Les temps éducatifs à l école maternelle Quelques principes de fonctionnement 1. L accueil et la sortie L accueil des enfants constitue un moment symbolique et rituel important ; aussi il se doit d être conçu comme un espace et un temps intermédiaires entre la maison et l école. Ce moment de transition peut, pour certains enfants, être vécu comme insécurisant. L enseignant doit apporter une attention particulière en pratiquant un réel accueil qui marque l entrée dans l espace classe et permette la mise en disponibilité pour les apprentissages. L enfant est accueilli par l enseignant dans la classe, lieu privilégié au sein duquel l élève peut construire avec le ou les adultes référents une relation forte, explicite, engageant un sentiment de sécurité. Sa durée est à moduler en fonction de l âge des élèves ; initialisé 10 minutes avant l heure de début de la classe, il convient de proposer une activité éducative libre ou guidée. Au fil des semaines, cette situation pédagogique évoluera afin de susciter la curiosité et l intérêt des élèves. La ritualisation de ces premières situations pédagogiques permettra aux enfants de pouvoir anticiper le début de leur journée d écolier ; ainsi cela contribuera à les sécuriser et à stimuler leur désir. Lieu charnière de la rencontre avec les parents, ce temps d accueil doit permettre aussi aux parents de comprendre que l'école est un lieu d'apprentissage structuré et non une garderie. En respectant euxmêmes les horaires fixés et en proposant dès l'arrivée des élèves de réelles situations d apprentissage, les enseignants participent pleinement au respect, par les parents, de l'image et du rôle de la maternelle. Les enfants doivent comprendre progressivement les règles de la communauté scolaire, la spécificité de l'école, ce qu'ils y font, ce qui est attendu d'eux, ce que l'on apprend à l'école et pourquoi on l'apprend. Programme de l'école maternelle BOEN no 3 du 19 juin 2008 - Devenir élève Comme pour les domaines d'apprentissages, il est souhaitable que l accueil fasse l'objet de la mise en place d'une progressivité pensée par l'équipe enseignante pour l'ensemble de la scolarité en maternelle et cela tant dans sa forme et sa durée que dans les activités proposées. La sortie à l école maternelle, s effectue, comme à l école élémentaire au terme de l horaire scolaire officiel. Il s agit d une question de responsabilité : un accident survenant sur la voie publique avant l heure de sortie officielle survient sur le temps scolaire et engage la responsabilité des enseignants et du directeur d école.
Les équipes enseignantes des écoles maternelles veilleront à respecter ces horaires et en informeront les parents d élèves. A la sortie des classes, les élèves sont rendus à leur famille sauf s ils sont pris en charge par un service périscolaire ou de transport. A la fin de chaque demi-journée, ils sont repris en charge par les parents (ou par toute personne nommément désignée par écrit), selon les horaires inscrits au règlement intérieur. 2. La collation Aucun argument nutritionnel ne justifie la collation matinale de 10 heures (cf note ministérielle du 25 mars 2004 suite au rapport du Comité de Nutrition et la Société Française de Pédiatrie en 2003) ; elle aboutit à un déséquilibre de l alimentation en instaurant des habitudes de grignotage chez les enfants, facteur favorisant de surpoids et d obésité. Cependant, elle peut être pratiquée de façon ponctuelle et conviviale comme dans le cadre des anniversaires regroupés mensuellement, et dans une dimension culturelle à des moments ponctuels de l année scolaire. Elle peut également s inscrire dans un projet pédagogique d éducation au goût autour des fruits, des céréales et de leur transformation, de la découverte des différences culturelles etc. Cette collation ne sera alors pas seulement une prise alimentaire en plus dans la journée, mais une expérience pédagogique à laquelle les familles pourront également être associées. Des éléments du savoirvivre pourront être enseignés, tout comme une prise d autonomie dans la préparation des fruits ou verres d eau/jus de fruit. Dans tous les cas, la collation doit avoir lieu soit le matin dès l arrivée des enfants à l école, avec une durée qui n excèdera pas 10 minutes, soit juste avant leur sortie en fin d après-midi et être indiquée aux parents pour ajuster la prise du goûter qui suit. Le tout petit a des besoins d hydratation importants, il ne dit pas qu'il a faim, froid, soif... d'où la nécessité d'être vigilant et attentif ; les enfants doivent pouvoir se désaltérer et donc avoir accès à un point d eau à tout moment de la journée scolaire. 3. Le passage aux toilettes Le passage aux toilettes comme le lavage des mains sont des moments d apprentissage importants. Dans les classes de tout-petits et de petits: l enfant de trois ans n'a pas encore nécessairement acquis le contrôle véritable des sphincters lorsqu il arrive à l école. Pour être accueilli dans un dispositif spécifique d accueil et de scolarisation, il n est pas nécessaire que l enfant soit tout à fait propre. En effet, devenir «propre» ne résulte pas d'un enseignement et encore moins d'un «conditionnement», mais d'une maturation physiologique qui se situe vers deux ans et demi, trois ans. Cette acquisition de la propreté ne doit pas se transformer en contrainte psychologique de la part des parents. Les «incidents» restent possibles et doivent être pris en charge avec des vêtements de rechange fournis par la famille, sans culpabilisation ni dramatisation, en verbalisant et expliquant. Le passage de la vie familiale à la vie collective peut aussi entraîner une régression dans ce domaine. Il convient de veiller à la fréquence du passage aux toilettes de chaque enfant pour l'aider à construire son autonomie. Pour les élèves de MS et de GS : le passage collectif aux toilettes ne se justifie pas : les équipes d école doivent s interroger sur ce moment afin de mettre en œuvre des organisations qui conduisent à une réelle autonomie physique et au respect de l'intimité de chacun (alvéoles séparées).
Les questions d'utilisation des lieux et personnels, de la durée et de la fréquence des déplacements, de l'évolution des emplois du temps au fil de l'année doivent être à l'ordre du jour du conseil des maîtres. Tous les adultes de l'école sont pleinement concernés par ces moments. Les parents doivent y être associés notamment au moment où ils accompagnent leur enfant. 4. La récréation La récréation représente un moment privilégié pour le développement physique, pour l apprentissage des relations sociales et pour l acquisition de l autonomie. A l école maternelle, le temps des récréations est compris entre 15 et 30 minutes par demi-journée comprenant le temps de passage aux toilettes, d habillage et de déshabillage Moment nécessaire qui peut engager soit le repos soit l action, la récréation peut facilement devenir un lieu de violence dont il ne faut pas minimiser les effets psychologiques sur les enfants. Il faut donc veiller à ce que l apprentissage des règles sociales dans cet espace puisse se faire sereinement. Pour ce faire, la récréation devra être surveillée par les enseignants avec un nombre d adultes suffisant en lien avec la configuration de la cour et le nombre d élèves. L espace sera aménagé pour permettre aux enfants de s investir dans des activités variées. La place de la récréation dans la demi-journée de classe doit respecter le rythme chrono-biologique des enfants : les équipes enseignantes veilleront à placer ce moment indispensable de rupture entre des temps d apprentissage suffisants c est-à-dire qui ne peuvent être inférieurs à 45 et éviteront la période entre 10h30 et 11h30, période de la plus haute vigilance des élèves. Pour les enfants qui font la sieste la récréation ne s impose pas. Pour ces petits, qui sortent du sommeil ou d une période privilégiée de calme, ce serait les plonger dans une situation de bruits et souvent de mouvements brusques qui ne peuvent que les perturber. 5. La sieste Aucun texte législatif n encadre le temps dédié à la sieste ; on recommandations dans les textes suivant: trouvera simplement des précisions et des BO H.S. N 3 du 19 juin 2008 Guide pratique des parents 2010-2011. Votre enfant à l'école maternelle. «L'organisation du temps y respecte les besoins et les rythmes biologiques tout en permettant le bon déroulement des activités et en facilitant leur articulation; plus souples avec les petits, la gestion du temps devient plus rigoureuse quand les enfants grandissent.» BO H.S. N 1 du 14 février 2002 Pour une scolarisation réussie des tout-petits. MEN. SCEREN-CNDP. 2003 «L'accueil, les récréations, les temps de repos et de sieste, de goûter ou de restauration scolaire sont des temps d'éducation. Ils sont organisés et exploités dans cette perspective par ceux qui en ont la responsabilité.» La réforme des rythmes scolaires vise à mieux prendre en compte les besoins physiologiques de l enfant ; sa mise en œuvre doit respecter les besoins de sieste de chaque enfant. Quels sont les besoins de sommeil d un enfant? Les besoins de chaque enfant sont variables ; le temps de sommeil d un enfant de 2 ans est environ de 13-14 heures et de 12 heures pour les enfants de 3 à 5 ans. Jusqu à l âge de 4 ans, un enfant a besoin d un temps de sommeil dès la fin du déjeuner : une sieste d une durée d une heure trente à deux heures correspondant à un cycle de sommeil.
Quelques rappels pour veiller à respecter les cycles de sommeil : Le temps d'endormissement ne dépasse pas 20 à 30 minutes. Un enfant qui ne dort pas au bout de 20 minutes a peu de chances de s'endormir ; il devra logiquement être levé et regagner sa classe. La durée de sommeil est comprise entre 1h15 et 1h30. Au-delà de 2h, l'enfant entame un nouveau cycle de sommeil, le réveil risque d'être difficile. Pour les gros dormeurs, une discussion est nécessaire avec les parents pour mieux connaître le rythme de l'enfant. Le réveil doit être échelonné pour répondre aux besoins de chacun. «Un tout-petit a besoin de nombreuses heures de sommeil (plus de douze heures quotidiennes). Il dormira le temps qui lui sera nécessaire sans que cela porte préjudice au sommeil de la nuit contrairement à ce que croient certains parents». Document d'accompagnement des programmes : Pour une scolarisation réussie des tout petits. p 7 MEN.SCEREN-CNDP. 2003 La sieste a donc pour fonction de : répondre à un besoin physiologique fondamental des jeunes enfants. contribuer à son équilibre psychologique, moteur, affectif et cognitif. mettre l'enfant dans les meilleures dispositions pour apprendre Quels sont les enfants concernés? Les enfants de TPS et PS. Pour les MS, on pourra, en début d'année, mettre en place un temps de repos qui n'excédera pas 20 minutes (ce qui ne représentera pas un temps de sieste mais plutôt un temps de détente). Ce temps de repos (nécessaire au cours du premier trimestre) va évoluer au cours de l'année dans sa durée et son organisation en fonction des besoins repérés des enfants de la classe. Pour les GS, il n'y a pas de temps de sieste ou de repos organisés. Il est préférable de prévoir des activités plus calmes : écoutes de récits ou musicales, consultation d'images, lecture d'albums. Pour la réflexion: «Il faut également noter les conditions difficiles faites aux enfants lorsqu'ils doivent aller à la garderie le matin ou le soir, ce qui rallonge leur journée et porte leur semaine scolaire au-delà des 35h obtenues par beaucoup d'adultes dans leur travail.»enseigner à l'école maternelle. Agnès Florin Carole Crammer. 2009. Quand? Les enfants de TPS et PS qui déjeunent au restaurant scolaire pourront être couchés au plus près de la fin du déjeuner. Pour les enfants qui ne déjeunent pas à la cantine, il est souhaitable qu ils soient accueillis le plus tôt possible l après-midi ou dès son réveil si ce temps se déroule au domicile de l enfant (heure de la récréation) «La sieste organisée dans l'école, pour les enfants qui ont déjeuné à la cantine, doit être située au plus près du repas. En effet, pendant la digestion, l'essentiel de l'activité physiologique du tout jeune enfant est détournée vers cette fonction essentielle à sa santé. Il serait absurde au même moment de le pousser à des jeux animés ou des courses dans la cour de récréation» p25 Document d'accompagnement des programmes : Pour une scolarisation réussie des tout petits. MEN. SCEREN-CNDP. 2003 Où? TPS-PS : une salle présentant une ambiance calme et une luminosité réduite est réservée à cet effet. Chaque enfant doit pouvoir repérer facilement l'endroit où il se repose. Il semble opportun de ne pas changer l'organisation spatiale des lits et d'inscrire le prénom de l'enfant sur chaque lit-couchette. Les personnes présentes au dortoir sont attentives à chuchoter, et à être rassurantes vis-à-vis des enfants. MS : Les enfants peuvent rester dans la classe pour un temps calme de repos ; ceux qui s endorment, doivent pouvoir bénéficier d un lit-couchette. Et après la sieste?
Les enfants se réveillent progressivement et regagnent leur classe pour reprendre les activités mises en place par l enseignant. La récréation ne présente aucun intérêt après ce temps de sommeil. La surveillance Elle doit être constante et assurée par un référent qu il soit enseignant ou Atsem en complémentarité et selon les chartes ou conventions en vigueur dans les communes. Les agents spécialisés des écoles maternelles sont chargés de l assistance au personnel enseignant pour la réception, l animation et l hygiène des très jeunes enfants ainsi que de la préparation et la mise en état de propreté des locaux et du matériel servant directement à ces enfants. Les agents spécialisés des écoles maternelles participent à la communauté éducative. Article 2 du décret N 92-850 du 28 août 1992 «La surveillance de la sieste peut être assurée par une ATSEM, libérant ainsi l'enseignant soit pour des activités décloisonnées avec d'autres classes si tous les élèves dorment, soit pour des ateliers ou des activités en petits groupes si une partie des élèves ne dort pas. Dans certains cas, l'enseignant ne peut se départir de la surveillance de la sieste. Il peut toutefois organiser celle-ci de manière à s'occuper à la fois de ceux qui ne dorment pas (pour des activités silencieuses et calmes) et de surveiller ceux qui dorment» p 25 Pour une scolarisation réussie des tout petits. MEN. SCEREN-CNDP. 2003 La sieste à l école : 10 points clés 1. Organiser le temps de sieste en équipe Enseignants/Atsems 2. Aménager le lieu 3. Respecter les besoins physiques, physiologiques et affectifs des enfants 4. Accueillir les enfants au plus tôt après le déjeuner 5. Respecter un cycle de sommeil (au-delà de 1h30 un nouveau cycle débute) 6. Assurer un réveil en douceur 7. Supprimer la récréation après la sieste 8. Prendre en compte l'évolution des besoins des enfants au cours de l'année 9. Répondre aux inquiétudes des parents 10. Informer les familles sur l'importance du sommeil chez les jeunes enfants