RAPPELS DU COURS PRÉCÉDENT PIB + M = CF+ FBCF + S + X Demande intérieure Valeur 2006 en milliard s d'euros ) Évolutions en volume au prix de l'année précédente Évolutions en volume au prix de l'année précédente Prix 200 Valeur Prix 2006 (en 2006/ milliards 2004 2005 2006 2005 d'euros) 2004 2005 2006 Ressources Total des emplois finals 2298.9 3.4 2.4 3.0 2.3 6 / 200 5 Produit intérieur brut (PIB) 1792.0 2.5 1.7 2.0 2.3 Dépenses de consommation des ménages 993.2 2.6 2.2 2.1 1.9 Dépenses de conso. Individualisable des APU 276.0 2.3 1.4 1.4 2.3 Dépenses de conso. effective des APU 147.7 2.2 0.1 1.4 2.3 Dépenses de conso des ISBLSM 23.3-1.5-1.1-1.1 3.6 Formation brute de capital fixe dont: 366.4 3.6 4.0 3.7 3.7 SNFEI 186.9 4.1 2.7 4.1 2.7 Sociétés financières 13.4 4,7-4,9 5,4 1.3 Ménages 103.7 3.4 6.2 4.5 5.8 Administrations Publiques 60.1 2.3 7.1 1.2 4.5 ISBLSM 2.3-4.8 3.6 2.1-5.5 Variation de stocks (en contribution à la croissance) 11.1 0.6 0.0 0.2 Importations 507.0 7.1 5.0 6.8 2.5 Exportations 481.2 4.0 2.8 5.5 2.0
P.C.6 La consommation et l épargne
LA CONSOMMATION FINALE DES MÉNAGES CF = Consommation des ménages + consommation individualisable des APU + consommation collective des APU La comptabilité nationale définit deux notions de consommation finale des ménages : o La dépense de consommation finale des ménages : les dépenses de consommation que les ménages supportent effectivement = CF ménages o La consommation effective des ménages : l ensemble des B&S que les ménages consomment effectivement quelle que soit la manière dont ils sont financés = CF ménages + CF individualisables des APU o CE CF = transferts sociaux Les contraintes de consommation Les consommations collectives L offre disponible Les effets de mode Les consommations "obligatoires"
LA CONSOMMATION FINALE DES MÉNAGES Les différents revenus des ménages Salaires bruts Prestations sociales (retraites, allocations familiales, RMI, etc.) EBE : loyers Revenus d actifs financiers : intérêts et dividendes Deux notion des revenus sont distinguées Le revenu disponible brut (RDB) : revenus primaires + intérêts impôts et cotisations sociales Revenu disponible brut consommation finale = épargne brute Les revenus disponibles ajustés RDB + transferts sociaux L administration prélève sur la VA et les revenus et reverse en partie aux ménages sous forme de prestations sociales
PART DE LA CONSOMMATION DANS LE PIB 59 26 58 Dépenses de consommation finale des ménages (ech. gauche) 25 57 56 24 55 54 Dépenses de consommation finale des APU (ech. droite) 23 53 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 22
Tableau 3. Évolution de la consommation des ménages par fonction Variation par rapport à l'année précédente en % Poids (%) Volume Prix Valeurs 2006 (milliards ) 1996 2006 2004 2005 2006 2004 2005 2006 Alimentation et boissons non alcoolisées 14,7 13,7 1,5 1,2 0,9 0,3 0,3 1,8 136,2 Produits alimentaires dont : 13,7 12,6 1,6 1 0,8 0,3 0,4 1,8 125,5 Pain et céréales 2,1 1,9 1 1,1 1,4 2,2 0,2 0,7 18,5 Viandes 4,1 3,6-0,4-0,1 0 2,2 1,3 2 36 Poissons et crustacés 1,1 1,1 1,5 1 1,1 0,5 1,3 3,3 10,7 Lait, fromages et oeufs 2,1 1,9 1,4 1,8 1,9 0,2-1,4-0,1 18,7 Fruits et légumes 2,4 2,3 5,8 1,1 0,1-5 1,1 3,8 23,2 Boissons non alcoolisées 1,1 1,1 0,7 3,2 2,9 0,5-1,1 2 10,7 Boissons alcoolisées et tabac dont : 3,4 3-9,5-0,7 1,6 12,4 0,1 0,4 30,3 Boissons alcoolisées 1,7 1,5 0-0,9 1,6 1,5-0,3 0,5 14,4 Tabac 1,7 1,6-18,2-0,6 1,5 24,5 0,5 0,4 15,8 Articles d'habillement et chaussures 5,7 4,7 1,4 0,4 0,7 0,1 0,3 0,2 46,9 Articles d'habillement 4,7 3,9 1,8 0,4 0,6 0 0,2 0,2 38,6 Chaussures 1,1 0,8-0,4 0,3 1,4 0,9 0,9 0 8,3 Logement, chauffage, éclairage dont : 23,5 25,2 2,7 2,2 2,5 2,6 4,2 3,9 250,2 Location de logement 16,7 18,6 2,7 2,9 3,2 2,7 3,9 3,6 184,9 Chauffage, éclairage 4,1 3,8 3,6 0-1,1 1,7 6,5 5,7 37,3 Équipement du logement dont : 6,2 5,9 3,6 2,3 1,6 0,9 0,6 1 58,9 Meubles, tapis 1,7 1,5 3,2 3 0,2 1,4 1 2 14,9 Appareils ménagers 0,9 0,9 6,5 2,9 5,3-2,5-1 -2,8 8,7 Santé dont : 3,3 3,4 5,8 4,6 3,9 0,5 0,5 0,3 33,9 Médicaments 1,5 1,5 4,8 3,8 3,8-0,2-0,3-2,3 14,8 Médecine non hospitalière 1,4 1,4 5,1 4,3 2 0,7 1,1 2,5 14,3 Transport dont : 15,1 14,7 2 1,3 0 3,5 4,3 2,9 146,2 Achats de véhicules 4,7 3,8 3,4 3,1-1,9 1,5 0,6 0,6 37,7 Carburants, lubrifiants 3,5 3,5-1,8-2,7-1,4 8 13,1 5,8 35 Services de transports 1,7 2,1 6,7 5,5 5,1 0,6 0,8 1,2 20,6 Communications dont : 1,9 2,8 5,6 6,6 10,2-1,2-1 -5,6 28 Services de télécommunications 1,5 2,4 5,5 5,7 10,1 0,2 0,2-5,2 24,3 Loisirs et culture dont : 8,6 9,3 6,6 4,8 5,2-1,4-2 -1,5 92,6 Appareils électroniques et informatiques 1,9 2,1 18,4 16,2 16,1-9,5-12,1-10,3 21,3 Services culturels et récréatifs 2,9 3,5 4 1,3 2,1 2,2 2,3 2,1 34,5 Presse, livres et papeterie 1,6 1,3-0,1-1,1-1,8 1,7 1,5 1 12,6 Education 0,6 0,7 2,5 3,6 4 5,6 4,8 5,6 7,4 Hôtels, cafés et restaurants 5,7 6,2 0,6 0,6 1,5 2,7 2,4 2,3 62 Autres biens et services dont : 12,1 11,2 2 2,2 2,3 1,8 0,8 2,8 110,9 Soins personnels 2,3 2,3 1,5 0,6 1,1 2 0,8 1,7 23,3 Action sociale 1,6 1,7 5,3 0,9 2,4 5,3 4,7 4,5 17,1 Assurances 3,2 3,5-0,9 3,4 3,3 3,1 1,8 2,4 34,3 SIFIM 1 2,2 1 6,7 3,8 2,8-5,3-8,7 4,5 10,3 Dépense de consommation des ménages 100 100 2,6 2,2 2,1 1,8 1,8 1,9 993,2 Dépense de consommation des ISBLSM 2 - - -1,5-1,1-1,1 3,8 3,2 3,6 23,3 Dépense de consommation des APU 3 dont : - - 2,3 1,4 1,4 1,5 2,8 2,3 276 Santé - - 2,9 2,6 2,3 1,8 1,8 1 122,1 Éducation - - 0,3-0,3-0,4-0,5 3,9 3,6 83,6 Consommation effective des ménages - - 2,5 2 1,9 1,8 2 2 1292,50
L ÉPARGNE DES MÉNAGES Les ménages utilisent leurs revenus pour la CF et l épargne L épargne a elle-même deux emplois L investissement en logement (FBCF) L épargne financière Deux ratios considérés Le taux d épargne : épargne brute / RDB Le taux d épargne financière : épargne financière / RDB
Taux d'épargne des ménages en % Taux d'épargne Taux d'épargne financière Taux d'investissement immobilier (1) 1995 15,9 7,1 7,0 1996 15,0 6,1 7,0 1997 15,9 7,2 7,1 1998 15,5 6,7 7,2 1999 15,2 6,3 7,5 2000 15,1 6,7 7,4 2001 15,8 6,9 7,3 2002 16,9 8,0 7,3 2003 15,8 6,6 7,5 2004 15,8 6,2 7,8 2005 15,3 5,5 8,3 2006 15,5 5,4 8,8 Note : l'insee a rétropolé les séries de comptes nationaux jusqu'en 1959. À cette occasion, les séries sur la période 1978-1999 ont été réexaminées à la lumière des anciennes bases comptables, ce qui a conduit à corriger certaines d'entre elles. (1) : rapport de la formation brute de capital fixe des ménages (hors entrepreneurs individuels) au revenu disponible brut. Source : Insee, Comptes nationaux Base 2000.
5 +3,7 % l'an Taux d'épargne (echelle droite) 17 4 16 3 +3,1 % l'an +2,7 % l'an 15 2 14 1 +0,8 % l'an 13 0 Taux de croissance de la consommation (echelle gauche) 12-1 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 00 01 02 03 04 05 06 07 08 11
EN SYNTHÈSE Les ménages allouent leur revenu disponible entre consommation et épargne Le revenu disponible est augmenté des transferts nets de l Etat L épargne des ménages est divisée entre : L investissement immobilier L épargne financière
DÉTERMINANTS DE LA CONSOMMATION ET DE L ÉPARGNE DANS L ANALYSE ÉCONOMIQUE Changement de cadre pour étudier la consommation et l épargne Comptabilité nationale : estimation de la consommation et de l épargne des ménages Théorie économique : explication des variations de la consommation et de l épargne Quels sont les déterminants des choix entre consommation et épargne? Le revenu, mais quel revenu? Le taux d intérêt
LE MODÈLE DE CHOIX INTER-TEMPOREL NÉOCLASSIQUE L épargne est le résultat d un arbitrage entre consommation présente et future Le choix dépend de la richesse et du taux d intérêt Le taux d intérêt = prix de la renonciation à la consommation immédiate Modèle de base (Fischer) sur deux périodes La contrainte budgétaire est inter-temporelle C 2 = (1+r)S + Y 2 Donc C 2 = (1+r) (Y 1 - C 1 )+ Y 2 C 1 + C 2 /(1+r) = Y 1 + Y 2 /(1+r) La consommation actualisée = revenu actualisé
LE MODÈLE DE CHOIX INTER-TEMPOREL NÉOCLASSIQUE Les effets des variations de revenu et du taux d intérêt sur le choix entre consommation et épargne Si le revenu augmente en 1 ou en 2, la consommation augmente Lissage de la consommation selon la valeur actuelle du revenu : Y 1 + Y 2 /(1+r) Si r augmente, deux effets Effet revenu : l augmentation de r entraîne une augmentation future de la richesse et donc de la consommation en 2 Effet substitution : une augmentation de r entraîne une baisse de la consommation en 1 et une hausse de la consommation en 2, il devient plus intéressant d épargner en 1
KEYNES : REVENU COURANT ET FONCTION DE CONSOMMATION La décision de consommer ou d épargner dépend exclusivement du revenu courant, le taux influence peu L épargne apparaît comme un résidu, ce qui n est pas consommé, et non comme le résultat d un choix entre consommation future et consommation courante Fonction de consommation de Keynes détermine une relation entre la consommation et le revenu courant C = F(Y)
KEYNES : REVENU COURANT ET FONCTION DE CONSOMMATION La décision de consommer dépend exclusivement du revenu courant La loi psychologique fondamentale : les hommes tendent à plus consommer lorsque Y augmente Comportement des agents : Si le revenu augmente de dy > 0, la consommation augmente de dc>0, mais en proportion moins importante : dy > dc C'est la propension marginale à consommer, comprise entre 0 et 1 Les ménages pauvres consacrent une plus grande proportion de leur revenu à la consommation, l épargne est un luxe Propension moyenne à consommer : part de la consommation dans le revenu Elle diminue avec le revenu
KEYNES : REVENU COURANT ET FONCTION DE CONSOMMATION La forme de la fonction de consommation keynésienne C = c*y + b b est le niveau de consommation incompressible c est la propension marginale à consommer : dc / dy = c Propension moyenne à consommer = c + b/y Elle est décroissante avec le revenu et supérieure à c Le multiplicateur : 1 / (1-c) * di Les motifs d épargne L épargne de transaction L épargne de spéculation L épargne de précaution
LA CRITIQUE KEYNÉSIENNE La théorie de Keynes n'est pas validée dans les faits Explications alternatives L'effet cliquet (Duesenburry) Inertie des comportements de consommation
PROLONGEMENTS DE KEYNES Reformulation de la fonction de consommation keynésienne Le revenu permanent et le cycle de vie Raisonnement en termes de revenu moyen tout au long de la vie au lieu du revenu courant Deux modèles Le cycle de vie de Modigliani La théorie du revenu permanent de Friedman A court terme, la propension marginale à consommer est décroissante A long terme, elle est constante
MODIGLIANI Trois périodes dans la vie La jeunesse durant laquelle l individu emprunte pour consommer L activité durant laquelle il épargne La retraite où il désépargne L épargne devient de la consommation différée L individu l utilise pour transférer ses revenus d une période où ils sont élevés vers une période où ils sont faibles Résolution de l énigme de la consommation A court terme; la richesse ne varie pas proportionnellement aux revenus car ils sont utilisés pour constituer l épargne La propension à consommer est décroissante A long terme, revenus et richesse croissent de paire : propension à consommer constante Les actifs épargnent, et les retraités désépargnent
FRIEDMAN La consommation ne dépend pas du revenu courant mais du revenu permanent Revenu permanent : sentier régulier que le revenu suit au long de la vie Il s agit du revenu moyen de l individu Il est soumis à des chocs aléatoires et temporaires Revenu courant = revenu permanent + revenu transitoire La consommation est proportionnelle au revenu permanent Les individus ont recourt à l épargne et à l emprunt pour lisser leur consommation A long terme, la composante permanente explique les variations du revenu courant : la propension à consommer est constante