La formation professionnelle et le secteur informel



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Transcription:

Investing in People Etude nationale La formation professionnelle et le secteur informel Côte d Ivoire Ce projet est financé par l Union européenne Ce projet est mis en œuvre par sequa ggmbh

Table de Matière INTRODUCTION 3 1. DONNEES GENRALES SUR LA SITUATION DANS LE SECTEUR INFORMEL 4 DÉFINITION 4 CARACTÉRISTIQUES 4 ETAT DES LIEUX 4 2. LE SECTEUR INFORMEL ET LA FORMATION PROFESSIONNELLE 5 LA FORMATION PROFESSIONNELLE 5 LA FORMATION PROFESSIONNELLE RELATIVE AU SECTEUR INFORMEL 5 LES PUBLICS CIBLES DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE DU SECTEUR INFORMEL 6 3. ANALYSE DES PROBLEMES/SOLUTIONS/TRANSFERT DE COMPETENCE 7 LES DIFFICULTÉS ET CONTRAINTES 7 PROPOSITIONS 8 «Les opinions exprimées dans cette publication ne reflètent pas nécessairement celles de la Commission européenne» 2

Introduction Dans le cadre du projet RIFA, la Chambre Nationale des Métiers de Côte d Ivoire (CNMCI) et la Chambre des Métiers de la Saar ont réalisé une étude sur le secteur informel et la formation professionnelle en Côte d Ivoire. Cette étude fait partie d une série d études conduites dans les pays partenaires du projet RIFA, notamment au Bénin, au Maroc, au Brésil, au Guatemala, au Salvador et au Honduras. Les résultats des études seront présentés aux autres délégations lors de la conférence interrégionale pour permettre un échange de connaissances et de bonnes pratiques puis, une fois enrichis par les informations de la conférence interrégionale, les résultats seront aussi présentés lors de la conférence nationale. L étude a été structurée par un questionnaire préparé par bfz, partenaire du projet RIFA. 3

1. DONNEES GENRALES SUR LA SITUATION DANS LE SECTEUR INFORMEL Définition Le secteur informel est constitué d unités économiques produisant des biens et des services en vue de créer principalement des emplois et des revenus, travaillant à petite échelle, avec un faible niveau d organisation et une faible division entre capital et travail. Les relations de travail recouvrent étroitement les relations de parenté, personnelles et sociales. Caractéristiques De petits unités de production qui se caractérisent avant tout par le non enregistrement de l unité elle-même ou des travailleurs et ce, souvent par défaut ou incapacité des systèmes administratifs Une autre caractéristique importante est sa distinction entre les activités agricoles et les activités informelles qui, elles, ne sont pas agricoles. Une distinction opérée sur des bases empiriques et non théoriques. A l origine, le secteur informel servait à désigner les activités de petite taille, essentiellement destinées à procurer des revenus de subsistance aux nouveaux citadins, produits d un exode rural. Par la suite, la notion s est étendue à l ensemble des petites activités qui, du fait de leur origine traditionnelle ou de leur caractère récent ou spontané, se sont démultipliées et consolidées en rapport avec le chômage endémique, en progression constante en Côte d Ivoire confrontée aux conséquences sociales des programmes d ajustement structurel au cours des années 80 et 90. Etat des lieux On estime que le secteur économique informel représente le second pourvoyeur d emplois après l agriculture. Le dynamisme du secteur artisanal et des services se manifeste par sa contribution pour 39 % du PNB (23 % pour le secteur industriel) et il occuperait 32 % de la population active. Le secteur moderne considérablement essoufflé a augmenté le nombre de demandeurs d emplois qui sont de plus en plus absorbés par le secteur informel avec une croissance de 14 à 30 %. Ce secteur représente donc une composante importante de l activité économique par ses potentialités en termes de création d emplois, de valorisation des produits locaux et de génération de revenus et, partant, de contribution à la lutte contre la pauvreté. De par sa nature, le secteur manque de données statistiques fiables et les activités qu il recouvre dépendent de plusieurs départements ministériels. 4

Pour tenter d assurer la gestion du secteur, des structures ont été créées, parmi lesquelles on peut citer : l Office National de Promotion des Entreprises Ivoiriennes (OPEI) remplacé par le Centre d Assistance et de Promotion de l Entreprise Nationale (CAPEN) ; l Office National de l Artisanat d Art (ONAA) en 1971 ; l Office National de Promotion Rurale et le Centre National de Promotion des Entreprises Coopératives. Puis le Gouvernement a créé en 1993 la Chambre Nationale de Métiers de Côte d Ivoire qui représente les intérêts économiques des artisans auprès des pouvoirs publics. Enfin, en 2011, a été créé le Ministère de l Artisanat et de la Promotion des PME afin de mettre en place une nouvelle politique de développement de l artisanat. 2. LE SECTEUR INFORMEL ET LA FORMATION PROFESSIONNELLE La formation professionnelle La formation professionnelle apparaît de prime abord comme l un des instruments les plus pertinents d une politique de croissance équitable : vecteur de valorisation du capital humain par le renforcement des capacités économiques et sociales individuelles, elle contribue à la réduction des inégalités tout en permettant de lutter contre la pauvreté ; porteur de compétitivité par le développement de compétences utiles au tissu économique elle est au centre des politiques de l emploi et au cœur de la dynamique de croissance par l investissement. La formation professionnelle relative au secteur informel La formation professionnelle relative à ce secteur s appuie, de façon marginale, sur l Enseignement Technique Scolaire mais surtout l enseignement non formel (apprentissage avec contrat) et majoritairement sur l apprentissage traditionnel (sur le tas). La durée, les conditions et les contenus de ces différents types de formation sont par nature très variables et inégaux : de deux à dix ans, avec ou sans alternance, formation payante ou non. En 1996, le Gouvernement avait initié un vaste programme de formation par apprentissage dans le secteur moderne (structuré) destiné à résorber en cinq ans 80 % des jeunes sans qualification (soit 100 000). La formation était alternée entre l entreprise et les centres de formation professionnelle. Ce projet avait bénéficié d un engouement certain (7 000 contrats au départ) mais rapidement ont surgi les difficultés suivantes : - Budgétaires : coût du transport pour les jeunes, coût de la formation en centres ; - Pédagogiques : cours théoriques assurés par des conseillers d apprentissage non formés ou par des professeurs d enseignement technique sans pédagogie adaptée. 5

Le Fonds de Développement de la Formation Professionnelle (FDFP) essaie actuellement d encourager l apprentissage dans le secteur non structuré (2 400 contrats signés) sur la base de contrats en alternance, d une durée de trois ans, avec des entreprises démarchées par 16 conseillers d apprentissage. Les caractéristiques en sont : - Durée de trois ans ; - Pas de rémunération de l apprenti mais, dans certains cas, les familles doivent payer le tuteur ; - 40 heures par semaine dont une journée en centre (enseignement professionnel théorique seulement) ; - Pas d inscription aux CAP (Certificat d'aptitude Professionnelle) mais délivrance d une attestation de qualification par le patron sur la base des compétences acquises et de l assiduité aux cours. La Coopération allemande (GTZ) a conduit également un projet d une durée de 13 ans (jusqu en 2010) soutenu par un prêt de la Banque Mondiale, des contributions du FDFP et la mise à disposition par le Gouvernement ivoirien de formateurs et des infrastructures scolaires. Deux filières sont proposées à ce jour : mécanique automobile (quatrième promotion en cours) et assistant de gestion (niveau bac exigé). Ouvertures prévues ou à l étude : froid climatisation, coupe couture, encadrement de chantier bâtiment. Ces formations alternées (50/50) sont parfaitement structurées mais n ont touché qu un nombre très limité de jeunes de 14 à 26 ans. Les publics cibles de la formation professionnelle du secteur informel a) Les jeunes non scolarisés ou déscolarisés En moyenne, 53 % des hommes et 44 % des femmes sont scolarisés, respectivement 44 % et 34 % en zones rurales. De plus, la déperdition scolaire est très rapide : 50 % de la population scolaire atteint le niveau CM2, 30 % la 6 ème et 25 % la 3 ème (statistiques 2002). De multiples facteurs déterminent la fréquentation ou l abandon du cursus scolaire : l utilisation des enfants (notamment des filles) pour les tâches domestiques, les coûts directs liés à la scolarisation et au nombre d enfants des familles, dans les régions rurales l exploitation des enfants pour les travaux agricoles et, enfin, l absence de moyens de transport. Ce groupe pourrait représenter un minimum de 5 000 jeunes à former chaque année. b) Les jeunes filles et les femmes Un accent particulier devra être mis sur la population des filles non scolarisées (en milieu rural comme urbain), des femmes chefs de famille, des veuves, etc. Leur alphabétisation associée à une formation professionnelle constituent un facteur évident de la lutte contre la pauvreté. c) Les handicapés 6

En Côte d Ivoire, le nombre de handicapés est en augmentation et représente actuellement 10 % de la population. En 2002, l AGEFOP (Agence Nationale de la Formation Professionnelle) avait initié un projet qui a été freiné par la guerre. Parmi les expériences, citons la formation de handicapés visuels au métier de standardiste, une formation-action de 200 handicapés de Yopougon à l auto-emploi (informatique, distribution de gaz butane, œuvres artistiques, vannerie, textile, etc.). Les difficultés portent sur l absence de structures de formation adaptées puis sur la commercialisation des articles fabriqués par les handicapés. d) Les artisans en activité Pour ce groupe, il s agit d actions ponctuelles de mise à niveau technologique, de perfectionnement en gestion, comptabilité, mercatique, voire d encadrement d apprentis. e) Les soldats démobilisés L arrêt des combat va entraîner un désœuvrement durable qui, associé à la paupérisation des régions sinistrées, conduira immanquablement au développement de diverses formes de délinquance. Nous ne disposons pas de données chiffrées sur ce groupe mais on peut l estimer de 5 à 10 000 jeunes. f) Les diplômés sans emploi (BT et BTS ou enseignement supérieur) Cette population a besoin de techniques de recherche d emploi, de modules d adaptation à l emploi mais doit surtout développer les compétences pour s insérer dans la vie active par l auto-emploi ou par la création d une micro-entreprise. 3. ANALYSE DES PROBLEMES/SOLUTIONS/TRANSFERT DE COMPETENCE Les difficultés et contraintes Les difficultés et les contraintes qui s opposent au développement indispensable de la formation professionnelle dans le secteur économique informel relèvent de causes multiples : - L insuffisance de moyens d information statistique ne permet pas un recensement fiable des micro-entreprises relevant du secteur informel, si ce n est au niveau des Mairies qui procèdent à l encaissement des taxes locales ; - L insuffisance de l information sur le marché de l emploi alliée à la méconnaissance des filières porteuses en termes d emplois, de création et de reprise d entreprises ainsi que des activités développables et à créer ; - La faiblesse de cadre institutionnel et réglementaire : multiplicité des tutelles ministérielles, absence de protection sociale, système de formation non structuré ; 7

- L insuffisance de qualification des tuteurs en entreprise avec une simple transmission des «gestes professionnels» traditionnels ne prenant pas en compte les évolutions technologiques ; - L absence de pédagogie spécifique à l alternance dans les centres de formation ; - La faiblesse du niveau scolaire des apprentis (majoritairement analphabètes) accentuée chez les filles, les handicapés, les jeunes ruraux ; - Le manque d équipement et d outillage dans les entreprises ne permet pas aux jeunes de devenir rapidement opérationnels (parfois uniquement observation passive) et conduit à des durées d apprentissage démesurément longues et démobilisatrices ; - Le nombre insuffisant de structures de formation adaptée à la formation professionnelle non formelle (initiale comme continue) et l inégalité de leur dispersion sur le territoire national. Propositions 1- Mettre à plat les textes réglementant l apprentissage en Côte d Ivoire depuis son financement jusqu à la validation des formations en alternance : - Collecte et affectation réelle de la taxe d apprentissage ; - Formation d un corps spécialisé de formateurs en centres ; - Information puis formation des tuteurs en entreprises (y compris alphabétisation) ; - Réglementation de la durée du contrat et du statut des cosignataires ; - Conditions financières du contrat (qui paie? et quoi?) ; - Limitation du nombre d apprentis par tuteur ; - Elaboration des contenus de formation (en centres et en entreprises) comprenant obligatoirement les compétences entrepreneuriales. 2- Le Gouvernement de Côte d Ivoire doit confier l apprentissage à la Chambre Nationale de Métiers de Côte d Ivoire (CNMCI). 3- Une étude doit être menée sur les filières porteuses de l artisanat 4- Les formations aussi courtes soit-elles devront obligatoirement comporter un volet entrepreneuriat (emploi ou auto-emploi) qui permettra aux jeunes de passer de l idée au projet puis d être soutenus pendant toutes les phases d élaboration voire de déroulement du projet : choix de l activité, étude d implantation, financement, formalités, couverture sociale, gestion, commercialisation, groupements coopératifs. 8