CAHIER spécial Technopole St-Hyacinthe



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CAHIER spécial Technopole St-Hyacinthe Saint-Hyacinthe, complètement Technopole! Par Étienne Gosselin En 2013, Saint-Hyacinthe Technopole fêtera ses vingt ans et la Cité de la biotechnologie agroalimentaire, vétérinaire et agroenvironnementale, créée en 2003, ses dix ans. Gérés par le Centre local de développement Les Maskoutains, cette image de marque et ce parc technologique additionnent les bons coups et multiplient les opportunités pour faire de Saint-Hyacinthe un haut lieu de l innovation et du savoir agroalimentaire. une conférence agricole, une activité de vulgarisation à caractère scientifique ou un salon d exposition qui ont tous pour thème l agroalimentaire. Plus grand centre de congrès en dehors de Montréal et de Québec, l Hôtel des Seigneurs est une destination prisée du tourisme d affaires avec ses 45 salles de réunion. Enfin, depuis 1993 et l avènement de son statut de technopole agroalimentaire obtenu avec l aval de l Association internationale des parcs scientifiques (IASP) une première au Canada, l effervescence y est encore plus frénétique. Quand ça fait pop! P ar la création d un triangle amoureux liant centres de recherche et institutions d enseignement, incubateurs d entreprises et motels industriels et entreprises privées, la ville maskoutaine se démarque et donne un sérieux coup de pouce à tous les acteurs présents sur son territoire. Une technopole qui prend son envol! Ç en est rendu un lieu commun : Saint- Hyacinthe est le grenier et le garde-manger du Québec, sa capitale agroalimentaire. La plaine d argile sur laquelle sont venus s installer Jacques-Hyacinthe-Simon Delorme et quelques valeureux colons dès 1757 jouit de sols riches et profonds et présente un climat propice aux cultures et aux élevages. Établi en 1830, le marché public de Saint- Hyacinthe, le plus ancien et l un des plus jolis et pittoresques du Québec, témoigne aussi de l importance de l agriculture pour la région. Le foisonnement des activités agroalimentaires à «Saint-Hyacinthe la jolie» y est également très intense. Chaque semaine se tient soit un colloque professionnel, Une technopole nommée Saint-Hyacinthe Douzième ville au Canada (et deuxième ville au Québec après Saint-Georges) pour son dynamisme entrepreneurial selon la Fédération canadienne de l entreprise indépendante, Saint-Hyacinthe ne se classe pourtant que 94 e à l échelle canadienne pour la taille de sa population. Cette agglomération, qui n est tout de même qu à 60 km de Montréal, s illustre sur la scène mondiale, sans complexe d infériorité, dans la cour des grandes villes comme Paris, Oslo, Munich, Cambridge et San Diego, d autres biopôles. L attractivité de Saint-Hyacinthe, ville d à peine 53 000 habitants, est telle que nombre de sociétés étrangères (les françaises Yoplait et Véolia, la suisse Barry Callebaut, l étatsunienne Hershey s, la filiale Brasserie V10N1 53

CAHIER SPécial Technopole St-Hyacinthe Cité de la biotechnologie agroalimentaire, vétérinaire et agroenvironnementale Recherche, formation supérieure et institutions 1 Faculté de médecine vétérinaire de l Université de Montréal 2 Laboratoire de biotechnologie agroalimentaire et vétérianaire (LBVA) 3 Laboratoire de pathologie animale du Québec 4 Institut de technologie agroalimentaire (ITA) 5 Cintech agroalimentaire 6 Ferme expérimentale «Maskita» 7 Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) 8 Centre d insémination artificielle du Québec (CIAQ) 9 Cégep Saint-Hyacinthe 10 Groupe CTT 11 Union des producteurs agricoles (UPA) 12 Centre de recherche et de développement sur les aliments (CRDA) 13 Agence canadienne d inspection des aliments (ACIA) Industries Centre de développement des biotechnologies (CDB) 14 Pavillon 1 (Atsenti, Clonagen, Transtex technologies, Vétoquinol) 15 Pavillon 2 (Biofermec, Biovet, Cuisines du Vitenam) 16 Pavillon 3 (ActiveMedia, Abiasa, Galenova, La Demi-Calorie) 17 Galenova, Construction Bugère 18 Mini-Fermes Balatti 19 Probiotech international 20 Kooll Desserts Parc industriel Olivier-Chalifoux 21 Palardy Acier Inoxydable 22 Groupe Valentine 23 Élévabec, Aliments Flavio Foods, Corporation Alifex 24 Zoo-max exotic 25 Motel industriel 26 Aliments Nutrisoya 27 Hydro-Québec 28 Baxters Canada 29 Beaudin Le Prohon 30 Aliments Brookside 31 TéléMédic, Comptoir Top Design 32 Labatt 33 Plastiques Yamaska 34 Deschênes et Fils 35 Outillages Migmar-O 36 ADM agri-industries, DCL 37 Boîtes «Général» 38 Abmast 39 William, Produits Neptune 40 Nutri-Œuf 41 Mobilier Avantglide 42 Barry Callebaut Canada 43 Entreposage Herger 44 Norbec Architectural 45 Maison des futailles 46 Vitoeuf 47 Entreprises Chagnon 48 Fenêtres Québécoises 49 Imprimerie Maska, CRDI Montérégie Est 50 Laboratoires Maska, Bio Biscuit, Viandes Lacroix, Laboratoires Shermont, Mezano 51 Motel industriel 52 Décalcorama 53 P.P. Deslandes 54 Spécialités M.B. 55 Imprimerie Dumaine 56 Cuirs Ted Bourdon 57 Bectrol 58 Indeck (Société de chaudières) 59 Maskatel 60 BioEnvelop Agro, Boss Technologie 61 Entreposage Transcontinental 64 CDMV 65 Goyette Transport 66 Olymbec, Commonwealth Plywood 67 Nutrania 68 Sagesser Plastique 69 Produits forestiers Ampro 70 Motel industriel 71 Compteurs Lecomte 72 Motel industriel 73 Barry Callebaut Canada 74 Abiasa 75 St-Jude Medical Canada 76 Produits Sanitaires V-To 77 Parmalat Canada 78 Frigo Royal 79 Produits Alcôve 80 Olymel 81 Olymel 82 Industries de Moules et Plastiques VIF 83 Aliments Novali Foods 84 Arri Construction 85 Arivac 86 Motel industriel

CAHIER spécial Technopole St-Hyacinthe Licorne de l allemande Karlsberg, l espagnole Cascajares) ont décidé de s y établir, basant dans la cité montérégienne leur pont vers le marché canadien ou des Amériques. Plus ouverte que jamais sur le monde la Maskoutaine! Et dire que Saint-Hyacinthe était jadis reconnue comme la ville la plus française d Amérique avec ses 98 % de francophones! Saint-Hyacinthe donc, la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf. Mais dont la petitesse permet aussi une proximité entre les individus. «La Technopole, c est très technologique, mais c est aussi très humain, très familial, mentionne l espagnole d origine Monica Daga, directrice scientifique et copropriétaire de Biena, une entreprise spécialisée dans la culture des ferments, enzymes et probiotique. Œuvrer dans une petite ville presque un un village! nous rapproche donc, d une certaine manière.» «Pour nous qui sommes surtout dans le domaine laitier, il était tout naturel de nous implanter ici, près de nos clients, des centres de recherche et de l Agence canadienne d inspection des aliments, à cheval sur l autoroute 20», fait valoir Gulshan Arora, docteur en sciences des aliments et aussi copropriétaire de Biena. Mario de Tilly, commissaire industriel de Technopole Saint-Hyacinthe Saint-Hyacinthe Technopole est la seule technopole dans le monde exclusivement dédiée à l alimentaire, une spécialisation qui fait la fierté de Mario de Tilly, commissaire industriel et grand manitou du Centre local de développement (CLD) Les Maskoutains : «Le domaine agroalimentaire est toujours moins spectaculaire que l avionique, la photonique ou même le secteur minier du Plan Nord, mais ce domaine est une vache à lait qui n obtient pas encore la reconnaissance qu il mérite et le statut de secteur prioritaire dont il devrait jouir.» «La Technopole, c est très technologique, mais c est aussi très humain, très familial. Œuvrer dans une petite ville presque un un village! nous rapproche donc, d une certaine manière.» Quand il parle de la Technopole qu il a participé à mettre au monde avec «une clique, une claque et une broche», Mario de Tilly utilise abondamment les mots-clés «spécialisation» et «différenciation» chers au professeur Michael Porter de l Université Harvard, grand bonze des stratégies d entreprises, des modèles d affaires et des avantages concurrentiels. Puis, il se remémore un colloque marquant de 1992 tenu à Montréal sur les clusters ou grappes industrielles. Un certain Gérald Tremblay, qui n était pas maire de Montréal à l époque mais ministre de l Industrie, du Commerce et de la Technologie, moussait alors le concept «Ce fut une révélation, confie Mario de Tilly. On parlait de pôles, de développement économique réel, de vastes possibilités et pas seulement de city branding!» «La base théorique qui soutient le développement des clusters repose sur la notion de régions apprenantes, en comparaison aux régions industrielles traditionnelles, explique le professeur et chercheur en organisation industrielle appliquée au secteur agroalimentaire de l Université Laval, Rémy Lambert. Les régions apprenantes sont des systèmes d innovation qui sont dirigées, autant de haut en bas que de bas en haut, en comparaison aux régions industrielles qui sont dirigées de haut en bas. Il s agit d un lien entre le triptyque "acteurs économiques acteurs de formation acteurs technologiques", le cluster provenant de la dynamique et des effets d entraînement générés entre ces acteurs.» Mario de Tilly ne peut que corroborer : «Notre succès tient à notre structure bottom to the top.» En 2011, et pour souligner l à-propos de son positionnement stratégique et de la robustesse des résultats atteints, Saint-Hyacinthe Technopole et sa Cité de la biotechnologie agroalimentaire, vétérinaire et agroenvironnementale obtenait le prix de Meilleur parc technologique en émergence au monde, décerné par l Association internationale des parcs de recherche universitaire (AURP). «Quand j ai pris l appel en provenance du Luxembourg, de gens qui se disaient de PricewaterhouseCoopers, j ai d abord cru que ces personnes se trompaient de numéro! Puis, quand l accent germanique m a parlé d un benchmark, j ai compris que c était sérieux!» En 2012, une reconnaissance venait à nouveau confirmer le bon travail des développeurs économiques du CLD Les Maskoutains, primé «CLD de l année au Québec» par l Association des centres locaux de développement du Québec. Pour quelles raisons? Rayonnement à l international, stratégie de prospection des investissements et qualité du support aux entreprises. Le succès de la technopole de Saint- Hyacinthe tient à un savant et dynamique mélange de programmes d incitatifs financiers (crédits d impôts, congé de taxes foncières), de soutien en démarrage d entreprise (plan d affaires, aide pour l obtention de capitaux de risque, mentorat et accompagnement), de locaux dessinés et bâtis sur mesure pour héberger les startups et de services municipaux adaptés. Jusqu en 2003, les entreprises en démarrage devaient chercher à se loger, mais la création de la Cité de la biotechnologie, un parc immobilier comportant trois pavillons, un quatrième actuellement en construction et deux autres dont l érection débutera ce printemps a changé la donne. Ces infrastructures, érigées dans le parc industriel Olivier-Chalifoux et sur les terres agricoles enclavées dans le milieu urbain de la Ferme Maskita, la ferme-école de l Institut de technologie agroalimentaire (ITA), profitent donc à une quinzaine d entrepreneurs qui possèdent > V10N1 55

CAHIER SPécial Technopole St-Hyacinthe des baux de location allant du terme mensuel à pluriannuel (dix ans), bonne illustration de la flexibilité dont fait preuve la Cité pour attirer des investissements. «Comme organisme public, nous ne sommes pas soumis à la loi implacable de la profitabilité. Nous désirons faire nos frais, sans plus, précise Mario de Tilly. Avant de lancer la construction d un nouveau pavillon, nous nous assurons que nos espaces locatifs sont loués à au moins 60 %.» Dérouler le tapis brun Dans la panoplie d incitatifs que propose la Technopole aux industriels, l un émane directement de la Ville de Saint-Hyacinthe et peut être alléchant façon de parler pour des industriels en alimentation : il s agit du traitement des résidus alimentaires. Déjà équipée de trois digesteurs anaérobies pour le traitement des boues de sa station d épuration des eaux, la municipalité offre maintenant aux industries agroalimentaires la possibilité de prendre en main leurs sousproduits. «Nous projetons d installer cinq nouveaux digesteurs pour valoriser les résidus organiques des industries maskoutaines, mais également les résidus verts issus de la collecte de bacs bruns, expose Pierre Mathieu, conseiller technique au Service du génie de la Ville de Saint-Hyacinthe. Nous visons une mise en activité pour septembre 2013.» «Comme organisme public, nous ne sommes pas soumis à la loi implacable de la profitabilité.» Concrètement, les résidus comme le lactosérum ou le gras animal seront transformés dans d immenses silos métalliques en biogaz qui, une fois purifié, sera vendu à Gaz Métro. Le digestat restant, riche en matières fertilisantes et particulièrement en phosphore, trouve quant à lui une valorisation agricole et horticole, notamment avec le concours du club-conseil en agroenvironnement local. «Je crois que l offre de biométhanisation de la Ville libère les industries des contraintes de gestion de leurs résidus. Nous leur assurons en outre que leurs sous-produits sont valorisés de la meilleure façon», dit Pierre Mathieu. S enraciner dans l histoire Pour marquer le coup et les esprits, la Ville de Saint-Hyacinthe, très proactive dans les activités de la Technopole et de la Cité (le maire Claude Bernier est président de la Cité), a décidé de nommer «José-María- Rosell» la rue située à l intersection du boulevard Casavant Ouest et de l avenue Beaudry. Cette rue constitue une des entrées principales de la Cité et rend hommage au docteur Rosell, pionnier en bactériologie laitière ayant fondé l Institut Rosell en 1934 et ayant mené des recherches sur le beurre et le fromage à l École de laiterie de Saint- Hyacinthe, ancêtre de l ITA. Deux des pavillons de la Cité portent quant à eux les noms «Édouard-Brochu» et «Victor-Théodule- Daubigny», le premier ayant été professeur à l ITA, cofondateur et président-directeur général de l Institut Rosell, le second ayant quitté sa France natale pour devenir vétérinaire et fonder l École vétérinaire française de Montréal, ancêtre de la Faculté de médecine vétérinaire. Même Hanoverhill Starbuck, le célèbre taureau Holstein du Centre d insémination artificielle du Québec, aura droit à son parc public à l intersection de la nouvelle rue José-María-Rosell et du boulevard Casavant, à quelques arpents du Centre de recherche et de développement sur les aliments (CRDA). Assurément l ambassadeur maskoutain le plus connu dans le monde, le reproducteur bovin de 1173 kg, même décédé il y a presque quinze ans, a profondément marqué l élevage laitier avec plus de 200 000 filles partout dans le monde, 209 fils et 406 petits-fils éprouvés et 685 000 doses de semence vendues dans 45 pays. Survol de la Technopole 22 centres et chaires de recherche 200 chercheurs de réputation internationale détenteurs de doctorats 6 incubateurs industriels 5 institutions d enseignement (secondaire, collégial et universitaire) 500 diplômés annuellement de programmes d enseignement en agroalimentaire 150 entreprises 33 entreprises de haute technologie 16 organismes de soutien 1 million de mètres carrés disponibles pour bâtir de nouvelles industries bioalimentaires 101 millions de dollars investis en 2011 dans le domaine des biotechnologies et de l agroalimentaire, soit 69 % de tous les investissements manufacturiers dans la MRC Les Maskoutains 600 millions de dollars publics et privés investis dans la Cité de la biotechnologie depuis sa création, en 2003 56 V10N1

Saint-Hyacinthe, vision et dynamisme photographe: Patrick Roger Traversée par les principaux axes routiers et ferroviaires du Québec, Saint-Hyacinthe, posée sur des terres fertiles, s est vue grandir et se fortifier grâce, entre autres, au dynamisme de ses acteurs de l agroalimentaire et à l implantation de nombreuses entreprises en biotechnologies, qui ont porté sa renommée au-delà des frontières. Sa Technopole est ainsi reconnue, en 2011, comme Meilleur parc technologique en émergence au monde. En 2012, la ville se classe 2 e au niveau provincial et 12 e au Canada au classement des villes entrepreneuriales canadiennes de la Fédération canadienne de l entreprise indépendante (FCEI). Elle figure également dans le top 10 des villes de taille moyenne les plus dynamiques au pays et se forge une place de choix dans l avancée environnementale en devenant pionnière de la biométhanisation au Québec. Reconnue pour ses producteurs agricoles, ses industries de transformation alimentaire, ses avancées technologiques, ses institutions d enseignement et de recherche de réputation mondiale, son ouverture et son soutien aux entreprises, Saint-Hyacinthe est avant tout un milieu de vie et de travail accueillant, visionnaire et énergique où chacun peut trouver sa place. www.ville.st-hyacinthe.qc.ca

CAHIER SPécial Technopole St-Hyacinthe Technopole s y est d ailleurs tenue, exemple patent que la technopole est tissée serrée. La recherche et l innovation Moteur de l innovation, la recherche agroalimentaire à Saint-Hyacinthe est à la fois pure, appliquée et consentante. On y trouve des chercheurs qui trouvent des entrepreneurs et des entrepreneurs qui cherchent des chercheurs. La décision d installer un centre de recherche fédéral à Saint-Hyacinthe n est pas étrangère à la renommée agroalimentaire de la ville maskoutaine, pas plus qu à l émergence d une technopole sur son territoire. Quand le coloré ministre de l Agriculture, l Honorable Eugene Whelan, a procédé en 1983 à l inauguration des travaux de ce qui allait par la suite devenir le Centre de recherche et de développement sur les aliments (CRDA) d Agriculture et Agroalimentaire Alain Houde, directeur des opérations du CRDA, et Jean Gagnon, responsable du programme industriel au CRDA. Canada, se doutait-il que ce centre allait devenir l un des piliers en transformation et salubrité de la Technopole? En tout cas, plusieurs affirment que la venue du CRDA a été interprétée comme un signal fort et comme un début d essaimage autour du thème alimentaire. Aujourd hui, les 22 équipes de recherche du CRDA font avancer la science alimentaire fondamentale et appliquée : cuisson ohmique, déshydratation osmotique, pasteurisation haute pression, méthodes de détection de charges virales à faible dose dans les aliments, microencapsulation de molécules bioactives à effet nutraceutique et évaluation de la stabilité de ces molécules dans un estomac artificiel qui reproduit fidèlement la digestion humaine. Par ses nombreux Ph.D., son programme industriel visant à offrir ses installations et à louer ses équipements aux entrepreneurs et la Fondation INITIA qui, hébergée au CRDA, permet d unir décideurs d affaires et scientifiques, de diffuser des résultats de recherche et de mettre au point des formations sur mesure qui assurent un environnement pour l épanouissement des activités innovantes, à n en point douter, le CRDA est déjà une mini-technopole en soi. L assemblée générale annuelle 2011 de Saint-Hyacinthe «Notre programme industriel offre en outre un environnement d incubation propice aux activités de R et D des entreprises, explique le responsable du programme industriel au CRDA, Jean Gagnon. Nous aimons dire que nous donnons tous les outils aux entrepreneurs pour qu ils apprennent à marcher seuls, en démarrant petits, sans frais d hypothèque ou d achat d équipement. Nous n offrons toutefois pas de services du privé, comme des tests auprès des consommateurs.» L offre d hébergement dans des usines pilotes, la location d équipements multifonctionnels ou spécialisés et le soutien de technologues compétents aux futurs industriels pour des périodes variant de quelques jours à quelques années permet aux entrepreneurs de se concentrer sur l important : la mise au point de leurs produits et le développement de leurs marchés. «Ces partenariats visent à faciliter le démarrage d entreprises, sinon d aider celles qui sont existantes à demeurer compétitives», fait valoir pour sa part le directeur des opérations du CRDA, Alain Houde. Aujourd hui, on vient de par le monde voir comment s articule ce centre de recherche ouvert à l entrepreneuriat, l un des 19 centres de recherche d Agriculture et Agroalimentaire Canada, un lieu où les continuums recherche-industrie sont valorisés, célébrés, parfois monnayés sous forme de licences d utilisation amenant des royautés au centre de recherche. Les entreprises qui ont fait affaire avec le programme industriel du CRDA sont nombreuses. En 25 ans, plus de 1 225 entreprises ont utilisé ce programme (2 250 projets). Monica Daga et Gulshan Arora, deux anciens chercheurs du CRDA sont, en quelque sorte, deux enfants de la Technopole. L ancienne doctorante et son superviseur, aujourd hui unis dans la vie comme en affaires, ont quitté la recherche publique en 1995 pour fonder la compagnie Abiasa, devenue Biena en 2012. L entreprise compte aujourd hui des clients sur le territoire de la Technopole, mais rayonne aussi partout dans le monde. Ces deux spécialistes de la biochimie, de la microbiologie et de l enzymologie mettent à profit leur collection de plus de 500 souches de bactéries et de levures obtenues entre 58 V10N1

CAHIER spécial Technopole St-Hyacinthe autres de la compagnie Lallemand, qui avait elle-même décroché le catalogue de l Institut Rosell, dont le fondateur, José María Rosell, n est nul autre que l arrière-grand-père de Monica. Entreprises de transformation laitière, de fabrication de charcuteries et de nourriture pour animaux font aujourd hui affaire avec Biena. «La concentration d entreprises dans la Technopole augmente notre bassin de clients potentiels et nous donne une belle visibilité.» De son côté, pour faciliter le passage de l idéation et de la recherche à la mise à l échelle et à la fabrication, la Faculté de médecine vétérinaire utilise les services de la société Univalor, qui a pour but de favoriser le transfert à l industrie des inventions technologiques des chercheurs de l'université de Montréal. «Concernant la Faculté, nous avons une quinzaine de dossiers actifs, dont cinq technologies pour lesquelles nous sommes en discussions sérieuses avec des entrepreneurs et de grandes firmes, révèle la chargée de projets chez Univalor, Stéphanie Larose. Pour notre démarchage et la présentation de notre portefeuille de technologies, nous procédons habituellement par contacts ciblés auprès d entreprises existantes. Nous fréquentons aussi des colloques et des congrès spécialisés, comme celui d InnoVet, en octobre dernier, tenu à Saint-Hyacinthe même.» Le but reste de trouver le meilleur véhicule pour commercialiser l innovation, qu elle soit québécoise ou étrangère. Prevtec microbia est une des entreprises dérivées ou spin-off de la Faculté qui prospère depuis 2010 dans les locaux de la Cité de la biotechnologie et qui a bénéficié des conseils d Univalor. L entreprise qui a quelques produits en développement fabrique un vaccin oral vivant (Coliprotec) utile pour la lutte à la diarrhée post-sevrage des porcelets. Cette start-up et cette spin-off est l œuvre de deux chercheurs de la Faculté, les docteurs Éric Nadeau et John Morris Fairbrother. Tournesol, stérol et xylitol : bienvenue chez Cintech! Parce que, surtout pour les entreprises en démarrage, c est le produit qui fait l entreprise, nombreux sont les néo-entrepreneurs à qui on conseille de consulter l équipe multidisciplinaire d une trentaine de personnes (microbiologiste, chimiste, ingénieur, nutritionniste, expert en marketing, en assurance-qualité, etc.) de Cintech agroalimentaire, un Centre collégial de transfert technologique (CCTT) affilié au Cégep de Saint-Hyacinthe habilité à évaluer les projets, les produits et les procédés. Société sans but lucratif lancée en 1994, Cintech possède des laboratoires, des cuisines polyvalentes et des salles de réunion et de dégustation pour réaliser diverses expérimentations, panels d experts ou évaluations sensorielles. Ainsi >

CAHIER SPécial Technopole St-Hyacinthe équipé, ce CCTT a pu réaliser depuis ses débuts plus de 1 800 mandats pour 1 000 entreprises. «Nous abordons chaque projet en nous préoccupant des besoins des clients, pas en considérant les services que nous pouvons rendre en fonction de nos équipements», affirme Luisa Pensato, spécialiste en transformation alimentaire et qualité. Chez Cintech, dont le nom est un acronyme de «Centre d innovation technologique», les entrepreneurs trouvent des conseils et des conseillers pour résoudre des problèmes, réduire des coûts, doter les produits d attributs santé ou, de manière plus pragmatique, emballer efficacement et étiqueter originalement les produits tout en se conformant aux lois et règlements. La dernière spécialité du Centre concerne la valorisation des sousproduits, qui représente une opportunité pour les entreprises de mieux protéger l environnement, si ce n est de tirer un revenu supplémentaire en engendrant un coproduit. (Zones Québec Innovation) et directrice générale du Parc technologique du Québec métropolitain. Au Québec et au Canada, les technopoles se fondent dans le paysage depuis plus de vingt-cinq ans, mais les parcs ont encore beaucoup à gagner en reconnaissance auprès des gouvernements, car souvent laissés à eux-mêmes, selon Natalie Quirion. Ce n est pas parce qu un parc est créé que le travail est terminé. Les technopoles ont un besoin constant de régénération, notamment parce que les technologies évoluent rapidement.» Sans être un organisme de certification, Zones Québec Innovation s assure du sérieux de ses 11 technopoles membres qui doivent d abord entretenir de solides partenariats avec le milieu universitaire et collégial, posséder un territoire spécifique et être gérées par un organisme dédié au site et à son animation. «Je considère que nous avons au Québec un nombre de parcs technologiques qui correspond à la réalité économique d ici, juge Natalie Quirion. Nous en avons proportionnellement beaucoup plus qu ailleurs au Canada. Aussi, si certains technoparcs d ici sont davantage spécialisés comme celui de Saint-Hyacinthe, d autres sont plus diversifiés et englobent par exemple l optique-photonique, les biotechnologies et la pharmaceutique, comme celui de Québec.» C est d ailleurs le Parc technologique du Québec métropolitain qui fut le premier parc au Canada, lancé en 1988 sous la forme d une société d État. «Les technopoles ont un besoin constant de régénération, notamment parce que les technologies évoluent rapidement.» Pour Fadia Naim, la directrice générale de Cintech agroalimentaire, 1 + 1 donne 3. «La concentration d entreprises dans la Technopole augmente notre bassin de clients potentiels et nous donne une belle visibilité en nous permettant de présenter fréquemment notre offre de services aux décideurs. La demande pour nos services est d ailleurs croissante, autant parce que nous nous faisons mieux connaître que parce que les entreprises ont l obligation croissante d innover.» N empêche, selon une étude de 2011, 53 % des entreprises connaissent peu ou pas du tout les services de Cintech. L organisme parapublic dont 10 à 15 % du financement est public a donc élaboré un plan de communication/marketing pour augmenter sa visibilité et sa notoriété. Comme des champignons, les technopoles Les technopoles sont en croissance dans le monde : alors qu on en comptait environ 160 en 2000, elles sont aujourd hui 388 membres de l International Association of Science Parks and Areas of Innovation (IASP), dans 70 pays répartis sur les 5 continents. «Ce sont des véhicules très utilisés dans les pays émergents parce qu ils favorisent l interface université-entreprises et les stages et emplois qui y sont rattachés, explique Natalie Quirion, présidente du regroupement des technopoles québécoises 60 V10N1

CAHIER spécial Technopole St-Hyacinthe L emploi et la formation Bien avant l implantation d une technopole à Saint-Hyacinthe, la Fromagerie Corneville, construite en 1977 et rachetée en 1990 par Agropur Coopérative, transformait du lait aux abords de l autoroute. Comment la coopérative laitière considère-t-elle aujourd hui «l avantage technopole»? Pour l ingénieur Alain Brosseau, ex-directeur de l usine fromagère de Saint-Hyacinthe et actuel vice-président fabrication, une technopole n est pas une panacée. «Nous n utilisons pas à fond l image et les ressources de la Technopole, surtout depuis que nous nous sommes dotés de nos propres installations de recherche, à Saint-Hubert. En fait, pour nous, le plus grand intérêt de faire partie de la Technopole réside dans le bassin de population composé de gens bien formés et rompus aux contraintes de salubrité des usines alimentaires. Plusieurs de nos employés sont d ailleurs d anciens employés de Liberté, Barry Callebaut, etc.» Ainsi, seulement en raison de sa localisation, la fromagerie de Saint-Hyacinthe, part avec Pubs_CLD_ACTU-ALIM_01-13.pdf 1 13-01-09 11:15 une longueur d avance par rapport à sa cousine d Oka, estime Alain Brosseau. Aujourd hui, environ 45 % des emplois manufacturiers dans la MRC Les Maskoutains sont reliés à l agroalimentaire, pour un total de 8 000 emplois. Des 200 nouvelles entreprises ou projets d investissement de la région, la moitié sont liés au secteur. Enfin, chaque année, plus de 500 étudiants obtiennent leur diplôme d une des cinq institutions d enseignement dispensant des programmes agroalimentaires. «Environ 45 % des emplois manufacturiers dans la MRC Les Maskoutains sont reliés à l agroalimentaire.» L une de ces institutions, la Faculté de médecine vétérinaire, est un autre des piliers de la Technopole. Établie à Saint-Hyacinthe depuis 1947, la Faculté a fait l objet de rénovations majeures dans les dernières années pour lui assurer son accréditation auprès de l American Veterinary Medical Association, lui conférant un statut académique de niveau international. Chaque année, 400 étudiants commencent le programme de doctorat en médecine vétérinaire dans la seule école québécoise à dispenser ce programme et la seule en français en Amérique du Nord. Avec sa centaine de professeurs, la Faculté est un cheval de trait de l innovation dans la Technopole, entre autres en reproduction animale, en maladies infectieuses et en salubrité et innocuité des aliments. L Institut de technologie agroalimentaire présente un autre attrait incontournable de la rue Sicotte. De niveau collégial il dispense six programmes de formation à son campus de Saint-Hyacinthe, dont Technologie des procédés et de la qualité des aliments, Technologie du génie agromécanique et Paysage et commercialisation en > LES GRANDS PROJETS INDUSTRIELS ÉMERGENT ICI! Mme Nathalie Laberge de la Cité de la biotechnologie, le vice-président Opérations de Yoplait, M. Stéphane Le Conte, le maire Claude Bernier et le directeur général de Liberté, M. Martin Valiquette. LIBERTÉ CONFIRME UN INVESTISSEMENT DE 40 M$ À SAINT-HYACINTHE Après avoir entrepris d importants travaux d agrandissement à son usine, Liberté annonce un investissement supplémentaire de 40 M$ de dollars à Saint-Hyacinthe. Cet investissement servira à assurer la croissance de Liberté, en plus d accroître les activités de production chez nous de la multinationale française Yoplait, propriétaire de l entreprise. www.st-hyacinthetechnopole.qc.ca 1000, rue Dessaulles, Saint-Hyacinthe (Québec) CANADA J2S 8W1-450 773-4232

CAHIER SPécial Technopole St-Hyacinthe «Renforcer la synergie, susciter l effet d appropriation, miser sur la force du groupe, contrer le vase clos : c est peut-être à ce moment que la Technopole passera d un pôle technologique à un pôle de compétitivité.» Alain Couture, directeur du campus de St-Hyacinthe, Institut de technologie agroalimentaire horticulture ornementale, un programme qui profite pleinement du nouveau Pavillon horticole écoresponsable et multifonctionnel construit à l entrée du Jardin Daniel A. Séguin. «Ce nouveau pavillon nous permet de rester à l avant-garde dans le secteur de l horticulture ornementale, souligne le directeur du campus de Saint-Hyacinthe, Alain Couture, et de demeurer un précurseur dans ce domaine, tout comme nous l avons été depuis les débuts de l ITA dans d autres secteurs avec la défunte École de laiterie et les laboratoires gouvernementaux d inspection des aliments.» Créé en 1962, l Institut ouvrait au départ toutes grandes ses portes et encore aujourd hui, mais dans une moindre mesure aux entreprises privées qui étaient nombreuses à louer ses locaux pour mettre au point produits et procédés. Si les entreprises venaient à l école, c est aujourd hui davantage l école qui va vers les entreprises pour des visites professionnelles ou des stages pour les étudiants, explique Rosaire Ouellet, directeur général de l ITA : «Bon nombre de nos diplômés travaillent euxmêmes dans les départements de recherche ou de qualité des entreprises au sein desquelles ils ont fait leurs stages.» Vers demain : une technopole d avenir Des infrastructures, des ressources humaines et des idées innovantes, voilà donc l essentiel d un technopole. Et l ingrédient magique : la synergie. «Pour assurer le succès des clusters, il ne suffit pas de mettre 62 V10N1

CAHIER spécial Technopole St-Hyacinthe Rosaire Ouellet, directeur général de l'institut de technologie agroalimentaire en place des infrastructures, encore fautil soutenir les conditions qui amènent la créativité, l innovation et le réseautage, résume le professeur Rémy Lambert. Car les entreprises doivent créer un réseau qui stimule l innovation par un partage des informations, un travail "intelligent" et une amélioration continue des compétences des personnes. La gouvernance du pôle se caractérise quant à elle par des relations partenariales de dépendance mutuelle et un cadre règlementaire flexible.» Fier du chemin parcouru faire du développement économique est tout sauf une science exacte mais capable d autocritique, Mario de Tilly contemple les kilomètres qu il reste à avaler, une bouchée à la fois. Il évoque ce rôle d animation déjeuner-causerie, club de jogging, portes ouvertes, qui sait? que lui et son équipe d à peine une douzaine de personnes ne jouent pas assez. «Non, la Technopole n est pas un club social, mais il faudra s y diriger pour favoriser les échanges, cultiver le sentiment d appartenance et bâtir un climat de saine émulation», juge le touche-à-tout du développement économico-agroalimentaire. Renforcer la synergie, susciter l effet d appropriation, miser sur la force du groupe, contrer le vase clos : c est peut-être à ce moment que la Technopole passera d un pôle technologique à un pôle de compétitivité où non seulement les acteurs nourrissent la population de leurs produits, mais où les membres s abreuvent les uns les autres d idées et de projets qui les propulseront encore davantage vers le monde, vers l avant-garde, vers l avenir. AGROALIMENTAIRE www.cintech.ca VOTRE PRODUIT NOTRE EXPERTISE VOTRE RÉUSSITE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT Développement de produits et de procédés Nouvelles technologies et technologies émergentes Transfert à l échelle de l usine Recherche appliquée Nutrition, étiquetage et réglementation RECHERCHE CONSOMMATEURS Validation de produits (évaluation sensorielle et groupes de discussion) Juges entraînés / analyse descriptive Avis critique / concept et précommercialisation Ateliers d initiation et d entraînement à l évaluation sensorielle VALORISATION Solutions pour la réutilisation de résidus Applications alimentaires Source additionnelle de revenus Réduction du gaspillage et de l impact sur l environnement Engagement social de l entreprise SÉCURITÉ ALIMENTAIRE Assurance et contrôle de la qualité Validation microbiologique Validation des procédés Systèmes qualité Mesures correctives et documentation