqu elles le sont, c est avec généralement une référence à la situation des collégiens. Les difficultés dans ce domaine apparaissent, apparemment, plus tard. Après les difficultés en français, sont fréquemment évoqués (13 ou 14 fois) les problèmes de méthode : l enfant souffre de ne pas savoir organiser son travail. A noter ainsi le rôle de l accumulation [d une année sur l autre] de lacunes et de retards. La réponse à cette question de «l Association de culture berbère» résume bien la problématique. «pour les primaires, les principales lacunes sont l apprentissage de la lecture et de l écriture. Le fait qu une grande partie des enfants inscrits parlent au sein de leur famille une autre langue que le français, rend cet apprentissage souvent plus ardu. Ces difficultés sont aussi parfois dues à un problème de concentration. Dans ce cas précis, lorsqu on arrive à travailler en tête à tête avec cet enfant, dans un environnement calme, les changements sont souvent très encourageants. Pour les collégiens, les difficultés sont variées mais dues la plupart du temps à une absence de maîtrise des bases. Les mathématiques, le français, l anglais, posent généralement les problèmes les plus sérieux». 2) les attitudes, les comportements Le manque de confiance en soi (une association fait même référence à un problème «d image de soi») est cité quatre fois. L absence de motivation, de responsabilisation et encore plus l incapacité à se concentrer, sont cités quatorze fois. Les difficultés liées au comportement sont citées une dizaine de fois. Sont notamment évoqués : le respect des adultes, des autres enfants, la politesse, la sociabilité ; le non Inspection Générale de la Ville de Paris 48/102

53 respect de l autorité des adultes ; une association trouve les enfants «de plus en plus violents et de moins en moins intéressés par les études» (il s agit là toutefois d un point de vue isolé, celui du CECCOF). 3) le rôle des parents Le rôle des parents est plusieurs fois évoqué, pour déplorer en particulier leur manque de soutien et de participation (ACORT), la coupure entre la vie scolaire et la vie privée. 4) d autres difficultés Une analyse mérite d être signalée : une association signale «le manque de repères spatio-temporels, l immédiateté ; les enfants ne devancent pas les évènements, ont un rapport très étroit au quartier mais Paris, la France sont des notions floues» (Centre social «La Clairière»). Deux associations signalent des cas de dyslexie ou de dysphonie. 5) l amélioration du niveau des enfants est signalée (16 fois) assez fréquemment aucune association, ce qui est assez logique, n évoquant, dans la réponse à cette question, des résultats franchement négatifs. Sur les seize améliorations, deux sont cependant assorties d une précision sur la «lenteur» ou la «grande lenteur» des progrès réalisés. Question n 14 : Quel est votre diagnostic sur l évolution récente de la situation d ensemble familiale, sociale, intégration des enfants à l école du public que vous suivez? Quatre catégories de réponses peuvent être distinguées : 33% 12% 25% 30% réponses "spécifiques" les choses vont plutôt en se dégradant la situation est stable les choses vont plutôt en s'améliorant La catégorie des réponses «spécifiques» est marquée par le refus d un diagnostic d ensemble, général. Les réponses sont par exemple : «tout suivi est singulier, dépend des enfants» «cela dépend des familles» «les avis des animateurs sont divergents» «il est impossible de répondre de façon générale». Pour 16 réponses, la situation est stable ; une association nuance sa réponse en ajoutant : «dans le meilleur des cas» (Association d éducation populaire Charonne Inspection Générale de la Ville de Paris 49/102

54 Réunion), deux autres ont pratiqué une réponse «double» : elle est stable et les choses vont plutôt en s améliorant. Pour 21 réponses les choses vont plutôt en s améliorant mais plusieurs réponses sont assorties de réserves : - pour une association (AIRAPE) les choses s améliorent pour les jeunes suivis depuis longtemps, mais se dégradent pour les jeunes «hors circuit», - pour une autre les choses s améliorent «pour les jeunes et les enfants assidus» (les enfants de la Goutte d Or), - pour trois associations au moins la situation s améliore pour les enfants, mais se dégrade pour les familles (Centre social «Le Paris des faubourgs», «Résonances», «Les amis de la Maison Verte». - pour une quatrième, le bilan est positif pour la culture générale, l ouverture, négatif en ce qui concerne «les réponses aux exigences» (les résultats scolaires?). Enfin pour 19 réponses les choses vont plutôt en se dégradant. Une association cite les facteurs suivants : la surpopulation, la prédélinquance, le repli communautaire, la fragilité des familles. A noter, dans cette catégorie, un «tir groupé» de cinq associations du 18 ème arrondissement : Accueil Laghouat, Espace Torcy, Espoir 18, Oasis 18, Asefec, alors qu il n y a pas sinon, de manière claire, de quartier «optimiste» ou «pessimiste» ; opinions positives et négatives sont réparties de manière dispersée sur tout le territoire couvert par l échantillon étudié. Question n 15 : Le recours à l internat est fréquemment préconisé pour les enfants en difficulté scolaire. Cette création d internats destinés aux enfants parisiens en difficulté vous paraît-elle pertinente? Beaucoup de non réponses sur cette question, une quarantaine de réponses seulement sont exploitables : 13 associations sont nettement opposées à la formule, une vingtaine y est favorable, quatre ou cinq estiment que «c est à la famille d en décider», «qu il n y a pas de réponse valable en générale», que «cela dépend du contexte». Les principaux motifs évoqués par les opposants sont les suivants : - L internat ne serait pas adapté au public accueilli ; les enfants ont besoin de leurs parents et d un meilleur cadre de travail à la maison ; l internat serait «stigmatisant» ; l évolution de l enfant se réalise mieux dans son milieu ; il vaut mieux soutenir des familles auprès de leurs enfants ; il est impossible d y recourir pour des motifs financiers ; «c est à éviter absolument, au contraire, il y a danger» (RSI La Ressource). «Il vaut mieux travailler sur l accompagnement des parents» est l item qui résume le mieux ces points de vue. - Les partisans de l internat assortissent souvent leur opinion favorable de réserves et de précisions : l accord de l enfant ; si la prise en charge financière est complète ; si Inspection Générale de la Ville de Paris 50/102

55 aucun soutien n est possible d une autre manière ; si ça n est pas un lieu de détention» [!] (Francophonie et cultures partagées) ; si ça n est pas systématique, si l on ne regroupe pas tous les enfants en difficulté ensemble (Accueil Goutte d Or) ; pour les enfants qui rencontrent des problèmes de discipline, qui vivent dans des conditions difficiles, à la condition que la formule soit «travaillée» avec les parents et les éducateurs, pour les enfants de milieu précaire en échec scolaire Refusée, ou écartée par une forte minorité (les non réponses) la formule n est acceptée que pour des catégories spécifiques, avec beaucoup de précautions, tant pour éviter de stigmatiser les enfants, de regrouper ensemble des enfants défavorisés que parce qu elle peut mettre en cause le modèle familial. Une seule citation évoque, spontanément, les progrès possibles en terme de socialisation, de comportement en groupe, d apprentissage de la vie collective Les conditions matérielles et de fonctionnement (Questions 16 à 18) Il existe une certaine hétérogénéité dans le mode de fonctionnement des associations ayant répondu au questionnaire de l Inspection générale. Cela s explique par la latitude dont elles disposent en la matière de la part de leurs financeurs, de la variété de leur organisation plus ou moins structurée (les centres sociaux ne fonctionnent pas comme les associations de quartier), de leur localisation (celles qui œuvrent dans le cadre de la politique de la ville n ont pas la même «culture» que celles qui sont implantées dans les arrondissements du centre et de l ouest parisien), etc. Question n 16 : «Quelle formule (quotidienne ou hebdomadaire), quels horaires? Peut-on venir quand on veut (mercredi/week-end) ou est-ce limité? Ouverture durant les petites vacances?» Pour une très grande majorité d associations, le nombre de séances consacrées aux enfants est de deux par semaine (34 % de celles qui ont répondu) et la durée de ces séances n excède pas deux heures (41 %). Cependant, le nombre d associations qui reçoivent les mêmes enfants trois, voire quatre fois par semaine, est loin d être négligeable (23 %). Cela signifie que la prise en charge est parfois très importante et qu elle peut concerner aussi bien le mercredi (cité par 28 associations soit 44 % de l échantillon), que le samedi (13 réponses soit 20 %), les petites vacances (23 réponses soit 36 %) ou même pour une très petite minorité d entre elles le dimanche et les jours fériés, voire les vacances d été 5. 5 Les réponses n étant pas exclusives les unes des autres, cela explique que le total soit supérieur à 100 %. Inspection Générale de la Ville de Paris 51/102

56 Nombre de séances d'accompagnement scolaire par semaine 34,4% 14,1% 7,8% 9,4% 34,4% 1 fois par semaine 2 fois par semaine 3 fois par semaine 4 fois par semaine non renseigné Durée maximale des séances d'accompagnement scolaire 6% 17% 5% 22% 1 h 00 1 h 30 1 h 45 8% 40% 2% 2 h 00 2 h 30 3 h 00 et plus non renseigné AFIF indique par exemple que les enfants peuvent venir jusqu à six heures par semaine et que les Enfants de la Goutte d Or les accueille entre une et quatre fois par semaine. Quand les enfants sont accueillis le dimanche ou les jours fériés, il s agit plutôt de sorties (Francophonie et cultures partagées dans le 11 ème ). Les vacances sont consacrées soit à des activités périscolaires auxquelles les familles sont parfois associées (IERFAS et Jeunesse Saint Vincent de Paul, AFIF, le centre social BelleVille, C est trop bien), soit à des séances de révision (le centre social Cerise, Retif). Certaines associations comme Tameratong dans le 19 ème organisent même des stages à la campagne, ce qui n est pas sans poser des problèmes de financement... En ce qui concerne la programmation des séances, soit elles sont fixées une fois pour toutes avec parfois un engagement contractuel de l enfant à respecter les horaires, soit elles sont en accès libre. La plupart du temps, elles se déroulent après la classe, y compris tardivement pour les lycéens (de 18 h 30 à 20 h 30 pour BelleVille ou Avec MS dans le 20 ème ) dont il faut rappeler que le soutien qui les concerne n est pas financé par la Ville. Ces séances débutent quelquefois par un goûter (axé, au centre social La Clairière dans le 2 ème, sur la nutrition et la découverte de nouvelles saveurs) et s achèvent par des activités ludiques ou éducatives. Le suivi est généralement collectif, mais il peut être aussi individualisé (c est le cas par exemple de La Clairière, du centre social Solidarité Roquette, d Espace 16). Dans le premier cas, les séances sont organisées sous la forme d ateliers thématiques. Ces ateliers sont consacrés généralement au français, aux mathématiques et à l anglais, mais aussi à la poésie (ASEFEC), au théâtre et à la lecture (centre social Relais 59). Inspection Générale de la Ville de Paris 52/102

57 Enfin, les associations sont parfois sollicitées pour aider les enfants à préparer des exposés, y compris en effectuant des recherches sur Internet (Association de culture berbère). Ces éléments permettent de vérifier que, compte tenu de la mobilisation des responsables et des bénévoles ainsi que du volume horaire des séances dispensées aux enfants, il s agit d une action dont l effet, à côté de l école, est bien réel. S il est difficile d en apprécier l impact sur les résultats scolaires, la présence des enfants pendant plusieurs heures au cours de la semaine, tout au long de l année, dans un contexte différent de l école, certes studieux mais plus détendu, contribue indubitablement à éviter la spirale de l échec ou à en limiter l ampleur. L engagement des enfants à respecter le contrat qui les lie à l association constitue en outre une démarche qu il convient de souligner. A la différence de l école qui est obligatoire, l accompagnement scolaire est une démarche facultative qui ne peut fonctionner qu avec une adhésion de l enfant et pas seulement un diktat de sa famille. Sans cela, il ne peut s agir que d un prolongement de l école sous une autre forme, et l implication des enfants en situation délicate, n en sera pas modifiée. Par ailleurs, la responsabilisation de ceux-ci et leur prise de conscience de l intérêt qu ils peuvent retirer de l accompagnement scolaire, constitue, sans faire preuve pour autant d angélisme, une des clés de la réussite des associations qui s y sont impliquées. Question 17 : «De quel matériel pédagogique disposez-vous? A-t-il été acheté, prêté ou donné? Est-il adapté à votre mission? Si tel n est pas le cas, qu est-ce qui vous fait le plus défaut?» S il n est pas pléthorique, le matériel dont disposent les associations semble satisfaisant tant en volume qu en qualité. Il se compose pour l essentiel de manuels scolaires, ou d annales d examens (cité par 39 associations), de dictionnaires (cités 23 fois), d encyclopédies (10 citations) ou d atlas (6 citations). Nombreuses sont les associations qui disposent également d une petite bibliothèque composée d ouvrages de littérature (13 citations) ou d une ludothèque à vocation éducative ou pédagogique (23 citations). Parfois, les associations souscrivent des abonnements à des journaux ou à des magazines destinés à la jeunesse comme «J aime lire» ou «Les belles histoires». Il faut aussi indiquer que les enfants eux-mêmes fournissent le matériel pédagogique à l association en apportant leurs livres et leurs cahiers. Inversement, l Association de culture berbère offre chaque année un ouvrage aux enfants qu elle accueille à l occasion des fêtes de Noël. Cette remise au goût du jour du livre comme objet porteur d une valeur symbolique doit être soulignée. En ce qui concerne l équipement lourd, il se compose souvent, outre le mobilier, d un ordinateur (23 citations) auquel sont associés parfois des logiciels ludiques, éducatifs ou pédagogiques, et, beaucoup plus rarement, d un téléviseur, d un magnétoscope, d un magnétophone, d un appareil photographique, voire d une photocopieuse. Dans la grande majorité des cas, ce matériel a été acheté par l association (39 réponses). Quand ce n est pas le cas, il s agit de dons (29 réponses) des écoles, des mairies d arrondissement, d entreprises notamment les éditeurs de livres scolaires ou les grands distributeurs tels que la FNAC, de particuliers, d emprunts, généralement à des Inspection Générale de la Ville de Paris 53/102

58 bibliothèques, ou de prêts (3 réponses) effectués par les établissements scolaires ou de récupération (3 réponses). La Clairière indique qu elle trie les dons avec beaucoup de soin et qu elle ne garde que le matériel en bon état, récent et ayant un grand intérêt pédagogique. Les besoins exprimés par les associations concernent essentiellement les manuels scolaires, notamment ceux du collège, qui ne sont pas toujours adaptés au niveau des enfants (cités à huit reprises), l équipement informatique (huit citations également), notamment les postes multimédias ou les imprimantes. Certaines associations aimeraient pouvoir disposer d un matériel pédagogique plus attractif (mallettes éducatives, jeux, CD Roms, logiciels de langues étrangères, etc.). Le centre social Crescendo exprime quant à lui une revendication plus spécifique : celle de disposer d ouvrages consacrés aux thématiques du développement durable, de la citoyenneté et de la solidarité internationale. Beaucoup d associations regrettent encore de ne pas pouvoir disposer des programmes scolaires et de ne pas savoir exactement où en sont les enfants lorsqu ils se présentent pour bénéficier d un accompagnement scolaire. Inspection Générale de la Ville de Paris 54/102

59 Moins que la quantité, c est la capacité de renouvellement du matériel face à son obsolescence qui semble poser le plus de problème comme le fait observer la Jeunesse Saint Vincent de Paul. D autres déplorent encore la dégradation du mobilier, voire les vols, qui occasionnent des frais importants. Question 18 : «Quels outils pédagogiques utilisez-vous? Ceux-ci sont-ils propres à l association ou sont-ils arrêtés en liaison avec l Education nationale ou la Ville de Paris?» Les méthodes employées par les associations varient considérablement et l on peut les répartir en trois catégories : en premier lieu celles qui «collent» à la pédagogie mise en œuvre par l Education nationale, celles ensuite qui s inscrivent dans une logique «politique de la Ville» mais qui à travers la charte de l accompagnement scolaire utilisent néanmoins des approches classiques, celles enfin qui, au contraire, cherchent à se démarquer de manière plus ou moins radicale des méthodes pédagogiques traditionnelles. Dans la première catégorie on trouve aussi bien des associations stricto sensu que des centres sociaux, voire de grandes organisations caritatives comme le Secours Populaire. Pour les intervenants de ces institutions (voire leurs responsables) qui sont souvent des enseignants ou des anciens enseignants, «les manuels scolaires sont les premiers outils de travail» (Maison du quartier Roc qui intervient dans le cadre de la politique de la ville dans le 13 ème arrondissement) et «les outils sont identiques à ceux des établissements scolaires» (Francophonie et cultures partagées dans le quartier «Fontaine au Roi» dans le 11 ème arrondissement). Dans la deuxième catégorie, l accent est surtout mis sur la charte de l accompagnement scolaire qui constitue le socle de l intervention des associations concernées, même si les autres sont également tenues de la respecter. C est le cas par exemple du centre social Solidarité Roquette, du centre social Carrefour 14, de l Espace Torcy, de la compagnie Résonances ou du centre social des Amis de la Croix Saint Simon. Ces associations utilisent parfois des outils pédagogiques distincts de ceux de l Education nationale mais le recours à des activités ludiques ou à des ateliers pédagogiques ne se fait pas au détriment de l aide aux devoirs et de l apprentissage des leçons. Enfin, dans la troisième catégorie, beaucoup plus hétéroclite, on trouve à la fois des «francs tireurs» qui n appartiennent ni au réseau de l Education nationale, ni à celui de la politique de la Ville, et qui s efforcent de forger des outils «maison», voire des «alternatifs» adeptes des pédagogies Freinet et Montessori. «Nous demandons à chaque intervenant, indique Relais 59, de faire preuve d imagination et de réflexion. Nous nous efforçons de ne pas rester trop scolaire dans nos approches éducatives. Pour cela le ludique et l interactivité sont souvent sollicités». «Nous utilisons le bon sens, explique RSI La Ressource, la pédagogie est pour les enseignants». Inspection Générale de la Ville de Paris 55/102

60 Ainsi, pour nombre d associations de la dernière catégorie, la pédagogie passe d abord par le jeu. L association Pierre Ducerf qui s adresse à des enfants issus de la communauté asiatique a mis en place des outils ludiques d apprentissage du français qui appartiennent à l association et à ses bénévoles. D autres ont créé des jeux d écriture et de lecture, destinés notamment aux enfants en grande difficulté (centre social OCM Ceasil, les amis de la Maison Verte, Espoir 18). Certains, comme Ierfas, utilisent aussi les mots croisés ou le scrabble pour sensibiliser les enfants au français. Cette dimension ludique est même prise en compte par ASFI lors de la formation annuelle de ses bénévoles. D autres associations considèrent que l accompagnement scolaire passe par une ouverture en direction du champ artistique et culturel. Elles ont mis en place dans cette perspective des ateliers de chant, de danse, de théâtre, d improvisation, d arts plastiques, etc. Leur approche de l accompagnement scolaire passe davantage par le développement de la personnalité de l enfant que par celui de ses capacités cognitives. On peut citer par exemple Tameratong ou Vivre Autrement. Enfin, quelques associations mettent l accent sur l éducation à la citoyenneté. C est le cas notamment du centre social Cerise qui organise des sessions exceptionnelles sur des thèmes tels que le racisme et l exclusion, le SIDA, etc., avec des intervenants extérieurs. En conclusion, nombre des ces approches, en apparence très différentes, ont en commun la volonté de décentrer l enfant par rapport à son environnement scolaire et familial, en essayant de l ouvrir à des dimensions qui ne lui sont pas familières. Cela pose au demeurant un problème de définition de l accompagnement scolaire dont il a déjà été question précédemment. Il est patent que plus les difficultés des enfants sont grandes, plus il est nécessaire de contourner les méthodes traditionnelles en travaillant sur le savoir être plutôt que sur le savoir ou le savoir faire. Cela peut donner une vision très éclatée de ce dispositif mais l un de ses intérêts est justement d éviter la mise en place d un moule unique et de référentiels très normés qui empêcheraient la créativité et l adaptation aux réalités locales. Il n en demeure pas moins qu en s éloignant trop ouvertement du contenu des programmes scolaires, le risque de perturber l enfant n est pas mince, l équilibre entre la pédagogie utilisée par les associations et les réalités de la vie de l école étant difficiles à trouver Les relations avec l environnement, les familles, l école (Questions 20 à 23) Il est important de distinguer les associations qui opèrent dans le cadre des quartiers «politique de la ville» de celles qui sont davantage dispersées dans les autres parties du territoire parisien. Dans un cas, il existe une quasi institutionnalisation du dispositif qui s inscrit dans une logique plus large de développement social des quartiers où tous les acteurs sont en général impliqués à un titre ou à un autre, alors que dans l autre, l immersion de l association dans son environnement dépend de considérations locales où le regard de l Education nationale est loin d être anodin. Inspection Générale de la Ville de Paris 56/102

61 Question 19 : «Avez-vous des relations suivies avec les écoles (RASED, assistantes sociales scolaires), les CAPP/CMPP/CMP, les Antennes jeunesse information, les associations de prévention spécialisée, les agents de l équipe de développement local (DPVI), les bibliothèques municipales, les coordinateurs REP/ZEP?» Les relations avec les acteurs de la politique de la ville La plupart des associations interrogées, notamment dans les quartiers du nord et de l est parisien, constituent un élément d un ensemble plus vaste dont la finalité consiste à faciliter l intégration sociale et culturelle de populations en difficulté. Comme l expliquent les responsables du centre social La Clairière c est «tout un maillage territorial qui (existe) sur le quartier». Cela ne signifie pas pour autant qu une réelle coordination soit toujours assurée au niveau des quartiers concernés, et encore moins à celui du territoire parisien dans sa totalité. Il est clair que la politique de la ville joue un rôle de premier plan et que les relations qu entretiennent les associations d accompagnement scolaire avec ses acteurs sont étroites. Le quart des associations interrogées (16 sur 64) affirment qu elles sont en contact avec les agents de l équipe de développement local de la DPVI. De même, elles ont noué des liens avec les associations de prévention telles que Feu Vert ou Arc 75 (partenaire très ancien de l association Pierre Ducerf) qui sont citées respectivement à six et quatre reprises. Il en est de même pour les antennes information jeunesse (citées huit fois), les centres d information et d orientation ou les missions locales. Cette immersion dans le quartier se traduit également par le rôle joué par les assistantes sociales scolaires, et plus rarement de secteur, (citées 24 fois, notamment par le Secours Catholique qui reconnaît que ce sont elles qui orientent les enfants vers lui) et accessoirement des éducateurs spécialisés qui jouent un rôle majeur pour orienter les enfants en difficulté vers les associations d accompagnement scolaire. C est également le cas des CMPP (cités 9 fois), des CMP (5 fois) ou des CAPP (2 fois). Les psychologues libéraux et les orthophonistes sont aussi mentionnés. «Ces rencontres sont importantes, selon Relais 59, car elles nous permettent de répondre plus précisément au besoin de chaque enfant». Cette logique de réseau est très présente dans les réponses au questionnaire de l Inspection générale : réunions, groupes de travail, partenariat, évaluation, harmonisation, coordination, sont des expressions qui reviennent souvent et qui traduisent une réalité perceptible. Le centre social Archipelia souligne ainsi que la logique de réseau prend toute sa signification «lorsqu un cas difficile se présente». Le rôle de ces associations au sein même du réseau des acteurs de la ville va même croissant : le Relais Ménilmontant envisage par exemple de créer «un site internet qui informera sur les méthodes et les évaluations utilisées dans le cadre de l accompagnement scolaire en partenariat avec l espace de développement local». De surcroît, ces associations entretiennent des liens étroits avec les bibliothèques municipales (citées 15 fois), qui, à travers les prêts d ouvrages, participent à leur mission. L association Retif souligne par exemple que la bibliothèque intervient chez elle un vendredi sur deux. Inspection Générale de la Ville de Paris 57/102

62 Les associations d accompagnement scolaire constituent donc un élément important du dispositif de la politique de la ville menée par la municipalité parisienne. Le rôle des centres sociaux doit particulièrement être mis en exergue : l accompagnement scolaire ne constitue en effet qu une partie seulement de leurs activités qui visent à faciliter l intégration et l insertion des populations les plus en difficulté. Toutefois, cette imbrication étroite de tous les champs de la politique de la ville peut présenter un risque de dilution ou de banalisation qui est actuellement évité mais qui risque de surgir avec la montée en puissance des dispositifs issus de la loi sur la cohésion sociale. Il ne faudrait pas, en effet, que l accompagnement scolaire soit noyé au milieu d autres actions, perdant ainsi de sa lisibilité et de son efficacité. Ainsi, tout ne peut pas être ramené à une simple logique sociale, si importante soit-elle : si il concerne très légitimement en priorité des enfants issus de milieux très défavorisés dans des quartiers qui le sont aussi, l accompagnement scolaire doit aussi concerner les petits Parisiens issus d autres quartiers que ceux de la politique de la ville, qui rencontrent des difficultés et dont les parents pour des raisons diverses ne peuvent offrir un soutien privé traditionnel. Ce souci constant de la DASES doit être poursuivi et encouragé, de même qu une réelle articulation avec les actions menées par la DASCO en partenariat avec l Education nationale. Les relations avec l Education nationale La question des relations des associations concernées avec l Education nationale traverse l ensemble des réponses au questionnaire de l Inspection générale et constitue un réel motif de préoccupation, voire d inquiétude, pour les uns, de satisfaction et d espoir pour les autres. Globalement, s il est vrai qu il y a encore quelques années, ces associations étaient plutôt mal perçues par les enseignants qui voyaient dans leur action tantôt une remise en cause de leur propre rôle, tantôt une forme de concurrence sauvage, tel n est plus le cas aujourd hui. Dans leur grande majorité, les associations sont bien acceptées, ou tout du moins tolérées, sans que cela pose des problèmes aigus de cohabitation. Certes, il existe encore des directeurs d école qui manifestent une franche hostilité à ce dispositif, mais on peut, sans risque de se tromper, affirmer que ce sont probablement les mêmes qui portent un regard négatif sur les activités périscolaires de la Ville de Paris et qui considèrent que la pédagogie et l éducation sont de leur ressort exclusif. Cette évolution positive est liée, dans une large mesure, à l action de l Education nationale elle-même qui s est ouverte sur son environnement et qui constitue aujourd hui l un des acteurs majeurs du développement local. Les associations d accompagnement scolaire s appuient en effet, quand il existe, sur le réseau d éducation prioritaire (un quart des associations indiquent qu elles sont en relation avec les coordinateurs REP) et, dans une moindre mesure, sur la communauté éducative, qu il s agisse des chefs d établissements (proviseurs de lycée, principaux de collèges et directeurs d école), des enseignants, des conseillers d orientation psychologues, des conseillers principaux d éducation, etc. Inspection Générale de la Ville de Paris 58/102

63 «Nous travaillons, explique l association Pierre Ducerf, en étroite relation avec l ensemble des acteurs de la vie scolaire» alors que Solidarité Roquette se félicite du «partenariat solide entretenu avec les écoles». Certaines, comme l Ierfas, affirment même qu elles sont «en relation permanente avec les écoles à travers le cahier de correspondance». Cette association, comme quelques autres (Centre social Belleville, Foyer de Grenelle, etc.), organise des rencontres avec les enseignants en début d année, puis chaque trimestre, et prévoit en outre des rendez-vous spécifiques en cas de nécessité. Francophonie et cultures partagées assure pour sa part des séances de formation avec les enseignants des collèges. La Maison du quartier Roc s efforce de mettre en place un système de référent de manière à avoir toujours le même interlocuteur. Toutefois, les liens avec la communauté éducative ne sont pas partout de la même nature. Certaines associations comme celle du quartier Saint Bernard ou Les amis de la Maison Verte affirment n entretenir aucun lien avec la communauté éducative ou très peu (Oasis dans le 18 ème ). D autres soulignent que le contact est plus aisé avec les collèges qu avec les écoles élémentaires. «Les relations avec les établissements scolaires, regrette l Espace Torcy, restent difficiles lorsqu ils ne maîtrisent pas l ensemble du processus». Il y aurait, selon l association Oasis, «un problème d accès et de reconnaissance de l Education nationale». Question n 20 : «Assistez-vous au conseil des écoles (ou de classes au collège) des enfants qui fréquentent votre association?» Assistez-vous au conseil des écoles (ou de classes au collège) des enfants qui fréquentent votre association? 14% 20% 66% non renseigné participe ou s'apprête à le faire ne participent pas au conseil des écoles La très grande majorité des associations interrogées ne participent pas au conseil des écoles (46 d entre elles répondent par la négative et 10 seulement par l affirmative dont 4 dans le 18 ème arrondissement, 2 indiquant que c est programmé ou en cours de réflexion). Encore convient-il de signaler que les réponses positives ne concernent pas toutes les écoles, ni toutes les réunions. Certaines associations reconnaissent en outre, comme les Serruriers Magiques, qu elles ne le demandent pas, parfois par manque de temps. L association «C est trop bien» indique pour sa part que ses «relations avec les classes passent par l intermédiaire des parents» Inspection Générale de la Ville de Paris 59/102

64 Cette situation s expliquerait par le fait que les chefs d établissement n y sont pas favorables (ASACQ dans le 13 ème ), ou tout simplement que les enseignants n éprouvent pas le besoin de rencontrer les responsables des associations (centre social Relais 59 dans le 12 ème ). Par ailleurs, certaines associations déplorent que «d une année sur l autre les personnes changent, ce qui ne facilite pas la continuité» (centre social Relais Ménilmontant). Cependant, ce bilan assez terne mérite d être nuancé car le lien entre l école et les associations œuvrant dans le domaine de l accompagnement scolaire peuvent prendre d autres formes. Ainsi, les responsables de Solidarité Roquette et BelleVille indiquent qu ils sont conviés au comité d éducation à la santé et à la citoyenneté du collège de leur quartier. D autres sont invités à la remise des bulletins scolaires (Acort dans le 10 ème, Oasis, la compagnie Résonance et ASEFEC dans le 18 ème ), aux spectacles de fin d année, à des manifestations culturelles ou à des kermesses. Enfin, certains responsables d associations participent à la vie des établissements car ils exercent par ailleurs des responsabilités au sein de fédérations de parents d élèves (Les amis de la Maison Verte). Il existe une réelle demande des associations à être plus étroitement associées à la vie des établissements scolaires auxquels elles apportent, par leur action, un soutien non négligeable. «Il faut à l avenir, insiste Avec MS, que les associations participent à ces conseils». On touche à travers cette question à un point sensible : s il est évident que le lien entre les associations financées par la Ville et l Education nationale doit être encore renforcé, il n est pas sûr cependant que doive s instaurer une sorte de mélange des genres. Une excessive institutionnalisation des associations risquerait à terme de leur faire perdre leur spécificité, voire leur indépendance. Il doit donc y avoir à la fois une collaboration dont les contours se dessinent assez clairement aujourd hui et dont il sera question dans le paragraphe suivant et en même temps une nécessaire prise de distance qui seule peut permettre aux associations d exercer une vigilance qu une trop grande implication dans la vie de l école risquerait de leur faire perdre. Les associations d accompagnement scolaire ne peuvent devenir des membres de la communauté éducative à part entière car leur rôle se situe sur un autre plan. L Inspection générale tenait à souligner ce point très important qui a sans doute échappé à certaines d entre elles qui, se sentant parfois rejetées, estiment que leur reconnaissance passe par une forme d entrisme paradoxalement contreproductive. Inspection Générale de la Ville de Paris 60/102

65 La coopération avec l Education nationale Question n 21 : «Recevez-vous les bulletins scolaires? Rencontrez-vous les professeurs des écoles ou de collèges, d autres responsables?» 3% 6% Réception des bulletins scolaires 16% 2% 73% systématiquement dans la majorité des cas parfois jamais non renseigné La mise à la disposition de l association, sous une forme ou sous une autre, des bulletins scolaires, constitue l écrasante majorité des situations rencontrées (près des trois quarts des associations sont concernées). Cela ne signifie pas pour autant que les écoles adressent spontanément les bulletins aux associations. Généralement, ceux-ci transitent par les parents ou par les enfants eux-mêmes. «Les enfants sont très heureux de nous les apporter, fait ainsi observer les amis de La Maison Verte». Ils sont cependant parfois «très difficiles à obtenir» comme le fait remarquer le centre social Les Amis de la Croix Saint Simon. Quelques associations, comme les Amis de la Bienvenue, ne les demandent pas, considérant qu ils n interviennent «pas sur le scolaire». La plupart des associations insistent sur l intérêt que cela peut représenter pour elles de disposer des informations contenues dans ces documents. «Cela nous sert, explique Ierfas, de repère et de support concret pour parler avec l enfant de ses lacunes et de ses acquis». «Nous les commentons ensemble, précise l ASEFEC, pour détecter des éléments de progrès et leur redonner confiance». Certaines associations vont même plus loin et constituent pour chaque enfant, à l instar de Relais 59, «un dossier comprenant ses bulletins scolaires, une fiche de suivi à remplir par l intervenant à chaque séance et les divers travaux réalisés par l enfant dans le cadre de l accompagnement scolaire. La fiche de suivi est un outil très important qui permet un réel travail de liaison entre l école, les parents» et l association. De telles fiches sont utilisées par d autres associations (Les Enfants de la Goutte d Or et Accueil Laghouat, le centre social Danube, etc.). Inspection Générale de la Ville de Paris 61/102

66 Le contact avec les enseignants Périodicité du contact avec les chefs d'établissement ou les enseignants 2% 2% 44% 11% 5% 11% 2% 3% 14% 6% hebdomadaire mensuel trimestriel bi-annuel annuel régulier san périodicité au cas par cas rare aucun non renseigné En ce qui concerne les contacts avec l Education nationale, le nombre de questionnaires non renseignés (près de la moitié) ne permet guère de se faire une idée exacte de la situation. Le fait qu autant d associations n aient pas répondu à cette question constitue en soi un indicateur du caractère très ténu des liens qui unissent ces associations aux établissements scolaires. Certaines associations vont même jusqu à affirmer que les assistantes sociales et les éducateurs spécialisés sont leurs principaux interlocuteurs, se situant délibérément dans une logique beaucoup plus sociale, voire psychologique, que purement scolaire. Quand elles existent, les relations passent soit par les chefs d établissement (10 citations), soit par les enseignants (12 citations), soit par les conseillers principaux d éducation au niveau du collège (4 citations). Si ce contact prend généralement la forme d entretiens, il peut être aussi bien épistolaire que téléphonique (AFIF, Migrants Plaisance, ACEL La Clé des Buttes Chaumont, Les Serruriers Magiques). Il convient toutefois de noter que si plus du quart de ces associations entretiennent des relations étroites avec les chefs d établissement ou les enseignants à dates fixes (soit en début d année, soit en fin de trimestre), généralement «la rencontre ( ) se fait au coup par coup lorsque la difficulté de l enfant est grande et qu il faut un travail cohérent avec l école» (Jeunesse Saint Vincent de Paul). Cela peut aussi arriver «en cas d exclusion d élèves» (Association de culture berbère dans le 20 ème ). Ces contacts prennent aussi la forme d une médiation entre les parents et le milieu scolaire (médiation avec les familles chinoises pour l Association Pierre Ducerf notamment ou turques pour Acort et La Clairière). L association joue alors le rôle de facilitateur pour des familles qui hésitent à rencontrer les enseignants soit parce qu elles maîtrisent mal la langue, soit qu elles éprouvent une crainte de se retrouver face à une administration méconnue et donc quelque peu inquiétante. Inspection Générale de la Ville de Paris 62/102

67 Quand la relation est bien établie, le jugement que porte la communauté éducative est plutôt positif quant au rôle des associations. «Dans l ensemble, n hésite pas affirmer le responsable de Vivre Autrement, le corps enseignant est satisfait de notre action. Les enseignants constatent que les élèves qui participent à l action progressent nettement. Les jeunes sont fréquemment orientés vers notre association par les enseignants». Cette évolution favorable des relations entre associations et enseignants constitue un facteur déterminant de réussite de l action des premières et partant d amélioration des résultats des enfants. Cependant, la très grande disparité des situations devrait inciter la DASES à s interroger sur les rapports difficiles qu entretiennent certaines associations avec le milieu enseignant. Si celui-ci porte une part de responsabilité dans l absence de dialogue, certaines associations éprouvent de leur côté une méfiance à l égard de l Education nationale qui mériterait d être interrogée. Question n 22 : «Quelle est la nature du contact que vous entretenez avec les familles? Organisez-vous des réunions d information à leur intention? Avez-vous des entretiens individuels? Rencontrez-vous avec les familles des difficultés de communication et si oui quelles en sont les raisons?» Les associations considèrent en règle générale qu elles ne rencontrent pas de difficultés avec les familles. Un quart d entre elles admettent toutefois que la barrière de la langue précédemment évoquée peut constituer un obstacle à la communication mais que celui-ci s estompe quand la confiance est établie. «Les parents sont en attente de réussite de leurs enfants affirme l Ierfas. On les conseille, on les oriente, on les encourage à prendre contact avec l école. On les informe des difficultés et des progrès des enfants. Dès qu ils sont mis en confiance, ils osent s exprimer en français malgré leurs fautes». En outre, ce sont parfois les enfants eux-mêmes qui servent d interprètes. Certaines associations dispensant également des cours de français, cela permet aux familles, via leur enfant, d entrer dans une démarche d intégration. Vivre autrement profite de cette démarche pour développer auprès des parents le thème de l éducation ou de l école, sur la façon d aider son enfant à travailler et à s épanouir, d autres associations mettant l accent sur l autorité parentale. Il y a là un cercle vertueux qui mérite d être souligné. Si certaines associations déplorent comme ASEFEC, de ne voir que «rarement certains parents, les démissionnaires», d autres comme le centre social Carrefour 14 affirment au contraire que ceux-ci «répondent toujours présent quand la situation l impose ( ) Ici, la prétendue démission des parents est battue en brèche». Inversement, «les difficultés rencontrées sont plus au niveau des attentes des parents par rapport aux objectifs qu ils ont fixés pour leurs enfants, qui ne sont pas les mêmes que ceux que nous avons fixés» (centre social Archipelia). Le Secours Populaire Français regrette que les priorités des parents soient souvent très éloignées de la réussite scolaire de leurs enfants alors que l Association de culture berbère considère que bien souvent les familles «attendent des miracles de l association. Il faut leur expliquer que nous pouvons apporter un soutien à l enfant mais que si celui-ci présente des difficultés trop importantes, il ne nous est pas possible de reprendre l ensemble des bases qui lui manquent». Inspection Générale de la Ville de Paris 63/102

68 Le contact entre les associations et les parents passe par des réunions et / ou des entretiens individuels portant sur le travail de leur enfant, son comportement, sa santé, etc. La majorité privilégie les deux méthodes mais certaines associations ont renoncé aux réunions car l absentéisme est très important en raison de la timidité des parents qui préfèrent un contact plus personnel (lorsqu ils amènent ou viennent chercher leurs enfants à l association par exemple ou par téléphone). Tameratong privilégie même les visites à domicile : «Un coordinateur des familles passe au domicile des parents. En cas de difficulté, ces visites se font avec un éducateur de Feu Vert, le directeur ou un instituteur de l école». Quelques associations comme Cefia dans le 17 ème proposent aussi des rencontres avec un psychologue. Les réunions sont de nature très variée. Souvent elles se tiennent au début de l année scolaire. «Ce moment d échanges est important car il permet parfois de rendre compte du milieu familial de l enfant» (Vivre autrement). En dehors de ce temps fort, certaines associations organisent des rencontres où l accent est mis sur la participation des parents. «Ces réunions se veulent interactives, explique le responsable de Relais 59, il ne s agit pas de donner des réponses toutes faites à des interrogations, mais davantage de mettre les parents en situation pour qu ils trouvent ensemble leurs réponses ( ) Nous avons mis en place un atelier de communication leur permettant, par le jeu de rôle, d aborder des sujets qui les interrogent. Ce groupe prépare cette année une performance théâtrale». D autres associations ont mis en place des groupes de parole sur le thème du droit des enfants, de l éducation, de la transmission des valeurs, de l alimentation de l enfant, de son sommeil, de la violence, de la crise de l adolescence, de l orientation, etc. Ces réunions peuvent parfois prendre un aspect plus festif comme des repas mensuels (Espoir 18), des sorties (Accueil Laghouat dans le 18 ème ), des spectacles à l occasion de Noël ou de la fin de l année scolaire (La Clé des Buttes Chaumont), des fêtes (Vivre autrement) «auxquelles les familles sont conviées avec leurs enfants ( ) et qui sont des moments privilégiés ( ) pour entrer en contact avec les mères de famille sur un mode convivial». Toute la stratégie des associations consiste à établir un climat de confiance et à garder le contact avec les parents. Il leur arrive parfois, comme la compagnie Résonance, d être contraintes d intervenir quand surgissent des conflits entre les familles des enfants accueillis. Question n 23 : «Entretenez-vous par ailleurs des relations avec les associations de parents d élèves et quelle en est la nature? Celles-ci s impliquent-elles dans la vie de l association?» Plus de soixante-dix pour cent des associations reconnaissent n entretenir aucun lien avec les fédérations de parents d élèves (45 sur 64), considérant, comme Ierfas, qu «il est très difficile d avoir des relations». Elles ne sont guère plus d un quart (28 %) à être en contact avec elles. Il est intéressant de noter que ces liens sont inexistants dans le 18 ème arrondissement ce qui laisse penser que ces univers sont très éloignés les uns des autres : «celles-ci touchent un autre public que celui que nous rencontrons» (Accueil Goutte d Or) ; «les parents des enfants accueillis n appartiennent que rarement aux associations de parents d élèves» (Les Enfants de la Goutte d Or). Inspection Générale de la Ville de Paris 64/102

69 En réalité, à partir du moment où les parents des enfants fréquentant les séances d accompagnement scolaire ne militent pas dans les associations de parents d élèves, les associations ne recherchent pas ce contact institutionnel, considérant, comme Migrants Plaisance, que «les seules bonnes relations efficaces sont individuelles». Paradoxalement, ce sont les associations qui génèrent parfois indirectement le contact, des parents d enfants ayant recours à l association d accompagnement scolaire devenant délégués dans l établissement qu ils fréquentent (Les Enfants de la Goutte d Or). Quand les contacts existent, il ne s agit généralement pas de relations partenariales : réunion de la FCPE dans les locaux du Foyer de Grenelle, échanges lors des réunions espaces de développement local ou réseau d éducation prioritaire (Le Picoulet, Francophonie et cultures partagées), soutien commun à des familles en situation irrégulière fréquentant l association (Relais 59). Cela peut toutefois aller plus loin : traduction au profit des fédérations de parents d élèves de documents en vue de leur diffusion en direction de la communauté chinoise (Pierre Ducerf) ou turque (Acort) ; échanges d informations sur les places disponibles ; remise par une fédération de parents d élèves de dons recueillis pour la Fête de Noël au profit de La Clairière. Il y a donc incontestablement un déficit relationnel entre les fédérations de parents d élèves et les associations d accompagnement scolaire qui sont demandeuses. «Il serait intéressant et même positif, admet Avec MS, que les associations qui font le soutien scolaire entretiennent des relations avec les associations de parents d élèves. Nous ne pourrions que nous enrichir mutuellement au profit des enfants et des activités de soutien scolaire» Le recrutement des intervenants, l évaluation et la formation (Questions 24 à 27) Question n 24 : Comment et selon quels critères recrutez-vous vos intervenants? Quel type de profil et quel niveau d expérience est requis? Rencontrez-vous des problèmes de turn-over ou d absentéisme? Si 80% des associations rémunèrent un ou plusieurs (jusqu à 10) salariés (notamment les centres sociaux), toutes bénéficient de prestations assurées par des bénévoles. Un quart des associations déclare connaître un turn-over significatif (pouvant concerner près du tiers des bénévoles) et près d une association sur six (16 %) déclare «souffrir» d une réelle carence de bénévoles, accentuée pour les élèves du collège. Près de 10 % seulement des associations estiment bénéficier de bénévoles stables et ne pas rencontrer de problème majeur d absentéisme. Cette quête de bénévoles disponibles, stables, assidus concerne de façon plus ou moins forte les différentes catégories de structures, tant les centres sociaux ou les associations «politique de la Ville» que les associations de quartier conventionnées et, à plus forte raison, celles subventionnées au seul titre de l accompagnement scolaire. Même les grandes associations nationales, Secours Populaire ou Catholique, multi-sites peuvent rencontrer des difficultés ponctuelles, locales, notamment pour certaines disciplines (mathématiques, anglais) du secondaire. Inspection Générale de la Ville de Paris 65/102

70 Pour trouver et recruter des bénévoles, un cinquième des associations fait appel au réseau associatif, aux Equipes de Développement Local de la D.P.V.I., au Centre du Volontariat ou Espace Bénévolat. La plupart compte sur ses propres membres pour trouver de nouvelles recrues correspondant aux besoins. La moitié des associations bénéficie de bénévoles de niveau de formation égal ou supérieur à «Bac plus deux» (étudiants, anciens enseignants, psychologues, ingénieurs). L autre moitié de ces équipes n exige pas de niveau scolaire de la part des bénévoles ou demande la simple maîtrise du français et recherche plutôt une disponibilité durable, tout au long de l année, ainsi que l envie de s impliquer. Près d un tiers des associations privilégie les qualités humaines, l adaptabilité, la capacité d écouter, de respecter et d aider les enfants. Une association sur six, notamment des centres sociaux, insiste sur la nécessaire adhésion aux orientations et à l éthique du projet d accompagnement scolaire. Plus du quart des associations déclare avoir recours aux retraités, éventuellement appréciés pour leur fiabilité et stabilité, à la différence des étudiants lors des périodes d examens. Question n 25 : Pouvez-vous faire bénéficier vos intervenants de formation en interne, en externe? Recevez-vous des aides correspondantes? Près de la moitié (45 %) des équipes effectuent des actions de formation en interne (dispensée par des collègues plus anciens et plus expérimentés) au bénéfice de ses membres. Plus des deux tiers, près de 70 %, des associations bénéficient de programmes de formation, parfois réservés aux coordonnateurs ou responsables de l accompagnement scolaire, dispensés en externe par le biais de différentes structures : Fédération des Centres Sociaux, Equipes de Développement Local de la D.P.V.I., plateforme d aide à la scolarité, Fédération des Associations Culturelles Educatives et de Loisirs Seule une minorité (6 %) de ces équipes, toutes signataires de la Charte de l accompagnement à la scolarité, déclare avoir reçu une formation émanant du Centre Académique de Ressources pour l Education Prioritaire (CAREP). Près d un tiers de ces 70 associations soutenues par la DASES ne semble pas bénéficier d actions de formation externes, ni ne percevoir d aides correspondantes ; il s agit d associations plutôt isolées, ne bénéficiant pas de réseau, comparable à celui des projets de «Politique de la Ville», ces quartiers concernant 60 % de l ensemble d entre elles. Une documentation relative à ces fonctions se trouve reproduite en annexe 5. Une grande part de ces équipes semble souhaiter suivre des stages de formation, notamment en raison de confrontations parfois difficiles avec des enfants (connaissant des situations familiales complexes) aux comportements agités et perturbateurs. Inspection Générale de la Ville de Paris 66/102

71 Cependant, les responsables ou coordonnateurs reconnaissent que les bénévoles ne sont pas toujours suffisamment disponibles, ni disposés à recevoir des stages dispensés en externe. La formation en interne et sur place correspondrait mieux aux attentes des bénévoles. Question n 26 : Bénéficiez-vous de traducteurs/interprètes ou de bénévoles parlant les langues étrangères? Lesquelles? Plus d un tiers (38 %) des associations ne bénéficie pas de traducteurs mais n en ressent pas pour autant un quelconque manque. Un centre social précise développer un partenariat avec une association de «Femmes relais» qui assure des permanences régulières sur place. Une petite moitié (44 %) des associations dispose de bénévoles pratiquant les langues européennes, alors qu un quart (27 %) des équipes comprend des membres parlant l arabe ou le kabyle et seule une sur sept (14 %) bénéficie de bénévoles maîtrisant des langues d Asie ou d Afrique. L association «Pierre Ducerf» compte ainsi un tiers de ses membres qui pratiquent le mandarin. La langue ne constitue manifestement pas un handicap, même si elle peut représenter un atout pédagogique supplémentaire, à l exception de minorités concernant des communautés au sein desquelles les parents peuvent ne pas bien parler le français, comme certaines associations asiatiques ou africaines. Question n 27 : Utilisez-vous des outils d auto-évaluation pour mesurer l efficacité de vos méthodes? Si tel est le cas, pouvez-vous les décrire brièvement et fournir les résultats obtenus au cours des trois dernières années? Un tiers des associations ne dispose encore d aucun outil d évaluation de leur prestation et commence éventuellement cette année à élaborer ou à mettre en place des indicateurs de suivi. Un dixième estime que le nombre d inscriptions, la régularité des présents, la fidélisation des enfants sont des preuves de leur utilité ainsi que de leur efficacité. Près de la moitié (47 %) des équipes prennent en considération les résultats scolaires, le passage en classe supérieure, les notes des bulletins trimestriels et estiment que l évolution du comportement de l enfant constitue un indicateur essentiel de leur activité. Non seulement la capacité à être attentif et à rester concentrer (notamment en classe), mais également l intérêt ou l ouverture d esprit, la simple réconciliation avec les apprentissages représentent des éléments d appréciation de l efficacité du travail patiemment mené au fil des semaines. Plus d un cinquième de ces structures organise des réunions régulières (mensuelles ou plutôt trimestrielles) réunissant les encadrants/coordonnateur, les bénévoles et éventuellement les parents. Une association sur sept (14 %) pratique une auto-évaluation effectuée par les enfants, les parents, les bénévoles, par le biais d un questionnaire sur les progrès accomplis ou objectifs à atteindre. Pour certains il s agit d une pratique toute récente «nous mettons des outils d autoévaluation en place cette année» (le Paris des Faubourgs). Inspection Générale de la Ville de Paris 67/102

72 Une minorité (11 %) de ces équipes établissent un véritable dossier ou carnet individuel de suivi personnalisé, comprenant tous les bulletins ainsi que les fiches d évaluation remplies à chaque séance, accompagné d un éventuel travail de questionnement auprès des parents, des enfants, voire des assistantes sociales. Seules 5% des associations peuvent obtenir des fiches de liaison remplies par les professeurs des écoles sur les évolutions constatées, progrès ou insuffisances. La Fédération des Associations Culturelles Educatives et de Loisirs a établi une grille d évaluation (jointe en annexe) qui pourrait sans doute intéresser d autres associations Les relations avec la DASES et la Ville (Questions 28 à 31) Question n 28 : Le dialogue avec la Ville de Paris, l estimez-vous satisfaisant ou insuffisant? Le dialogue avec la Ville de Paris, l'estimez-vous satisfaisant ou insuffisant? 11% 20% 69% satisfaisant insuffisant non renseigné Plus des deux tiers des associations estiment le dialogue «satisfaisant», contre environ 20 % qui le trouvent insuffisant. Il faut noter, parmi les autres associations (11 %) qui n ont pas répondu à cette question, que certaines ont estimé, à travers d autres réponses, «qu il n y avait pas de dialogue ou qu il était limité». Parmi les associations satisfaites des relations avec la Ville et la DASES, figurent notamment la plupart des centres sociaux et des associations «Politique de la Ville». Néanmoins, quelques-uns de ces partenaires et interlocuteurs privilégiés souhaiteraient un dialogue plus soutenu. Bien que la question portait sur les services administratifs centraux, deux associations ont fait part de leur sentiment vis-à-vis des élus d arrondissement. Alors qu une association regrette que ces élus ne s intéressent pas suffisamment à l accompagnement à la scolarité, une autre, en revanche, se félicite de l intérêt qu a pu leur manifester une adjointe au Maire de son arrondissement, notamment par sa visite et son soutien. Inspection Générale de la Ville de Paris 68/102

73 Question n 29 : Comment avez-vous été choisis par la DASES pour intervenir dans le domaine du soutien scolaire? La majorité (52 %) de ces équipes est implantée depuis plusieurs années sur le quartier (éventuellement à la suite de la reprise d une association disparue), et leur activité, notamment d accompagnement à la scolarité qui correspond à une grande attente des familles en situation précaire, a été de plus en plus connue. Elles ont été amenées et encouragées, en particulier par les travailleurs sociaux de l arrondissement, à répondre à la procédure des appels à projets de la DASES et à demander à être soutenue financièrement. Une petite moitié (42 %) des associations est déjà connue et reconnue, bénéficiant du soutien de la Ville pour d autres activités, telles que celles en direction des familles, de la parentalité et du programme «Ville Vie Vacances» ou sont aussi aidées par la Caisse d Allocations Familiales. Il s agit en particulier de centres sociaux et d équipes des quartiers «Politique de la Ville». Une minorité de ces structures (8 %) déclare ne pas savoir comment, ni pourquoi, elles ont enfin été retenues et pu bénéficier du soutien de la DASES. Question n 30 : Quels liens entretenez-vous avec le Bureau des Activités de Prévention pour la Jeunesse? Ceux-ci vous paraissent-ils satisfaisants? Comment percevez-vous ses attentes? Vous paraissent-elles réalistes? Une petite moitié (46 %) des associations est manifestement satisfaite des liens entretenus avec le B.A.P.J., qu elle estime réguliers et précieux (réunions mensuelles thématiques avec les centres sociaux), fructueux et enrichissants (échanges sur les projets pour certaines associations des quartiers «Politique de la Ville»). Les relations semblent en général estimées de bonne qualité même si cette appréciation positive peut être éventuellement nuancée par des rapports jugés fonctionnels et ponctuels. Il peut être considéré qu il manque des échanges et réflexions précisément sur l accompagnement à la scolarité. Une autre moitié (49 %) considère ne pas avoir assez, voire jamais, de contacts directs avec le B.A.P.J., en dehors de la procédure à suivre dans le cadre du dossier/bilan annuel nécessaire pour bénéficier d une aide financière. Cette partie des associations regrette ce type de relation exclusivement administrative où le courrier est le seul mode de communication et estime que ces liens sont inexistants, ou alors qu il serait hautement souhaitable qu ils soient resserrés et plus fréquents. Les dernières associations (5 %) n ont pas souhaité répondre à cette question ou ne connaissent pas le nom du B.A.P.J., ce qui tendrait à les ajouter aux équipes insatisfaites des liens entretenus ou peut-être ont-elles estimé avoir déjà fait part de leur sentiment dans la question 28. Inspection Générale de la Ville de Paris 69/102

74 Parallèlement, la plupart (plus de quatre sur cinq) des associations n a pas répondu à la question portant sur «les attentes du B.A.P.J.». Près d une sur dix les juge réalistes, même si celles-ci doivent être modulées selon la réalité du terrain. Une minorité, (6 %), des associations considère que ces attentes, en décalage avec la réalité socio-économique et les besoins spécifiques de la jeunesse des arrondissements, ne sont pas réalisables faute de moyens humains salariés. Certaines missions jugées trop sociales ne peuvent être remplies par des bénévoles qui ne sont pas des professionnels compétents formés comme peuvent l être les travailleurs sociaux. Le sentiment exprimé par ces rares associations sur ce sujet témoigne des difficultés rencontrées par certaines d entre elles pour effectuer de façon satisfaisante leur mission éducative. Question n 31 : Seriez-vous intéressé par une journée du soutien scolaire qui pourrait être organisée par la Ville et proposée par la Ville? Seriez-vous intéressé par une journée du soutien scolaire qui pourrait être organisée par la Ville et proposée par la Ville? 25% 20% 55% oui d'accord oui, tout à fait d'accord oui, sous réserve Aucune association n est opposée à cette proposition. La quasi-totalité de ces équipes est favorable et exprime son accord (55 %), voire son enthousiasme (20%), à pouvoir échanger sur les pratiques quotidiennes, les expériences originales, la formation nécessaire, les démarches d évaluation et sur la complémentarité avec l Education nationale. «Pour y exprimer en particulier nos besoins formation relations avec l Education Nationale, etc (Migrants Plaisance). «Cette journée [doit être] une véritable réflexion qui donne des pistes qui éclaire l ensemble des acteurs sur ce que pourrait contenir une séance d accompagnement à la scolarité pour un apprentissage ludique qui contourne la difficulté scolaire» (Compagnie Résonances). Il est constaté une forte attente sur un état des lieux des besoins et des réponses apportées, sur un diagnostic porté sur l accompagnement à la scolarité. Une association propose même l organisation de deux journées annuelles, au premier et au troisième trimestres! Inspection Générale de la Ville de Paris 70/102

75 Cependant, un quart des associations exprime des réserves ou plutôt des conditions sur l organisation et le contenu de cette journée. Des équipes soulignant la disponibilité relativement réduite des bénévoles, souhaitent la participation de l Académie, de la DASCO ainsi que de la Caisse d Allocations Familiales afin que cette journée donne réellement lieu à des rencontres et ateliers productifs et concrets «à condition qu elle soit concrète» (Animômes de Beaugrenelle). D autres structures, redoutant sans doute un grand «congrès» relevant plus de la communication que de la réflexion et du travail sur le fonctionnement et les possibilités d évolution de l accompagnement à la scolarité, s interrogent sur les objectifs d une telle manifestation. Différentes équipes suggèrent que ce type de rencontre soit éventuellement organisé au niveau d un secteur de Paris ou d un arrondissement voire d un quartier, avec les acteurs directs tels que les responsables des établissements scolaires. D autres associations considèrent qu il serait souhaitable de distinguer l accompagnement à la scolarité en faveur du primaire, d une part et du secondaire, d autre part. Il est également souhaité que des thématiques soient définies au préalable, afin que cette manifestation ne se réduise pas à un simple tour de table de présentation par chaque association des difficultés rencontrées. Il conviendrait que les équipes puissent en tirer profit et que de nouvelles perspectives de fonctionnement et de coopération soient ouvertes entre les différents partenaires. Incontestablement, cette journée est vivement souhaitée et, compte tenu des attentes fortes, la Ville devrait sans doute avoir le souci d associer à son organisation, les différentes parties prenantes. Question n 32 : Quel message souhaiteriez-vous ici nous transmettre dans le cadre de cet audit sur les activités de soutien scolaire? Les relations avec la Ville Des associations soulignent que cette démarche d audit de l Inspection est la première de ce type et apprécient d être ainsi sollicitées directement (Animômes de Beaugrenelle, Espace 16). Certaines de ces équipes regrettent que la Ville n effectue pas plus de visite sur place durant leurs activités et d une façon générale, que la collectivité parisienne ne les soutienne pas davantage, face aux difficultés de fonctionnement ou d évaluation et d éventuelle évolution (CECCOF). Une association appelle de ses vœux l existence d un grand service de la collectivité parisienne chargé de l accompagnement à la scolarité doté de budget et moyens humains/matériels (Avec MS). Ces structures souhaitent un véritable réseau de l accompagnement à la scolarité, à travers lequel elles pourraient échanger et partager avec les différents partenaires (C.S. Cerise, AFIF). Tout resserrement des liens serait particulièrement apprécié (C.S. La Clairière). Les actions de formation et aussi d information ne semblent pas suffisantes. Inspection Générale de la Ville de Paris 71/102

76 Les difficultés humaines et matérielles La difficulté de drainer suffisamment de bénévoles disponibles et fiables, notamment pour le secondaire, constitue un des messages transmis (C.S. Relais 59, C.S. Espace 19). La mise à disposition de personnels d enseignement, d étudiants salariés est suggérée pour combler ce manque récurrent de bénévoles (C.S. Crescendo, ASACQ, C est trop bien, RETIF). L octroi de subventions plus importantes et accordées pour une période plus longue est parfois demandée, afin de les aider à pouvoir éventuellement rémunérer quelques jeunes (lycéens ou étudiants) dans le cadre d un tutorat ou à disposer de locaux et matériels notamment informatiques plus adaptés à leurs besoins (Afrique Conseil, Ierfas, ASACQ). Une association déplore la réduction des subventions de l Etat (FASILD), en faveur de cet espace pour enfants des milieux populaires, et la précarité de plusieurs d entre elles, qui en découle, reflétant la précarité sociale (Serruriers magiques, AIRAPE). Les postes informatiques, que la Ville n utiliserait plus et qu elle céderait gratuitement, seraient évidemment appréciés par un grand nombre d associations qui en manquent notablement. A cet égard, la note récente de la Direction des Affaires Juridiques (en date du 20/06/06) relative au Code général de la propriété des personnes publiques et en particulier aux dispositions propres aux meubles du domaine privé, ouvre des perspectives intéressantes de possibilités de cession aux associations de soutien scolaire. Les relations avec les interlocuteurs scolaires L amélioration des rapports avec les écoles, dans le cadre de la définition d un véritable partenariat, constitue encore un des souhaits souvent exprimé (Les enfants de la Goutte d Or, C.S. Danube). Plusieurs associations attendent qu un travail de collaboration et de concertation soit mis en œuvre afin d aboutir à une systématisation et une officialisation d entretiens et de fiches de liaisons avec les professeurs des écoles sur les enfants suivis (C.S. Torcy, Foyer de Grenelle, Relais 59, La Clairière, Espace 19, Pierre Ducerf). De même, toute action tendant à favoriser les relations et le dialogue, entre les différentes structures œuvrant contre l échec scolaire (RASED, CAPP, assistantes sociales scolaires, psychologues, éventuellement les associations de parents d élèves ), dans le souci de permettre une écoute et compréhension des enfants, correspond à des attentes largement partagées (Vivre autrement, Les Amis de la Bienvenue, Compagnie Résonnances). De nombreux enfants viennent de familles monoparentales ou reconstituées et ont besoin de repères, notamment paternels. Ils sont dans la recherche d identité, de cadre, de limite, de confrontation et parlent rarement de leurs difficultés, à l origine de blocages au niveau corporel ou psychologique et de frustration qui se transforme vite en violence (Entr aide et Compagnie Résonnances). Une partie de ces équipes joue un rôle de médiateur entre les parents et l école et favorise le lien en sensibilisant les familles afin que les parents s investissent dans le suivi scolaire de leurs enfants (Association Culture Berbère, Maison du Quartier ROC, Les enfants de la Goutte d Or). Inspection Générale de la Ville de Paris 72/102

77 Certaines associations considèrent qu il conviendrait d intégrer des heures de soutien scolaire durant les heures de classe afin de ne pas trop allonger les journées des enfants (Espace 16). D autres équipes demandent que des ateliers spécifiques soient proposés aux jeunes ne maîtrisant pas la langue française (Pierre Ducerf). Une de ces structures estime que des actions de courts séjours contribuent le mieux aux ambitions tant de promotion sociale et culturelle que d intégration (Accueil Laghouat). La dimension sociale Ces structures insistent sur la prise en compte des publics issus de l immigration, sachant que la plupart des enfants sont d origines immigrés, et sur la nécessité de favoriser les rencontres d enfants et de mères de différentes cultures afin d apaiser les éventuelles tensions (Asefec, Compagnie Résonnances). Il importe de promouvoir la francophonie par des activités culturelles, d ouverture sur d autres savoirs (Francophonie et Cultures partagées). La plupart des associations témoignent de l importance de leur activité d accompagnement à la scolarité, qu il convient de pérenniser, auprès de familles parfois désespérées n ayant pas les moyens matériels, ni humains, en faveur de ces enfants en difficulté ou en échec scolaire (Secours Catholique, Andromed, Les enfants de la Goutte d Or). Ces équipes insistent sur cette nécessité de conserver et de développer leur mission de tiers éducatif, d espace social éducatif aidant l élève à reprendre confiance et estime de soi, afin d accroître son autonomie et son intérêt pour les apprentissages (Plus loin). Il ne s agit pas d heures supplémentaires d école, ni de reproduire les logiques de l école après l école (Migrants Plaisance, Relais Ménilmontant). Il est important de prendre le temps d écouter, de valoriser et de motiver les enfants, souvent en demande d accompagnement quasi-individuel et s attachant à la moindre attention apportée, afin de pouvoir apprendre dans une relation privilégiée de confiance sans être dans l urgence et sous pression (Ierfas, Acel). Toutes ces associations, et notamment les centres sociaux, sont convaincues que l accompagnement à la scolarité dépasse les questions scolaires stricto sensu (C.S. Torcy). Cette prestation, faite autant de chaleur que de compétences, bénéficie tant aux enfants qu aux parents et plus largement aux adultes du quartier : elle participe au développement de la citoyenneté du quartier et apporte un minimum de formation à la vie en société, en assurant le lien avec d autres activités associatives de loisirs, d aide à la parentalité, de prévention de la délinquance juvénile, de socialisation et d intégration (ASFI, Quartier Saint-Bernard, Migrants Plaisance). Quelques-unes de ces structures proposent également pendant les vacances divers ateliers (slam, expression corporelle, diction, écriture) qui représentent une alternance pour permettre à des enfants en voie de déscolarisation de ne pas décrocher. Ces pratiques artistiques et ludiques constituent un outil éducatif offrant non seulement un cadre qui détourne de la rue mais aussi une ouverture sur le monde et une découverte de soi avec une sensibilité rendant l apprentissage possible (Espace 18). Inspection Générale de la Ville de Paris 73/102

78 Les nouvelles préoccupations Différentes associations insistent sur l importance de poursuivre l accompagnement scolaire en classes de quatrième et de troisième ainsi qu au lycée, pour lequel on manque de structures adaptées. De même, il est demandé d accentuer les efforts sur l orientation, trop de jeunes étant orientés sur des formations de type CAP / BEP, sans avoir choisi ces filières (C.S. Solidarité Roquette, AEPCR, Espoir 18). Enfin, quelques associations souhaiteraient que les procédures administratives des co-financeurs soient identiques, notamment le dossier de demande de subvention (ainsi que le calendrier), comprenant éventuellement les mêmes critères d évaluation. La possibilité de remplir ces démarches par la voie informatique est demandée (Espace 16). Inspection Générale de la Ville de Paris 74/102

79 3. LES RENCONTRES AVEC DES RESPONSABLES ASSOCIATIFS Pour approfondir l analyse du questionnaire et mieux apprécier le fonctionnement réel des associations de différents types exerçant une activité dans le domaine de l accompagnement scolaire, les rapporteurs ont estimé indispensable de mener une enquête sur le terrain auprès de quelques-unes d entre elles. Cette approche in vivo a permis de faire ressortir un certain nombre d éléments que les réponses au questionnaire n avaient parfois qu effleurés. Le dialogue confiant qui s est instauré avec les responsables de ces structures a conforté en outre l Inspection générale dans son appréciation positive globale, en dépit des quelques réserves formulées ça et là, de ce dispositif financé par la Ville de Paris. L implication et le dynamisme des personnes rencontrées, le sérieux de leurs analyses, le professionnalisme de leur action, constituent, dans des contextes quelquefois difficiles, autant d atouts qu il convient de continuer à mobiliser au service des jeunes Parisiens et d en encourager le développement Un choix d associations Le choix de l Inspection générale s est porté sur sept structures qui, si elles ne constituent pas un véritable échantillon, n en présentent pas moins un intérêt évident tant en terme de localisation géographique que de taille ou de mode organisationnel. Il s agit : - des deux grandes associations caritatives, Secours Catholique et Secours Populaire, qui fonctionnent en réseau et disposent de plusieurs implantations sur le territoire parisien ; - du centre social Relais 59 implanté dans le 12 ème arrondissement dans une zone non concernée par la politique de la ville ; - de l association de quartier AIRAPE, qui intervient dans le 13 ème arrondissement en zone politique de la ville ; - de l association Espace 16 située dans le 17 ème arrondissement dans un quartier plutôt favorisé mais où habitent cependant des familles rencontrant des difficultés sociales importantes ; - de l association Plus Loin localisée dans le 20 ème arrondissement dans une zone politique de la ville et qui travaille en étroite liaison avec un centre social et d autres associations ; - de l association AVEC-MS, également implantée dans le 20 ème arrondissement, et qui est en train d ouvrir un deuxième site dans le 19 ème arrondissement Le Secours Catholique Le Secours Catholique, fondé en 1946, est divisé territorialement en délégations. Celle de Paris comprend quatre antennes territoriales et cinquante lieux d accueil qui regroupent 46 permanents et 1400 bénévoles dont 300 pour l accompagnement scolaire. Cette activité est, après l aide aux personnes sans domicile fixe, l action la plus importante de l association. Inspection Générale de la Ville de Paris 75/102

80 Chaque antenne dispose d un référent spécialement chargé d organiser cette action sur le terrain. A côté de l accompagnement scolaire stricto sensu, le Secours Catholique organise également des ateliers dans des domaines tels que les arts plastiques ou l informatique. Cet accompagnement, généralement gratuit (une participation de 5 à 14 étant cependant demandée à ceux qui le peuvent), se déroule de préférence au domicile de la famille mais lorsque le logement ne s y prête pas, les bénévoles exercent leur mission dans les locaux du Secours Catholique (voire dans des paroisses proches). Chaque bénévole s occupe d un enfant pendant une heure, une fois par semaine. Les niveaux vont du CE1 (le CP étant jugé trop technique) à la seconde et les matières concernées sont essentiellement le français, l anglais et les mathématiques. Dans certains arrondissements, comme le 13 ème, le nombre d enfants suivis peut être relativement important (37 avec 17 bénévoles), alors que dans d autres il ne dépasse guère 5 ou 6 cas (des 12 ème et 14 ème arrondissements dans l antenne sud-est). Comme il existe une très forte demande qui s exprime dès avant la rentrée scolaire, ne sont accueillis que les enfants présentant les plus grandes difficultés. L association ouvre un dossier pour chaque enfant où figure le plus de renseignements possible. Les bénévoles envoient chaque trimestre une fiche d accompagnement scolaire aux familles. L association s efforce de ne pas se cantonner dans l aide aux devoirs et elle met l accent sur l apprentissage de méthodes de travail. Elle cherche surtout à disposer d une vision la plus large possible des difficultés de l enfant. Cela passe par de fréquents contacts avec la famille. Lorsque le contact est établi (par le bouche à oreille ou par l intermédiaire des assistantes sociales scolaires), des bénévoles différents rencontrent séparément l enfant et la famille de manière à croiser les regards. Il arrive aussi que les familles prennent contact pour l un de leurs enfants et que l on découvre que les frères et sœurs ont également besoin d un accompagnement scolaire Le Secours Populaire Le Secours Populaire a été crée en 1945 et la fédération de Paris en Celle-ci est actuellement implantée sur neuf sites dans la capitale, cinq dans des écoles (au seul bénéfice des élèves qui y sont scolarisés) et quatre dans des locaux associatifs dont deux accueillent aussi des élèves du secondaire (soit dans leurs propres locaux, soit dans des locaux collectifs résidentiels) répartis dans cinq arrondissements : 11 ème, 12 ème, 15 ème, 18 ème et 19 ème. Deux de ces sites sont équipés en informatique. Il convient de noter que les relations avec les familles sont moins faciles pour l accompagnement scolaire réalisé dans les locaux scolaires que dans les locaux associatifs. En revanche, les rapports avec les professeurs des écoles s en trouvent facilités, notamment pendant les récréations des études surveillées du soir. Il faudrait, selon les responsables de l association, ouvrir de nouveaux sites notamment dans les 10 ème, 13 ème et 20 ème arrondissements où le maillage associatif est insuffisant face à une très forte demande et où il est difficile de trouver des locaux adaptés, gratuits ou très bon marché. Les demandes auprès des mairies d arrondissement Inspection Générale de la Ville de Paris 76/102

81 concernées n ont jusqu à présent pas pu aboutir et les permanents manquent du temps nécessaire pour effectuer les recherches. L ambition du Secours Populaire serait d avoir un centre dans chaque arrondissement. Une centaine de bénévoles participent à l accompagnement scolaire et le renouvellement est important chaque année. Le Secours Populaire recrute beaucoup de jeunes étudiants en évitant de les concentrer sur les mêmes sites à cause des périodes d examens qui les rendent indisponibles. Il y a en revanche peu d enseignants, mais des ingénieurs ou des informaticiens qui interviennent le samedi (pour les secondaires) mais sont rarement disponibles avant 19 h 30 en semaine. Pour les enfants du secondaire, les bénévoles doivent avoir une spécialité. Chaque bénévole s occupe de deux enfants au plus en primaire et ce sont les mêmes pendant toute l année. Il s agit donc d un accompagnement individualisé, avec des séances d une heure par semaine, parfois deux, même s il a souvent lieu dans une salle collective en présence d autres bénévoles travaillant avec d autres enfants. Ce sont les assistantes sociales scolaires ou les parents qui adressent les enfants quand l accompagnement scolaire se déroule dans un local associatif. Dans les écoles, ce sont les enseignants qui désignent les élèves qui pourraient tirer profit du soutien scolaire. Un premier contact est systématiquement pris avec l enseignant dès l inscription, puis les bénévoles essaient d avoir des rencontres de façon régulière Le centre social Relais 59 Créé en 1980 et situé rue Hector Malot, dans le 12 ème arrondissement, le Relais 59 est un centre social qui reçoit et suit une soixantaine d enfants, du primaire à la 5 ème. L accompagnement scolaire n est pas une action isolée mais il s inscrit dans une démarche plus générale en direction des parents (en matière d alphabétisation par exemple). Les enfants sont accueillis deux fois par semaine, en petit groupe, un moment de détente étant organisé en fin de séance avec des jeux. Le centre préfère cette formule à celle de l accueil individuel et du «tête à tête». Cette dernière solution n est pratiquée que dans des cas particuliers où l enfant pose des problèmes de comportement ou se trouve complètement déconnecté sur le plan scolaire. Par ailleurs, le centre organise des ateliers périscolaires qui sont obligatoires dès qu on veut bénéficier de l accompagnement scolaire. Les ateliers «projet» ont ainsi proposé trois thèmes en 2005/2006 (droits de l enfant, identité, environnement). L enfant choisit et travaille tout au long de l année à un projet (charte de protection de la nature, travail photographique sur l identité avec les familles, etc.) destiné à l intégrer dans une démarche de citoyenneté au moyen d une réalisation concrète. Il existe aussi un atelier lecture. L objectif du Relais 59 est donc de responsabiliser les enfants en refusant de considérer les devoirs comme une priorité. Il s agit avant tout de combler les lacunes et de revoir les notions non acquises. Mais comme les familles et les enfants sont en attente sur les devoirs, il faut donc bien aussi les aider sur ce plan. Inspection Générale de la Ville de Paris 77/102

82 Chaque enfant dispose d un dossier personnel comprenant une fiche de suivi par séance et une copie des bulletins scolaires. Il en résulte un suivi très sérieux dont atteste le bilan d activité du centre, où la situation de chaque enfant est passée en revue, avec un rappel du contexte familial. Le Relais 59 a un souci de mixité sociale, même s il ne s adresse évidemment pas aux enfants de milieux aisés ou qui obtiennent de bons résultats scolaires. Sa responsable considère qu il est souhaitable d avoir aussi dans les groupes, au moins ponctuellement, quelques enfants qui réussissent bien car cela entraîne les autres. Une attention particulière est portée aux enfants qui passent en 6 ème. Le Relais 59 a monté dans cette perspective des ateliers de lecture et d anglais (ce dernier provisoirement arrêté cependant), en complément de l accompagnement scolaire. Pour les collégiens de 5 ème il n y a pas d obligation de présence. Ils viennent s ils en éprouvent le besoin. Le centre considère en effet qu ils sont à un âge où il faut leur faire comprendre qu ils ne seront pas éternellement «assistés». Certains cas difficiles peuvent être rattrapés par des sorties (théâtre, musées) auxquelles s associent aussi les 4 ème et les 3 ème. Le Relais 59, pour expliquer sa démarche (l accompagnement scolaire n est pas exclusivement de l aide aux devoirs), va entreprendre en 2006/2007 une campagne d explication auprès des parents. En début d année un test de niveau sera organisé pour vérifier les notions de base. L enfant montrera ses devoirs, recevra des indications de méthode, mais devra les faire à la maison L association de quartier AIRAPE AIRAPE, fondée en 1990 par sa directrice actuelle, est une association dont les objectifs étaient très larges au départ : alphabétisation (activité abandonnée depuis), crèche, aide à la parentalité, accompagnement scolaire, loisirs. Les activités d accompagnement scolaire concernent aujourd hui 106 enfants du cours préparatoire à la terminale issus à 80 % de l immigration. La plupart des bénévoles travaillent depuis longtemps pour l association mais celle-ci éprouve des difficultés pour en recruter de nouveaux. La conception de l accompagnement scolaire de cette association va au-delà du simple soutien scolaire. Pour sa directrice, psychologue de formation, il faut revenir sur les bases des connaissances, vérifier les acquis et ne pas se limiter à l aide aux devoirs. AIRAPE s inscrit ainsi dans un contexte d éveil culturel, d aide à la citoyenneté et de guidance parentale. L accompagnement scolaire comporte deux temps : - Les activités scolaires proprement dites organisées sous forme d un travail collectif regroupant quatre ou cinq enfants avec un adulte. Les intervenants peuvent parfois, mais pour une courte durée, s occuper d un enfant seul. - Les ateliers qui peuvent concerner par exemple les soins corporels (pour les petits), les maladies sexuellement transmissibles (pour les plus grands), l orientation, la lecture, etc. Inspection Générale de la Ville de Paris 78/102

83 Cette volonté d approche globale s exprime dans un contrat signé par les parents et l enfant. L association travaille à convaincre les premiers de l importance du ludique qui permet aux seconds de mieux intégrer le domaine scolaire. Par ailleurs, une rencontre avec le corps enseignant est organisée en décembre/janvier, suivie d une autre, pour évaluation de l évolution, deux ou trois mois plus tard. Des sorties culturelles (au Futuroscope par exemple) ou sportives sont organisées au rythme d une par mois mais l association rencontre parfois des difficultés pour les financer. En outre, l association a mis en place un conseil d enfants qui travaille sur l éducation à la citoyenneté. Contrairement aux autres associations, AIRAPE pratique des tarifs qui peuvent être élevés (jusqu à 150 par trimestre) mais dans la réalité cela concerne peu de familles, la plupart se trouvant dans les tranches basses (en référence au quotient familial) L association Espace 16 Créée en 1979, Espace 16 est une association implantée dans le 17 ème arrondissement principalement tournée vers l alphabétisation puisqu elle compte actuellement 370 personnes qui en bénéficient alors qu il n y a que 34 enfants qui sont accompagnés sur le plan scolaire. Par ailleurs, cette structure reçoit également des personnes isolées et organise des ateliers culturels (peinture, danse, etc.), pratiques (broderie, couture, informatique, etc.) et ludiques (bridge, échecs et scrabble). Au total, Espace 16 regroupe 870 adhérents encadrés par 180 bénévoles. Les enfants qui sont accompagnés par l association lui sont envoyés par les assistantes sociales scolaires qui jouent un rôle essentiel. Quand ce n est pas le cas, Espace 16 prend contact avec l école ou le collège dans lequel l enfant est scolarisé (quatre écoles primaires et quatre collèges dont un Pasteur est situé à Neuilly-sur-Seine). Les enfants accompagnés sur le plan scolaire qui vont du cours préparatoire à la troisième se répartissent de la manière suivante : 21 en primaire et 13 en collège. Quelques-uns sont en attente, la priorité étant accordée aux enfants ayant de véritables difficultés puisque l association se refuse à accompagner des enfants dans une optique de simple confort. Les familles dirigées vers l association mais qui sont originaires du nord de l arrondissement sont invitées à se rapprocher des associations de leur quartier qui sont beaucoup plus nombreuses. En outre, l association refuse de prendre en charge des enfants ayant des problèmes comportementaux, et le regrette mais ne dispose pas des moyens humains nécessaires. L accent est mis en priorité sur les mathématiques et l anglais en collège et le français à tous les niveaux, matière dans laquelle de graves lacunes sont décelées continuellement. Espace 16 s évertue en outre à faire porter son effort sur les classes charnières (CP, CM2, 6 ème et 3 ème ). Environ les trois-quarts des bénévoles sont des retraités, certains de l Education nationale. Mais il y a aussi des étudiants et même des demandeurs d emplois. L association exerce un contrôle rigoureux sur la compétence et le profil des intervenants. Inspection Générale de la Ville de Paris 79/102

84 En règle générale, les enfants bénéficient d une heure de cours individuel par semaine, même si quelques bénévoles vont au-delà (jusqu à trois) si le besoin s en fait sentir. Ce sont les intervenants qui ont plébiscité cette option au détriment des cours collectifs qui est en général la règle pour les autres associations étudiées dans cette troisième partie. Certains suivent néanmoins deux élèves en même temps en anglais mais pendant deux heures consécutives. Les cours ont lieu entre 17 et 18 heures, exclusivement en semaine et en dehors des vacances scolaires. Il existe, là encore, quelques exceptions puisque certains intervenants organisent des sorties. Espace 16 est favorable à leur généralisation mais cela pose un problème d organisation. Bien qu implantée dans le 17 ème sud réputé favorisé, l association a concentré son action en direction des publics les plus en difficulté, notamment des enfants de personnes sans papiers mais scolarisés dans l arrondissement. Ses responsables insistent particulièrement sur ce point : il existe aussi des familles en situation de grande précarité dans les quartiers les plus aisés dont il convient de s occuper. Espace 16 entretient des relations avec d autres associations exerçant la même activité. Cela lui a permis d apprendre que certaines d entre elles avaient mis sur pied des parrainages d enfants accompagnés sur le plan scolaire par des lycéens, idée particulièrement séduisante aux yeux de ses dirigeants. De même, des associations organisent des rencontres entre familles, enseignants et bénévoles. Espace 16 a essayé de programmer un goûter mais le choix de l heure s est avéré un obstacle. L expérience sera retentée probablement entre midi et deux heures. L association est très sensibilisée aux questions de responsabilité. Elle fait en sorte que les parents signent des autorisations de sortie pour les enfants qu elle accompagne. En effet, ceux-ci sortant à 18 H 00 peuvent être potentiellement exposés à des risques pendant le trajet de retour de l association à leur domicile. Enfin, il est important de souligner, le fait que des enfants soient accompagnés sur le plan scolaire par l association, incite parfois leurs parents à suivre de leur côté les cours d alphabétisation qu elle dispense. Il y a donc une interrelation entre ces deux activités exercées par Espace L association Plus Loin L association Plus Loin, implantée dans le 20 ème arrondissement, a été créée en Elle effectue de l accompagnement scolaire, en partenariat et à deux endroits différents du 20 ème arrondissement : - Depuis septembre 2004, à la Cité des Fougères (entre les Portes de Bagnolet et des Lilas) avec le club de prévention Feu Vert (qui a fait le choix dans ce secteur de ne pas avoir de locaux propres) et la CAF qui prête un local loué à l OPAC à la fois restreint (10 personnes maximum) et polyvalent (les assistantes sociales de la CAF y assurent des permanences pour recevoir les parents). L association déplore des difficultés de coordination entre Feu Vert et la CAF. Inspection Générale de la Ville de Paris 80/102

85 - Depuis 2001, en liaison avec l association culturelle Dédicace, Plus Loin dispose des équipements et matériels du Centre Social CAF Annam (implanté près de la Mairie du 20 ème ). A la Cité des Fougères, Plus Loin emploie un animateur vacataire salarié et un bénévole deux soirs par semaine qui encadrent dix enfants repérés éventuellement par Feu Vert par groupes de trois ou quatre au maximum. Cette action est menée en relation étroite avec le groupe scolaire Pierre Foncin. Les enfants accueillis sont d origines variées sur un plan ethnique mais tous issus de classes sociales très défavorisées. Beaucoup d entre eux sont en échec scolaire et ils appartiennent à des familles nombreuses, ayant peu de contacts avec leurs parents et souffrant de carences affectives. Au centre social CAF Annam, Plus Loin dispose d un responsable administratif «accompagnement scolaire primaire» (l accompagnement scolaire collège et lycée et l accompagnement des familles étant pris en charge par le centre social seul). L association Dédicace est responsable quant à elle des ateliers et des sorties culturelles «Paris au fil de l eau». L équipe de direction comprend un représentant de chacune des trois structures et un coordinateur. Là encore, deux séances hebdomadaires sont assurées avec un bénévole pour quatre enfants maximum. Il y a moins d esprit de quartier qu à la Cité des Fougères (3 écoles concernées) et plus de mixité sociale. Comme les parents sont en «demande», et qu ils sont davantage impliqués, il n y a pas de spirale négative, même si les rencontres individuelles sont plus faciles que les rencontres collectives qui deviennent difficiles au fil de l année. Toutefois, si l association intervient deux fois par semaine sur ses deux sites, les enfants ne viennent en revanche qu une seule fois. C est la raison pour laquelle, Plus Loin souhaite dès la rentrée 2006 faire en sorte qu ils puissent venir deux fois car les enseignants constatent le lendemain de la séance, que les enfants ont travaillé mais que c est insuffisant pour le reste de la semaine. De même, l association va demander une aide supplémentaire à la CAF (un contrat local d accompagnement à la scolarité notamment pour le secondaire en plus de ce qui est déjà pris en compte concernant le primaire) qu elle devrait obtenir L association AVEC-MS AVEC-MS, association de soutien scolaire subventionnée à la fois par la CAF et par la DASES, est implantée depuis 1982 au cœur du quartier Saint-Blaise dans le 20 ème arrondissement (elle s est appelée «Vivre ensemble à Charonne» jusqu en 2000). Elle va ouvrir une antenne à la rentrée 2006 dans le 19 ème arrondissement (53 rue Campan). Dans le premier cas, l association est hébergée gratuitement par le Centre Chenal Saint- Blaise ce qui n est pas une solution optimale dans la mesure où cela réduit les possibilités en matière de plages horaires (le mercredi par exemple). Des contacts ont été pris avec la mairie du 20 ème pour trouver d autres locaux mais sans succès jusqu à présent. Inspection Générale de la Ville de Paris 81/102

86 AVEC-MS s adresse à la fois aux enfants du primaire et du secondaire (du cours préparatoire à la terminale). La prestation est gratuite pour les premiers et de 10 par matière (français, maths et anglais) et par mois pour les seconds. Les parents doivent en outre adhérer à l association (25 par an). Cependant, toutes les familles ne parviennent pas à s acquitter de ces montants. L association veille toutefois à ce que toutes participent, ne serait-ce que de manière symbolique, pour qu elles prennent conscience de l importance de la démarche et qu elles ne se cantonnent pas dans une simple logique d assistanat. En effet, les contacts étroits que le président de l association entretient avec la communauté africaine, dont il est lui-même issu, lui permettent de bénéficier d une grande confiance de la part des parents et de faciliter le dialogue avec l Education nationale. Sa réussite professionnelle constitue en outre probablement un exemple pour cette communauté. Les primaires sont accueillis de 16 H 30 à 18 H 30 et les secondaires de 18 H 30 à 20 H 30. Les premiers commencent d abord par un goûter qui permet de faire tomber la pression et de mettre les enfants en situation de travail. Ce sont des cours collectifs (un intervenant pour cinq enfants), mais le président prend quelquefois en charge individuellement les enfants qui en ont le plus besoin. L objectif de l association est de proposer une approche pédagogique moins scolaire et qui se distingue de celle de l Education nationale : il ne sert à rien en effet de reproduire la même chose si les enfants éprouvent des difficultés à l école. Elle met également l accent sur la lutte contre le racisme et sur le civisme pour faciliter l intégration des enfants d origine étrangère. Par ailleurs, AVEC-MS entretient des liens étroits avec une autre association qui œuvre dans le domaine sportif : le Rassemblement par le sport. Cela permet aux enfants qu elle suit de compléter le soutien scolaire par une activité physique. Le mercredi, l association organise des sorties et propose des activités ludiques Les thèmes abordés : opinions et attentes Le recrutement et la formation des bénévoles Le recrutement des bénévoles Il est parfois difficile de trouver localement des bénévoles disposant des compétences requises pour couvrir tout l éventail des niveaux et des matières. Le Relais 59 admet que les «débuts d année sont difficiles». AIRAPE a même recours à des étudiants en psychologie qui font des stages en son sein mais qu il est très difficile d encadrer alors qu Espace 16 utilise les services de demandeurs d emploi qui trouvent là une occasion d exercer une activité non rémunérée en attente de retrouver un travail, certains la conservant par la suite. Le recrutement des bénévoles s avère également compliqué pour AVEC-MS. L association passe par l intermédiaire de la Cité Universitaire du boulevard Jourdan, notamment pour recruter les intervenants en anglais (étudiants britanniques ou Inspection Générale de la Ville de Paris 82/102

87 américains). Elle reconnaît leur verser quelques vacations et les inviter à déjeuner pour faciliter la prise de contact. Actuellement, l association est à la recherche de six intervenants pour la rentrée dont trois permanents (trois dans le 19 ème et trois dans le 20 ème ) La formation des bénévoles Le Secours Catholique organise lui-même des sessions annuelles de deux ou trois jours de formation destinées à ses bénévoles et il ne fait pas appel à celles qui sont assurées par le Rectorat. Il en est de même pour le Relais 59 qui a sa propre logistique pour leur formation, avec des intervenants extérieurs payants (journées thématiques). Espace 16 n a même jamais entendu parler des formations qui sont dispensées par le Rectorat (il est vrai qu elles concernent en priorité les associations situées en ZEP). Le Secours Populaire bénéficie quant à lui de quelques formations dans le cadre du programme du REP 4 (quartier Fontaine-au-Roi dans le 11 ème arrondissement) et avec les espaces de développement local de la DPVI. Il en est de même de Plus Loin dans le 20 ème. Le Secours Populaire reconnaît néanmoins que ses bénévoles ne bénéficient pas assez de formations (ce qui rejoint le sentiment d AVEC-MS qui considère qu il faudrait des sessions trimestrielles) et qu ils se sentent parfois un peu seuls et démunis face aux difficultés rencontrés par les enfants. L apprentissage de la lecture demande par exemple une formation (choix de la méthode) dont les bénévoles auraient souvent besoin Les relations avec l Education nationale Le Secours Populaire entretient de bonnes relations avec les écoles, notamment celles au sein desquelles les bénévoles interviennent. Les enseignants s accordent à reconnaître que leur intervention est bénéfique pour les enfants et qu après les séances, les leçons sont sues et les devoirs faits. L association Plus Loin qui intervient sur deux sites différents dans le 20 ème arrondissement considère également que les relations avec les établissements sont très bonnes et que les rencontres sont fréquentes avec les enseignants. De même, si au début de son existence, AVEC-MS a rencontré des problèmes avec les établissements scolaires qui considéraient qu elle leur faisait de la concurrence, cela n est plus le cas aujourd hui et les enseignants ont bien compris la complémentarité des deux approches. En effet, ce sont souvent eux qui dirigent les enfants vers l association. Des liens se nouent alors avec le professeur des écoles ou le professeur principal du collège pour suivre l enfant. L association sert également d intermédiaire entre l école et les parents qui ne comprennent pas toujours ce que les enseignants leur disent. Cette appréciation positive n est pas partagée par le Relais 59 qui qualifie de «parcours du combattant» les relations avec les établissements scolaires. Si elles existent en primaire (surtout avec les directeurs mais ceux-ci connaissent moins bien les enfants que les professeurs des écoles) et même si elles sont difficiles, elles deviennent Inspection Générale de la Ville de Paris 83/102

88 quasiment impossibles dans le secondaire. Cette association déplore que ce soit toujours elle qui aille vers les enseignants et jamais l inverse. Sa responsable cite l exemple d une campagne de demande de coordonnées à laquelle les intéressés n ont jamais répondu. AIRAPE déplore pour sa part que le contact par téléphone soit souvent le seul possible et que lorsque l enfant est en échec scolaire, il soit souvent difficile de communiquer avec l enseignant qui a une vision différente de l enfant, de celle que peut avoir l association. Le Relais 59 refuse par ailleurs d organiser ses actions dans les écoles (bien qu il rencontre un problème de locaux sur un plan financier). Il s agit pour ce centre social d une question de principe : l accompagnement scolaire n étant ni son substitut, ni son prolongement, il faut sortir les enfants de l école. Dans certaines écoles, les bénévoles de Relais 59 sont systématiquement invités aux réunions du conseil d école, dans d autres, seulement de temps en temps. Cette démarche est souhaitable mais d autres réunions pourraient être plus appropriées. En revanche, le président d AVEC-MS souhaiterait vivement assister aux conseils d école en tant qu observateur Les obstacles linguistiques et culturels Selon le Secours Catholique, les enfants accueillis sont pour l essentiel étrangers (certaines familles étant même en situation irrégulière) ou d origine étrangère (Maghreb, Afrique noire, Sri Lanka, Chine, etc.). Ces enfants connaissent des problèmes en français parce que cette langue n est pas parlée chez eux et qu ils n ont pas les pré-requis en littérature. Par ailleurs, la population arabophone rencontre des difficultés structurelles pour l apprentissage de l anglais (problèmes phonétiques). Globalement, le niveau reste convenable jusqu en seconde parce que, comme le fait remarquer le Secours Populaire, les enfants qui sont en rupture scolaire ou en très grandes difficultés ne viennent pas, et qu il n est pas possible de les «accrocher». Il est en effet très difficile d obtenir des résultats quand les enfants sont en rupture complète avec l institution scolaire reconnaît le Secours Catholique. Mais à partir de la classe de seconde, les difficultés commencent lorsque les pré-requis culturels agissent comme des facteurs discriminants. Ce problème mériterait d être étudié avec soin puisque le dispositif mis en place par la Ville s arrête actuellement en fin de cinquième. Les associations s efforcent alors d ouvrir les enfants à des domaines qui ne leur sont pas familiers à travers des visites ou des sorties culturelles qui constituent des occasions de contacts avec les parents. Mais le Secours Catholique rencontre alors deux types de difficultés : financières d une part, sociologiques d autre part (les familles africaines ne sont jamais disponibles le samedi car ce jour est consacré aux fêtes familiales). Inspection Générale de la Ville de Paris 84/102

89 Les relations avec les familles Les parents (en réalité surtout les mères qui sont très ambitieuses pour leurs filles principalement) prennent parfois les intervenants du Secours Catholique pour des «magiciens» et s en remettent entièrement à eux. D autres, au contraire, s impliquent et suivent leurs enfants. Le rôle de l association consiste aussi à établir des liens entre la famille et les enseignants en faisant bien attention à ne pas remettre le rôle de ces derniers en question. Il s agit parfois d expliquer ce qu ils ont voulu dire aux parents. Le Secours Catholique s efforce également de gérer globalement les problèmes de la famille en aidant les parents à trouver du travail, en dispensant des cours d alphabétisation, en les sensibilisant à la culture française (la télévision constituant souvent leur seule référence en la matière), en insistant sur l importance de l hygiène, etc. L objectif n est pas de développer l assistanat mais d aider ces familles à se prendre en charge. Le Relais 59 qui a une démarche analogue organise des rencontres avec les familles afin de les mettre en «situation de réflexion» sur des thèmes tels que l alimentation, la gestion du cartable, les notes obtenues à l école, le goûter, etc., en y faisant participer les enfants. Toutefois, l association AVEC-MS s inquiète du fait que certains parents voudraient que l association s oriente davantage dans une logique religieuse, ce à quoi elle résiste fermement au nom d une conception laïque de sa mission à laquelle elle est très attachée Les problèmes comportementaux des enfants Les problèmes familiaux, sociaux, de logement (exigu et mal adapté) sont de plus en plus importants et cela a des répercussions importantes sur le comportement des enfants, leur équilibre psychique et bien entendu leurs résultats scolaires. Ce constat est unanimement partagé par les associations rencontrées par l Inspection générale et les réponses aux questionnaires allaient dans le même sens. Certains enfants rencontrent des difficultés psychologiques telles qu elles dépassent le cadre de l accompagnement scolaire. Mais les autres sont très agités et ont de plus en plus de mal à fixer leur attention, à se concentrer, à comprendre les consignes. Dans le 18 ème arrondissement, ils font preuve, selon le Secours Populaire, de violences verbales, voire de racisme entre communautés ethniques. Plus Loin estime qui si la situation ne s aggrave pas globalement, en revanche le fossé entre les «français de souche» et ceux issus de l immigration se creuse. De plus en plus se développe une culture de la cité qui se traduit chez les enfants par une impression de ne pas faire partie du même monde et qui les conduit éventuellement à un rejet de l école et de la société qui ne seraient pas faits pour eux. Le dialogue devient alors difficile de part et d autre. Inspection Générale de la Ville de Paris 85/102

90 Les difficultés des enfants sont liées aussi au fait, selon le Secours Catholique, qu ils sont pour la plupart issus de familles monoparentales. Parfois les fils aînés prennent le pouvoir, avec des conséquences dramatiques sur leur comportement, ce qui rejoint les analyses d AVEC-MS. Les enfants n ayant pas d image positive du père (absent ou violent) ne connaissent ni limites ni repères et les mères sont souvent dépassées (le fils signant les documents transmis par l école ou le collège profitant du fait que la mère ne maîtrise pas la langue, la fille aînée s occupant de ses frères et sœurs, etc.). Ainsi, certains enfants qui obtenaient jusqu à l âge de 10 ou 11 ans des résultats très satisfaisants peuvent très rapidement se trouver en difficulté scolaire et adopter des comportements déviants et ce jusqu à 16 / 17 ans. Pour faire face à ces problèmes, le Secours Catholique travaille avec les CMPP. En outre, des associations d entraide destinées aux mères de familles isolées se sont crées comme l Amicale des Mamans dans le 13 ème arrondissement. AVEC-MS s efforce d éviter que certains éléments perturbateurs ne contaminent le reste du groupe. Son président considère pour sa part qu il ne peut pas «sauver tout le monde» mais il demeure néanmoins optimiste car souvent les résultats scolaires redeviennent satisfaisants dès lors que s opère une reprise en main Des attentes marquées par le souhait de relations plus étroites avec la Ville Des problèmes matériels importants mais souvent surmontés Les associations rencontrées manquent de matériels informatiques et le Secours Populaire est demandeur pour récupérer du matériel d occasion (dont la Ville ne voudrait plus), ainsi que des guides de méthode, des livres ou dictionnaires. Par ailleurs, certaines associations, comme Espace 16, sont demandeuses d une information actualisée sur les programmes scolaires, notamment en CM2. D autres, comme AIRAPE, rencontrent des problèmes de locaux qui ne sont pas adaptés à l écoute et à la réception des familles. Plus Loin reconnaît également que l un de ses sites n est pas adapté (Cité des Fougères). Mais si globalement, l Inspection générale n a pas perçu une demande insistante de la part des associations qu elle a rencontrées, les réponses au questionnaire étaient sur ce point beaucoup plus préoccupantes. Enfin, sur un plan financier, à l exception d AIRAPE qui souffre du désengagement du FASILD et sans doute d une croissance mal maîtrisée qui explique qu elle croule sous les tâches administratives, aucune des associations rencontrées ne semble éprouver de difficultés majeures dans ce domaine Des relations jugées trop administratives avec les financeurs Les dossiers administratifs demandés par les financeurs sont jugés compliqués, notamment celui de la Caisse d allocations familiales (répartition du budget en «action» par groupe de 15 enfants). Le Secours Populaire est par exemple financé sur la base de 13 «actions» réparties sur 9 sites, ce qui est assez artificiel. Inspection Générale de la Ville de Paris 86/102

91 De même, l une des principales requêtes d Espace 16 porte sur la multiplication des dossiers de candidature auprès d organismes divers (CAF, FASILD qui certes a cessé son soutien, Ville de Paris, Préfecture de Paris). Même au sein de la Ville, l association est en contact avec plusieurs personnes et doit remplir des dossiers différents pour la parentalité et l accompagnement scolaire. Le calendrier pose également problème puisque les dossiers de demande de subvention doivent comporter un projet pour l année scolaire dès le mois de septembre alors que celui-ci n est pas encore prêt puisque les cours ne commencent qu en novembre. Espace 16 souhaiterait aussi pouvoir répondre électroniquement. Le Secours Populaire entretient peu de relations avec le Bureau des activités de prévention pour la jeunesse. Celles-ci se réduisent à la remise d un dossier papier annuel. Ses responsables reconnaissent toutefois qu ils ne cherchent pas non plus à rencontrer les fonctionnaires de la Ville. Espace 16 déplore également n avoir reçu aucune visite de la DASES avec laquelle elle entretient des relations, certes très courtoises, mais purement administratives. En revanche, l association a noué des contacts très suivis avec la mairie du 17 ème arrondissement et plus particulièrement avec l adjointe en charge des affaires sociales. Cela rejoint encore le constat de Plus Loin qui n a plus rencontré les fonctionnaires du Bureau depuis 2003 et qui se voit dans l impossibilité d obtenir un financement pour des mini-séjours/mini-classes de nature de cinq jours dans une ferme pour vingt enfants de 6 à 12 ans (cinq de Fougères et quinze d Annam) Une attente forte en matière de rencontres et d échanges Il existe encore un souhait unanimement partagé de rencontres et d échanges d expériences (intérêt pour une journée à l Hôtel de Ville) avec d autres intervenants de l accompagnement scolaire comme avec le réseau de l éducation prioritaire ou celui de la politique de la ville. AIRAPE en approuve par exemple le principe à condition que cette journée soit bien préparée en amont et organisée suffisamment longtemps à l avance. Cela pourrait donner lieu, selon elle, à un travail sur l approche de l enfant, le rôle des associations, la prévention, les liens avec les gestionnaires, etc. Plus Loin n est pas convaincu en revanche de l intérêt d organiser un grand forum. Il faudrait plutôt mener ce genre d actions au niveau de l arrondissement. On peut indiquer enfin que l association AIRAPE qui affirme entretenir d excellentes relations avec le tissu associatif local avoue que celles-ci sont plus difficiles avec l espace de développement local, accusé de mettre en valeur certaines associations (selon une logique communautariste) et pas les autres ou de vouloir dicter aux associations ce qu elles doivent faire (l EDL l aurait ainsi poussée à arrêter son action dans le domaine de l alphabétisation). L Inspection générale, qui ne souhaite pas se prononcer sur ce point qui dépasse les limites de son mandat, considère que cela ne peut que la conforter dans son ambition de voir se renforcer les efforts de coordination, entre les associations d une part, et entre celles-ci et leur environnement d autre part. Inspection Générale de la Ville de Paris 87/102

92 Un certain scepticisme vis-à-vis des internats scolaires En revanche, l Inspection générale n a pas perçu un réel intérêt de la part des associations rencontrées quant au développement des internats scolaires que la Ville finance par ailleurs. AIRAPE, qui n y est pas hostile, reconnaît toutefois que la distance avec la famille peut s avérer nécessaire à condition que la démarche ait été très longuement préparée avec elle et à condition que cela ne rompe pas le lien avec l enfant, comme le recommande AVEC-MS. Plus Loin admet que cette formule peut être profitable pour certains enfants mais qu il faut faire attention de ne pas les transformer en ghettos où on rassemble tous les «mauvais». En revanche, si c est réellement mixte avec une aspiration vers le haut, cela peut se révéler positif à condition toutefois de pouvoir disposer du personnel professionnel formé et compétent. C est dans cet esprit que Plus Loin participe à une classe relais vidéo / musique (de 4 à 8 élèves), pour des exclus temporaires avec retour au collège après un trimestre. Ces enfants suivent la classe le matin et bénéficient d animations l après-midi. Les enseignants rencontrent néanmoins beaucoup de difficultés Une offre inadaptée pour certaines catégories de population Enfin, Espace 16 a soulevé un problème qui mérite une réelle attention : il n existe pas d offre alternative destinée aux élèves en difficulté des classes moyennes entre les associations du type de celles qui sont financées par la CAF ou la Ville de Paris et les organismes privés du type ACADOMIA, PROFADOM ou KEEP SCHOOL, dont les tarifs sont prohibitifs pour cette catégorie de population (constat qui rejoint également les préoccupations de l académie). Inspection Générale de la Ville de Paris 88/102

93 4. DIAGNOSTIC ET PROPOSITIONS 4.1. Une action positive à encourager : le travail sur les moyens (l argent, les locaux, les matériels informatiques) De l enquête réalisé auprès des associations subventionnées par la DASES, il ressort que la plupart des associations pâtit d un manque relatif de moyens, au sens où elles souhaiteraient bénéficier de plus de salariés, de surfaces plus adaptées ainsi que de possibilités d échanges et de communication plus développées Cette politique de lutte contre l échec scolaire nécessite un soutien financier plus significatif et plus innovant. Il est constaté qu une vingtaine des 71 associations (28%) reçoit une aide annuelle inférieure ou égale à et plus du tiers (37%) inférieure ou égale à Compte tenu des besoins et difficultés des associations, on peut s interroger sur la signification des aides reçues par cette partie non négligeable des structures concernées. A titre de comparaison, il convient de rappeler que seules, 9 des 112 associations (8%) subventionnées par la CAF, perçoivent le montant forfaitaire minimum de Il est vrai que le budget des Contrats Locaux d Accompagnement à la Scolarité s élève à un million environ et que l enveloppe du programme départemental de lutte contre l échec scolaire représente moins du quart (23%) de celle de la CAF. A cet égard, il est à noter que la CAF a réalisé une carte du nombre d actions d accompagnement à la scolarité de Paris sur laquelle les arrondissements ont été coloriés en fonction du pourcentage qu ils représentent (cf. annexe 2). Ainsi, les 18 ème et 20 ème représentent plus de 15% du nombre d actions, le 19 ème représente entre 10 et 15%, les 10 ème /11 ème /13 ème /15 ème /17 ème correspondent à un pourcentage individuel compris entre 5 et 10% et les 2 ème /3 ème /9 ème /12 ème /14 ème ont chacun un pourcentage inférieur à 5%. Ce pourcentage est nul pour les derniers arrondissements (1 er /4 ème /5 ème /6 ème /7 ème /8 ème /16 ème ). La DASES pourrait s en inspirer et faire réaliser, sans doute avec l aide de l Atelier Parisien d Urbanisme (APUR), comme la DPVI a pu en bénéficier pour l observatoire des quartiers parisiens, une cartographie relativement précise de l accompagnement à la scolarité à Paris. Il serait alors particulièrement intéressant de croiser sur ce type de documents les informations relatives aux actions de la CAF et aux dispositifs (Coup de pouce et autres ateliers de CM2 et de 6 ème ) de la DASCO, notamment dans la perspective de soutenir de nouvelles associations, dans les secteurs où il existe encore peu de structures et peu d enfants y sont pris en charge. Inspection Générale de la Ville de Paris 89/102

94 Cette photographie de l accompagnement à la scolarité permettrait probablement de conduire une politique plus audacieuse et consistant moins à une relative reconduction approximative des sommes versées chaque année au bénéfice d associations reconnues. En fait, seize (soit 22%) des 71 associations perçoivent plus de chacune, correspondant à un montant global de , soit plus de la moitié (55%) de l enveloppe. Ce niveau d aide significatif est réservé à un nombre encore insuffisant d associations qu il conviendrait d augmenter, grâce à un budget dont le montant global devrait vraisemblablement doubler, correspondant ainsi à cette ambition de lutter contre l échec scolaire en faveur des familles défavorisées, dans et hors les quartiers Politique de la Ville La mise à disposition de locaux adaptés doit être fortement développée Une bonne partie des associations ne dispose pas de locaux correspondant aux conditions optimales de ce type d activités. Le recours à des locaux mis à disposition par des institutions religieuses ou des écoles constitue souvent un pis-aller. Il est déjà suffisamment difficile de trouver des bénévoles fiables et compétents pour essayer de ne pas décourager les bonnes volontés ou tout du moins de ne pas rendre l exercice éprouvant, notamment pour des retraités confrontés à des enfants aux comportements souvent pour le moins agités. Les prestations d accompagnement à la scolarité dispensées individuellement au domicile des enfants, qui justement bénéficient rarement de lieu de travail correspondant, ne paraissent pas la meilleure solution. Un cadre collectif, avec un effectif réduit d enfants (groupes de 2 à 5) pris en charge par les intervenants, deux au moins présents simultanément dans les locaux, semble préférable, à condition que les surfaces disponibles le permettent, sans que les enfants puissent se déranger mutuellement. Les prises en charge individuelles peuvent naturellement perdurer quand la situation de l enfant le justifie, à condition que d autres adultes soient présents dans les locaux. Si certaines associations arrivent à s organiser de façon plus ou moins satisfaisante, un grand nombre de témoignages recueillis fait apparaître le souhait de disposer de locaux plus importants. Cette quête pourrait sans doute être facilitée par les services de la Mairie, qu il s agisse tant de la Direction des Moyens Généraux (devenue la Direction des Achats, de la Logistique, d Implantation Administrative et de Transport) que de la Direction du Logement et de l Habitat. L idéal consisterait à réserver, en lien avec les mairies d arrondissement, des locaux polyvalents disponibles en pied d immeuble, en faveur de différentes associations qui pourraient sans doute les partager et occuper successivement. Inspection Générale de la Ville de Paris 90/102

95 Ces associations doivent bénéficier d outils informatiques spécifiques Hormis les centres sociaux qui s équipent progressivement d outils informatiques adaptés (dotés de sites propres) notamment par le biais de leur Fédération, la plupart des associations ne disposent pas d équipement de ce type, sauf à titre individuel et éventuellement au domicile de certains responsables d équipes. L équipement systématique de ces différentes structures d accompagnement à la scolarité constituerait un premier pas important, non seulement en faveur des enfants pris en charge qui pourraient en bénéficier, mais également des associations qui regrettent tant de ne pas être plus informées et soutenues. Ces équipes auraient tout le loisir de s informer et de communiquer avec les différents acteurs, dont en particulier la collectivité parisienne, sortant ainsi de l isolement dont certaines disent pâtir face aux multiples difficultés de fonctionnement rencontrées. Cependant, il conviendrait qu un site d échanges, de type forum soit mis en œuvre par la DASES, comme cela a pu être entrepris partiellement dans le secteur des activités périscolaires de la DASCO, où chacun pourrait présenter ses propres activités et expériences au bénéfice de tous, éventuellement consultables par les parents et autres interlocuteurs scolaires ou médico-sociaux La mise à disposition de postes informatiques aux associations intéressées, par les services de la Ville de Paris pourrait intervenir dès la prochaine année scolaire par le biais de la réforme chaque année des postes des différentes directions de la Mairie. A cet égard, une note récente de la Direction des Affaires Juridiques (du 20/06/06), relative à la publication du Code général de la propriété des personnes publiques (ordonnance du 21/04/06), précise les dispositions propres aux meubles du domaine privé. Ainsi, désormais les collectivités locales peuvent-elles céder gratuitement les matériels informatiques, dont elles n ont plus l emploi et dont la valeur unitaire n excède pas un montant fixé par décret, aux associations de soutien scolaire, à condition qu elles n utilisent ces matériels que pour l objet fixé dans leurs statuts. Ces cessions d équipements informatiques, qui intéresseraient même les plus importantes associations multi-sites, accompagnées de l ouverture de sites spécifiques, offriraient aux équipes une richesse d échanges qui répondraient aux fortes attentes exprimées dans le cadre de l enquête de l Inspection Améliorer le suivi des activités et renforcer les moyens du bureau des activités de prévention pour la jeunesse Ainsi qu on l a vu (cf. supra ) le suivi réalisé par le BAPJ donne lieu à l édition d un document annuel qui contient un ensemble de renseignements chiffrés très détaillé. Il paraît difficile de faire mieux sur ce plan. Il est par contre certainement possible de progresser en terme d évaluation et de coordination du suivi, ces deux thèmes étant d ailleurs étroitement liés. Inspection Générale de la Ville de Paris 91/102

96 Progresser sur les évaluations La problématique de l évaluation de l accompagnement scolaire est difficile : on se reportera, pour une réflexion approfondie sur le sujet, au rapport Glasman de décembre D un point de vue pratique, on est bien obligé de dépasser les interrogations théoriques, car les attentes de réponses de l ensemble des acteurs associations, parents, école et bien entendu les financeurs publics comme le Département sont légitimes, et à défaut d une vérité scientifique, il doit être possible d obtenir un ensemble d informations pertinentes. - à partir des bulletins scolaires On a vu dans la réponse à la question 21 du sondage que les trois quarts des associations avaient accès à ce document, généralement transmis par les parents ou les enfants. Dans l examen des réponses à cette question est apparu que certaines associations constituaient un véritable «dossier de suivi» des enfants, comprenant outre les bulletins scolaires, une fiche remplie par l intervenant qui permet une liaison entre l école, les parents, et l association. Le document de suivi, intégrant sous une forme à définir l évolution du comportement des enfants et des résultats scolaires, pourrait être présenté aux associations sinon comme une obligation au sens strict, au moins comme une forte recommandation. Un modèle type (dont les exemples peuvent être trouvés dans ce qui est déjà réalisé par certaines structures) pourrait être proposé, avec toutes les précautions d usage. Idéalement, un tel document pourrait être présenté lors de la «journée du soutien scolaire». Il faudrait, bien évidemment, que son contenu soit validé par l institution scolaire, même si cette dernière n a évidemment pas vocation à le définir ni à le gérer de près ou de loin. - à partir d actions spécifiques menées avec l Education Nationale Il s agirait ici, en liaison avec des enseignants et des établissements scolaires volontaires, d évaluer l évolution du comportement et des résultats des enfants sur une période déterminée, pendant laquelle ils bénéficient de l aide d une association. Un tel projet, même expérimental et limité à quelques établissements et/ou à quelques associations, suppose bien évidemment l accord et l implication de l Académie. Celle-ci pourrait être saisie par un courrier commun de la DASES et de la DASCO La coordination du suivi : faire circuler l information entre la DASES et la DASCO En parallèle aux actions menées par le BAPJ, la DASCO est à la tête d un dispositif important 7 dont les finalités recoupent celles des associations du soutien scolaire : - avec les activités périscolaires proprement dites, qu elle souhaite ainsi développer dans les collèges, 6 consultable sur : cisad.adc.education.fr 7 cf. le premier rapport d octobre 2005 sur le périscolaire, page 51 et suivantes Inspection Générale de la Ville de Paris 92/102

97 - avec le dispositif «Coup de pouce» d accompagnement individualisé à la scolarité et les ateliers lecture (écriture), mathématiques (ALEM), dont l objectif est d aider les élèves de CP et de CM2 qui rencontrent des difficultés, en français et en mathématiques ; ces dispositifs sont aussi en expérimentation dans quelques collèges en 6 ème (AFM 6). - avec «l Action collégiens», dispositif de prévention éducative destiné aux jeunes de 11 à 17 ans en difficulté, mis en place dans une trentaine de collèges en ZEP. La coordination avec la DASES et plus particulièrement le BAPJ était jusqu à une date récente, très limitée et consistait essentiellement en l envoi de documents (le bilan du BAPJ à la DASCO, en particulier). Une réunion ayant pour objet d améliorer cette coordination s est tenue entre représentants des deux directions sous l égide des élus compétents, en janvier Il y a notamment été décidé que : - la DASCO ferait parvenir à la DASES la classification académique des établissements scolaires, la listes des écoles disposant d ateliers «Coup de pouce», ainsi que des collèges bénéficiant de l «Action collégiens», de l expérimentation «AFM 6» et de l appel à projets périscolaires ; - la DASCO sensibilisera «l Action collégiens» pour développer les contacts avec la prévention spécialisée ; - la DASES établit une liste des quartiers prioritaires non couverts par le programme de lutte contre l échec scolaire ; - les deux directions se sont engagées à se transmettre les éléments d évaluation de leurs dispositifs, ainsi que les projets d amélioration et/ou de développement de ceux-ci ; lors d une prochaine réunion, les points suivants devraient être abordés : le croisement des données des deux directions, pour identifier le nombre d enfants ne bénéficiant d aucun dispositif ; la coordination des différents intervenants concernant le signalement et la prise en charge des enfants en très grandes difficultés scolaires Renforcer les moyens du BAPJ Ainsi que les rapporteurs l ont signalé au chapitre le BAPJ est une petite structure qui regroupe en tout sept personnes dont trois cadres. Le programme de lutte contre l échec scolaire ne représente qu une partie de ses missions qui comportent en particulier le suivi d ensemble des centres sociaux, des clubs et équipes de prévention spécialisées ainsi que du programme «Ville Vie Vacances». Si l on se souvient que les associations aidées au titre du soutien scolaire sont passées de 45 en 1999/2000 à 70 aujourd hui, il est clair que leur suivi ne peut être qu assez succinct. Avec beaucoup d associations les contacts sont épisodiques ou même rares (cf. les réponses à la question n 29). Inspection Générale de la Ville de Paris 93/102

98 Si l on veut proposer à chaque association un rendez-vous annuel portant sur son bilan et ses projets, il faudrait envisager, dans un premier temps, le recrutement d un cadre supplémentaire. Cet agent pourrait, en plus de ces rendez-vous, assurer la coordination pour l essentiel à monter entre la DASCO et la DASES, ainsi que les contacts avec l Académie. Les principales attributions du poste ainsi exprimées, la question de l aide à apporter sur le terrain aux associations (en dehors de la subvention) demeure entière ; or certaines rencontrent des difficultés pour la résolution desquelles la Ville pourrait ponctuellement proposer son aide et ses conseils : c est en particulier le cas pour les locaux. Ce thème pourrait justifier, dans un second temps, la création d un deuxième poste. Cette création aurait évidemment un coût, qui semble tout de même modeste eu égard aux enjeux que représente la réussite de l accompagnement scolaire de enfants, eu égard ainsi aux moyens importants mis en œuvre dans le périscolaire traditionnel. Il faut ajouter que l amélioration du suivi des associations doit permettre de mieux les choisir, de mieux évaluer leurs besoins et de calibrer plus finement l aide La journée du soutien scolaire : regrouper les acteurs (associations, académie, Ville, CAF ) L un des principaux constats établis par l Inspection générale concerne la distension des liens entre les associations qui travaillent dans le domaine de l accompagnement scolaire d abord, entre celles-ci et leur environnement ensuite, entre les différents partenaires enfin. Certes, ce diagnostic mérite d être nuancé car il existe à l intérieur de certains quartiers, notamment ceux qui sont classés politique de la ville, des effets de réseau qui sont indéniables et qui inscrivent les associations dans une démarche globale de développement social et territorial mais il s agit d une logique locale et qui, de surcroît, ne concerne l accompagnement scolaire que par ricochet. C est la raison pour laquelle l Inspection générale propose d organiser tous les ans ou tous les deux ans une journée de l accompagnement scolaire ouverte à tous les responsables et bénévoles des associations concernées qui aurait pour but : - de permettre aux associations de différente nature (grandes associations caritatives multi-sites, centres sociaux, associations politique de la ville, associations de quartier, etc.) et de différents arrondissements de se rencontrer pour échanger leurs expériences, confronter leurs méthodes, faire part de leurs difficultés, etc. Cette manifestation serait ouverte non seulement aux associations qui sont financées par la Ville de Paris, mais également à celles qui le sont par la Caisse d allocations familiales, voire à celles qui ne bénéficient d aucun soutien et dont l existence est parfois ignorée ou l action méconnue. Un des bénéfices attendu de cette manifestation pourrait être également de pouvoir disposer d une meilleure cartographie de l offre en ce domaine. Les associations de parents d élèves, les représentants des élèves, les éditeurs de manuels scolaires ainsi que des représentants du secteur lucratif pourraient également être invités. Inspection Générale de la Ville de Paris 94/102

99 - de renforcer les liens, souvent ténus, entre ces associations et les partenaires qui les financent ou qui sont concernés, de près ou de loin, par la lutte contre l échec scolaire, en raison de leur champ de compétences. Il s agit, en premier lieu de la Ville elle-même via la DASES qui serait maître d œuvre, la DASCO qui à travers les circonscriptions d action scolaire pourrait diffuser et faire remonter l information, de la DPVI dont le rôle est en l occurrence tout à fait essentiel, voire de la DPP, actuellement en charge de la veille éducative. Seraient en outre associés à cette journée, comme partenaire ou même pour certains, comme co-organisateurs, dont le rôle est identique à celui de la ville, le Rectorat, la Préfecture et le Conseil régional d Ile-de-France, le FASILD, etc. Une place importante devra être accordée aux mairies d arrondissement dont le rôle de facilitateur est évident, surtout si cette journée fait l objet d une phase active de préparation au niveau local. - de mieux structurer l offre publique et associative en matière d accompagnement scolaire, ne serait-ce qu entre la DASES et la DASCO qui à travers les opérations Coup de pouce, ALEM, Action Collégiens et AFM 6, intervient, en partenariat avec le Rectorat, dans un domaine très proche. Cela permettrait également aux différents partenaires précédemment évoqués de se concerter et de réfléchir à une rationalisation de leur action, aujourd hui somme toute éclatée, afin de mieux concentrer leur action et de la rendre plus cohérente et réfléchie. L Inspection générale a cependant perçu de la part de quelques associations une certaine réticence tenant notamment à la méfiance qu elles éprouvent à l encontre des grandes manifestations et au souci de préserver leur autonomie et leur capacité créatrice. Cette hypothèque peut être levée en associant les associations le plus en amont à la démarche. Certaines d entre-elles suggéraient plutôt d organiser au niveau des quartiers ou des arrondissements des rencontres ayant le même objectif. Cette proposition peut ne pas être antinomique avec celle de l Inspection générale si ces rencontres sont conçues comme des ateliers préparatoires à la journée parisienne de l accompagnement scolaire dont la visée est justement d éviter le cloisonnement territorial et de permettre que puissent se rencontrer des responsables et des bénévoles intervenant dans des zones très différentes les unes des autres. Une chose est certaine : cette journée devra faire l objet d une réflexion très approfondie de la part de ceux qui seront chargés de la mettre en œuvre. Elle pourra s inspirer de l expérience très réussie de celle qui est organisée chaque année avec un incontestable succès dans les salons de l Hôtel de Ville par la sous-direction des activités éducatives et périscolaires de la DASCO. La préparation en amont, précédemment évoquée, outre qu elle permettrait une plus forte implication des acteurs concernés, devrait faciliter en outre la remontée des principaux sujets de préoccupation de ces derniers. Cette opération devrait enfin permettre à la Ville de Paris de se positionner comme un acteur majeur en la matière en dépassant les clivages récurrents, souvent d origine institutionnelle, entre les logiques éducative, pédagogique, sociale, familiale, intégrative, etc. Inspection Générale de la Ville de Paris 95/102

100 4.4. Faut-il rattacher l accompagnement scolaire à la Direction des Affaires Scolaires? Pour la DASES, le soutien aux associations actives dans ce domaine s inscrit dans une perspective beaucoup plus large, et les appellations des structures administratives qui en exercent cette mission sont explicites à cet égard : «bureau des activités de prévention pour la jeunesse, sous-direction des actions familiales et éducatives». Les actions menées vont bien au-delà, en général, d une simple offre d appui au travail scolaire. La grande majorité des associations s efforce de proposer aux familles une véritable démarche d insertion sociale. L intervention de la DASES est donc profondément légitime. Pour autant, le rattachement du soutien scolaire à cette direction suscite l étonnement des interlocuteurs rencontrés par les rapporteurs dans le cadre de la mission, qu il s agisse de l Académie, de la CAF, ou de certaines directions de la Ville (les associations ellesmêmes se gardant bien en général d émettre une opinion sur ce sujet). La Direction des Affaires Scolaires, si elle estime que ce suivi devrait lui revenir, comme relevant de l ensemble du périscolaire dont elle a la responsabilité, n a pas à ce jour apparemment avancé de «revendication» construite et argumentée. Le diagnostic des rapporteurs peut être résumé de la manière suivante : - le suivi par le BAPJ/DASES n a en rien été préjudiciable aux actions de soutien scolaire, il a au contraire au fur et à mesure de leur développement soutenu et garanti leur intégration dans l ensemble plus large des actions menées en faveur des enfants et des familles. Il n y a donc en aucune manière d urgence à retirer cette mission à la DASES, alors que depuis plus de dix ans celle-ci a développé et amplifié une logique d aides intelligentes. - Cependant la Direction des Affaires Scolaires a entrepris un effort considérable dans le domaine périscolaire, dont un axe significatif est en plein développement, avec les écoles et les enseignants «Coup de Pouce», les ALEM, les AFM 6, l Action collégiens recoupe largement l objectif des associations soutenues par la DASES : favoriser la réussite scolaire. La DASCO souhaite également engager une réflexion de fond sur les études dirigées, dont l évolution pourrait constituer un projet pour la deuxième mandature. Enfin la mise sur pied d une action spécifique en direction des enfants ou adolescents en rupture scolaire devrait être attribuée à la DASCO. La bonne cohérence de toutes ces actions peut jusqu à un certain point s appuyer sur une bonne information mutuelle et une coordination qui est par ailleurs recommandée par les rapporteurs. Inspection Générale de la Ville de Paris 96/102

101 A terme, le rattachement du suivi des associations à la sous-direction du périscolaire paraît cependant devoir s imposer. L Académie (cf. les dernières mesures annoncées pour la rentrée 2006 de «Programmes personnalisés de réussite éducative»), la communauté scolaire sont de plus en plus impliquées dans ce domaine : leur interlocuteur incontournable est la DASCO, seule à même de coordonner l ensemble des partenaires. L action de celle-ci gagnerait considérablement en efficacité si elle maîtrisait l intégralité des dispositifs du périscolaire, ce qui permettrait à terme de gagner en cohérence, d avoir une meilleure couverture territoriale des besoins, de peser aussi plus lourd face à l Académie La réponse de la DASES au rapport provisoire : la problématique du positionnement d une politique Dans sa réponse au rapport provisoire (reproduite intégralement en annexe) la DASES exprime le point de vue suivant : [ ] «Le rapport de l inspection générale place ce programme dans le cadre de l école et souhaite donc une plus grande implication de la DASCO et une plus grande proximité avec l Education Nationale. La logistique de la DASES est plutôt de se rapprocher du programme CLAS et notamment de la CAF qui est son interlocuteur privilégié pour cette action vis-à-vis des familles et des enfants : il ne s agit pas d une opération à but strictement pédagogique, mais d une action de soutien social et éducatif en direction des familles et des jeunes en difficultés 8. Il appartient donc de déterminer quels sont les axes de la politique de la collectivité parisienne à cet égard avant d envisager tout transfert d une direction à l autre concernant l animation du programme géré par la DASES [ ]». [ ] «La réussite scolaire est l un des objectifs de ce programme mais moins en regard des acquis scolaires que de l évolution des comportements (des enfants mais aussi des parents) à l égard de l école et d une meilleure capacité à une scolarité satisfaisante (curiosité, ouverture culturelle, relation de confiance à l adulte, plaisir d apprendre, attention et concentration, apaisement ). La description des problématiques des enfants et des familles conforte cet axe de travail : la moitié seulement des enfants du primaire et 60 % seulement des enfants du secondaire, suivis par les associations, souffrent de retards scolaires (p. 21). La place donnée au réseau des centres sociaux dans ce programme, que le rapport pointe à plusieurs reprises, correspond à cette logique. Le BAPJ cherche à concilier la demande explicite, réitérée et, somme toute, légitime des enfants et des familles d un soutien aux apprentissages scolaires et une volonté de favoriser la scolarisation par l évolution des comportements, une réconciliation avec l école comme préalable d une acquisition scolaire satisfaisante dans la durée. 8 souligné par les rapporteurs Inspection Générale de la Ville de Paris 97/102

102 Or, l Inspection Générale rapporte assez constamment le programme de la DASES aux interrogations de l école, du rectorat, de la DASCO et place ainsi ce programme dans un axe beaucoup plus scolaire qu il ne l est, en fonction des attentes spécifiques de ces interlocuteurs [ ]». Les rapporteurs estiment pour leur part que le débat ainsi esquissé est en réalité assez théorique. Assez théorique car il est évidemment très éloigné des préoccupations concrètes, quotidiennes, des associations et des familles. L enquête menée auprès des acteurs du terrain a permis d établir que l aide aux devoirs n était jamais proposée comme une fin en soi, et que tous, chacun à leur manière, s inscrivaient, conformément au souhaite du reste légitime de la DASES, dans une perspective plus large qui relève bien, en effet d une action de soutien social et éducatif. Mais il demeure un «point dur» : familles et enfants attendent des résultats, c'est-à-dire la traduction concrète et mesurable de leurs efforts, et cette demande paraît fondamentalement légitime. Chacun reconnaît par ailleurs que le soutien aux apprentissages doit s inscrire dans le développement d une relation positive avec l école qui va bien au-delà d une aide ponctuelle. La DASCO, la DJS investissent des moyens considérables dans le périscolaire pour offrir aux enfants un environnement de loisirs, d activités culturelles et sportives, de vacances ; toutes ces actions vont dans le même sens, et participent d une même politique, même si à l intérieur de celle-ci il peut y avoir des cibles particulières Une nouvelle structure de coordination : le Groupement d Intérêt Public pour la réussite éducative à Paris Le Programme de lutte contre l échec scolaire doit bénéficier de la démarche du «Groupement d Intérêt Public pour la Réussite Educative à Paris» constitué entre l Etat (Préfecture et Rectorat), la Ville et le Département de Paris, pour une durée qui n excèdera pas 4 ans à compter du 31 août 2006 (date de la publication de l arrêté préfectoral). L objet du GIP, défini par la convention constitutive signée par ses membres le 12 juillet 2006, est de mettre en œuvre un programme de réussite éducative à Paris qui vise à apporter un soutien éducatif, périscolaire, culturel, social et sanitaire aux élèves relevant du 1 er et 2 nd degré, dès la maternelle. Ses actions, s adressant prioritairement aux enfants et aux familles vivant dans les quartiers politique de la Ville, et situées essentiellement en dehors du temps scolaire, contribueront à la réussite scolaire des élèves scolarisés en ZEP/REP ainsi qu à leur intégration sociale et citoyenne en prolongeant les partenariats déjà développés. Le groupement a pour mission de veiller à la cohérence des différentes actions et d en assurer la coordination en lien avec tous les acteurs, institutionnels et associatifs, qui concourent à l objectif de réussite éducative des enfants et adolescents sur son territoire d intervention. Le plan stratégique de réussite éducative reprend notamment l effort déjà engagé par la Ville dans ce domaine comme les dispositifs «Coup de Pouce», les Ateliers Lecture Expression Mathématiques (ALEM), Action Collégien, Veille Educative Inspection Générale de la Ville de Paris 98/102

103 (expérimentée dans les 13 ème et 18 ème arrondissements), ainsi que les actions de soutien scolaire ou l organisation médico-sociale scolaire de la Ville. Dans les 11 sites retenus, a été engagé un travail de repérage des enfants connaissant des difficultés par une équipe locale dédiée (Equipes de Développement Local de la DPVI, les représentants des DASES, DASCO, DPP, ceux de l Académie et de la Préfecture/Mission Ville). Ces équipes ont identifié des projets locaux, qui s organisent autour de thèmes communs (accompagnement à la scolarité et psychologique, soutien aux parents, médiation culturelle et offre de loisirs). Le plan 2006 vise non seulement à soutenir des projets locaux mais aussi à reprendre des projets transversaux, notamment le Contrat Local d Accompagnement à la Scolarité (CLAS), afin que des associations d accompagnement scolaire offrent des places supplémentaires pour les enfants en difficulté inscrits dans les parcours de réussite éducative et bénéficient de la formation de bénévoles et de coordonnateurs. Le programme pour 2006 des projets locaux et transversaux correspond à une contribution de plus de , tant de l Etat que de la Ville. Il a été souligné notamment par la Préfecture, la nécessité de l évaluation, gage de l efficacité, ainsi que de la disposition d indicateurs précis, permettant de décrire les résultats obtenus. Inspection Générale de la Ville de Paris 99/102

104 5. LISTE DES PROPOSITIONS DES RAPPORTEURS 5.1. Encourager les associations à construire un référentiel Ce référentiel devrait expliciter : - les objectifs - les méthodes mises en œuvre - les critères d évaluation des enfants - les formations et expériences requises des intervenants - Un groupe de travail associant des représentants de la DASCO et de la DASES pourrait mettre au point un référentiel cible à intégrer dans les conventions 5.2. Travailler sur les moyens offerts aux associations - par une augmentation justifiée des subventions - en assistant, au coup par coup, les associations qui rencontrent des problèmes de locaux - en aidant les associations à s équiper, en mettant à profit les nouvelles dispositions juridiques en vigueur qui permettent une cession gratuite de petits matériels informatiques par les collectivités publiques - en offrant la possibilité aux associations qui le souhaitent de bénéficier de la dématérialisation des procédures administratives - en les intégrant à la base documentaire du «39 75» 5.3. Améliorer le suivi et renforcer les moyens du BAPJ - en établissant une cartographie aussi précise que possible de l accompagnement scolaire à Paris - en proposant à l Académie de Paris la mise en œuvre d un dispositif expérimental d évaluation - en développant la coordination DASCO/DASES - par un effort sur les moyens du BAPJ, en augmentant d une, voire deux, unités l effectif de ses cadres, dans l optique d un suivi ajoutant une dimension «qualitative» à celui qui existe déjà 5.4. Instituer les «journées du soutien scolaire» Regrouper une fois par an autour d un (ou plusieurs) thèmes préparés à l avance des acteurs du soutien et de l accompagnement scolaire : Académie, associations, services de la Ville, CAF, GIP pour la réussite éducative à Paris Utiliser au mieux les moyens offerts par le Groupement d Intérêt Public pour la réussite éducative à Paris - pour renforcer l aide aux associations - pour réaliser des projets expérimentaux - pour coordonner l action des différents acteurs de l accompagnement scolaire Inspection Générale de la Ville de Paris 100/102

105 LISTE DES PERSONNES RENCONTREES Mme Mme Mme Directrice de la DASES Sous-directrice des Actions Familiales et Educatives (DASES) DASES Chef du bureau des Activités de Prévention pour la Jeunesse M. Académie de Paris Inspecteur d académie chargé du premier degré Mme Académie de Paris Inspecteur d académie adjointe M. Académie de Paris Conseiller technique du recteur (R.E.P.) Mme Mme Mme DASCO Sous-Directeur de l Action Educative et Périscolaire DASCO Conseillère technique chargée des projets périscolaires DASCO Chef du Bureau de la Vie Scolaire et des Professeurs de la Ville de Paris M. DPVI Délégué à la Politique de la Ville et de l Intégration M. DPVI Adjoint au Délégué M. DPVI Chargé de mission prévention M. Caisse d allocations familiales de Paris Conseiller technique Temps Libre Mme Secours populaire Responsable Inspection Générale de la Ville de Paris 101/102

106 M. Secours catholique Responsable Mme Relais 59 Responsable M. «Plus Loin» Responsable Mme Mme Airape Responsable Airape Responsable M. Avec MS Responsable Mme Espace 16 Responsable M. Espace 16 Responsable Inspection Générale de la Ville de Paris 102/102

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