Maîtrise des pollutions d origine vinicole 1 - La production de vin dans le val de Loire Le cours de la Loire et de ses affluents est ponctué de régions viticoles prestigieuses. On dénombre 69 appellations différentes. La production annuelle moyenne est de 4 millions d hectolitres (8 % de la production française) pour un chiffre d affaires de 1,2 milliard d euros. La production est assurée par près de 6 viticulteurs qui pour la majorité vinifient eux même leur production. Seules 24 coopératives, la plupart de taille moyenne, sont présentent sur le secteur. Les chais sont bien souvent au cœur de villages anciens, rendant les aménagements parfois délicats. 2 - Problématique de pollution L activité de vinification engendre un important rejet d effluent lié aux lavages à l eau des équipements (1 à 3 litres par litre de vin). Ces nettoyages entraînent des matières solides et solubles qui vont conférer à l eau utilisée son caractère polluant (terre, feuilles, pépins, moût, bourbes, lies, tartre, produits de traitements et de nettoyage, vin). Ce sont des rejets très chargés en matières en suspension (1 à 2 g/l) et oxydables (3 à 1 g/l) soit 1 à 2 fois plus chargés qu un effluent urbain classique. Agence de l eau Loire-Bretagne 1 / 6
Une particularité de cette activité est la saisonnalité. La vendange, qui dure seulement 15 à 2 jours par an, génère plus de la moitié de la pollution. Ainsi sur l ensemble du bassin la pollution brute générée par plusieurs milliers de sites pratiquant cette activité est estimée en pointe par jour de vendange à plus d un million d équivalents-habitants. Les effluents étaient, jusqu à récemment, principalement rejetés dans les réseaux d'assainissement communaux ou les réseaux pluviaux, entraînant des dysfonctionnements importants des stations d épuration collectives et la pollution de cours d eau en pleine période d étiage. 3 - Maîtrise des pollutions viticoles Dès 1995, l activité vinicole a été intégrée au système aides/redevances des agences de l eau. Cependant, étant donné le seuil élevé de perception des redevances, seuls les établissements importants sont réellement soumis à redevance : seulement 33 dossiers pour l année d activité 27. S agissant d une multitude de petits sites non significativement polluant individuellement mais qui le sont globalement, l agence est intervenue par le biais d opérations groupées : l aide de l agence est conditionnée à l engagement dans l opération de 7 % des chais pérennes d un secteur représentant plus de 8 % de la production. Pour cela, chacun des chais d un secteur géographique est préalablement diagnostiqué et déclaré aux ICPE avec un projet de mise en conformité avant lancement de l opération collective. Ainsi, depuis 1999, l agence a aidé près de 1 6 exploitations viticoles à la maîtrise de leurs pollutions. Le graphique suivant illustre les engagements annuels au profit du secteur viticole. nbre de dossiers, montant des travaux et montant d'aide par année 4 2 35 3 9 323 3 6 3 3 281 3 3 25 2 7 K 2 4 2 1 1 8 1 5 1 2 128 16 125 11 13 18 122 2 15 1 Nbre de dossiers 9 6 59 58 5 3 1999 2 21 22 23 24 25 26 27 28 29 Montant travaux Montant aide Nbre de dossiers Le coût global de ces opérations a été de 24 millions d euros avec une aide de l agence de 9,3 millions. Le coût moyen de ces opérations est de 15 par chais. L agence a aidé les études préalables par des subventions au taux de 5 % et les travaux par des subventions aux taux de 2 à 4 % selon l impact et le type de bénéficiaire (PME, grande entreprise). Le graphique suivant illustre cette répartition. Agence de l eau Loire-Bretagne 2 / 6
Répartition entre les montants de travaux et d'études 2 367 456 (1%) 21 545 55 (9%) Etudes Travaux Les travaux qui ont commencé dans les années 199 dans les vignobles de l Anjou (49 viticulteurs aidés), sont aujourd'hui achevés. Les opérations collectives dans les régions Centre et le pays Nantais ont débuté plus tardivement et sont en cours d achèvement. La carte suivante présente les communes d intervention de l agence dans le domaine vinicole de 1999 à 29. ST-BRIEUC QUIMPER RENNES LAVAL VANNES ANGERS NANTES LA ROCHE-SUR-YON NIORT LA ROCHELLE Nombre de dossiers viniculture par commune 1 à 3 4 à 7 8 à 14 15 à 21 22 à 43 ALENCON LE MANS ORLEANS BLOIS TOURS BOURGES NEVERS CHATEAUROUX POITIERS MOULINS GUERET LIMOGES CLERMONT-FERRAND ST-ETIENNE LE PUY-EN-VELAY 4 8 12 Kilomètres COPIES ET REPRODUCTION INTERDITES - IGN BD CARTO 28 - IGN SCAN 5 22 - BD CarThAgE Loire-Bretagne 29 -DPI - SCI 2/7/21 Agence de l eau Loire-Bretagne 3 / 6
nbre de dossiers, montant des travaux et montant d'aide par département 6 5 6 5 5 5 45 494 5 45 4 4 5 35 K 4 3 5 3 2 5 319 247 3 25 2 Nbre de dossiers 2 1 5 1 5 145 3 9 2 22 1 1 1 18 36 37 41 42 44 49 58 72 79 85 86 15 1 5 Montant travaux Montant aide Nbre de dossier 4 - Les investissements aidés Ils consistent principalement en : - la réalisation d'études de définition des travaux et de déclarations règlementaires - le comptage des volumes d eau utilisés - la collecte des effluents (imperméabilisation, réseau) - la séparation des eaux pluviales - les prétraitements avant raccordement (dégrillage grossier, débourbage) - le stockage - divers dispositifs de traitement individuel ou collectif (épandage, station d'épuration) Exemples de réalisation : La collecte des effluents avec dégrillage et mise en séparatif Aire de lavage des bennes et machines à vendanger Caniveaux avec dégrillage Agence de l eau Loire-Bretagne 4 / 6
Le stockage et décantation avant traitement Traitement (station d épuration viticole ou épandage) Station de traitement des effluents vinicoles Epandage d effluent vinicoles Traitement mixte avec des effluents phytosanitaires En 29, le ministère chargé de l écologie a validé des procédés de traitement des effluents phytosanitaires dont un traitement mixte vini-viticole : les effluents de cave produits principalement entre septembre et décembre sont traités et rejetés jusqu en mai. Les eaux de lavage des pulvérisateurs chargées en produits phytosanitaires qui ont été prétraitées physicochimiquement sont ensuite épurées sur les boues activées de juin à août avant d être épandues. 45 viticulteurs de Sancerre et Saint-Satur (production totale de 6 hl) ont réalisé la première station de ce type en 21. Le coût du projet est de 85 k aidé à 4 %. Skid de traitement physico-chimique des phytosanitaires La station vini-viticole de Sancerre Agence de l eau Loire-Bretagne 5 / 6
5 - Impact des travaux financés S agissant principalement d une pollution organique dispersée, l impact de la viniculture est peu visible sur les cartes de qualité des cours d'eau. Par contre des évènements de mortalité piscicole ont souvent été relatés dans des zones viticoles en période de vendange mais ils sont de moins en moins fréquents. De plus, de nombreux dysfonctionnements sur les stations d épuration en zone viticole ont été supprimés suite à ces opérations collectives. 6 - Perspectives pour le 1 e programme Si les principaux points noirs auront été traités au cours des 8 e et 9 e programmes il semble probable que certains secteurs n aient pas achevé la maîtrise de la pollution d origine vinicole. Il serait souhaitable de poursuivre cette incitation pour parfaire la maîtrise de ces rejets. Par ailleurs, la dynamique engagée devrait se poursuivre avec la maîtrise des pollutions d origine phytosanitaires dont la viticulture est un gros émetteur. Présentation du désherbage mécanique des vignes par un viticulteur en agriculture conventionnelle. La problématique de réduction des phytosanitaires est grandissante dans le vignoble. Agence de l eau Loire-Bretagne 6 / 6