LES FIEVRES AIGUES DE L ENFANT



Documents pareils
Faq 1 - Mener l interrogatoire et l examen clinique d un enfant fébrile

Le traitement du paludisme d importation de l enfant est une urgence

Fièvre sans foyer chez l enfant de moins de 3 mois

Gestion des épidémies en FAM et MAS. 2 ère réunion annuelle FAM/MAS 20 mars 2015

Leucémies de l enfant et de l adolescent

DÉFICITS IMMUNITAIRE COMMUN VARIABLE

La vaccination, une bonne protection

Questions / Réponses. Troubles du sommeil : stop à la prescription systématique de somnifères chez les personnes âgées

SURVEILLANCE DES SALARIES MANIPULANT DES DENREES ALIMENTAIRES

Les Arbres décisionnels

Infections urinaires chez l enfant

Comment ça va? Quand ça ne va pas. 4 comment ça va?

Carte de soins et d urgence

Compte rendu d hospitalisation hépatite C. À partir de la IIème année MG, IIIème années MD et Pharmacie

PIL Décembre Autres composants: acide tartrique, macrogol 4000, macrogol 1000, macrogol 400, butylhydroxyanisol.

Contenu de la formation PSE1et PSE2 (Horaires à titre indicatif)

Maladies neuromusculaires

Livret des nouveaux anticoagulants oraux. Ce qu il faut savoir pour bien gérer leur utilisation

LA TUBERCULOSE Docteur ALAIN BERAUD

La drépanocytose. Sikkelcelziekte (Frans)

4eme réunion régionale des référents en antibiothérapie des établissements de Haute-Normandie

1- Parmi les affirmations suivantes, quelles sont les réponses vraies :

PRISE EN CHARGE DES PRE ECLAMPSIES. Jérôme KOUTSOULIS. IADE DAR CHU Kremlin-Bicêtre. 94 Gérard CORSIA. PH DAR CHU Pitié-Salpétrière.

Vivre en santé après le traitement pour un cancer pédiatrique

Cette intervention aura donc été décidée par votre chirurgien pour une indication bien précise.

LIGNES DIRECTRICES CLINIQUES TOUT AU LONG DU CONTINUUM DE SOINS : Objectif de ce chapitre. 6.1 Introduction 86

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE AVIS DE LA COMMISSION. 10 octobre 2001

Le diagnostic de Spondylarthrite Ankylosante? Pr Erick Legrand, Service de Rhumatologie, CHU Angers

NOTICE: INFORMATION DE L UTILISATEUR. Immukine 100 microgrammes/0,5 ml solution injectable (Interféron gamma-1b recombinant humain)

Le psoriasis est une maladie qui touche environ 2 à 3 % de la population et qui se

Etablissement Français du Sang

FICHE D INFORMATION AVANT UNE TRANSFUSION

POURQUOI L HYGIENE HYGIENE = PROPRETE HYGIENE = PREVENTION DES INFECTIONS COMMUNAUTAIRES ET DES INFECTIONS ASSOCIEES AUX SOINS

Le test de dépistage qui a été pratiqué à la

INTERET PRATIQUE DU MDRD AU CHU DE RENNES

Notice publique PERDOLAN - PÉDIATRIE

L anémie hémolytique auto-immune

Diabète de type 1 et haute montagne. Revue de la littérature

Le don de moelle osseuse :

ACTUALITES THERAPEUTIQUES. Dr Sophie PITTION (CHU Nancy) Metz, le 2 Juin 2012

Intérêt diagnostic du dosage de la CRP et de la leucocyte-estérase dans le liquide articulaire d une prothèse de genou infectée

LA DÉMARCHE GLOBALE DE PRÉVENTION. La méthode HACCP. olet 1 : Informations générales

Protégeons-nous ensemble!

Bien vous soigner. avec des médicaments disponibles sans ordonnance. juin Douleur. de l adulte

A C T I V Méningites à pneumocoque de l Enfant en 2007

Spondylarthropathies : diagnostic, place des anti-tnf et surveillance par le généraliste. Pr P. Claudepierre CHU Henri Mondor - Créteil

Actualisation de la prescription en biologie rhumatologie

Rougeole, Oreillons Rubéole et Coqueluche

Service d ambulance. Normes. de soins aux patients. et de transport

L arthrose, ses maux si on en parlait!

LA DEMARCHE DE SOINS INFIRMIERE N.LANNEE CADRE FORMATEUR IFSI CHU ROUEN

neurogénétique Structures sensibles du crâne 11/02/10 Classification internationale des céphalées:2004

Vaccination contre la grippe saisonnière

B MIS À JOUR EN MARS 2013

Accidents des anticoagulants

Lymphome non hodgkinien

QU EST-CE QUE LA TUBERCULOSE?

Gestion de la douleur chez les enfants

Le VIH et votre foie

HEPATITES VIRALES 22/09/09. Infectieux. Mme Daumas

Les pathologies infectieuses en pédiatrie

Maladie de Hodgkin ou lymphome de Hodgkin

PARTIE II : RISQUE INFECTIEUX ET PROTECTION DE L ORGANISME. Chapitre 1 : L Homme confronté aux microbes de son environnement

Mieux informé sur la maladie de reflux

VOUS et VOTRE NOUVEAU TRAITEMENT anticoagulant Eliquis, Pradaxa, Xarelto

La maladie de Still de l adulte

Anémie et maladie rénale chronique. Phases 1-4

Humira Solution pour injection dans un injecteur prérempli

prise en charge médicale dans une unité de soins

Otite Moyenne Aiguë. Origine bactérienne dans 70 % des cas. Première infection bactérienne tous âges confondus

Information à un nouveau donneur de cellules souches du sang

Ministère de la santé, de la jeunesse et des sports. Comité technique des infections nosocomiales et des infections liées aux soins

Item 182 : Accidents des anticoagulants

7- Les Antiépileptiques

Guide des vaccinations Édition Direction générale de la santé Comité technique des vaccinations

GUIDE PATIENT - AFFECTION DE LONGUE DURÉE. La prise en charge des leucémies aiguës de l adulte

Infiltrats pulmonaires chez l immunodéprimé. Stanislas FAGUER DESC Réanimation médicale septembre 2009

E04a - Héparines de bas poids moléculaire

Vaccinations pour les professionnels : actualités

Cas clinique n 1. Y-a-t-il plusieurs diagnostics possibles? Son HTA a t elle favorisé ce problème?

A. Bourgeois SMIT. CHRU de Montpellier

Stelara (ustekinumab)

Arthralgies persistantes après une infection à chikungunya: évolution après plus d un an chez 88 patients adultes

Introduction générale

Le don de moelle osseuse

Projet de grossesse : informations, messages de prévention, examens à proposer

MONOGRAPHIE DE PRODUIT

Vaccins du futur Atelier «Croisière dans l archipel des nouveaux vaccins»

Soins infirmiers et gestion des risques

FICHE DE SECURITE FUMESAAT 500 SC

L AUTOGREFFE QUELQUES EXPLICATIONS

URGENCES MEDICO- CHIRURGICALES. Dr Aline SANTIN S.A.U. Henri Mondor

Club Santé. «Vaccination : quelle évolution pour une meilleure prévention?» Dimanche 16 octobre 2005

Activité 38 : Découvrir comment certains déchets issus de fonctionnement des organes sont éliminés de l organisme

Diplôme d Etat d infirmier Référentiel de compétences

Don de moelle osseuse. pour. la vie. Agence relevant du ministère de la santé. Agence relevant du ministère de la santé

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE. Avis. 3 septembre 2008

Exposé sur la Transfusion Sanguine

Transcription:

LES FIEVRES AIGUES DE L ENFANT

LA FIEVRE AIGUE DE L ENFANT Introduction (1) Symptôme majeur Angoisse excessive Température = équilibre entre pertes et production de chaleur Fièvre = réponse normale de l organisme

FIEVRE AIGUE CHEZ L ENFANT Quelle technique pour la prise de la température?

FIEVRE AIGUE CHEZ L ENFANT Introduction (2) Définition : température rectale > 38 C Température axillaire peu fiable

FIEVRE AIGUE CHEZ L ENFANT Physiopathogénie snsksndskds

FIEVRE AIGUE CHEZ L ENFANT Physiopathogénie jsdhsd

FIEVRE AIGUE CHEZ L ENFANT La mêlée immunitaire

Rôle de la fièvre chez l enfant? Bénéfique ou maléfique?

FIEVRE AIGUE CHEZ L ENFANT Rôle de la fièvre Fièvre = symptôme utile Indice commode et non dangereux Processus normal de défense Parfois = urgence médicale Indépendamment de son étiologie : - chez le nourrisson : risque de convulsions + DHA - chez le vieillard : risque de DHA et troubles de comportement.

FIEVRE AIGUE CHEZ L ENFANT Introduction (2) Otite moyenne aiguë : 34 % IRA haute : 19 % Gastro-entérite : 7 % Fièvre sans foyer défini* : 14 % * fièvre évoluant depuis moins d une semaine et dont l interrogatoire minutieux et l examen physique n arrivant pas à révéler une cause probable

Fièvre sans foyer défini? Que faire?

FIEVRE AIGUE CHEZ L ENFANT Introduction (3)

FIEVRE AIGUE CHEZ L ENFANT Démarche diagnostique Age : élément majeur +++ 2 groupes : 1 er groupe : 0-3 mois 2 ème groupe : 3-36 mois

LA FIEVRE ISOLEE DE L ENFANT Nouveau-nés et nourrissons <3mois Température rectale > 38 C Risque d infection potentiellement sévère (IPS): méningite, ostéo-arthrite, cellulite, infection urinaire, pneumopathie, gastro-entérite ± otite moyenne aiguë. 2/3 à 3/4 : infection virale 5-10% : bactériémie avec risque de complications Avant 1 mois : incidence élevée des infections bactériennes

FIEVRE ISOLEE DU NOURRISSONS <3MOIS Examen clinique Signes méningés État du foie et de la rate Mobilité articulaire Masse anormale Examen de la peau, de la cavité buccale, et des tympans L examen somatique n est pas suffisant pour différentier une infection bactérienne d une infection virale quelque soit l expérience de l examinateur

LA FIEVRE ISOLEE DE L ENFANT Nourrissons <3mois à haut risque Troubles de la vigilance et/ou du tonus Anomalies de l hémodynamique Anomalies de coloration Signes de détresse respiratoire Signes de déshydratation Signes d infection des parties molles / squelette Troubles du comportement Purpura

LA FIEVRE ISOLEE DE L ENFANT Examens complémentaires?

LA FIEVRE ISOLEE DE L ENFANT Examens complémentaires (1) Numération formule sanguine Hémoculture La C- reactive protein et /ou fibrinogène Examen cyto-bactériologique des urines Radiographie thoracique Coproculture Ponction lombaire

NOUVEAU-NÉS ET NOURRISSONS <3MOIS Bas risque Aucun signe clinique Aucun signe biologique en faveur d une infection bactérienne. 5000 < globules blancs <15000/mm3 pas de syndrome inflammatoire : CRP <20mg/l et/ou fibrinogène < 4g/l examen des urines normal coproculture : < 5 globules blancs /champs

LA FIEVRE ISOLEE DE L ENFANT Epidémiologie de la bactériémie Streptococcus pneumoniae Haemophilus influenzae type b Neisseria meningitidis Salmonella, staphylocoques.

NOUVEAU-NÉS ET NOURRISSONS <3MOIS Conduite à tenir?

NOUVEAU-NÉS ET NOURRISSONS <3MOIS Conduite à tenir nourrisson < 1 mois d origine inconnue : hospitalisation ATB si signe de haut risque ou anomalie biologique Céphalosporines 3 ème génération + aminoside nourrisson de 1 à 3 mois avec une IPS : hospitalisation et traitement sans délai hospitalisation si difficulté de prise en charge ambulatoire nourrisson de 1 à 3 mois à bas risque : Prise en charge en hôpital de jour ou à domicile et revu 24 heures après Deux attitudes : ceftriaxone IM (après PL et hémoculture) abstention jusqu au résultats des cultures.

LA FIEVRE ISOLEE DE L ENFANT Nourrisson et enfant Fièvre > 38,4 C ( < 7 jours avec clinique normal ) Motif fréquent Origine infectieuse : virus +++ VRS : saison froide entérovirus : saison chaude Enfants < 2 ans : risque de bactériémie occulte : 3-8% germes : pneumocoque, Haemophilus, méningocoque, Escherichia Coli, Salmonella...

LA FIEVRE ISOLEE DE L ENFANT Haut risque Troubles de la vigilance et/ou du tonus Anomalies de l hémodynamique Anomalies de coloration Signes de détresse respiratoire Signes de déshydratation Purpura

LA FIEVRE ISOLEE DE L ENFANT Nourrisson et enfant Bandelettes urinaires : ECBU si positives La NFS et la CRP : cause bactérienne ou virale (intérêt de la procalcitonine dans l avenir?)

LA FIEVRE ISOLEE DE L ENFANT Nourrisson et enfant Enfant avec des signes de gravité : hospitalisation + ATB après bilan Enfant âgé de 3 mois à 2 ans : Bilan biologique : bandelette urinaire, NFS et CRP. CAT en fonction des résultats Enfant > 2 ans et sans signes de gravité : Risque d infection bactérienne faible Simple surveillance clinique Bilan si aggravation ou persistance de la fièvre au-delà de 3 jours.

Traitement de la fièvre aigue «la fièvre n est qu un symptôme, et nous ne sommes pas sûrs qu elle soit une ennemie. Peut- être est-elle une amie» DuBois 1948.

Traitement de la fièvre aigue Malgré la mise en évidence des effets bénéfiques traitement chez le jeune enfant car risque de complications moyens physiques + médicaments

Dévêtir l enfant TRAITEMENT DE LA FIEVRE AIGUE Moyens physiques Diminuer le chauffage ambiant Donner des suppléments hydriques A prescrire sur ordonnance

TRAITEMENT DE LA FIEVRE AIGUE TRAITEMENT MEDICAMENTEUX Acide salicylique Paracétamol Ibuprofène

TRAITEMENT DE LA FIEVRE AIGUE Quel médicament?

TRAITEMENT DE LA FIEVRE AIGUE Acide acétylsalicylique Voie orale +++ : Absorption digestive rapide Dose unitaire : 10-13 mg/kg /J Formes galéniques : 50/100/125 mg chez le nourrisson et 250mg si > 3ans. Voie parentérale IM ou IVL: En cas d urgence 10-20mg/Kg/J x 3-4/J Effets indésirables : Inhibition des prostaglandines : digestifs, respiratoires, rénale Immuno-allergiques: Lyell, hématologiques, hépatique Syndrome de Reye Intoxication salicylée si prise > 100mg/Kg/J

TRAITEMENT DE LA FIEVRE AIGUE Paracétamol Voie orale / rectale / injectable Forme galénique : 60mg chez le petit nourrisson Posologie moyenne : 10-15 mg/kg toutes les 6heures si PO et 3-4 x si rectale Effets indésirables : toxicité hépatique si prise > 120mg/Kg/J

TRAITEMENT DE LA FIEVRE AIGUE Ibuproféne Voie orale Durée d action plus longue et activité antipyrétique dose- dépendante Forme sirop : forme galénique : 100 mg dose unitaire : 7-10 mg/kg x 3-4 /J (30mg/Kg/J)

TRAITEMENT DE LA FIEVRE AIGUE Monothérapie ou bi?

TRAITEMENT DE LA FIEVRE AIGUE Règles générales de prescription (1) Monothérapie +++ Problème de l association : «alternance» aspirine-paracétamol = anarchie et risque d inefficacité effet antipyrétique plus prolongé que chaque molécule utilisée seule mais signes d'intolérance multipliés par deux.

TRAITEMENT DE LA FIEVRE AIGUE Règles générales de prescription (2) Par voie orale de préférence Voir rectale si vomissement incoversible Voie IM/IV si urgence Formes galéniques adaptées à l age : 4 heures pour AAS et 6 heures pour paracétamol et ibuprofène Sans omission de la prise nocturne Prolonger la durée au moins 24-48heures

Enfant fébrile: les dix commandements d 'un bon examen clinique 1. Déshabiller complètement l'enfant 2. Rechercher d emblée les signes de gravité 3. Etablir les conditions d'un enfant calme et rassuré et d'une famille confiante 4. Ecouter l'histoire rapportée par la famille avant de pratiquer un interrogatoire orienté 5. Eviter les a priori diagnostiques (surtout en période épidémique) 6. Prendre le temps de l'observation de l'enfant (position couchée, assise et debout) 7. Examiner l'enfant en totalité sans se limiter au symptôme le plus bruyant 8. N examiner la gorge et les oreilles qu'à l'issue de l'examen général 9. Se méfier des pièges diagnostiques 10. Savoir revoir l'enfant et recommencer un examen clinique complet les jours suivants si la fièvre persiste

«La fièvre est témoin, mais elle n est pas complice» Hippocrate