MACROECONOMIE TP séance 1: la comptabilité nationale



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1 Exercice 1 MACROECONOMIE TP séance 1: la comptabilité nationale Chiara Farronato - Hélène Latzer - Bastien Chabé-Ferret a Qu est-ce que la valeur ajoutée d une entreprise? b Quelle est la différence entre valeur ajoutée brute et nette? c Quelle est la différence entre la somme des valeurs ajoutées brutes et le produit national net? d Quelle est la différence entre le produit national brut au prix du marché et le produit intérieur net aux coûts des facteurs? e Vrai ou faux? La farine achetée par un particulier est comptabilisée dans le PIB alors que celle achetée par un boulanger ne l est pas. f L activité d un particulier qui repeint lui-même sa maison entre-t-elle dans le calcul du PIB? g Vous vous rendez dans un salon de coiffure pour vous faire couper les cheveux. Ce service est-il comptabilisé dans le PIB? h L impôt sur les sociétés est-il retranché pour calculer le revenu primaire des entreprises? i La TVA est-elle comprise dans le revenu primaire de l État? j Si l indice des prix à la consommation est de 115 en France et de 125 aux États-Unis, pouvez-vous en dédire que le taux d inflation américain est supérieur aux taux français? k Un même bien peut-il être à la fois final et intermédiaire? Donnez un autre exemple que la farine. 2 Exercice 2 a Rappelez quelles sont les trois optiques utilisées en comptabilité nationale et quelles sont les décompositions du PIB selon chacune de ces optiques. b Dans le tableau ci-dessous, le PIB de la Belgique est décomposé en un certain nombre de catégories. Classez chacune de ses catégories selon la décomposition du PIB par dépenses. c La croissance du PIB de la Belgique entre 2001 et 2002 est de 2% en termes nominaux alors qu elle n est que de 0, 3% en prix de 2001. Comment interprétez-vous cette différence? Profitezen pour rappeler la différence entre valeurs nominales et valeurs réelles. d A votre avis, le PIB est-il une bonne mesure de la performance et de la productivité d un pays? Justifiez votre réponse. 1

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En millions d euros Revenus du travail (impôt sur le revenu et cotisations de sécurité sociale compris) 2888 Revenus de la propriété échéant aux particuliers 689 impôt sur le revenu 1215 taxes indirectes 508 transferts aux ménages 1005 6 Exercice 6 Table 1: décomposition du revenu en Belgique Supposez que l économie de la Chine Taipei (Taiwan) ne produise que des voitures hybrides et des voitures diesel toutes vendues sur le marché intérieur. En plus des voitures, Taiwan consomme du pétrole qu elle importe. Considérez les données du tableau suivant : Bien : Voitures diesel Voitures hybrides Barils de pétrole Année : Prix Quantité Prix Quantité Prix Quantité 2006 20000 100 35000 10 40 8000 2007 22000 80 25000 30 70 7000 a En utilisant l année 2006 comme base, calculez le PIB réel de Taiwan en 2006 et 2007. Calculez le taux de croissance réel entre 2006 et 2007. b Reprenez la première question en utilisant l année 2007 comme base. Le taux de croissance réel dépend-il de l année de base choisie? c Calculez le déflateur du PIB pour chaque année en base 2006. l inflation. Déduisez-en une mesure de d Considérez un indice des prix à la consommation des biens nationaux. Calculez un tel IPC pour les années 2006 et 2007 avec 2006 comme année de base. Déduisez-en une mesure de l inflation. Expliquez pourquoi cette mesure diffère de la précédente, calculée via le déflateur du PIB. e Considérez maintenant l IPC général. Calculez-le pour 2006 et 2007 en base 2006. Donnez le chiffre d inflation correspondant. D où vient la différence? 3

1 Exercice 1 MACROECONOMIE Solutions TP 1: la comptabilité nationale Chiara Farronato - Hélène Latzer - Bastien Chabé-Ferret a La valeur ajoutée d une entreprise est calculée comme la différence entre la valeur de la production d une entreprise et la valeur de ses consommations intermédiaires. b La valeur ajoutée brute contient l amortissement alors que la nette le retranche. c La somme des valeurs ajoutées brutes donne le PIB. Pour obtenir le produit national net, il faut retrancher les amortissements (brut / net) et ajouter la contribution nette de l étranger (CNE: intérieur / national). La contribution nette de l étranger est égale aux revenus des facteurs nationaux basés à l étranger moins les revenus des facteurs étrangers établis dans le pays. d Pour passer du produit national brut au prix du marché au produit intérieur net aux coûts des facteurs, il faut retirer l amortissement (brut / net) et la CNE (intérieur / national) et enfin retrancher les taxes indirectes et ajouter les subsides (prix du marché / coût des facteurs). e Faux. Dans les deux cas, la farine vendue par un meunier est comptabilisée dans le PIB au niveau de la valeur ajoutée du meunier. Néanmoins, celle achetée par le boulanger doit être retranchée de ses ventes car il s agit pour lui d une consommation intermédiaire. f Non, lorsqu un particulier repeint sa maison, cela crée une valeur ajoutée mais qui reste latente car comptabilisée dans aucune transaction commerciale. g Oui, car le service fourni crée une valeur ajoutée comptabilisée par une transaction commerciale. h Non, car le revenu primaire est calculé avant impôt. i Non, car le revenu primaire étant calculé avant impôt, les recettes fiscales n ont pas encore été encaissées par l Etat. En outre, les revenus primaires sont composés de valeur ajoutée et non de taxe sur la valeur ajoutée. j Non, il manque une information sur l année de base utilisée dans chaque pays. k Oui, le lait par exemple. 2 Exercice 2 a b Optique production: PIB = somme des valeurs ajoutées Optique dépense: PIB = C + I + G + X - M Optique revenus: PIB = revenus des particuliers + revenus des entreprises + revenus de l État Dépenses de consommation finale des ménages C 1

Dépenses de consommation finale des administrations publiques G Investissements en bien d équipement I Investissements dans la construction I Variations de stock I Investissements fixes des ménages I Exportations de biens et services X Importations de biens et services M c La croissance du PIB nominal peut s expliquer soit par une croissance des volumes soit par une augmentation des prix. Ici, il est clair que la croissance nominale s explique principalement par l inflation alors que le PIB réel n a quasiment pas augmenté. d Le PIB est une bonne mesure de la performance et de la productivité d un pays car il mesure la capacité d une économie à créer de la valeur ajoutée. Ce n est pas un hasard si c est le 1er chiffre que l on cite lorsqu on étudie une économie. Néanmoins ce chiffre uniquement est insuffisant: D abord, un problème inhérent à toute statistique officielle est que l économie informelle, aussi appelée marché noir ou économie souterraine, n est pas comptabilisée dans le PIB; Le PIB ne tient aucun compte de la taille de l économie et en particulier du nombre d habitants, aussi le PIB par tête est-il un indicateur supplémentaire important; Le PIB ne tient pas compte de la structure de l économie, ainsi, une monarchie pétrolière va avoir un PIB (et même un PIB par tête) aussi important qu un pays industrialisé, ce qui n est pas réellement le reflet de la performance et de la productivité mais plus la conséquence de la dépendance énergétique de beaucoup de pays encore. 3 Exercice 3 a Boeing vend un avion à l American Airforce G b Boeing vend un avion à American Airlines I c Boeing vend un avion à Air France X d Boeing construit un avion afin de le vendre l année prochaine I e American Airlines vend un billet d avion à un particulier C 4 Exercice 4 Considérons cette économie dans l optique production. Calculons donc la valeur ajoutée brute de chaque agent. Celle de l agriculteur s élève à valeur de la production moins valeur des consommations intermédiaires soit 20000-8000 = 12000. Celle du négociant est de 26000-20000 = 6000. Celle du meunier est de 35000-26000 = 9000. Enfin celle du boulanger est de 70000-35000 = 35000. 2

Si l on somme ces valeurs ajoutées brutes, on trouve le PIB = 12000 + 6000 + 9000 + 35000 = 62000. Remarquez que l on retrouve bien que: valeurs ajoutées = ventes finales importations = 70000 8000 = 62000 Pour trouver le PIN à partir du PIB, il faut retrancher l amortissement annuel qui s élève à 5000 + 10000 = 15000. Le PIN est donc égal à 62000-15000= 47000. 5 Exercice 5 Revenu primaire des ménages = revenus du travail (cotisation de sécurité sociale et impôt sur le revenu compris) + revenus de la propriété échéant aux particuliers Revenu disponible des ménages = revenu primaire des ménages - impôt sur le revenu + transferts aux ménages 6 Exercice 6 Entre parenthèse figure l année de base. a PIB réel 06 (06) = PIB nominal 06 = 20000 100 + 35000 10 = 2350000 PIB réel 07 (06) = quantités de 2007 prix de 2006 = 20000 80 + 35000 30 = 2650000 Taux de croissance réel 06/07 (06)= valeur finale - valeur initiale valeur initiale = 2650000-2350000 2350000 = 12, 8% b PIB réel 06 (07) = quantités de 2006 prix de 2007 = 22000 100 + 25000 10 = 2450000 PIB réel 07 (07) = PIB nominal 07 = 22000 80 + 25000 30 = 2510000 Taux de croissance réel 06/07 (07) = 2510000-2450000 2450000 = 2, 4% Oui, le taux de coissance réel dépend de l année de base choisie. Ici, les prix de 2007 réduisent fortement la pondération des voitures hybrides et la croissance réelle est donc fortement handicapée par la décroissance du secteur des voitures diesel, alors que le prix élevé des voitures hybrides en 2006 porte la croissance réelle quand on choisit cette année de base. c Déflateur du PIB 06 (06) = valeur nominale valeur réelle Déflateur du PIB 07 (06) = 2510000 2650000 = 0, 947 Taux d inflation 06/07 (06) = -5,3% d IPC 06 (06) = = 1 1 prix du panier de base en année courante prix du panier de base en année de base = 1 2 1 toujours égal à 1 en année de base: nominal = réel 2 un indice vaut toujours 1 (ou 100) en année de base 3

IPC 07 (06) = 100 22000+10 25000 100 20000+10 35000 = 2450000 2350000 = 1, 0425 Taux d inflation 06/07 (06) = 4,25% En considérant un panier de biens rigide décidé en année de base, l IPC a tendance à systématiquement surestimer l inflation en ne prenant pas en compte les possibilités de substitution qui s offrent aux consommateurs (ici clairement entre voiture diesel et hybride, le prix des hybrides chutant fortement). e IPC 06 (06) = 1 IPC 07 (06) = 100 22000+10 25000+8000 70 100 20000+10 35000+8000 40 = 2670000 3010000 = 1, 127 Taux d inflation 06/07 (06)=12,7% La différence provient du fait que dans l IPC général, on considère les biens importés qui peuvent s avérer particulièrement sujet à l inflation (ici par exemple le pétrole). Le déflateur ne tient compte des biens importés qu indirectement en ce qu ils font augmenter les coûts de production et peuvent se répercuter sur les prix de vente. A ce titre, le déflateur a tendance à sous-estimer l inflation lorsque les prix des biens importés augmentent. 4

1 Rappel de cours MACROECONOMIE Solutions TP 2: le marché du travail Chiara Farronato - Hélène Latzer - Bastien Chabé-Ferret Lisez le chapitre Le marché du travail dans Blanchard/Cohen et développez les points suivants: Pouvoir de négociation Détermination des salaires Salaire de réservation - Salaire d efficience 2 Exercice 1 Considérez une économie fonctionnant en concurrence parfaite dotée de la fonction de production suivante: Y = AK α N 1 α Déterminez la fonction de demande de travail de cette économie en fonction du salaire réel et du stock de capital? 3 Exercice 2 Supposons que survient dans un pays donné une réduction de la productivité (baisse de la valeur de A), ce qui constitue un choc négatif sur la fonction de production. a Qu advient-il de la courbe de demande de travail? b Comment cette variation de la productivité affecte-t-elle le marché du travail (l emploi, les salaires réels) si ce marché est en permanence a l équilibre de plein emploi? c Comment cette variation de la productivité affecte-t-elle le marché du travail si les salaires réels sont fixes? 4 Exercice 3 Placez-vous maintenant dans une économie en concurrence imparfaite qui a pour fonction de production la forme simplifiée suivante: Y = N (α = 0 et A = 1). a Calculez la productivité marginale du travail. b Qu implique l hypothèse de concurrence imparfaite quant aux profits des entreprises? Quant à la comparaison salaire réel - productivité marginale du travail? Déduisez-en l équation de détermination des prix (PS) en fonction des salaires et du taux de marge µ. 1

c Donnez et expliquez la relation de détermination des salaires (WS) en fonction des prix anticipés, du taux de chômage et d une autre variable que vous définirez. d Comparez sommairement le modèle d offre et de demande de travail avec le modèle WS-PS. Quels sont les points communs, les différences? 5 Exercice 4 En utilisant le modèle WS-PS, dites quels seront les effets des changements ci-dessous sur le taux de chômage et les salaires? a Une hausse de la syndicalisation des travailleurs. b Une baisse du salaire minimum. c Une hausse des indemnités chômage. d Une baisse des marges des entreprises. 6 Exercice 5 Même en l absence de négociations collectives, les travailleurs ont un pouvoir de négociation qui leur permet de recevoir un salaire supérieur à leur salaire de réservation. Le pouvoir de négociation d un travailleur dépend de la nature de son emploi, ainsi que des conditions sur le marché du travail. Considérons ces deux facteurs tour à tour. a Comparer le travail d un livreur de pizza avec celui d un administrateur informaticien. Lequel des deux a le plus de pouvoir de négociation? Pourquoi? b Pour un emploi donné, dans quelle mesure les conditions générales sur le marché du travail affectent-elles le pouvoir de négociation d un travailleur? Quelle variable du marché du travail faut-il regarder pour savoir quelles sont les conditions sur le marché du travail? 7 Exercice 6 Supposons que la marge des entreprises est de 5% de leurs coûts, et que la détermination des salaires se fait selon l équation: W = P (1 u) où u est le taux de chômage. a Quel est le salaire réel déterminé par la relation PS (fixation des prix)? b Quel est le taux de chômage structurel? c Supposons que la marge des entreprises passe à 10%. Que devient le taux de chômage structurel? Quelle est la logique sous-jacente? 2

8 Exercice 7 a Définissez taux de chômage, taux de participation et taux d activité. b Le taux d activité est-il une bonne mesure du travail? Quels problèmes pourrait-il poser? c Expliquez pourquoi le chômage peut être une mesure de l activité économique. d Au cours du XXème siècle, dans les pays développés, le taux de participation a augmenté de façon continue. Donnez les raisons d une telle constatation. e Expliquez ce que l on veut dire par marché du travail dual. 3

1 Rappel de cours MACROECONOMIE Solutions TP 2: le marché du travail Chiara Farronato - Hélène Latzer - Bastien Chabé-Ferret Le traitement néo-classique du marché du travail (offre / demande) apparaît souvent insuffisant dans la mesure où, sous hypothèse de concurrence parfaite, on y considère toujours des équilibres de pleinemploi, excluant de fait le phénomène pourtant largement constaté de chômage involontaire. C est pourquoi il est intéressant d avoir une approche institutionnelle de ce marché, en situation de concurrence imparfaite entre les entreprises, à travers le modèle WS-PS qui étudie les rapports de force entre les agents en présence. Le marché du travail exige un vocabulaire spécifique dont voici les principales définitions: Pouvoir de négociation: illustre le rapport de force entre employeurs et employés. Le taux de marge entre le salaire négocié et le salaire de réservation est une fonction positive du pouvoir de négociation des travailleurs, qui est lui-même une fonction négative du taux de chômage. En effet, quand le taux de chômage est faible, la recherche d un candidat remplaçant l employé est plus coûteuse pour l entreprise, ce qui donne une plus grande liberté de négociation au travailleur. D autre part, l entreprise a aussi un pouvoir de négociation qui dépend de l interêt du travailleur à trouver un accord plutôt que de rester sans emploi. La comparaison des deux pouvoirs de négociation opposés détermine comment employés et employeurs partagent la valeur ajoutée produite ensemble. Détermination des salaires: alors que dans un traitement néo-classique, aucun agent n a suffisamment de poids pour influencer la détermination des prix sur les marchés, on parle ici de détermination des salaires par négociations collectives (accord entre organisations patronales et syndicats donnant lieu à la signature d une convention collective pouvant s appliquer à toute une entereprise, tout un secteur d activité, toute une région voire tout un pays), négociations bilatérales (accord entre un employeur et un employé sur les termes du contrat de travail) ou directement par l employeur (via la fixation d un salaire dit à prendre ou à laisser ). Deux notions de salaire importantes: le salaire de réservation pour lequel un employé est indifférent entre garder son emploi actuel et démissionner pour en chercher un mieux rémunéré; et le salaire d efficience, plus élevé que le salaire de réservation et accordé par les employeurs afin de les motiver mais aussi pour être sûr de les garder (ce qui est un choix judicieux car les employés gagnent généralement en productivité avec l expérience). 2 Exercice 1 Y = AK α N 1 α En partant de cette fonction de production Cobb-Douglas et de l hypothèse néo-classique de concurrence parfaite, il est possible de trouver l expression de la demande de travail par les entreprises. 1

L hypothèse de concurrence parfaire implique que les entreprises feront zéro profit. Pour arriver à un tel résultat, il est nécessaire et suffisant que les coûts marginaux des entreprises soient exactement égaux aux revenus marginaux. Cela revient à dire que les entreprises ont rémunéré leurs facteurs de production exactement ce qu ils ont rapporté, c est-à-dire leur productivité marginale. Si l on considère le facteur travail, on a donc que le salaire réel est égal à la productivité marginale du travail (égale à la dérivée de la fonction de production par rapport au facteur travail). On a donc: Y N = A(1 α) ( ) K α = W N P On a donc une relation entre le salaire réel, les niveaux de productivité, de capital et de travail. En réarrangeant, on peut facilement trouver une relation entre la quantité de travailleurs demandée par les entreprises et les niveaux de productivité, de capital et de salaire réel. N = [ (1 α)a P ] 1 α K W 3 Exercice 2 a L exercice précédent nous a permis d établir une relation inverse entre demande de travailleurs et salaires réels. Nous représentons donc la demande de travail par les entreprises comme une courbe décroissante. En revanche, la courbe d offre, comme il est d usage sur les marchés de bien, est croissante avec le salaire réel. On la représente fortement verticale en raison de sa rigidité aux salaires réels, c est-à-dire que peu de gens regardent les salaires réels pratiqués pour décider d offrir ou non leur offre de travail, ils l offrent quoiqu il arrive car il est nécessaire pour eux de travailler pour vivre. De l expression trouvée dans l exercice 1 de la demande de travail, il est assez facile de conclure qu un choc négatif sur la productivité aura pour conséquence de réduire la demande de travail des entreprises. On aura donc une translation vers la gauche de D qui aura pour conséquence de réduire les salaires réels (on rappelle qu en concurrence parfaite, le travail est rémunéré exactement sa productivité marginale, qui diminue si A diminue) et de réduire l emploi, puisque moins de personnes sont prêtes à travailler pour le nouveau salaire réel d équilibre. N.B.: dans un modèle néo-classique, on arrive toujours à un équilibre de plein-emploi, c est-à-dire que le chômage (involontaire) est nul, ceux qui ne travaillent pas, ne souhaitent en fait pas travailler pour ce salaire. b Graphiquement: 2

W/P O A < 0 D N c En fixant les salaires réels, un choc négatif sur la productivité contraint le marché du travail à une situation de déséquilibre. La demande des entreprises diminue alors que l offre reste inchangé, il en résulte une situation où l offre excède la demande. Il s agit d un phénomène de chômage involontaire. W/P O salaire fixé D Chômage involontaire N 4 Exercice 3 a La productivité marginale du travail se calcule en prenant la dérivée de la fonction de production par rapport au facteur travail, ici N: PmN = Y N = 1 b Nous considérons ici une économie en concurrence imparfaite. Les entreprises ont donc suffisamment de pouvoir de marché pour réaliser des profits alors qu ils sont nuls en situation de concurrence parfaite. Ceci implique que les entreprises rémunèrent leurs facteurs de production en dessous de leur productivité marginale. En particulier, on a que: W P < 1. Ce que l on réécrit sous la forme suivante afin d obtenir l équation de détermination des prix PS (price setting): P = (1 + µ)w 3

Notez bien que la valeur de µ dépend du niveau de concurrence constaté sur le marché. En cas de concurrence parfaite, on a µ = 0 et on retrouve bien que les profits sont nuls. Il est aussi important de bien voir que la relation de détermination des prix PS nous permet de déterminer entièrement le salaire réel d équilibre en fonction du niveau de concurrence µ: W P = 1 1 + µ c La relation de détermination des salaires WS (wage setting) est issue d un processus de négociation entre employeurs et employés. On fait dépendre le pouvoir de négociation des employés négativement du taux de chômage u et positivement d une variable composite z illustrant toutes les autres composantes influençant le pouvoir de négociation comme la législation sur le salaire minimum, le temps de travail, les dispositions en terme d assurance chômage etc. W = P e F(u;z) Le terme P e intervient parce que les négociations ont lieu en terme de salaires réels attendus. On peut réécrire la relation de la manière suivante: W P = F(u;z) W/P Pour µ et z donnés (W/P)* PS: W P = 1 1+µ WS: W P = F(u;z) u* u d Pour comparer le modèle d offre et de demande de travail avec le modèle WS-PS, on renverse l axe des abscisses afin d obtenir le niveau d emploi au lieu du taux de chômage. On peut dans ce cas interpréter la courbe WS comme une offre d emploi (croissante) et la courbe PS comme une demande d emploi (normalement décroissante mais ici horizontale car PmL constante). Il faut toutefois bien garder à l esprit que, malgré les similitudes, ces graphiques ont été obtenus via des méthodes fort différentes: concurrence parfaite ou imparfaite, offre d emploi vs processus de négociation (WS), demande d emploi vs intensité de la concurrence (PS). 4

W/P O - WS (W/P)* D - PS N* N 5 Exercice 4 W/P z > 0 W/P z < 0 (W/P)* PS (W/P)* PS WS WS u* u* u u* u* u a Hausse de la syndicalisation => hausse du pouvoir de négociation des employés quelque soit le niveau de chômage => z > 0 => W/P = 0 et u > 0 b Diminution du salaire minimum => diminution du pouvoir de négociation des employés quelque soit le niveau de chômage => z < 0 => W/P = 0 et u < 0 c Augmentation des indemnités chômage => hausse du pouvoir de négociation des employés quelque soit le niveau de chômage => z > 0 => W/P = 0 et u > 0 d Baisse des marges des entreprises (due à une augmentation de la concurrence) => µ < 0 => PS => W/P > 0 et u < 0 5

W/P (W/P)* µ < 0 (W/P)* PS WS u* u* u 6 Exercice 5 Voir Rappel de cours en section 1. 7 Exercice 6 a PS: W P = 1 1 + µ = 1 1,05 = 0,952 b c WS: W P = 0,952 = 1 u => u = 0,048 W P = 1 1 + µ = 1 = 0,909 = 1 u => u = 0,091 1,1 La logique sous-jacente est qu une diminution de la concurrence implique une augmentation des marges des entreprises. Il en résulte des prix plus élevés et donc des salaires réels plus faibles. L offre de travail pour un salaire réel plus faible étant plus faible, on assiste parallèlement à une augmentation du chômage. 8 Exercice 7 a Quelques rappels: Taux de chômage = nombres de chômeurs population active population active Taux de participation = population en âge de travailler Taux d activité 1 population active = population totale 1 définition INSEE, parfois défini comme le taux de participation 6

b Le chômage peut être un indicateur de l activité économique en ce qu il donne une idée de la capacité d une économie à créer des emplois pour sa force de travail. D autres indicateurs sont néanmoins nécessaires: le taux de participation pour avoir une idée de la quantité d inactifs ainsi que le taux d activité qui donne des informations sur des phénomènes comme le vieillissement. Il existe toutefois des difficultés propres à toute statistique: la non-comptabilisation du travail informel, la définition statistique à géométrie variable (qui catégorise-t-on comme chômeur, comme chercheur d emploi, comme inactif?). Quantités d inactifs passent directement en actifs occupés (les étudiants), preuve qu ils étaient à la recherche d un emploi, ce qui amène à une sous-estimation du chômage. A l inverse, tous les chômeurs inscrits à l agence pour l emploi sont-ils à la recherche active d un emploi? c Le taux de participation a augmenté de façon continue depuis le début du XXème siècle du fait de la généralisation de l emploi féminin. Les taux de participation de l UE sont autour de 65%, ceux des Etats-Unis autour de 75%. La différence s explique par des politiques familiales plus clémentes en UE qui permettent des arrêts de carrière. Constatons néanmoins que si les taux de participation masculin et féminin sont quasi égaux aux Etats-Unis, il existe toujours une différence en UE, signe que les politiques familiales sont toujours réservées prioritairement aux femmes. d On parle de marché du travail dual pour illustrer le fait que l on constate, d une part, un marché du travail primaire caractérisé par des niveaux de qualification et des salaires élevés accompagnés de taux de rotation faible, et, d autre part, un marché du travail secondaire où qualification et salaires sont faibles et le taux de rotation élevé. 7

1 Exercice 1 MACROECONOMIE TP 3: Marchés financiers et marchés de biens Chiara Farronato - Hélène Latzer - Bastien Chabé-Ferret Supposons que le revenu annuel d un particulier Y t est de 30000 portant son patrimoine W t à 100000. Supposons de plus que la demande de monnaie est donnée par l équation suivante: M d t = P t Y t (0, 25 i t ) Où P t est le niveau des prix. Nous simplifions ici l analyse en considérant P t = 1 t. Supposons enfin que les titres proposés soient des obligations à 1 an promettant de rapporter 100. a Calculez le prix des titres lorsque le taux d intérêt est de 5%. De 10%. b Rappelez la contrainte de richesse liant le patrimoine, la demande de monnaie et la demande de titres. c Quelles sont les demandes de monnaie (M d t ) et de titres (B d t ) lorsque le taux d intérêt est de 5%? De 10%? d Décrivez l effet du taux d intérêt sur la demande de monnaie et de titres. 2 Exercice 2 Supposons que la demande de monnaie est donnée par l équation suivante: M d = Y (0, 25 i) Supposons par ailleurs que le revenu est de 100 et que l offre de monnaie M s est de 20. a Calculez le taux d intérêt i à l équilibre sur le marché financier. b Supposez que la banque centrale veuille augmenter le taux d intérêt de 10 points. Comment doit-elle modifier son offre de monnaie? 3 Exercice 3 Construisez la courbe LM à partir de l équilibre sur le marché financier. Comment les chocs suivants affectent-ils cette courbe LM? a Une hausse de l offre de monnaie; b Une augmentation de la production; c Une baisse de la demande de monnaie causée par un développement des moyens de paiement électroniques. 1

4 Exercice 4 Considérez une économie fermée décrite par les équations suivantes: C = 100 + 0, 8Y d I = 120 500i G = 200 T = 20 + 0, 1Y a Calculez le revenu national d équilibre (sur le marché des biens) en fonction du taux d intérêt i. Commentez l effet du taux d intérêt sur le revenu national d équilibre. b Construisez la courbe IS à partir de l équilibre sur le marché des biens. c Calculez le multiplicateur des dépenses autonomes. Pourquoi ce multiplicateur est-il plus faible que dans une économie sans gouvernement? d Supposons un taux d intérêt égal à 10%. Calculez l impact sur le revenu national d équilibre d une diminution de 5 points du taux d intérêt. e L Etat souhaite équilibrer son budget. Comment doit-il faire varier ses dépenses G? 5 Exercice 5 Répondez par vrai ou faux aux affirmations suivantes et justifiez: a Les principaux déterminants de l investissement sont le niveau des ventes anticipé et le taux d intérêt; b Si toutes les variables exogènes de l équation IS sont constantes alors un niveau de production plus élevé n est possible qu à un taux d intérêt plus faible; c La courbe IS est décroissante car l équilibre sur le marché des biens implique qu une hausse des taxes entraîne une baisse du niveau de la production; d Si les dépenses publiques et les impôts augmentent simultanément et du même montant alors la courbe IS n est pas déplacée; e La courbe LM est croissante car une offre de monnaie plus élevée est nécessaire pour accroître la production. 2

MACROECONOMIE TP 3 solutions: Marchés financiers et marchés de biens 1 Exercice 1 Chiara Farronato - Hélène Latzer - Bastien Chabé-Ferret a Le prix des titres est donné par la relation suivante: P B = valeur nominale 1+i On obtient donc 95, 2 pour un taux d intérêt de 5% et 90, 9 pour un taux d intérêt de 10%. b W t = M d t + P B t B d t c Pour i = 5%, Mt d = 30000(0, 25 0, 05) = 6000, Bt d = Wt M t d Pt B Pour i = 10%, Mt d = 4500, Bt d = 1050, 6 = 987, 39 d Le taux d intérêt est négativement corrélé à la demande de monnaie et positivement corrélé à la demande de titres. 2 Exercice 2 a Le taux d intérêt i à l équilibre sur le marché financier est de 5%. b La banque centrale doit ramener son offre de monnaie à 10. 3 Exercice 3 a Déplacement de LM vers le bas; b Déplacement le long de LM: une augmentation de la production entraîne une augmentation du taux d intérêt toutes choses égales par ailleurs; c Déplacement de LM vers le bas. 4 Exercice 4 Considérez une économie fermée décrite par les équations suivantes: C = 100 + 0, 8Y d I = 120 50i G = 200 T = 20 + 0, 1Y a Y = 1442, 85 1785, 7i. On constate une corrélation négative entre taux d intérêt et revenu national d équilibre. 1

b γ = 3, 57. Ce multiplicateur est plus faible en raison de la présence d une taxation proportionnelle au revenu. c Y = γ I = γφ i = 3, 57 ( 500) ( 0, 05) = 89, 25 d T G = 53, 57 Nous cherchons donc G tel que (T G) = +53, 57. On a: (T G) = T G = t Y G = tγ G G Et on obtient: G = 53,57 tγ 1 = 83, 31. 5 Exercice 5 Répondez par vrai ou faux aux affirmations suivantes et justifiez: a Vrai b Vrai c Faux d Faux e Faux 2

1 Exercice 1 MACROECONOMIE TP 4: Modèle IS-LM et équilibre macroéconomique Chiara Farronato - Hélène Latzer - Bastien Chabé-Ferret Considérons le modèle IS-LM défini par les équations suivantes: C = 80 + 0.8Y d I = 100 56i G = 100 T = 0.1Y (M/P ) d = 0.8Y 1000i (M/P ) s = 600 (1) a Exprimez l équilibre Y sur le marché des biens de consommation en fonction de i (équation IS). b Exprimez l équilibre i sur le marché financier en fonction du niveau d activité Y (équation LM). c Calculez l équilibre (Y, i ) pour cette économie. d Supposons maintenant que l offre de monnaie augmente, et passe à 700. Recalculez l équilibre. Expliquez graphiquement les effets de la politique d expansion monétaire. e Supposons maintenant que les dèpenses gouvernementales diminuent, passant à 80. Recalculez l équilibre. Expliquez graphiquement les effets d une politique de restriction budgétaire. 2 Exercice 2 Dans le cadre du modèle IS-LM (équilibre de court terme), suggérez une politique ou un policy-mix permettant d atteindre les objectifs suivants: Augmenter Y tout en gardant i constant RÈduire le dèficit tout en gardant Y constant. Comment évoluent le taux d intérêt et l investissement? 3 Exercice 3 Rappelez la relation (AS) décrivant les comportements de formation des prix, et commentez-en les différents paramètres. Représentez cette relation graphiquement. Comment les chocs suivants affectent-ils cette courbe (AS)? a Une hausse des prix anticipés P e 1

b Une augmentation du niveau d activité Y c Une augmentation des marges des entreprises µ (par exemple due à une répercussion dans le prix de vente d un renchérissement de l énergie) 4 Exercice 4 Construisez la courbe (AD) à partir du modèle IS-LM. Comment les chocs suivants affectent-ils cette courbe (AD)? a Une augmentation de l offre de monnaie M s b Une hausse du niveau des prix P c Une politique budgétaire expansionniste 5 Exercice 5 En utilisant le modèle (AD)-(AS), analysez les effets de moyen terme d une politique budgétaire expansionniste dans une économie initialement caractérisée par un niveau d activité normal Y n et l absence de pressions inflationnistes. Comparez ce résultat aux effets de court terme d une telle politique (modèle IS-LM). 2

MACROECONOMIE TP 4 solutions: IS-LM et l équilibre macro-économique 1 Exercice 1 Chiara Farronato - Hélène Latzer - Bastien Chabé-Ferret a L équilibre sur le marché des biens est défini par l égalité entre dépense nationale Z = C +I +G et revenu national Y, ce qui nous donne: Y Y = C + I + G = 280 + 0,72Y 56i = 1000 200i b L équilibre sur le marché monétaire s obtient en égalisant offre de monnaie (réelle) M s /P à demande de monnaie (réelle) M d /P, ce qui donne: M s = Md P P 600 = 0, 8Y 1000i i = 0,0008Y 0,6 c En substituant la réponse b dans la réponse a, on obtient une expression du Y d équilibre macroéconomique: Y = 1000 200(0,0008Y 0,6) Y = 965,5 et i = 17,24% d Une augmentation de l offre de monnaie diminue le taux d intérêt quelque soit le niveau de production: i = 0,0008Y 0,7 Y = 1002 et i = 10,16% Graphiquement, on a ce qui suit, à savoir un déplacement vers le bas de la courbe LM, ce qui correspond à une augmentation de l output et à une diminution du taux d intérêt: 1

i LM IS Y e Une diminution des dépenses publiques diminuent l output quelque soit le niveau du taux d intérêt: Y = 928,6 200i Y = 920,5 et i = 13,64% Graphiquement, on a ce qui suit, à savoir un déplacement vers la gauche de la courbe IS, ce qui correspond à une diminution de l output et à une diminution du taux d intérêt: i LM IS Y 2 Exercice 2 Un policy-mix comprenant une relance des dépenses publiques associée à une politique monétaire expansionniste permet d augmenter l output tout en gardant le taux d intérêt inchangé. Graphiquement, on le constate de la manière suivante: i LM IS Y 2

Un policy-mix associant une politique budgétaire restrictive et une politique monétaire expansionniste permet de faire baisser le taux d intérêt tout en maintenant l output constant. Graphiquement, on obtient: i LM IS Y Le taux d intérêt baisse fortement, ce qui devrait faire augmenter l investissement. 3 Exercice 3 AS : P = (1 + µ)f(u,z)p e = [1 + a(y Y n )]P e Y n est le niveau d activité normal correspondant au taux de chômage structurel u, fonction dans WS-PS de µ et de z. AS décrit la corrélation positive entre niveau d activité et niveau des prix. Cette corrélation positive passe par le marché du travail, sur lequel une baisse du chômage au dessous de son niveau structurel (c est-à-dire une augmentation de l activité au-dessus de son niveau normal) fait augmenter les salaires, augmentation répercutée par les entreprises sur les prix. a Déplacement de AS vers le haut b Déplacement le long de la courbe AS vers le Nord Est c Déplacement de AS vers le haut 4 Exercice 4 Voici graphiquement la construction de AD à partir du graphe IS-LM: 3

i Hausse de prix P -> P i i P LM IS Y AS P P Y Y AD Y AD est décroissante car une hausse du niveau des prix déplace la courbe LM vers le haut (augmentation de la demande de monnaie quelques soient i et Y, donc augmentation de i quelque soit Y ) et a donc pour effet de diminuer l output et d augmenter le taux d intérêt. a Déplacement de AD vers la droite b Déplacement le long de la courbe AD vers le Nord Ouest c Déplacement de AD vers la droite 5 Exercice 5 i i i i A A B LM IS i i A A LM IS P Y P Y P P A A B AS P P A A A AS AD Y Y Y n Equilibre de court-terme Y n AD Y Equilibre de moyen-terme 4

Une politique budgétaire expansionniste aura pour conséquence de déplacer la courbe IS vers la droite (augmentation de l output et du taux d intérêt d équilibre). Le résultat sera qu AD sera elle aussi déplacée vers la droite. S il n y avait aucun ajustement de prix dans la période, l équilibre se ferait en B. Parce qu une partie des contrats salariaux sont déjà revus à la hausse, les prix commencent à augmenter, LM se déplace vers le haut et l équilibre se fait en A à court-terme. A moyen-terme, le niveau d activité étant supérieur à la normale, il existe des pressions inflationnistes et la boucle prixsalaire aboutit à l ajustement de AS de sorte que l économie retrouve son niveau d activité normal. 5

1 Exercice 1 MACROECONOMIE TP 5: Courbe de Phillips et anticipations Chiara Farronato - Hélène Latzer - Bastien Chabé-Ferret Supposons que la relation suivante exprime la courbe de Phillips: a Supposons que θ = 0, 25. Calculez u n. b Supposons que θ = 1. Calculez u n. π t = π e t + 0, 1 2u t avec π e t = θπ t 1 c Quel est l impact sur u n d une variation de θ? Expliquez. 2 Exercice 2 a Ecrivez l équation de la courbe de Phillips augmentée des anticipations en supposant que l inflation anticipée est égale à l inflation de la période précédente. b Considérez maintenant les valeurs des paramètres suivantes: taux de chômage naturel, 4%, coefficient de l impact du chômage sur l inflation (α), 2. En partant d une inflation égale à 7% et en faisant l hypothèse que les autorités maintiennent le chômage à 5%, calculez l inflation constatée lors des 3 périodes suivantes. c Supposez maintenant que les salaires soient indexés selon le système suivant: la moitié des salaires s ajustent immédiatement à l inflation courante tandis que l autre moitié est fixée sur base de l inflation anticipée. En vous basant sur l équation du point a, comment écririez-vous maintenant l équation de la courbe de Phillips? d Calculez à nouveau l inflation lors des 3 périodes suivantes en maintenant le paramètre du point b et expliquez si l impact du chômage sur l inflation a augmenté ou diminué. Justifiez brièvement votre réponse. 3 Exercice 3 a Représentez graphiquement dans AD-AS les effets court et moyen terme d une politique monétaire désinflationniste. b Discutez sous quelles conditions les coûts de la désinflation sont nuls. c Quelle politique suggérez-vous dans le cas où : (a) La banque centrale n est pas crédible? (b) Les salaires nominaux sont rigides? 1

4 Exercice 4 a Après avoir expliqué en quoi elle consiste, utilisez la loi d Okun pour expliquer pourquoi il semble dans les faits que la croissance n absorbe pas la totalité du chômage. b Donnez la relation qui lie le taux de croissance du PIB, le taux de croissance de l offre de monnaie et l inflation et donnez une interprétation économique. Est-il possible qu à l équilibre de long-terme le taux d inflation soit différent du taux de croissance de l offre de monnaie? 5 Exercice 5 a Ecrivez les relations qui lient inflation, chômage et croissance de la production à court et long terme. b Considérez maintenant un pays en équilibre de long-terme dans lequel on a : u n = 6% Π = 10% α = 1 Π e = Π t 1 β = 0, 4 ḡ y = 3% Le gouverneur de la banque centrale considère que l inflation est trop élevée et désire une réduction de celle-ci jusqu à une valeur de 6%. Le problème réside dans le choix d une diminution graduelle ou immédiate. Après avoir réécrit les relations du point a sur la base des données fournies ci-dessus, déterminez et expliquez le sentier de désinflation associé à: (a) Une politique graduelle qui réduit l inflation d un point par an sur 4 ans. année 0 année 1 année 2 année 3 année 4 année 5 année 6 Π 10 u 6 g y 3 g m 13 (b) Une politique immédiate de réduction de l inflation de à 6% en année 1. année 0 année 1 année 2 année 3 année 4 année 5 année 6 Π 10 u 6 g y 3 g m 13 6 Exercice 6 a Expliquez la signification économique de la relation: u t u t 1 = β(g yt ḡ yt ) 2

b Considérez une économie fermée qui se trouve en équilibre de long-terme avec un taux d inflation de 20%, un taux de chômage naturel de 6% et un taux de croissance normal de 2%. Les paramètres de la courbe de Phillips et de la loi d Okun sont respectivement: α = 0, 5 et β = 0, 8. Le gouvernement décide d un plan de diminution de l inflation à 4%. Il est programmé de faire baisser l inflation de manière graduelle de 8 points par an sur 2 ans. Quelle devrait être la politique monétaire à adopter dans les 4 années à venir et quels seraient ses effets? année 0 année 1 année 2 année 3 année 4 Π 20 u g y g m c Le gouvernement considère comme excessif le taux de chômage prévu par la plan décrit au point précédent et fixe à 10% le taux de chômage maximum. En combien d années le processus de désinflation sera maintenant accompli? d Comment changerait votre réponse au point c en présence de rigidités nominales (i.e. s il existait des contrats)? 3

MACROECONOMIE TP 5 solutions: Courbe de Phillips et anticipations Chiara Farronato - Hélène Latzer - Bastien Chabé-Ferret 1 Exercice 1 a Avec θ = 0, 25, on obtient: π t = 0, 25π t 1 + 0, 1 2u t A l équilibre, u n doit vérifier: π t = 0, 25π t + 0, 1 2u n i.e. u n = 0, 05 0, 75π b Avec θ = 1, on obtient: A l équilibre, u n doit vérifier: π t = π t 1 + 0, 1 2u t π t = π t + 0, 1 2u n i.e. u n = 0, 05 c On constate que lorsque θ est différent de 1, alors on obtient la relation de Phillips traditionnelle d arbitrage inflation-chômage. Cette relation n existe plus dès que θ est égal à 1. La courbe de Phillips devient alors verticale. L hypothèse θ < 1 n est admissible que dans le court-terme, c est-à-dire que l on considère que les agents ne peuvent pas se tromper systématiquement dans leurs anticipations d inflation à long-terme. 2 Exercice 2 a Courbe de Phillips augmentée: π = π e α(u u n ) π t = π t 1 α(u u n ) b Partons de π 0 = 7%: π 1 = 7% 2(5% 4%) = 5% π 2 = 5% 2(5% 4%) = 3% π 3 = 3% 2(5% 4%) = 1% 1

c En introduisant l indexation de la moitié des salaires sur l inflation courante, on obtient la relation de Phillips suivante: π t = 1 2 π t 1 + 1 2 π t α(u u n ) π t = π t 1 2α(u u n ) d Partons à nouveau de π 0 = 7%: π 1 = 7% 4(5% 4%) = 3% π 2 = 5% 4(5% 4%) = 1% π 3 = 3% 4(5% 4%) = 5% On obtient que l impact du chômage sur l inflation a augmenté. En effet, l indexation des salaires sur l inflation courante accentue la spirale prix-salaires. 3 Exercice 3 a graphes p84 syllabus b Le coût de la désinflation sera nul suite à une politique monétaire désinflationniste brutale sous les hypothèses suivantes: anticipations rationnelles flexibilité parfaite de tous les prix crédibilité de la banque centrale c En cas de rigidités de certains prix ou de non crédibilité de la banque centrale, alors la courbe d offre globale restera inchangée à court-terme et on entrera en récession (point A du graphe p85 du syllabus). On pourra donc calculer un ratio de sacrifice en terme de croissance perdue ou de chômage en plus. Une politique de brutalité peut néanmoins améliorer la crédibilité de la banque centrale en indiquant clairement aux agents que la politique monétaire annoncée par la banque centrale a effectivement été menée. Dans le cas de la rigidité des prix, un politique monétaire graduelle peut laisser le temps à AS de s ajuster petit à petit et ainsi permet d éviter les coûts de la désinflation. 4 Exercice 4 a La loi d Okun s écrit de la manière suivante: u t u t 1 = β(g yt ḡ y ) Elle s obtient à partir de la fonction de production et elle indique que, pour que le chômage n augmente pas, il faut que le taux de croissance de la production soit égal à un taux normal qui compense l effet sur le chômage de la croissance de la force de travail et de l augmentation 2

de la productivité du travail. La croissance n arrive généralement pas à absorber la totalité du chômage car,d une part, afin d augmenter l activité, certaines entreprises peuvent faire appel aux heures supplémentaires avant d embaucher et, d autre part, une diminution du chômage augmente le pouvoir de négociation des employés et donc les salaires négociés, ce qui a pour conséquence d inciter des inactifs à entrer sur le marché du travail, ce qui joue en faveur d une augmentation du chômage. b La relation est la suivante: Y t = Y t 1 + γ m (ḡ m π) + γ G G + γ T T Ce que l on peut simplifier de la manière suivante afin d obtenir l effet de la politique monétaire sur la croissance, en supposant une politique budgétaire et fiscale constante: g y = g M π Lorsque g M > π, le stock nominal de monnaie croît plus vite que le niveau des prix et donc M/P augmente. Comme nous le savons du modèle IS-LM, ceci implique une augmentation de la production. En équilibre de long-terme, u = u n et donc, d après la loi d Okun, g y = ḡ y, c est-à-dire, ḡ y = g M π. Si ḡ y > 0, le taux d inflation sera inférieur au taux de croissance de l offre de monnaie. 5 Exercice 5 a A court-terme: π t = πt e α(u t u n ) Courbe de Phillips u t u t 1 = β(g yt ḡ y ) Loi d Okun g yt = g mt π t demande agrégée A long-terme: u = u n g y = ḡ y π t = πt e ḡ m = ḡ y + π b année 0 année 1 année 2 année 3 année 4 année 5 année 6 Π 10 9 8 7 6 6 6 u 6 7 7 7 7 6 6 g y 3 0,5 3 3 3 5,5 3 g m 13 9,5 11 10 9 11,5 9 3

année 0 année 1 année 2 année 3 année 4 année 5 année 6 Π 10 6 6 6 6 6 6 u 6 10 6 6 6 6 6 g y 3-7 13 3 3 3 3 g m 13-1 19 9 9 9 9 6 Exercice 6 a cf exercice 4 b On utilise la relation de Phillips, la loi d Okun et la demande agrégée pour remplir le tableau ainsi: année 0 année 1 année 2 année 3 année 4 π 20 12 4 4 4 u 6 22 22 6 6 g y 2-18 2 22 2 g m 22-6 6 26 6 c D après la relation de Phillips, un chômage au dessus de son taux naturel de 4 points réduit l inflation de 2 points. Il faudra donc 8 ans de chômage à 10% pour atteindre l objectif de réduction de l inflation de 20 à 4%. d En présence de rigidités nominales plus fortes que l ajustement sur l inflation de la période précédente (ex: l ajustement des salaires en t + 1 et t + 2 sur l inflation de la période t), l ajustement se ferait de manière plus lente, il faudrait donc encore plus de 8 ans pour atteindre l objectif. 4

1 Exercice 1 MACROECONOMIE TP 6: Economie ouverte Chiara Farronato - Hélène Latzer - Bastien Chabé-Ferret En 2000, le taux de change nominal entre l Allemagne et l Angleterre était de E = 1, 5, alors que les déflateurs respectifs du PIB s élevaient à P = 1, 5 et P = 1, 2. En 2001, le taux de change était passé à E = 1, 6, et les déflateurs à P = 1, 65 et P = 1, 25. a Calculez la variation du taux de change nominal entre 2000 et 2001. L euro s est-il apprécié ou déprécié face à la livre sterling? b Calculez le taux de change réel en 2000 et 2001, ainsi que sa variation entre les deux années. Cette dernière traduit-elle une appréciation réelle ou une dépréciation réelle des biens allemands par rapport aux biens anglais? c Calculez le taux de variation de P et P. Utilisez cette dernière information pour commenter les ampleurs respectives des variations nominales et réelles précédemment calculées. 2 Exercice 2 a Ecrivez la relation exacte de parité non couverte des taux d intérêt, ainsi que son approximation couramment utilisée. Rappelez de quel arbitrage cette condition résulte. b On suppose que i = 0, 06, E t = 1, 5, Et+1 e = 1, 53. Les individus anticipent-ils une appréciation ou une dépréciation de la monnaie domestique? Quelle doit être la valeur du taux d intérêt domestique pour que la condition d arbitrage se vérifie? c Les taux d intérêt à un an sont respectivement de 6% aux Etats-Unis et de 4% en Allemagne. En supposant que la condition d arbitrage est vérifiée, déterminez si les agents anticipent une appréciation ou une dépréciation de l euro par rapport au dollar. De quel montant? 3 Exercice 3 Dans le cadre d une petite économie ouverte, supposons que le marché des biens est représenté par les équations suivantes: C = 500 + 0, 5Y d, I 0 = 450, G 0 = 500, T 0 = 400 X = 0, 1Y 100/ε, M = 0, 1Y + 100/ε, ε = 1, Y = 2000 Z = C + I + G + X Mε 1

a Calculez la valeur d équilibre du PIB (Y), ainsi que C, X et M. L économie connaît-elle un surplus ou un déficit commercial? b Calculez la valeur du multiplicateur dans cette économie. Ce dernier est-il plus ou moins élevé qu il ne l aurait été dans une économie fermée? c Le gouvernement décide d accroître les dépenses publiques G de 500 à 600. Représentez graphiquement les effets de cette décision. Calculez la variation des exportations nettes générées par cet accroissement de G. 4 Exercice 4 Pour chacun des événements suivants, on suppose qu initialement le marché des biens est à l équilibre, et qu on observe un surplus commercial dans l économie (N X > 0). Expliquez graphiquement quels effets chacun des événements suivants produit sur la valeur d équilibre de la production Y, les exportations X, les importations εm, et sur la balance commerciale. une diminution de Y une réduction de G 5 Exercice 5 Le tableau suivant représente quelques agrégats économiques de la France de 1980 à 1984. De quelle manière cet exemple illustre-t-il les difficultés de la mise en oeuvre de politiques macroéconomiques de relance concertées entre pays? Donnez une interprétation graphique du phénomène. Grandeurs 1980 1982 1983 1984 Croissance du PIB (%) 1,6 1,2 2,5 0,7 Croissance moyenne en Europe 1,4 0,2 0,7 1,6 Excédent budgétaire 0,0-1,9-2,8-3,2 Excédent balance commerciale -0,6-0,8-2,2-0,9 2

1 Exercice 1 MACROECONOMIE TP 6: Economie ouverte Chiara Farronato - Hélène Latzer - Bastien Chabé-Ferret a Le taux de change a augmenté de E t = 1,6 1,5 1,5 = 0,067, soit 6,7% entre 2000 et 2001. Le taux de change exprime le prix de la devise étrangère en terme de devise nationale. Si le taux de change entre l euro et la livre a augmenté de 6,7%, cela implique donc une dépréciation de l euro face à la livre (il faut plus d euros pour acheter une livre en 2001 qu il n en fallait en 2000). b Le taux de change réel est le prix des biens étrangers exprimé en terme de biens domestiques. Il se calcule suivant la formule suivante: ε t = E tpt P t Le taux de change réel est donc de ε = 1,5 1,2 1,5 = 1,2 en 2000, et de ε = 1,6 1,25 1,65 = 1,212 en 2001. La variation entre les deux années est de = 1,212 1,2 1,2 = 0, 01, i.e. de 1%. Cette dernière traduit une dépréciation réelle des biens allemands par rapport aux biens anglais entre 2000 et 2001, toutefois inférieure à la dépréciation nominale de l euro par rapport à la livre. c Le taux de variation de P entre 2000 et 2001 est de P = 1,65 1,5 1,5 = 0,1, soit 10%. Le taux de variation de P est de P = 1,25 1,2 1,2 = 0, 041, soit 4,1%. On constate que P a plus augmenté que P. Cet accroissement relativement plus important des prix des biens allemands exprimés en euros (par rapport au prix des biens anglais exprimés en livres), i.e. le fait que P P diminue entre 2000 et 2001, vient atténuer l effet de la dépréciation nominale sur le taux de change réel. 2 Exercice 2 a La relation exacte est la suivante: ( E e ) 1 + i t = t+1 (1 + i t) Elle est souvent approximée de la manière suivante: E t i t = i t + ( E e t+1 E t E t Supposons que les consommateurs aient le choix entre des titres d un an européens et américains. La relation d arbitrage exprime le fait que le rendement d un euro placé dans des titres européens, 1+i t, doit être égal au rendement d un euro placé en titres américains, (1/E t )(1 + i t )Ee t+1. b Les individus anticipent une dépréciation de la monnaie domestique de 1,53 1,5 1,5 = 2%. Le taux d intérêt domestique doit être égal à 6% + 2% = 8% pour que la relation d arbitrage (dans sa version 1 )

simplifiée) soit respectée. c Les individus anticipent une appréciation de l euro par rapport au dollar de Ee t+1 Et E t = 6% 4% = 2%. (rappel : une diminution de E correspond à une appréciation de la monnaie domestique). 3 Exercice 3 a A l équilibre, Y = Z, et on obtient Y = 1250 0,6 = 2083, C = 1341, X = 100, M = 308.3, (X M) = 208.3. 1 b Le multiplicateur dans cette économie est égal à γ = 1 0,5+0,1 = 1,67. Ce multiplicateur est plus faible que dans une économie fermée, du fait qu une partie de la demande supplémentaire générée par G ne s adresse plus à des biens nationaux, mais à des biens étrangers (propension marginale à importer m = 0,1). c On a maintenant à l équilibre Y = 2250, avec Y = γ G = 1,67 100 = 167. On a (X M) = X M = m 1 γ G = 16,7. Le nouveau déficit commercial s élève à 225. 4 Exercice 4 Une diminution de Y déplace la droite NX vers le bas. Y diminue, M diminue, X diminue, la balance commerciale se dégrade. Exportations nettes Capacités de financement S N Production NX NX Une réduction de G déplace la droite S N vers le haut. Y diminue, M diminue, X reste inchangé, l excédent commercial augmente. 2

Exportations nettes Capacités de financement S N S N NX Production 5 Exercice 5 Le cas français des années 1980-1983 illustre la difficulté pour un pays d opérer une politique de relance lorsque la majorité de ses partenaires commerciaux sont engagés dans une phase d austérité budgétaire (cf Blanchard-Cohen p. 373). Les effets sur la croissance de l expansion budgétaire (déplacement de la courbe S N vers le bas) sont manifestes (taux de croissance supérieurs au reste de la moyenne européenne jusqu en 1982), mais mitigés par les politiques d austérité des pays voisins (déplacement de la droite N X vers le bas), générant une augmentation simultanée de l ampleur du déficit commercial. Exportations nettes Capacités de financement S N S N Production NX NX 3