LES METASTASES OSSEUSES



Documents pareils
Sujets présentés par le Professeur Olivier CUSSENOT

Lymphome non hodgkinien

Maladie de Hodgkin ou lymphome de Hodgkin

Médecine Nucléaire : PET-scan et imagerie hybride

UE2 CANCEROLOGIE Place de la Médecine Nucléaire

LA LOMBALGIE CHRONIQUE : Facteurs de risque, diagnostic, prise en charge thérapeutique

Cancer du sein. Du CA15-3 à la tomographie à émission de positons.

Pierre OLIVIER - Médecine Nucléaire

Recommandations Prise en charge des patients adultes atteints d un mélanome cutané MO

Quels sont les facteurs qui font augmenter les risques de cancer du rein?

HERNIE DISCALE LOMBAIRE

Votre guide des définitions des maladies graves de l Assurance maladies graves express

Les renseignements suivants sont destinés uniquement aux personnes qui ont reçu un diagnostic de cancer

HERNIE DISCALE LOMBAIRE

GUIDE PATIENT - AFFECTION DE LONGUE DURÉE. La prise en charge du cancer du rein

F-FLUORODÉOXYGLUCOSE EN ONCOLOGIE Expérience en Ile de France

.( /.*!0) %1 2"+ %#(3004) 05' 203 .(.*0"+ ) '!2"+ %#(30+ 0!"%) 4!%2) 3 '!%2"+ %#(30! &' 4!!% .+.*0%!!'!(!%2" !

TRAUMATISME CRANIEN DE L ENFANT : conduite à tenir?

Actualisation de la prescription en biologie rhumatologie

Qu est-ce qu un sarcome?

Cancer du sein in situ

LES DOULEURS LOMBAIRES D R D U F A U R E T - L O M B A R D C A R I N E S E R V I C E R H U M A T O L O G I E, C H U L I M O G E S

Item 182 : Accidents des anticoagulants

PROGRAMME DU CONCOURS D ACCES AU RESIDANAT DE CHIRURGIE DENTAIRE

F JABNOUN, H BERMENT, R KHAYAT, M MOHALLEM, Y BARUKH, P CHEREL Institut Curie Hôpital René Huguenin, Saint Cloud JFR 2010

Le diagnostic de Spondylarthrite Ankylosante? Pr Erick Legrand, Service de Rhumatologie, CHU Angers

Volume 1 : Epidémiologie - Etudes des facteurs de risques

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la scintigraphie osseuse et le TEP-SCAN

TUMEURS DU BAS APPAREIL URINAIRE

G U I D E P A T I E N T - A F F E C T I O N D E L O N G U E D U R É E. La prise en charge du cancer du foie

Leucémies de l enfant et de l adolescent

BIOPSIE de MOELLE OSSEUSE

Les fractures de l extrémité inférieure du radius (238) Professeur Dominique SARAGAGLIA Mars 2003

PLACE DE L IRM DANS LE BILAN D EXTENSION DU CANCER DU RECTUM. Professeur Paul LEGMANN Radiologie A - Cochin Paris

Cancer de l œsophage. Comprendre le diagnostic

Anatomie. Le bassin inflammatoire. 3 grands cadres. 4 tableaux. Spondylarthrite ankylosante. Spondylarthrite ankylosante 26/10/13

neurogénétique Structures sensibles du crâne 11/02/10 Classification internationale des céphalées:2004

Intérêt de la TEP-FDG dans les cancers de l ovaire

Suivi post-professionnel après exposition à l amiante

Unité d enseignement 4 : Perception/système nerveux/revêtement cutané

Cancer de l'œsophage. Comprendre le diagnostic. Le cancer : une lutte à finir

Transgene accorde une option de licence exclusive pour le développement et la commercialisation de son produit d immunothérapie TG4010

Définitions. MALADIES GRAVES Protection de base Protection de luxe. PROTECTION MULTIPLE pour enfant

Réflexions sur les possibilités de réponse aux demandes des chirurgiens orthopédistes avant arthroplastie

Apport de la TDM dans les cellulites cervico-faciales

Item 154 : Tumeurs des os primitives et secondaires (Évaluations)

De la chirurgie du nodule aux ganglions

Spondylarthropathies : diagnostic, place des anti-tnf et surveillance par le généraliste. Pr P. Claudepierre CHU Henri Mondor - Créteil

Charte régionale des Réunions de Concertation Pluridisciplinaire de PACA, Corse et Monaco

Statistiques Canadiennes sur le Cancer, et HMR sur le poumon

Le dépistage du cancer de la prostate. une décision qui VOUS appartient!

Pseudotumor cerebri. Anatomie Le cerveau et la moelle épinière baignent dans un liquide clair, appelé le liquide céphalo-rachidien (LCR).

Recommandations régionales Prise en charge des carcinomes cutanés

1 of 5 02/11/ :03

G U I D E - A F F E C T I O N D E L O N G U E D U R É E. La prise en charge de votre mélanome cutané

Spécialiste en chirurgie

La migraine. Foramen ovale perméable. Infarctus cérébral (surtout chez la femme)

Le dépistage des cancers

Actualités s cancérologiques : pneumologie

Qu est-ce que le cancer du sein?

SYNTHÈSE DES RECOMMANDATIONS PROFESSIONNELLES. Spondylarthrites. Décembre 2008

Le don de moelle osseuse :

Les cancers de la prostate

Le parcours en greffe de cellules hématopoïétiques : greffe allogénique

Les soins infirmiers en oncologie : une carrière faite pour vous! Nom de la Présentatrice et section de l'acio

mon enfant a un cancer

Les cancers chez l enfant et l adolescent

Traitement des Pseudarthroses des Os Longs par Greffe Percutanée de Moelle Osseuse Autologue Concentrée

Module digestif. II. Prévention du reflux gastro-œsophagien :

Ordonnance du DFI sur les prestations dans l assurance obligatoire des soins en cas de maladie

Formation en Implantologie

Tableau des garanties Contrats collectifs

INTERET PRATIQUE DU MDRD AU CHU DE RENNES

Traitements néoadjuvants des cancers du rectum. Pr. G. Portier CHU Purpan - Toulouse

Neurofibromatose 1 Maladie de Von Recklinghausen

Le syndrome SAPHO Ostéomyélite multifocale chronique récidivante Spondylarthrite hyperostosante pustulo-psoriasique

GROUPE CLINIQUE DU MAIL

Item 215 : Rachialgies

SYNDROME DU TUNNEL CARPIEN, EPICONDYLITE ET TRAVAIL : POINT DE VUE DU RHUMATOLOGUE

Comprendre. le Cancer du sein. Mise à jour. Guide d information et de dialogue à l usage des personnes malades et de leurs proches

LA TUBERCULOSE Docteur ALAIN BERAUD

Compte-rendu d examen anatomo-pathologique - hépatite chronique

Coordinateur scientifique: Prof. Univ. Dr. Emil PLEŞEA. Doctorant: Camelia MICU (DEMETRIAN)

Cordarone et Thyroïde par François Boustani

Le traitement conservateur des tumeurs malignes des membres a largement remplacé les amputations

Les tumeurs bénignes ne sont pas cancéreuses. Elles ne se propagent pas à d autres parties du corps.

Exposition de la population française aux rayonnements ionisants liée aux actes de diagnostic médical en 2012

LISTE DES ACTES ET PRESTATIONS - AFFECTION DE LONGUE DURÉE HÉPATITE CHRONIQUE B

Médicaments du futur : Tendances et enjeux. Nicolas PY, Debiopharm International forumofac.14 26/09/2014

Lombosciatalgie aigue et chronique Quelle prise en charge? Dr Azizi Fatima Rabat

DOSSIER DE PRÉSENTATION

Définitions. PrioritéVie Enfant MC. Assurance contre le risque de maladie grave

Quel apport de l imagerie dans les traitements anti-angiogéniques?

Bulletin. Le mot du président Quel avenir pour les interférons et le Copaxone?

ANEMIE ET THROMBOPENIE CHEZ LES PATIENTS ATTEINTS D UN CANCER

UTILISATION DU FICHIER DES PAIEMENTS

Les différents types de cancers et leurs stades. Dr Richard V Oncologie MédicaleM RHMS Baudour et Erasme La Hulpe 1/12/07

Cancers de l hypopharynx

Innovations thérapeutiques en transplantation

Focus. Assurances et tumeurs génitales des hommes jeunes. Unité de Recherche et Développement pour les Risques Aggravés.

Transcription:

LES METASTASES OSSEUSES I-DEFINITION Les tumeurs osseuses secondaires ou métastases osseuses correspondent la localisation et au développement dans le tissu osseux de lésions tumorales à partir de cellules ayant migrer par voie hématogène ou lymphatique, à partir d une tumeur primitive. Ce sont les plus fréquentes des tumeurs osseuses. II-PHYSIOPATHOLOGIE Les cellules tumorales migrent par voie hématogène ou lymphatique, traversent les capillaires sinusoïdes dans la moelle entre les travées osseuses et secrètent des facteurs humoraux ( cytokines, facteurs de croissance) qui peuvent soit : -Stimuler les ostéoclastes donnant une ostéolyse -soit stimuler les ostéoblastes responsables d une ostéocondensation III-EPIDEMIOLOGIE - Fréquence Les métastases osseuses sont plus fréquentes que les tumeurs primitives osseuses. Situation très fréquente en oncologie. Présents dans 40% des cancers lors de leur première manifestation métastatique et 70% au cours de leur évolution. 3eme rang après les métastases hépatiques et pulmonaires Les tumeurs les plus ostéophytes sont: sein, poumon, prostate, rein, thyroïde et aussi colorectales IV-DISTRIBUTION ANATOMIQUE DES CANCERS Les métastases osseuses touchent plus fréquemment les régions suivantes : vertèbres, bassin, cotes, extrémité proximale du fémur, extrémité proximale de l humérus, le crane. V-DIAGNOSTIC Il se repose sur les arguments cliniques, radiologiques et biologiques -les métastases osseuses peuvent : *révéler la maladie : il faut alors rechercher le foyer primitif, parfois, le cancer retrouvé : situation de «cup syndrome» primitif n est pas *compliquer une pathologie tumorale connue : -soit au diagnostic, au cours d un bilan d extension -soit au cours de l évolution, ce qui marque un tournant évolutif péjoratif de la maladie. *ces métastases osseuses peuvent être : -Localisées, unique ou en faible nombre : éventuellement accessible à un traitement radical (chirurgical ou radiothérapie) 1

-Disséminées, diffuses : toujours incurables mais pouvant répondre à un traitement systémique (hormono ou chimiothérapie) A/Manifestations cliniques Le mode de révélation des métastases osseuses est variable : *Les douleurs osseuses ou radiculaires (névralgie intercostale, névralgie sciatique ou crurale ) qui revêtent le plus souvent un caractère inflammatoire *Fractures pathologiques Une complication parfois révélatrice, elles touchent les vertèbres, bassin, fémurs,humérus etc. *Tuméfactions osseuses Parfois palpable lorsque la métastase atteint un os superficiel (cotes, sternum, tibia ) Les métastases vertébrales peuvent être responsables d un tableau de compression médullaire ou de syndrome de la queue de cheval. *Signes généraux Une altération de l état général, asthénie, anorexie avec amaigrissement ont fréquemment associés. *l hypercalcémie : qui est une urgence thérapeutique ; peut être aussi révélatrice ou survenir en cours d évolution.elle impose un traitement antinéoplasique B/ Arguments radiologiques 1 Radiographies simples : elles vont préciser : -l aspect ostéolytique, l aspect condensant ou bien un aspect mixte (condensant et lytique à la fois) de la métastase. On recherchera des signes de malignité tel que : *Rupture de la corticale osseuse * Tassement vertébral avec rupture du mur postérieur * Aspect de disparition d un pédicule : aspect de vertèbre borgne * Un envahissement de l arc postérieur 2 La TDM Permet souvent de préciser le caractère malin.elle permet aussi de guider une ponction biopsie à visée diagnostique. 3 L IRM Particulièrement intéressante dans les métastases vertébrales avec risque de compression médullaire. Elle permet une excellente visualisation des lésions osseuses et même médullaires. Elle permet aussi une étude des parties molles. 4 La Scintigraphie osseuse Elle est positive dans la majorité des cas, permet de préciser l extension des métastases osseuses et permettre de suivre l évolution. 2

5 Tomographie par émission de positons (PET Scan ou TER-TDM) Plus performante que la scintigraphie, permet de faire un bilan d extension des lésions métastasiques et de contrôler la réponse au traitement. 6 la radiographie thoracique et l échographie abdominopelvienne Seront pratiqué systématiquement soit pour préciser l étiologie de la métastase soit dans le cadre du bilan d extension.à l état actuel on préfère demander d emblée une TDM thoraco abdominopelvienne C/Arguments biologiques -Souvent un syndrome inflammatoire avec VS accélérée, CRP positive -Des anomalies des paramètres phosphocalciques sont possibles avec hypercalcémie, hypercalciurie, une augmentation des phosphatases alcalines. -Elévation de un ou de plusieurs marqueurs tumoraux : élément diagnostic important, permettent souvent d orienter le diagnostic étiologique mais aussi du suivi thérapeutique et de récidives. * alpha foetoproteine : élevée dans 80% des hépatomes, 70% des tumeurs testiculaires ainsi que dans les tératosarcomes. * ACE (antigène carcinoembryonnaire) : élevé dans 75% des cancers du colon, du rectum, du pancréas et du poumon, 50 % des cancers de l estomac et du sein et 40% des hépatomes et cancers œsophagiens *CA 19-9 : Volontiers augmenté dans les cancers digestifs surtout du pancréas *CA 15-3 : augmenté dans les cancers du sein et du pancréas aussi *CA 125 : élevé dans le cancer de l ovaire et des séreuses mais aussi du sein *PSA : antigène spécifique de la prostate : élevé dans le cancer de la prostate *B HCG : élevée dans les tumeurs germinales *TG et CT : dans les cancers de la thyroïde D/ Arguments histologiques l analyse histologique est essentielle pour confirmer le diagnostic des métastases osseuses, pour identifier la tumeur primitive et parfois aider à la sélection du traitement. Souvent c est la ponction dirigée d une métastase osseuse sous échographie ou scannoguidée. Parfois,il faut aller jusqu au la biopsie chirurgicale. A noter l apport de l immunohistochimie dans la détermination du type et de l origine de la tumeur primitive ;mais aussi d évaluer les facteurs prédictifs de réponse au traitement VI DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE 1 Cancer du sein Il s agit souvent de lésion ostéolytique,multiples, mais pas mixtes. La mammographie est essentielle 2 L adénocarcinome de la prostate Le plus souvent diffuses toujours plurifocales de natures très souvent condensante, mais aspect variable selon le site (vertèbre Ivoire) avec un aspect parfois pseudo sarcomateux 3

3 Cancer du Poumon Les métastases osseuses sont très souvent ostéolytiques avec existence souvent de métastases aux membres supérieurs. 4 Cancer du rein Souvent métastases ostéolytiques parfois pseudoanevrysmales ( souffle à l auscultation d une métastase superficielle) 5 Tumeurs digestives Les métastases sont le plus souvent ostéolytiques 6 Cancer de la thyroïde Métastases surtout ostéolytiques parfois pseudoanevrysmales (souffle à l auscultation d une métastase superficielle) 7 Syndrome lymphoprolifératif Les métastases peuvent être soit lytique ou condensant VII TRAITEMENT Le traitement efficace de la tumeur primitif est la meilleure façon de contrôler les métastases osseuses. 1- Chimiothérapie et hormonothérapie : Permettent de -Contrôler a croissance de la tumeur -Réduire les douleurs -Diminuer le risque de fractures -Hormonothérapie : effet à moyen et à long terme (sein et prostate) -Chimiothérapie : surtout efficace dans les cancers du sein et du poumon -La réponse est inconstante -AINS 2- Antalgiques -Antalgiques y compris les morphiniques -Neuroleptique en cas de participation neurologique -Irradiation externe des lésions très lytiques -Radiothérapie interne par Strontium (Metastro ou biphosphonates marqués au samarinium 153 (quadramet) lorsque les lésions sont très fixantes en scintigraphie osseuse et que la fonction rénale est normale. -Biphosphonates : puissants inhibiteurs de la résorption ostéoclastique, ont pour action : 4

De diminuer l invasion tumorale osseuse De diminuer la douleur Traitement des hypercalcémies malignes Forme orale : Clodronate, forme injectable : Pamidronate, Zolédronate Radiofréquence : si masse vertébrale avec risque de lésions thermiques ( moelle et racine) 3-Traitements spécifiques D une hypercalcémie : hydratation, corticothérapie,biphosphonates en IV D une compression médullaire ou neurologique : corticothérapie, radiothérapie,chirurgie D une fracture pathologique ou d une menace de fracture : Chirurgie,radiothérapie Denosumab : anticorps monoclonal humain (anticorps anti RANK-Ligand)= diminue le turn-over osseux, diminue le risque d évènement osseux de manière comparable au biphosphonate IV Le Denosumab est donné actuellement pour les métastases osseuses du sein,prostates et autres tumeurs solides. 5