Guide pratique de traumatologie du sport, acanthe-masson, 1999 ENTORSE
Définition Entorse : étirement ou une déchirure - des ligaments, - des bandes dures de tissu fibreux qui relient les os entre eux dans les articulations. Foulures : étirement ou une déchirure - musculaire - tendineuse. Points communs : - signes et symptômes - Comme un tendon ou un muscle est un tissu fibreux qui relie les muscles aux os, la foulure est une entorse particulière. Guide pratique de traumatologie du sport, acanthe-masson, 1999
ENTORSE Cheville C est la lésion des ligaments de la cheville : - ligament latéral externe (LLE) représente la majorité des cas. Les autres entorses sont : - ligament latérale interne (LLI), - ligaments tibio-fibulaires (LTF). Il existe trois stades : - entorse bénigne, - simple distension ligamentaire, - entorse grave : rupture du ligament.
ENTORSE Cheville Une entorse est diagnostiquée par un médecin et soignée par un kiné. Comment l évalue t il? 1. Anamnèse : souvenir de la personne 2. Examen clinique 1. Souvent par une radiographie pour éliminer ou non la fracture ou autre lésion osseuse 1. Mais juste si de 18 ans ou + de 55 ans 2. Mais présence douleur locale (cheville ou tarse) 3. Pas de possibilité de faire 4 pas 4. Douleur à la palpation 2. Palpation 1. Permet de voir les faisceaux du LLE (antéro, médian, postérieur) 2. Vérifie les fibulaires 3. Vérifie le 5 ème métatarsien 4. Vérifie la face antéro-interne tibio-talus 3. Etude de mobilité et de mouvement anormaux Conférence consensus, 1995
ENTORSE Cheville Une entorse est diagnostiquée par un médecin et soignée par un kiné. Comment est elle soignée? 1. Mobilité précoce 2. Lutte contre l œdème et l inflammation (RICE) 3. Puis en fonction de l impotence 1. Légère : arrêt du traitement 2. Modérée : marche avec bandage 3. Importante : 1. Radio et immobilisation 5 à 6 semaine (dont trois par plâtre) Médicaments (prescrits) : 1. paracétamol Conférence consensus, 1995
ENTORSE Cheville LLE : - le faisceau antérieur ou talo-fibulaire antérieur est une bandelette plate, large et plutôt horizontale ; - le faisceau moyen ou calcanéo-fibulaire est une bandelette étroite plutôt verticale ; - le faisceau postérieur ou talo-fibulaire postérieur. - 6000 nouveaux cas par jour en France - 15 à 20 % des traumatismes sportifs (tous sports confondus) Elle doit être différenciée - de la simple entorse de cheville, - d une fracture ou luxation du cou-de-pied.
ENTORSE Cheville Le LLI : Deux feuillets individualisables dans leur portion distale (un feuillet superficiel ou ligament deltoïde et un feuillet profond) Observation : Ecchymose péri- et sous-malléolaire diffus associé à une douleur à la palpation de la région malléolaire interne. Traitement : Conservateur, fonctionnel, sans immobilisation ou une immobilisation dans des attelles amovibles qui permettront la rééducation en flexion-extension de la cheville sans mouvements de latéralité.
ENTORSE Cheville Ligaments tibiofibulaires (LTF), antérieur et postérieur : - Moins de 1 % des entorses de la cheville. - Elle est le plus souvent associée à la fracture bimalléolaire. Cette lésion est fréquente chez : - les skieurs, - les footballeurs qui shootent dans le sol. Observation : Douleur à la palpation de la péronéo-tibiale inférieure. Luxation des tendons péroniers - 0,5 % des traumatismes de la cheville (adulte jeune le plus souvent) - Présence de douleur et une impotence fonctionnelle et un œdème du coup du pied. Souvent une sensation de claquement rétromalléolaire (en arrière de la malléole) est signalée. Le traitement est chirurgical dans la majorité des cas
ENTORSE Cheville Ce qu il faut faire : Travail de renfort des masses musculaires de la cheville : - isométrique - force ou puissance (à l échec) - bulgare - plio Travail en instabilité de cheville : - pied instable (unipodal simple ou sur sol instable) - cloche-pied et réception - cloche et réception avec action de concentration dans la phase de vol - pied instable et haut mobile - pied instable haut mobile et concentration hors appui - appuis latéraux
LE GENOU Articulation complexe composée de trois compartiments : - fémoro-patellaire, - fémoro-tibiale interne, - fémoro-tibiale externe. Les condyles fémoraux (convexes) s articulent avec les plateaux tibiaux. Le plateau tibial : - interne : concave, - externe : convexité antéro-postérieure. La congruence (fémoro-tibiales) augmentée par - les ménisques interne et externe. Le compartiment (fémoro-patellaire) à la base de l appareil extenseur du genou, met en présence : - la surface articulaire postérieure de la rotule - la trochlée fémorale.
LE GENOU La capsule articulaire : - Enveloppe fibreuse de l extrémité inférieure du fémur à l extrémité supérieure du tibia. - Lâche et mince à la partie antérieure de l articulation, - Extrêmement épaisse et résistante en arrière (enveloppant les condyles dans une coque fibreuse dite coques condyliennes). Les ligaments croisés antérieurs et postérieurs constituent le pivot central : - LCA : épine tibiale antérieure à face axiale du condyle externe, - LCP : (plus volumineux et plus résistant) de surface rétro-spinale du tibia à face axiale du condyle interne (tiers antérieur).
LE GENOU Les ligaments latéraux - LLI, de point d angle postéro-interne (PAPI) avec : - un plan profond fémoro-ménisco-tibial - un plan superficiel fémoro-tibial. Le PAPI est un renforcement capsulaire où se croisent les extensions du muscle demimenbraneux et du LLI. La corne postérieure du ménisque interne adhère fortement à cette structure. LLE vs LLI : - le LLE est plus court et plus mince - le LLI (va de la face externe du condyle externe jusqu à la tête de la fibula).
LE GENOU - Le point d angle postéro-externe (PAPE) : - zone située en arrière du ligament latéral externe, - correspond à une zone capsulaire renforcée par les tendons d insertion du muscle poplité, - s insère sur la corne postérieure du ménisque externe Renforcement «active» avec : - Tendon du biceps fémoral (sur la tête du fibulaire) - Bandelette de Maissiat (partie terminale du fascia lata), - Quadriceps fémoral, - Patella, - Tendon rotulien. Guide pratique de traumatologie du sport, acanthe-masson, 1999
ENTORSE GENOU Les lésions ligamentaires du genou sont consécutives à des mécanismes d entorse. Les structures capsulo-ligamentaires du genou dépassent leur limite élastique On obtient : - lésions partielles, - ou lésions totales. Base : Risque : - Traumatismes extrêmement violents - Peut aboutir à une luxation vraie, - Souvent associées à des fractures (fémur et tibia).
ENTORSE LLE GENOU Vient de : Choc ou mouvement de flexion latérale exagérée S observe par : Douleur au genou en rotation, en valgisation ou en varisation Il faut : Poser un strap Après 30 jours proprioception Guide pratique de traumatologie du sport, acanthe-masson, 1999
Evaluer et solutionner 1. La laxité est possible mais : - Elle doit être commune aux articulations, - Tiroir normal de 3 à 10 mm, mais pas plus de 2 d écart entre G et D, 2. Si laxité anormale : LCA problèmatique 3. Voir l avis médical 4. Renforcer le quadriceps : - isométrie (totale), - action unipodale, - pas de travail en chaîne ouverte, - toute forme de travail sur quadri avec un temps supérieur sur coté lésé.
Evaluer et solutionner Evaluation : - En flexion : c est le LCP qui assure le contrôle de la translation tibiale postérieure. La section du LCP s accompagne d un tiroir postérieur d au moins 1 cm. - En extension : les coques condyliennes étant tendues, elles participent au contrôle de la translation postérieure. A noter : externe. - Le LLI s oppose au bâillement interne lors des mouvements en valgus. - Les formations postéro-internes protège lors des mouvements de rotation - Le LLE s oppose au bâillement externe lors des mouvements de varus - Les coques condyliennes s opposent aux mouvements de recurvatum.
Evaluer et solutionner Le mouvement de valgus-flexion-rotation-externe (VFRE) : - il provoque successivement une atteinte du : - plan capsulo-ligamentaire interne (point d angle postéro-interne et LLI), - ménisque interne, - ligament croisé antérieur (LCA). Le mouvement de varus-flexion-rotation interne (VFRI) : - il provoque successivement une atteinte du : - LCA, - plan capsulo-ligamentaire externe (point d angle postéro externe et LLE), - ménisque externe. A l extrême : Squat complet en mouvement (ski réception de saut) : rupture LCA ½ squat : rupture du LCP Choc en varus ou valgus : luxation du genou
Evaluer et solutionner Quel choc? Craquement évoque une rupture notamment du LCA, Déchirure évoque la rupture ligamentaire ou tendineuse, Impression de déboitement évoque : - une lésion du LCA, - plus rarement une lésion du LLI, - plus rarement le coincement d un ménisque, - plus rarement une luxation, - plus rarement une sub-luxation de la rotule.
Evaluer et solutionner Test de Lachmann - Vérifier un tiroir antérieur = LCA ; postérieur = LCP Evaluation de la laxité frontale - Genou en extension complète et en flexion à 20/30. - A 20/30 de flexion : examen des LLI et LLE. Ressaut rotatoire - passage de la position d extension à la flexion + valgus + rotation interne du pied. L existence d un ressaut de ce type témoigne également de la rupture du LCA,
Evaluer et solutionner Renfort : - quadriceps : - fente (appui pied avant), - squat latéral, - squat sol instable, - squat avec toute forme de travail, - tout en chaîne fermée. - ischio-jambier : - leg curl ou autre, - isométrie ou bulgare, - chaîne ouverte ou fermée
SACRO-ILIAQUE Vient de : Traumatisme direct (chute) Traumatisme indirect (appui monopodal en torsion) Glissade en poussant un objet lourd Microtraumatismes répétés chez le sujet hyperlaxe S observe par : Douleur unilatérale après traumatisme Douleur strictement mécanique au sacro-iliaque et irradiant la fesse Douleur sacro-iliaque à la palpation ilio lombaire et sacrosciatique Asymétrie des épines iliaques antéro ou postéro supérieure Il faut : Repos sportif de 15 jours à 3 semaines Arrêter : roller, glof, bowling, vélo, montée d escalier marche Guide pratique de traumatologie du sport, acanthe-masson, 1999
Test de provocation de douleur SACRO-ILIAQUE Particularité : Articulation diarthosique Innervation de L2 à L4 L5 (souffrance isolée) nerf obturateur, glutéal supérieur, du tronc lombo-sacré s observe sur une boiterie (pas court) avec raccourcissement controlatéral à l Articulation Sacro-Iliaque douloureuse Sur des modification hormonales : - adolescence - grossesse La production de relaxine augmente la laxité ligamentaire Muscle Souvent le piriforme (sa contraction entraîne une compression du nerf sciatique dans la grande incisure sciatique) Nuance Pli de l aine = douleur coxo-fémorale Postérieur = douleur sacro-iliaque Guide pratique de traumatologie du sport, acanthe-masson, 1999
SACRO-ILIAQUE Test de Yeoman - Procubitus (allongé sur le ventre) - test avec Appuis : - 1 main sur la fesse (haut, au niveau de l articulation hanche) - 1 main sous le genou (ipsilatéral) - action : montée de la cuisse progressive avec rotation externe de celle-ci, le genou en flexion légère Ce mouvement permet de mettre en tension le droit fémoral sur le genou fléchi Rapport de kiné 3 ème année, Emmanuel COTTANT, 2002
SACRO-ILIAQUE Test de Laguerre - Décubitus (allongé sur le dos) - Hanche fléchie à 90 - Abduction complète de la hanche Action : - 1 main sur le genou pour appuyer le plus possible dans l axe Ce test doit permettre de déclencher une douleur fessière. Rapport de kiné 3 ème année, Emmanuel COTTANT, 2002
SACRO-ILIAQUE Test de MAC NAB - Décubitus (allongé sur le dos) - Genoux fléchis à 90 et collés - Hanche en flexion (environ 90 ) Action : - 1 main sur chaque genou, résister à l ouverture de hanche que tente de réaliser le sujet. Ce test doit permettre de déclencher une douleur fessière significative d une souffrance sacro-iliaque Rapport de kiné 3 ème année, Emmanuel COTTANT, 2002
Solution d étirement sacroiliaque Contraction isométrique des adducteurs - Décubitus (allongé sur le dos) - Genoux en extension complète - Ouverture de hanche d environ 45 Action : - 1 main sur chaque genou, résister à la fermeture Ce test doit permettre d étirer les ligaments sacro-iliaques (évalue aussi la douleur) Rapport de kiné 3 ème année, Emmanuel COTTANT, 2002
Solution d étirement sacroiliaque Sacral trust test - Décubitus (allongé sur le dos) - Genoux en extension complète Action : - 2 mains (l une sur l autre) sur l articulation sacro-lombaire - appui fort et relâchement rapide. Cela induit un cisaillement et étire le ligament sacro-iliaque antérieur et capsule de la jonction lombo-sacrée. Rapport de kiné 3 ème année, Emmanuel COTTANT, 2002