Profil des créations d entreprises hors auto-entrepreneurs et de leur dirigeant
L année 2009 a été marquée par un grand changement en matière de création d entreprises avec la mise en place du régime de l auto-entrepreneur. Dès le départ, il a mobilisé toutes les attentions. Pour autant, il ne concernait que 58 % des créations de 2010. Ainsi, 253 451 entreprises ont vu le jour sous la forme d entreprises individuelles traditionnelles ou sous la forme sociétale. Bien entendu, une partie des créations d auto-entreprises a absorbé des créations qui auraient de toute façon vu le jour sous un régime traditionnel, le plus souvent de petits projets. Le dispositif d enquête Sine de la génération 2010 1 s est intéressé séparément aux autoentrepreneurs et aux entreprises hors de ce régime. Ainsi, un questionnaire spécifique a été élaboré pour chacune de ces deux catégories d entreprises avec un socle commun d informations permettant une comparaison. Ce document est une synthèse réalisée à partir d une note d analyse de l APCE intitulée «La création d entreprises hors auto-entrepreneurs : quels profils? Quelles spécificités». Il présente le profil des créations d entreprises hors auto-entrepreneur et de leur dirigeant. 1 Voir la note méthodologique en fin de document Exploitation : APCE - 2 - Juillet 2013
Quelles entreprises ont été créées? Les secteurs d activité Près de trois créations sur cinq sont concentrées dans trois secteurs d activité : le commerce (24 %), la construction (20 %) et les activités scientifiques et techniques (14 %). La création d entreprises par secteurs d activité et proportion d entreprises artisanales Secteurs d activité Répartition des créations d entreprises Proportion d entreprises artisanales Industrie 6 % 61 % Construction 20 % 90 % Commerce 24 % 14 % Transports 3 % 31 % Hébergement et restauration 6 % 31 % Information et communication 4 % 5 % Activités financières 1 % 1 % Activités immobilières 4 % 2 % Activités scientifiques et techniques 14 % 5 % Services administratifs et de soutien 6 % 33 % Enseignement 1 % 1 % Santé humaine 5 % 3 % Arts, spectacles et activités récréatives 1 % 7 % Services en direction des personnes 4 % 76 % Ensemble des entreprises 100 % 34 % L inscription au répertoire des métiers concerne 34 % des nouvelles entreprises hors autoentrepreneurs dont l activité principale y est recensée. Du fait même de la définition des entreprises pouvant prétendre à une inscription à ce répertoire, certains secteurs d activité sont majoritairement composés d entreprises artisanales : - la construction (90 %), - les services en direction des personnes (76 %) qui comportent notamment les activités de coiffeur et de soins esthétiques, - l industrie (61 %) qui compte notamment les boulangers, pâtissiers et charcutiers. Par ailleurs, c est dans le secteur de la construction que les entreprises artisanales sont les plus nombreuses : à lui seul, ce secteur recense plus de la moitié des créations artisanales (53 %). Les entreprises innovantes Introduction de nouveautés et améliorations significatives sur le marché Produits et services 36% Organisation Marketing 13% 15% Procédés de fabrication ou de production 9% 0% 20% 40% Exploitation : APCE - 3 - Juillet 2013
Deux nouveaux dirigeants sur cinq déclarent avoir introduit des nouveautés sur leur marché. Le plus souvent, ils ont introduit ou amélioré de manière significative des produits ou des services nouveaux (36 %). L innovation, autrement dit les nouveautés ou améliorations significatives introduites sur le marché (quel que soit le type de nouveauté), varie de manière importante selon le secteur d activité. Ainsi, les créateurs se déclarant les plus innovants se trouvent dans les secteurs de l enseignement, du commerce, de l information et communication, des services en direction des personnes et de l hébergement et restauration (47 à 51 % des nouvelles entreprises). En revanche, d autres secteurs sont nettement moins innovants (30 à 36 %) : la construction, la santé et les transports et entreposage. En raison de la part importante des nouveautés de produits et services, les particularités de l innovation en matière de secteur d activité sont les mêmes que pour la globalité des nouveautés. Il est important de noter que les nouveautés dans les procédés de fabrication, de production et de logistiques sont très proches dans tous les secteurs. Toutefois, ils sont sensiblement plus fréquents dans les activités de l industrie (14 %). Pour finir, les dirigeants des activités d information et de communication, des activités scientifiques et techniques, de l enseignement et des activités financières déclarent plus fréquemment avoir introduit des nouveautés en termes de marketing (20 à 23 %). L emploi salarié et non salarié L emploi salarié ne concerne qu un faible nombre d entreprises au démarrage de l activité (12 %). Le plus souvent, ces entreprises emploient de 1 à 2 salariés (8 %). Au démarrage, la taille moyenne des entreprises qui emploient des salariés s élève à 2,5 personnes. Types d emplois Les emplois salariés et occupés au démarrage de l activité Part des différents types d emplois Proportion d entreprises concernées par le type d emploi Nombre moyen d emplois dans les entreprises concernées Salariés* 20 % 12 % 2,5 Dirigeants salariés 10 % 14 % 1,1 Dirigeants non salariés 66 % 92 % 1,1 Conjoints-collaborateurs et aides familiaux 2 % 5 % 1,1 Autres types de contrats 1 % 1 % 1,4 Ensemble des emplois non salariés 68 % 93 % 1,1 Ensemble des emplois occupés 100 % --- 1,5 * Exemple de lecture des indicateurs du tableau : - 20 % des emplois occupés au démarrage de l activité sont des emplois salariés, - 12 % des entreprises créées en 2010 emploient des salariés, - 2,5 emplois salariés en moyenne au démarrage par entreprise employant des salariés. La création d entreprises ne génère pas uniquement de l emploi salarié, elle génère également l emploi des dirigeants, de leurs éventuels associés, mais aussi du conjoint, dans certains cas. Ainsi, les nouvelles entreprises emploient en moyenne 1,5 personne salariée ou non par entreprise dont 0,3 salarié. Ainsi, dans la majorité des situations, les entreprises occupent une seule personne (76 %), le dirigeant. Exploitation : APCE - 4 - Juillet 2013
L emploi salarié généré au moment de la création ne concerne que 20 % des emplois occupés dans ces entreprises. La majorité des emplois est occupée par les dirigeants non salariés y compris les éventuels associés (66 %). Le nombre moyen de salariés dans les entreprises en employant est plus important dans les secteurs de l industrie (3,1 salariés), de l hébergement et de la restauration (3,0 salariés) et dans les transports (3,0 salariés). Le secteur de l hébergement et restauration demande une main d œuvre importante ; le nombre moyen de salariés par entreprise est élevé, mais également la part d entreprises employant des salariés (27 % contre 5 à 16 % pour les autres secteurs). Dans d autres secteurs, en revanche, le salariat est moins présent. Dans les secteurs de l immobilier, de l enseignement et de la santé, les entreprises sont moins souvent employeuses et comptent en moyenne moins de salariés. La nature juridique de l entreprise La majorité des entreprises hors auto-entrepreneurs créées en 2010 l ont été sous une forme sociétale (61 %) unipersonnelle (SASU ou EURL) et pluripersonnelle (SARL, SAS ). 16 % des sociétés partagent leur capital social avec une autre entreprise, dont 11 % peuvent être considérées comme une filiale dans la mesure où cette autre société détient plus de la moitié du capital. La direction de l entreprise La majorité des créateurs dirigent seuls leur entreprise (73 %). Le plus souvent, le partage de la direction se fait avec les associés (14 %) ou le conjoint (9 %). Si l on se penche sur les seules sociétés pluripersonnelles, ce sont 23 % d entre elles qui connaissent une codirection avec les associés. Il n en demeure pas moins que 17 % des dirigeants de ces entreprises les codirigent avec leur conjoint ou un membre de leur famille. Il est probable que dans certains de ces cas, ces proches soient également parmi les associés de la société. Partage de la direction de l entreprise Un ou plusieurs associés 14% Le conjoint 9% Un membre de la famille 4% 0% 5% 10% 15% La clientèle de l entreprise La majorité des entreprises ont une clientèle de particuliers (59 %). Les autres ont une clientèle plutôt composée d entreprises (36 %) et d administrations ou d organismes publics ou parapublics (5 %). Selon le secteur d activité, le type de clientèle principale peut varier. Ainsi, la clientèle d entreprises est majoritaire dans les secteurs de l information et de la communication (63 %), des activités scientifiques et techniques (58 %) et des transports et entreposage (50 %). Exploitation : APCE - 5 - Juillet 2013
Dans d autres secteurs, en revanche, la clientèle de particuliers est très fortement présente (68 à 84 %) : le commerce, les activités immobilières, l hébergement et restauration, les activités de services à destination des personnes et la santé. Le plus souvent, le chiffre d affaires se répartit essentiellement sur un grand nombre de clients (45 %). Toutefois, 15 % des nouvelles entreprises ne comptent qu un ou deux clients dont 9 % en comptent un seul. Répartition des entreprises selon la taille de la clientèle 9% 6% 26% 45% 13% 0% 25% 50% 75% 100% 1 client 2 clients 3 à 10 clients Un plus grand nombre de clients Un grand nombre de clients avec quelques importants La taille de la clientèle est liée au type de clientèle. Ainsi, les entreprises qui comptent un grand nombre de clients ont une clientèle essentiellement composée de particuliers (78 %). En revanche, les entreprises qui comptent un faible nombre de clients (10 ou moins) ont une clientèle majoritairement composée d entreprises (59 %). Plus le nombre est faible, plus la clientèle se compose essentiellement d entreprises (67 % de ceux qui ont 1 à 2 clients et 55 % de ceux qui ont 3 à 10 clients). Le plus souvent, la clientèle des entreprises nouvellement créées est locale ou de proximité (54 %). Près d un quart des entreprises ont une clientèle essentiellement nationale (17 %) ou internationale (6 %). La clientèle locale ou de proximité se compose très majoritairement de particuliers (76 %). En revanche, les clientèles plutôt nationales et internationales se composent essentiellement d entreprises (respectivement 58 et 59 %). Les secteurs, dont les activités qui les composent sont principalement à destination des entreprises, ont une clientèle nationale voire internationale plus importante : l industrie (23 % ont une clientèle nationale), les arts, spectacles et activités récréatives (25 % ont une clientèle nationale), les activités scientifiques et techniques (25 % ont une clientèle nationale et 11 % une clientèle internationale) et les activités d information et de communication (33 % ont une clientèle nationale et 12 % une clientèle internationale). D autres secteurs, dont les activités s adressent plutôt au grand public, comptent majoritairement une clientèle locale ou de proximité : l hébergement et restauration (69 %), les services en direction des personnes (76 %) et la santé (80 %). Exploitation : APCE - 6 - Juillet 2013
La coopération avec d autres entreprises 9 % des nouvelles entreprises françaises sont liées à un réseau d enseignes au moment de leur création, dont 4 % le sont sous forme de franchise et 1 % sous forme de coopérative. Dans l ensemble, la part des entreprises en réseau d enseigne dans les secteurs d activité est relativement proche (5 à 11 %). Toutefois, quatre secteurs se distinguent avec une part plus importante d entreprises créées sous réseau d enseigne : le commerce (14 %), les transports (21 %) et les activités financières (20 %). Ces deux derniers secteurs comptent une part plus importante d entreprises sous des formes diverses d enseignes telles que les concessions, les chaînes volontaires et les agents de marques (respectivement 15 et 11 % contre 4 % pour l ensemble des secteurs). Par ailleurs, dans le secteur de la construction les coopérations sous forme de réseau d enseigne sont peu répandues (3 % des entreprises du secteur). Plus d un quart des entreprises pratiquent leur activité en qualité de sous-traitant, dont 12 % exercent la sous-traitance comme principale source de chiffre d affaires et 14 % l exercent de manière annexe. Cette pratique est plus fréquente dans les secteurs de la construction (47 %), de l hébergement et restauration (31 %), des activités d information et de communication (36 %) et des activités scientifiques et techniques (32 %). Qui sont les créateurs d entreprise? Caractéristiques démographiques Secteurs d activité Ensemble des créateurs hors auto-entrepreneurs Femmes 28 % Moins de 30 ans 19 % 50 ans et plus 20 % Age moyen 40,0 ans Nationalité étrangère 9 % dont nationalité de l Union européenne 4 % dont nationalité hors Union européenne 5 % Les femmes, qui représentent 28 % des créateurs d entreprise, sont sensiblement moins nombreuses dans les secteurs de la construction (9 %), des transports (20 %) et de l information et la communication. (22 %). En revanche, elles sont majoritaires dans les secteurs : de la santé (57 %). Et des services en direction des personnes (53 %). Elles sont par ailleurs plus nombreuses dans les secteurs de l enseignement, des activités scientifiques et techniques, des activités immobilières et des arts, spectacles et activités récréatives (34 à 36 % des femmes). Deux secteurs d activité se singularisent par une création plus fréquente par des créateurs de nationalité étrangère : la construction (17 %, dont 9 % de créateurs issus d un pays hors de l Union européenne) et les transports et entreposage (14 %, dont 11 % d étrangers hors Union européenne). Exploitation : APCE - 7 - Juillet 2013
Niveau de diplôme des dirigeants La plupart des créateurs d entreprise sont titulaires d un diplôme d enseignement supérieur (44 %), dont 7 % ont un diplôme d ingénieur ou d une grande école et 10 % ont un diplôme universitaire de 3e cycle ou plus. Par ailleurs, un tiers possède un diplôme de l enseignement secondaire technique (CAP, BEP, Bac professionnel, Bac technologique) et 17 % sont non diplômés ou titulaires d un CEP ou d un BEPC. Niveau de diplôme le plus élevé des créateurs d entreprise 12% 6% 21% 12% 6% 12% 4% 11% 10% 7% 0% 25% 50% 75% 100% Aucun Diplôme CEP, BEPC CAP, BEP Bac technologique ou professionnel Bac général Diplôme technique de 1er cycle (BTS, DUT ) Diplôme universitaire ou général de 1er cycle Diplôme universitaire de 2e cycle Diplôme universitaire de 3e cycle et plus Diplôme d'ingénieur et de grande école Bien évidemment, l activité de l entreprise est fortement corrélée au niveau de diplôme du dirigeant. Ainsi, certains secteurs comptent une large majorité des diplômés de l enseignement supérieur, c est le cas notamment des secteurs de l enseignement, des activités financières, de l information et communication, des activités scientifiques et techniques et de la santé (61 à 83 % des créateurs sont diplômés de l enseignement supérieur). Dans d autres secteurs, les créations sont principalement le fait de dirigeants titulaires d un diplôme secondaire technique : les transports, l hébergement et restauration, l industrie, les services en direction des personnes et la construction (37 à 52 % des dirigeants). Ces secteurs d activité sont également ceux qui comptent le plus d entreprises inscrites au répertoire des métiers. Situation professionnelle avant la création Situation professionnelle avant la création de l entreprise 23% 31% 34% 3% 6% 2% 0% 25% 50% 75% 100% Chef d'entreprise indépendant ou salarié Salarié Demandeur d'emploi Etudiant ou scolaire Sans activité professionnelle Retraité Exploitation : APCE - 8 - Juillet 2013
Dans ce domaine, les profils des dirigeants sont multiples. Tout d abord, 23 % d entre eux étaient déjà chefs d entreprise (dont 14 % étaient indépendants et 9 % étaient chefs d entreprise salariés) et 31 % étaient salariés, dont 4 % salariés de la fonction publique. Par ailleurs, 34 % étaient demandeur d emploi, dont 25 % depuis moins d un an. Pour beaucoup de nouveaux dirigeants, l acte de création d entreprise n est pas nouveau. Si près d un quart étaient déjà chef d entreprise salarié ou indépendant juste avant la création, ils sont encore plus nombreux à avoir déjà créé ou repris une entreprise dans leur passé (32 %). Une très large majorité a eu une expérience unique avant la création (77 %), néanmoins, 4 % déclarent avoir créé au moins quatre entreprises par le passé. Avant la création, un tiers des salariés avaient une qualification de cadre ou de profession intellectuelle supérieure et près de la moitié était employé (26 %) ou ouvrier (22 %). Dernière qualification professionnelle des anciens salariés des secteurs publics et privés 33% 10% 10% 26% 22% 0% 25% 50% 75% 100% Cadre, professions intellectuelles sup. Agent de maîtrise, contremaître Technicien Employé Ouvrier Les agents créateurs de la fonction publique sont plus nombreux dans les qualifications d agent de maîtrise ou agent de catégorie B (20 % contre 8 % des salariés du secteur privé) et dans la catégorie employés (36 % contre 24 %). En revanche, les ouvriers sont plus nombreux parmi les salariés du privé (24 % contre 7 % des agents de la fonction publique), ainsi que les techniciens (10 % contre 5 %). Les chefs d entreprise créent majoritairement dans une activité proche de celle de leur principal métier (62 %). Selon le secteur d activité, cette proximité est variable. Certains secteurs, dont tout ou partie des activités sont soumises à une réglementation portant sur les diplômes ou l expérience professionnelle, sont bien naturellement davantage concernés par la pratique d une activité identique. C est le cas notamment des secteurs de la construction (74 % déclarent avoir une activité identique), des activités scientifiques et techniques (72 %), de la santé (84 %) et des services en direction des personnes (67 %). En revanche, dans d autres secteurs la pratique d une activité proche d un métier connu est moins, répandue allant même jusqu à être minoritaire : le commerce (51 %), l hébergement et restauration (54 %), les transports et entreposage (45 %), l immobilier (43 %) et les arts, spectacles et activités récréatives (43 %). Les créateurs les plus éloignés du marché du travail par un arrêt conséquent de l activité sont plus nombreux à se lancer dans la pratique d une activité différente de celle du principal métier, la difficulté à trouver un emploi dans ce domaine en étant certainement la cause : les chômeurs de longue durée (50 % contre 38 % pour l ensemble des créateurs) et les personnes sans activité professionnelle, dont les mères au foyer (43 %). Exploitation : APCE - 9 - Juillet 2013
La pluriactivité des dirigeants Un créateur d entreprise sur cinq exerce une activité rémunérée parallèlement à son activité de nouveau dirigeant. Le plus souvent, il exerce une autre activité de chef d entreprise salarié ou non (soit 11 % de l ensemble des créateurs) et 9 % des créateurs sont salariés des secteurs publics ou privés (dont 2 % sont également salariés de la fonction publique). La pratique de cette autre activité se fait majoritairement à temps complet (13 %). Le temps consacré à une autre activité rémunérée est lié au statut occupé dans cette autre activité. Ainsi, la majorité des créateurs qui cumulent les activités de chef d entreprise pratiquent leur activité à temps complet (75 % contre 48 % pour les salariés du privé et 57 % pour les salariés du public). Trois secteurs se distinguent par une présence plus importante de créateurs pratiquant une double activité professionnelle : les activités de soutien aux entreprises (25 % des créateurs du secteur), les arts, spectacles et activités récréatives (28 %) et l industrie (30 %). En revanche, le secteur de la construction est moins concerné par ce phénomène (15 %). Par ailleurs, c est dans les secteurs de la santé et des services en direction des personnes que la pratique d une autre activité à temps partiel est la plus importante (respectivement 61 et 40 % des créateurs pratiquant plusieurs activités professionnelles contre 35 % en moyenne). En revanche, cette pratique est moins répandue dans les secteurs de l industrie (30 %), de la construction (30 %) et de l industrie (20 %). Perception de prestations sociales Prestations sociales perçues avant la création de l entreprise Autre minimum social ASS RSTA 0,3% 0,4% 1% RSA, RMI, API 5% Indemnités de chômage 35% 0% 10% 20% 30% 40% Beaucoup de créateurs déclarent avoir perçu des prestations sociales avant la création de leur entreprise (41 %) ; le plus souvent, ils bénéficiaient des indemnités de chômage (35 % des créateurs). Dans les premiers mois de l existence de l entreprise (en moyenne 6 mois), seuls 40 % de ces créateurs continuent à percevoir des minima sociaux. Si les bénéficiaires du RSA et de l ASS continuent majoritairement à percevoir ces prestations (respectivement 60 et 70 %), en revanche, les bénéficiaires des indemnités de chômage sont peu nombreux à continuer à les percevoir après la création (36 %). Quatre types de créateurs sont fortement concernés par la perception de prestations sociales, des personnes qui se trouvaient en situation professionnelle précaire : les chômeurs de courte durée (88 % d entre déclarent percevoir des prestations sociales), les chômeurs de longue durée (82 %), les inactifs (40 %) et dans des proportions moindres, des salariés dont un certain nombre étaient en contrat à durée déterminée ou en mission d intérim (26 %). Les prestations sociales concernant seulement 4 à 12 % des autres catégories de créateurs. Exploitation : APCE - 10 - Juillet 2013
Motivations et objectifs Motivations des nouveaux dirigeants à la création de leur entreprise Etre indépendant 60% Goût d'entreprendre, d'affronter de nouveaux défis 44% Envier d'augmenter les revenus 27% Sans emploi, a choisi de créer 21% Opportunité de création d'entreprise 20,0% Idée nouvelle de produits, de services ou de marchés 15,0% Exemples réussis d'entrepreneurs dans l'entourage 9% Seule possibilité d'exercer sa profession 8% Sans emploi a été contraint de créer 4% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% Les principales motivations avancées par les créateurs d entreprise sont : le désir d être indépendant (60 %) et le goût d entreprendre (44 %). L envie d augmenter les revenus, bien qu arrivant en troisième position des motivations, ne concerne que 27 % des créateurs d entreprise. L absence d emploi est une motivation avancée par 24 % des créateurs d entreprise. Cependant, elle n est vécue comme une contrainte que par 4 % des créateurs, 21 % déclarant avoir choisi cette situation. Bien entendu, ces motivations concernent très majoritairement les anciens demandeurs d emploi et «inactifs». Parmi ces trois catégories, les dirigeants qui se trouvaient dans les situations les plus précaires déclarent plus fréquemment s être sentis contraints de créer : 10 % des personnes sans activité et 12 % des chômeurs longue durée contre 6 % des chômeurs de courte durée. Les anciens étudiants se distinguent en citant plus fréquemment la création comme seul moyen d'exercer leur profession (30 % contre 8 % pour l ensemble des créateurs). Ce sont très majoritairement des créateurs installés dans les secteurs des activités scientifiques et techniques (principalement les activités juridiques) et de la santé (essentiellement les activités de rééducation et d appareillage). La majorité des créateurs d entreprise ont pour principal objectif d assurer avant tout leur propre emploi (64 %). Les autres, un peu plus d un tiers, souhaitent développer fortement leur entreprise en termes d emplois (22 %) ou en termes d investissements (14 %). L objectif d assurer son propre emploi est plus fortement répandu parmi les créateurs du secteur de la santé (82 %). En effet, la pratique de beaucoup de métiers de ce secteur (médecins généralistes ou spécialistes, infirmières, kinésithérapeute, psychologues ) passe très couramment par la création d une entreprise. Ces praticiens ne sont pas dans une logique entrepreneuriale, mais plutôt dans un mode courant de pratique de leur activité. Il est donc normal qu ils se placent bien moins souvent dans une vision de fort développement de leur activité. Exploitation : APCE - 11 - Juillet 2013
Les créateurs qui ont l expérience de l entrepreneuriat se placent davantage dans une volonté de fort développement de leur entreprise. En revanche, l objectif d assurer avant tout son propre emploi est plus important chez les dirigeants qui n avaient pas d emploi avant la création : 71 % des demandeurs d emploi et 73 % des personnes sans activité professionnelle. En lien avec ces situations, les dirigeants dont les motivations sont liées à l absence d emploi ont plus fréquemment pour objectif d assurer avant tout leur propre emploi. Quel avenir pour l entreprise? Toutes les entreprises qui se créent n ont pas vocation à être pérennes. Ainsi, 10 % des dirigeants déclarent dès le démarrage qu ils ont prévu une durée limitée de vie pour leur entreprise (moins de 5 ans). Un quart des créateurs d entreprise envisage d employer des salariés dans les 12 mois qui suivent l enquête et 44 % affirment qu ils ne le feront pas. Prévision d embauche des salariés dans les 12 mois qui suivent l enquête Ne sait pas 31% Embauche prévue 25% Pas d'embauche prévue 44% La prévision d embauche de salariés est plus répandue dans les secteurs d activité qui nécessitent de la main-d'œuvre et qui sont donc déjà plus fréquemment employeurs au démarrage : la construction et l hébergement et restauration (30 %). Les dirigeants du secteur de l information et de la communication prévoient également plus fréquemment d employer des salariés (32 %). Si les dirigeants qui n emploient pas de salariés au démarrage déclarent principalement qu ils n emploieront pas de salariés dans les 12 prochains moins (47 %), en revanche, ceux qui en emploient affirment essentiellement qu ils le feront (43 %). De même, les dirigeants qui déclarent se positionner dans une logique de fort développement de leur entreprise sont plus nombreux à déclarer vouloir embaucher des salariés dans les 12 mois qui suivent l enquête et principalement ceux qui souhaitent la développer en termes d emplois (51 % contre 34 % de ceux qui pensent développer leurs investissements et 14 % de ceux qui souhaitent avant tout assurer leur propre emploi). Exploitation : APCE - 12 - Juillet 2013
La mise en place du projet de création L accompagnement La plupart des nouvelles entreprises créées ont bénéficié de soutien (sous forme de conseil, information, logistique, financier) pour monter leur projet (70 %). Ces soutiens sont de deux ordres : ceux qui proviennent de l entourage proche professionnel ou personnel (collègues, employeurs, conjoint, famille : 49 %) et ceux qui émanent de spécialistes (réseaux d accompagnement dédiés à la création d entreprises ou aux entreprises innovantes et professionnels experts tels que les experts-comptables, les avocats, les juristes : 45 %). Soutiens reçus pour le montage du projet (conseil, informations, logistique ou financier) Une structure dédiée à la création d'entreprise Une personne de l'entourage personnel 29% 28% Un professionnel agissant comme expert Le conjoint 21% 22% Une personne de l'entourage professionnel 15% Une structure dédiée aux entreprise innovantes 3% Aucun / projet monté seul 29% 0% 10% 20% 30% Les créateurs expérimentés dans l entrepreneuriat se tournent très peu vers les organismes dédiés à la création d entreprise pour trouver du soutien (10 % de ceux qui étaient chefs d entreprise avant la création contre 28 % de l ensemble des créateurs). En revanche, ils s adressent plus fréquemment à des professionnels agissant comme experts (29 % contre 22 %). Par ailleurs, les demandeurs d emploi représentent plus de la moitié des bénéficiaires de soutien venant de réseaux d accompagnement dédiés à la création d entreprise (55 %). A titre de comparaison, ils ne représentent qu un tiers des créateurs. Les difficultés rencontrées Peu de chefs d entreprise échappent aux difficultés lors du montage du projet. Ainsi, près de huit créateurs sur dix déclarent en avoir rencontré au moins une. Les formalités administratives arrivent en tête des difficultés rencontrées (40 %), loin devant les problèmes liés à l établissement de contacts avec la clientèle (22 %) ou à l obtention d un financement (21 %). Les difficultés les moins fréquentes concernent l ouverture d un compte bancaire (seulement 5 % des entreprises sont concernées) et l obtention de l autorisation d un découvert bancaire (7 %). Exploitation : APCE - 13 - Juillet 2013
Principales difficultés rencontrées lors de la création de l entreprise Régler les formalités administratives 40% Etablir des contacts avec la clientèle Obtenir un fiancement 22% 21% Etre seul comme entrepreneur Fixer les prix 16% 16% Trouver un local commercial approprié Embaucher du personnel qualifé 12% 11% Obtenir l'autorisation d'un découvert bancaire Ouvrir un compte bancaire 5% 7% Aucune difficulté particulière 22% 0% 10% 20% 30% 40% Les difficultés de trouver des financements sont plus fréquemment citées par les créateurs qui ont contracté un emprunt bancaire : 27 % de ceux qui ont contracté un prêt au titre de l entreprise (contre 17 % pour les autres) et 31 % de ceux qui ont contracté un prêt en leur nom propre (contre 19 %). Enfin, et très logiquement, les difficultés d embauche de personnel qualifié concernent bien plus fréquemment les dirigeants qui emploient des salariés (31 % contre 8 % de ceux qui n emploient pas de salariés au démarrage). Le financement de la création d entreprise Près de la moitié des nouvelles entreprises ont eu besoin de moins de 8 000 pour commencer leur activité, dont 20 % ont nécessité moins de 2 000. Par ailleurs, 19 % ont réuni 40 000 ou plus, dont 6 % 160 000 ou plus. Dans certains secteurs, les entreprises sont plus nombreuses à avoir investi des montants importants : l hébergement et restauration (37 % ont eu besoin d au moins 40 000 ), l industrie (33 %), les transports (26 %) et le commerce (24 %). Dans d autres secteurs se composant essentiellement d activités de services, les entreprises réunissent plus fréquemment de faibles capitaux : la santé (62 % ont réunis moins de 8 000 contre 47 % pour l ensemble des secteurs), les activités spécialisées et techniques (60 %), les activités d information et de communication (59 %), les activités financières (58 %), les activités immobilières (56 %), l enseignement (56 %), les arts, spectacles et activités récréatives (55 %) et les services administratifs et de soutien aux entreprises (54 %). Ces activités nécessitent moins de capitaux à l installation en raison notamment du moins grand nombre d entreprises nécessitant du personnel, mais surtout en raison des investissements moins importants en termes de matériel, locaux, stocks, véhicules Exploitation : APCE - 14 - Juillet 2013
Montant des capitaux utilisés dans le montage du projet 160 000 et plus 6% Moins de 2 000 20% 40 000 à 159 999 13% 8 000 à 39 999 34% 2 000 à 7 999 27% Le fait d employer des salariés au démarrage augmente les capitaux utilisés pour la création de l entreprise (36 % de ces entreprises ont réuni au moins 40 000 contre 16 % pour celles qui n emploient pas de salariés). La moitié des chefs d entreprise déclare avoir financé les capitaux initiaux avec leurs seules ressources propres. Le recours aux prêts bancaires pour financer les capitaux nécessaires à la création de l entreprise concerne 43 % des créateurs, dont 34 % ont eu recours à un emprunt au titre de leur entreprise. Par ailleurs, 10 % des créateurs ont eu recours à des prêts non bancaires : 9 % ont bénéficié d emprunts de type avances remboursables ou prêts d honneur et 2 % ont bénéficié de microcrédits. Modes de financement des capitaux initiaux en dehors des seules ressources personnelles Emprunt bancaire au titre de l'entreprise 34% Emprunt bancaire en nom propre du dirigeant 12% Avances remboursables et prêts d'honneur 9,0% Subventions ou primes 7% Apport en capital d'autres sociétés 4,0% Microcrédit non bancaire Capital risque 2% 0,3% 0,0% 10,0% 20,0% 30,0% L utilisation des seules ressources propres dans le financement du projet de création d entreprise concerne d autant plus d entreprises que les capitaux réunis sont faibles. Ainsi, 66 % des entreprises ayant réuni 8 000 ou plus ont utilisé leurs seules ressources propres contre 21 % de celles qui ont réuni 40 000 ou plus. Exploitation : APCE - 15 - Juillet 2013
9 % des créateurs d entreprise ont eu recours à des avances remboursables ou des prêts d honneur pour financer leur montage de projet de création d entreprise. Ces prêts non bancaires sont un véritable soutien financier pour les créateurs et leur entreprise. Leur obtention a bien souvent un effet levier sur les organismes bancaires qui sont souvent davantage enclins à octroyer un emprunt. Les statistiques confirment cet état de fait. Ainsi, 79 % des entreprises qui ont bénéficié d un prêt non bancaire ont également bénéficié d un prêt bancaire contre 39 % de celles qui n ont pas bénéficié d un prêt bancaire. Quand le plan de financement de l entreprise intègre un ou plusieurs prêts bancaires, ces derniers contribuent à hauteur de 68 % des montants mobilisés par la création. Par ailleurs, dans cette situation, 24 % des moyens nécessaires ont été financés par les ressources personnelles du dirigeant (y compris celui des associés et de la famille) et 7 % par d autres formes de financement dont les prêts non bancaires. Lorsque les dirigeants ont bénéficié de prêts non bancaires, ces derniers contribuent à hauteur de 29 % des moyens nécessaires, les prêts bancaires participent à 41 % et les ressources personnelles à 30 %. Les aides à la création d entreprise La moitié des chefs d entreprises interrogés déclarent avoir bénéficié d aides ou d exonérations publiques dans le cadre de la création de leur entreprise. La principale aide citée est l Accre (43 %). Aides et exonérations publiques perçues par les créateurs d entreprise Aide pour le développement économique de l'oure-mer CIR Autres aides ou exonérations Aides de l'agefiph Aides locales ou régionales Aides liées à l'innovation à la création PCE 0,1% 0,2% 2% 2% 3% 5% 5% Exonérations de cotisations sociales ou d'impôts Nacre 8% 9% Accre 43% 0% 10% 20% 30% 40% Les aides les plus fréquemment utilisées (l Accre et le Nacre) sont notamment destinées aux demandeurs d emploi et aux bénéficiaires de minima sociaux (RSA et ASS notamment). De ce fait, il est logique d observer que 87 % des bénéficiaires de l Accre étaient demandeurs d emploi ou inactifs et que 75 % percevaient des prestations sociales. Par ailleurs, les demandeurs d emploi de longue durée et les inactifs bénéficient majoritairement de l Accre (respectivement 81 et 69 % d entre eux). Exploitation : APCE - 16 - Juillet 2013
Source des statistiques utilisées Ces statistiques sont issues de l enquête Sine de la génération 2010 (Insee). A partir des fichiers individuels mis à disposition par l Insee, l APCE procède à l exploitation de ces fichiers et à l analyse des statistiques qui en sont issues. Le dispositif Sine (Système d information sur les nouvelles entreprises) est un dispositif d enquêtes réalisées par l Insee, permettant de suivre une même génération d entreprises durant cinq années par l intermédiaire d enquêtes quantitatives. Ces enquêtes se font par l intermédiaire de questionnaires envoyés par courrier postal auprès de nouvelles entreprises (créations pures, reprises et réactivations) relevant des secteurs marchands non agricoles (industrie, commerces et services). Le but de ce dispositif est d apporter des informations sur les caractéristiques des nouvelles entreprises, les caractéristiques et les motivations de leur dirigeant, les moyens financiers mis en œuvre, le montage du projet et l emploi salarié d une part. D autre part, ce dispositif permet également d observer le développement des jeunes entreprises durant leurs premières années de vie et d aborder la pérennité. Pour chaque génération (entreprises créées durant le premier semestre d une année donnée), le dispositif se compose de trois enquêtes : la première est réalisée en septembre de l année de création, la deuxième est réalisée trois ans après la première (toujours en septembre), la seconde est réalisée cinq ans après la première soit deux ans après la deuxième (toujours en septembre). Pour la génération 2010, deux questionnaires ont été élaborés pour la première vague d interrogation : un premier questionnaire pour les auto-entreprises et un second questionnaire pour les autres entreprises dites traditionnelles. Chaque questionnaire est propre à la population de créateurs qu il concerne. Cependant, un socle commun de questions sur le profil du dirigeant et le profil de l entreprise a été prévu. L enquête concernant les auto-entrepreneurs a été réalisée auprès d un échantillon représentatif de 40 000 entreprises créées le premier semestre 2010 (échantillon qui représente 21 % des créations d autoentreprises). L échantillon est tiré à partir des nouvelles entreprises recensées dans le répertoire SIRENE. Il est stratifié à partir de deux critères : la région d implantation du siège de l entreprise et l activité de l entreprise (niveau agrégé des secteurs d activité : A_21). L enquête concernant les entreprises traditionnelles a été réalisée auprès d un échantillon représentatif de 52 000 entreprises créées le premier semestre 2010 (échantillon qui représente 42 % des créations d autoentreprises). L échantillon est tiré à partir des nouvelles entreprises recensées dans le répertoire SIRENE. Il est stratifié à partir de trois critères : la région d implantation du siège de l entreprise et l activité de l entreprise (niveau agrégé des secteurs d activité : A_21), la présence ou non de salariés à la création. Le dispositif est renouvelé tous les quatre ans. A ce jour, cinq générations d entreprises ont été enquêtées : 1994, 1998, 2002, 2006 et 2010. LIRE AUSSI APCE. La création d entreprises hors auto-entrepreneurs : quels profils? Quelles spécificités? Juillet 2013. 29 pages APCE. Profil des auto-entrepreneurs et de leur entreprise. Juin 2013. 16 pages F. Barruel, N. Penaud et S. Thomas. Créations et créations d entreprises Première interrogation 2010, profile du créateur. Insee Résultat n 57 série économie. Février 2012. APCE. La création d entreprises en France en 2010. Avril 2011. 18 pages Exploitation : APCE - 17 - Juillet 2013