Janvier 2003 PLACE DE L ENDOSCOPIE DANS LES COLITES MICROSCOPIQUES RECOMMANDATIONS DE LA



Documents pareils
Conduite à tenir devant des troubles digestifs au retour du voyage. Laurent Beaugerie Hôpital Saint-Antoine, Paris

GASTRO-ENTEROLOGIE. Variabilité. A des entrées. B des sites anatomiques. C inter-individuelle. D intra-individuelle

Association lymphome malin-traitement par Interféron-α- sarcoïdose

Hépatites Auto-Immunes. Critères et Scores Diagnostiques

MALADIES INFLAMMATOIRES DE L INTESTIN :

DÉFICITS IMMUNITAIRE COMMUN VARIABLE

Incontinence anale du post-partum

Traitement de l hépatite C: données récentes

INDUCTION DES LYMPHOCYTES T- RÉGULATEURS PAR IL2 A TRÈS FAIBLE DOSE DANS LES PATHOLOGIES AUTO- IMMUNES ET INFLAMMATOIRES APPROCHE TRANSNOSOGRAPHIQUE

Assurance Maladie Obligatoire Commission de la Transparence des médicaments. Avis 2 23 Octobre 2012

Le reflux gastro-oesophagien (280) Professeur Jacques FOURNET Avril 2003

La maladie de Still de l adulte

Traitement médical de l incontinence SIFUD PP FMC

Avis 29 mai XYZALL 5 mg, comprimé B/14 (CIP : ) B/28 (CIP : ) Laboratoire UCB PHARMA SA.

INFORMATIONS AU PATIENT SUR LA COLOSCOPIE

Faut-il encore modifier nos pratiques en 2013?

Méthode et exemples d application. Congrès SFSE - Jeudi 15 décembre 2011

Etablissement Français du Sang

Virus de l hépatite B

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE

Innovations thérapeutiques en transplantation

1- Parmi les affirmations suivantes, quelles sont les réponses vraies :

chronique La maladie rénale Un risque pour bon nombre de vos patients Document destiné aux professionnels de santé

PLACE DES MARQUEURS NON INVASIFS DE FIBROSE ET DE L ELASTOMETRIE

Lombalgie inflammatoire. François Couture Rhumatologue Hôpital Maisonneuve Rosemont Avril 2010

RÉSUMÉ DES CARACTÉRISTIQUES DU PRODUIT. Bisolax 5 mg comprimés enrobés contient 5 mg de bisacodyl par comprimé enrobé.

DERMATOSES ECZEMATIFORMES LICHENOIDES ET ERYTHEMATO-SQUAMEUSES

La Dysplasie Ventriculaire Droite Arythmogène

Nous avons tous un don qui peut sauver une vie. D e v e n i r. donneur de moelle. osseuse

Artéfact en queue de comète à l échographie hépatique: un signe de maladie des voies biliaires intra-hépatiques

TUMEURS DU BAS APPAREIL URINAIRE

Lettre circulaire aux Gastro-Entérologues

Sérodiagnostic de la polyarthrite rhumatoïde

Toxicité intestinale des AINS

HEPATITES VIRALES 22/09/09. Infectieux. Mme Daumas

Le don de moelle osseuse :

TECHNIQUES D AVENIR LASER DOPPLER IMAGING LASER DOPPLER IMAGING LASER DOPPLER IMAGING

La recto-colite hémorragique

La maladie de Berger Néphropathie à IgA

Quoi de neuf dans la prise en charge du psoriasis?

Anatomie. Le bassin inflammatoire. 3 grands cadres. 4 tableaux. Spondylarthrite ankylosante. Spondylarthrite ankylosante 26/10/13

Carte de soins et d urgence

Unité d enseignement 4 : Perception/système nerveux/revêtement cutané

LA SECRETINE ET L AXE CERVEAU-INTESTIN DANS L AUTISME

LIGNES DIRECTRICES CLINIQUES TOUT AU LONG DU CONTINUUM DE SOINS : Objectif de ce chapitre. 6.1 Introduction 86

Arthralgies persistantes après une infection à chikungunya: évolution après plus d un an chez 88 patients adultes

Prise en charge des déchirures périnéales obstétricales sévères. Courjon M, Ramanah R, Eckman A, Toubin C, Riethmuller D.

Essais cliniques de phase 0 : état de la littérature

Que représentent les Spondyloarthrites Axiales Non Radiographiques? Pascal Claudepierre CHU Mondor - Créteil

Fiche Produit Profils Médicalisés PHMEV

Comprendre la COLITE ULCÉREUSE

Nouvelle option thérapeutique pour les enfants présentant cette forme rare et sévère d arthrite

Un nouveau test sanguin performant pour le diagnostic non-invasif de steatohépatite non alcoolique chez les patients avec une NAFLD

Actualités thérapeutiques dans le VHC : les recommandations de l AFEF Vendredi 8 et samedi 9 avril 2011 à Paris

Informations sur le cancer de l intestin

Les grands syndromes. Endoscopie trachéo-bronchique. Professeur D. ANTHOINE CHU de NANCY

Dermatologie buccale

INTERFERON Traitement adjuvant du mélanome à haut risque de récidive. Dr Ingrid KUPFER-BESSAGUET Dermatologue CH de quimper

«Les lombalgies chroniques communes à la consultation de rhumatologie du CHU de Fès»

INTERET PRATIQUE DU MDRD AU CHU DE RENNES

Objectifs pédagogiques Lecture critique d article

Recommandations de la Société française d Endoscopie Digestive pour l organisation et le fonctionnement d un plateau technique en endoscopie digestive

PRISE EN CHARGE DES LESIONS SPINCTERIENNES ANALES DU POST-PARTUM : DU CURATIF AU PREVENTIF

MI1:Métabolisme et Nutrition Séméiologie des troubles du transit Année universitaire

LES NOUVEAUX ANTICOAGULANTS

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE AVIS. 1 er octobre 2008

Comprendre. son Psoriasis du Cuir Chevelu

Maladies inflammatoires chroniques intestinales: une approche globale

Le psoriasis est une maladie qui touche environ 2 à 3 % de la population et qui se

Communiqué de presse. Direction Communication Externe/Interne Sylvie Nectoux TEL : sylvie.nectoux@boehringeringelheim.

Compte-rendu d examen anatomo-pathologique - hépatite chronique

La maladie de Horton Artérite temporale Artérite à cellules géantes

SOIXANTE-SEPTIÈME ASSEMBLÉE MONDIALE DE LA SANTÉ A67/18 Point 13.5 de l ordre du jour provisoire 21 mars Psoriasis. Rapport du Secrétariat

Hépatite C une maladie silencieuse..

Traitement des hépatites virales B et C

Livret des nouveaux anticoagulants oraux. Ce qu il faut savoir pour bien gérer leur utilisation

Recommandations régionales Prise en charge des carcinomes cutanés

Thérapeutique anti-vhc et travail maritime. O. Farret HIA Bégin

Pharmacovigilance des nouveaux anticoagulants oraux

Placebo Effet Placebo. Pr Claire Le Jeunne Hôtel Dieu- Médecine Interne et Thérapeutique Faculté de Médecine Paris Descartes

Anémies par carence martiale 1 Item 222 : Diagnostiquer une anémie par carence martiale l'attitude thérapeutique et planifier le suivi du patient.

La prise en charge de votre spondylarthrite

GUIDE PATIENT - AFFECTION DE LONGUE DURÉE. La prise en charge des leucémies aiguës de l adulte

e-santé du transplanté rénal : la télémédecine au service du greffé

Les nouveaux anticoagulants oraux, FA et AVC. Docteur Thalie TRAISSAC Hôpital Saint André CAPCV 15 février 2014

NOTICE: INFORMATION DE L UTILISATEUR. Bisolax 5 mg comprimés enrobés. Bisacodyl

GUICHET D ACCÈS À UN MÉDECIN DE FAMILLE

Mécanisme des réactions inflammatoires

Les nouveaux traitements de fond de la SEP

Diabète de type 1 de l enfant et de l adolescent

Migraine et céphalées de tension: diagnostic différentiel et enjeux thérapeutiques

Trucs du métier. L arthrite psoriasique en l absence du psoriasis. clinicien@sta.ca. Avez-vous un truc? Son épidémiologie et son expression

Pratiques exemplaires pour les soins des mii Prendre des mesures pour introduire un modèle intégré de soins multidisciplinaires axés sur le patient

Compte rendu d hospitalisation hépatite C. À partir de la IIème année MG, IIIème années MD et Pharmacie

Le syndrome SAPHO Ostéomyélite multifocale chronique récidivante Spondylarthrite hyperostosante pustulo-psoriasique

Les tests thyroïdiens

Service d Hématologie clinique et Thérapie cellulaire Bâtiment Médico-Chirurgical - 3 ème et 4 ème étages

REVUE DE PRESSE PRESSE MEDICALE. février 2014

Les formes cliniques. Maxime Breban

Communiqué. Abbott présente à Santé Canada une demande d homologation d HUMIRA pour le traitement du psoriasis POUR PUBLICATION IMMÉDIATE

Transcription:

Janvier 2003 RECOMMANDATIONS DE LA PLACE DE L ENDOSCOPIE DANS LES COLITES MICROSCOPIQUES L. BEAUGERIE (Paris) Avec la collaboration de : G. GAY (Nancy), B. NAPOLEON (Lyon), T. PONCHON (Lyon), J. BOYER (Angers), J.-M. CANARD (Paris), P. DALBIES (Béziers), J. ESCOURROU (Toulouse), M. GREFF (Nice), J. LAPUELLE (Toulouse), J.-C. LETARD (Poitiers), B. MARCHETTI (Marseille), L. PALAZZO (Paris), J.-F. REY (Saint-Laurent-du-Var), D. SAUTEREAU (Limoges)

I. DÉFINITION ET PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES DES COLITES MICROSCOPIQUES a. Les colites microscopiques se définissent d un point de vue anatomo-clinique par l association d une diarrhée chronique, d un aspect endoscopique normal de la muqueuse à la coloscopie, et d une inflammation chronique de la muqueuse colique en histologie (1). b. Il existe 2 types histologiques principaux de colites microscopiques (2, 3) : les colites lymphocytaires et les colites collagènes. Les anomalies histologiques suivantes sont communes aux 2 types de colites microscopiques : a) perte d intégrité de l épithélium de surface ; b) augmentation du nombre des lymphocytes intraépithéliaux ( 20 % en cas de quantification) ; c) infiltrat inflammatoire de la lamina propria avec prédominance de cellules mononuclées. L augmentation d épaisseur de la bande collagène sous-épithéliale (> 10 µm en cas de mesure) est propre à la colite collagène. En pratique, les grandes caractéristiques cliniques des colites microscopiques (terrain, causes éventuelles, histoire naturelle, réponse aux traitements) ne sont pas notablement différentes entre les 2 types histologiques de la maladie. c. L incidence des 2 types de colites microscopiques est du même ordre que celle de la rectocolite hémorragique et de la maladie de Crohn (4). Presque une fois sur 2, les colites microscopiques débutent de façon aiguë, comme une gastroentérite. Les colites microscopiques atteignent volontiers les femmes après 50 ans et sont souvent associées à des maladies autoimmunes (telles que la maladie cœliaque) ou inflammatoires (telles que la polyarthrite rhumatoïde). d. Habituellement, les colites microscopiques sont en apparence idiopathiques. Néanmoins, plusieurs médicaments pris au long cours dont la liste s accroît régulièrement, peuvent être responsables d une colite microscopique réversible à l arrêt du traitement (5). La responsabilité des tous les traitements pris au long cours par les malades chez qui l on porte le diagnostic de colite microscopique doit donc être envisagée. Par ailleurs, il paraît maintenant vraisemblable qu une colite microscopique puisse être déclenchée par une infection bactérienne, en particulier à Yersinia spp. e. Les colites microscopiques sont responsables d une diarrhée chronique souvent d intensité fluctuante, faite de selles liquides, réparties dans la journée, impérieuses et peu sensibles aux ralentisseurs du transit. L état général est conservé mais une perte de poids est possible. Biologiquement, un déficit hydrosodé sanguin et une hypokaliémie sont possibles. f. L activité anatomo-clinique des colites microscopiques tend à s atténuer spontanément avec le temps. La plupart des colites lymphocytaires et une bonne partie des colites collagènes s éteignent ainsi avant le troisième anniversaire de la maladie. Pendant la phase

de diarrhée chronique, lorsque les traitements symptomatiques sont inefficaces, le budésonide a été la seule molécule évaluée dans le cadre d essais par tirage au sort contre placebo (6). Dans les cas les plus sévères et réfractaires de colite microscopique, un recours à l azathioprine (1), voire à la diversion colique peut être discuté. II. DIAGNOSTIC ENDOSCOPIQUE DE LA COLITE MICROSCOPIQUE L endoscopie est indispensable au diagnostic de colite microscopique. Le diagnostic de colite microscopique repose sur la réalisation, au cours de la coloscopie, de biopsies muqueuses coliques de site(s) approprié(s) (cf. infra). Il est donc indispensable de réaliser des biopsies coliques lorsque des examens endoscopiques sont réalisés dans un contexte clinique de diarrhée chronique, même si la nature fonctionnelle de la diarrhée est suspectée. III. SIGNES ENDOSCOPIQUES DE COLITE MICROSCOPIQUE IV. En principe et par définition, l aspect endoscopique de la muqueuse colique est normal au cours des colites microscopiques. Néanmoins, plusieurs auteurs ont observé chez les patients atteints de colite microscopique des anomalies endoscopiques muqueuses minimes, à type de perte du contraste vasculaire ou d érythème modéré. Lorsque des signes plus importants sont observés (érosions, ulcérations), il n est plus possible de parler de simple colite microscopique, même si l aspect histologique est compatible avec le diagnostic. LE SITE DES BIOPSIES Les anomalies histologiques de la colite microscopique sont globalement pancoliques. Néanmoins, au cours de la colite à collagène, l épaississement de la bande collagène sous-épithéliale est parfois plus marqué dans le côlon proximal que dans le côlon distal, et absent dans le rectum (7). De même, l infiltrat inflammatoire de la lamina propria peut-être moins intense voire absent dans le rectum par rapport au reste du côlon (7). Les deux sites endoscopiquement normaux à biopsier pour arriver à un diagnostic optimal de colite microscopique (y compris de son type) sont le côlon droit et le sigmoïde (3 à 4 biopsies par site). Si seules des biopsies sigmoïdiennes sont réalisées, deux études récentes ont montré que le diagnostic de colite microscopique ne pouvait être manqué, du fait des signes inflammatoires constamment présents (8, 9) mais le diagnostic du type de colite microscopique peut être dans de rares cas (moins de 10 %, (7, 9)) inexact (diagnostic de colite lymphocytaire au lieu de colite collagène du fait du caractère exclusivement proximal de l épaississement), ce qui n a pas d implication pratique dans l état actuel des connaissances.

V. L EXAMEN HISTOLOGIQUE La demande d examen histologique doit être orientée. En principe, la mention de l existence d une diarrhée chronique devrait suffire à ce que l anatomopathologiste vérifie l absence de tous les éléments du tableau de colite microscopique. Néanmoins, surtout dans les cas où, cliniquement, le tableau est compatible avec une forme diarrhéique de troubles fonctionnels intestinaux, il peut être intéressant de poser explicitement la question à l anatomopathologiste : «y-a-t-il une colite microscopique?». En effet, si celui-ci a un doute entre un côlon subnormal et une forme fruste de colite microscopique, il pourra s aider de la numération des lymphocytes intraépithéliaux (nombre de lymphocytes intra-épithéliaux pour 100 colonocytes), avec ou sans immunomarquage des lymphocytes, et de la mesure de la bande collagène sous-épithéliale. VI. AUTRES EXAMENS ENDOSCOPIQUES Une maladie cœliaque ou/et une gastrite lymphocytaire pouvant être associée(s) à une colite microscopique, une fibroscopie œsogastroduodénale avec des biopsies duodénales distales et gastriques antrales doit être réalisée. Une maladie cœliaque distale ou une atrophie iléale isolée peuvent également être associées aux colites microscopiques (10). Au cours de la coloscopie, la réalisation d une iléoscopie avec 2 à 3 biopsies iléales systématiques est donc souhaitable dans un contexte de diarrhée chronique. RÉFÉRENCES 1. PARDI D.S., LOFTUS E.V., TREMAINE W.J., SANDBORN W.J. Treatment of refractory microscopic colitis with azathioprine. Gastroenterology 2001 ; 120 : 1483-4. 2. SCHNEIDER S., RAMPAL A., HEBUTERNE X., RAMPAL P. Les colites microscopiques. Gastroenterol Clin Biol 1998 ; 22 : 431-41. 3. SCHNEIDER S., RAMPAL P. Le point sur les colites microscopiques. Gastroenterol Clin Biol 2002 ; supplément n 5 : 48-54. 4. FERNANDES-BANARES F., SALAS A., FORNE M., ESTEVE M., ESPINOS J., VIVER J.M. Incidence of collagenous and lymphocytic colitis : a5-year population-based study. Am J Gastroenterol 1999 ; 94 : 418-23. 5. BEAUGERIE L. Entérocolopathies médicamenteuses. In : Rambaud J.C., ed. Traité de gastro-entérologie. Paris : Flammarion 2000 ; 663-76. 6. BAERT F., SCHMIT A., D HAENS G., DEDEURWAERDE F., LOUIS E., CABOOETER M. et al. Budesonide in collagenous colitis : a double-blind placebo-controlled trial with histologic follow-up. Gastroenterology 2002 ; 122 : 20-5. 7. POKORNY C.S., KNEALE K.L., HENDERSON C.J. Progression of collagenous colitis to ulcerative colitis. J Clin Gastroenterol 2001 ; 32 : 435-8. 8. TANAKA M., MAZZOLENI G., RIDDELL R.H. Distribution of collagenous colitis : utility of flexible sigmoidoscopy. Gut 1992 ; 3 : 65-70.

9. FINE K.D., SEIDEL R.H., DO K. The prevalence, anatomic distribution, and diagnosis of colonic causes of chronic diarrhea. Gastrointest Endosc 2000 ; 51 : 318-26. 10. MARTEAU P., LAVERGNE-SLOVE A., LEMANN M., BOUHNIK Y., BERTHEAU P., BECHEUR H. Primary ileal villous atrophy is often associated with microscopic colitis. Gut 1997 ; 41 : 561-4.

Editée avec le soutien du laboratoire ALN éditions 24, rue Erlanger 75781 PARIS CEDEX 16 Téléphone : 01 44 96 13 13 www.bipmed.com Réalisation : Editions ALN Réf. 2650354-01/03