Un regard sur le travail social en Seine-Saint-Denis.



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Transcription:

Un regard sur le travail social en Seine-Saint-Denis. Outils de réflexion et de valorisation des actions de prévention. Ce projet est né de notre participation aux rencontres Carrefour-Prévention proposées par la Mission de Prévention des Conduites à Risques. Carrefour-Prévention, lieu d échanges interprofessionnels, rassemble une fois par mois des travailleurs sociaux du département de Seine-Saint-Denis. Ces acteurs mettent en place et soutiennent de nombreuses initiatives originales. A plusieurs reprises, il a été souligné que ces projets restaient méconnus, tant des autres travailleurs sociaux que des élus, de la population et du grand public. L utilisation du support vidéo semble particulièrement adapté pour répondre à ce besoin. Nous proposons donc d expérimenter un outil de travail pouvant devenir à la fois un support de réflexion, d information et de discussion pour les structures mais aussi un outil de communication pour l ensemble des acteurs sociaux dans le département. Les documentaires visent cinq objectifs principaux : Décrire les étapes, les objectifs visés et la mise en œuvre d une action de prévention, le processus et les leviers qui l ont rendue efficace, Permettre une démarche réflexive pour la structure et les intervenants au travers du rendu vidéo de l action qu ils développent, Communiquer les enseignements issus de cette initiative auprès des professionnels impliqués dans le travail social, Valoriser les actions, les outils ou les dispositifs opérants dans le champ de la prévention et les rendre lisibles pour un public plus large (collègues, partenaires, professionnels, groupes de travail, établissements scolaires, projections-débats, décideurs, habitants, grand public), Faire reconnaître le travail effectué avec et par le public concerné. Mission Départementale de Prévention des Conduites à Risques prevtox@cg93.fr / Association LRSH (Astrid Fontaine, Christophe Gendre) http://asso.lrsh.free.fr - Courriel : asso.lrsh@free.fr

Le support vidéo et l action préventive : Un regard sur le travail social en Seine-Saint-Denis Le département de Seine-Saint-Denis est particulièrement dynamique du point de vue de l action sociale et de nombreuses initiatives originales et innovantes sont portées par des acteurs de première ligne travaillant en équipes réduites, souvent de manière isolée et anonyme. Ces actions de prévention, destinées à différents publics, font appel aux compétences que développent les travailleurs sociaux. Parmi ces compétences on peut citer : - Connaissance du territoire, - Connaissance des problématiques rencontrées par ses habitants, - Diagnostic de la situation locale et formulation des besoins qui en découlent, - Faculté à aller à la rencontre du public concerné et à établir une relation de confiance, - Faculté à trouver des supports de travail pour des actions de prévention, - Faculté à mettre en place ces projets et à en évaluer l efficacité. Ces connaissances et ces expériences ne sont bien souvent pas mutualisées, capitalisées, ce qui empêche d une part de les faire (re)connaître et d autre part de les communiquer à d autres pour qu elles puissent éventuellement être transposées ailleurs. L utilisation du support vidéo semble particulièrement adapté pour répondre à ce besoin. Nous proposons donc d expérimenter un outil de travail pouvant devenir à la fois un support de réflexion, d information et de discussion pour les structures mais aussi un outil de communication pour l ensemble des acteurs sociaux dans le département. D autres supports accompagnent ces films documentaires : un texte écrit (portrait de la structure, présentation des acteurs et partenaires, description de l action filmée, apports de la vidéo ), des photographies ou encore des enregistrements sonores. Notre but n est pas simplement de «mettre en lumière» un fait objectif, mais de poser «un regard», de créer une rencontre et de fabriquer avec les personnes concernées un outil de travail. La vidéo est alors conçue comme un support de production commune d une réflexion sur des actions engagées sur le terrain de la prévention. Elle offre des opportunités de rencontre autour de la production d un regard, puis de sa restitution et de son interprétation. Elle suscite la réflexion, favorise l échange et la confrontation des points de vue. 2

Le projet Réalisation Restitution Le tournage s organise en 3 temps : La réunion de préparation Elle permet de réaliser un portrait des acteurs, de faire connaissance et de contextualiser le sujet du film. Construction collective du tournage, de la stratégie de communication autour de l action. Que va-t-on montrer? Comment le montrer? Le temps de tournage in situ Structure (champ d action, lieu, missions, composition de l équipe) Déroulement de l expérience (description, évaluation de la situation de départ, objectifs, moyens et partenaires) Gestion de l action (coordination, obstacles et éléments facilitateurs, résultats, limites, perspectives) Production d un ensemble de documents relatant l expérience et permettant son archivage et sa diffusion : DVD et cassette vidéo, Compte-rendu écrit de l expérience, Photographies, diaporama, Enregistrements sonores, Guide d utilisateur pour le visionnage. Séance de validation et d ajustement Le visionnage du film avant la version définitive permet de préciser les éléments que le film met en exergue. Nous pourrons, le cas échéant, interviewer d autres partenaires ou filmer des images spécifiques qui seront nécessaires pour la cohérence du montage final. 3

Etapes de travail Vidéo-texte, complémentarité et apports du multimédia La structuration des films est guidée par un compte-rendu rédigé après les premières rencontres avec les intervenants. Ce texte leur est d abord soumis pour qu ils en valident le contenu et éventuellement le complètent. Cette première transcription présente la structure et les acteurs impliqués (travailleurs sociaux, public(s), partenaires), l action choisie pour le film (description et objectifs, déroulement chronologique de l action et identification des éléments ayant permis sa réalisation). Le premier montage du film est donc réalisé en fonction de cette trame. Que cherche-t-on à savoir lors du tournage? 1. Structure (champ d action, lieu, missions, composition de l équipe) 2. Déroulement de l expérience (description, évaluation de la situation de départ, objectifs, moyens et partenaires) 3. Gestion de l action (coordination, obstacles et éléments facilitateurs, résultats, limites, perspectives) - le public (âge, situation/contexte) - comment est né ce projet? quels étaient les constats de départ? - comment s est déroulé le travail? quelles ont été les étapes? - thèmes abordés, spécificité du support utilisé - quels ont été les points forts de l action menée sur l année? - quels ont été les points faibles? - contexte et partenariats - moyens techniques et financiers engagés dans l action 4

Plan de tournage La réunion d intention La première rencontre entre l équipe de tournage et les membres de la structure est filmée. Elle se déroule sur le lieu de travail de ces derniers sous la forme d une interview. Les acteurs sont invités à s investir dans l élaboration collective d un discours et d un portrait de leur action, d un plan de tournage et d une structure de communication propre à l action ou au dispositif filmé. Nous distribuons également lors de cette première rencontre les autorisations de tournage. Lorsqu il s agit de filmer des jeunes mineurs, les intervenants se chargent de prendre contact avec les familles pour les informer sur le sujet et les conditions de réalisation du documentaire. Cette étape offre aussi un laps de temps aux jeunes, aux familles et aux intervenants pour se familiariser avec l idée qu ils seront filmés et éventuellement amenés à s exprimer devant une caméra à propos de cette action. Portrait in situ L équipe de tournage est introduite auprès du public auquel s adresse l action par l équipe éducative. Si cette dernière organise et supervise cette prise de contact, il est important que l équipe de tournage puisse établir une relation directe et personnalisée avec le public concerné. Lorsqu il s agit de jeunes adolescents, les travailleurs sociaux peuvent aussi utiliser notre présence comme une expérience venant s ajouter à l action préventive développée, en mettant à profit la rencontre que peuvent faire ces jeunes avec des personnes extérieures ne se situant pas dans une démarche éducative. La première rencontre avec le public, déjà préparé à notre arrivée par les intervenants, est consacrée à une présentation des objectifs du projet vidéo, du matériel et des règles du jeu (quand serons-nous présents, possibilité d être interviewé ). 5

Validation et ajustements Une fois un premier montage effectué, une réunion de visionnage est organisée, rassemblant l équipe de tournage, les membres de la structure partenaire, les représentants de la Mission de Prévention des Conduites à Risques et des documentalistes du CIRDD dans la mesure du possible, car leur présence apporte un regard extérieur. Cette séance de visionnage est l occasion pour nous tous de prendre de la distance par rapport à l action présentée dans le film et occasionne des débats autour des points importants que le film met en exergue. Elle permet d identifier les éléments qui seront nécessaires pour mieux expliquer les ressorts de l action menée et vient préciser le récit enregistré lors de la première rencontre. Cette séance de visionnage est également filmée et, le cas échéant, des rushs pourront être incorporés au montage final. Extensions possibles Des entretiens complémentaires avec des acteurs indirectement impliqués dans l action peuvent être réalisés. Lorsque la prise de contact avec le public se déroule bien, que celuici exprime le désir de s approprier la présence de la caméra et que les conditions le permettent, nous sommes en mesure de saisir cette ouverture et de proposer une extension du projet. Un film spécifique peut donc être réalisé avec et pour le public concerné par l action (tournage et montage d un spectacle, d un «clip» ). Cette démarche peut également participer à la valorisation du travail effectué par le public lui-même. Une initiation à la prise d images est également possible pour les acteurs intéressés. 6

L association LRSH, un Laboratoire de Recherche en Sciences Humaines à Bagnolet L association LRSH rassemble des chercheurs issus de différentes branches des sciences humaines et sociales. Créée en 2002, ses membres actifs travaillent ensemble depuis 1999. Les chercheurs de l association LRSH partagent une même approche, qui privilégie les méthodes ethnographiques et accorde une place prépondérante au travail de terrain. L association vise à la production d'un espace commun de réflexion et d action. C est pourquoi elle favorise les approches localisées et participatives, afin de les inscrire au plus près des réalités sociales et d impliquer les acteurs locaux lors de l élaboration de projets, d outils, de construction de sens. Les domaines d intervention de l association touchent à plusieurs champs : - Analyse de dispositifs, développement de méthodes et d outils dans le champ du social, de la santé, de la toxicomanie, de l insertion et de la protection de l enfance. - Anthropologie visuelle et multimédia, - Anthropologie urbaine, - Anthropologie du corps, L association s est donnée pour objectifs : - D étudier les phénomènes sociaux contemporains. - D investir de nouveaux champs d étude, par le biais de la méthode ethnographique ou de toutes autres disciplines en sciences humaines. - D expérimenter de nouvelles méthodes de recherche et d élaborer de nouveaux outils. - De favoriser la diffusion des résultats de ces recherches sur tous supports (écrits, arts vivants, audiovisuel, multimédia ). L association LRSH réalise des recherches, études et évaluations pour des collectivités territoriales, des ministères, des services décentralisés de l'etat, des coopératives de recherche en sciences sociales et des associations. L association propose également des projets de recherche, des outils de travail appliqués à des terrains particuliers et communiquons nos résultats par le biais d articles et de publications dont beaucoup sont accessibles sur le site Internet : http://asso.lrsh.free.fr L activité de l association LRSH s organise autour de trois pôles : Pôle Recherche et évaluation (recherche fondamentale, enquêtes de terrain, élaboration de projets, évaluation de dispositifs ) Pôle Développement d outils, de méthodes et de supports (veille Internet, utilisation du support vidéo ) Pôle Valorisation et Diffusion (publication on line d articles, d ouvrages, de photographies et de recherches, graphisme, diffusion des résultats des recherches sur tous supports théâtre, audiovisuel, arts graphiques, multimédia ) 7