Mise en évidence des agents infectieux par Biologie Moléculaire

Documents pareils
TD de Biochimie 4 : Coloration.

Diagnostic des Hépatites virales B et C. P. Trimoulet Laboratoire de Virologie, CHU de Bordeaux

Annales du Contrôle National de Qualité des Analyses de Biologie Médicale

Hépatite chronique B Moyens thérapeutiques

Hépatite B. Le virus Structure et caractéristiques 07/02/2013

altona altona RealStar CMV PCR Kit 1.0 always a drop ahead. 04/2015 altona Diagnostics GmbH Mörkenstr Hamburg Germany

COBAS AmpliPrep/COBAS TaqMan CMV Test CMVCAP

Charges virales basses sous traitement: définition impact virologique. Laurence Bocket Virologie CHRU de Lille

Notice d utilisation M Epigenomics AG, Berlin, Allemangne

Hépatite C une maladie silencieuse..

LES ACCIDENTS D EXPOSITION AU RISQUE VIRAL Prise en charge & Prévention

Apport de la biologie moléculaire au diagnostic des parasitoses

HEPATITES VIRALES 22/09/09. Infectieux. Mme Daumas

Le VIH et votre foie

Diagnostic et suivi virologique des hépatites virales B et C. Marie-Laure Chaix Virologie Necker

Les charges virales basses: constat et gestion

LA PERITONITE INFECTIEUSE FELINE

CHAPITRE 3 LA SYNTHESE DES PROTEINES

Item 127 : Transplantation d'organes

Co-infection HVB HVC CO-infection VIH HVB et HVC

Comité d organisation

Biomarqueurs en Cancérologie

L immunoenzymologie. Technique puissante couramment utilisée e en recherche et en diagnostic cificité des anticorps pour leurs nes

MISE AU POINT D UNE TECHNIQUE DE QUANTIFICATION DES POPULATIONS BACTERIENNES ET ARCHAEA DE L ECOSYSTEME CAECAL DU LAPIN PAR PCR EN TEMPS REEL

ACCIDENTS D EXPOSITION AU RISQUE VIRAL. Dr David Bruley Service de Maladies Infectieuses CHU Grenoble

FICHE D INFORMATION AVANT UNE TRANSFUSION

Christian TREPO, MD, PhD

LES BIOTECHNOLOGIES DANS LE DIAGNOSTIC DES MALADIES INFECTIEUSES ET LE DÉVELOPPEMENT DES VACCINS

L investigation chez la personne infectée par le VIH

La surveillance biologique des salariés Surveiller pour prévenir

BIG DATA une évolution, une révolution, une promesse pour le diagnostic

Devenir des soignants non-répondeurs à la vaccination anti-vhb. Dominique Abiteboul - GERES Jean-François Gehanno Michel Branger

La PCR en temps réel: principes et applications

Les hépatites virales chroniques B et C

5.5.5 Exemple d un essai immunologique

CATALOGUE DES PRESTATIONS DE LA

Hépatite = inflammation du foie. Pr Bronowicki CHU Nancy Conférence mensuelle - section de Forbach

Pathologie VIH. Service maladies infectieuses Archet 1. Françoise ALEXIS, infirmière Monique BORGHI, infirmière 15 octobre 2013

TEST ELISA (ENZYME-LINKED IMMUNOSORBENT ASSEY)

TEST DE DÉTECTION DE LA PRODUCTION D INTERFÉRON γ POUR LE DIAGNOSTIC DES INFECTIONS TUBERCULEUSES

CRYOPRÉSERVATION DE TISSUS, CELLULES ET LIQUIDES BIOLOGIQUES ISSUS DU SOIN

Maxwell 16 Blood DNA Purification System

Mme BORGHI Monique Infirmière ETP Mme ALEXIS Françoise Hopital Archet I Infectiologie/Virologie Clinique

Dr E. CHEVRET UE Aperçu général sur l architecture et les fonctions cellulaires

4 : MÉTHODES D ANALYSE UTILISÉES EN ÉCOLOGIE MICROBIENNE

VIRUS DE L'IMMUNODEFICIENCE HUMAINE (HIV)

Stratégie de dépistage des Hépatites virales B et C Apport des tests rapides. Dr. LAGATHU Gisèle Laboratoire de Virologie CHU Pontchaillou

Les OGM. 5 décembre Nicole Mounier

Détection et prise en charge de la résistance aux antirétroviraux

Résistance du VIH-1 aux antirétroviraux dans les compartiments anatomiques et cellulaires

Biologie Appliquée. Dosages Immunologiques TD9 Mai Stéphanie Sigaut INSERM U1141

PARTIE II : RISQUE INFECTIEUX ET PROTECTION DE L ORGANISME. Chapitre 1 : L Homme confronté aux microbes de son environnement

GASTRO-ENTEROLOGIE. Variabilité. A des entrées. B des sites anatomiques. C inter-individuelle. D intra-individuelle

POURQUOI L HYGIENE HYGIENE = PROPRETE HYGIENE = PREVENTION DES INFECTIONS COMMUNAUTAIRES ET DES INFECTIONS ASSOCIEES AUX SOINS

REPUBLIQUE DU RWANDA MINISTERE DE L EDUCATION INSTITUT D`ENSEIGNEMENT SUPERIEUR DE RUHENGERI (INES RUHENGERI)

Traitement des hépatites h chroniques virales B et C

IMMUNOLOGIE. La spécificité des immunoglobulines et des récepteurs T. Informations scientifiques

Les renseignements suivants sont destinés uniquement aux personnes qui ont reçu un diagnostic de cancer

Comment mesurer la résistance aux antiviraux???

évaluation des risques professionnels

TRAITEMENT DE L HÉPATITE B

Conférence technique internationale de la FAO

Traitements de l hépatite B

PRINCIPES DE LA PROCÉDURE

Bonne lecture!! et si vous souhaitez consulter le document de l AFEF dans son intégralité, c est ici

La PCR quantitative (qpcr) et le guide de bonnes pratiques MIQE : adaptation et pertinence dans le contexte de la biologie clinique

Chapitre III Le phénotype immunitaire au cours de la vie

Les souches VIH-1 et la pharmacorésistance primaire au Canada

AGRÉGATION DE SCIENCES DE LA VIE - SCIENCES DE LA TERRE ET DE L UNIVERS

Professeur Diane GODIN-RIBUOT

Analyse d échantillons alimentaires pour la présence d organismes génétiquement modifiés

Infection à CMV et allogreffe de cellules souches hématopoïétiques : Expérience du Centre National de Greffe de Moelle Osseuse, Tunis.

Une gamme de services dédiés à la qualité cellulaire

MICROBIOLOGIE. 1. Strep A et Urine Slide. 2. Coloration de Gram 3. Virologie (HCV, HBV, HIV)

Y a-t-il une place pour un vaccin thérapeutique contre l hépatite B? H. Fontaine, Unité d Hépatologie Médicale, Hôpital Cochin

Les outils de génétique moléculaire Les techniques liées aux acides nucléiques

Définition de l Infectiologie

DIAPOSITIVE 1 Cette présentation a trait à la réglementation sur les thérapies cellulaires.

TEST GENOTYPIQUE DE RESISTANCE AUX INHIBITEURS DE L INTEGRASE

QUESTIONS FREQUEMMENT POSEES AUX EXPERTS DU SERVICE TELEPHONE VERT SIDA ( ) ISTITUTO SUPERIORE DI SANITA

Hépatites virales. Anomalies biologiques chez un sujet asymptomatique (83) A. Gerolami Janvier 2006

Prophylaxie infectieuse après exposition professionnelle

Rapport Scientifique Seine-Aval 3

Critères pour les méthodes de quantification des résidus potentiellement allergéniques de protéines de collage dans le vin (OIV-Oeno )

L hépatite C. 50 questions et réponses. Dr. med. Daniel Lavanchy, PD Dr. med. Andrea De Gottardi, Prof. Dr. med. Andreas Cerny

ABL and Evivar Medical for Strategic Partnership and Alliance in HIV and Hepatitis

LIGNES DIRECTRICES CLINIQUES TOUT AU LONG DU CONTINUUM DE SOINS : Objectif de ce chapitre. 6.1 Introduction 86

DÉFICITS IMMUNITAIRE COMMUN VARIABLE

WHA63.12 Disponibilité, innocuité et qualité des produits sanguins 4,5

LISTE DES ACTES ET PRESTATIONS - AFFECTION DE LONGUE DURÉE HÉPATITE CHRONIQUE B

Résistance du virus de l hépatite C aux nouveaux traitements anti-viraux

Diagnostic biologique de la toxoplasmose

TP3 Test immunologique et spécificité anticorps - déterminant antigénique

VHB, quantification, génotype, mutations de résistance, HBV : Clinical relevance of the new assays

EXERCICES : MECANISMES DE L IMMUNITE : pages

La version électronique fait foi

TECHNIQUES D AVENIR LASER DOPPLER IMAGING LASER DOPPLER IMAGING LASER DOPPLER IMAGING

Dépistage de l infection par le VIH en France

β-galactosidase A.2.1) à 37 C, en tampon phosphate de sodium 0,1 mol/l ph 7 plus 2-mercaptoéthanol 1 mmol/l et MgCl 2 1 mmol/l (tampon P)

Tests rapides de dépistage

Transcription:

UE de l agent infectieux à l hôte Janvier 2012 Mise en évidence des agents infectieux par Biologie Moléculaire Dr Isabelle GARRIGUE Laboratoire de Virologie Professeur FLEURY isabelle.garrigue@chu-bordeaux.fr

Diagnostic indirect détection AC : sérologies Diagnostic direct traditionnel culture détection d antigènes microscopie Diagnostic direct moléculaire

moléculaire Echantillons pour le diagnostic écouvillons : plvts cutanéo-muqueux, orifices, sécrétions.. tube ou flacon stérile urines selles liquides céphalo-rachidien gastrique broncho-alvéolaire amniotique pleural biopsies.. sang sur tube EDTA ou tube sec (jamais d'héparine) sang total cellules plasma sérum EDTA : acide éthylène diamine tétra acétique

qualité du prélèvement transport rapide au laboratoire extraction des acides nucléiques totaux (ADN / ARN) = libérer les ac. nucléiques de leur environnement Méthode manuelle ou automatisée «extrait d acides nucléiques» ½ h à qq heures diagnostic moléculaire Détection / caractérisation des ac.nucléiques de l agent infectieux 1 h à 1-2 jours

Diagnostic moléculaire détecter ou caractériser le génome de l agent infectieux repose sur la capacité d une séquence monocaténaire d ac. nucléiques (ADN ou ARN) à se lier spécifiquement avec une séquence complémentaire. Hybridation : - en milieu liquide (ex : capture d hybrides) - avec amplification du signal d hybridation (ex : ADN branché) - sur membrane ou sur puce Amplification génique : PCR +++ polymerase chain reaction = réaction de polymérisation en chaîne Séquençage nucléotidique

Diagnostic moléculaire détecter ou caractériser le génome de l agent infectieux repose sur la capacité d une séquence monocaténaire d ac. nucléiques (ADN ou ARN) à se lier spécifiquement avec une séquence complémentaire. Hybridation : - en milieu liquide (ex : capture d hybrides) - avec amplification du signal d hybridation (ex de l ADN branché) - sur membrane ou sur puce Amplification génique : PCR +++ polymerase chain reaction = amplification en chaîne par polymérase Séquençage nucléotidique

Hybridation en milieu liquide Ex : papillomavirus (HPV) ADN viral Sonde ARN Digene

Hybridation principe: del ADNbranché :Ex virusde l hépatite B(VHB) Chiron / Bayer

Hybridation sur puces :Ex Virusdel immun humaineodéficience (VIH) RT

Diagnostic moléculaire détecter ou caractériser le génome de l agent infectieux repose sur la capacité d une séquence monocaténaire d ac. nucléiques (ADN ou ARN) à se lier spécifiquement avec une séquence complémentaire. Hybridation : - en milieu liquide - avec amplification du signal d hybridation (ex de l ADN branché) - sur membrane ou sur puce Amplification génique : PCR +++ polymerase chain reaction = amplification en chaîne par polymérase Séquençage nucléotidique

les nucléotides naturels chaîne d ac.nucléiques Base Base Ppi O Base 3 OH 3 OH R Pour réaliser une PCR : amplification enzymatique in vitro matrice ADN amorces : oligonucléotides complémentaires enzyme : Taq polymérase nucléotides synthétiques (dntp) MgCl 2+,

ADN Transcription inverse ARN PCR Etape 1 Amplification génomique 95 C Nucléotides 40-60 C n cycles 72 C 2 n Amplicons D après B. Pozzetto et JM Huraux

PCR Etape 2 Détection des amplicons Analyse après la fin des cycles d amplification 2 n Amplicons Signal positif Lecture en point final Analyses «traditionnelles» Nombre de cycles d amplification

PCR en temps réel : la PCR 2 en 1! Amplification + détection simultanées Analysepe ndant les cycles d amplification Signal positif Lecture en phase exponentielle Nombre de cycles d amplification Amplification/détection de la cible simultanée et sans intervention humaine Détection de la fluorescence de sondes ou agents se liant à l ADN dble brin Système fermé : risque de contaminations Quantification possible Rapidité, sensibilité, automatisation

Un exemple de PCR en temps réel : la sonde Taqman amorce «Emetteur» «Suppresseur ou Absorbeur» Hybridation de la sonde doublement marquée intacte : la fluorescence émise par le reporter est absorbée par le quencher. Débutd élongation nucléotidique parl a Taq polymérase. Activité d 5-3 e la Taq polymérase. Hydrolyse de la sonde : la fluorescence n estpl us absorbée par le quencher. La fluorescence émise par le reporter est proportionnelle au nombre présentesciblesde dans l échantillon. D après www.genethon.fr

Polymerase Chain Reaction Limites Risques de contamination : organisation locaux sens de circulation des manipulateurs changement blouse/gants, Coût encore élevé Attention à l interprétation : détection du génome infection active en cours ex : viroses latentes, génomes intégrés Avantages Sensibilité +++ Automatisation Quantification possible selon techniques Rapidité

B. Pozzetto et JM Huraux

Diagnostic moléculaire détecter ou caractériser le génome de l agent infectieux repose sur la capacité d une séquence monocaténaire d ac. nucléiques (ADN ou ARN) à se lier spécifiquement avec une séquence complémentaire. Hybridation : - en milieu liquide - avec amplification du signal d hybridation (ex de l ADN branché) - sur membrane ou sur puce Amplification génique : PCR +++ polymerase chain reaction = amplification en chaîne par polymérase Séquençage nucléotidique

Séquençage nucléotidique selon SANGER Principe Déterminer une séquence ADN ou ARN : - effectuer la synthèse d un brin d ADNc de cette séquence - déterminer la séquence de ce brin d ADNc Technique de Sanger : technique enzymatique aux «didésoxynucléotides» ADNc = ADN complémentaire

Séquençage nucléotidique selon SANGER 1 ADN 3 ou 5 AMORCE Terminateurs de chaîne Chacun marqué par un fluorochrome différent

2 Taq A partir de l amorce, la Taq ajoute de façon aléatoire un déoxy- ou un didéoxynucléotide complémentaire de la séquence d ADN. La synthèse du nouveau brin s arrête dès l addition d un didéoxynucléotide.

3 Après 20 à 30 cycles, on obtient de multiples copies de fragments de toutes les longueurs possibles. Chacun se termine par un didéoxynucléotide.

4

Séquençage automatique

Indications des méthodes moléculaires établir le diagnostic d une infection + + + détection d un agent pathogène dans un prélèvement infections aiguës ou chroniques urgence diagnostique intéressant si culture lente (résultat plus rapide par biologie moléculaire) quand culture difficile - laboratoire ne cultivant pas tous les agents - certains agents ne se cultivent pas (ex : VHC) - certains prélèvements se prêtent mal à la culture cellulaire (toxicité) suivi de patients infectés = suivi thérapeutique (résultats quantitatifs) séquençage : identifier les génotypes des virus ex : pronostic thérapeutique différent selon génotype VHC haut ou bas risque de cancer du col selon génotype HPV détecter des mutations nucléotidiques associées à la résistance aux traitements ex : VIH, VHB

Exemple : Infection par le VIH 1) Diagnostic de contact avec le virus : - sérologie + WB - confirmation sur 2ème prélèvement 2) Suivi du patient infecté en virologie : - charge VIH plasmatique ARN VIH quantitatif : PCR temps-réel - génotype de résistance le virus est-il résistant au traitement? séquençage des gènes cibles du traitement antiviral : transcriptase inverse, protéase, gp41, intégrase

Une petit idée des prix Recherche d Ag rotavirus dans les selles 6 euros PCR ADN CMV 52 euros PCR ARN VIH 60 euros Séquençage VIH 300 euros (recherche de mutations de résistance) Sérologie VIH 16 euros