L~AMPHITHÉÂTRE DES TROIS-GAULES A LYON



Documents pareils
REMARQUES SUR LE PETIT FRAGMENT DE TABLETTE CHYPRO MINOENNE TROUVÉ A ENKOMI EN par EMILIA MAS SON

Fiche Technique d Évaluation sismique : Construction basse en Maçonnerie Non-armée, Chaînée, ou de Remplissage en Haïti

VII Escaliers et rampes

PROGRAMME D HABILETÉS EN FAUTEUIL ROULANT (WSP-F)

LE LAVOIR DE LA MONTAGNE - RAPPORT DE PRESENTATION - DOSSIER PHOTOGRAPHIQUE

Décrète : Ce règlement est applicable aux zones définies à l'article premier. Fait à Rabat, le 21 chaabane 1384 (26 décembre 1964). Ahmed Bahnini.

PLAN DE SITUATION C'est le plan qui localise votre terrain PCMI 1. SAINT DENIS - Bellepierre Parcelle AY 592. Ech : 1/ 2000 ème

LES ESCALIERS. Les mots de l escalier

ESCALIERS. passer des dénivellations supérieures à 7%

ETUDE D UN BATIMENT EN BETON : LES BUREAUX E.D.F. A TALENCE

OBLIGATION D INSTALLATION D UN GARDE-CORPS

communes du pays de brouilly. Four du hameau de Chardignon Saint-Lager

RELEVE D ETAT DU PONT DES GRANDS-CRÊTS. On a procédé une auscultation visuelle entre le 23 et le 29 mars 2007.

La Chapelle de la Ferme d Ithe

Muret Laurentien MC. Classique et Versatile

Orientation professionnelle Charpentier bois

Cours de Structures en béton

CANALISATIONS A L AIR LIBRE OU DANS LES PASSAGES COUVERTS, OUVERTS SUR L'EXTERIEUR SOMMAIRE

(B.O. n 2739 du , page 489) LE PREMIER MINISTRE,

Mur double - appui plancher béton sur linteau Cellumat. 1/Détail: mur double appui hourdis béton sur linteau Cellumat

Linstallation d un escalier dans la. un escalier de béton à double quart tournant en kit. Construire soi-même LABEL. Label. Label D E I S O N L A

Les mesures à l'inclinomètre

Sommaire Table des matières

Vu le dahir du 7 kaada 1371 (30 Juillet 1952) relatif à l urbanisme et, notamment, son article 18 ;

Brochure technique. Garde-corps. bpa Bureau de prévention des accidents

STANDARD DE CONSTRUCTION CONDUITS, ATTACHES ET RACCORDS DE

AGORA 2014 Appel à idées Habiter les toits à Bordeaux Et pour compléter

Le maçon à son poste de travail

Décrets, arrêtés, circulaires

Europâisches Patentamt European Patent Office Numéro de publication: A1 Office européen des brevets ^ 1

LA CHARPENTE. Les principales pièces des charpentes traditionnelles

METEOROLOGIE CAEA 1990

Guide des autorisations d urbanisme

VILLE DE FEYZIN ( Rhône ) Réfection d'un réseau d'évacuation d'eau usée. Place René LESCOT

3. Ligne Eaux-Vives - Moillesulaz

Le plombier chauffagiste a aussi besoin de cette représentation pour savoir ce qu il y a à l intérieur de la maison au niveau des hauteurs.

RAPPORT D'ENQUÊTE D'ACCIDENT DIRECTION RÉGIONALE DE L'ÎLE DE MONTRÉAL-5

INBTP-TECHNOBAT-LECON_011

les escaliers La pose Guide d installation pour bricoleurs Préparation des outils Prêt à installer Moulé à votre style de vie

GLOSSAIRE DU BÉTON ARMÉ

Outil d autodiagnostic du niveau d accessibilité - Les cabinets médicaux -

Tables. Tables individuelles réglables en hauteur manuellement

LES ESCALIERS. Du niveau du rez-de-chaussée à celui de l'étage ou à celui du sous-sol.

L'accessibilité des bâtiments d'habitations collectifs neufs

2 Pour les puits de lumière :

NOUVELLES POUR LE STOCKAGE DES

Synthèse SYNTHESE DIRECTION GENERALE DE L ENERGIE ET DU CLIMAT. Service du climat et de l efficacité énergétique

Les dimensions mentionnées sont pour la plupart reprises dans la réglementation (STS54, NBN EN 3509), RGPT, arrêté royal du 07/07/97)

Tables de cuisson vitrocéramique KM 6200 / 6201 / 6202 / 6203 KM 6204 / 6206 / 6207 / 6208 KM 6212 / 6213 / 6215 / 6216

SOMMAIRE. Introduction...05 Domaine d'application...05 Visées des textes existants...06

DOSSIER : TOURISME ET HANDICAP

Règlement numéro LA GESTION DES EAUX DE SURFACE ET LES RACCORDEMENTS AUX SERVICES D AQUEDUC ET D ÉGOUT. Avril 2011

Guide de calcul de la superficie habitable

MANUEL D INSTALLATION POUR EU-RAMPS

Garde-corps. bfu bpa upi. Base: norme sia 358. Les bâtiments doivent répondre à un besoin humain fondamental, celui de se sentir en sécurité.

Version 1. Demandeur de l étude : VM - BETON SERVICES 51 Boulevard des Marchandises L'HERBERGEMENT. Auteur * Approbateur Vérificateur(s)

D'UN THÉORÈME NOUVEAU

74 cm - 89 cm INSTRUCTIONS DEMONTAGE KOMPACT

Ce guide se divise en six chapitres, dont quatre sont dédiés à une catégorie de bâtiment :

P.M.R. PERSONNES À MOBILITÉ RÉDUITE EXIGENCES REGLEMENTAIRES

Les escaliers nécessitent quelques particularités pour assurer la sécurité de tous.

SOMMAIRE. Des dallages de caractère pour des piscines très exclusives RUSTIQUE BULLÉE 04 ABBAYE 12 PIERRE DU LOT 10 COLLÉGIALE 16

ETAT DES LIEUX RAPPEL DE L ETAT DES LIEUX EFFECTUE EN JANVIER 1993

INSTRUCTIONS COMPLÉTES

GUIDE D INSTALLATION. La première enveloppe pare air et perméable à la vapeur d eau AVANTAGES

Contre-châssis Scrigno Gold Base pour plaques de plâtre

Arrêté Royal du 7 juillet 1994 fixant les normes de base en matière de prévention contre l incendie et l explosion : Notice explicative

PROJET DE RESTAURATION DE L ANCIEN COUVENT DE LA VISITATION. Monument Historique. Place de la République LE MANS

L accessibilité des bâtiments d habitation collectifs neufs

Guide Technique Pour la Charpente de Mur. LSL et LVL SolidStart LP

NOTICE DE RENSEIGNEMENTS CONCERNANT LES ETABLISSEMENTS RELEVANT DU CODE DU TRAVAIL

MONTREAL NOTICE DE MONTAGE. Réf Carport une place à toit plat 298 x 500 cm. Charge tolérée (neige) : 100 kg/m2 Hauteur utile : 235 cm

Sur une aire de stationnement, accessible par tranche de 50 places.

Direction des Services Techniques. Phase I : DIAGNOSTIC. de type «R, X, L» : Ile Fanac

Jean-Marc Schaffner Ateliers SCHAFFNER. Laure Delaporte ConstruirAcier. Jérémy Trouart Union des Métalliers

La contrefaçon par équivalence en France

modélisation solide et dessin technique

Histoire de charpente

C0nstruire une mais0n. Sommaire

Traitement de texte : Quelques rappels de quelques notions de base

Immeuble, Le Square Duvernay

Accessibilité / voirie et espaces publics DDE

OMBTOD Villa - OMBTOD Italie» Ombrie» Todi 8 Personnes - 4 Chambres. Description de la propriété

EOI ARUCAS DEPARTAMENTO DE FRANCÉS DOSSIER LA VILLE ET LES PRÉPOSITIONS DE LIEU

Les normes du bâtiment pour l'installation d'un escalier intérieur Définition des termes techniques pour les escaliers : Escalier : Volée :

REGLEMENT SECURITE INCENDIE ERP. DISPOSITIONS ARCHITECTURALES LES DEGAGEMENTS : couloirs,escaliers,sorties,portes

COMMENT CONSTRUIRE UN CRIB A MAÏS?

Essais de charge sur plaque

Nouvel immeuble de bureaux pour la C.U.B - Groupe FAYAT

S'orienter et se repérer sur le terrain avec une carte

association française du gaz

RAPPORT MISE A L ACCESSIBILITE DE 6 ECOLES PRIMAIRES. Ecole de MIRANGO I

Découverte et prise en main de SWEET HOME 3D

ENCASTREZ UN EVIER ET POSEZ UN MITIGEUR A DOUCHETTE

Étude de la carte de Vézelise. Initiation à la lecture du relief sur une carte topographique

Sommaire buses. Buses

Guide de l Accessibilité. des Etablissements. Recevant du Public

Notice de pose NOTICE DE POSE Fond: 2. IMPORTANT:

Transcription:

L~AMPHITHÉÂTRE DES TROIS-GAULES A LYON Rapport préliminaire aux fouilles. Deuxième partie* par J. GUEY et A. AUDlN V. IMPLANTATION ET DIMENSIONS. LES TERRASSES. L'Amphithéâtre était bâti à mi-pente de la Croix-Rousse, la partie nord, nous l'avons 6, creusée dans la colline (fig. 4), la partie sud dominant le Confluent (fig. 1). Des terrasses fférents niveaux avaient été aménagées très tout autour de l'édifice ; ines devaient prolong& les terrasses de l'autel g7. Vers le sud en tout cas d'énormes structions appartenant à plusieurs anneaux concentriques, assises peut-on croire sur le le granitiq~e~~, retenaient les terres jusqu'à 22 mètres au moins en avant du monunt g9, Nous ne saurions trop insister sur l'importance de ces murailles : aussi bien aucun re vestige plus considérable des constructions de l'amphithéâtre n'a-t-il.jamais été mis jour. Il y a là le plus précieux encouragement. Nos trois auteurs sont d'accord, Artaud, Saint-Olive et Martin-Daussigny. On doit etenir de leur témoignage - pas toujours parfaitement clair - que de puissants ouvrages 'étageaient ici : la pente de la colline était si rapide qu'il avait été nécessaire d'étayer oli'dement le sol. D'autre part, la circulation aux abords des arcades avait imposé l'établisement d'une terrasse. Sous cette terrasse un égout suivait la courbe du monument (pl., no 32, ab11 l)loo. Artaud écrivait donc en 1820 ou en 1821 : «dernièrement, tandis qu'on pratiquait 'Ida première partie de ce rapport (1-IV; notes 1-95 ; fig. 1-15 ; pl. 1-IV) a paru dans Gallia XX-1962, p. 117-45. Un supplément groupera ultérieurement inscriptions et monnaies (XI-XII; notes 304-416 ; fig. 31-41). [L'un es auteurs de ce memoire estimerait injuste de ne pas souligner la part dbcisive prise par son collaborateur dans le récollement et l'exploitation des textes et documents d'archive utilisés ici. A.A]. (96) Voir supra, n. 15. (97) A. AUDIN, Topographie, p. 149-154, et apud A. GRENIER, Manuel, III (2), p. 687 (les cotes des terrasses sont en partie conjecturales). (98) Sur ce socle, voir notamment Archives de la Voirie, 58, vol. 5, dossier 3 (déblais a l'emplacement de la gare du funiculaire ; cf. fig. 10). Jusqu'aux grands travaux de 1857-1860, le rocher ameurait encore en divers endroits du Jardin des Plantes. (99) Sur l'éboulement de cette terrasse, voir supra, fix. 4, T. (100) ARTAUD, Arnphitheâfre, ms. D, p. 31, corr. 19 : «Le canal de décharge dans le chemin en dessous tournant autour de la colline 8. Sur d'autres égouts, voir infra, n. 115.

126 J. GUEY ET A. AUDIN la nouvelle entrée du Jardin des Planteslol, nous avons observé quantité de massifs de murailles et de soutènements légèrement arrondis dans le sens de l'ellypse (sic), ce qui prouve que les constructions au midi de l'amphithéâtre s'étendaient fort loin et régnaient de terrasse en terrasse jusques au bas de la colline»lo2(pl. 11, nos 46-47, b/10 et f/ll) (Il est probable que le no 47 représente le dallage de la terrasse supérieure). - Vers 1850-1851, «on trouva sur la pente qui descend à la place Sathonay une ruine formée d'une maçonneri faite avec les roches susdites - Saint-Olive vient de mentionner «débris de granit (et) d gneiss»lo3 - et stratifiée par des lits de larges briques. Au lieu de la laisser subsister comm soutien de terrain, ornement du jardin et souvenir du passé, on la fit disparaître impitoyablement»lo4. - En décembre 1857 et en janvier 1858, Chenavard et Martin-Daussign virent revenir au jour «des restes de murailles considérables démolies autrefois et qu avaient dû soutenir une immense terrasse sur laquelle débouchaient les vomitoires [entendr les arcades] de l'amphithéâtre... Les travaux, interrompus au mois d'avril 1858, ayant ét repris au mois de septembre de la même année, la continuation des murs de soutènemen de la terrasse fut retrouvée plus à l'ouest et parallèlement aux grands murs d'enceinte d l'amphithéâtre. Nous pûmes alors, de ce point, mesurer la masse des travaux exécutés pou le soutien des terres en dehors du monument. Nous trouvâmes qu'ils avaient à eux seul un ensemble de 22 mètreslo5. Il est plus que probable que d'autres murailles, en arrière d cette dernière, avaient dû exister en bas du talus. Ces dimensions extraordinaires d murailles en dehors de l'amphithéâtre ont été exposées aux yeux de toute la ville : no n'avons donc pas à craindre d'être taxés d'exagération ))IO6. (( Repris au mois d'avril 1859»... les travaux ((mirent à découvert des substructions au midi et en dehors de l'enceinte d l'amphithéâtre. Elles furent démolies aussitôt. Nous pûmes cependant prendre des notes en lever le plan et constater que, bâties en moellons de roche, elles avaient des liaison de deux rangs de grandes briques superposées» (pl. III, Hl a/7, et ailleurs)1 7. Un dessin (d'après photographie) publié par A. Steyert pourrait bien se rappor à ces mêmes substructions (fig. 16)los : murs parementés de petit appareil, voûtes berceau ; il semble y avoir eu à des niveaux différents 3 «tunnels» d'allègement. Les ruine s'étagent sur une dizaine de mètres de hauteur (cf. fig. 4). (101) C'est-à-dire l'entrée maridionale, sur la place Sathonay. On entrait auparavant par la Cour du Soleil ou plutôt Dusoleil, a l'est (voir,cupra, n. 16 et fig. 3). (102) ARTAUD, Amphifhéâfre, ms. D, p. 46-47 (corr. 28). Sur la couverture du même manuscrit on lit cette note d'artaud : 11 On y voit des éperons des murs de soutènement 1). (103) Les lignes précédentes sont citées supra, n. 49. (104) SAINT-OLIVE, dans Revue du Lyonnais (n. S.), IX, 1854, p. 432. (105) Cf. MARTIN-DAUSSIGNY, Amphifhéâtre, p. 438 (p. 22) : «Les 22 mètres de maçonnerie extèrieure et tous les travaux ajoutés au dehors pour former et soutenir les terrasses établies du côté du midi jusqu'au pied du talus, que nous n'avons pu mesurer... (106) Ibid. n Non seulement nous les avons mesurées nous-même, mais notre collègue M. Chenavard, assisté de MM. Roux et Christot, ses habiles élèves, l'a fait conjointement avec nous n. Voir néanmoins supra, n. 62. (107) MARTIN-DAUSSIGNY, Amphithéâtre, p. 430-432 (p. 15-17), passim; cf. p. 433 (p. 17) : «Les magnifiques travaux exécutés en dehors de l'amphithéâtre pour appuyer les terrains...» (108) A. STEYERT, Nouvelle histoire de Lyon, 1, p. 215, fig. 265 : «Démolition de l'amphithéâtre des Trois Gaules en 1859 (reproduit dans WUILLEUMIER, Fouilles de Fourvière, p. 18, fig. 5). Voici les raisons de la localisation que nous proposons. Au premier plan, exèdre avec un buste. Le plan de 1845 (fig. 3) situe cette exèdre au débouché de l'escalier montant de la place Sathonay : il n'y en a pas d'autre au Jardin des Plantes et le buste est celui de l'abbé

L'AMPHITHÉATRE DES TROIS GAULES 127 Pour établir la partie nord de la cauea, l'architecte avait dû surmonter des dificultés n autre ordre. Le sol dans lequel il creusait était, au moins par endroits, humidelog et pressible : on y a pratiqué des drains et battu des pieuxllo. Le grand axe du monument était incliné du nord-ouest au sud-est, formant un angle quelque 37 degrés avec le méridien. Cette orientation avait-elle été imposée par le rain ou, plus probablement, par la direction des voies d'accès à la terrasse? Nous pouvons upposer. L'Amphithéâtre, fermant à l'ouest les terrasses du sanctuaire fédéral, dominait voie du Rhin (notre montée des Carmélites, à 65 mètres vers l'ouest) (fig. 1, 2 et 4). Sur cette voie devait s'embrancher une voie secondaire, sans doute coupée d'e~caliers~~~ aboutissant dans le prolongement du petit axe du monument, à la porte principale (sudouest) de l'amphithéâtre (pl. II, no 44, a/8, 9)l12. L'exacte situation de la porte sud-est, en principe à l'extrémité du grand axe, reste discutable. L'attention de Chenavard et de Martin-Daussigny fut attirée dans cette région du monument par des vestiges subsistant au niveau des fondations (pl. III, f-g/ 5-7). «Au 17 mars 1860, on trouva dans la partie est de l'amphithéâtre... deux murailles de fondation reposant sur le roc lui-même, se Dessin d'après une photo. dirigeant toutes deux parallèlement du sud au nord-ouest, c'est-à-dire allant du mur d'en- Fig. 16. - Murs de soutenement des terrasses au sud de llamphitheâtre, en 1859. Vue prise du sud. ceinte au centre du monument. Ces murailles, Voir note 108. faites avec les mêmes matériaux [entendre des «moellons de roche granitique ))] avaient aussi des liaisons de briques disposées de la même manière que celles dont nous avons parlé [à propos des murailles de soutènement des gradins], mais éloignées les unes des Rozier, «le Columelle français»- monument détruit au cours des mêmes travaux, SAINT-OLIVE, Voyage.. de Lyon à la Croix-Rousse, p. 88. Quant aux «tunnels», une partie en subsiste, encore couverte à l'ouest, à gauche ; la partie droite est déjà éventrée et effondrée. Les voûtes restent béantes vers le sud-est. La direction des murs en cet endroit est celle qu'on attend des structures elliptiques soutenant les terrasses. (109) Voir supra, n. 79 et 80. (110) MARTIN-DAUSSIGNY, Amphithéâtre, p. 433 (p. 17-18) : «A mesure que les maçonneries venaient se relier au talus de la montagne, les terrains en pente étaient solidifiés par toute sorte de moyens ingénieux : tantôt une masse d'amphores serrées les unes contre les autres avaient consolidé cette terre sablonneuse ; tantôt un faisceau de pilotis avait été un obstacle sufisant pour empêcher les éboulements. Parmi la masse d'amphores, huit ou dix seulement ont été retirées entières et apportées au mus6e»; cf. le registre d'entrées manuscrit de Martin-Daussigny, dans A. COMARMOND, Notice du Musée lapidaire de la Vllle de Lyon, 1855, exemplaire interfolié du Musée des Beaux-Arts, n o 922 : «Amphore vinaire trouvée au jardin des plantes. Elle faisait partie d'un nombre considérable du même genre qu'on a découvert sous les murailles de l'amphithéâtre...» ; no 990, n amphore vinaire allongée». Quel dommage qu'on ne puisse plus aujourd'hui les reconnaftre et les dater!- Voir en outre le texte cité supra, n. 80. (111) Comme à Fourvière, la Rue (antique) des Théâtres, par exemple. La pente était abrupte encore en 1857, à l'est du «fond de l'orangerie n (fig. 4). (112) Voir infra, n. 264 et p. 150.

128 J. GUEY ET A. AUDIN autres de 80 centimètres...»l13. La muraille sud-ouest était épaisse de 1 m. 40 d'après le plan de Chenavard, au 1/100. (( Nous avons remarqué, précise Martin-Daussigny114, qu sous les dalles qui formaient le pavé des vomitoires [entendre la galerie extérieure], existait deux canaux allant du nord-ouest au sud-est (pl. III, F, g/6). Leur hauteur es d'l mètre et leur largeur de 50 centimètres ; leur niveau diffère d'un demi-mètre. Ils se trouvent placés entre deux murailles solides, dont nous avons parlé et qui suivent exactement la même direction. Toutefois ces canaux ne sont point appuyés auxdites murailles,.mais en sont éloignés de plus de 2 mètres ; celui qui est placé plus haut que l'autre es précisément le même qu'a découvert Artaud»l15. - Ainsi donc 4 éléments parallèles à l'extérieur, 2 fondations ; à l'intérieur, 2 égouts, le tout d'après le plan au 1/100e et le plan publié par Martin-Daussigny117, symétrique par rapport à un axe longitudinal d même orientation que le grand axe de l'amphithéâtre, mais à notre grande surprise distan d'environ 3 mètres vers le sud-ouest! Cette dissymétrie fait difficulté : on trouverait une fondation dans l'axe probable d'u des 4 portes1ls ; en revanche, il y aurait des égouts là où l'on pouvait s'attendre à trou la fondation du mur sud-ouest de l'entrée donnant accès à 1'arène1lg. Faut-il donc, po sauver la symétrie, corriger notre plan (pl. IV) dans ses données essentielles? déplace l'arène, changer l'orientation générale du monument? Ce serait aller vers l'arbitraire sa sortir d'embarras120. Ou encore supposer une erreur de Chenavard dans ses levés? hypo thèse assez gratuite121. Confessons notre perplexité. Les fouilles montreront un jour qu'il en est122. Les dimensions d'ensemble de l'amphithéâtre sont difeciles à préciser à quelq mètres près. La partie nord de l'enceinte n'a jamais été recherchée ni rencontrée : il f interpoler. Après mainte hésitation dont témoignent les surcharges même de ses man (113) MARTIN-DAUSSIGNY, Amphztheâtre, p. 434 (p. 18) ; cf. znfra, p. 140 et n. 296. (114) Iblà p. 435-436 (p. 20). (115) Sur le canal de décharge du bassin de la source, voir supra, n. 83 : eaux propres, destinées aux therm retrouvés place Sathonay? l'autre canal aurait servi aux eaux usées Ces deux canaux existaient-ils sous l'arene vant le même alignement, c'est ce que suggèrent nos deux documents (voir supra, 1, Blbllographle, no 20 et 22). n'est pas en tout cas la direction de la source. - D'autres canaux d'evacuation, pl. II, 23, 24 et 32 (pl. 1, EE, FF ARTAUD, Amphltheâtre, ms D, p. 31, corr. 19 - Voir supra, n. 100. (116) Voir supra, 1, Blbl~ographze, no 20. (117) Ibid., no 22 (ici pl. III). (118) Ce pourrait être, dira-t-on, quelque reste d'un premler état du monument, puisqu'il y a eu des niements considérables (voir znfra, X, Éléments d'une chronologte). Toutefois cette fondation presente les cha horizontaux de briques caractéristiques de la réfection du siècle après J.-C. (119) Sur le plan d'artaud aussi (pl. II, fg15), le canal d'écoulement de la source aboutit, non pas a l'extrémi sud-est du grand axe de l'arène, mais nettement à l'ouest. (120) Nos sondages A et B (fig. 9, a et b) auraient-ils mis au jour le bord de I'arene la où ils l'ont retrouv cette hypothèse était à retenir? (121) La position du système des 2 murs et des 2 égouts serait erronée par rapport aux maisons Richar Bouchardy, sur nos deux plans. (Quant au plan d'artaud, voir supra, n. 119). Il est vrai que, pour cette partie du mo ment, ces deux plans paraissent sujets à caution, dans le détail : ils prolongent au-dessous de l'arène, selon la m direction, non seulement les deux égouts, mais encore les deux fondations. Est-ce a bon droit? Voir supra, n. et 115. (122) Au sujet de la porte opposée, cf. infra, n. 199 et 296 in fine.

J. GUEY ET A. AUDIN crits, Artaud propose 384 pieds de long, soit 124 m. 74123. Évaluation beaucoup trop faible Les trouvailles de 1858-1860 le prouvent ; pour Martin-Daussigny, la longueur maximu est de 140 mètres124. Nous proposons quant à nous une dimension légèrement inférieur Voici pourquoi : le sondage nord-ouest de 1936 (pl. IV, A-B, cd/7, 8), parti de A, trou d'abord le terrain naturel immédiatement au-dessous du sol moderne (fig. 17, en hau Tout change à 13 mètres du réservoir de 1854, c'est-à-dire à 68 mètres environ du centre l'arène125 : au-delà de ce point, vers le sud-est, l'on n'a plus trouvé qu'un remblai, d plusieurs mètres de profondeur. Or, les constructions de l'amphithéâtre n'ont pu s'étend vers le nord-ouest au-delà de cette zone remblayée. C'est donc à 135 ou 136 mètres maximum que l'on doit fixer la longueur du grand diamètre du monument. Pour le diamètre transversal, Martin-Daussigny propose 117 mètres, dimension q nous réduirions volontiers à 115 m. 50 ; pour la largeur de l'anneau des constructions ent, le podium et l'enceinte, 38 mètres126. Les Arènes de Nînies mesurent 133 m. 38 x 101 m. 4 celles d'arles 136 m. 15 x 107 m. 62; elles contenaient, celles-ci 25.000 places environ, celles- 26.000. On voit par là l'importance de l'amphithéâtre des Trois-Gaules. VI. L'APÈNE L'arène pouvait mesurer 59 m. x 39 m. 50 environ12', un peu moins sans doute (surto en longueur) que ne proposait Martin-Dau~signyl~~. Le niveau en était inférieur a celui sol antique : l'arène avait été creusée, surtout du côté nord, mais aussi dans sa par méridionale129. En 3 points, A, B, E (fig. 9, a, b, e), nous avons pu en déterminer la de hauteur exacte (fig. 19, ligne 1 du tableau). Il y avait une faible pente de nord-oue en sud-est130. Toute l'arène était-elle carrelée? Elle l'était sur les bords. Artaud et Mar Daussigny parlent tous les deux d'une double épaisseur de briques liées par un lit (123) ARTAUD, Amphithéâtre, ms. D, p. 33, corr. 20; cf. MARTIN-DAUSSIGNY, Amphithéâtre, p. 432 (p. 17) a Le plan annexé aux manuscrits [d'artaud] (notre pl. II) est dans des proportions tout à fait étrangères aux mesur établies dans son écrit». Voir infra, n. 273. (124) MARTIN-DAUSSIGNY, op. laud., p. 437 (p. 22) : longueiir de l'arène, plus deux fois l'épaisseur de l'anne des maçonneries, soit 64 m. + (38 m. x 2) = 140 mètres. (125) Fig. 17, en haut. Compte tenu de l'échelle métrique et du total des cotes de détail, il convient de corrig 6, 20 qui paraît un peu faible. (126) MARTIN-DAUSSIGNY, op. laud., ibid. Voir aussi infra, n. 192. (127) Distance de bloc biseauté à bloc biseauté ; voir infra, p. 134, 10. (128) MARTIN-DAUSSIGNY, Amphithéâtre, p. 432 (p. 16) et p. 437 (p. 22) : 64 m. x 41. Cf. ARTAUD, Amphithéâf ms. D, p. 33, corr. 20 : 188 pieds x 126, soit 61 m. 08 x 40 m. 93. L'arène de l'amphithéâtre de Nîmes mesure 69 14 x 38, 34. (129) Voir supra, n. 15. Depuis les déblais de 1858-1860, on ne saurait plus préciser de combien de m sol antique a été creusé. Au sud du point E (fig. 9, e), à l'est du Monument Rurdeau, le sol vierge s'est renc 191,25, cote minimum (travaux connexes au tunnel de la Voirie, 1957 : le boisage nous a empêchés de voir plu Le niveau de l'arène est vers ce point, 190, 45 (fig. 19). (130) Jusqu'en 1956, la seule donnée sur le niveau de l'arène était à chercher dans MARTIN-DAUSSIGNY, Amph théâtre, p. 437 (p. 22) : «A 6 mètres 50 centimètres en contrebas de la maison Bouchardy, à l'extrémité du grand de l'arène». Cette indication nous fut précieuse ; elle donnait un ordre de grandeur (189 m. 20 environ). En fait niveau de l'arène est un peu supérieur. - Pour Artaud, voir infra, n. 160.

L'AMPHITHÉATRE DES TROIS GAULES 131 ciment131, carrelage qu'ils ont remarqué à peu près au même endroit, à environ 40 ans d'intervalle : vers le nord-est de l'arène132 (pl. II, no 35, el2 d'une part ; pl. III, vers le point E, f/2, d'autre part). C'est en un point presque opposé, mais également périphérique que notre sondage B (fig. 9, b) a trouvé en place133 des briques mesurant O m. 30 environ de large (1 pied romain) et O m. 05 d'épaisseur134. Il n'est pas certain que toute la surface de l'arène fût pavée : plus à l'intérieur, Artaud n'a reconnu qu'un sol bétonné135. Le tunnel de la Voirie qui a traversé toute l'arkne en passant immédiatement audessous (fig. 9, e-f) n'a rencontré en 1957 aucun vestige de fossei3= ou de fondation ; aucun reste d'égout non en dehors de l'égout elliptique qui en faisait le tour. Ce canal nous est aujourd'hui bien connu. Dégagé par Artaud13s sur plus de la moitié Cliché E. Moncorgé. du pourtour (pl. 11, no 5 et 6, h/2,3 et d/6)139 ;. 18. - Le canal autour de l'arène et la base du podium dessinés par Chenavard aprbs les fouilles dessiné par Chenavard (fig. 18) ; recomblé ; d'artaud. Voir note 41. 'mis au jour à nouveau - partiellement - par les travaux édilitaires du Second Empire140 et alors relevé par le même Chenavard (pl. III), il a été retrouvé en 1956 et suivi sur 6 tres dans notre sondage A, coupé transver.salement en 1957 par le sondage B et le tunnel (131) ARTAUD, Amphithdâtre, ms. D, p. 18 : «Nous avons remarqué que [le sol de l'arêne] était carrelé avec un ouble rang de briques cimentées par-dessus (no 35) ii ; Lyon souterrain, p. 97 : Sur le sol garni de deux rangs de carx r. MARTIN-DAUSSIGNY, op. laud., p. 437 (p. 21-22) : a En avant de cette base [taillée en biseau] existait encore partie du carrelage de l'arène, composé de deux rangs de briques bien liées et recouvertes de ciment» ; SAINT- LIVE, Voyage..., p. 59 : 11 Le pavé de briques bien cimenté de l'arène i. (132) Artaud, le long du canal elliptique, vers l'intérieur ; Martin-Daussigny, semble-t-il, entre le podium et (133) Le long du canal elliptique, vers I'irit8rieur. (134) Artaud note, en marge de sa première planche (ici pl. 1, a/8) : «briques de 2 pouces dlép(aisseur) [soit O m. 0541 et sur le sol deux rangs de briques». (135) ARTAUD, Amphithéâfre, ms. D, p. 6 : u Ce bassin dont le sol est bétonné (no 3)... n ; pl. II, no 3, d/2. (136) Cf. déjà ARTAUD, op. laud., p. 11, corr. 9 : (1 On ne conait (sic) dans les fondations de notre édifice aucune race des... loges de bêtes qu'on remarque ordinairement dans la partie souterraine des amphithé%tres )); mais il regrette ailleurs (p. 43, corr. 26) qu'on n'ait pas fait une excavation dans le milieu même du bassin [entendre de l'arène] 1) ; cf. toutefois pl. II, no 14, d/4 et e/4. (137) Cf. supra, n. 83, 115 et 119. (138) ARTAUD, op. laud., p. 7 et 9, corr. 8. (139) La plupart des monnaies ont été trouvées dans ce canal, voir infra, n. 400 ; et, en outre, notamment un tuyau, ou comme dit Artaud d'un mot encore en usage à Lyon un cornet de 6 pouces de largeur [O m. 161 avec la marque du plombier, qui est un bige en bas-relief )I, ARTAUD, op. laud., p. 7-8 et p. 43, corr. 26 ; pl. 1, HH et pl. II, (140) MARTIN-DAUSSIGNY, Amphithéâtre, p. 420 (p. 5).

132 J. GUEY ET A. AUDIN de la Voirie (E). Une description précise est devenue possible. Les principales caractéri tiques141 ont été résumées sous forme de tableau, figure 19. L'écoulement des eaux faisait selon la pente générale de l'arène, vers le sud-est. Le canal se vidait certaineme dans I'un des deux égouts d'abduction retrouvés142. Comme nous l'apprend Artaud, était couvert143 : c'est pourquoi sans doute il était de largeur irrégulière et suivait la cour du podium à des distances assez inégale~l*~. Niveau de l'arène..... ; largeur..... 2 \ distance (a)... rofondeur.... 2IP niveau du radier.... Sondage B fig. 9, b et fig. 25 pl. IV, f/ll 190,73 0,51 1,175 1 189,73 E Sondage A fig. 9, e et fig. 26 fig. 9, a et 8g. 24 pl. IV, gh/13 pl. IV, hi114 VII. LE PODIUM Le podium reposait sur une fondation large de 1 mètre environ, profonde semble de 1 mètre aussi (fig. 26). Cette fondation a été coupée en mai 1957 par le tunnel d Voirie, en E (fig. 9, e)145. Au niveau de l'arène ont été retrouvés les éléments suivants : 10 en certains endro des blocs de pierre biseautés ; 20 ailleurs, le soubassement sur lequel reposaient ces bloc 30 contre ces blocs, du côté opposé à l'arène, des restes de maçonneries portant el1 (141) Le fond est cimenté ; les parois, formées de moellons de schiste. En un point très voisin de F (fig. 9 pl. II, d/l), la largeur du canal était de 1 pied 7 pouces [soit O m. 5151 et la profondeur de 3 pieds K [soit 1 m. d'après un dessin A AR TAUD, Amphithéâtre, ms B., fo 3, ro. (142) Voir supra, n. 115. (143) ARTAUD, Amphithéâtre, ms. D, p. 43, corr. 26 : a A l'extrémité du petit axe de l'ellypse (sic) [entendre s aucun doute, d'après le contexte : à l'extrémité nord-ouest du grand axe de l'arène], du côté de l'ouest (no 45), le vomitorium (no 2 bis) [il veut dire le couloir d'accès à l'arène], nous avons remarqué de grosses pierres qui ne paraiss pas avoir été déplacées et qui recouvrent une portion du canal ; nous présumons qu'il y avait là un passage ou un entrée >) (pl. II, no 2 bis et 45, a/l et a/2). Le canal devait être couvert sur toute la longueur. (144) Nous ne croyons pas devoir discuter l'opinion selon laquelle l'arène aurait été propre aux naumachiques. Pour le soutenir, ARTAUD, op. Zaud., p. 30-31, corr. 19, et MARTIN-DAUSSIGNY, op. laud., et 436-437 (p. 9-12 et 20-22) faisaient état d'un prétendu canal d'adduction est-ouest aboutissant près (pl. 1, QQ, ef/ 5; pl. II, n o 18, h/5). Or la pente de ce canal (si ce n'est un égout!) probablement postérieur à 1 est en sens contraire, vers le Rhône! Il n'y a donc pas d'aqueduc pour remplir la naumachie, C. GERMAIN DE ZAN, Les aqueducs antiques de Lyon, 1909, p. 136-137, d'après Flacheron. (145) D'après le sondage A (fig. 24), l'épaisseur de la fondation en ce point serait d'environ O m. 90. - De (de fondation?) en blocage ont été relevés en F (fig. 9, f) entre les cotes 189 et 190, approximativement. Le de l'arène en ce point peut être environ 191 m. - On a de la peine à croire à l'absence de toute fondation du c de l'est ; cf. toutefois MARTIN-DAUSSIGNY, Amphithéâtre, p. 436 (p. 21) : «Une ligne de pierres de la base du podi retrouvée encore sur son lit de pose... reposait sur un sol très ferme, devenu presque de la pierre par l'infilt des eaux calcaires qui viennent de la Croix-Rousse n.

L'AMPHITHBATRE DES TROIS GAULES Cliché C. Gervais. Fig. 21. - Sondage A. Même canal. Vue verticale plongeante prise de la rive sud (noter la courbure de l'ellipse). Cliché C. Gervais. 20. - Sondage A (1956). Le canal autour de l'arène. Vue longitudinale prise de l'est. Cliché C. Gervais. Fig. 22. - Sondage B (1957). Même canal. Vue verticale plongeante prise de la rivebsud. Fig. 23. - Sondage C (1957). Vue prise du nord. Cliché C. Gervais.

134 J. GUEY ET A. A,UDIN aussi sur la fondation du podium; 40 en arrière de cette fondation (par rapport à I'ar' à un métre environ, les restes d'un petit mur. Ce dèrnier élément est encore mal CO voire même un peu douteux ; les deux premiers, sinon le troisième, peuvent être ex tement décrits. 10 Blocs biseaulés. «Au-dessus du canal (elliptique) nous avons remarqué (en place) une su de pierres formant la courbe de l'ellypse (sic), taillées en biseau pour recevoir les dalles oii plu les assises du.... podium», écrit Artaud (cf. fig. 18)146. Martin-Daussigny est plus précis : «Les 4 juin 1860..., dans cette tranchée du chemin de fer de la Croix-Rousse, une ligne de pierres de la du podium a été retrouvée encore sur-son lit de pose. Nous avons pu la suivre sur une étendu 15 mètres» (pl. III, El fg/2, 3, représentation conventionnelle)147 : «elle donnait la courbe de l'el mais dans la partie la moins prononcée, c'est-à-dire dans le milieu de l'ovale pris dans son plus axe... Son angle intérieur était taillé en biseau, ainsi que le dit Artaud... Sa hauteur était de 58 c mètres dans sa plus grande élévation, et, di1 côté du biseau, seulement de 40 centimètres. Sa b était de 48 centimètres et sa surface supérieure horizontale de 37 cent,imètre~l~~. Sur cette s s'élevait la partie antérieure du mur du podium. Sur l'angle de cette base taillée en biseau e pratiqués des trous carrés, tous placés régulièrement à la distance de 1 mètre...»149. Dans un coin de son plan, Artaud a figuré très négligemment la coupe d'un de ces bl biseau (pl. II, h/2) et le beau dessin de Chenavard (fig. 18) en montre plusieurs, encore en p qui ont été remis au jour en 1819-1820. Mais la représentation la plus dhtaillée est dans une é du même Chenavardls0 (fig. 27) : certaines cotes diffèrent un peu des dimensions relevées Martin-Daussigny, sans qu'il y ait lieu sans doute de trop s'attarder à ces difi'érences151 : épai inférieure, O m. 48 (M.-D., 0'48) ; épaisseur supérieure, 0,319 (M.-B., 0,37) ; hauteur anté 0,42 (M.-D., 0,40) ; hauteur postérieure, 0,50 (M.-D., 0,58) ; longueur, 1,96. Le biseau, la O m. 22152, a une forme légèrement concave. Les trous sont bien espacés de 1 mètre d'axe axe (fig. 27). 20 Soubassement. Nous n'avons retrouvé aucun de ces blocs. Toutefois le sondage A (fig. remit au jour en 1956 (fig. 24) un soubassement B en opus caemenficium, distinct du sol maçonn qui s'étend en avant à peu près au même niveau ls4 jusqu'au canal elliptique. Large de O m. cette assise avait été établie de toute évidence pour porter les blocs biseautés. Martin-Dauss fait sans doute allusion à ce soubassement, en des termes assez obscurs, lorsqu'il écrit : «Une trace des pierres de la base du podium, et se reliant parfaitement avec celles trouvées sur le de pose (cf. supra, p. 134, 10) (a) été rencontrée à 6 mètres 50 centimètres en contrebas de la m Bouchardy à l'extrémité (sud-est) du grand axe de l'arène où la courbe est le plus sentie» (pl. 1 E, g/4,5, où d'ailleurs le soubassement n'est pas représenté, non plus que sur le plan Chenavard)ls5. (146) ARTAUD, Amphitheâtre, ms. D, p. 8 (147) Mais voir en outre le plan de Cheuavard au 1/100e, certainement plus exact sur ce point. (148) Sur le plan au 1/100e, la longueur de 3 blocs est indiquée : 2 m. 63 ; 3 metres; 3 m. 90. (149) MARTIN-DAUSSIGNY, op. laud., p. 436-437 (p. 21-22). (150) Épure au I/20e, sur le plan au 1/100e. (151) Le tailleur de pierres ne s'était pas attaché à une rigoureuse egalite des dimensions en epaisseur. D'au part il sufflsait quc blocs hauts et blocs bas fussent de niveau en haut. Différences analogues dans les dimensi des chaperons. (152) Sans doute en suivant la concavité. (153) En surface au moins, aucun élement n'était commun au blocage de B et au sol C : le climat lyonnai obligé a reconstruire les vestiges laissés au jour. (154) D'après le profil propose par Artaud (pl. II, no 40 bis, h/2), ce soubassement aurait eu au contraire hauteur assez considérable. (155) MARTIN-DAUSSIGNY, Amphttheâtre, p. 437 (p. 22) ; cf. p. 431 (p. 16). - Plan au 1/100e.

L'AMPHITHÉATRE DES TROIS GAULES JO/ moderne //sz.30) O IO 20 30 $0 $0 100 1% 200 I (i90.30) cm. 1 L --------------- ---A Altitudes en mètres Fig. 24. - Sondage A (1956). Dessin de A. Audin. Coupe transversale nord-estlsud-ouest (le nord-est à droite). 30 Premier mur. Les restes très endommagés d'un mur ont été retrouvés dans le sondage A 24, A). Parallèle et contigu, par derrière, aux blocs biseautés, cet élément avait encore O m. 40 aisseur dans les parties bien conservées ; il portait certainement sur la même fondation que les s156. La hauteur actuelle n'était plus que de O m. 32, au plus. - Ce même mur avait été déjà 1s au jour en 1860, en deux aut,res endroits, et sur une longueur de plusieurs mètres. Il figure sur deux plans conservés de ces trouvailles (pl. III, E, f/2 et g/4,5). L'épure de Chenavard lui donne e épaisseur de O m. 50 environ. 40 Deuxième mur. Le sondage A, ouvert à partir du sud-ouest et dirigé vers l'arène, nous fit abord tomber sur des vestiges de piètre apparence, conservés toutefois par endroits sur une hauteur O m. 50, orientés parallèlement au bord de l'arène, à 1 mètre environ en arrière di1 podium r rapport à l'arène. Il peut s'agir d'un mur antique, d'épaisseur indéterminée. Artaud a retrouvé en deux endroits et, sur plusieurs mètres l'un de ces deux murs, plutôt le emier15'. Il le représente en élévation (!)158 sur son plan (pl. II, no 20-21, a/3,4) ; il le donne aussi même planche, dans sa coupe du podium (ibid., no 41, h/2). Cet élément était de petit appareil. erprétation d'artaud est prudente, niais ambiguë : «A quelques pieds de ce canal (elliptique), rit-il, on distingue des débris de murailles que nous croyons être la naissance ou la première ligne (156) D'après Ia trouvaille E (fig. 9, e) ; cf. fig. 26. (157) D'après la coupe proposée par Artaud, pl. II, no 41, h/2; mais voir infra, n. 159. (158) Une autre représentation en élévation, sur le même plan, infra, n. 262. (159) ARTAUD, Amphithéâtre, ms. D, p. 8-9, corr. 7-8. Ce texte pourrait convenir au deuxième mur, voir supra, n. 157. Artaud distingue ailleurs gradins et podium, op. laud., p. 41, eorr. 25 : il appelle plus particulièrement podium le balfeus de la terrasse du podium, voir infra,'n. 169.

136 maçonnerie l i 1 I 1 l l I - Echelle - O 1020304050 >. : :.! (190.73) Altitudes en mètres Dessin de A. Audin. Notre sondage B (fig. 9, b) n'a pas été concluant. 11 a rencontré en arrière du podium une m de maçonnerie haute de 2 mètres, mais trop informe pour permettre encore aucune interpréta utile. (160) On peut admettre que la terrasse du podium était a environ 2 mètres au-dessus du niveau de l'arène. Écrivant que «la profondeur du bassin naumachique [l'arène] est de 18 a 20 pieds [5 m. 85-6 m. 491 r, ARTAUD, op. lau p. 18 (cf. p. 8 et 34) entend que le sol de I'aréne est apparu à cette profondeur au-dessous du sol de son temps : cotes de niveau approximatives, fig. 4 : 195-196 [lire peut-être plutôt 196-197?].

L'AMPI-IITHÉATRE DES TROIS GAULES //89.02) Altitudes en mêtres Dessin de A. Audin. Fig. 26. - Fondations coupées en E (fig. 9, e) par le tunnel de la Voirie (1957). Coupe transversale nord-estlsud-ouest (le nord-est à droite). éléments contigus : a) du côté de l'arène des blocs biseautés (10) larges de 0,48, reposur leur soubassement en blocage (20) ; b) en arrière, un premier mur (30), épais de O à 0,50. Les blocs biseautés servaient à leur tour de base à de grandes dalles verticales ostates)l6l1 auxquelles le premier mur (30) servait d'appui par derrière. Le premier, d'autre part - et aussi le deuxième (40)? - devaient supporter la plate-forme du zum. La partie supérieure des orthostates formait très vraisemblablement parapet lteus), limitant cette plate-forme du côté de l'arène (fig. 24-26)162. Clzaperons. -Ces dalles sont perdues, mais on a retrouvé des éléments du chaperon dont s ét.aient couronnées - le dernier en date, en mai 1957 (tunnel de la Voirie, vers El C'est un bloc de choin entier, de 1 m. 24 de long, haut de O m. 44, large à la base de 0,33 et iné en haut par un demi-rond de O m. 47 de diamètre (fig. 28)163. Le demi-rond est taillé de re à former d'un côté du bloc - le côté jadis tourné vers l'arène --- une sorte de corniche en de O m. 14. Cette corniche se raccorde à la partie inférieure de la pierre par une large mouluion, en forme de doucine. Au sommet subsiste un trou de scellement carré de O m. 09 de côté. rebords des deux tranches du bloc ont été soigneusement retaillés pour assurer un joint parfait vec les blocs voisins. Le trou d'un crampon se voit encore sur une des tranches, en bap4. (161) D'après notamment la forme biseautée, caractéristique, de ces blocs, nous ne croyons pas qu'ils aient pu vir de bordure à l'arène en avant du podium. (162) Aliter, mais certainement a tort, Artaud, voir infra, n. 169. (163) La pièce est restée dans la pelouse du Jardin des Plantes, a l'est du Monument Burdeau. (164) Pour un autre trou semblable, voir infra, n. 166, in fine.

138 J. GUEY ET A. AUDIN Artaud avait déjà découvert plusieurs pierres analogueslg5 (pl. 1, II et KK, bc/6 et de/ pl. II, no 3, d/2; no 9, e/2; no 28, deill ; no 29, gh/ll, ; no 31, a/10). L'un de ces éléments, sa par l'inscription qu'il porte (LAVOR, CIL, XIII, 2044, voir infra, XI, Les inscriptions, no 2 trouve au Palais des Arts (fig. 35)16G. -Vers mai 1860, Martin-Daussigny put relever «dans la tranc du chemin de fer de la Croix-Rousse... un certain nombre de fragments provenant de I'accou du podium, tels que ceux découvert,^ par Artaud al6'. L'épure cotke de Chenavard représente un ces pierres (fig. 27)lGS. Voici toutes les dimensions relevées de ces divers blocs. Hauteur: O m. 43 (chaperon LAVO 0,44 (chaperon 1957) ; 0,48 (chaperon Chenavard). --Épaisseur ci la base : 0,319 (!) (chap. Chenava 0,33 (chap. 1957) ; 0,38 (chap. Artaud). - Épaisseur maximum (diamètre du demi-rond): (chap. 1957) ; 0,48 (chap. Chenavard) ; 0,50 environ (chap. LAVOR). - Longueur: 0,90 (ch LAVOR - incomplet?) ; 1,24 (chap. 1957) ; de 0,97 à 1,30 (chaperons Artaud) ; 1,50 (ch Chenavard). Il n'est pas sans intérêt de comparer les dimensions des blocs biseautés (ou bases) à celles chaperons : même largeur maximum, 0m. 47-0,48 ; saillie très conlparable de la plinthe du et de la corniche du haut, de O m. 11 à 0,16 ; quant aux surfaces horizontales qui se trouvaien contact des orthostates du podium, en haut et en bas, elles mesuraient transversalement selon les 4 4 blocs de O m. 32 ou 33 (base Chenavard ; chaperon 1957) à O m. 37 (bases Martin-Daussigny) et 0.38 * (chaperons Artaud). C'est entre ces deux limites que devait varier l'épaisseur des dalles verticales, (165) ARTAUD, Amphithéâtre, ms. D, p. 8 : (1... plusieurs pierres de 3 sur un pied 2 pouces [O m. 381 de diamétre» - par diamètre entendre l'épaisseur du bloc en bas (!) - par-dessus, décrivant plus ou moins la courbe de l'ellypse selon l'endroit où elles avaient été placées I (on ne même donné la peine de déplacer ces blocs que leur forme rendait impropre au remploi : ils se trouvaien étaient tombés). «Nous avons observé 11, poursuit Artaud, «que ces pierres ont, de distance en distance carrés qui indiquent que le podium était surmonté d'une barrière en bois ou en fer I> ; cf. op. laud., p. 6-7 : a qui travaillée avec soin a dû servir à la margelle du bassin ou [en d'autres termes] à l'accoudoir du podium r. - en outre fig. 34, en haut à gauche et infra, XI, Les inscriptions, nos 2-5. (166) Les extrémités de cet élément disparaissent aujourd'hui dans un montage de plâtre. Un trou de cra devenu invisible, existe à l'une des extrémités, COMARMOND, Description du Musée lapidaire de la Ville de Lyon, p. n o 457 ; cf. fig. 28. (167) MARTIN-DAUSSIGNY, Amphithéâtre, p. 436 (p. 21). (168) Épure au 1/20e, sur le plan au 1/100e. (169) La partie supérieure de ces orthostates formait, avec le chap Au contraire le parapet tel que le représente Artaud dans ses figures (pl. II, tales constituant la terrasse du podium. La tranche de ces dalles, avec les inscriptions ARV. BIT. (CIL, XIII, 1667 a, voir infra, XI, Les inscriptions, no 7) aurait été visible de l'arène; ARTAUD p. 41, corr. 25 : a L'inscription [ARV. BIT. C.]..., étant destinée à former, de cordon autour du podium, se trouvait sur la face extérieure d'une pierre occupaient ces places distinguées». En réalité ces dalles sont des gradins. (pl. 1, d-f/9) se rapporte au balteus du podium: élévation de face, limitée de part et d'autre par un profil de la m nature (mais les deux listels en haut et en bas font difficulté). (( C'était, precise Artaud, ibld., le revêtement du [dev du?] podium», en placage ; ((épaisseur du marbre, 4 pouces [O m. 1081 n. Mais comment supposer un placage de mar surmonté d'un chaperon en vulgaire choin 7 Autre objection : la hauteur totale du parapet, chaperon compris, ser d'environ 1 m. 50! Par cette insoutenable hypothèse d'un balteus plaqué de marbre, superposé aux orthostates podium, Artaud désirait rendre compte des «quelques grandes plaques de marbre (no 42)» trouvées, naturelle brisées, «dans (sic) le podium de Lyon» et s dont sans doute II, ajoute-t-il, «ses murs étaient revêtus». - Tou selon Artaud, CI l'inscription brisée également en marbre... n o 34 [de son plan, pl. II, c-f/ll] a aussi fait partie placage semblable qui indique la hauteur du même podium [entendre, du même balteus] (no 42) r. Il s'agit de XIII, 1665-1666 (voir infra, XI, Les inscriptions, no 21 bis), dont les débris ont été trouvés également dans l'a près du podium. Mais les plaques qui portaient l'inscription sont moins hautes - environ O m. 60 (fig. 40) - d'après Artaud, les prétendues plaques du parapet «2 pieds 3 pouces 6 lignes s - O m. 744. A notre avis, ni les de de l'inscription, ni les fragments anépigraphes n'appartiennent à l'amphithéâtre : l'inscription en tout cas provi selon toute apparence de l'autel de Rome et d'auguste ou de quelqu'une de ses dépendances immédiates, voir in

L'AMPHITHÉATRE DES TROIS GAULES 139 D'après Chenavard. Cliché J. Camponogara. ig. 27. - Rase (bloc biseauté) et chaperon du podium. Fig. 28. - Élément de chaperon du podium (1957). «E, E', cavités pratiquées dans la gorge de la base Hauteur, O m. 44. du podium. 11 Vue latérale, un peu par-dessous. D'après les lettres LAVOR, par nous complétées et développées en [Vel]lauor(~m)~~~, certains haperons portaient, du côté opposé à l'arène, des indications utiles aux spectateurs - sans doute a désignation globale de places réservées à chaque ciuilas dans la partie correspondante du podium. VIII. LA CAVEA Nous admettons avec Martin-Daussigny que la largeur de l'anneau des constructions utour de l'arène était d'environ 38 mètres171. Les parties périphériques du monument osent des problèmes particuliers qui seront examinés à leur tour (infra, IX). Décrivons 'abord les substructions et les gradins de la cauea, non sans souligner l'insuffisance du peu ue nous pouvons en connaître et, partant, le caractère souvent conjectural de notre lanche IV7=. Les subsfructions. - Deux indications générales de Saint-Olive et de Martin-Daussigny (170) Voir infra, XI, Les inscriptions, nos 2 et 3-5. (171) Voir supra, n. 126 et infra, n. 192. (172) La position du bord de l'arène sur notre planche IV n'est qu'approximative (voir néanmoins supra, n. 120) ; e même la position du mur rayonnant mis au jour dans le sondage D (fig. 9, d). Quant aux substructions trouvées en 860 sous la partie est de la cauea (notamment la première galerie»), leur position a été proposée par rapport au bord e l'arène - donc sous bénéfice d'inventaire. Seule la position de la «seconde galerie r (fig. 9, g) est indépendante e cette référence au bord de l'arène : elle a été déterminée directement par rapport à la planimétrie moderne du ardin des Plantes (pl. IV, ij/8).

140 J. GUEY ET A. AUDIN concernent la construction de ces murs : c'étaient des murs de blocage parementés en appareil comportant des chaînages horizontaux (arases) de deux rangs de bric~uesl~~. A. Struclures ragonrzantes. Nous avons reconnu sur le Plan scénographique du milieu du xvre siècle (fig. 5 et 6) les soubassen~ents d'une voûte appartenant à la partie nord-est de la cauea: deux murs de support rayonnants et, du côté opposé à l'arène, un mur d'obturation transversal1 Artaud signale dans la même région (( un pan de muraille relatif aux gradins, se dirigeant vers centre du bassin (entendre de l'arène)»175 (pl. 1, Q, e/3 ; pl. II, no 1, f/l). Deux puissantes fondations traversant la cauea dans toute sa 1argeu1-l~~ ont été trouvées 1860, du côté de l'entrée sud-est du monument. La description en a été donnée ci-dessus d'apr Martin-Da~ssignyl~~ et discuté l'emplacement peut-être assez incertain17s. Il s'agit d'un des rest les plus importants de ces substructions. - Dans la partie diamétralement opposée, notre sondage (fig. 9, d) a remis au jour un mur de même épaisseur (1 m. 42).179. Le parement ouest en petit appar horizontal, dégagé sur 1 mètre de hauteur, est remarquablement conservé. Par sa position cet muraille pourrait bien être le mur sud-ouest d'une entrée (en très forte pente?) donnant accès l'extérieur (porte nord-ouest?) à l'arène. Mais gardons nous de toute interprétationlso. Les textes concernant les voûtes sont assez longs, sinon très précis. En général, écrit Artau le pourtour du sol de cet édifice devait être voûté. Nous en jugeons par les grottes inclinées q supportaient les premiers rangs des gradins de la partie méridionale et par le mouvement réguli du terrain qui est à l'est»ls1. Lors des déblais de 1854, Comarmond revit les mêmes voûtes : «L grottes dont parle (Artaud) ont été d'abord retrouvées dans les travaux récemment exécutés p la construction du grand réservoir... ; en coupant le versant nord, on a rencontré des lignes de vou pleines (?)ls2 et parallèles, occupant un espace assez grand dans le sens de leur largeur ; on n'e point arrivé à l'extrémité de leur longueur qui, dans la berge, allait en s'élevant graduellement midi au nord. Comme Artaud, nous reconnaissons dans cette antique construction une base t convenable pour la pose des gradins... Le lieu occupé par ces voûtes faisait face au midi»ls3. De démonstration confuse par laquelle Comarmond veut prouver que le monument du Jardin Plantes était un théâtre (en quoi il a tort)ls4 - non pas une naumachie (en quoi il a raison)ls retenons encore ces quelques mots : «... la berge nord où l'on a laissé les lignes de voûtes inclinées. (173) SAINT-OLIVE, dans Revue du Lyonnazs (n. S.), IX-1854, p. 432 : a On ne nous a pas laissé entrer dans travaux [de 18541 ; cependant il nous a semble de loin que le revêtement des murs découverts se composait de moello places horizontalement il. MARTIN-DAUSSIGNY, Amphztheâtre, p. 433 (p. 18) : «Ces différentes murailles de souténeme des gradins étaient formées comme les autres de moellons de roche granitique avec des liaisons de grosses briques s deux rangs formant ainsi de longues lignes de couleur espacees de 50 centimetres environ [1860] 1). Après une parent les lignes qui viennent paraissent se rapporter aux mêmes murailles (plutôt qu'aux murailles d'enceinte) : r Sous de ces murailles etait une voûte de support, formée de moellons et comblee de maçonnerie : elle avait 3 mètre haut sur 1 m. 45 de large. La muraille était parementee du côte du midi et de l'ouest [lire : de l'est?], c'est-aextérieurement et interieurement >I (?). (174) Voir supra, dans Gallza, XX-1962, p. 126. (175) ARTAUD, Amphitheâtre, ms. D, p. 9, corr. 8. (176) Cf. supra, p. 127-128. (177) MARTIN-DAUSSIGNY, Amphztheâtre, p. 434 (p. 18). (178) Voir supra, n. 118-121. (179) Voir supra, dans Gallza, XX 1962, p. 134. (180) Voir infra, n. 199 et 296, in fine. (181) ARTAUD, Lyon souterrain, p. 98 : s Ce que nous n'avons peut-être pas dit, c'est qu'en genéral le pourtour... le fouilleur de 1818-1820 n'en avait en effet rien dit dans ses rapports manuscrits. (182) Remplies de terre? (183) COMARMOND, dans Revue du Lyonnals (n. S.), XVI-1858, p. 27. (184) Au moment même de la publication de l'article de Comarmond, cette opinion était refutée par les déco rertes de 1858, MARTIN-DAUSSIG~\~Y, Revue du Lyonnals (n. S.), XVI, 1858, p. 165-166. Voir infra, n. 233. (185) Voir supra, n. 144.

L'AMPHITHÉATRE DES TROIS GAULES berge nord où l'on a laissé les restes de deux voûtes et d'une demi-voûte»ls6; et ailleurs encore : nord, on a mis à découvert des rangées de voûtes inclinées qui doivent être considérées comme t servi de support aux gradins... rls7. Témoin furtif, mais exact1ss, Saint-Olive écrit de son côté : (( Les travaux de déblai permettaient contempler du côté de la colline les substructions qui soutenaient les voûtes au-dessus desquelles evaient être placés les gradins. Je revins le lendemain dans l'intention de dessiner ces ruines pittosques et intéressantes, niais elles avaient déjà disparu avec une rapidité qui tenait du prodige, sorte que peu de gens ont pu contempler ces débris de notre histoire locale gallo-romaine»ls9. Ainsi donc des voûtes rayonnantes sont-elles bien attestées au sud de l'arène, où mênie (( les ers rangs des gradins )) étaient soutenus par des maçonneries (Artaud)- ail moins après la ion du monumentls0. Des voûtes semblables supportaient au nord de l'arène les parties hautes a cauen peut-être plus récentes que les autreslgl. Que dire des parties basses? Creusées dans la Iline, reposaient-elles sur la pente naturelle d'un sol consolidé simplement par des murs elliptiques des murs de refend, tous enterrés? on peut l'admettre raisonnablement, du moins pour l'amphiéâtre primitif. A quelle distance de l'arène naissaient en ce cas les voûtes décrites par Comarmond par Saint-Olive? le seul texte à citer rst d'une obscurité rebutantelg2. B. Structures elliptiques. Celles de ces substructions (10) qui sont le plus rapprochées de l'arène nous sont connues par un assez grand nombre de dimensions précises. Les autres vestiges (20) seront évoqués ensuite et, nécessairement, dans les termes les plus vagues. 10) Les deux galeries (et les escaliers). Dans l'état présent de notre documentation, peut être tenue pour très probable l'existence sous la cauea de deux galeries différentes, A des niveaux différents, mais non pas superposées. La galerie inférieure a ét,é retrouvée en 1860 dans la partie est de 1'Amphithéâtre (pl. III, C, gh/1,3) ; la galerie supérieure, en 1958, dans la partie nord (fig. 9, g et pl. IV, ij/8). Que savons-nous de la première? (a) Le plan de Chenavard à l'hôtel de Ville et le plan publié par Martin-Daussigny (ici pl. I11)lg3 montrent dans ce secteur de la cauea, en arrière du podium, un espace vide de 10 mètres environls4, puis d'abord un mur elliptique de 0 m. 50 d'épaisseur, ensuite un passage dont la largeur est cotée 1 m. 30 (et dont l'axe longitudinal est donc à Il m. 15 du mur du podium) ; enfin, un second mur (186) COMARMOND, art. laud., p. 30. Elliptique ou rayonnante, la demie-voûte? et à quel niveau? Elle semble bien avoir été trouvée à la limite des déblais de 1854 (réservoir); cf. peut-être les demi-voûtes couvrant, aux Arènes de Nîmes, les accès à la cauea summa. (187) COMARMOND, art. Iaud., p. 36. (188) Voir supra, note 173. (189) SAINT-OLIVE, Voyage, p. 57-58. (190) Sur cette réfection, voir infra, X, Éléments d'une chronologie. Sur le niveau du terrain naturel, au sud de l'arène, voir supra, n. 129. On peut supposer que, dans un premier état de la cauea, large alors de quelques gradins seulement, un remblai compact surélevait le sol jusqu'au niveau des gradins ; cf. par exemple la partie ancienne de l'amphithéâtre de Cemenelum (Cimiez), P.-M. DUVAL, dans Gallia, IV-1946, p. 108. (191) Pour cette disposition de la cauea, cf. les Arènes de Lutèce, en dernier lieu, P.-M. DUVAL, Paris antique, 1961, p. 185. (192) COMARMOND, dans Revue du Lyonnais (n. S.), XVI-1858, p. 30 : «Si nous mesurons la longueur des voûtes à partir du centre du bassin jusqu'à la berge nord où l'on a laissé les restes de deux voûtes et d'une demi-voûte, nous trouvons environ 38 mètres de distance ; d'où il résulte que la prétendue naumachie devait occuper un périmètre égal de constructions dans son étendue circulaire, savoir 38 mètres. D'après ce calcul., le bassin n'aurait eu que 7 mètres de diamètre, tandis que celui existant aujourd'hui en a 30 n. Comprenne qui pourra! De toute façon ce texte ne saurait prouver que des voûtes rayonnantes étaient conservées sur une longueur de 38 mètres (simple coincidence, cf. supra, n. 126). (193) Voir supra, I, Note bibliographique, n os 20 et 22, respectivement. (194) Dimension mesurée à partir du premier mur du podium, non compté l'épaisseur de ce mur.

J. GUEY ET A. AUDIN de 1 m. 30 à 1 m. 35lS5. Il y a lieu de reconnaître ici un couloir (plutôt qu'un égout)196, le même sa, nul doute que Martin-Daussigny décrit en ces termes : «Un;e galerie voûtée ayant la forme de l'ellips et que nous avons pu parcourir avec M. Clienavard... pendant l'espace de 25 mètres ; un éboulemen considérable, formé lors de la construction de la maison Bouchardy, nous a empêchés d'aller plu avant»197. Et voici même une indication de niveau : la ligne des pierres biseautées de la base d podium ((retrouvée encore sur son lit de pose» (pl. III, E, bis, f/2 et g/4,5) - au niveau à peu pr de l'arène, soit environ 190,60 en cet endroit - «était en avant et à 3 mètres 80 centimétres en contr bas de la partie supérieure et intérieure de la galerie voûtée qui supportait les escalierslg") dont nou allons parler. Si nous comprenons bien, le point le plus élevé de l'intrados de la voûte en bercea était donc à 194, 40. Le niveau du sol de la galerie ne nous est pas donnélg9. Cette première galerie «supportait 1) deux escaliers. «Au 26 avril 1860, nous découvrîmes la tranchée du chemin de fer de la Croix-Rousse, un escalier de sept marches en belles pierres d choin de Fay : chaque marche avait 44 centimètres de foulée et 33 centimétres de hauteur. L largeur de l'escalier était de 1 m. 50, fermée de chaque côté par un mur de 60 centimétres d'épais seur ~ 20 O... «A 16 mètres plus au midi, nous retrouvâmes un escalier en tous points pareil aii prem Tous deux se dirigeaient de la circonférence au centre de l'édifice»zo1. Ces escaliers figurent sur deux plans (pl. III, D, bis, g/2 et h/3). Bien que manquant de rigueur sur ce point, ces deux documen montrent assez bien zoz comment «ces deux escaliers étaient supportés par la galerie»203. Rapprochan textes et images, nous regrettons certes qu'il ne nous soit pas dit ni montré dans quel sens étaien les pentes ; mais nous jugeons que ces escaliers rayonnants passaient par dessus la galerie elliptiqu perpendiculairement, et, portaient sur l'extrados du berceau qui la couvrait. (b) L'extraction des deux dalles de la dédicace à Tibère (infra, XI, Les inscriptions, no 1) nou valut en février 1958 la découverte d'une seconde (?) galerie elliptique, qui fut dégagée sur 3 m. 50 d long204. Cette galerie court en arrière de la première (vers l'extérieur), à un niveau plus élevé (fig. 9, L'axe de ce passage est à environ 15 m. 12 du mur du podium. Le sol où s'ouvrait le puits couv par les deux dalles paraît avoir été de terre battue. Le niveau en est donné par les fondations : 195, La largeur est de 2 m. 25. Deux murs, parementés d'un petit appareil horizontal205, limitent couloir au nord et au sud. Ils sont conservés en cet endroit, le premier jusqu'à une hauteur de 2 m. (195) Dimensions et cotes d'après le plan au 1/100e. (196) Noter l'étroitesse de l'espace entre les deux murs. Il existe au grand Théâtre de Fourvière un passa analogue desservant des escaliers de circulation. (197) MARTIN-DAUSSIGNY, Amphithéâtre, p. 435 (p. 20). L'auteur poursuit : «Il est évident que cette maiso est établie sur une partie des gradins de l'amphithéâtre n ; cf. SAINT-OLIVE, Voyage, p. 91-92 : 11 Le pont de la Commerce [aujourd'hui rue Burdeau]... a été d'une construction très compliquée par suite de la mobilité du et par le voisinage d'une maison considérable [la maison Bouchardy] dont un angle s'approchait à deux mètr face intérieure de la culée de droite [la culée est]. Des murs romains... ont fourni une ressource précieuse et mom contre l'inconsistance du terrain. 2. (198) Art. Laud., p. 436 (p. 21). (199) Cette galerie, si on la prolonge en imagination, paraît venir buter contre le mur D (fig. 9, d), qui la coupe au même niveau. Il n'y a peut-être pas là de diff~culté, si le mur D est bien le mur latéral ouest d'une des deux entr principales de l'arène. (200) Art. Laud. p. 434 (p. 19). Le texte ajoute, p. 435 (p. 20) : «Il est à remarquer que... les six dernières marches de l'escalier étaient enterrées dans un sable solidifié par les infiltrations d'eaux calcaires et devenu ce que l'on appel de la molasse. n (201) Art. laud. p. 435 (p. 20). (202) Les marches du second escalier ne sont pas indiquées sur le plan publié (pl. III, D, h/3) et l'escalier 1 même manque sur le plan inédit. Pour l'escalier nord (pl. III, D, g/2) nos deux plans indiquent 3 marches à côté de galerie (mais sans communication avec cette galerie) ; le texte parle de 7 marches : les 4 autres seraient-elles celles q supportait la voûte, non représentées pour ne pas interférer en projection? (203) MARTIN-DAUSSIGNY, Amphithéâtre, p. 435 (p. 20). (204) Voir supra, dans Gallia, XX-1962, p. 137. (205) Moellons de O m. 20 à O m. 35 de long, de O m. 12 de haut. Les joints ont été faits au riflard et marqués à mi-épaisseur d'un trait rectiligne continu.

L'AMPHITHÉATRE DES TROIS GAULES 143 (au moins), le second, de 1 m. 60. Le mur nord est épais de O m. 8OZo6. La hauteur de la galerie est *eut-être supérieure à 3 m. 62z07. C'est bien là une importante galerie de circulation donnant sans doute accès par des escaliers nnants au podium ou à la cauen, peut-être alternativement aux deux. Les deux escaliers de 1860 taient-ils de cette galerie supérieure ou faisaient-ils suite à des couloirs, inclinés ou non, qui en rtissent? On peut en particulier imaginer que les marches descendaient vers le podium, supportées r la voûte couvrant la galerie inférieure zo8. Ce n'est là qu'une hypothèse, et tout invite à la circons- Il est étrange que cette galerie du haut ne soit pas signalée par Martin-Daussigny ni relevée r nos plans. Ce peut être une omission volontaire ; il en est d'autres exemples : nos documents raphiques sont certainement très incompletsz09. Le texte de Martin-Daussigny ne décrit pas non lus tout ce qui a été effectivement remis au jour, puis détruit ou recouvert210. 20) Autres substructions. Bornons-nous à signaler trois autres éléments des suhstructions de la cauea : Sur les deux plans figure un fort mur elliptique, relevé sur 14 métres de longueur, épais de 1 m. 6OZU. (( Murailles des fondations», dit la légende du plan publié2lz (pl. III, A, gh/1,3) ; à l'extrémité nord, amorce d'un élément rayonnant (couloir, escalier?). - 1860. (( Mur intérieur», élément sans doute elliptique : Artaud crut d'abord, par erreur, qu'il (( appartenait au bassin naumachique )?13(pl. 1, RR, c/5; pl. III, no 12, d/7). - Premier sondage d'artaud, 1818. (( Demi-voûte», peut-6tre elliptique, signalée par Cornarrn~nd~~~. - 1854. Les gradins. - Comarmond nous a laissé en quelques lignes un excellent croquis de cette partie du monument, telle qu'il l'a vue revenir au jour en 1854 : ((Au-dessous des errasses qui couvraient les voûtes supportant les gradins, toutes les tailles avaient été nlevées. ainsi que les moellons de la surface : Ie vandalisme ne s'était arrêté qu'en face des ais et de la difeculté du travail et, sans le plan incliné de cette rampe de voûtes..., il eût été impossible d'établir une appréciation de ces décombres dans un tel état de bouleversement )Pl5. Si nous en croyons notre auteur, renseigné peut-être par quelque tradition orale, ((Artaud et MM. Flacheron et Benoît, architectes, ont vu plusieurs... pierres encore en place, qui entraient dans le premier et le second rang des gradins formant le bas de l'hémicycle... On a retrouvé [en 1818-18201 plusieurs assises du premier et du second rang ))z16. (206) Ce mur présente à la hauteur du puits une coupure correspondant peut-être à un couloir perpendiculaire (un escalier 7). Cette ouverture paraet avoir été murée plus tard. (207) Si on ajoute à la hauteur minimum du mur (2 m. 50) le rayon de la voûte (1 m. 12). -Toutefois, immédiatement à l'est de l'ouverture mentionnée note précédente, la hauteur de la galerie était semble-t-il abaissée par la présence d'un arc transversal, large de O m. 45, dépourvu de pied-droit et naissant dans le mur à la hauteur de 1 m. 50. L'intrados pouvait s'élever au point le plus haut à 2 m. 62 (1 m. 50+1 m. 12). Tout ceci demande vérification. (208) Ou plutôt la moitié méridionale de ce berceau, la plus proche dit podium. Voir supra, n. 202. (209) Voir supra, n. 62. (210) Voir par exemple infra, n. 212. (211) Dimensions mesurées sur le plan au 1/100e. (212) Dans son texte, Martin-Daussigny n'en fait pas mention. (213) ARTAUD, Amphithéâtre, ms. D, p. 6. (214) Voir supra, n. 186. (215) COMARMOND, dans Revue du Lyonnais (n. S.), XVI-1858, p. 29-30 ; cf. WIARTIN-DAUSSIGNY, Amphithédire, p. 451 (p. 36). C'est dans un état tout semblable qu'a été retrouvée en 1933 la cauea du théâtre de Fourvière. (216) COMARMOND, art. laud., p. 38.

144 J. GUEY ET A. AUDIN Quoi qu'il en soit, aucun des éléments découverts plus tard n'était en placez17. Nous ne parlerons donc ni de maenianazls, ni de précinctions, ni de b~ltei~~~. Quatre blocs -trouvés l'un en 1860 (bloc 3)2z0, les trois autres par ~rtaud~~; - ont été épargnés en faveur des inscriptions qu'ils portent zzz : au total 13 places réservées individuellement à 2 Tricasses (bloc 1, CIL, XIII, 1667 c ; voir infra, XI, Les inscriptions, no 6) ; à 1 Arverne et à 3 Bituriges Cubes (bloc 2 ; 1667 a ; infra, no 7) ; à 3 autres Bituriges Cubes (bloc 3 ; 1667 b ; infra, no 8). Artaud a relevé d'autre part sur un autre bloc (bloc 4) l'indication de 4 autres places réservées (1667 d ; infra, no 9). Ces quatre choins sont brisés aux extrémités zz 3. Les queues des pierres ont-elles ét abattues, peut-être pour alléger les blocs lors de leur transfert au Musée? C'est possibl pour le bloc 2 dont Artaud nous donne la profondeur originelle (d'avant en arrière), pieds 5 pouces», 1 m. 10zz4 - dimension réduite aujourd'hui à O m. 50. 11 est probable qu les autres blocs, profonds de O m. 54 (bloc 1) et de O m. 50 (bloc 4, peut-être aussi bloc n'ont constitué que la partie antérieure des gradins zz 5. La hauteur est de O m. 30 pour 1 blocs 1-3 ; de O m. 34 pour le bloc 4. La largeur des places est de O m. 395 pour les bl 1-3 ; de O m. 365 seulement pour le bloc 42z6. Places plus étroites : moins bonnes places zz 7 siège plus haut : raison de plus zzs. La médiocre hauteur des gradins retrouvés ne doit sans doute pas trop surprendre zz 9 Répond-elle à une moyenne, pour l'édifice? C'est vraisemblable, sans être certain. Nou ignorons en outre le nombre et la profondeur utilisable des gradins, c'est-à-dire la profondeu de la partie non recouverte par le gradin supérieur (35 à 40 gradins? de O m. 75?), le nombr et la largeur des précinctions (sans doute deux), et enfin s'il y avait un podium seconda entre maeniana. La pente générale de la cauea reste donc impossible à calculer. Tout plus pourrait-on fixer des limites vraisemblables, par des supputations qu'il est inutil de reproduire ici : l'écart reste trop grand entre hauteur minimum (12 ou 13 mètres?) e (217) MARTIN-DAUSSIGNY, art. laud., p. 433-434 (p. 18) : r Au 17 mars 1860, on trouva dans la partie est l'amphithéâtre [évidemment hors de place] une grande quantité de pierres de taille [certainement anépigraphes] avaient dû faire partie des gradins. n (218) Nous n'oserions par exemple affirmer qu'une praecinctio de la cauea correspond verticalement à tell galerie elliptique de la substruction. Ce n'est pas le cas, par exemple, aux Arènes de Nîmes. (219) Cf. peut-être les blocs sur lesquels sont gravées les inscriptions CIL, XIII, 1667, e, k, i (voir infra, XI, Le inscriptions, nos 12, 17 et 24). (220) MARTIN-DAUSSIGNY, Amphithéâtre, p. 434 (p. 18). (221) Blocs 1 et 2, ARTAUD, Amphithéâtre, ms. D, p. 22 et 34. Bloc 4, ibid., p. 44 (l'inscription parle de 20 place au moins réservkes). (222) Bons dessins des blocs 1, 2 et 4 dans BOISSIEU, Inscriptions antiques de Lyon, p. 467-468. (223) Longueur actuelle : bloc 1, O m. 75; bloc 2, 1 m. 50; bloc 3, O m. 70 ; bloc 4, 1 m. 30. (224) ARTAUD, op. laud., p. 41, corr. 25. L'auteur n'y reconnaît pas un gradin, voir supra, n. 169. (225) Cf. pour les Arènes de Lutèce, P.-M. DUVAL, Les inscriptions antiques de Paris, 1, 1960, p. 75, fig. 38 La profondeur des blocs 1, 2 et 4 est ici donnée d'après COMARMOND, Description du Musée lapidaire de la Ville de Lyon (226) ARTAUD, op. laud., p. 43 et 44, corr. 27, donne 13 pouces (O m. 35) au bloc 4 et 1 pouce 6 lignes de plu (O m. 392) au bloc 2. (227) Sic déjà ARTAUD, op. laud., p. 42 et 45, corr. 27. (228) Les gradins des parties hautes d'une cauea sont souvent moins bas, d'où une pente plus raide. Par exempl au théâtre de Sabratha, G. CAPUTO, Il teatro di Sabratha (dans Monog. di arch. libica, VI), 1959, pl. 74-76, les gradins du bas ont O m. 28 environ de haut, ceux du haut ont jusqu'à O m. 45. (229) Gradins des Arènes de Lutèce, O ni. 28-0 m. 32, voir P.-M. DUVAL, Les inscriptions..., 1, p. 32-36 et 75. Au théâtre de Fiesole, nous écrit M. Caputo, (1 l'altezza è proprio di cm. 35 circa». Voir aussi note précédente.

L'AMPHITHÉATRE DES TROIS GAULES 145 uteur maximum au-dessus de l'arène, pour que nous puissions décider si la facade comrtait du côté sud (outre un attique) un étage ou bien deux230 - ce qui est fort vraisemable vu les dimensions du monument231. IX. LES PARTIES PÉRIPHÉRIQUES Jusqu'à plus ample informé, l'étude des parties périphériques de l'amphithéâtre ne ut guére s'élever au-dessus de la description analytique de quelques éléments232. Tout sai de synthèse, ou même d'assemblage, est prématuré. C'est à titre provisoire que, forcés r l'obligation de tout figurer, nous avons dû prendre sur notre planche IV un certain nombre de partis : les uns sont vraisemblables ; d'autres restent arbitraires, sinon téméraires ; tous doivent être tenus pour de simples hypothèses de travail. A. Les découoertes de 1858. - Partons d'une base solide : les découvertes de 1858 (pl. IV, gk/16-18) ont été exactement relevées, situées par Chenavard et, pour l'essentiel, décrites par Martin-Daussigny. Ce sont principalement deux éléments concentriques dont l'ensemble apparaît 10 Les fondations elliptiques : deux puissantes fondations réunies par un mur de refend. «A 2 mètres en arrière (des piliers, voir infra, p. 000, 20), écrit Martin-Daussigny, et du côté du midi (pl. III, A, fg/8), on mit à découvert une muraille de 2 m. 50 d'épaisseur, suivant parallèlement la courbe de l'ellipse donnée par les piliers. En arrière de cette muraille, toujours au midi, une seconde fut découverte à la distance de 2 ni. 75 ; cette seconde muraille, de 3 mètres d'épaisseur et suivant toujours la forme de l'ellipse, était reliée à la première par des murs formant avec elle un angle droit. Chaque mur de liaison avait 75 centimètres d'épaisseur et était distant de l'autre de 3 mètres ; ce qui formait autant d'espaces vides ou cellules. Le sol des cl-iambrettes, n'ayant entr'elles aucune communication, était en partie formé d'un massif de maconnerie établi après coup et qui, ayant 1 mètre de hauteur et 1 m. 40 d'épaisseur, venait appuyer la base de la première miiraille. Ce travail énorme, dont l'ensemble avait une épaisseur de 8 m. 25 avait été fait pour retenir la masse des gradins élevés sur un sol d'une pente rapide»233. Le plan de Chenavard au 1/50234 donne à peu près les mêmes dimensions : fondation extérieure, 3 m. 05 (au lieu de 3 mètres) ; fondation intérieure, 2,06 (au lieu de 2,50) ; intervalle entre les deux fondations, 2,95 (au lieu de 2,75) ; épaisseur totale, 8,06 (au lieu de 8,25). Prises de mur à mur, au raccord avec le mur intérieur, les distances entre murs de refend sont les suivantes sur le plan : 2 m. 50 ; 2,35 ; 2,90 ; 3 ; 3,15 ; 3,20 ; 3,40. Elles sont donc très diverses, ce qui ne surprend pas, s'agissant de fondations. Martin-Daussigny nous apprend que ces fondations étaient parementées, mais sans chainage de Il semble qu'artaud ait retrouvé ailleurs quelque chose des murs de refend236. (230) Le niveau de la terrasse extérieure ne nous est pas exactement connu ; on peut le supposer avec vraisemlance égal ou supérieur au niveau de l'arène. (231) Dimensions pianimétriques (et donc hauteurs?) comparables a celles des Arènes de Nîmes. Voir infra,. 150-151, D, 10 et 20. (232) Nous admettons que le mur Symeoni (infra, p. 147, B, 10) appartient aux parties périphériques de (233) MARTIN-DAUSSIGNY, Amphithéâtre, p. 430 (p. 14-15). Ces fondations ont été touchées en un point par un sondage d'artaud (pl. II, n o 26, de/9). - Leur découverte en 1858 a prouvé que l'édifice ne pouvait 6tre ni un théâtre, ni un théâtre a arène, ni un amphithkâtre a scène. Voir supra, n. 184. (234) Voir supra, 1, Bibliographie, no 19. (235) MARTIN-DAUSSIGNY, op. laud., p. 433 (p. 18). (236) ARTAUD, légende de sa planche (pl. 1, BB, d/6) : II murailles intérieures des piliers r. Qiielle est ici la part de la restitution imaginative? Voir infra, n. 243..

J. GUEY ET A. AUDIN Aucune indication ne nous est donnée ni sur la hauteur des éléments retrouvés237, ni sur les niveaux. Le sol moderne, en forte pente du nord au midi, s'abaissait avant les travaux de 1857-1859 du niveau 194 (ou 195) au niveau 189 (ou 190) environ (fig. 4). Il a été déblayé jusque vers le niveau 188 le long de la rue Burdeau, davantage encore au sud de cette rue. D'autre part la terrasse qui entourait l'amphithéâtre au sud pouvait être au niveau minimum de 190 environ. C'est entre les niveaux 186-188 d'une part, 190 (?) d'autre part qu'ont dû être retrouvées ces fondations23s. 20 Les onze piliers. Cédons une fois de plus la parole à Martin-Daussigny : «Au mois de janvier 1858, onze piliers des fondations de l'amphithéâtre parurent à découvert (pl. III, G, d/7 et f/7). Ces piliers disposés en ellipse... étaient fornîés de moellons de roche et avaient tous de 1 mètre à 1 m. GO de largeur en carré. Quelques-uns reposaient sur un socle de maçonnerie du même genre. Cette découverte précieuse nous donna la courbe de l'ellipse»239. Noter que ces piliers répondent d'une façon, non pas sans dout,e rigoureuse, incontestable néanmoins, aux murs de refend ci-dessus décrits. 30 Tracé crénelé au nord des onze piliers. Représenté sur les plans, mais non décrit dans le texte - et partant très énigmatique - ce dernier élément mis au jour en 1858 ne s'aligne pas sur les courbes des deux premiers. Les ressauts du tracé ne répondent pas non plus aux onze piliers. Que représentent ces indentations? une fondation renforcée de massifs240? l'affleurement retaillé d'un banc rocheux? la terrasse de l'amphithéâtre primitif, réaménagée au I I siècle ~ après J.-C.? Il est moins difficile d'interpréter les autres découvertes de la même année. Dans son dernier état - mettons à partir du I I siècle ~ après J.-CLZ4I - l'amphithéâtre devait être non seulement revêtu d'une façade en pierres de taille, à piles et arcades, mais encore entouré d'un anneau de maçonneries242. Vraisemblablement cet anneau abritait au rez-de-chaussée une galerie de circulation continue243. Cette galerie était dallée (pl. II, no 37, h/9)244. Il y avait sans doute un premier étage avec une seconde galerie superposée à la première245, et tout en haut un attique. Les fondations elliptiques retrouvées sont bien, pensons-nous, celles de cet anneau périphérique : elles en donnent la largeur approximati~e~~~. Au-delà de la fondation extérieure rien en effet n'a été retrouvé, ou du moins rapporté, qu'on pût attribuer avec quelque vraisemblance à l'amphithéâtre Les dimensions générales du monument conviennent à la plausible hypothèse que cette fondation continue supportait la (237) Si du moins les indications d'artaud au sujet d'une voûte de support ne concernent pas ces fondations, texte citb supra, n. 173, sub fine: II Sous une de ces murailles... >I. La donnée ne s'ajuste pas. (238) Les chambrettes d'allègement de cette structure alvéolée étaient-elles couvertes d'une concameratio? (239) MARTIN-DAUSSIGNY, op. Iuud., p. 429-430 (p. 14) ; cf. SAINT-OLIVE, Voyage, p. 59. Martin-Daussigny poursuit, ibid. : r I,e plan en fut relevé par nous très exactement, et c'est ici que le haut talent de notre confrère M. Chenavard nous fut bien utile». Très nombreuses cotes de détail sur le plan au 1/50e (supra, n. 234). (240) Faut-il mettre ce tracé crénelé en rapport avec le mur Artaud (infra, p. 149, B, 20) 9 (241) Voir infra, X, Éléments d'une chronologie. (242) Dans cet anneau s'ouvraient les portes sud-est et sud-ouest. (243) Sans doute en effet ARTAUD, ZOC. cif. (supra, n. 236), nous parle-t-il de fondations, et non de murs de refend comme il en existe au Théâtre de Lutèce, P.-M. DUVAL, Paris antique, p. 194, fig. 104. (244) En outre, MARTIN-DAUSSIGNY, Amphithéâtre, p. 434 (p. 19) : «A 5 mètres au-dessous de la maison Bouchardy, côté est, nous retrouvâmes une ligne de dalles de 30 centimètres d'épaisseur, indiquant l'ancien niveau des vomitoires i> (entendre: de la galerie) ; cf. p. 435 (p. 20) : r Les dalles qui formaient le pavé des vomitoires» au-dessus des égouts, pl. III, gh/7. (245) Voir supra, n. 231. (246) D'après ce qu'~ un œil exercé u peut distinguer dans u le mouvement du terrain >I, ARTAUD, Amphitheâke, ms. D, p. 15, corr. 11-16, donne «15 pieds environ à la galerie du portique )I- soit 4 m. 87. Mais il ne donne que s 12 pieds de large à l'emplacement des gradins (7 m. 14), ce qui est impossible. Son indication est donc sans valeur. (247) Les murs H (pl. III, cl7 et cd@) paraissent avoir été attribués à bon droit aux soutènements de la terrasse, u en dehors [et en avant] du monument >i.

L'AMPHITHÉATRE DES TROIS GAULES 147 Cliché Archiuio di Sfato, Torino. Fig. 29. - Dessin de G. Symeoni (Ms. J. a X 16, fo 34, vo). Voir notes 249, 251-253, 255. de248. En revanche, la surprise est grande de voir cet anneau de fondations si faiblement relié l'intérieur aux autres substructions de la cauea. Il y a là, dans le système des fondations, une orte de vide relatif. Les onze piliers apparaissent vraiment chétifs pour supporter une structure rrnédiaire forcément assez lourde, qu'on est bien amené à supposer. B. Le mur Symeoni et le mur Artaud. 10 Un dessin exécuté vers 1560 donne quelque idée d'un reste de 1'Aml~hitliéâtre que faute d'une identification certaine, nous désignerons du simple nom de l'artiste249 : le mur Symeoni (fig. 29) (248) Cf. le Théâtre de Lutèce, P.-M. DUVAL, ZOC. ci. (supra, n. 243). (249) Voir supra, I, Bibliographie, no 2. L'interprétation du dessin est difficile : aussi avons-nous travaillé sur l'original, ici reproduit pour la première fois. Cet original diffère par certains détails de la copie de Costanzo Gazzera, souvent reproduite.

J. GUEY ET A. AUDIN était fait, ou du moins revêtu, de petit appareilz5o. Trois arcs clavés s'ouvraient dans la maçonnerie : un arc central plus haut et plus large, deux arcs latéraux qu'on peut interpréter comme symétriques. L'arc central surmontait-il une porte? le passage apparaît en tout cas muré, sans doute B l'alignement de Ia face postérieure de la muraille251 par une paroi, moderne ou antique, de même appareil que le mur lui-même (ou le revêtement du mur). Les deux autres arcs latéraux abritaient des niches de faible profondeur fermées au fond, di1 moins celle de droite, mais probablement l'une et 17autre252, par un mur rectiligne de très petit Il est bien difficile d'interpréter et même de décrire les autres données du dessin. Deux assises de grand appareil paraissent séparées par trois ou quatre assises de très petit appareil. L'assise supérieure (ornée en bas d'un tore horizontal?) est au niveau de la naissance des arcs. Ces éléments appartiennent-ils au Forment-ils massif en et en ce cas sont-ils une adjonction? A quoi servaient-ils? Nous croyons impossible de supputer les dimensions de la ruine : l'un de nous est porté à voir grand, l'autre à voir petit256. Quant au niveau du sol antique, il pouvait être à 1 ou 2 mètres audessous du niveau de 1560. La Veduta de Symeoni représente la face extérieure du mur, à l'opposé de l'arène. Nous reconnaissons en effet sur le Plan scérzographique du milieu du xv~e siècle (fig. 5-6)257 le mur Symeoni et ses arcs, mais vus du dedansz5s. Le plan permet une localisation imprécise, mais certaine : le pan de muraille antique, inclus alors dans un mur de clôture moderne, appartenait au sud-ouest de l'amphithéâtre, non loin sans doute de la porte. L'épaisseur du mur ne nous est pas connue. D'après la hauteur, il est assez éloigné du podium. L'embarrassant, c'est qu'on ne voit, ni d'un côté (fig. 29) ni de l'autre (fig. 5, 6), aucun vestige de mur de refend : ce reste d'élément elliptique ne se rattachait pas (ou plus) à des structures rayonnantes. Où le situer par rapport au petit diamètre de l'amphithéâtre? en particulier par rapport à la porte sud-ouest? Le couloir d'accès faisant suile à cette porte a-t-il pu passer sous l'arc central de la ruine dessinée par Symeoni? Cet arc a-t-il pu, dans un premier état du monument, surnionter la porte elle-même? Selon toute apparence, c'est bien cette ruine qui fut détruite en 1793. On peut la reconnaître dans ces quelques lignes d'artaud : «Il me souvient d'avoir vu avant le siège de Lyon, du côté de l'ouest, quelques arcades de l'[amphithéâtre] construites en petites pierres Après la Révolution, quelques vestiges subsistaient encore en cet endroit : vus par Millin en 1804, ils ont été attribués par ce savant visiteur à «l'entrée principale» du m0nument2~o. C'était sans doute un reste de la ruine détruite sous la Terreur261. (250) Voir infra, n. 256 et 259 (a en petites pierres u, selon Artaud). (251) Se défier sur ce point de la copie de Gazzera. (252) Même observation. Pour Gazzera, la niche de gauche est limitée, semble-t-il, par un mur semi-circulaire et couvert par une voûte en cul-de-four. (253) On aperçoit à droite, presque au niveau du sol, les voussures d'un arc semblable à celui qui couvre la niche, et, semble-t-il, au même aplomb. Peut-être y avait-il deux niches superposées l'une à l'autre? Rien ne se voit de semblable sous la niche de gauche, soit qu'une disposition semblable n'y ait jamais existé, soit qu'elle eût disparu. (254) Y avait-il de gros blocs de part et d'autre de la niche de droite? C'est probable. Ils sont tombés, en ce cas, sans laisser trace d'arrachements. (255) Telle est l'interprétation de Gazzera. (256) La négligence de Symeoni autorise les deux opinions : l'espacement vertical des boulins donnerait une dimension ; mais ces boulins ont été ajoutés après coup au dessin, et avec la plus grande négligence. (257) Voir supra, 1, Bibliographie, n o 1. (258) La courbe de l'élément antique est soulignée par la courbe du mur de clôture. D'autre part la partie la plus haute de la ruine est à gauche sur le Plan scénographique; elle est à droite sur le dessin de Symeoni. (259) ARTAUD, Amphithéâlre, ms. D, p. 4-5, corr. 6. (260) MILLIN, Voyage, 1, p. 460 ; voir supra, n. 22. (261) Cette muraille a dû être rasée jusqu'au sol moderne (1793), mais de telle façon peut-être qu'on en pût reconnaître le plan à ce niveau (1804). Artaud aurait fouillé jusqu'au niveau du sol antique (1818-1820). Ruines et fondations furent détruits en 1858, voir supra, n. 58 et 60.

L'AMPHITHÉATRE DES TROIS GAULES 149 20 Le mur Artaud. Or dans son plan de l'amphithéâtre, Artaud a fait figurer l'élé~ation2~~ n mur appareillé dans lequel s'ouvrent deux arcs de décharge et deux niches d'allègement (pl. II,,9). Cette disposition ressemble beaucoup à celle que nous venons de décrire d'après Symeoni : e fait reconnaître le même mur, ou un mur assez analogue. Artaud n'en dit rien dans sa relation us~rite~~~, mais il apparaît d'après son plan qu'il a, sinon fouillé, du moins «sondé 1) assez larget la zone. Du côté de l'entrée sud-ouest du monument (pl. II, ab/7,8), il retrouva Ies restes un mur percé d'une porte (les vestiges Symeoni, incomplètement détruits en 1793?) ; l'axe de la rte répondrait, mais pas exactement264! au petit diamètre de A une trentaine mètres au sud-est (pl. II, de/8) serait apparu le mur appareillé dont Artaud nous donne 1'éIétioIP6. De la porte au mur, le fouilleur a suivi, le long de l'ellipse, des constructions ou des ndations continues. Les murs de Symeoni et d'artaud posent bien des questions insolubles. S'agit-il d'une seule mème muraille? Où la situer par rapport au podium et à la facade de l'amphithéâtre? en partier par rapport aux fondations elliptiques mises au jour en 1858 (supra, p. 145, A, lo)? Faute de ux, et sous toutes réserves, nous nous sommes rangés planche IV à l'avis d'artaud (pl. II)267. ais que valaient les raisons de son choix? il est aujourd'hui bien difficile d'en apprécier le fort et C. Les piliers Artaud. «Il y a quelques années», écrit Artaud - ce fut croyons-nous en 1807 - u'en arrachant des arbres sur le devant de la petite pépinière, du côté du midi, on trouva sieurs assises de piliers dont les pierres servent aujourd'hui de banc à ceux qui fréquentent cette enade ; j'avais dans le temps commencé à en relever le plan ; mais aujourd'hui... je pourrai er plus de détails à cet égard. La base des pieds-droits du pourtour de cet édifice est de 6 pieds ouces en carré (2 m. Il) et le massif qui existe entre deux a 5 pieds sur toutes les faces (1 m. 624), qui pourrait être comparé en grande partie aux piliers des portiques, à la largeur des arcades... bâtiment de St.- Pierre...»268 Martin-Daussigny précise de son côté que ces restes de plusieurs liers» étaient «en pierre de choi(n) de Fay» et qu'il les a vus lui-même «existant encore en 1820 )P9. On peut certes discuter le sens du mot ((massif )P70 : d'après les dessins d'artaud (pl. 1, Z, 6 ; PP, e/6 ; pl. II, no 25, a/8), il existait sur chaque face un contrefort en ressaut entre deux tsz7l. Il est pratiquement indifférent que ce ((massif» soit le noyau central, carré, du pilier272 ;, comme nous le croyons plutôt, le contrefort lui-même. En plan, l'axe des contreforts antérieur postérieur (ou si on préfère extérieur et intérieur) coïncidait certainement avec l'axe antéro- (262) Comme aussi, sur le même plan, l'élévation du mur du podium, voir supra, n. 158. (263) Cf. supra, n. 181. (264) Observation intéressante, qui peut et même qui doit se fonder sur une mesure précise. (265) Toute vérification est et restera impossible, voir supra, n. 261. (266) En ce point, le niveau antique peut avoir été à 3 ou 4 mètres au-dessous du niveau moderne de 1857 (avant travaux). (267) Selon Artaud, ce mur porte sur la fondation intérieure de cet ensemble elliptique. Aussi bien n'y a-t-il pas roximité d'autre fondation continue où asseoir le mur. Le tracé crénelé (supra, p. 146, A, 30) répond-il à une fondan? - Peut-être le mur Symeoni-Artaud n'est-il pas construit exactement selon les mêmes axes que le portique facade, voir supra, n. 264. (268) ARTAUD, Amphifhéâtre, ms. D, p. 3, corr. 5-4 ; cf. p. 5. (269) MARTIN-DAUSSIGNY, Amphithéâtre, p. 420 (p. 4). Ces piliers ont pu &tre détruits lors du comblement des uilles d'artaud, voir supra, n. 38. (270) Ailleurs Artaud entend a massif JI au sens de masse de blocage, par exemple, op. laud., p. 46, sens impossible ici. (271) MARTIN-DAUSSIGNY, ibid., paraphrase à tort : u le massif qui existait entre eux» (c'est-à-dire entre les ers). (272) Artaud aurait alors dit plutôt : «5 pieds en carré» (cf. la base de 6 pieds 6 pouces «en carré JI) que «5 pieds r toutes les faces JI.

150 J. GUEY ET A. AUDIN postérieur de la pile. Si les dessins sont exacts sur ce point273, les contreforts latéraux étaient mêmes coupés au milieu par l'autre axe du pied-droit274. II y avait ainsi double symétrie de la carrée, par rapport à ses deux axes perpendic~laires~7~. ArtauCl compare les piliers de 1'Amphithé à ceux des portiques du Palais Saint-Pierre, aujourd'hui Musée des Beaux-Arts à Lyon (fig. B). Ce rapprochement achève d'éclairer sa pensée276. L'auteur décrit donc un pilier de plan cru forme (fig. 30, A), les deux branches kgales ayant 2 m. 11 de longueur et 1 m. 62 d'épaisseur, se dép sant l'une l'autre, à chaque extrémité, de O m. 243277 - le tout portant sur une base carrée (fig. A') de 2 ni. 11 de côté. Les 4 piliers décrits ont été trouvés en place278. Si nous admettons avec Artaud qu'ils appar liaient à la façade de l'amphithéâtre, ils portaient donc sur la fondation extérieure épaisse de 3 mè environ, remise au jour en 1858. C'est l'hypothèse la plus ~raisemblable~~~. Il sufira sans do de présenter en note quelques observations sur l'écart possible entre piliers, partant sur la larg des arcades2s0. Comme il est naturel, la baie placée à l'extrémité sud-ouest du petit diamètre plus large que les baies voisines (pl. 1, AA, d/6 ; pl. II, no 44, a/8). Tel est le peu qu'on apprend chez Artaud, notre seul informateur, sur les piles de l2amphithéât Peut-on, sans son intermédiaire, accéder à quelque connaissance directe de cet élément import de la fasade? Assurément, ce n'est pas sans danger. D. Blocs trouvés dans le Pont de la Guillotii.re. Deux blocs de choin nous restent à déc qui, trouvés en 1953 dans les piles du Pont de la Guillotière. proviennent sans aucun doute quartier fédéral des Trois-Ga~les~~~. Peut-on les attribuer à la façade de l'amphithéâtre? ni l'autre de ces blocs ne répond à la description d'artaud, si du moins nous l'avons bien CO (Or un certain doute subsiste à cet égard.) De plus Artaud ne dit rien d'un ordre supérieur, l'existence est probable282 : l'un des deux blocs a-t-il appartenu à ce premier étage? 10 Large aujourd'hui de 1 m. 41-1,45, épais de 0,85, haut de 0,57, cet élément d'architec (273) Les dessins d'artaud sont souvent en désaccord entre eux (cf. pl. 1, 2, cd16 et PP, e/6; pl. II, a/8) : ce sont, non pas des plans, mais des schémas expressifs (voir supra, n. 123) dont chacun veut faire re en l'exagbrant un des caractères du pilier : il y a donc quelque chose à retenir de chacun. Toutefois la dispo des différents blocs dans le pilier et des crampons parait difficile à justifier, bien qu'on la retrouve pl. 1, PP et no 25. Cf. le chaperon du podium, pl. 1, II et KK : représentations différentes l'une de l'autre, différentes aussi réalité, fig. 27 et 28. (274) Il y a sur ce point accord de tous les dessins d'artaud. (275) Cf. pl. 1, Z, cd16 (plan carré, double symétrie). (276) Le lecteur a en mains toutes les données de ce petit problème. (277) Cf., pour le plan, les piliers du Colisée, entre les deux galeries extérieures. - La surface portante piliers Artaud (4 m 2, 22) est à peine inférieure à celle des piliers correspondants, aux Arènes de Nîmes, 4 m 2 23. (278) ARTAUD, Amphithéâtre, ms. D, p. 42 : «Lorsque j'ai vu déterrer (les pieds-droits) u ; cf. pl. 1, 2, «pie droits ainsi trouvés P. (279) C'est une certitude, si Artaud a vraiment retrouvé les fondations transversales unissant les deux fondat elliptiques (pl. 1, BB, d/6). Voir supra, n. 236 et 243. - Le faible ressaut du pilastre extérieur surprend toute voir supra, n. 277. Aurions-nous affaire à un des piliers intérieurs de la galerie? Les fondations rayonnantes rele semble-t-il par Artaud au-delà du pilier (en allant vers l'arène) appartiendraient alors à des murs de refend de cauea. (280) Dans sa première planche (pl. 1, Z, cd/6), Artaud place une pile à chaque point de rencontre de la fonda extérieure et d'une fondation transversale (?). Ce n'est peut-être là qu'une hypothèse (voir toutefois supra, laquelle il paraît bien avoir renoncé (pl. II, nos 25 et 44, a@). D'axe en axe, la distance entre les fondations sales est de 3 m. 75 en moyenne : l'ouverture de l'arcade eût été bien étroite, 1 m. 64 seulement; cf. au T Lutèce, 1 m. 73-1 m. 76, P.-M. DUVAL, Paris anfique, p. 194, mais l'édifice était tout petit et la façade cert assez basse. Supposons à présent les piles deux fois moins nombreuses que les fondations transversales, le seraient alors démesurées, avec 5 m. 39 d'ouverture, 1 métre de plus qu'au Colisée! (281) AUDIN, GUEY et WUILLEUMIER, dans REA, LVI, 1954, p. 298-302. (282) Voir supra, n. 231.

L'AMPHITHÉATRE DES TROIS GAULES 151 (fig. 30, D) présente un tambour de demicolonne engagée, dépourvu de canne- 1uresZs3. La demi-colonne mesurait O m. 77 de large, donc approximativement 7 m. 40 de haut. L'ordre entier avait une hauteur de 9 in. 25 environ. Quant au bloc complet, restitué dans toute sa largeur, il mesurait au moins 1 m. 95zs4. 20 L'autre bloc (fig. 30, C), large de O m. 97, épais de 1 mètre (moulures comprises), haut de 0,58z85 offre à gauche la partie droite de la base attique d'un pilastre sans cannelures zs 6, à droite le bandeau sans base, large de O m. 33, qui encadrait une baie zs7. Ce bloc provient (283) Lors du remploi dans le pont, le bloc a été retaillé sur toutes les faces, sauf la face antérieure, tournée vers le dedans de la pile du pont. On a taillé, derrière le bloc, un bossage et scellé un anneau de fer. La pierre est brisée à gauche à O In. 06, à droite à O m. 58 de la demi-colonne. (284) Autres blocs analogues trouvés en 1847 rue Martin (actuelle rue Clotilde-Bizolon), BOISSIEU, Inscriptions anfiques de Lyon, p. 89-90 et 113-115 ; Ainay, 1864, p. 68-72 ; AUDIN, GUEY et WUILLEUMIER, dans REA, LVI, 1954, p. 300 et pl. XVIII. (285) Le bloc a été retaillé sur la face latérale gauche et sur la face postérieure (bossage). (286) Largeur conservée du pilastre, O m. 35. Modénature de la base : plinthe, O m. 13 (de haut) ; baguette, O m. 015 ; le= tore, O m. 09; ler listel, O m. 03 ; scotie, O m. 10 ; 2e listel, O m. 025 ; 2e tore, O m. 07 ; au total, O m. 46. Ressaut de la base, O m. 16. (287) Distance entre le bandeau et le pilastre, O m. 29. Dessin de J. Guey. Pig. 30. - Plans de piliers. Échelle : EF = 2 mètres. AAAA, plan présumé du pilier décrit par Artaud (A'A'A'A', plan de la base du même pilier) (voir notes 271-276) ; [BBBB, plan d'un pilier du portique du Palais Saint-Pierre à Lyon : noter la ressemblance des formes, relevée par Artaud]. C et D, fragments de piliers trouvés retaillés partiellement et remployés dans le Pont de la Guillotière (voir notes 283-287). I,a largeur du pilier C est proposée à titre d'approximation. La largeur du pilier D est inconnue.

152 J. GUEY ET A. AUDIN donc d'un portique à pilastres. Restitué selon les normes, le pilastre devait mesurer environ 1 mèt de large et plus de 9 mètres de haut - ce qui porte la hauteur de l'ordre à quelque 11 m. 50. D'autres diront si ces deux blocs peuvent appartenir, respectivement à l'ordre supérieur à l'ordre inférieur d'un même portique ; ou encore si le bloc D (demi-colonne) peut être superpo dans une restitution vraisemblable ail pilier décrit par Artaudzss. Corniches. Quant aux deux «trés riches fragments de la même corniche» trouvés (( penchant de la colline Saint-Sébastien dans le voisinage de l'amphithéâtre >ils9, l'un par le scu Chinard, l'autre en 1859 par Martin-Daussigny, il est tout à fait improbable qu'ils provienne de l'amphithéâtre des Trois-Gaules : cette corniche était de marbre, et non de choin. Peutvient-elle de la région de L'Ara Romae et Augusti. X. ÉLÉMENTS D'UNE CHRONOLOGIE D'après l'inscription dédicatoire de l'amphithéâtre (voir infra, XI, Les inscripiio no 1), l'édifice fut construit sous le règne de Tibère par le Santon Gaius Julius Rufus, gran prêtre de Rome, et sa famille. Le personnage étant déjà connu, il a été possible de propo la date de 19 après J.-C. pour son sacerdoce : commencés alors, les travaux furent achev avant la fin du règne (37 après J.-C.)290. D'autres données, moins précises, mais tout aussi certaines zg1, montrent tout,efo qu'une partie importante de la construction est beaucoup plus récente. Les arases briques en double assise dans les murs n'apparaissent pas à Lyon avant la fin du I ~ T siè après J.-C. Elles cèdent la place aux assises triples vers le milieu du I I siècle ~ zs2. Or, le dou chaînage est particulièrement bien attesté à l'amphithéâtre. Signalé semble-t-il par Art dans une note cursive de l'un de ses manuscrits zg3, il est apparu à nouveau en 1859-1860. le trouve semble-t-il dans toutes les parties essentielles qui furent remises au jour s le Second Empire, à l'exception des fondations elliptiques découvertes vers le Midi Z 10 soubassements de la terrasse au sud de l'amphithéâtre z g5 ; 20 fondations voisines de (288) Cf. la colonne engagée d'un tiers de son diamètre (qui est de O m. 945) dans l'ordre supérieur, aux de Nîmes. (289) MARTIN-DAUSÇIGNY, Amphithéâtre, p. 441 (p. 26) ; cf. p. 488. (290) Pour une datation haute, déjà, CARCOPINO, Le lllaroc antique, 1943, p. 198. - Creusée dans le sol, surtou du c6té du nord (voir supra, n. 15 et 129), dépourvue probablement de tout dispositif souterrain (voir supra, n. 1 l'arène a toujours conservé un caractère un peu «primitif» ; cf. LUGLI, ASSOC. G. Budé, Congrès de Lyon, 8-13 septe 1958, Actes, 1960, p. 316-320. (291) A Lyon, le choin commence à se substituer au calcaire tendre comme pierre à épitaphes entre 40 et 70 en ron après J.-C., AUDIN et BURNAND, dans REA,LXI - 1959, p. 320-352. Or presque toutes les pierres de taille retro à l'amphithéâtre sont en choin : gradins, chaperon du podium, piliers du portique extérieur, baltei des précinctio (voir infra, XI, Les inscriptions, nos 12, 17 et 24) ; cf. Artaud, Amphithéâtre, ms. D, p. 42 : e cet édifice qui ét pierre de choin de fay (sic) >I. - Font exception les plaques qui portent la dédicace, le fragment épigraphique peut-être le fragment n o 16. - Les fragments de marbre nous paraissent étrangers a l'édifice, voir supra, n. 169 e infra, XI, Les inscriptions, no 21 bis. (292) Chaînage double : aqueduc du Gier, exemple typique, daté d'hadrien, C. GERMAIN DE MONTAUZA Les aqueducs antiques de Lyon, p. 33-36. Autre exemple, le mur de la terrasse Cleberg à Fourvière, AUDIN, Essai S la topographie de Lugdunum, p. 87. - Chaînage triple, I temple de Cybèle», Odéon, op. laud., p. 97. Cf. AUDIN, da Gallia, XVIII-1960, p. 81. (293) Ms. B, fo 6, recto : a J'en ai vu (des briques) de deux pouces d'épaisseur [O m., 0541 pour lier les construc tions.» L'auteur ne dit pas à quel endroit. (294) Voir supra, p. 145, 10 et n. 235. (295) Voir supra, p. 126 et n. 104 et 107.

L'AMPHITHGATRE DES TROIS GAULES 153 rte sud-est296 ; 30 soutènements de la cauea; c'est ici le texte capital, déjà cité297, nt les termes méritent d'être relus et pesés. Réparation, réfection partielle? Sûrement pas. Disons bien plutôt : reconstruction, par endroits sans doute, construction. De ces données en apparence contradictoires, il ressort deux faits incontestables : 10 Sous Tibère, Rufus et sa famille construisirent un amphithéâtre comprenant turellement l'arène et le podium qui l'entourait. Le mot podium se lit effectivement sur la dicace. 11 est possible que la cauea n'ait alors comporté que les quelques gradins suffisants ur les députés des soixante cités gauloises29s ; 20 Par la suite, l'amphithéâtre fut remanié zg9, et sans doute considérablement ndi300. La terrasse qui l'entourait au Sud fut consolidée, et sans doute élargie. Ces ravaux qui modifièrent profondément l'édifice sont de la première moitié du I I siècle ~ : peuvent dater du règne d'hadrien301. Il est possible que Gaius Julius Celsus, procurateur nancier, ait contribué aux dépenses de cette reconstr~ction~~~. L'Amphithéâtre devait être encore utilisé dans la seconde moitié du lve siècle après J. GUEY et A. AUDIN. TABLE RÉCAPITULATIVE Notre mémoire ayant été scindé, et réparti pour des raisons matérielles entre trois livraisons consécutives de Gallia, il n'est pas inutile de donner ici une table sommaire des matières traitées. A. Dans Gallia, XX-1962, p. 117-145 ; notes 1-95 ; fig. 1-15.* 1. Note bibliographique. II. Le site. - III. Le monument du XVI~ siècle à nos jours (1560-1936).- IV. Les travaux récents (1956-1958). (296) Voir supra, p. 127 et n. 113. MARTIN-DAUSSIGNY, Amphithéâtre, p. 434 (p. 18-19), ayant mentionné «ces liaisons de briques... éloignées les unes des autres de 80 centimètres [et non de 50, comme «les autres II], poursuit en ces termes : a Ainsi la distance existant entre les liaisons de briques des murailles de cet édifice variait de 50 centimètres à 80, et lesdites liaisons étaient quelquefois de quatre rangs de briques au lieu de deux >I (s'agit-il de réfections postérieures au I I siècle ~ après J.-C. 1). - Le mur correspondant (sondage D ; fig. 9, d ; pl. IV, f/8) n'avait pas de chaînage de briques, du moins dans la surface assez petite du parement qui est apparue. (297) Voir supra, n. 173. (298) Voir supra, n. 190. (299) Indices possibles d'un remaniement, voir supra, n. 118 et 264. (300) Dans toute la partie méridionale, l'amphithéâtre présente sans doute des lors des caractères très évolués : Façade extérieure isolée et entièrement soutenue par des arcs et des voûtes, avec des galeries de circulation internes; eauea entièrement en maconnerie et très puis2amment bâtie >1, LUGLI, op. laud. (cité supra, n. 290), p. 318. (301) De cette époque peut dater le wmploi de deux des dalles de la dédicace, voir supra, p. 142, b. (302) Voir infra, XI, Les inseripfiorts, no 10. (303) Voir infra, XII, Les monnaies. Errata. Page 117, ligne 10, lire : Gazzera. - Page 140, n o 12, lire : d'abord, à tort. - Page 142, A (h/l), ajouter: (et fg/8). - Planche IV, d17, lire B'.

J. GUEY ET A. AUDIN Planche 1. Premières découvertes d'artaud. Planche 11. Fouilles d'artaud (1818-1820). Planche III. Plan des trouvailles de 1858-1860. Planche IV. Plan provisoire du monument par R. Amy. B. Ci-dessus, dans Gallia, XXI-1963, p. 125-153 ; notes 96-303 ; fig. 16-30. V. Implantation et dimensions ; les terrasses. - VI. L'arène. - VII. Le podium. VIII. La cauea. - IX. Les parties périphériques. - X. Éléments d'une chrono10 C. A paraître dans Gallia, XXII-1964. Supplément épigraphique et numismalique, notes 304-41 fig. 31-41. XI. Les inscriptions. - XII. Les monnaies.