Pédagogie de transmission des savoirs



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Transcription:

Pédagogie de transmission des savoirs Le savoir est une compétence habilitante : c est l indispensable contenu sans lequel aucune forme de raisonnement ou de réflexion n est possible Pragmatisme, efficacité et professionnalisme sont les maîtres mots

Procédure centrée sur : Le contenu à transmettre Sa compréhension par les élèves Son maintien en mémoire Afin : D arriver au surapprentissage ou automatisation des savoirs.

Le maître n est pas au centre Il n est pas un animateur Il est le garant d une transmission efficace Il est un professionnel de l intervention pédagogique

L enfant devient un écolier L école développe chez lui des attitudes scolaires : o Appétit de savoir o Sens de l effort o Goût du travail bien fait o Organisation du travail o Analyse des erreurs o Justification des choix o Mémoire o Automatismes scolaires

Ou ensemble de règles favorisant les apprentissages scolaires : o Planification : prévoir et prévenir, organiser des routines o Interactions avec les élèves : règles de conduite, rapport maître/élève, responsabilisation des élèves, supervision du travail, maintien du rythme de travail o Évaluations des comportements : éviter les punitions, doser les éloges, utiliser les critiques avec prudence

Le Direct Instruction est mis au point par Siegfried Engelmann en 1960 À partir de 1976, Barak Rosenshine, professeur et chercheur en psychologie cognitive (université de l Oregon), décrit la pédagogie explicite Plus récemment les travaux en langue française de Clermont Gauthier et son équipe (université Laval, Québec)

Le projet Follow Through (1968-1995) conclut que le Direct Instruction est le plus efficace pour : o les apprentissages de base : lecture, écriture, calcul o les habiletés intellectuelles : résolution de problèmes o la dimension affective : image et estime de soi

Autres études : o Herman (1999) : l efficacité du Direct Instruction est confirmée o NRP - National Reading Panel (2000) : étude sur la lecture montrant l efficacité des méthodes systématiques et phonologiques o Borman (2003) : le Direct Instruction arrive en tête dans une comparaison de 29 modèles pédagogiques Ainsi que : o Gersten et Baker (2001), pour l écriture o Swanson et Lee (2001), pour les élèves du Secondaire en difficultés o Baker, Gersten et Lee (2002), pour les mathématiques

Rappel ou révision de la notion précédente Présentation du nouveau contenu Pratique guidée Correction et rétroaction Pratique autonome Révisions hebdomadaires et mensuelles

Mise en situation o Présentation de l objectif d apprentissage o Annonce des résultats attendus o Annonce de l organisation de la séance o Rappel des connaissances préalables nécessaires

Exposé (démonstration, modelage) o Lien avec les connaissances antérieures (principe cumulatif des connaissances) o Présentation en petites unités o Présentation du simple au complexe de manière claire o Nombreux exemples et contre-exemples o Le maître raisonne à haute voix o Abondantes questions posées

Pratique guidée o Nombreux exercices aux élèves o Le maître vérifie la compréhension et accompagne les élèves o Corrections avec rétroactions o Un taux de réussite élevé (80 %) avant de passer à la suite o Elle permet le surapprentissage o Deux étapes : Unicisation : assemblage des habiletés, élèves encore lents Automatisation : moment de la réussite rapide

Pratique autonome (ou indépendante) o Intervient quand les élèves ont un niveau de maîtrise suffisant o Le maître est moins présent o Les élèves peuvent demander de l aide au maître, à un tuteur o Elle peaufine le surapprentissage

Objectivation (ou fermeture). Acte d extraire les connaissances, concepts ou habiletés essentiels afin de les placer mémoire à long terme. Cela permet de : o Marquer la fin de la leçon o Aider à l organisation des apprentissages dans la mémoire o Aider à avoir une image cohérente et éviter les confusions o Renforcer les points essentiels

Révisions o Hebdomadaires o Mensuelles o Participent au surapprentissage o Permettent de vérifier la compréhension o Taux de réussite de 95 %

Évaluations o Fréquentes o Variées o Courtes et rapides o En rapport direct avec ce qui a été enseigné o Évaluations sommatives avec modération o Évaluations formatives avec détermination des seuils de réussite

Les études montrent que les écoles efficaces ont des pratiques renvoyant à la pédagogie explicite (Reynolds 2002) Un leadership fort de la direction de l école Des attentes élevées à l endroit de la performance scolaire de tous les élèves Un climat ordonné et respectueux Une priorité accordée aux matières de base Un suivi des progrès des élèves.

Augmente la fluidité de la pratique Renvoie à des savoirs et habiletés connus Présente les notions du simple au complexe Vérifie constamment la compréhension Donne de nombreux exemples et contreexemples Pose de multiples questions : l élève n est jamais passif Pratique la rétroaction Fait pratiquer jusqu à l automatisation Utilise des routines Pratique les révisions hebdomadaires et mensuelles

Pédagogie traditionnelle: tradition pédagogique antérieure aux années 70 reposant sur un savoir-faire, n ayant pas été passée au crible de l expérimentation, n ayant pas été définie théoriquement

Différences entre pédagogie traditionnelle et pédagogie explicite o Place du maître : il est le modèle en pédagogie traditionnelle et occupe la place centrale o Peu de rappel des connaissances antérieures o Modelage insuffisant o Pratique guidée trop courte o La pratique autonome vient trop vite o Rétroaction insuffisante o Échec attribué à l élève

Aux élèves en difficulté particulièrement, mais aux autres aussi Aux enseignants soucieux : Des progrès de leurs élèves D efficacité De rendre leurs classes actives et intéressées

Rétroaction : correction argumentée en réponse aux erreurs des élèves Du simple au complexe : présenter une notion à la fois et s assurer qu elle est acquise avant de passer à la suivante ; découper en autant d étapes que nécessaire

Surapprentissage : apprentissage conduit jusqu au point de l automatisation. L automatisation libère ainsi la mémoire de travail Théorie de l apprentissage (ou principe cumulatif) : les connaissances nouvelles viennent s agréger à celles déjà installées et forment un capital. Plus les connaissances de départ sont larges, plus nombreuses seront les analogies disponibles pour assimiler les nouveautés, plus facile sera la compréhension et l acquisition

Association La 3 e voie pour la diffusion de l enseignement explicite