Du Transfert et du Contre- Transfert en Sexologie



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Du Transfert et du Contre- Transfert en Sexologie La fonction du sujet supposé savoir la sexualité Daphné DESMETTRE daphnedesmettre@yahoo.fr Mémoire pour le Diplôme Interuniversitaire d Etudes de la Sexualité Humaine Année 2012 1

Introduction Peu d heures dans la formation consacrées à : L éthique (2h)* L étude de la psychologie (6h)* La conduite de l entretien (2h)* Or versant psychique des symptômes sexologiques? Que penser des passages à l acte? * Site Internet : www.aius.fr. Consulté le 06/03/2012. 2

Présentation de l enquête Etude descriptive de la pratique des sexologues : prise en compte de l intersubjectivité inhérente à la relation patient/thérapeute? Enquête à choix multiples avec questions ouvertes Panel de 693 participants aux assises de sexologie à Nantes en mars 2011 136 questionnaires exploitables 3

Le transfert et la demande d aide Distinction entre besoin, demande et désir Etre accompagné dans l expression de son désir Désir sous-tendu par son fantasme Fantasme qui ne doit pas être réalisé 4

Le contre-transfert Le thérapeute = être de désir Place de «sujet-supposé-savoir» Bien se connaître : Quels sont ses propres désirs? Qu est-ce qui le pousse à traiter de sexualité? Seule possibilité Pour entendre la demande vraie Pour y répondre 5

Les passages à l acte Phénomène ancien Les travaux sur les passages à l acte sont peu nombreux Holroyd et Brodsky (1977) American Psychiatric Association (1986) Thérapeutes pas conscients de leur vulnérabilité Confusion : intention du soignant/préoccupation «parentale» Or nécessité d une séduction éthique. Mais place du manque et donc du désir? 6

Résultats concernant la formation Concepts très vagues Si connaissance vraie de ces concepts, alors les repérer et les travailler Donc pas de mesure de leur importance Et incapacité à les utiliser 7

Résultats concernant la formation 46 % des «non-psys» mènent des psychothérapies individuelles et seulement 50% font une supervision psychothérapeutique. Mais autre formation? 29 % des «non-psys» estiment la formation suffisante en psychologie 8

Résultats concernant la formation Pas de question trop impliquante personnellement Sujet peu intéressant? 25% des répondants, dont une prédominance d hommes = pas de travail psychothérapeutique personnel 51% de psychothérapies psychodynamiques Donc vulnérabilité : comment travailler avec ces interférences? 9

Résultats concernant l identité 48% des répondants = pas de distinction entre sexologue et sexothérapeute L identité des praticiens est floue Quelle éthique professionnelle? Quel cadre de travail? Repères pour les patients? 10

Résultats concernant les outils thérapeutiques 28% de «non-psys» = pas de collaboration Collaboration avec professions non-habilitées! 11% des sexothérapies = dimension psychodynamique Sous-estimation de la dimension intersubjective? Majorité de thérapies de couple donc double transfert et contre-transfert! 11

Propositions : «C est le thérapeute qui importe plus que la méthode». (Bonierbale) Développer une réflexion éthique garante d un cadre adéquat et protecteur pour tous. Tenir compte du Contre-Transfert et ses incidences dans la relation patient-thérapeute. 12

Propositions : quelle place pour la théorie? Préalable nécessaire à une compréhension de notre participation dans la rencontre Préalable nécessaire à une meilleure compréhension de la problématique et de la demande 13

Propositions : quelle place pour les outils thérapeutiques? Inutiles si la dimension psychique négligée Les principaux outils sont : Le thérapeute lui-même Le cadre thérapeutique Le symptôme Le travail personnel (et supervision/intervision) 14

Conclusion Le but de la prise en compte du Transfert et du Contre-Transfert en sexologie = la parole vraie du patient : Ses désirs propres Sa spécificité personnelle Mieux tenir compte de ces aspects garantirait au sexologue une pratique plus efficace et éthique 15

Merci pour votre attention et votre participation. Daphné DESMETTRE Psychologue psychothérapeute daphnedesmettre@yahoo.fr 16