Early diagnosis of failure to treatment in resource limited countries



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Transcription:

Moving Forward in the Diagnosis of Infectious Diseases in Resource Limited Countries: A Focus on HIV 3rd Forum Les Pensières, Veyrier-du-Lac, France, September 16-17, 2010 Early diagnosis of failure to treatment in resource limited countries Dr Charles KOUANFACK, MD, PhD

Plan 1- Présentation de la situation épidémiologique de l infection à VIH au Cameroun et PEC à l HDJ 2- Problématique de l accès au traitement ARV et difficultés de suivi biologique 3- Problématique du diagnostic précoce de l échec au traitement 4- Conclusions 2

Situation de l épidémie du VIH au Cameroun (EDS 2004) Prévalence nationale: 5,5% 1,7% 2% Prévalence Nord-Ouest: 8,7% 6,9% Prévalence Nord 1,7% 8,7% 8% 4,7% 5,6% 4,7% 38% patients éligibles sous ARV 8,6% 6,5% 3

Prise en charge globale de l infection à VIH à l Hôpital de Jour de l Hôpital Central de Yaoundé 26 110 dossiers ouverts dont 2 505 nouveaux en 2009 6 000 sous traitement antirétroviral ( 43% de patients suivis dans Yaoundé) 5 600 sous première ligne 400 sous deuxième ligne En moyenne 120 consultations par jour dont 80% VIH+. Intégration des soins à domicile (Partenariat MTN Foundation/HCY pour la phase expérimentale) 4

Evolution de la file active des patients sous traitement ARV au Cameroun 2005-2009 75000 60000 45000 30000 15000 49659 37081 45605 17156 28483 68693 76228 59960 64501 53238 0 5 déc-05 avr-06 août-06 déc-06 avr-07 août-07 déc-07 avr-08 août-08 déc-08 avr-09 août-09 déc-09

Couverture du traitement antirétrovial dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, fin 2008 Région géograpique Nbre de personne recevant un traitemnt Estimation des besoins en traitement Couverture Afrique Sub-Saharienne 2 925 000 6 700 000 44% Amerique Latine et Caraïbes Asie de l Est, du Sud et du Sud-Est Europe et Asie Central 445 000 565 000 85 000 820 000 1 500 000 370 000 54% 37% 23% Afrique du Nord et moyen-orient 10 000 68 000 14% Total 4 030 000 [3.7 4.36 million] 9 500 000 [8.6 10.0 million] 42% [40 47%] 6

Données résumant le succès virologique en Afrique Subsaharienne Burkina-faso: 90-95% Cameroun: 80-90% Zimbabwé: 85-96% Botswana: 87% Nigéria: 78-92% Kenya: 82% Senegal: 73-78% Source: Roos E Barth et al. The Lancet Infectious Di 2010; 10:155-66 7

Problématique du suivi biologique 2 options pour définir l échec thérapeutique 1- Pays développés 2-Pays en voie de développement - CV > 400 copies - CV > 50 copies - Symptomatologie clinique - CD4 - CV (coût non accessible) recommandations de l OMS 8

Nouvelles recommandations OMS sur le diagnostic de l échec Si CV disponible, utiliser chaque fois pour confirmer l échec Si possible en routine, une fois tous les six mois, faire une CV pour détecter la réplication virale Valeur persistante de CV> 5000 copies confirme un échec thérapeutique Si CV non disponible, utiliser le critère immunologique pour confirmer un échec clinique 9

Echec aux ARV avec le temps Echec virologique Echec immunologique Echec clinique Résistance M184V NNRTI TAMs?? Diagnostic de l échec aux ARV 10

Facteurs de l échec thérapeutique Echec de la première ligne: Traitement concomitant de la TB Mauvaise observance rapportée chez le patient dès le 1 er mois de traitement Echec de la 2nde ligne Le fait de changer un au lieu de tous les INTI Autre IP que LPV/r Consultation dans un Hôpital publique Absence de réfrigérateur à la maison N est pas associé au sexe, âge, niveau d éducation, durée du traitement, revenu El Kathib. AIDS 2010; pujades et al. CROI 2010 11

Raisons de l échec Résistance du virus Prescription inadéquate du traitement: dosage, interactions médicamenteuses Patients: Mauvaise observance toxicité Interruption volontaire du traitement Perdus de vue Le traitement à vie est un challenge individuel!!(christine KATLAMA) 12

% de changement de traitement selon l outil utilisé (1/2) MSF cohort (M.Pujades.CROI 2010) 60 000 en 1 ère ligne 632 changements pour la 2 nde ligne (1,4%) après une médiane de 25 mois 119 cas d échec de 2 nde ligne (18,8%) 11 cas d échec virologique confirmé sur 119 (9%) Aucun patient en 3 ème ligne 13

% de changement de traitement selon l outil utilisé (2/2) Analyse situationnelle Changement de la 1 ère à la 2 nde ligne Afrique Subsaharienne 2,6% Pays d Amérique Latine 2,6% Asie 1,1% Autres régions 1,9% Pays utilisant la CV en routine 6% WHO & UNAIDS. 2008 14

Selon une étude faite au Malawi La charge virale est le meilleur outil pour le dignostic précoce de l échec. Les critères clinicoimmunologiques de l OMS sont de mauvais indicateurs de l échec, surtout de l échec précoce. source: Joep J. G. van Oosterhout et al, Tropical Medicine and International Health 2009 15

Etude faite au Cameroun Low Levels of Antiretroviral-Resistant HIV Infection in a Routine Clinic in Cameroon that Uses the World Health Organization (WHO) Public Health Approach to Monitor Antiretroviral Treatment and Adequacy with the WHO Recommendation for Second-Line Treatment Charles Kouanfack et al CID 2009:48 (1 May) HIV/AIDS 16

Contexte Patients suivis selon le guide National Approche santé publique de l OMS Suivi essentiellement clinique Suivi biologique limité Accessibilité financière limitée Quel impact? Suivi des patients Comment se pose le dg de l échec thérapeutique Choix des protocoles de 2ème ligne 17

Objectifs Evaluer l efficacité virologique Charge virale Comme outil du dg d échec Emergence des mutations de résistances Décrire le polymorphisme génétique des souches virales chez les patients traités et naïfs 18

Méthodologie Etude transversale Recrutement des patients de Nov 2006 à Oct 2007 Critères d inclusions Adulte à 18 ans HIV-1 group M Naïfs ou à 12 et 24 mois de traitement (± 2mois) 19

Méthodes de laboratoire ARN VIH-1 par méthode générique ANRS (Biocentric) Mutations génotypiques sur la RT et sur protéase analysées par une méthode maison (Vergne et al 2000) Interprétation des mutations de résistance par l algorithme ANRS (version juillet 2007) Patients naïfs, la présence des mutations de résistance analysée selon méthode OMS (Shafer et al) 20

Patients traités 249 à M12 et 178 à M24 81 échantillons avaient une charge virale > 1000 copies/ml 72 (88,9%) ont pu être genotypés 9 n ont pas pu être séquencés faisant penser à une charge virale < 2000 copies/ml, seuil de détection. 41 des 72 (57%) avaient des mutations de résistance selon l algorithme de l ANRS 21

Résultats 1/3 Variable Month 12 Month 24 (np 249) (np 178) Viral load test during ART 0 14/178 Treatment switch 20/249 16/178 Les changements de traitement à 12% ont été faits sur la base d échec clinique ou de problèmes d intolérance 22

Résultats 2/3 Variable Month 12 Month 24 (np 249) (np 178) Viral load >500 copies/ml 55/249 (22.1) 45/178 (25.3) Presence of>1 major drug resistance mutation in amplified 11/34 30/38 samples 67,7% de patients qui ont une CV détectable à 12 mois n ont pas encore de résistances Vs 78,9% de patient qui ont une charge virale détectables à 24 mois font déjà de résistance Problématique de diagnostic précoce. 23

Résistance génotypique après 12 et 24 mois d ARV 3/3 M12 M24 N=249 N=178 Charge Virale > 1000 copies/ml 41 (16.4%) 40 (22.5%) Echantillons amplifiés 34/41 38/40 une mutation majeure 11/34 30/38 Résistance génotypique à 3TC/FTC seule 1 0 NVP/EFA seule 1 3 3TC/FTC + NVP/EFA 7 20 3TC/FTC + AZT/D4T + NVP/EFA 2 5 3TC/FTC+ AZT/D4T - 1 3TC/FTC+AZT/D4T+ IDV - 1 Prévalence des résistances 4,4% 16,9% 24

Discussion Pour ¼ des patients, l utilisation de la CV limiterait les résistances et l utilisation de la 2ème ligne La gratuité des médicaments et l observance constituent la clé de l efficacité La CV reste le meilleur outil de diagnostic de l échec précoce Des études de coût-efficacité sont nécessaires pour montrer l économie possible dans son utilisation en routine 25

Conclusion Peut-on imaginer de diminuer la fréquence de réalisation des CD4 au profit de la charge virale pour améliorer le diagnostic précoce? Des outils simplifiés de mesure de charge virale sont nécessaires pour améliorer le diagnostic précoce de l échec (papier buvard, PCR en temps réel etc.). La CV devrait être un outil primordial et non secondaire au suivi des patients 26

JE VOUS REMERCIE 27