Document de propositions présenté à la Commission d étude sur la gestion de la forêt publique québécoise par le Présenté par le département de technologie forestière Juin 2004 Yvette Jean Bernier, ing. f. Coordonnatrice
Le département de technologie forestière du cégep de Baie-Comeau tient à profiter de la présence de cette commission pour vous faire part de quelques idées d amélioration de la gestion du secteur forestier. Sans répéter les demandes ou les suggestions présentées dans les autres mémoires et étant conscient que les propositions qui suivent ont une priorité variable, le département de technologie forestière du cégep de Baie-Comeau voit tout de même un intérêt à vous faire part de ses observations. Nous traiterons ici de la forêt d enseignement et de recherche, de transfert de technologie, de valorisation de la ressource et de recrutement. Forêt d enseignement et de recherche Le cégep de Baie-Comeau gère une forêt d enseignement et de recherche qui lui a été attribuée par le gouvernement du Québec. Cependant, cette forêt quoique très utile à l enseignement n est pas admissible aux subventions et aides accordées pour les forêts privées. Les cégeps sont loin d être argentés. Contrairement aux commissions scolaires, ils ne peuvent taxer les contribuables. De plus, la Forêt Comeau contient peu de peuplements matures qui pourraient être récoltés pour fournir un revenu. Enfin, cette forêt est utile pour les laboratoires, mais elle pourrait aussi servir de démonstration de certains traitements si le département pouvait avoir un soutien à son aménagement. Les forêts d enseignement et de recherche sont situées à proximité des populations, elles sont importantes pour les institutions et coûtent très peu à administrer. La gratuité de redevances est bien appréciée mais un soutien statuaire à sa gestion permettrait de se servir de ces territoires comme lien de démonstration et d exemple pour la communauté. De plus, nous croyons que lors de l attribution des projets de mise en valeur des ressources du milieu forestier, volet 1, une partie du budget devrait être retenu pour l expérimentation par les cégeps sur leur forêt d enseignement et de recherche. Ces forêts sont typiques de la région où elles sont situées et les cégeps regroupent une quantité d experts que la province aurait avantage à utiliser davantage en recherche et développement. 2
Connaissance générale sur la forêt Le cégep de Baie-Comeau suggère aussi d introduire la connaissance des arbres et des plants dans les programmes d apprentissage au primaire et au secondaire. Nous sommes un peuple qui vivons de la forêt et très peu de personnes connaissent le nom des arbres et des plantes. S ils ne connaissent pas leur richesse, comment peuvent-ils l apprécier? Centre collégial de transfert de technologie Le cégep de Baie-Comeau demande depuis plusieurs années d avoir un centre de transfert de technologie dans le secteur forestier. Son personnel a acquis une grande expertise dans plusieurs domaines touchant à cette discipline, qu il s agisse de la géomatique, de l écologie de la forêt boréale ou des travaux sur l If du Canada. Cependant, comme il est situé dans une région ressource et que les décisions sont prises au centre, le cégep ne peut arriver à influencer le système. Pendant ce temps, plusieurs entreprises sont privées de services dont ils pourraient bénéficier par l entremise du cégep sur place. Le gouvernement du Québec devrait donner un coup de main à la région au niveau forestier en attribuant un centre collégial de transfert de technologie au cégep de Baie-Comeau. Le cégep de Baie-Comeau a fait ses preuves sans aucun soutien dans le domaine de la foresterie. Il a su relever le défi du transfert de technologie dès la fin des années 80 en confectionnant le premier plan d aménagement quinquennal selon les normes édictées par la nouvelle loi sur les forêts en 1987. Cet exercice a permis au gouvernement de raffiner ses instructions et de compléter ses normes. Il a obtenu les projets les plus importants en appliquant au programme Essai, expérimentation et transfert de technologie du gouvernement fédéral. Le cégep de Baie-Comeau a beau inventer, innover, proposer, réseauter, il n a jamais ce qu il faut au bon moment pour atteindre son objectif. La décision de donner un 3
CCTT en foresterie au cégep de Baie-Comeau doit être prise rapidement si le gouvernement veut voir grandir la région forestière de la Côte-Nord. Dans le cas contraire, le gouvernement admettra qu il tien à une centralisation qui vide les régions de leurs ressources. La valorisation La forêt est à l origine de plusieurs emplois dans la province du Québec. Sa valorisation est faite pendant le mois de l arbre mais le gouvernement a peu l occasion d appuyer le développement de l industrie forestière par la suite. Pour être conséquent avec nous-mêmes, une politique d utilisation du bois dans les entreprises gouvernementales devrait être adoptée. Ainsi, un pourcentage de bois visible serait obligatoirement utilisé dans les édifices gouvernementaux. Les produits ainsi identifiés aideraient à la promotion de la ressource principale de la province du Québec. Main-d œuvre Le cégep de Baie-Comeau est en faveur du développement de la main-d œuvre forestière en région. Ainsi, la formation est plus adaptée à la réalité et les élèves sont sur place au moment où ils se cherchent un emploi. Les élèves qui reçoivent leur formation dans les grands centres ne veulent pas travailler ensuite dans les régions. Ainsi, nous constatons une pénurie de main-d œuvre avec 50 % de placement des finissants et finissantes du programme. Le cégep de Baie-Comeau dispense le cours de technologie forestière mais comme les autres cégeps, il a de la difficulté à recruter des jeunes voulant faire un cours dans ce domaine. Le recrutement de la main-d œuvre forestière est voué à la diminution constante si les écoles ne peuvent augmenter leur nombre d inscription. Une analyse complète de la situation nous permet de constater que ce secteur d activité n est boudé qu en partie par les jeunes. 4
Plusieurs s adonnent à des activités de plein air et s enflamment pour l environnement. Pourtant, ils s abstiennent de plus en plus de se former pour travailler dans le milieu forestier. Enfin, les problèmes et la mauvaise presse faite avec la taxe sur le bois d œuvre font une publicité négative. Le recrutement des élèves dans les programmes de foresterie devrait être l affaire de tous. Les entreprises forestières, les Universités et collèges mais aussi le gouvernement, doivent se concerter pour mettre en place les conditions gagnantes à l augmentation du nombre de diplômés dans le secteur. Premièrement, les bourses et prêts aux études dans le domaine forestier doivent être plus importants pour démontrer que le gouvernement supporte les jeunes des centres qui veulent recevoir leur formation dans les régions ressources en foresterie. Même un crédit d impôt pour les parents des élèves qui se forment en région serait le bienvenue. Ensuite, une opération charme des entreprises et une facilitation des conditions d emploi seraient à mettre en place. Par exemple, une entreprise a réussi pendant plusieurs années à attirer les meilleurs candidats diplômés. Une étude de leur méthode a démontré qu ils avaient un secret bien simple : ils offraient à leur nouvel recru d aller choisir eux-mêmes leur camion. Au lieu d acheter un camion et de le remettre au technologue pour travailler, le technologue allait choisir son camion et l entreprise payait. Cet exercice ne coûta pas beaucoup plus cher que d acheter les camions en lot mais elle s averra très rentable pour le recrutement. Faire connaître les avantages de la vie dans les camps et en forêt, faire connaître les emplois dans les bureaux aussi, les emplois en pépinières ou les emplois bien rémunérés c est le rôle des collèges et école mais c est aussi le rôle des entreprises, du gouvernement et de la communauté. 5
C est un plan d organisation et de communication musclé dont nous avons besoin. Par exemple, on trouve peu d emploi affiché sur internet donc on peut conclure que peu d emploi sont disponibles. Pourtant ce n est pas le cas. Les jeunes ne visitent pas souvent le lieu de travail de leur père. Organiser juste une journée par année de visite en forêt pour les familles des employés ferait souvent une différence. S il le faut, engageons des chasseurs de tête. On le sait en foresterie, la publicité ce n est pas notre force. De plus, la foresterie doit se faire de façon à avoir une relève. Les collèges en région sont prêts à former une main-d œuvre compétente. Il reste à se coordonner et à vouloir emprunter cette voie. Le fait d engager une main-d œuvre sans diplôme de niveau secondaire et de procéder par formation sur mesure nuit à l évolution des entreprises et à la valorisation de la formation. Nous remercions cette commission pour son apport à l évolution de la foresterie au Québec et nous espérons que l investissement en région sera calculé avec la préoccupation d une valorisation de la formation en foresterie. 6