FEDERATION INTERPROFESSIONNELLE CAPRINE ET OVINE WALLONNE. chaussée de Namur, 47 5030 Gembloux Tél. : 081/627 447 Fax :081/60 04 46 E-mail : fiow@swing.be TABLE DES MATIERES 1. Contexte général... 2 2. Contexte spécifique... 2 3. Atouts et faiblesses de la filière... 3 4. Opportunités et menaces de la filière.... 3 5. Stratégie de développement....4 6. Valeur ajoutée apportée aux productions... 4 7. Stratégie commerciale... 5 8. Plan d action 2006-2007... 6 Plan de développement de la filière caprine et ovin-lait wallonne (2004) Résumé
1. Contexte général. Dans les pays d Europe du nord, l élevage caprin et ovin laitier n a jamais été une tradition. Il n y a principalement été exercé qu à titre accessoire et bien souvent uniquement pour une consommation familiale ou régionale jusqu au début des années 80. A cette époque l instauration des quotas laitiers par la CEE l a sorti de son anonymat et l a présenté comme une voie de diversification dans les régions herbagères. Si l activité caprine est présente dans tous les pays européens à un niveau suffisant que pour pouvoir être répertorié, il n en est pas de même pour la production de lait de brebis qui n est valablement représentée que dans cinq états membres de la Communauté européenne. Comme souligné dans le point précédent, l élevage caprin et ovin laitier en Belgique et en Wallonie est peu développé. S il existe quelques exploitations où l activité est exercée à titre principal ou dans l objectif d en retirer un revenu complémentaire valable, la majeure partie des élevages sont cependant de taille réduite et n ont pour objectif qu une consommation familiale ou l obtention d un petit revenu complémentaire. Le belge consomme en moyenne 100 gr de fromage de brebis par an, soit une consommation intérieure de 1000 tonnes de fromage ou un équivalent de 4 millions de litres de lait. 2. Contexte spécifique. En 2004, environ 11 347 chèvres ont été répertoriées en région wallonne dans le système Sanitel. Elles ont été déclarées par 1 154 éleveurs. Une majorité des chèvres se retrouvent dans des élevages de faible effectif (97,6% dans des élevages de moins de 20 chèvres tableau 1). n chèvres % éleveurs % effectif < 10 93 % 35,5 % 10 20 4,6 % 8,3 % 20-50 1,2 % 5,6 % > 50 1,2 % 50,6 % Tableau 1. Classement des élevages caprins selon leur taille (données Sanitel 2004) Il importe ici de distinguer les exploitations laitières des exploitations fromagères. Les exploitations fromagères transforment le lait à la ferme, tandis que les exploitations laitières vendent le lait directement. A l exception de quelques artisans fromagers ou groupements locaux (Fermière de Méan par exemple), il n existe pas de structure collectant le lait de brebis et de chèvres, exception faite de Chèvrardennes, au même titre qu il en existe pour le lait de vache. L absence de pareille structure constitue le principal frein au développement de l élevage caprin et ovin laitier en Wallonie. Pour évaluer le secteur ovin laitier, les statistiques Sanitel ne sont d aucune aide car elles ne distinguent pas les ovins à viande des ovins soumis à la traite. Les statistiques fournies par la Direction des Aides à l Agriculture de la Région Wallonne sur l attribution de primes PAC aux éleveurs commercialisant du lait de brebis permettent cependant une bonne approche du cheptel femelles élevé dans un esprit de rente, c est-à-dire au-delà que pour une consommation uniquement familiale. Ces données dénoncent le faible développement de l activité en Belgique, 12 éleveurs et 1221 brebis en Belgique en 2003, dont 7 éleveurs et 947 brebis en région wallonne. Bien que pouvant paraître dérisoire, ces chiffres expriment cependant le développement de l activité. En 1997, la Belgique ne 2
comptait que 6 éleveurs, dont 5 en région wallonne, pour un effectif de 757 brebis, dont 717 élevées en Wallonie. La CEE octroie dans ce cadre une prime d un montant de 16,8 /brebis, majoré de 7 en région défavorisée, aux éleveurs qui commercialisent du lait de brebis. Cette prime est aujourd hui entièrement découplée. L élevage de chèvre e Wallonie ne bénéficie d aucun soutien public. 3. Atouts et faiblesses de la filière. ATOUTS FAIBLESSES - une image positive auprès de la population, respectueux de l environnement et du bien être animal - une activité de diversification à haut potentiel de développement - des produits typiques et variés, commercialisés le plus souvent sous un nom reprenant une notion de terroir et qui drainent une image de tradition et d authenticité, aspects auxquels le consommateur est très sensible - une activité accessible et aisée à mener à titre complémentaire - une activité où la transformation des produits apporte une forte valeur ajoutée, et donc un revenu intéressant au départ d un cheptel réduit - la saisonnalité de la production laitière - l absence d un système de valorisation des chevreaux pour la boucherie EXPLOITATIONS LAITIERES - la rareté des laiteries intéressées par le lait de chèvre et de brebis: en Wallonie, le lait de chèvre n est pris en charge que par une seule laiterie (Chèvrardennes) et le lait de brebis ne fait l objet d aucune collecte EXPLOITATIONS FROMAGERES - la difficulté de pénétrer certains marchés de par la difficulté de les fournir de façon constante et permanente (productions à petite échelle) - absence de filières de commercialisation pour les fromages : la vente directe seule limite le développement en volumes de la production 4. Opportunités et menaces de la filière. Opportunités - peu d actions de sensibilisation du consommateur pour des produits d origine ou de qualité différenciée développées à ce jour potentiel d action important - un marché porteur pour des produits de niche - un marché en développement pour les produits avec notion de terroir et porteur d une image de tradition et d authenticité. Menaces - la perte de certains marchés potentiels dans la grande distribution de par l incapacité de la filière de leurs assurer un approvisionnement constant ou tout au moins permanent ; - la baisse du prix du lait dans les pays voisins (France et Hollande) qui incite à une diminution du prix d achat du lait des producteurs wallons et porte atteinte à la rentabilité de leurs exploitations ; - la prochaine adhésion de pays de l Est à la CEE et donc l ouverture de nos marchés à leurs produits qui seront proposés aux consommateurs à des prix très concurrentiels. 3
5. Stratégie de développement. La stratégie de développement de la filière caprine doit donc être orientée selon 4 axes : 1. Contribuer au développement de l élevage 2. Contribuer à la mise en place de filières de commercialisation pour les chevreaux 3. Contribuer à la mise en place de filières de commercialisation pour les produits fermiers transformés 4. Mettre en évidence un mode de production de qualité différenciée Les produits laitiers caprins et ovins wallons sont déjà d une qualité différenciée par rapport aux produits importés, en ce sens qu ils sont issus d animaux, d exploitations et de conditions de transformation qui répondent aux normes de la législation wallonne et fédérale. A l image des produits de la viande ovine, le respect des normes législatives en vigueur et l adoption de conduites allant à la rencontre de la confiance du consommateur, telle la maîtrise des constituants de l aliment distribué aux animaux ou le suivi sanitaire des locaux de fabrication et des produits laitiers (système HACCP par exemple), doivent permettre de pouvoir prétendre à la reconnaissance d une qualité différenciée. L authenticité d un produit intégralement du terroir est un point qui devra retenir toute l attention du système d agrégation. Si le système Sanitel permet d assurer l authenticité des produits carnés, le contrôle de l origine des produits laitiers est plus délicat. L importation de lait devra être bannie ou limitée à une proportion des volumes totaux transformés. La stratégie de développement devrait se fonder sur une double certification : - un lait certifié, produit dans des exploitations répondant à des règles en matière de conduite d élevage (voir précédemment) - des fromageries certifiées, qui, outre le suivi sanitaire de leurs fabrications et le strict respect des législations en vigueur en matière sanitaire, d infrastructure et de matériel, répondraient à un profil décliné dans le cahier des charges. Un volume maximum de transformation et une proximité des exploitations fournissant le lait affirmeraient le caractère artisanal et de terroir des productions. Ces principes seraient également favorables au développement de petites et moyennes structures de production et de transformation, réparties géographiquement (décentralisation), plutôt qu à celui de grosses structures régionales. Deux intervenants sont considérés dans cette stratégie : le producteur et le transformateur. Tous deux sont contraints au respect d un cahier des charges justifiant une plus value commerciale pour leurs produits. 6. Valeur ajoutée apportée aux productions. 1. Développement de l élevage Le développement de l élevage caprin et ovin lait permettra le développement de nouvelles filières commerciales grâce à une production de volumes suffisants. Le maintien de certaines filières commerciales actuelles et de certains partenaires du secteur, situés en aval et en amont des producteurs, en dépend également. 4
2. Mise en place de filières de commercialisation pour les chevreaux La valorisation des chevreaux et des réformes étant aujourd hui inexistante, le développement de filières d écoulement est un plus évident pour l éleveur 3. Mise en place de filières de commercialisation pour les produits fermiers transformés- Mettre en évidence un mode de production de qualité différenciée L objectif ici n est pas d obtenir un meilleur prix pour les produits fromagers transformés à la ferme mais bien de faciliter leur écoulement par la mise en place de filières d une part, et par leur identification nécessaire à toute activité de promotion. 7. Stratégie commerciale. Pour le fromage de chèvre, la longueur de la lactation des animaux (10 mois) ainsi que la diversité des fabrications fromagères et de leur durée d affinage devraient permettre un approvisionnement permanent et assez constant des points de vente. Pour les brebis, plus saisonnières que les chèvres et dont la période de lactation est plus courte d environ 3 mois, un problème d approvisionnement interviendra pour la majorité des fromages. Inciter des éleveurs à désaisonner leur troupeau en tout ou en partie pour fournir du lait aux fromagers durant toute l année sera nécessaire sous peine de devoir définir des périodes commerciales. Deux modes de commercialisation sont possibles pour les productions fromagères différenciées : une vente directe effectuée par le fromager ou son personnel, à la fromagerie ou sur les marchés, et une vente en circuit long, avec dépôt des produits dans des points de vente (crèmeries, magasins, restaurants). Parallèlement à la création d un cahier de charges de qualité différenciée, la collaboration de l APAQ- W sera sollicitée pour développer le matériel promotionnel des produits répondant au cahier de charge de qualité différenciée. Les points de vente de ces produits seront mis en évidence par le biais du matériel promotionnel d une part, et par la création d un site internet de l autre. Les filières de commercialisation des produits fermiers ovins et caprins doivent dans un premier temps se tourner vers l horeca. La mise en place d une filière intersectorielle d approvisionnement du secteur de l horeca en produits fermiers de qualité différenciée doit permettre à l offre de se développer en tenant compte des volume potentiel limités à l heure actuelle. Le développement d une organisation de type AOC (plusieurs producteurs fabricant un produit définit par un cahier de charge) doit permettre d atteindre des volumes suffisants à une commercialisation dans les circuits de grande distribution. 5
8. Plan d action 2006-2007 1. Contribuer au développement de l élevage a. formations d initiation à l élevage caprin (mars 2006) b. encadrement des projets d installation c. mise en place d un site internet (diffusion information, médiatisation du secteur) mars 2006 2. Promotion d un mode de production de qualité différenciée a. 2006 : acquisition d un logiciel de gestion de troupeau version multi-éleveurs par la Ficow diffusion dans les élevages pour améliorer la traçabilité et la communication des éleveurs avec la banque de données b. 2006-2007 : élaboration d un tronc commun de cahiers de charge de qualité différenciée c. information et sensibilisation à la qualité différenciée par le biais d articles dans «Filière Ovine et Caprine» 3. Stratégie commerciale a. soutien au développement des filières (chevreaux, produits transformés, développement d un produit wallon (cahier de charge type «AOC»)) i. études de faisabilité ii. études de marché iii. marketing 6