David, agriculteur en Dordogne



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Transcription:

David, agriculteur en Dordogne David, âgé de 32 ans, s est associé avec ses parents sur une exploitation où il élève 160 vaches. Il a, depuis ces 5 dernières années, changé ses habitudes de travail : il travaille en microdosage et introduit 5 à 6 fois moins de produits sur les champs que la dose homologuée. Il a abandonné le labour pour faire du semis-direct : cette technique permet de semer des graines sans remuer la terre. De plus, il gère sa consommation d eau au plus près : pour la culture de maïs, la moyenne régionale de consommation d eau est de 2500 m 3 d eau par an pour produire un hectare de maïs alors qu il en consomme 1100 m 3 d eau pour un hectare. Il est adhérent à l Institut Agriculture Durable et à ce titre il bénéficie de l aide d un nutritionniste qui intervient sur l alimentation de ses animaux pour favoriser l autonomie protéique. Aujourd hui sa ferme émet 84 kg de carbone par hectare quand la moyenne est de 110 kg de carbone par hectare.

Julien, agriculteur en Haute-Savoie Julien, âgé de 35 ans produit du lait transformé en tomme de Savoie. Il fait partie d un projet de méthanisation collectif qui réunit 41 agriculteurs de la communauté de communes du Pays d Evian. Le but? Traiter les déchets organiques des fermes qui risqueraient de dégrader les sols et la qualité de l eau, créer de l énergie renouvelable (le biogaz qui servira à alimenter l équivalent de 800 foyers) et produire de l engrais naturel.

Ange, agriculteur dans le Haut-Rhin Agé de 33 ans, Ange est éleveur en agriculture biologique. Il a mis en place une centrale photovoltaïque en faisant l acquisition de 1000 m² de panneaux solaires disposés sur les toits des bâtiments d élevage. Il exerce également une activité de bois énergie ce qui lui permet d entretenir des prairies en valorisant une ressource en bois à faible potentiel : ce sont 400 m 3 de plaquettes de bois qui sont produites chaque année.

Lilian, agriculteur dans l'aube Ce céréalier cultive plus de 230 hectares dans l Aube et produit du blé, de l orge, du colza, des lentilles, des pois d hiver et des tournesols. Il fait partie des fermes Ecophyto 2018 et a fait évoluer ses habitudes de travail : désherbinage au lieu du labour des sols, récupération d'eau de pluie et traitement de nuit afin de réduire l'utilisation des produits phytosanitaires, semis en monograine pour réduire de 65 % l'utilisation d'herbicides sur le colza et le tournesol et analyse régulière des sols.

Fréderic, agriculteur en Seine-et-Marne Ce jeune agriculteur cultive des céréales, betteraves et pommes de terres sur 190 hectares en Seine-et-Marne. Afin de réduire son utilisation de produits phytosanitaires, Frédéric s est équipé d un système aquaphyto : cette technique consiste à diluer dans l eau les produits phytosanitaires utilisés dans les champs, afin de diminuer les doses. Cependant, pour faire cette dilution, il faut en amont traiter l eau pour que son PH n altère pas l efficacité des molécules contenues dans le produit phytosanitaire. L investissement dans cette technologie a permis à Frédéric de réduire de 40 % sa consommation de produits phytosanitaires en un an.

Damien, agriculteur en Saône-et-Loire Cet éleveur de bovins a abandonné le labour pour faire du semis direct, ce qui réduit fortement l érosion des sols, limite également les besoin en eau et permet une meilleure séquestration du carbone dans les sols. De plus, Damien pratique le désherbage mécanique dont l intérêt premier est la réduction des produits phytosanitaires. Ce jeune agriculteur a mis également en place des cultures dérobées (il s agit de cultures que l on place entre deux cultures principales),ce qui apporte de la protéine supplémentaire pour l alimentation de ses bêtes.

Julien, agriculteur dans le Nord Installé sur une exploitation avec 100 vaches laitières et des cultures céréalières, betteravières et des prairies, Julien s est associé avec une exploitation voisine pour mettre en place un méthaniseur. Malgré des démarches administratives compliquées et l appréhension du voisinage, ce projet a vu le jour en juin dernier après 4 années de préparatifs. La méthanisation est un procédé naturel de dégradation biologique de la matière organique qui permet notamment produire du biogaz (destinée à la production d électricité et de chaleur) et de l engrais naturel.

Grégoire, agriculteur dans l'aude Ce jeune producteur de céréales et de fruits et légumes a intégré une démarche de Système de Management Environnemental en vue d'obtenir la certification collective en ISO 14001 et la certification de Haute Valeur Environnementale de niveau III. Sur son exploitation, il a mis en place un ensemble de méthodes de protection des végétaux par l'utilisation de mécanismes naturels. Par ailleurs, le désherbage mécanique pour les cultures potagères lui permet de limiter le recours aux solutions chimiques. Afin de limiter sa consommation, Grégoire pratique l'irrigation raisonnée de ses cultures à l'aide de tensiomètres et de sondes et, pour freiner l'érosion des sols, Grégoire a limité son recours au labour.

Fabrice, agriculteur dans l'hérault La préservation des sols est une priorité pour cet agriculteur qui a repris l'exploitation familiale en 2007 : Fabrice a recourt à la couverture végétale de ses sols lors des intercultures. Cette pratique qui consiste à mettre une plante de couverture du sol entre deux périodes de culture a 3 avantages : protection contre l'érosion, lutte contre certaines pollutions, économie d'engrais pour les cultures à venir. "Je ne mets quasiment plus d engrais depuis 3 ans : nos rendements n ont pas chuté mais les charges ont diminuées" explique Fabrice. Pour travailler la structure et limiter le recours au labour qui abîme la couche interne des sols, Fabrice plante des espèces variées, alterne cultures dites d'hiver et de printemps, ce qui casse le cycle de vie des maladies et des parasites que l'on trouve dans les cultures. Pour diagnostiquer au mieux la santé de ses sols, Fabrice s'est formé à la reconnaissance des plantes bio-indicatrices : "si j ai du rumex à feuilles obtuses, ça veut dire que j'ai un sol qui retient beaucoup l eau et qui est compacté, alors j évite d y faire pâturer les brebis les jours humides pour ne pas aggraver la situation" raconte le jeune agriculteur. Enfin, pour sécher son fourrage, Fabrice a mis en place depuis 2011 un système de séchage en grange par réchauffement solaire. Le bénéfice? Un fourrage de meilleure qualité et une moindre consommation d'énergie.

Anthony, agriculteur dans la Haute-Vienne Âgé de 23 ans, Anthony engraisse 120 vaches limousines sur une exploitation avec son père. Il cultive 25 hectares de céréales, 10 hectares de maïs et 90 hectares de prairies. Pour limiter l'achat d'azote (qui permet de fertiliser les sols), Anthony cultive des légumineuses qui ont la particularité d'être riche en protéines et de fixer davantage l'azote dans le sol. Avec 19 autres agriculteurs, Anthony a installé des panneaux photovoltaïques sur le toit des bâtiments de son élevage. Malgré un investissement financier important à la base (chaque exploitant a investit 51 000 ) et des démarches administratives complexes, ce sont 21 bâtiments avec environ 800 m 2 de panneaux sur chaque toit qui ont vu le jour.

Emilie, agricultrice dans l'hérault Emilie s'est installée en 2010 et cultive 12 hectares de vignes. Elle est engagée dans un programme du Conservatoire des espaces naturels de sa région dans le cadre duquel elle a mis en place un ensemble de pratiques favorables à la biodiversité. Elle a remplacé un hectare de vieilles vignes par de la prairie, ce qui constitue un environnement sain pour la prolifération des insectes et le stockage du carbone et de l'azote. Avec 80 autres viticulteurs, ils ont planté : 5 km de haies : environnement propice au développement de la faune (et notamment des oiseaux) 13 hectares de milieux ouverts : ce sont des espaces de prairies ou de cultures qui favorisent la diversité biologique 10 mares : ces zones humides sont également favorables à la biodiversité et permettent de limiter l érosion des sols.