http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr

Documents pareils
Cancers de l hypopharynx

Concours d Internat et de Résidanat

La langue, constituant la majeure partie de la partie inférieure de la cavité orale,

PROGRAMME DU CONCOURS D ACCES AU RESIDANAT DE CHIRURGIE DENTAIRE

Apport de la TDM dans les cellulites cervico-faciales


Manuel d hygiène bucco-dentaire Destiné à la formation de prophylaxistes

Recommandations régionales Prise en charge des carcinomes cutanés

Positionnement de l implant

Cavité buccale et système dentaire

L EXPÉRIENCE POUR L AUTONOMIE

Traitement des plaies par pression négative (TPN) : des utilisations spécifiques et limitées

Le traitement conservateur des tumeurs malignes des membres a largement remplacé les amputations

Cancers du larynx : diagnostic, principes de traitement (145a) Professeur Emile REYT Novembre 2003 (Mise à jour Mars 2005)

AMAMI Anaïs 3 C LORDEL Maryne. Les dons de cellules & de tissus.

LE LARYNX VUE ANTERIEURE DU LARYNX : Décembre 2007 Sources Étudiantes. Faculté de Médecine Montpellier-Nîmes

IRM du Cancer du Rectum

L'œsophage L'œsophage est un tube musculaire qui traverse de la bouche à l'estomac. Causes

Collection Soins infirmiers

Les fractures de l extrémité inférieure du radius (238) Professeur Dominique SARAGAGLIA Mars 2003

Modules optionnels. Passer à l acte en implantologie

Transplantation hépatique à donneur vivant apparenté. Olivier Scatton, Olivier Soubrane, Service de chirurgie Cochin

Règlement concernant l obtention du «CERTIFICAT SSO DE FORMATION POSTGRADE (CFP SSO) EN IMPLANTOLOGIE ORALE»

Tallon, Charlotte (CC BY-NC-ND 2.0)

Leucémies de l enfant et de l adolescent

Département de chirurgie dentaire Service de parodontologie Dr ZAGHEZ M. Polycopies de parodontologie

Recommandations Prise en charge des patients adultes atteints d un mélanome cutané MO

UNE INTERVENTION CHIRURGICALE AU NIVEAU DU SEIN

Articulations du coude et de l avant-bras

Qu est-ce qu un sarcome?

UNIVERSITÉ JOSEPH FOURIER - GRENOBLE I THÈSE. pour obtenir le grade Docteur de l université Joseph Fourier - Grenoble I

Diplôme Universitaire d Implantologie Franco-Canadien (DUIFC) Niveau avancé REGLEMENT DU CONTRÔLE DES CONNAISSANCES

TECHNIQUES D AVENIR LASER DOPPLER IMAGING LASER DOPPLER IMAGING LASER DOPPLER IMAGING

Sujets présentés par le Professeur Olivier CUSSENOT

Amputations partielles traumatiques de la main. Colette Gable - Ergothérapeute CDS - IRR Nancy

DIPLOME DE CHIRURGIE ORALE

PAN CEPH 3D CAS CLINIQUES. Apport du cône beam en cabinet dentaire

Retrouver une qualité de vie. Les implants dentaires : la meilleure solution naturelle. Education des patients

PLACE DE L IRM DANS LE BILAN D EXTENSION DU CANCER DU RECTUM. Professeur Paul LEGMANN Radiologie A - Cochin Paris

cursus d implantologie orale Les clés du succès par le compagnonnage

Maladie de Hodgkin ou lymphome de Hodgkin

LIGNES DIRECTRICES CLINIQUES TOUT AU LONG DU CONTINUUM DE SOINS : Objectif de ce chapitre. 6.1 Introduction 86

PROTHESES PIEZOGRAPHIQUES

Mention : STAPS. Sport, Prévention, Santé, Bien-être. Objectifs de la spécialité

Les cas implantaires que nous

CATALOGUE OEIL DENTAIRE 2015 : CHIRURGIE MUCO-GINGIVALE

IMPLANTS DENTAIRES. Informations destinées aux patientes et aux patients

LASER DOPPLER. Cependant elle n est pas encore utilisée en routine mais reste du domaine de la recherche et de l évaluation.

l implantologie basale

UN ATTACHEMENT de PRECISION ORIGINAL Le MK1 A propos de 2 cas cliniques

Dossier Administratif du Patient

Les cancers des voies aérodigestives supérieures

Les sciences de l ingénieur appliquées à la prise en charge du

L HYGIÉNISTE DENTAIRE ET L ONCOLOGIE

Actualités s cancérologiques : pneumologie

Cette intervention aura donc été décidée par votre chirurgien pour une indication bien précise.

Module digestif. II. Prévention du reflux gastro-œsophagien :

NOMENCLATURE DES ACTES PROFESSIONNELS DES CHIRURGIENS-DENTISTES DE MONACO

Brochure Patients. Les implants dentaires : Une solution naturelle et élégante pour retrouver confiance en soi.

BACCALAUREAT PROFESSIONNEL PROTHESE DENTAIRE

Cancer du sein in situ

ENFIN, UN SYSTÈME POLYVALENT D'IMAGERIE ORL ET DENTAIRE

OTO-RHINO- LARYNGOLOGIE pharyx, larynx, cancer

B06 - CAT devant une ischémie aiguë des membres inférieurs

Tuméfaction douloureuse

Qu est-ce que le cancer de l œsophage?

o Anxiété o Dépression o Trouble de stress post-traumatique (TSPT) o Autre

PROGRESSONS MAIN DANS LA MAIN EN IMPLANTOLOGIE

Certificat SSO de formation postgrade en médecine dentaire générale

De la chirurgie du nodule aux ganglions

Recherche Information - prévention - dépistage Actions pour les malades et leurs proches. Les cancers des voies aérodigestives supérieures

Lymphome non hodgkinien

Sytème de Diagnostic d'imagerie Numérique simple et évolutif

Recherche alphabétique : A-B-C-D-E-F-G-I-M-O-P-R-S-T

MIEUX COMPRENDRE VOTRE TRAITEMENT. LA RADIOTHÉRAPIE DES CANCERS DES Voies Aéro-Digestives Supérieures

Centre desoins Dentaires 1/5

Informations sur le cancer de l intestin

Le reflux gastro-oesophagien (280) Professeur Jacques FOURNET Avril 2003

La nouvelle classification TNM en pratique

Votre guide des définitions des maladies graves de l Assurance maladies graves express

LE CONTRÔLE DU FACTEUR BACTERIEN 3-POUR LE TRAITEMENT DES PARODONTITES

Réflexions sur les possibilités de réponse aux demandes des chirurgiens orthopédistes avant arthroplastie

Pseudotumor cerebri. Anatomie Le cerveau et la moelle épinière baignent dans un liquide clair, appelé le liquide céphalo-rachidien (LCR).

COMMENT DEVENIR KINÉSITHÉRAPEUTE

PRISE EN CHARGE DES DOULEURS DU POST-PARTUM ET DES DOULEURS POST-CHIRURGICALES MARTINE CORNILLET-BERNARD

Chirurgie articulaire secondaire Pr. Philippe PELISSIER

D.E.SU. «Parodontologie en Pratique Clinique» ( )

UNIVERSITE DE PARIS ANNEE UNIVERSITAIRE MEMOIRE EN VUE DE L OBTENTION DU DIPLOME INTERUNIVERSITAIRE DE PEDAGOGIE MEDICALE

Diplôme de Docteur en chirurgie dentaire ORGANISATION DES ENSEIGNEMENTS

Conseils aux patients* Lutter activement. *pour les patients ayant subi une opération de remplacement de la hanche ou du genou

Synthes ProPlan CMF. Service de planification et produits spécifiques de patient pour la chirurgie craniomaxillo-faciale.

DU Pharmacien-orthésiste Responsable : Pr. Daniel Cussac

LES TROUBLES MUSCULO- SQUELETTIQUES

Information pour le patient

Programme «Implantologie en pratique privée» Ardentis Clinique Dentaire Lausanne Flon Hiver 2012 Lausanne, Suisse

Les différentes maladies du coeur

Traitement des Pseudarthroses des Os Longs par Greffe Percutanée de Moelle Osseuse Autologue Concentrée

I. EXERCICES POUR LA CERVICALGIE CHRONIQUE. Exercice 1 : Posture

.( /.*!0) %1 2"+ %#(3004) 05' 203 .(.*0"+ ) '!2"+ %#(30+ 0!"%) 4!%2) 3 '!%2"+ %#(30! &' 4!!% .+.*0%!!'!(!%2" !

Qu est-ce que la PACES?

Transcription:

http://portaildoc.univ-lyon1.fr Creative commons : Paternité - Pas d Utilisation Commerciale - Pas de Modification 2.0 France http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr

UNIVERSITE CLAUDE BERNARD-LYON I U.F.R. D'ODONTOLOGIE Année 2013 THESE N 2013 LYO 1D 010 T H E S E POUR LE DIPLOME D'ETAT DE DOCTEUR EN CHIRURGIE DENTAIRE Présentée et soutenue publiquement le : 18 février 2013 par Baptiste Né le 08 octobre 1987, à Guilherand-Granges (07) CANCERS DE LA LANGUE : TRAITEMENTS ET REHABILITATIONS JURY Mme Catherine MILLET Président Mme Anne-Gaëlle CHAUX-BODARD Mme Aline DESOUTTER Assesseur Assesseur M. Cyril VILLAT Assesseur

UNIVERSITE CLAUDE BERNARD LYON I Président de l'université Vice-Président du Conseil Scientifique Vice-Président du Conseil des Etudes et de Vie Universitaire Directeur Général des Services M. le Professeur F-N. GILLY M. le Professeur P-G. GILLET M. le Professeur P. LALLE M. A. HELLEU SECTEUR SANTE Comité de Coordination des Etudes Médicales Faculté de Médecine Lyon Est Faculté de Médecine et Maïeutique Lyon-Sud Charles Mérieux Faculté d'odontologie Institut des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques Président : Mme la Professeure C. VINCIGUERRA Directeur : M. le Professeur. J. ETIENNE Directeur : Mme la Professeure C. BURILLON Directeur : M. le Professeur D. BOURGEOIS Directeur : Mme la Professeure C. VINCIGUERRA Institut des Sciences et Techniques de la Réadaptation Département de Formation et Centre de Recherche en Biologie Humaine Directeur : M. le Professeur Y. MATILLON Directeur : M. le Professeur P. FARGE SECTEUR SCIENCES ET TECHNOLOGIES Faculté des Sciences et Technologies UFR des Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives Institut Universitaire de Technologie Lyon 1 Ecole Polytechnique Universitaire de l Université Lyon 1 Institut de Science Financière et d Assurances Institut Universitaire de Formation des Maîtres De l Académie de Lyon (IUFM) Observatoire de Lyon Ecole Supérieure de Chimie Physique Electronique Directeur : M. le Professeur F. DE MARCHI Directeur : M. le Professeur C. COLLIGNON Directeur : M. C. VITON, Maître de Conférences Directeur : M. P. FOURNIER Directeur : Mme la Professeure V. MAUME DESCHAMPS Directeur : M. A. MOUGNIOTTE Directeur : M. B. GUIDERDONI, Directeur de Recherche CNRS Directeur : M. G. PIGNAULT

FACULTE D'ODONTOLOGIE DE LYON Doyen : M. Denis BOURGEOIS, Professeur des Universités Vice-Doyen : Mme Dominique SEUX, Professeure des Universités SOUS-SECTION 56-01: Professeur des Universités : Maître de Conférences : PÉDODONTIE M. Jean-Jacques MORRIER M. Jean-Pierre DUPREZ SOUS-SECTION 56-02 : Maîtres de Conférences : SOUS-SECTION 56-03 : Professeur des Universités Maître de Conférences ORTHOPÉDIE DENTO-FACIALE M. Jean-Jacques AKNIN, Mme Sarah GEBEILE-CHAUTY, M. Laurent MORGON, Mme Claire PERNIER, Mme Monique RABERIN PRÉVENTION - EPIDÉMIOLOGIE ECONOMIE DE LA SANTÉ - ODONTOLOGIE LÉGALE M. Denis BOURGEOIS M. Bruno COMTE SOUS-SECTION 57-01 : PARODONTOLOGIE Professeur des Universités Emérite : Maîtres de Conférences : SOUS-SECTION 57-02 : Maître de Conférences : SOUS-SECTION 57-03 : Professeur des Universités : Maîtres de Conférences : SOUS-SECTION 58-01 : Professeur des Universités : Maîtres de Conférences : SOUS-SECTION 58-02 : Professeurs des Universités : Maîtres de Conférences : SOUS-SECTION 58-03 : Professeur des Universités : Maîtres de Conférences : M. Jacques DOURY M. Bernard-Marie DURAND, Mme Kerstin GRITSCH M. Pierre-Yves HANACHOWICZ, M. Philippe RODIER, CHIRURGIE BUCCALE - PATHOLOGIE ET THÉRAPEUTIQUE ANESTHÉSIOLOGIE ET RÉANIMATION Mme Anne-Gaëlle CHAUX-BODARD, M. Thomas FORTIN, M. Jean-Pierre FUSARI SCIENCES BIOLOGIQUES M. J. Christophe FARGES Mme Odile BARSOTTI, Mme Béatrice RICHARD, Mme Béatrice THIVICHON-PRINCE, M. François VIRARD ODONTOLOGIE CONSERVATRICE - ENDODONTIE M. Pierre FARGE, Mme Dominique SEUX Mme Marion LUCCHINI, M. Thierry SELLI, M. Cyril VILLAT PROTHÈSE M. Guillaume MALQUARTI, Mme Catherine MILLET M. Christophe JEANNIN, M. Renaud NOHARET, M. Gilbert VIGUIE, M. Stéphane VIENNOT, M. Bernard VINCENT SCIENCES ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES OCCLUSODONTIQUES, BIOMATÉRIAUX, BIOPHYSIQUE, RADIOLOGIE M. Olivier ROBIN M. Patrick EXBRAYAT, Mme Brigitte GROSGOGEAT, Mme Sophie VEYRE-GOULET

Baptiste CANCERS DE LA LANGUE : TRAITEMENTS ET RÉHABILITATIONS 1/43

Introduction...5 I. Généralités...6 1.1 Points-clés...6 1.1.a Épidémiologie et Étiologie...6 1.1.b Signes cliniques....6 1.2 Classification T.N.M...7 1.3 Anatomie de la langue...10 1.3.a Anatomie pure...10 1.3.b Anatomie fonctionnelle et chirurgicale...11 1.3.c Particularités de la langue dans la propagation tumorale...11 1.4 Principes de traitements...13 II. Traitements chirurgicaux...16 II.1 Exérèse...16 II.1.a Généralités...16 II.1.b Au niveau de la langue mobile...18 II.1.b.1 Glossectomie de pointe...18 II.1.b.2 Glossectomie marginale...18 II.1.b.3 Hémiglossectomie de la langue mobile...19 II.1.b.4 Hémiglossectomie longitudinale...19 II.1.b.5 Hémipelviglossectomie...19 II.1.b.6 Hémipelvi-glosso-mandibulectomie...19 II.1.b.7 Glossectomie transversale antérieure...19 II.1.b.8 Grands principes d'abord...20 II.1.c Au niveau de la base de la langue...21 2/43

II.1.c.1 Transmandibulaire...21 II.1.c.2 Sousmandibulaire...21 II.1.c.3 Supraglottique...21 II.1.c.4 Transhyoïdienne...21 II.1.d Cas particuliers des tumeurs totolinguales...21 II.2 Reconstructions...23 II.2.a Généralités...23 II.2.b Types de lambeaux...23 II.2.b.1 Les lambeaux Myocutanés...23 II.2.b.2 Les lambeaux libres...24 II.2.b.3 Le lambeau libre antébrachial...25 II.2.c Reconstruction des glossectomie partielles...26 II.2.c.1 Pour les glossectomies marginales...26 II.2.c.2 Pour les hémiglossectomies...27 II.2.c.3 Dans le cas de pelviglossectomie...27 II.2.c.4 Pour une pelviglossomandibulectomie interruptrice...27 II.2.c.5 Pour une glossectomie basilinguale...28 II.2.c.6 Dans le cas de glossectomies transversales antérieures.28 II.2.d Reconstruction des glossectomies totales...28 II.2.d.1 Le lambeau de grand dorsal libre...28 II.2.d.2 Le lambeau du muscle abdominal grand droit...29 II.2.d.3 Le lambeau libre gastro-épiploïque...29 III Réhabilitation prothétique...30 III.1 Réhabilitation lors de glossectomie partielle...31 III.1.a Généralités...31 III.1.b Principes de création...31 III.1.c Réalisation de la prothèse...32 3/43

III.1.d Résultats...33 III.2 Réhabilitation lors de glossectomie totale...34 III.2.a Généralités...34 III.2.b Réalisation...35 III.2.b.1 Empreinte primaire...35 III.2.b.2 Empreinte anatomo-fonctionnelle...35 III.2.b.3 Châssis métalliques...36 III.2.b.4 La langue prothétique...36 III.3 Qualité de vie...39 Conclusion...41 Bibliographie...42 4/43

Introduction : La langue est un organe sensitivo-moteur très important et indispensable aux fonctions complexes de la déglutition et de la phonation. Elle contribue à la mastication en malaxant la nourriture et en la ramenant systématiquement entre les dents ; elle permet la déglutition et propulse le bol alimentaire dans le pharynx ; elle contribue aussi à connaître le goût des aliments et participe à l'intelligibilité de la parole. La perte d'une partie ou de la totalité de la langue suite a une pathologie cancéreuse entraîne donc de nombreux troubles dus à la perte de fonctions de celle-ci. Sans langue, les aliments franchissent le bord lingual et tombent dans le vide laissé par l'ablation de cet organe. Donc, maintenir les aliments sur les dents et amener le bol alimentaire vers le pharynx devient très difficile. De plus, même si la glotte peut se refermer et donc laisser passer le bol alimentaire et protéger les poumons, cette difficulté contraint les patients à une alimentation parentérale. De même, sans langue, l'intelligibilité de la parole est fortement altérée. L'absence de langue empêche les variations de volume de résonance faite par la cavité buccale nécessaire à la différentiation des voyelles, et empêche la formation des phonèmes dont le point d'articulation se fait par contact lingual : la parole devient «nasonnée» et donc, quasi incompréhensible. En partant de ce constat nous allons voir les différents types de traitements et surtout de réhabilitations permettant de retrouver les fonctions perdues. 5/43

1.1 Point-clés I. Généralités 1.1.a Épidémiologie et Étiologie Avec une estimation en 2008 s élevant à 16 000 nouveaux cas par an, les cancers des voies aérodigestives supérieures (VADS) se situent au cinquième rang des cancers les plus fréquents en France. Ces cancers sont principalement masculins (80 % des nouveaux cas sont des hommes). [10] En 2007, près de 60 000 patients étaient en ALD pour un cancer des VADS. La mortalité est estimée à près de 5 000 patients par année. [10] Les cancers de la cavité buccale représentent de 20 à 25 % des cancers des VADS. Parmi ces cancers de la cavité buccale, 30% sont des cancers de la langue ; ce qui nous amène à environ 1200 nouveaux cas de cancers linguaux par an. [10] Ce sont dans 90% des cas des cancers épidermoïdes, avec une atteinte de la partie mobile de la langue dans deux tiers des cas et de la base de langue pour le tiers restant. [10] L'intoxication alcoolotabagique est le principal facteur étiologique (environ 90% des cas). [10] 1.1.b Signes cliniques Les cancers des VADS sont initialement pauci-symptomatiques. Les principaux signes cliniques évocateurs des cancers de la cavité buccale sont une présence d'une ulcération infiltrée souvent indolore et persistante, une tuméfaction, des troubles de la mobilité linguale, une otalgie réflexe, des mobilités dentaires ou instabilités prothétiques, des gingivorragies ( surtout dans les cas avancés), une gêne à la déglutition, une dysphagie, une odynophagie, voir une anesthésie du V3. [10] Le diagnostic peut être suspecté en cas d altération de l état général et d amaigrissement rapide chez un patient à risque. [10] Ces tumeurs, particulièrement lymphophiles, peuvent également être révélées par une atteinte ganglionnaire cervicale. [10] 6/43

Toute adénopathie cervicale isolée persistante doit faire l objet en priorité d un bilan ORL et de la cavité buccale. L expression première par une métastase à distance est rare. 1.2 Classification T.N.M Après le diagnostic, il y aura un premier bilan d'extension réalisé par le médecin traitant ou par un spécialiste. Ce bilan d'extension consistera en un examen clinique et une Tomographie DensitoMétrique (TDM) cervico-thoracique ; La TDM cervico-thoracique sera réalisée en première intention pour explorer la tumeur primitive, les adénopathies cervicales et l étage thoracique pour bilan d extension. Un IRM (Image par Résonance Magnétique) pourra être réalisé en cas de stade T2 ou T3 ou lorsque des artefacts dentaires gênent l interprétation du TDM. La classification du cancer réalisée après le premier bilan est la classification TNM. C'est une classification codifiée simple et universelle permettant de décrire les lésions et qui repose sur l évaluation de 3 éléments : T : extension et siège de la tumeur primitive N : état des aires ganglionnaires régionales M : absence ou présence de métastases à distance. La classification T : elle traduit le degré d'extension locale. T.x : On ne peut évaluer la taille de la tumeur T.i.s : carcinome in situ T.1 :Lésion sur un bord de langue de moins de 2 cm de plus grande taille. Une telle lésion est souvent observée en face de problèmes dentaires expliquant une irritation locale importante. 7/43

Fig.1 : Schéma redessiné par l'auteur à partir du TNM Atlas de l'uicc T.2 : Lésion sur un bord de la langue faisant dans son plus grand axe entre 2 et 4 cm. Une telle lésion se caractérise par des hémorragies et une haleine très fétide. Fig.2 : Schéma redessiné par l'auteur à partir du TNM Atlas de l'uicc T.3 : Lésion de plus de 4 cm de grand axe Fig.3 Schémas redessinés par l'auteur à partir du TNM Atlas de l'uicc 8/43

T.4 : Lésion atteignant les structures adjacentes : os cortical, muscle extrinsèque de la langue, peau... Fig.4 : Schéma redessiné par l'auteur à partir du TNM Atlas de l'uicc La classification N : elle permet de caractériser l'envahissement ganglionnaire N.x : on ne peut l évaluer N.0 : pas d'envahissement ganglionnaire grande dimension. N.1 : Métastases d'un seul ganglion ipsilatéral de 3cm ou moins dans sa plus N.2a : Métastases d'un seul ganglion entre 3 et 6 cm de grande dimension. grande dimension. N.2b : Métastases de plusieurs ganglions ipsilatéraux de moins de 6 cm de N.2c : Métastases dans les ganglions bilatéraux ou contro-latéraux de moins de 6 cm de grande dimension. N.3 : Métastase d'un ganglion de plus de 6cm de grande dimension. 9/43

Et enfin on trouve la classification M qui caractérise la présence ou non de métastase. M.0 : Absence de métastases M.1 : Présence de métastases Cette classification TNM est un outil indispensable pour la planification thérapeutique et le pronostic. 1.3 Anatomie de la langue 1.3.a Anatomie pure La mobilité de la langue dépend :. D'une part de ses muscles intrinsèques, dans les mouvements d étalement et d'enroulement.. D'autre part elle s'inscrit dans un mécanisme dynamique complexe en relation étroite avec le pharynx et le larynx grâce à sa musculature qui l'amarre et la suspend en haut au palais (muscles styloglosses et glossostaphylins), latéralement aux apophyses styloïdes ( muscles styloglosses), en bas et en arrière à l'os hyoïde ( muscles hyoglosses), et en avant à la mandibule (muscles génioglosses). [9] [Fig.4 : 20] 10/43

1.3.b Anatomie fonctionnelle et chirurgicale La langue se distingue en deux parties : La langue dite «mobile» en situation antérieure dans la cavité buccale, en avant du V lingual formé par l'alignement des papilles caliciformes, est constituée en volume essentiellement par les puissants muscles génioglosses qui permettent la protraction en haut et en avant. La langue mobile comprend une face dorsale à l'aspect rugueux avec des papilles filiformes qui ont un rôle tactile et des papilles fongiformes qui ont un rôle gustatif, une face ventrale en relation étroite avec le plancher buccale recouverte d'une muqueuse très fine et l'insertion du frein lingual sur sa partie médiane. Latéralement, chaque extrémité du «V» délimite la zone de jonction linguale, zone frontière entre les deux langues, la langue mobile et sa base. Sa limite profonde est constituée par les muscles géniohyoïdiens du plancher buccal. [9] La base de la langue en situation postérieure, formant la pente oropharyngée antérieure, est constituée essentiellement par les muscles hyoglosses qui n'ont pas d'action dans la pro-traction mais qui abaissent et rétractent la langue en arrière. Elle comporte des formations lymphoïdes dorsales sous muqueuses (amygdales linguale) en rapport en dehors avec les sillons amygdaloglosses, et en bas avec les vallécules et la margelle laryngée. Sa limite profonde inférieure est représentée par la membrane hyoépiglottique. [9] 1.3.c Particularités de la langue dans la propagation tumorale Le cancer lingual est un cancer d évolution rapide, cette rapidité s'explique par l'anatomie particulière de cette région.. Tout d'abord, l'architecture musculaire de la langue : La diffusion tumorale se fait naturellement le long des fibres musculaires avec le plus souvent une diffusion de foyers intramusculaires multiples. Cela explique le caractère rapidement infiltrant de ces tumeurs, en particulier par propagation le long des muscles génioglosses pour les tumeurs antérieures, ou plus rapidement le long des muscles hyoglosses pour les tumeurs postérieures. [9] 11/43

Au niveau de la base de la langue, l'extension interstitielle cervicale va se faire en dehors de la grande corne de l'os hyoïde, au niveau du ventre postérieur du muscle digastrique et de l'insertion inférieure du muscle styloglosse avec une atteinte de l'anse du nerf grand hypoglosse. Le nerf glossopharyngien peut aussi être atteint. L'extension tumorale jusqu'à l'os hyoïde va fixer le massif lingual et compromet les possibilités de résection chirurgicale fonctionnelle. [9] Les tumeurs marginales postérieures restent le plus souvent latéralisées du fait du septum fibreux médian, mais celui-ci s'affinant vers la pointe de la langue, les tumeurs antérieures dépassent plus rapidement cet obstacle.. Le deuxième système réglant la propagation cancéreuse est la vascularisation lymphatique : En effet, la langue est un organe fortement lymphatique, et cette richesse de vascularisation lymphatique ainsi que son organisation, associée à la forte tendance lymphophile des cellules cancéreuses, explique l'envahissement ganglionnaire périphérique souvent retrouvé lors du diagnostic initial. De plus, même si une atteinte ganglionnaire n'est pas objectivée en premier lieu, dans 20 à 30% des cas elle est retrouvée de façon histologique après opération et curetage ganglionaire. [9] Les lymphatiques de la langue sont doubles, profonds au niveau musculaire et superficiels au niveau muqueux. Ils sont organisés en 5 groupes de vaisseaux de chaque côté du raphé médian : [9]. Les vaisseaux apicaux pour l extrémité antérieure de la langue qui se drainent pour une partie par un tronc collecteur court descendant dans un ganglion sous mental médian et pour une autre partie par un canal collecteur long qui se jette dans le ganglion sous omohyoïdien.. Les vaisseaux marginaux antérieurs du bord de la langue qui se jettent dans un ganglion situé dans le secteur sous latéral mandibulaire. Les vaisseaux centraux qui drainent la face dorsale en avant du V lingual 12/43

. Les vaisseaux marginaux postérieurs qui drainent le bord de la langue en arrière de la zone de jonction linguale. Les vaisseaux de la base de la langue. Enfin, la vascularisation artérioveineuse est la dernière voie de propagation tumorale. La présence d'un important pédicule vasculaire à ce niveau est importante à connaître pour le traitement des cancers de la base de la langue et explique les risques hémorragiques pour les cancers étendus au sillon amygdaloglosse. L'importance de la vascularisation artérielle (due à l artère linguale qui est une branche de la carotide externe) et la richesse du drainage veineux vers les réseaux jugulaires expliquent enfin le risque de métastases viscérales à distance, principalement le poumon (40%) mais aussi le foie, le squelette et les téguments. Le cancer de la langue est donc un cancer redoutable du fait de la rapidité de sa croissance et de sa propagation métastatique. De plus ce cancer est fortement douloureux pour les patients et provoque de fortes difficultés pour la langue à continuer d' assurer ses fonctions (phonation et déglutition). 1.4 Principes de traitements La chirurgie d exérèse et la radiothérapie sont les deux principales méthodes thérapeutiques des cancers linguaux, bien que l'on utilise la chimiothérapie en cas de grosse tumeur en association radio-chimiothérapie. Le traitement systématique des aires ganglionnaires cervicales, de principe ou de nécessité est un élément primordial de la prise en charge de ce type de cancer et devra donc être réalisé de façon rigoureuse. Concernant le choix thérapeutique de première intention entre ces deux méthodologies, de nombreux paramètres entrent en considération bien que la chirurgie reste la thérapeutique initiale de choix ou principale de ces cancers. De nombreuses études ont montré l intérêt d'associer ces thérapeutiques entre elles surtout pour les tumeurs 13/43

avancées. [2],[5],[9],[11] En cas de tumeurs avancées inopérables, du fait d'un facteur local ou général, le traitement consiste en l'association radio-chimiothérapie bien que cette stratégie soit encore en cours d évaluation. Les arguments en faveurs de l exérèse chirurgicale [9] sont :. Le caractère ulcéreux et/ou infiltrant de la tumeur. L'importance de l'extension tumorale (T3-T4) tout en restant opérable. L'importance de l'extension ganglionnaire ( N palpable). Le jeune âge ( pour éviter au maximum les séquelles post-radiques, telles que la non formation des dents définitives par exemple, ou pour éviter les cancers radioinduits ou les nouvelles localisations). La proximité osseuse mandibulaire (risque d'ostéoradionécrose) La curiethérapie exclusive peut être retenue chez les patients âgés pour une tumeur de petite taille (T1 voir T2) sans ganglion métastatique et à distance de l'os mandibulaire, Bien qu'il soit tout de même réalisé un curetage ganglionnaire, soit lors de la mise en place des gouttières ou tubes au début de la curiethérapie, soit à distance dans le temps de celle-ci (de 6 à 8 semaines) [9]. Qu'il y ait eu ou non une chirurgie, une radiothérapie externe sera administrée en cas d'envahissement ganglionnaire, elle sera sur-dosée en cas de rupture du sac capsulaire ganglionnaire [9]. La chimiothérapie peut être utilisée en tant que traitement néo-adjuvant, donc avant un traitement chirurgical pour réduire la taille des tumeurs, mais surtout pour permettre la destruction des métastases lymphatiques non détectées. Cela permettrait d'amener une modification de la thérapeutique actuelle, consistant à une dissection prophylactique des ganglions en cas de tumeur N0, et donc une meilleure préservation des organes. [2] 14/43

On pourra aussi utiliser la chimiothérapie en traitement palliatif en utilisant une association de plusieurs drogues. Les principales drogues utilisées sont : Cisplatin, IFL (Irinotecan + 5-Fluorouracil + Leucovorin), Méthotrexate (à forte dose), Mitomycin, TIC (Paclitaxel + Ifosphamide + Carboplatin) ou TIP (Paclitaxel + Ifosfamide + Cisplatin). Le pronostic dépend surtout de deux facteurs : Le diagnostic précoce de cette pathologie, facteur influençant sur la taille de la tumeur et la présence d éventuelles métastases. L arrêt ou non, par le patient, des facteurs étiologiques responsables de la tumeur, tels que le tabac ou l alcool. La survie à 5 ans de cancers de la langue est donc de : 70% environ pour un T1 à 37% environ pour un T4 [American Cancer Society]. Les cancers de la base de la langue, plus difficiles à détecter, ont un taux de survie plus faible, du fait de leur détection plus tardive. Nous allons nous concentrer ici sur la chirurgie d exérèse ou glossectomie et sur les techniques de reconstitution chirurgicale puis prothétique des pertes de substance engendrées par cette thérapeutique. 15/43

II. Traitements chirurgicaux II.1 Exérèse II.1.a Généralités La difficulté principale rencontrée lors de l exérèse chirurgicale de ces cancers de la langue est liée à l évaluation de l'extension de la tumeur ; l'examen clinique et l'imagerie médicale préopératoire ont donc un rôle fondamental pour apprécier cette infiltration et ainsi permettre l exérèse complète de la tumeur avec des marges de sécurité suffisantes. [9] Deux impératifs majeurs sont à concilier dans ce type d exérèse, du fait du caractère particulier de la langue :. être le plus carcinologique possible, ce que l'on retrouve dans tout les types de cancers.. permettre le recouvrement optimal des fonctions multiples liées à cet organe. Le premier impératif vise à augmenter la survie des patients traités, en effet, une bonne exérèse fait partie, avec le statut ganglionnaire et l'extension tumorale initiale, des principaux facteurs pronostiques. Il passe par le respect de bonnes pratiques chirurgicales. Ces bonnes pratiques chirurgicales consistent au bon choix de la stratégie chirurgicale par le chirurgien (choix de la voie d'abord, du type de glossectomie, du type de curetage ganglionnaire associé). Le chirurgien doit aussi prolonger son exérèse 1 cm au-delà de la tumeur dans tout les plans de l'espace, pour limiter le risque de reprise tumorale. [9] Le deuxième impératif vise à une réinsertion socioprofessionnelle optimale du patient traité en restaurant au maximum les fonctions linguales. Cela passe essentiellement par la conservation de sa mobilité lorsqu'elle se trouve amputée de façon plus ou moins étendue. 16/43

Le moignon lingual restant doit donc être le plus mobile possible ce qui implique deux contraintes pour le chirurgien :. Le respect d'une innervation motrice efficace. Limiter le plus possible la fixation de la langue restante par des brides cicatricielles. Les voies d'abord chirurgicales sont multiples et dépendent de la localisation de la tumeur primitive (antérieure ou postérieure, son extension, le type de curage à réaliser, le type de réparation envisagée, les habitudes du chirurgien...) [Figure 5 : Voies d'abord chirurgicales transorales et transmandibulaires. A : langue mobile ; B:zone de jonction linguale ; C : base de la langue ; I:abord antérieur par voie endorale ; II:abord postérieur par voie transmandibulaire ou par voie mixte (transorale et cervicale) ; 1 : glossectomie marginale ; 2 : glossectomie de pointe ; 3 : hémiglossectomie antérieure ; 4 : glossectomie de face dorsale. ] [9] Nous allons maintenant voir les différentes techniques chirurgicales d exérèse, elles sont variées et dépendent de la localisation et de l'extension tumorale initiale. 17/43

II.1.b Au niveau de la langue mobile : [9][20]. II.1.b.1 Glossectomie de pointe : elle est indiquée pour les tumeurs T1 ou petit T2 de pointe de la langue. La voie d'abord est transorale simple. On met en place deux fils de traction sur les bords de la langue et deux sur la partie de la langue qui va être excisée. On réalise une exérèse triangulaire à pointe antérieure en pleine épaisseur. Puis une suture en trois plans ( muqueuse dorsale, muscle, muqueuse ventrale). [Fig.6 :20]. II.1.b.2 Glossectomie marginale : elle emporte le quart du volume de la langue mobile. Elle est indiquée pour les tumeurs T1 à T2 du bord libre de la langue sans atteinte du plancher buccal. L exérèse est muco-musculaire en fuseau à grand axe postéroantérieur. Puis on réalise l hémostase et une suture directe en deux ou trois plans. [Fig.7 : 20] 18/43

. II.1.b.3 Hémiglossectomie de la langue mobile : elle est indiquée lors de tumeurs T3. L'incision va de la pointe jusqu'au V lingual en suivant la ligne médiane, puis se recourbe latéralement vers la zone de jonction. Lorsque la lésion est au contact de la ligne médiane, les marges d exérèse obligent à dépasser celle-ci, il faudra donc se méfier d'un problème de vascularisation de la pointe de la langue résiduelle. La fermeture s effectuera par une suture directe en plusieurs plans ou par l'apport d'un lambeau pédiculé ou libre.. II.1.b.4 Hémiglossectomie longitudinale : elle est indiquée lorsque la totalité d'une hémi-langue est impliquée, base et langue mobile compries. Il faut impérativement ne pas dépasser la ligne médiane pour ne pas risquer la nécrose de la partie antérieure de l'hémilangue restante [9]. Ici l'abord chirurgical sera préférentiellement par voie transmandibulaire..ii.1.b.5 Hémipelviglossectomie : elle est indiquée pour des tumeurs touchant le plancher et la mandibule. On associe à la glossectomie ci dessus une exérèse partielle du plancher buccal.. II.1.b.6 Hémipelvi-glosso-mandibulectomie : elle peut être partielle ou interruptrice (exérèse mandibulaire). Elle est indiquée pour les tumeurs T4 envahissant la base de la langue et une partie de la mandibule.. II.1.b.7 Glossectomie transversale antérieure : ici on emporte la totalité de la langue mobile plus ou moins associée à une exérèse du plancher buccal, parfois de la mandibule. [Figure 8. Glossectomie transversale antérieure, abord chirurgical en pull-through. Vue sagittale. 1. Muscle génioglosse ; 2. muscle géniohyoidïen ; 3. muscle mylohyoïdien] [9] 19/43

. II.1.b.8 Il y a, pour ces exérèses, deux grand principes d'abord chirurgical :. L'abord transmandibulaire, dans lequel on sectionne la mandibule pour accéder a la tumeur si possible sans section de la lèvre mandibulaire qui est mutilante et plutôt par degloving. On l'utilise plutôt pour les grosses tumeurs.. L'abord en pull-through, dans lequel la tumeur primitive linguale est d abord libérée par voie endobuccale avant d être tractée vers le cou, en dedans de la mandibule (sans mandibulotomie) pour permettre l exérèse de sa partie profonde pelvilinguale en continuité avec la pièce d'évidement ganglionnaire dans les meilleures conditions d'exposition et de sécurité carcinologique. En effet cela permet une exérèse dite «monobloc» qui optimise la sécurité carcinologique. [Figure 9. Abord chirurgical par voie transmandibulaire et degloving. 1. muscle mylohyoïdien ; 2. nerf grand hypoglosse ; 3. muscle hyoglosse ; 4. muscle digastrique.] [Figure 10. Hémiglossectomie antérieure, abord chirurgical en pull-through] [9] 20/43

II.1.c Au niveau de la base de la langue : Cette partie concerne les tumeurs de la langue postérieure (oropharyngées). On réalise des oropharyngectomies basilinguales pour traiter ce type de tumeur. Différentes approches sont réalisables :. II.1.c.1 Transmandibulaire :elle est indiquée pour les tumeurs latéralisées de la base, elle est le plus souvent conservatrice de la mandibule bien qu'elle puisse être interruptrice en cas de besoin, dans ce cas là une reconstruction osseuse spécifique sera réalisée si cela est possible. On la connait aussi sous le nom de buccopharyngectomie transmandibulaire (BPTM) ou non interruptrice (BPNI).. II.1.c.2 Sousmandibulaire : on le réalise sans section osseuse, l'abord est externe, postérieure et cervicale, on peut le comparer au «pull-through» décrit plus haut.. II.1.c.3 Supraglottique : on utilise cet abord pour les cancers de base de langue médians étendus aux vallécules, parfois dépassées pour atteindre la loge préépiglottique ou le vestibule laryngé supraglottique lui-même, sans extension majeure vers la musculature linguale antérieure (moins de 2cm d'extension antéropostérieure). On réalise une laryngotomie première et une dissection de «bas en haut», elle associe donc l exérèse du larynx supraglottique et de la région valléculaire à celle de la base de la langue attenante.. II.1.c.4 Transhyoïdienne : elle s'adresse à de petites tumeurs (T1-T2) de base de langue. C'est une approche particulièrement conservatrice médiane et cervicale. II.1.d Cas particuliers des tumeurs totolinguales : Concernant les tumeurs infiltrant la totalité de la musculature linguale, la glossectomie totale est réalisable, en première intention ou bien en cas de chirurgie de 21/43

rattrapage post-radique ; elle peut être associée lors de la réalisation d'une laryngectomie totale. Cette amputation pharyngée est justifiée dans deux cas : soit pour contrôler une extension tumorale pharyngolaryngée ; soit pour prévenir les fausses routes alimentaires en bronchopulmonaire après l'amputation linguale. Si le larynx est conservé, il faut pratiquer une suspension de ce dernier au moyen de fils de traction amarrés aux gonions mandibulaires de chaque côté. Pour cette intervention, l'abord chirurgical peut être trans-mandibulaire ou bien en «pull-through». Le sacrifice mandibulaire n'est souvent pas nécessaire lors de cette intervention, en effet on retrouve un envahissement mandibulaire de la tumeur dans moins de 15% des cas dans les plus grandes séries publiées [9]. Pour les tumeurs avancées de la base de la langue pour lesquels le risque de fausse route est majeur en postopératoire, la glossectomie basilinguale est associée préférablement avec une pharyngolaryngectomie totale, surtout chez le sujet âgé ou présentant une insuffisance respiratoire connue [9]. Pour les tumeurs latéralisées s'intéressant à la langue mobile mais également à la base de la langue homo-latérale, une hémiglossectomie totale peut être réalisée tout en préservant le larynx. On enlève alors toute la langue mobile unilatérale associée à sa base homo-latérale. L exérèse tumorale permet d'augmenter le taux de survie du patient mais laisse une importante perte de substance linguale, qu'il va falloir reconstituer pour permettre à la langue de retrouver au moins une partie de ses fonctions ou à minima d empêcher des complications dues à cette perte. 22/43

II.2 Reconstructions II.2.a Généralités La reconstruction linguale post-chirurgicale est un challenge important en chirurgie maxillo-faciale. Toute tentative de reconstruction doit reproduire, de la meilleure façon possible, la difficile anatomie linguale qui doit retrouver ses fonctions principales, dans un environnement étroit, grâce à une musculature et une partie sensitive complexe. De plus certaines exérèses chirurgicales étendues, notamment au niveau du plancher buccal, peuvent créer une vaste communication entre la cavité bucco pharyngée et les loges cervicales. Ces communications peuvent être à l'origine de complications graves, septiques et hémorragiques. Les secrétions bucco-pharyngées sont en effet septiques et caustiques et peuvent amener à une érosion vasculaire cervicale, source d'hémorragies majeures. Ou bien le passage de germe au niveau cervical peut amener des abcès, des fistules parfois majeures mettant en jeu le pronostic vital du patient. [9] Cette reconstruction est donc très importante pour les suites postopératoires tout en sachant qu'il faudra éviter les sur-corrections volumétriques qui sont préjudiciables sur le plan fonctionnel. II.2.b Types de lambeaux Dans le passé, les choix thérapeutiques pour la reconstruction de ces défauts étaient limités ; On avait pour habitude de réaliser des sutures simples, des greffes de peau, ou dans le cas de grand défaut, des lambeaux myocutanés.. II.2.b.1 Ces lambeaux Myocutanés, comprenant le lambeau de grand dorsal, de grand pectoral et le lambeau temporal, entraînent une persistance définitive et délétère sur le plan fonctionnel d'un pédicule musculaire reliant le site donneur et le site receveur. [9] Cet inconvénient associé à leur volume et à leur rigidité trop importante a fait qu'ils ont été reléguès à une place secondaire dans le domaine de la chirurgie de reconstruction 23/43

bucco-pharyngée post-chirurgicale.. II.2.b.2 Avec l avènement de la microchirurgie et l'utilisation de lambeaux libres en chirurgie reconstructive otorhinolaryngologique, les possibilités se sont multipliées. Ces lambeaux, parmi lesquels on retrouve : le lambeau libre de fibula (en cas de chirurgie mandibulaire interruptrice associé), le lambeau antébrachial ou chinois, entre autres, ont permis une amélioration considérable du pronostic fonctionnel des patients. La supériorité de ces lambeaux libres, notamment fasciocutanés, par rapport aux lambeaux classiques est due, à un certain nombre d'avantages avérés [9] :. La souplesse et la finesse de leur palette cutanée. La surface disponible de prélèvement qui est très importante. Un long pédicule vasculaire qui permet leur utilisation à tous les niveaux de l extrémité céphalique. Une forte viabilité (seulement de 1 à 5 % de nécrose dans la littérature). La rapidité du prélèvement qui est simultanée ( présence de deux équipes). Le calibre et la qualité des vaisseaux de ces lambeaux.. Une faible rançon cicatricielle et fonctionnelle du site donneur De plus, en reconstruction osseuse associée, ces lambeaux libres (de fibula, par ex.) sont les seuls à pouvoir assurer une reconstruction fiable et anatomique de cette perte de substance osseuse tout en réalisant un resurfaçage muqueux grâce à leur palette cutanée, éventuellement multiple. Les lambeaux libres possèdent aussi l'avantage de permettre une sensibilité postopératoire sur le greffon, cela est possible en anamostosant les nerfs sensitifs du lambeau aux nerfs linguaux restant. Cette ressensibilisation permet un meilleur pronostic fonctionnel pour le patient. [9] L'intervention chirurgicale sera donc menée par deux équipes, une se concentrant sur l exérèse tumorale et ganglionnaire, l'autre sur le prélèvement et la revascularisation 24/43

micro-chirurgical du lambeau. Ce type d'intervention à double équipe semble être la meilleure solution pour diminuer le temps opératoire global et par conséquence les complications postopératoires générales et infectieuses de ce type d'intervention.. II.2.b.3 Le lambeau libre antébrachial ou lambeau chinois, a pris une importance considérable dans le domaine de la reconstruction, cela grâce à ses qualités. La souplesse, la finesse, la surface disponible, le long pédicule radial vasculaire et la calibre de ce lambeau permettent son utilisation dans presque toute les indications reconstructives rencontrées, y compris en chirurgie de seconde intention suivant une radiothérapie néo-adjuvante [9]. Les dimensions de prélèvement du lambeau dépendent de la surface à reconstituer, la palette cutanée est légèrement sur-dimensionnée pour éviter toute tension sur le site receveur et son dessin tient également compte de la pilosité de la peau et de son épaisseur [20]. Latéralement, les dimensions du lambeau sont assez variables, mais proximalement une bande cutanée de deux travers de doigt est respectée sous le pli du coude, tandis que du coté distal on fixe la limite à deux ou quatre travers de doigt au dessus du pli de flexion du poignet. [20] [Figure 11. Prélèvement du lambeau antébrachial bifolié (avant-bras gauche). 1. Veine Céphalique ; 2. [9] Pédicule artérioveineux radial] 25/43

Son utilisation sous forme bifoliée est particulièrement intéressante pour reconstituer les pertes de substance associant à la fois la langue et le plancher buccal car elle permet une mobilité optimale du moignon lingual qui reste autonome et non bridé par rapport au plancher buccal reconstruit. Ce type de lambeau est donc particulièrement recommandé dans la reconstruction d'une hémipelviglossectomie. [Figure 13. Lambeau antébrachial bilobé pelvi- lingual] [Figure 12. Lambeau antébrachial bifolié (réparation d'une perte de substance pelvilinguale). 1. segment lingual ; 2. segment pelvilingual] [9] II.2.c Reconstruction des glossectomie partielle Le type de reconstitution dépend évidement de la perte de substance impliquée.. II.2.c.1 Pour les glossectomies marginales : la suture directe muqueuse en deux ou trois plan est le procédé de choix, cela sans nécessiter l'apport de lambeaux locorégionaux ou à distance. On peut aussi réaliser une cicatrisation dirigée, c'est à dire sans suture, mais cela peut entraîner des retards d'alimentation, de douleurs postopératoires et/ou des saignements. 26/43

L'utilisation de la pointe de la langue mobile est à éviter pour combler les pertes de substance, elle entraîne en effet des altérations fonctionnelles inutiles. II.2.c.2 Pour les hémiglossectomies : l'objectif est de préserver et protéger l'hémilangue restante. Le lambeau de référence est le lambeau antébrachial. Même s'il n'apporte pas un volume tissulaire important, la persistance de l'hémilangue restante offre des résultats fonctionnels satisfaisants.. II.2.c.3 Dans le cas de pelviglossectomie : l objectif est de préserver une bonne mobilité de la langue restante. La reconstruction passe par l'utilisation de lambeaux loco-régionaux ou à distance, tout cela en préservant l'autonomie langue-plancher buccal par exemple le sillon pelvi-glosse. Dans les cas de petites pertes de substances (T1-T2), des greffes de peau ou des lambeaux (lambeaux cutanéograisseux nasogénien, infrahyoïdien musculocutané, platysma cervical,... ) sont réalisés. Dans le cas de perte de substance plus importante (T3-T4), l'utilisation de lambeaux libres faciocutanés est nécessaire, notamment celui du lambeau antébrachial dans sa variante bifoliée.. II.2.c.4 Pour une pelviglossomandibulectomie interruptrice : la reconstitution osseuse est de mise, surtout si la perte est antérieure ou latérale. Bien sûr cette reconstitution sera réalisée uniquement en dehors de toute contre indication générale. Elle fait appel exclusivement aux transplants osseux vascularisés libres (TOVL). Tous les autres procédés de reconstruction ayant démontré leur inefficacité dans cette indication (matériaux étrangers, greffes osseuse non vascularisées,...) [9]. Les TOVL de fibula et parascapulaire ont le quasi monopole de cette reconstruction, bien que le TOVL de fibula soit majoritairement utilisé. La réhabilitation dentaire sur ces TOVL est possible par la mise en place d'implants dentaires dans le greffon osseux et la mandibule restante. 27/43

. II.2.c.5 Pour une glossectomie basilinguale : dans le cas de perte de substance modérée, une suture muqueuse directe peut être envisagée, si elle ne pénalise pas la mobilité linguale antérieure. Dans le cas où la perte de substance nécessite un lambeau pour être reconstituée, les lambeaux libres fascio-cutanés sont les mieux adaptés, du fait de la réinnervation sensitive qui peut être présente. Cette réinnervation peut se faire de façon spontanée, mais une anastomose entre les nerfs sensitifs présente sur le lambeau et les nerfs sensitifs de la base de la langue permet un meilleur résultat. Cette réinnervation sensitive va permettre de favoriser une déglutition sans fausse route.. II.2.c.6 Dans le cas de glossectomies transversales antérieures : l'objectif est de protéger la base de la langue et de reconstituer la langue mobile, tout cela en essayant de conserver le plus possible la mobilité du moignon basilingual restant. Les lambeaux libres fasciocutanés sont ici particulièrement privilégiés, le lambeau antebrachial sensible trifolié est fortement utilisé, il associe deux lambeaux bifoliés et permet ainsi de reconstruire la langue mobile et le plancher buccal de part et d autre du moignon basilingual. Malheureusement, les résultats fonctionnels restent médiocres du fait d'un faible volume tissulaire. II.2.d Reconstruction des glossectomies totales Pour les glossectomies totales : l'objectif est de protéger les voies aériennes supérieures (VAS) tout en permettant une phonation et une déglutition suffisantes. Or la phonation est difficile surtout pour les sons labiaux et palatins, la perte de substance étant importante. La réparation passe donc ici par l'utilisation de lambeaux relativement volumineux pour combler la perte majeure de substance. Ils sont donc le plus souvent musculaires.. II.2.d.1 On peut utiliser un lambeau de grand dorsal libre qui permet d éviter les inconvénients du grand pectoral : pédicule musculaire cervical qui reste présent, et une dégradation de la fonction respiratoire musculaire qui est fortement 28/43

préjudiciable chez l'insuffisant respiratoire chronique. Le lambeau de grand dorsal permet d apporter en postopératoire immédiat un bon volume tissulaire, en particulier au niveau de la base de langue. Il permet également de réaliser une suspension laryngée efficace, de façon à protéger les VAS. L inconvénient majeur de ce lambeau musculaire est la perte de volume liée à la radiothérapie au long cours.. II.2.d.2 Pour pallier les inconvénients du grand dorsal, on peut réaliser un lambeau du muscle abdominal grand droit. [1][3][8] Il permet d'apporter beaucoup de volume à la reconstruction. De plus, grâce à son importante composante fascio-cutanée, il permet une suspension laryngée de très bonne qualité. Enfin, il résiste mieux à la radiothérapie que le lambeau de grand dorsal.. II.2.d.3 Enfin le lambeau libre gastro-épiploïque [3] peut être retenu lorsqu'il y a une nécessité de grand sacrifice cutané cervical en terrain irradié. La partie épiploïque amenant un tissu particulièrement vascularisé et nourricier. [9] Les techniques reconstitutives présentées ici sont importantes et efficaces pour empêcher les complications postopératoires, mais ne permettent souvent pas une bonne récupération fonctionnelle. En effet ils protègent les structures sous-jacentes mais ne permettent pas une restauration totale de la mobilité. La rééducation du patient passera donc souvent par la mise en place de prothèses correctrices. 29/43

III Réhabilitation prothétique La prothèse maxillo-faciale concourt à une réhabilitation fonctionnelle, esthétique et psychologique après une chirurgie d exérèse. La réhabilitation prothétique de patients présentant une exérèse partielle ou totale de la langue a pour objectifs de [16][17] :. Réduire la taille de l'espace entre la face dorsale de la langue et le palais de manière à améliorer les caractéristiques de la cavité de résonance (donc l élocution) et à diriger l écoulement salivaire. Guider les aliments vers l œsophage. Protéger les tissus sous-jacents. Augmenter la surface linguale résiduelle en contact avec le palais lors de la phonation et la déglutition. Améliorer l esthétique et permettre une réadaptation psychosociale du patient Le choix de la réhabilitation prothétique dépend :. Du type de glossectomie. De l existence d'une mobilité linguale résiduelle De plus, le pronostic prothétique dépend de la présence ou non de dents résiduelles, il est bien entendu moins favorable pour des patients édentés en raison du manque de stabilité et de rétention des prothèses. La présence de séquelles de la radiothérapie (sclérose tissulaire, limitation de l'ouverture buccale, hypo- voir asialie, ) et/ou de la chirurgie ( fibrose cicatricielle, perte de la continuité osseuse mandibulaire, disparition des vestibules, ) sont des éléments défavorables à la bonne intégration prothétique. 30/43

III.1 Réhabilitation lors de glossectomie partielle III.1.a Généralités Ce type de réhabilitation passe par l existence d'un mouvement lingual résiduel grâce au moignon lingual restant et/ou reconstitué et cette mobilité conditionne son succès. Pour pouvoir permettre une restauration des fonctions linguales, le contact entre le palais et le moignon lingual doit être retrouvé ainsi qu'avec les dents antérieures si celles-ci sont présentes. Ce contact peut être permis par différents moyens comme :. Une diminution de la dimension verticale d'occlusion en abaissant le plan d'occlusion.. Ou bien un abaissement de la voûte palatine prothétique Mais une sous-évaluation de la dimension verticale et donc un affaissement de l étage inférieur de la face peut être préjudiciable d'un point de vue esthétique et être à l'origine d'une contamination mycosique des commissures labiales (perlèche). Quant à l'abaissement de la voûte palatine, cela entraîne une augmentation relative du poids de la prothèse qui peut donc ne pas être assez rétentive pour tenir, surtout dans le cas de prothèse complète, sans compter le peu de tolérance des patients pour celle-ci. [16] La réhabilitation prothétique sera donc un compromis entre les avantages et les inconvénients apportés par ces moyens. III.1.b Principes de création La plupart des patients ayant bénéficié d'une glossectomie marginale ne nécessitent pas de prothèses augmentatrices de palais et se contentent de prothèses classiques bimaxillaire. Dans ce cas là, on peut tout de même améliorer la prothèse en créant par exemple un sillon au niveau du palais permettant la création du courant d'air utile à la création des consonnes sifflantes [16]. 31/43

La création d'une prothèse abaissant le palais prothétique telle que décrite ci-dessous sera réalisée dans un deuxième temps si cela est nécessaire au niveau fonctionnel pour le patient. Dans le cas d'une voûte palatine, les contacts nécessaires au deux fonctions principales de la langue, l'élocution et la déglutition, ne sont pas les mêmes. [13] En fait, si la voûte palatine est abaissée de façon à permettre un déglutition optimale, la parole sera fortement affectée voire inintelligible. Ou bien, si le palais est réglé pour permettre la formation de paroles intelligibles, la déglutition deviendra très problématique. Donc pour permettre à nos patients une bonne réhabilitation, une prothèse permettant une alternance entre ces deux formes de palais est nécessaire. La meilleure solution, est l'association entre une prothèse partielle mandibulaire et deux voûtes palatines différentes. III.1.c Réalisation de la prothèse La réalisation de ce type de prothèse est faite en deux temps : [13] - D'abord, des prothèses mandibulaires et maxillaires sont produites de façon classique pour remplacer les dents manquantes. On laisse environ un mois au patient pour s'habituer. - Dans un deuxième temps, on va réaliser les voûtes palatines :. On prend tout d'abord l'empreinte de la face dorsale du moignon lingual et de la dentition mandibulaire avec l'appareil en place.. Puis le modèle créé à partir de cette empreinte est monté en articulateur de façon précise.. Deux voûtes palatines différentes seront conçues en cire sur la prothèse maxillaire. Une pour la parole, l'autre pour la déglutition. Elles seront placées sur le palais puis mise en bouche pour contrôler leurs formes. Pour déterminer le contour de la voûte pour la parole, on demande au patient de répéter des sons linguoalveolaires (l) et linguovélaires (k) pour mettre en forme la partie antérieure et postérieure de la voûte. 32/43

. Pour la déglutition, on fait avaler au patient de la nourriture molle et du liquide.. On réalise des modifications en ajoutant ou en enlevant de la cire et grâce à de la pâte indicatrice de pression, type silicone light ou résine souple, jusqu'à ce que le patient et le praticien trouvent, de façon subjective, la meilleure forme alliant confort et efficacité, pour la parole et la déglutition. [ Figure 14. Prothèse de langue après glossectomie courtoisie du docteura.g Chaux-Bodard ]. Après avoir réalisé la mise en forme de la cire, un moule est créé pour maintenir la relation entre la dentition maxillaire et la forme trouvée. On retire la cire de la prothèse maxillaire puis on l'évide de façon à éviter une déformation, lors de la transformation en résine, et alléger la future prothèse. Cela nous permet de créer deux voûtes palatines creuses en cire.. Les cires sont transformées en résine, on privilégiera une résine transparente pour une meilleure intégration esthétique.. On confirme que les voûtes palatines s'adaptent bien sur la prothèse maxillaire et en bonne position. Puis on insère deux aimants sur les bords latéraux de la prothèse que l'on fixe avec de la résine auto-polymérisable. Deux parties magnétiques sont insérées dans les voûtes et fixées avec de la résine auto-polymérisable en regard des aimants pour permettre aux voûtes de se mettre en place et de tenir sur la prothèse maxillaire. III.1.d Résultats Ces prothèses, une fois en place, permettent une amélioration significative de 33/43

l'intelligibilité spontanée de la parole et augmentent la moyenne de syllabes correctement identifiées (de 19 à 74% [13] ) par un public non averti. De plus elles amènent une amélioration de la déglutition des aliments liquides (passe de 72 à 27 secondes [13] ) et permettent celle des aliments denses qui était difficilement envisageable avant [13]. Ce type de prothèses de palais permet ainsi une forte amélioration du confort de vie du patient ; De plus leurs structures creuses en font des prothèses légères par rapport aux prothèses augmentatrices de palais classiques [13]. Le système d'attachement magnétique permet, en plus de faciliter l hygiène, un positionnement simplifié en bouche pour les patients ayant une limitation d'ouverture buccale, la mise en place se faisant en deux temps : prothèse maxillaire, puis augmentateur de palais. [13] Les prothèses augmentatrices de palais permettent d'aider le patient à retrouver des fonctions phonatoires et de déglutition proche de la normalité. Mais elles ne remplacent pas les séances d'orthophonie nécessaires après une glossectomie, même partielle. Nous avons vu le cas ou la glossectomie était peu importante et n intéressait qu'une partie de la langue. Ce qui permet à celle-ci de garder une mobilité résiduelle, certes de façon incomplète et laborieuse, nécessaire à l exécution des fonctions linguales même si cette exécution doit être aidée par la mise en place de prothèses spécifiques. III.2 Réhabilitation lors de glossectomie totale III.2.a Généralités Lors d'une glossectomie totale, le chirurgien enlève au minimum la totalité de la langue mobile, voir si nécessaire la base de la langue ou le plancher. La perte de substance est donc très importante et va nécessiter une reconstruction chirurgicale, qui protégera les structures sous-jacentes mais ne permettra pas une restauration de la mobilité du moignon de langue. 34/43

Cette perte de mobilité va diminuer fortement la bonne réalisation des fonctions imputées à la langue, bien que le patient arrive souvent à compenser. Cela en utilisant par exemple, le tonus musculaire des joues et des lèvres pour la prononciation et l'articulation des sons, ou bien en réalisant une extension de l extrémité céphalique associée au serrement des lèvres pour la déglutition [16]. Deux possibilités nous sont offertes pour restaurer les fonctions : soit un abaisseur palatin comme pour une glossectomie partielle, ou bien une prothèse de langue remplaçant ce qui a été perdu. L'association des techniques peut aussi être proposée. III.2.b Réalisation La prothèse de langue est réalisée comme un appareil amovible inférieur, mais modifié pour incorporer une partie mobile représentant la langue [17]. III.2.b.1 On réalise tout d'abord une empreinte primaire ; pour cela on utilisera un porte empreinte maxillaire permettant de prendre l'empreinte du plancher lingual restant. On réalisera l'empreinte avec un alginate pour préserver l intégrité des tissus sousjacents, le patient doit être installé assis en position orthostatique, la tête légèrement inclinée vers l'avant pour éviter que le matériau ne fuse dans les voies respiratoires. [17] Après la coulée du modèle, un porte empreinte individuel (P.E.I) en résine acrylique sera réalisé en créant un espacement de 8 mm au niveau du plancher, à l'aide de cire sur le modèle de travail. Ceci pour ne pas comprimer le plancher buccal et permettre des empreintes fonctionnelles. III.2.b.2 On enregistrera la deuxième empreinte, anatomo-fonctionnelle, en trois temps [17] :. Après ajustement des limites, il est nécessaire de rendre immobile le P.E.I. Pour cela, on met en place un silicone lourd au niveau des zones dentées, et après la prise du matériau les excès sont enlevés jusqu'à la ligne de plus grand contour avec l'aide d'un bistouri. 35/43

. Après avoir réessayé le P.E.I ainsi stabilisé, on enregistre les limites latérales et postérieure de mobilité à l'aide de pâte de Kerr verte.. On finit en réalisant l'enregistrement des surfaces au silicone light. L'empreinte maxillaire sera produite de façon classique. La coulée des empreintes en plâtre dur, la prise de la relation inter-maxillaire, ainsi que le montage en articulateur des modèles seront aussi réalisés classiquement. [Figure 15 : a. Espacement du porte-empreinte mandibulaire de 8mm du plancher buccal à l'aide de cire b. Porte-empreinte secondaire partiel montrant le remarginage avec la pâte de Kerr verte et l'empreinte des dents au silicone lourd. c. Empreinte secondaire terminée par un surfaçage au silicone light] [17] III.2.b.3 A partir de ce montage, on créera deux châssis métalliques. Le châssis maxillaire sera réalisé en respectant les principes de la prothèse métallique tout en prévoyant un système de rétention palatin pour la mise en place d'une voûte palatine. Compte tenu de la mobilité du plancher, le châssis mandibulaire, recevra une articulation en position rétro-incisive, permettant une insertion de la base de la future langue prothétique mobile. [Figure 16. : Mise en bouche du dispositif avec le plancher au repos] [17] [Figure 17. : Mise en bouche du dispositif avec contraction du plancher qui soulève la partie mobile] 36/43

III.2.b.4 La construction de la future langue prothétique : La langue artificielle aura une double fonction, phonétique et de déglutition. Pour retrouver partiellement les mouvements de déglutition nous utiliserons une montée du plancher associée à une langue prothétique articulée recouverte de résine souple, permettant : - Dans un premier temps, la montée de la langue artificielle avec un appui antérieur. - Dans un deuxième temps, grâce à une contraction plus forte du plancher buccal, nous obtiendrons, à partir du point d'appui antérieur rétro-incisif, une déformation de la langue prothétique jusqu'à un appui total postérieur, propulsant ainsi le bol alimentaire et réduisant considérablement la quantité restante. [17] Il est nécessaire de régler conjointement à la langue la profondeur du palais prothétique, en effet une voûte trop profonde entraînerait une langue prothétique trop volumineuse et dépassant le plan d'occlusion, ce qui empêcherait l'introduction d'aliments. Une fois la hauteur obtenue, le palais est comblé jusqu'en regard de la ligne des collets des dents maxillaires, puis l'empreinte fonctionnelle de la langue est effectuée par ajouts successifs de silicone à la base existante. Ces ajouts seront modelés par le patient réalisant des mouvements de déglutition. Le praticien devra aussi créer une langue prothétique permettant au patient la réalisation facilitée des phonèmes perdus tels que les sifflantes ou les palato-linguale ; cette langue sera réalisée par ajouts de silicone de façon subjective selon les impressions du patient et du praticien. 37/43

[Figure 18. : Empreinte fonctionnelle de la langue par ajouts successifs de silicone] [17] [Figure 19. : Construction fonctionnelle de la langue terminée] L'empreinte de la langue mobile artificielle sera envoyée au laboratoire pour sa transformation en résine souple. On demandera au prothésiste de faire en sorte que la partie prothétique linguale puisse être séparée facilement du châssis pour permettre un nettoyage facilité des parties articulées. [Figure 20. : Mise en place de la prothèse terminée] [17] La validité de la pose de la prothèse se fera par des contrôles phonétiques et de déglutition d'eau. On conseillera au patient une alimentation mixée ainsi qu'une hygiène buccale rigoureuse. Des contrôles périodiques seront réalisés, tant au niveau occlusal que prothétique, pour permettre le respect maximal du greffon lors des mouvements du plancher. Les retouches et corrections par la résine retard interviendront en vue d améliorer les fonctions de phonation et de déglutition [17]. 38/43

Ce type de prothèse de langue permet après glossectomie, une relative réinsertion de patients très fragilisés physiquement et psychologiquement. Elle restaure une partie de la fonction de déglutition et de phonation tout en jouant également un rôle esthétique. En effet, l'intelligibilité des voyelles passe de 48% sans prothèse à 64% avec, tandis que celle des consonnes passe de 82% à 90%, de plus l'alimentation même si elle n'est plus aussi efficace qu'auparavant permet au moins de manger des aliments mous ou hachés sans problème [12][15]. Mais la réussite de cette prothèse est conditionnée en premier lieu par une forte motivation du patient lors de la rééducation et lors de l'entretien. III.3 Qualité de vie Selon la taille de la perte de substance, la perte de fonctions sera, bien sûr, plus ou moins importante. Or la langue étant au centre de fonctions importantes et sociales : la parole et l'alimentation, la perte de fonctions de celle-ci va amener une diminution de la qualité de vie et de l intégration sociale du patient. Avoir du mal à s'alimenter et surtout à s'exprimer correctement peut amener le patient à se replier sur lui même. De façon chirurgicale, nous pouvons augmenter cette qualité de vie grâce à une reconstruction, c'est à dire un lambeau. Cela permettra de combler la perte de substance dûe à la chirurgie, de plus, en réalisant sur certains types de lambeau ( antébrachial par ex.) une anastomose du nerf présent avec le nerf labial restant, on peut retrouver uns sensibilité sur le greffon, ce qui améliore la qualité de vie et la rééducation future du patient [1][3][9]. 39/43

Mais la meilleure façon de retrouver une bonne qualité de vie après cette pathologie est la réalisation, si nécessaire, d'une prothèse visant à rétablir en partie les fonctions linguales. La réalisation de ce type de prothèse est nécessaire en cas de fortes perturbations fonctionnelles dues, soit à une exérèse importante, soit à une mauvaise rééducation. [16] En permettant au patient une meilleure alimentation et surtout en améliorant son élocution, nous permettrons au patient de retrouver une bonne qualité de vie. Le patient, arrive en effet à se faire comprendre, ce qui lui permet de une réinsertion sociale et par conséquence augmente sa qualité de vie. De plus le fait de pouvoir manger des aliments plus variés grâce aux prothèses, va permettre d'augmenter le moral. 40/43

Conclusion : Les cancers de la langue sont des cancers relativement fréquents et, dans la plupart des cas, la seule réponse appropriée à cette maladie est la chirurgie, fortement mutilante et créatrice de séquelles tant sur la plan physique que psychologique. Des restaurations tant chirurgicales que prothétiques existent et peuvent donc être mises en œuvre pour améliorer la réhabilitation du patient. Ces deux types de restaurations, différentes dans leurs réalisations mais souvent utilisées conjointement, ont pour but commun de combler la perte de substance due à la chirurgie. La restauration chirurgicale autorise une restauration partielle des fonctions motrices et sensorielles de la langue. Associées à une rééducation effectuée par un orthophoniste, se concentrant sur la mobilisation des lèvres et du plancher buccal pour compenser les pertes, les prothèses de langue et de palais permettent une meilleure réinsertion du patient ainsi qu'une meilleure qualité de vie post-chirurgicale, en améliorant l élocution et la déglutition du patient. Mais toutes ces techniques de réhabilitation même parfaitement exécutées et réalisées par les professionnels de santé ne seront efficaces que si elles sont associées à une forte motivation du patient. Les professionnels de santé doivent donc garder à l'esprit que plus encore que pour la prothèse classique, lors de ce type de réhabilitation, le patient et sa motivation sont essentiels et que le professionnel de santé n'apporte qu'une aide à celui-ci. 41/43

Bibliographie 1. Sakuraba, M. et al. A new flap design for tongue reconstruction after total or subtotal glossectomy in thin patients. J Plast Reconstr Aesthet Surg (2009) 62, 795 799. 2. Yokoyama, J., Ito, S., Ohba, S., Fujimaki, M. & Ikeda, K. A novel approach to translymphatic chemotherapy targeting sentinel lymph nodes of patients with oral cancer using intra-arterial chemotherapy - preliminary study. Head Neck Oncol (2011) 3, 42. 3. Engel, H. et al. A strategic approach for tongue reconstruction to achieve predictable and improved functional and aesthetic outcomes. Plast. Reconstr. Surg. (2010) 126, 1967 1977. 4. Kimata, Y. et al. Analysis of the relations between the shape of the reconstructed tongue and postoperative functions after subtotal or total glossectomy. Laryngoscope 113, (2003) 905 909. 5. Malone, J. P. et al. Disease control, survival, and functional outcome after multimodal treatment for advanced-stage tongue base cancer. Head Neck (2004) 26, 561 572. 6. Davis, J. W., Lazarus, C., Logemann, J. & Hurst, P. S. Effect of a maxillary glossectomy prosthesis on articulation and swallowing. J Prosthet Dent (1987) 57, 715 719. 7. Yanai, C. et al. Functional outcome after total and subtotal glossectomy with free flap reconstruction. Head Neck (2008) 30, 909 918. 8. Sharma, M. et al. Functional reconstruction of near total glossectomy defects using composite gastro omental-dynamic gracilis flaps. J Plast Reconstr Aesthet Surg (2009) 62, 1277 1280. 9. Dassonville O., Poissonet G & Bozec A Glossectomies. Techniques chirurgicales 46, 250 (2006). 10. Dr VERDONI Laetitia, et al. Guide ALD 30 «Cancer des voies aérodigestives supérieures». (2009).http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_981971/cancers-desvoies-aero-digestives-superieures-le-parcours-de-soins-en-ald?xtmc=&xtcr=1 consulté le 17/05/2012 11. van Lierop, A. C., Basson, O. & Fagan, J. J. Is total glossectomy for advanced carcinoma of the tongue justified? S Afr J Surg (2008) 46, 22 25. 42/43

12. Cötert, H. S. & Aras, E. Mastication, deglutition and speech considerations in prosthodontic rehabilitation of a total glossectomy patient. J Oral Rehabil (1999) 26, 75 79. 13. Shimodaira, K., Yoshida, H., Yusa, H. & Kanazawa, T. Palatal augmentation prosthesis with alternative palatal vaults for speech and swallowing: a clinical report. J Prosthet Dent (1998) 80, 1 3. 14. Pigno, M. A. & Funk, J. J. Prosthetic management of a total glossectomy defect after free flap reconstruction in an edentulous patient: a clinical report. J Prosthet Dent (2003) 89, 119 122. 15. Gillis, R. E. & Leonard, R. J. Prosthetic treatment for speech and swallowing in patients with total glossectomy. J Prosthet Dent (1983) 50, 808 814. 16. Fusaro S., Destruhaut F., Vigarios E., Toulouse E., Pomar P. Réhabilitation prothétique après glossectomie. EMC (Elsevier SAS, Paris), Stomatologie, 22-066-B-54, 2008, Médecine buccale, 28-565-G-10, 2009. 17. C. LEFEVRE et al. Restauration prothétique après glossectomie totale. Stratégie prothétique (2003) 3, 117 123. 18. de Carvalho-Teles, V., Sennes, L. U. & Gielow, I. Speech evaluation after palatal augmentation in patients undergoing glossectomy. Arch. Otolaryngol. Head Neck Surg. (2008) 134, 1066 1070. 19. Furia, C. L. et al. Speech intelligibility after glossectomy and speech rehabilitation. Arch. Otolaryngol. Head Neck Surg. (2001) 127, 877 883. 20. L.Guyot, P.Seguin et H.Benatau. Preface de F.Boutault. Techniques en chirurgies maxillo-faciale et plastique de la face. Paris, Springer-Verlaz, 2010, 328 pages. 21. Marunick, M. & Tselios, N. The efficacy of palatal augmentation prostheses for speech and swallowing in patients undergoing glossectomy: a review of the literature. J Prosthet Dent (2004) 91, 67 74. 22. Centre.com, V. M. Tongue Cancer (Squamous Cell Carcinoma of the Tongue). At <http://www.virtualmedicalcentre.com/diseases/tongue-cancer-squamous-cell-carcinomaof-the-tongue/612#prognosis> Consulté le 28/10/2012. 23. Dziegielewski, P. T. et al. Total glossectomy with laryngeal preservation and free flap reconstruction: Objective functional outcomes and systematic review of the literature. Laryngoscope (2012).doi:10.1002/lary.23505 43/43

N 2013 LYO 1D 010 Baptiste - Cancers de la langue : Traitements et Réhabilitations (Thèse : Chir. Dent. : Lyon : 2013.010) N 2013 LYO 1D 010 Résumé : Avec près de 1200 nouveaux cas par an, le cancer lingual est une pathologie fréquente en France. La thérapeutique de choix pour ce type de cancer est la chirurgie associé ou non à la radiothérapie. Du fait de l'anatomie particulière de la langue et du caractère fortement lymphophile de ce type de cancer, la détection est souvent tardive et le traitement sera donc fortement mutilant. Après l exérèse de la tumeur, une restauration chirurgicale peut être réalisée si la taille de l exérèse est trop importante. Cette restauration sera exécuté à l'aide de lambeaux Myocutanés ou libres selon le cas. Mais les reconstitutions chirurgicales ne permettent pas une restauration totale des fonctions linguales. La mise en place de prothèse de substitution peut donc être nécessaire pour recréer les fonctions perdues. Ce type de prothèse peut être décliné en deux modèles : les augmentateurs de palais et les prothèses de langues. On choisit l'une ou l'autre de ces prothèses selon la taille de la perte de substance à combler. Ces prothèses, différentes dans leurs conceptions et leurs indications, améliorent la qualité de vie des patients en restaurant en partie les fonctions linguales. A travers cette étude, ce sont les possibilités d'action du chirurgien dentiste face à ce problème que nous avons définies. Rubrique de classement : CHIRURGIE BUCCO-DENTAIRE Mots clés : -Cancer de la langue -Traitement -Reconstruction -Prothèse Mots clés en anglais : -Lingual cancer -Treatment -Reconstruction -Prosthesis Jury : Président : Madame le professeur Catherine MILLET Assesseurs : Madame le docteur Aline DESOUTTER Madame le docteur Anne-Gaëlle CHAUX-BODARD Monsieur le docteur Cyril VILLAT Adresse de l auteur : Baptiste, 5 Allée JEAN HONORE FRAGONARD 26500 Bourg-les-valence

THÈSES MAZENOD 06 01 99 75 70 contact@imprimerie-mazenod.com www.thesesmazenod.fr