CANCER DU POUMON à PETITES CELLULES

Documents pareils
Actualités s cancérologiques : pneumologie

CHIMIOTHERAPIE DES CANCERS DU POUMON DES SUJETS AGES

Traitements néoadjuvants des cancers du rectum. Pr. G. Portier CHU Purpan - Toulouse

Métastase unique d un NPC: Une question singulière? Jean Louis Pujol - Xavier Quantin Mohammad Chakra Fabrice Barlési

Le cancer du poumon 2/18/2015. Radio-oncologue CSSS Gatineau. Stéphanie Ferland B.pharm, MD, MSc, FRCPC

Chimiothérapie des cancers bronchiques non à petites cellules. Dr Aloulou Samir Médenine le 13 Juin 2015

ESMO 14. L oncogériatrie d un coup d éventail! Dr Elisabeth Carola UCOG Picardie

Pemetrexed, pionnier de la chimiothérapie histoguidée. Dr Olivier CASTELNAU Institut Arnault TZANCK ST Laurent du Var

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE AVIS. 4 novembre 2009

Cancer broncho-pulmonaire du sujet âgé. Mathilde Gisselbrecht Capacité de gériatrie- Février 2009

Recommandations Prise en charge des patients adultes atteints d un mélanome cutané MO

Cas clinique 2. Florence JOLY, Caen François IBORRA, Montpellier

Votre guide des définitions des maladies graves de l Assurance maladies graves express

Cancer du rein métastatique Nouvelles approches thérapeutiques. Sophie Abadie-Lacourtoisie 20 mai 2006

Les différents types de cancers et leurs stades. Dr Richard V Oncologie MédicaleM RHMS Baudour et Erasme La Hulpe 1/12/07

Histoire d une masse pancréatique

COMPARAISON DE QUATRE PROTOCOLES DE CHIMIOTHERAPIE POUR DES CANCERS DU POUMON NON A PETITES CELLULES (CBP NAPC) AVANCES

Leucémies de l enfant et de l adolescent

Association lymphome malin-traitement par Interféron-α- sarcoïdose

Cancer Bronchique «Sujet Agé» Etat de la litterature

Patho Med Cours 5. Maladie Pulmonaires Obstructives BPCO Asthme

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE. Avis. 23 mai 2007

Cancer de l ovaire. traitements, soins et innovation. traitements adjuvants et de consolidation. juin 2009

Les facteurs de croissance lignée blanche Polynucléaires neutrophiles Grastims

ALK et cancers broncho-pulmonaires. Laurence Bigay-Gamé Unité d oncologie thoracique Hôpital Larrey, Toulouse

Peut-on ne pas reprendre des marges «insuffisantes» en cas de Carcinome canalaire infiltrant

INFORMATIONS AUX PATIENTS ATTEINTS DE LEUCEMIE AIGUE MYELOBLASTIQUE

Cancer du sein. Du CA15-3 à la tomographie à émission de positons.

La nouvelle classification TNM en pratique

Infiltrats pulmonaires chez l immunodéprimé. Stanislas FAGUER DESC Réanimation médicale septembre 2009

GUIDE PATIENT - AFFECTION DE LONGUE DURÉE. La prise en charge du cancer du rein

GEMCITABINE. 38 mg/ml ; 1 g/ml, 200 mg et mg poudre ou lyophilisat Publication Juillet 2010

Cancers de l hypopharynx

INTERFERON Traitement adjuvant du mélanome à haut risque de récidive. Dr Ingrid KUPFER-BESSAGUET Dermatologue CH de quimper

VOLUMES-CIBLES Cancer Bronchique Non-à-Petites Cellules

Traitement de consolidation dans les cancers de l ovaire


Prise en charge de l embolie pulmonaire

Rapport sur les nouveaux médicaments brevetés Iressa

Maladie de Hodgkin ou lymphome de Hodgkin

UE2 CANCEROLOGIE Place de la Médecine Nucléaire

Cancers du larynx : diagnostic, principes de traitement (145a) Professeur Emile REYT Novembre 2003 (Mise à jour Mars 2005)

Pierre OLIVIER - Médecine Nucléaire

Cancer du sein in situ

NAVELBINE voie orale

ONCOLOGIE PÉDIATRIQUE

PLACE DE L IRM DANS LE BILAN D EXTENSION DU CANCER DU RECTUM. Professeur Paul LEGMANN Radiologie A - Cochin Paris

Essais thérapeutiques en onco-gériatrie : l exemple des lymphomes

INVESTIGATEUR PRINCIPAL. Pr Alain DEPIERRE. COORDINATION IFCT Franck MORIN. PROMOTEUR C.H.U Besançon

Evaluation de critères res de substitution de la survie globale dans les cancers bronchiques localement avancés

Qu est-ce que le cancer du sein?

Maurene McQuestion, IA, BScN, MSc, CON(C) John Waldron, MD, FRCPC

Le point sur les techniques d embolisation des hépatocarcinomes

Les renseignements suivants sont destinés uniquement aux personnes qui ont reçu un diagnostic de cancer

Radiologie Interven/onnelle sur les nodules pulmonaires. J. Palussière, X. Buy Département imagerie

Les tests de génétique moléculaire pour l accès aux thérapies ciblées en France en 2011

Essai Inter-groupe : FFCD UNICANCER FRENCH - GERCOR

First Line and Maintenance in Nonsquamous NSCLC: What Do the Data Tell Us?

Découvrez L INSTITUT UNIVERSITAIRE DU CANCER DE TOULOUSE

Recommandations régionales Prise en charge des carcinomes cutanés

1 of 5 02/11/ :03

Lymphome non hodgkinien

Biomarqueurs en Cancérologie

Document d information dans le cadre de l installation d un cyclotron. à Saint-Louis

CANCERS BRONCHIQUES ET MESOTHELIOMES PLEURAUX MALINS Date de publication : mars 2011 ANNEXE

ARD12166 Cabazitaxel Compared to Topotecan for the Treatment of Small Cell Lung Cancer

Création de procédures inter-services pour la gestion des essais de phase I à l Institut Gustave Roussy

Qu est-ce qu un sarcome?

Les marqueurs biologiques des tumeurs endocrines digestives

Le dépistage du cancer de la prostate. une décision qui VOUS appartient!

CANCER BRONCHO-PULMONAIRE DU SUJET ÂGÉ

Coordinateur scientifique: Prof. Univ. Dr. Emil PLEŞEA. Doctorant: Camelia MICU (DEMETRIAN)

INFORMATION & PRÉVENTION. Le cancer de la vessie

Définitions. MALADIES GRAVES Protection de base Protection de luxe. PROTECTION MULTIPLE pour enfant

Greffe de moelle osseuse: Guérir ou se soigner?

Situation de la chimiothérapie des cancers en 2009

Transgene accorde une option de licence exclusive pour le développement et la commercialisation de son produit d immunothérapie TG4010

OBJECTIFS LE TRAITEMENT DU CANCER DU POUMON DE STADE AVANCÉ: " OÙ EN SOMMES-NOUS " EN 2013?

Session plénière: 1 / 4 Sessions scientifiques et poster discussions: Poster présentations: 87/1438

CEPHALEES POST-BRECHE DURALE. Post Dural Puncture Headache (PDPH)

Traitement des Pseudarthroses des Os Longs par Greffe Percutanée de Moelle Osseuse Autologue Concentrée

Métastases cérébrales

Second cancers après cancer du sein. M. Espié Centre des maladies du sein

ANEMIE ET THROMBOPENIE CHEZ LES PATIENTS ATTEINTS D UN CANCER

Essais cliniques de phase 0 : état de la littérature

Validation clinique des marqueurs prédictifs le point de vue du méthodologiste. Michel Cucherat UMR CNRS Lyon

Essais précoces non comparatifs : principes et calcul du nombre de sujets nécessaire

Peut-on reconnaître une tumeur de bas-grade en imagerie conventionnelle? S. Foscolo, L. Taillandier, E. Schmitt, A.S. Rivierre, S. Bracard, CHU NANCY

Item 154 : Tumeurs des os primitives et secondaires (Évaluations)

CORRELATION RADIO-ANATOMIQUE DANS LE CARCINOME HEPATOCELLULAIRE TRAITE PAR TRANSPLANTATION HEPATIQUE : IMPACT SUR LA RECIDIVE

Les soins infirmiers en oncologie : une carrière faite pour vous! Nom de la Présentatrice et section de l'acio

L EMEA accepte d évaluer la demande d autorisation de mise sur le marché de la LENALIDOMIDE

Laurence LEGOUT, Michel VALETTE, Henri MIGAUD, Luc DUBREUIL, Yazdan YAZDANPANAH et Eric SENNEVILLE

TRAUMATISME CRANIEN DE L ENFANT : conduite à tenir?

CANCER DU POUMON CICM Charles-LeMoyne

ARTICLE IN PRESS. G. Cadelis a,, S. Kaddah a, B. Bhakkan b, M. Quellery b, J. Deloumeaux b ARTICLE ORIGINAL

Sujets présentés par le Professeur Olivier CUSSENOT

LIGNES DIRECTRICES CLINIQUES TOUT AU LONG DU CONTINUUM DE SOINS : Objectif de ce chapitre. 6.1 Introduction 86

À PROPOS DU. cancer colorectal. Les choix de traitement du cancer colorectal : guide du patient

Actualités IRM dans la SEP Thomas Tourdias 1, 2

Transcription:

CANCER DU POUMON à PETITES CELLULES Epidémiologie 15% des cancers bronchiques 4000 cas par an en France 30000 décès par an aux USA Presque exclusivement du au tabac 32% > 70 ans 10% > 80 ans SEER 1

Epidémiologie du CPC SEER database 1978-1998 Diminution des CPC 1986 17.4% 1998 13.8% L incidence des CPC a diminué de 9% entre 1998 et 2001 CPC: anatomo-pathologie tumeur épithéliale neuro-endocrine peu différenciée: - cellules petite taille - nécrose massive - index mitotique élevé IHC: KL1, NSE, chromogranine, synaptophysine, CD56 (20% négatifs pour ces marqueurs) TTF1 + 2

CPC Biologie Pertes chromosomiques (3p puis 5q, 13q, 17q) et très nombreuses anomalies moléculaires (p53, BCL2, Rb, FHIT..) C-kit exprimé 60% EGFR: non surexprimé VEGF et VEGFR surexprimés (valeur pronostique) Tumeur agressive, prolifération rapide Très sensible à la chimiothérapie et à la radiothérapie mais les rechutes sont habituelles CPC extension Sites métastatiques au Dg: Médiastin 80% Os 41% Surrénales 31% Foie 27% Cerveau 14% Moelle 20%, ADP 7 à 25% T. mous 3 à 11% Sites métastatiques à l autopsie: 25 localisations: foie 49%, pancréas, surrénales, SNC, ADP périphériques, reins 18% 3

CPC: présentation clinique Evolution rapide < 3 mois Tumeur proximale: toux, hémoptysies, dyspnée, douleur thoracique, dysphonie, syndrome cave supérieur 10% Signes généraux Symptômes liés aux métastases CPC: présentation clinique Syndromes para néoplasiques neurologiques: Lambert-Eaton (encéphalopathie limbique) 2% Dégénérescence cérébelleuse Neuropathie sensitive Syndromes para néoplasiques endocriniens: SIADH: biologique 10%, clinique 5% Syndrome de Cushing: ACTH élevée 50% des cas, clinique 5% Acromégalie 4

CPC: Diagnostic Fibroscopie bronchique Biopsie percutanée sous scanner Médiastinoscopie Biopsie d une métastase CPC: DEFINITION DES STADES Très limité: confinée à un hémi thorax sans atteinte ganglionnaire médiastinale visible Limité: 70%, un hémi thorax y compris N3, adénopathies controlatérales, sus claviculaires (incluable dans les champs d irradiation) Etendu: 30%, au delà de ces limites et métastatique 5

Stadification des CPC Limité (champ d irradiation acceptable ) Etendu et (métastases à distance) CPC: bilan d extension Clinique avec PS NFS, iono, calcémie, NSE, LDH Scanner thoraco-abdominal Scintigraphie osseuse TDM ou mieux IRM cérébrale TEP TDM 10% de changement de stade Et en fonction des symptômes: BOM, ponction pleurale, ponction lombaire, écho cardiaque 6

Facteurs pronostiques de survie PS Perte de poids Sexe Stade Polynucléose LDH Natrémie Nombre de sites métastatiques Réponse au traitement Facteurs pronostiques pour la survie 19 mo 10 mo 7 mo 2 mo 7

CPC: SURVIE Amélioration marginale en 20 ans Survie médiane SEER database Stades limités (Janne et al. Cancer 2002) Stades étendus (Chute et al. J Clin Oncol 1999) CPC: survies médianes Stade très limité Stade limité Stade étendu ~5 ans 18-24 mois 10 mois CPC sans traitement < 3 mois 8

CPC très limité Situation exceptionnelle 1 nodule isolé CPC = 0,03% Chirurgie suivie de chimiothérapie adjuvante CPC très limités: Survie des patients en fonction de l atteinte ganglionnaire pn0m0 (n=63) pn1m0 (n=51) pn2m0 (n=32) Eur J Cardiothorac Surg, 5:306;1991 50% de longs survivants 9

CPC limité au thorax Traitement curatif : etoposide + cisplatine (ou carboplatine) + Radiothérapie thoracique La radiothérapie précoce fait mieux que la radiothérapie tardive (au mieux en bifractionnement mais plus toxique) survie à 2 ans: 40 à 50% à 5 ans: 15 à 25 % RO80 à 100% RC 50 à 90% L irradiation prophylactique de l encéphale des pts en RC améliore la survie à 5 ans de 4 à 5% (Auperin et col.) CPC limités: méta-analyse de la RT thoracique 12 études phase III Pignon et al NEJM 1992 10

Méta-analyse: Irradiation prophylactique de l encéphale 7 essais randomisés IPE vs non-ipe Patients Chimio & RT schéma 987 (140 patients had ED-SCLC) divers bénéfice survie globale +5% (95% CI: 1-10%) survie à 3 ans 20 vs 15% Incidence métas cérébrales 33 vs 59% Auperin et al. NEJM 1999 CT-RT thoracique: toxicités RT 1/J: <5% oesophagite aiguë Grade 3-4 chimio-rt concomitante: 25-52% oesophagite aiguë G3-4 Risque d oesophagite aiguë de haut grade lié à >10 cm d oesophage irradié Anorexie, déshydratation, douleurs Risque de toxicité tardive risques accrus chez le sujet âgé (pts sélectionnés ++) prévoir les soins de support (parentérale..) Choi 99; Hirota 01; Rusch 01; Senan 02; Vokes 02) 11

CPC localisés > 80 ans Owonikoko, SEER data base 1998-2003. 48000 pts. Ludbrook,Int J Radiat Oncol, 2003 Survie à 5 ans inférieure si > 80 ans ou > 75 ans 47% des patients n ont pas reçu de radiothérapie 40% ne reçoivent pas la chimiothérapie concomitante la chimiothérapie est moins intensive et les pts reçoivent moins de cycles Les pts qui reçoivent le traitement combiné ont le même pronostic que les patients plus jeunes Chimiothérapies: standard CAV cyclophosphamide, doxorubicine, vincristine CDE cyclophosphamide, doxorubicine, etoposide EP etoposide, cisplatine PCDE cisplatine,cyclophosphamide, doxorubicine, etoposide TOPOTECAN GEMCITABINE VINORELBINE Cisplatine ou Carboplatine? 12

CPC étendus: traitement standard Cisplatine plus Etoposide EP RO 60 à 100% RC 15 à 40% Médiane survie 8 à 12 mois Survie à 2 ans 5 à 15% Survie à 5 ans 1 à 2% Le cisplatine confère un avantage en survie, au prix d une toxicité préoccupante chez les patients âgés Chimiothérapies moins toxiques Carboplatine AUC5 + Etoposide 80 J1-3 X 4 + G Cisplatine 25 + Etoposide 80 J1-3 Phase III randomisée pts âgés ou PS > 2 Toxicités grade III-IV comparables Plus de thrombopénies /moindre toxicité extra hémato toxicité acceptable chez les + de 70 ans RO 60% survie médiane 8 à 9 mois Okimoto Br J Cancer 2007 MAIS Gridelli et Larive rapportent des taux de réponse décevants avec toxicité hématologique pour le carbo Ardizzoni (JCO 2005) compare pleines doses et doses réduites de EP + G-CSF chez 95 pts > 70 ans. Taux de réponse et survie sont en faveur du bras pleines doses avec tox gr III-IV 14% vs 0 13

Chimiothérapies moins toxiques Etoposide oral monothérapie Efficace en 1ère ligne RO 71% MAIS 2 études randomisées: Moins efficace en taux de réponse et en survie Moins bonnes qualité de vie et palliation des symptômes CPC 2ème ligne thérapeutique Distinguer les réfractaires: Progression sous traitement ou rechute < 3 mois de l arrêt de la CT Réponse en 2ème ligne < 15% Des sensibles: Réponse initiale ou intervalle libre > 3 mois Réponse en 2ème ligne: 15 à 60% Si réévolution tardive: EP ou ECarbo CAV TOPOTECAN ORAL (diarrhées) ou TOPOTECAN IV (neutropénies) 14